Bible Sacy/II aux Corinthiens

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SECONDE ÉPITRE DE SAINT PAUL


AUX


CORINTHIENS.
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PAUL, apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu ; et Timothée, son frère : à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe, et à tous les saints qui sont dans toute l’Achaïe.

2 Que Dieu, notre Père, et Jésus-Christ notre Seigneur, vous donnent la grâce et la paix !

3 Béni soit Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation ;

4 qui nous console dans tous nos maux, afin que nous puissions aussi consoler les autres dans tous leurs maux, par la même consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu.

5 Car à mesure que les souffrances de Jésus-Christ augmentent en nous, nos consolations aussi s’augmentent par Jésus-Christ.

6 Or, soit que nous soyons affligés, c’est pour votre instruction et pour votre salut ; soit que nous soyons consolés, c’est aussi pour votre consolation ; soit que nous soyons encouragés, c’est encore pour votre instruction et pour votre salut, qui s’accomplit dans la souffrance des mêmes maux que nous souffrons :

7 ce qui nous donne une ferme confiance pour vous, sachant qu’ainsi que vous avez part aux souffrances, vous aurez part aussi à la consolation.

8 Car je suis bien aise, mes frères, que vous sachiez l’affliction qui nous est sur venue en Asie, qui a été telle que les maux dont nous nous sommes trouvés accablés, ont été excessifs et au-dessus de nos forces, jusqu’à nous rendre même la vie ennuyeuse.

9 Mais nous avons comme entendu prononcer en nous-mêmes l’arrêt de notre mort, afin que nous ne mettions point notre confiance en nous, mais en Dieu, qui ressuscite les morts ;

10 qui nous a délivrés d’un si grand péril, qui nous en délivre encore, et nous en délivrera à l’avenir, comme nous l’espérons de sa bonté,

11 avec le secours des prières que vous faites pour nous ; afin que la grâce que nous avons reçue en considération de plusieurs personnes, soit aussi reconnue par les actions de grâces que plusieurs en rendront pour nous.

12 Car le sujet de notre gloire est le témoignage que nous rend notre conscience, de nous être conduits dans ce monde, et surtout à votre égard, dans la simplicité de cœur et dans la sincérité de Dieu, non avec la sagesse de la chair, mais dans la grâce de Dieu.

13 Je ne vous écris que des choses dont vous reconnaissez la vérité en les lisant ; et j’espère qu’à l’avenir vous connaîtrez entièrement,

14 ainsi que vous l’avez déjà reconnu en partie, que nous sommes votre gloire, comme vous serez la nôtre au jour de notre Seigneur Jésus-Christ.

15 C'est dans cette confiance que j’avais résolu auparavant d’aller vous voir ; afin que vous reçussiez une seconde grâce.

16 Je voulais passer par chez vous en allant en Macédoine, revenir ensuite de Macédoine chez vous, et de là me faire conduire par vous en Judée.

17 Ayant donc pour lors ce dessein, est-ce par inconstance que je ne l’ai point exécuté ? ou, quand je prends une résolution, cette résolution n’est-elle qu’humaine ? et trouve-t-on ainsi en moi le oui et le non ?

18 Mais Dieu qui est véritable, m’est témoin qu’il n’y a point eu de oui et de, non dans la parole que je vous ai annoncée.

19 Car Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui vous a été prêché par nous, c’est-à-dire, par moi, par Silvain et par Timothée, n’est pas tel que le oui et le non se trouvent en lui ; mais tout ce qui est en lui, est très-ferme.

20 Car c’est en lui que toutes les promesses de Dieu ont leur vérité, et c’est par lui aussi qu’elles s’accomplissent à l’honneur de Dieu : ce qui fait la gloire de notre ministère.

21 Or celui qui nous confirme et nous affermit avec vous en Jésus-Christ, et qui nous a oints de son onction, c’est Dieu même.

