Aventures d’Arthur Gordon Pym/La Pêche aux vivres

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Traduction par Charles Baudelaire.
Michel Lévy frères (Collection Michel Lévy) (p. 110-122).


IX


LA PÈCHE AUX VIVRES.


Par bonheur, juste avant la nuit, nous nous étions solidement attachés tous les quatre aux débris du guindeau, et nous étions ainsi couchés sur le pont aussi à plat que possible. Ce fut cette précaution qui nous sauva de la mort. Pour le moment nous étions tous plus ou moins étourdis par cet immense poids d’eau qui nous avait écrasés, et quand enfin elle se fut écoulée, nous nous sentîmes presque anéantis. Aussitôt que je pus respirer, j’appelai à haute voix mes compagnons. Auguste seul me répondit : — C’est fait de nous ; que Dieu ait pitié de nos âmes ! — Au bout de quelques instants les deux autres purent parler, et ils nous exhortèrent à prendre courage, disant qu’il y avait encore quelque espoir, qu’il était impossible que le brick coulât, à cause de la nature de sa cargaison, et qu’il y avait tout lieu de croire que la tempête se dissiperait vers le matin. Ces paroles me rendirent la vie ; car, quelque étrange que cela puisse paraître, bien qu’il fût évident qu’un navire chargé de barriques vides ne pouvait pas sombrer, j’avais eu jusqu’ici l’esprit si troublé que cette considération m’avait complètement échappé, et c’était le danger de sombrer que je considérais depuis quelque temps comme le plus imminent. Sentant l’espérance revivre en moi, je saisis toutes les occasions de renforcer les amarres qui m’attachaient aux débris du guindeau, et je découvris bientôt que mes compagnons avaient eu la même idée et en faisaient autant. La nuit était aussi noire que possible, et il est inutile d’essayer de décrire le fracas étourdissant et le chaos dont nous étions enveloppés. Notre pont était au niveau de la mer, ou plutôt nous étions entourés d’une crête, d’un rempart d’écume, dont une partie passait à chaque instant par-dessus nous. Nos têtes, ce n’est pas trop dire, n’étaient vraiment hors de l’eau qu’une seconde sur trois. Quoique nous fussions couchés tout près les uns des autres, nous ne pouvions pas nous voir, et nous n’apercevions pas davantage la moindre partie du brick sur lequel nous étions si effroyablement secoués. Par intervalles nous nous appelions l’un l’autre, nous efforçant ainsi de raviver l’espérance et de donner un peu de consolation et d’encouragement à celui de nous qui pouvait en avoir le plus besoin. L’état de faiblesse d’Auguste faisait de lui un objet d’inquiétude pour les autres ; et comme, avec son bras droit déchiré, il devait lui être impossible d’assujettir assez solidement son amarre, nous nous figurions à chaque instant qu’il allait être emporté par-dessus bord ; — quant à lui prêter secours, c’était une chose absolument impossible. Très-heureusement sa place était plus sûre qu’aucune des nôtres ; car, la partie supérieure de son corps étant justement abritée par un morceau du guindeau fracassé, la violence des lames qui tombaient sur lui se trouvait grandement amortie. Dans toute autre position que celle-là (et il ne l’avait pas choisie, il y avait été jeté accidentellement après s’être attaché dans un endroit très-dangereux), il eût infailliblement péri avant le matin. Le brick, comme je l’ai dit, donnait beaucoup de la bande, et, grâce à cela, nous étions moins exposés à être emportés que nous ne l’eussions été dans un cas différent. Le côté par où le navire donnait de la bande était, comme je l’ai remarqué, celui de bâbord, et la moitié du pont à peu près était constamment sous l’eau. Conséquemment, les lames qui nous frappaient à tribord étaient en partie brisées par le côté du navire, et, couchés à plat sur le visage, nous n’en attrapions que de grosses éclaboussures ; quant à celles qui nous venaient par bâbord, elles nous attaquaient par le dos, et n’avaient pas, en raison de notre posture, assez de prise sur nous pour nous arracher à nos amarres.

