Architecture rurale, second cahier, 1791/Des signes naturels qui indiquent les terres dont on peut se servir pour construire des bâtimens en pisé

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Des signes naturels qui indiquent les terres dont on peut se servir pour construire des bâtimens en pisé.

Toutes les fois qu’une pioche, ou une bêche, ou la charrue enlèvent dans une pièce de fond des quartiers ou croûtes de terre, c’eſt une bonne marque que la nature de ce terrein eſt bonne à faire du piſé.

Lorſque dans une terre en culture les laboureurs ſont obligés d’en caſſer les mottes, c’eſt encore un bon ſigne que ſa qualité peut ſervir à faire d’excellentes bâtiſſes en piſé.

Les terres cultivées qui ſe fendent ou ſe crevaſſent, indiquent que leur nature eſt favorable au piſé.

Celles où les ſouris ou mulots font des ſouterreins, prouvent, par-là, que ces terres peuvent ſoutenir la conſtruction des murs de piſé.

Lorſque les terres d’un village ſe trouvent plus élevées que ſes chemins abaiſſés par l’écoulement ſucceſſif des eaux, & que les balmes de ces chemins ſe ſoutiennent preſque à plomb, c’eſt un indice qu’on peut bâtir dans ce village en piſé.

On reconnoît que le ſol d’un territoire eſt bon à faire du piſé, ſi on a de la peine à caſſer avec les doigts les grumeaux des boues des chemins ; en fixant ſon attention ſur les ornières de ces chemins, on apperçoit que les roues des charrettes les ayant preſſées, en ont fait du piſé ; ainſi toutes les fois qu’il y aura des ornières profondes dans les chemins, on peut compter que le pays abonde en bonne terre pour faire du piſé.

Il eſt bon ici de faire remarquer que dans les terres maigres & ſablonneuſes, on n’y voit preſque pas la trace des voitures.