22 Et c’est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs.

23 Pour moi, je prends Dieu à témoin, et je veux bien qu’il me punisse si je ne dis la vérité, que ç’a été pour vous épargner que je n’ai point encore voulu aller à Corinthe. Ce n’est pas que nous dominions sur votre foi ; mais nous tâchons au contraire de contribuer à votre joie, puisque vous demeurez fermes dans la foi.



JE résolus donc en moi-même, de ne point aller vous voir de nouveau, de peur de vous causer de la tristesse.

2 Car si je vous avais attristés, qui pourrait me réjouir ? puisque vous qui devriez le faire, seriez vous-mêmes dans la tristesse que je vous aurais causée.

3 C’est aussi ce que je vous avais écrit, afin que venant vers vous, je ne reçusse point tristesse sur tristesse de la part même de ceux qui devaient me donner de la joie ; ayant cette confiance en vous tous, que chacun de vous trouvera sa joie dans la mienne.

4 Et il est vrai que je vous écrivis alors dans une extrême affliction, dans un serrement de cœur, et avec une grande abondance de larmes, non dans le dessein de vous attrister, mais pour vous faire connaître la charité toute particulière que j’ai pour vous.

5 Si l’un de vous m’a attristé, il ne m’a pas attristé moi seul, mais vous tous aussi, au moins en quelque sorte : ce que je dis pour ne le point surcharger dans son affliction.

6 II suffit pour cet homme, qu’il ait subi la correction et la peine qui lui a été imposée par votre assemblée ;

I et vous devez plutôt le traiter maintenant avec indulgence et le consoler, de peur qu’il ne soit accablé par un excès de tristesse.

8 C’est pourquoi je vous prie de lui donner des preuves effectives de votre charité.

9 Et c’est pour cela même que je vous en écris, afin de vous éprouver, et de reconnaître si vous êtes obéissants en toutes choses.

10 Ce. que vous accordez à quelqu’un par indulgence, je l’accorde aussi. Car si j’use moi-même d’indulgence, j’en use à cause de vous, au nom et en la personne de Jésus-Christ ;

11 afin que Satan n’emporte rien sur nous : car nous n’ignorons pas ses desseins.

12 Or étant venu à Troade pour prêcher l’Evangile de Jésus-Christ, quoique le Seigneur m’y eût ouvert une entrée favorable,

13 je n’ai point eu l’esprit en repos, parce que je n’y avais point trouvé mon frère Tite. Mais ayant pris congé d’eux, je m’en suis allé en Macédoine.

14 Je rends grâces à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Jésus-Christ, et qui répand par nous en tous lieux l’odeur de la connaissance de son nom.

15 Car nous sommes devant Dieu la bonne odeur de Jésus-Christ, soit à l’égard de ceux qui se sauvent, soit à l’égard de ceux qui se perdent :

16 aux uns une odeur de mort qui les fait mourir, et aux autres une odeur de vie qui les fait vivre. Et qui est capable d’un tel ministère ?

17 Car nous ne sommes pas comme plusieurs, qui corrompent la parole de Dieu ; mais nous la prêchons avec une entière sincérité, comme de la part de Dieu, en la présence de Dieu, et dans la personne de Jésus-Christ.



COMMENCERONS-nous de nouveau à nous relever nous-mêmes ? et avons-nous besoin, comme quelques-uns, que d’autres nous donnent des lettres de recommandation envers vous, ou que vous nous en donniez envers les autres ?

2 Vous êtes vous-mêmes notre lettre de recommandation, qui est écrite dans notre cœur, qui est reconnue et lue de tous les hommes ;

3 vos actions faisant voir que vous êtes la lettre de Jésus-Christ, dont nous avons été les secrétaires ; et qui est écrite, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant ; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, qui sont vos cœurs.

4 C’est par Jésus-Christ que nous avons une si grande confiance en Dieu ;

5 non que nous soyons capables de former de nous-mêmes aucune bonne pensée comme de nous-mêmes ; mais c’est Dieu qui nous en rend capables.

6 Et c’est lui aussi qui nous a rendus capables d’être les ministres de la nouvelle alliance, non pas de la lettre, mais de l’esprit : car la lettre tue, et l’esprit donne la vie.