Nous restâmes couchés dans cette affreuse situation jusqu’à ce que le jour vînt nous montrer plus clairement les horreurs dont nous étions environnés. Le brick n’était plus qu’une bûche, roulant çà et là à la merci de chaque lame ; la tempête augmentait toujours ; c’était un parfait ouragan, s’il en fut jamais, et nous ne voyions aucune perspective naturelle de délivrance. Pendant quelques heures nous gardâmes le silence, tremblant à chaque instant ou que nos amarres ne cédassent, ou que les débris du guindeau ne filassent par-dessus bord, ou qu’une des énormes lames qui mugissaient autour de nous, au-dessus de nous, dans tous les sens, ne plongeât la carcasse si avant sous l’eau que nous fussions noyés avant qu’elle pût remonter à la surface. Cependant la miséricorde de Dieu nous préserva de ces imminents dangers, et vers midi nous fûmes gratifiés de la lumière bénie du soleil. Peu de temps après, nous nous aperçûmes d’une diminution sensible dans la force du vent, et, pour la première fois depuis la fin de la soirée précédente, Auguste parla et demanda à Peters, qui était couché tout contre lui, s’il croyait qu’il y eût quelque chance de salut. Comme le métis ne fit d’abord aucune réponse à cette question, nous conclûmes tous qu’il avait été noyé sur place ; mais bientôt, à notre grande joie, il parla, quoique d’une voix très-faible, disant qu’il souffrait beaucoup, qu’il était comme coupé par les amarres qui lui serraient étroitement l’estomac, et qu’il lui fallait trouver le moyen de les relâcher, ou mourir, parce qu’il lui était impossible d’endurer cette torture plus longtemps. Cela nous causa un grand chagrin ; car il ne fallait pas songer à venir à son secours, tant que la mer continuerait à courir sur nous comme elle faisait. Nous l’exhortâmes à supporter ses souffrances avec courage, et nous lui promîmes de saisir la première occasion qui s’offrirait pour le soulager. Il répondit qu’il serait bientôt trop tard ; que ce serait fait de lui avant que nous pussions lui venir en aide ; et puis, après avoir gémi pendant quelques minutes, il retomba dans son silence, et nous conclûmes qu’il était mort.

Aux approches du soir, la mer tomba considérablement ; c’était à peine si dans l’espace de cinq minutes plus d’une lame venait briser sur la coque du côté du vent ; le vent s’était aussi beaucoup calmé, quoiqu’il soufflât encore grand frais. Je n’avais entendu parler aucun de mes camarades depuis plusieurs heures ; j’appelai alors Auguste. Il me répondit, mais si faiblement, que je ne pus pas distinguer ce qu’il disait. Je parlai alors à Peters et à Parker, mais aucun d’eux ne me fit de réponse.

Peu de temps après, je tombai dans une quasi-insensibilité, durant laquelle les images les plus charmantes flottèrent dans mon cerveau ; telles que des arbres verdoyants, des prés magnifiques où ondulait le blé mûr, des processions de jeunes danseuses, de superbes troupes de cavalerie et autres fantasmagories. Je me rappelle maintenant que, dans tout ce qui défilait devant l’œil de mon esprit, le mouvement était l’idée prédominante. Ainsi, je ne rêvais jamais d’un objet immobile, tel qu’une maison, une montagne ou tout autre du même genre ; mais des moulins à vent, des navires, de grands oiseaux, des ballons, des hommes à cheval, des voitures filant avec une vitesse furieuse, et autres objets mouvants, se présentaient à moi et se succédaient interminablement. Quand je sortis de ce singulier état, le soleil était levé depuis une heure, autant que je pus le deviner. J’eus la plus grande peine à me souvenir des différentes circonstances qui se rattachaient à ma situation, et pendant quelque temps je restai fermement convaincu que j’étais toujours dans la cale du brick, près de ma caisse, et je prenais le corps de Parker pour celui de Tigre.