7 Si le ministère de la lettre gravée sur des pierres, qui était un ministère de mort, a été accompagné d’une telle gloire, que les enfants d’Israël ne pouvaient regarder le visage de Moïse, à cause de la gloire dont il éclatait, laquelle devait néanmoins finir ;

8 combien le ministère de l’esprit doit-il être plus glorieux !

9 Car si le ministère de la condamnation a été accompagné de gloire, le ministère de la justice en aura incomparablement davantage.

10 Et cette gloire même de la loi n’est point une véritable gloire, si on la compare avec la sublimité de celle de l’Évangile.

11 Car si le ministère qui devait finir a été glorieux, celui qui durera toujours doit l’être beaucoup davantage.

12 Ayant donc une telle espérance, nous vous parlons avec toute sorte de liberté ;

13 et nous ne faisons pas comme Moïse, qui se mettait un voile sur le visage, afin que les enfants d’Israël ne vissent pas cette lumière passagère qui éclatait sur son visage.

14 Mais leurs esprits sont demeurés endurcis et aveuglés : car aujourd’hui même, lorsqu’ils lisent le Vieux Testament, ce voile demeure toujours sur leur cœur, sans être levé, parce qu’il ne s’ôte que par Jésus-Christ.

15 Ainsi jusqu’à cette heure, lorsqu’on leur lit Moïse, ils ont un voile sur le cœur.

16 Mais quand leur cœur se tournera vers le Seigneur, alors le voile en sera ôté.

17 Or le Seigneur est esprit ; et où est l’Esprit du Seigneur, là est aussi la liberté.

18 Ainsi nous tous, n’ayant point de voile qui nous couvre le visage, et contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, nous avançant de clarté en clarté comme par l’illumination de l’Esprit du Seigneur.



C’EST pourquoi ayant reçu un tel ministère selon la miséricorde qui nous a été faite, nous ne nous laissons point abattre ;

2 mais nous rejetons loin de nous les passions qui se cachent comme étant honteuses, ne nous conduisant point avec artifice, et n’altérant point la parole de Dieu ; mais n’employant pour notre recommandation envers tous les hommes qui jugeront de nous selon le sentiment de leur conscience, que la sincérité avec laquelle nous prêchons devant Dieu la vérité de son Évangile.

3 Si l’Évangile que nous prêchons, est encore voilé, c’est pour ceux qui périssent qu’il est voilé ;

4 pour ces infidèles dont le dieu de ce siècle a aveuglé les esprits, afin qu’ils ne soient point éclairés par la lumière de l’Évangile de la gloire de Jésus-Christ, qui est l’image de Dieu.

5 Car nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; mais nous prêchons Jésus-Christ notre Seigneur ; et quant à nous, nous nous regardons comme vos serviteurs pour Jésus :

6 parce que le même Dieu qui a commandé que la lumière sortît des ténèbres, est celui qui a fait luire sa clarté dans nos cœurs, afin que nous puissions éclairer les autres, en leur donnant la connaissance de la gloire de Dieu, selon qu’elle paraît en Jésus-Christ.

7 Or nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin qu’on reconnaisse que la grandeur de la puissance qui est en nous, est de Dieu, et non pas de nous.

8 Nous sommes pressés de toutes sortes d’afflictions, mais nous n’en sommes pas accablés ; nous nous trouvons dans des difficultés insurmontables, mais nous n’y succombons pas ;

9 nous sommes persécutés, mais non pas abandonnés ; nous sommes abattus, mais non pas entièrement perdus ;

10 portant toujours en notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus paraisse aussi dans notre corps.

11 Car nous qui vivons, nous sommes à toute heure livrés à la mort pour Jésus, afin que la vie de Jésus paraisse aussi dans notre chair mortelle.

12 Ainsi sa mort imprime ses effets en nous, et sa vie en vous.

13 Et parce que nous avons un même esprit de foi, selon qu’il est écrit, J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ; nous croyons aussi nous autres, et c’est aussi pourquoi nous parlons ;

14 sachant que celui qui a ressuscité Jésus, nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous fera comparaître avec vous en sa présence.