Lorsque j’eus enfin complètement recouvré mes sens, je m’aperçus que le vent n’était plus qu’une brise très-modérée, et que la mer était comparativement calme, de sorte qu’elle n’embarquait plus sur le brick que par le travers. Mon bras gauche avait rompu ses liens et se trouvait gravement déchiré vers le coude ; le droit était complètement paralysé, et la main et le poignet, prodigieusement enflés par la pression du cordage, qui avait agi depuis l’épaule jusqu’en bas. Je souffrais aussi beaucoup d’une autre corde autour de la taille, qui avait été serrée à un point intolérable. En regardant mes camarades autour de moi, je vis que Peters vivait encore, bien qu’il eût autour des reins une grosse corde serrée si cruellement qu’il avait l’air presque coupé en deux ; aussitôt que je bougeai, il me fit un geste faible de la main en me désignant la corde. Auguste ne donnait aucun symptôme de vie, et était presque plié en deux en travers d’un éclat du guindeau. Parker me parla quand il me vit remuer et me demanda si j’avais encore assez de forces pour le délivrer de sa position, me disant que si je voulais ramasser toute mon énergie et si je réussissais à le délier, nous pouvions encore sauver nos vies, mais qu’autrement nous péririons tous.

Je lui dis de prendre courage, et que je tâcherais de le délivrer. Tâtant dans la poche de mon pantalon, je pris mon canif, et, après plusieurs essais infructueux, je réussis à l’ouvrir. Je parvins alors avec ma main gauche à débarrasser mon bras droit de ses amarres, et je coupai ensuite les autres cordes qui me retenaient. Mais en essayant de changer de place, je m’aperçus que mes jambes me manquaient entièrement et que je ne pouvais me relever ; il m’était également impossible de mouvoir mon bras droit dans un sens quelconque. Je le fis remarquer à Parker, qui me conseilla de rester tranquille pendant quelques minutes, en me tenant au guindeau avec la main gauche, pour donner au sang le temps de circuler. En effet, l’engourdissement commença bientôt à disparaître, de sorte que je pus d’abord remuer une jambe, et puis l’autre ; et en peu de temps je recouvrai en partie l’usage de mon bras droit. Je me glissai alors vers Parker avec la plus grande précaution et sans me dresser sur mes jambes, et je coupai toutes les amarres autour de lui ; et au bout de peu de temps, comme moi, il recouvra en partie l’usage de ses membres. Nous nous dépêchâmes alors de défaire la corde de Peters. Elle avait fait une profonde entaille à travers la ceinture de son pantalon de laine et à travers deux chemises, et elle avait pénétré dans l’aine, d’où le sang jaillit abondamment quand nous enlevâmes la corde. Mais à peine avions-nous fini, que Peters se mit à parler et sembla éprouver un soulagement immédiat ; — il était même capable de se remuer beaucoup plus aisément que Parker et moi, ce qu’il devait sans aucun doute à cette saignée involontaire.

Auguste ne donnait aucun signe de vie, et nous avions peu d’espoir de le voir reprendre ses sens ; mais, en arrivant à lui, nous vîmes qu’il s’était simplement évanoui par suite d’une perte de sang, les bandages dont nous avions entouré son bras ayant été arrachés par l’eau ; aucune des cordes qui le retenaient au guindeau n’était suffisamment serrée pour occasionner sa mort. L’ayant débarrassé de ses liens et délivré du morceau de bois, nous le déposâmes du côté du vent, à un endroit sec, la tête un peu plus bas que le corps, et nous nous mîmes tous trois à lui frotter les membres. En une demi-heure à peu près il revint à lui ; mais ce ne fut que le matin suivant qu’il laissa voir qu’il reconnaissait chacun de nous et qu’il trouva la force de parler. Pendant le temps que nous avions mis à nous débarrasser de toutes nos amarres, la nuit était venue, le ciel commençait à se couvrir, de sorte que nous avions une peur affreuse que le vent ne reprît avec violence, auquel cas rien ne pouvait nous sauver de la mort, épuisés comme nous l’étions. Par bonheur le temps se maintint très-convenablement pendant la nuit, et, la mer s’apaisant de plus en plus, nous conçûmes finalement l’espoir de nous sauver. Une jolie brise soufflait toujours du nord-ouest, mais le temps n’était pas froid du tout. Auguste, étant beaucoup trop faible pour se retenir lui-même, fut soigneusement attaché au guindeau, de peur que le roulis du navire ne le fit glisser pardessus bord. Quant à nous, nous n’avions pas besoin de précautions semblables. Nous nous assîmes en nous serrant, et, nous appuyant l’un contre l’autre, en nous aidant des cordes rompues du guindeau, nous nous mîmes à causer des moyens de sortir de notre affreuse situation. Nous nous avisâmes très à propos de retirer nos habits, et nous les tordîmes pour en exprimer l’eau. Quand ensuite nous les remîmes, ils nous parurent singulièrement chauds et agréables et ne servirent pas peu à nous rendre de la vigueur. Nous débarrassâmes Auguste des siens, nous les tordîmes pour lui, et il en éprouva le même bien-être.

Nos principales souffrances étaient maintenant la faim et la soif, et quand nous pensions aux moyens futurs de nous soulager à cet égard, nous sentions le cœur nous manquer, et nous en venions même à regretter d’avoir échappé aux dangers moins terribles de la mer. Nous nous efforçâmes cependant de nous consoler avec l’espoir d’être bientôt recueillis par quelque navire, et nous nous encourageâmes à supporter avec résignation tous les maux qui pouvaient nous être encore réservés.

Enfin, l’aube du 14 parut, et le temps se maintint clair et doux, avec une brise constante mais très-légère du nord-ouest. La mer était maintenant tout à fait apaisée, et comme, pour une cause que nous ne pûmes deviner, le brick ne donnait plus autant de la bande, le pont était comparativement sec, et nous pouvions aller et venir en toute liberté. Il y avait alors plus de trois jours et trois nuits que nous n’avions rien bu ni mangé, et il devenait absolument nécessaire de faire une tentative pour se procurer quelque chose d’en bas. Comme le brick était complètement plein d’eau, nous nous mîmes à l’œuvre avec tristesse et sans grand espoir d’attraper quelque chose. Nous fîmes une espèce de drague en plantant quelques clous, que nous arrachâmes aux débris du capot-d’échelle, dans deux pièces de bois. Nous les assujettîmes en croix, et, les attachant au bout d’une corde, nous les jetâmes dans la cabine et les promenâmes çà et là, avec le faible espoir d’accrocher quelque article qui pût servir à notre nourriture, ou du moins nous aider à nous la procurer. Nous passâmes la plus grande partie de la matinée à cette besogne, sans résultat, et nous ne pêchâmes que quelques couvertures que les clous accrochèrent facilement. Notre invention était vraiment si grossière que nous ne pouvions guère compter sur un meilleur succès.

Nous recommençâmes l’épreuve dans le gaillard d’avant, mais sans plus de résultat, et nous nous abandonnions déjà au désespoir, quand Peters imagina de se faire attacher une corde autour du corps, et d’essayer d’attraper quelque chose en plongeant dans la cabine. Nous saluâmes la proposition avec toute la joie que peut inspirer l’espérance renaissante. Il commença immédiatement à se dépouiller de ses vêtements, à l’exception de son pantalon ; et une forte corde fut soigneusement assujettie autour de sa taille, que nous ramenâmes par-dessus ses épaules, de manière à l’empêcher de glisser. L’entreprise était pleine de difficulté et de danger ; car, comme nous n’espérions pas trouver grand’chose dans la chambre, à supposer même qu’il y eût encore quelques provisions, il fallait que le plongeur, après s’être laissé descendre, fît un tour à droite et marchât sous l’eau à une distance de dix ou douze pieds, à travers un passage étroit, jusqu’à la cambuse, et revînt enfin sans avoir pu respirer.