15 Car toutes choses sont pour vous, afin que plus la grâce se répand avec abondance, il en revienne aussi à Dieu plus de gloire par les témoignages de reconnaissance qui lui en seront rendus par plusieurs.

16 C’est pourquoi nous ne perdons point courage ; mais encore que dans nous l’homme extérieur se détruise, néanmoins l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour :

17 car le moment si court et si léger des afflictions que nous souffrons en cette vie, produit en nous le poids éternel d’une souveraine et incomparable gloire :

18 ainsi nous ne considérons point les choses visibles, mais les invisibles ; parce que les choses visibles sont temporelles, mais les invisibles sont éternelles.



AUSSI nous savons que si cette maison de terre où nous habitons vient à se dissoudre, Dieu nous donnera dans le ciel une autre maison, une maison qui ne sera point faite de main d’homme, et qui durera éternellement.

2 C’est ce qui nous fait soupirer dans le désir que nous avons d’être revêtus de la gloire de cette maison céleste qui nous est destinée, comme d’un second vêtement ;

3 si toutefois nous sommes trouvés vêtus, et non pas nus.

4 Car pendant que nous sommes dans ce corps comme dans une tente, nous soupirons sous sa pesanteur ; parce que nous ne désirons pas d’en être dépouillés, mais d’être revêtus par-dessus, en sorte que ce qu’il y a de mortel en nous, soit absorbé par la vie.

5 Or c’est Dieu qui nous a formés pour cet état d’immortalité, et qui nous a donné pour arrhes son Esprit.

6 Nous sommes donc toujours pleins de confiance ; et comme nous savons que pendant que nous habitons dans ce corps, nous sommes éloignés du Seigneur et hors de notre patrie ;

7 (parce que nous marchons vers lui par la foi, et que nous n’en jouissons pas encore par la claire vue ; )

8 dans cette confiance que nous avons, nous aimons mieux sortir de la maison de ce corps, pour aller habiter avec le Seigneur.

9 C’est pourquoi toute notre ambition est d’être agréables à Dieu, soit que nous habitions dans le corps, ou que nous en sortions pour aller à lui.

10 Car nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu’il aura faites pendant qu’il était revêtu de son corps.

11 Sachant donc combien le Seigneur est redoutable, nous tâchons de persuader les hommes de notre innocence : mais Dieu connaît qui nous sommes ; et je veux croire que nous sommes aussi connus de vous dans le secret de votre conscience.

12 Nous ne prétendons point nous relever encore ici nous-mêmes à votre égard, mais seulement vous donner occasion de vous glorifier à notre sujet ; afin que vous puissiez répondre à ceux qui mettent leur gloire dans ce qui paraît, et non dans ce qui est au fond du cœur.

13 Car soit que nous soyons emportés comme hors de nous-mêmes, c’est pour Dieu ; soit que nous nous tempérions, c’est pour vous :

14 parce que l’amour de Jésus-Christ nous presse ; considérant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts ;

15 et en effet Jésus-Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux.

16 C’est pourquoi nous ne connaissons plus désormais personne selon la chair ; et si nous avons connu Jésus-Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette sorte.

17 Si donc quelqu’un est en Jésus-Christ, il est devenu une nouvelle créature ; ce qui était devenu vieux est passé, et tout est devenu nouveau :

18 et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui-même par Jésus-Christ, et qui nous a confié le ministère de la réconciliation.

19 Car c’est Dieu qui a réconcilié le monde avec soi en Jésus-Christ, ne leur imputant point leurs péchés ; et c’est lui qui a mis en nous la parole de réconciliation.

20 Nous faisons donc la fonction d’ambassadeurs pour Jésus-Christ, et c’est Dieu même qui vous exhorte par notre bouche. Ainsi nous vous conjurons, au nom de Jésus-Christ, de vous réconcilier avec Dieu ;

21 puisque pour l’amour de nous il a rendu victime pour le péché celui qui ne connaissait point le péché, afin qu’en lui nous devinssions justes de la justice de Dieu.