Tout étant prêt, Peters descendit dans la cabine en suivant l’échelle jusqu’à ce que l’eau lui atteignît le menton. Alors il plongea, la tête la première, tourna à droite après avoir plongé et s’efforça de pénétrer dans la cambuse ; mais à la première tentative il échoua complètement. Il n’y avait pas une demi-minute qu’il avait disparu que nous sentîmes la corde secouée violemment ; c’était le signal convenu pour le retirer de l’eau quand il le désirerait. Nous le tirâmes donc immédiatement, mais avec si peu de précautions que nous le meurtrîmes cruellement contre l’échelle. Il ne rapportait rien avec lui, et il lui avait été impossible d’aller au delà d’un très-petit espace à travers le couloir, à cause des efforts constants qu’il lui fallait faire pour ne pas remonter et flotter contre le pont. Quand il sortit de la cabine, il était très-épuisé, et dut se reposer quinze bonnes minutes avant de se hasarder à redescendre.

La seconde tentative fut encore plus malheureuse ; car il resta si longtemps sous l’eau sans donner le signal, que, nous sentant fort inquiets pour lui, nous le tirâmes sans plus attendre ; il se trouva qu’il était au moment d’être asphyxié ; le malheureux avait déjà, dit-il, secoué la corde à plusieurs reprises, et nous ne l’avions pas senti. Cela tenait sans doute à ce qu’une partie de la corde s’était accrochée dans la balustrade au pied de l’échelle. Cette balustrade était un tel embarras, que nous résolûmes de l’arracher avant de procéder à une nouvelle tentative. Comme nous n’avions aucun moyen de l’enlever, excepté à la force des bras, nous descendîmes tous les quatre dans l’eau, aussi loin qu’il nous fut possible, et, donnant une bonne secousse avec toutes nos forces réunies, nous réussîmes à la jeter à bas.

La troisième tentative ne réussit pas mieux que les deux premières, et il devint évident que nous ne pourrions rien obtenir par ce moyen sans le secours de quelque poids qui servît à maintenir le plongeur et à l’affermir sur le plancher de la cabine, pendant qu’il ferait sa recherche. Nous regardâmes longtemps autour de nous pour trouver quelque chose propre à remplir ce but ; mais à la fin nous découvrîmes, à notre grande joie, un des porte-haubans de misaine, du côté du vent, qui était déjà si fortement ébranlé que nous n’eûmes aucune peine à le détacher entièrement. Peters l’ayant solidement assujetti à l’une de ses chevilles, opéra alors sa quatrième descente dans la cabine, et, cette fois, réussit à se frayer un chemin jusqu’à la porte de la cambuse. Mais, avec un chagrin inexprimable, il la trouva fermée et fut obligé de revenir sans avoir pu y pénétrer ; car, en faisant les plus grands efforts, c’était tout au plus s’il pouvait rester une minute sous l’eau. Nos affaires prenaient décidément un caractère sinistre, et nous ne pûmes, Auguste et moi, nous empêcher de fondre en larmes en pensant à cette foule de difficultés qui nous assiégeaient et à la chance si improbable de notre salut. Mais cette faiblesse ne fut pas de longue durée. Nous nous agenouillâmes et nous priâmes Dieu de nous assister dans les nombreux dangers dont nous étions assaillis ; et puis, avec une espérance et une vigueur rajeunies, nous nous relevâmes, prêts à chercher encore et à entreprendre tous les moyens humains de délivrance.