ÉTANT donc les coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons de ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu.

2 Car il dit lui-même : Je vous ai exaucé au temps favorable, et je vous ai aidé au jour du salut. Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant le jour du salut.

3 Et nous prenons garde aussi nous-mêmes de ne donner à personne aucun sujet de scandale, afin que notre ministère ne soit point déshonoré.

4 Mais agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu, nous nous rendons recommandables par une grande patience dans les maux, dans les nécessités pressantes, et dans les extrêmes afflictions ;

5 dans les plaies, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ;

6 par la pureté, par la science, par une douceur persévérante, par la bonté, par les fruits du Saint-Esprit, par une charité sincère ;

7 par la parole de vérité, par la force de Dieu, par les armes de la justice, pour combattre à droite et à gauche ;

8 parmi l’honneur et l’ignominie, parmi la mauvaise et la bonne réputation ; comme des séducteurs, quoique sincères et véritables ; comme inconnus, quoique très-connus ;

9 comme toujours mourants, et vivants néanmoins ; comme châtiés, mais non jusqu’à être tués ;

10 comme tristes, et toujours dans la joie ; comme pauvres, et enrichissant plusieurs ; comme n’ayant rien, et possédant tout.

11 Ô Corinthiens ! ma bouche s’ouvre, et mon cœur s’étend par l’affection que je vous porte.

12 Mes entrailles ne sont point resserrées pour vous, mais les vôtres le sont pour moi.

13 Rendez-moi donc amour pour amour. Je vous parle comme à mes enfants ; étendez aussi pour moi votre cœur.

14 Ne vous attachez point à un même joug avec les infidèles : car quelle union peut-il y avoir entre la justice et l’iniquité ? quel commerce entre la lumière et les ténèbres ?

15 Quel accord entre Jésus-Christ et Bélial ? quelle société entre le fidèle et l’infidèle ?

16 Quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu dit lui-même : J’habiterai en eux, et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.

17 C’est pourquoi, sortez du milieu de ces personnes, dit le Seigneur ; séparez vous d’eux, et ne touchez point à ce qui est impur ;

18 et je vous recevrai : je serai votre Père, et vous serez mes fils et mes filles, dit le Seigneur tout-puissant.



AYANT donc reçu de Dieu de telles promesses, mes chers frères, purifions-nous de tout ce qui souille le corps ou l’esprit, achevant l’œuvre de notre sanctification dans la crainte de Dieu.

2 Donnez-nous place dans votre cœur. Nous n’avons fait tort à personne ; nous n’avons corrompu l’esprit de personne ; nous n’avons pris le bien de personne.

3 Je ne vous dis pas ceci pour vous condamner ; puisque je vous ai déjà dit que vous êtes dans mon cœur à la mort et à la vie.

4 Je vous parle avec grande liberté ; j’ai grand sujet de me glorifier de vous ; je suis rempli de consolation, je suis comblé de joie parmi toutes mes souffrances.

5 Car étant venus en Macédoine, nous n’avons eu aucun relâche selon la chair ; mais nous avons toujours eu à souffrir. Ce n’a été que combats au dehors, et que frayeurs au dedans.

6 Mais Dieu, qui console les humbles et les affligés, noua a consolés par l’arrivée de Tite ;

7 et non-seulement par son arrivée, mais encore par la consolation qu’il a lui-même reçue de vous ; m’ayant rapporté l’extrême désir que vous avez de me revoir, la douleur que vous avez ressentie, et l’ardente affection que vous me portez : ce qui m’a été un plus grand sujet de joie.

8 Car encore que je vous aie attristés par ma lettre, je n’en suis plus fâché néanmoins, quoique je l’aie été auparavant, en voyant qu’elle vous avait attristés pour un peu de temps.

9 Mais maintenant j’ai de la joie, non de ce que vous avez eu de la tristesse, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la pénitence. La tristesse que vous avez eue a été selon Dieu ; et ainsi la peine que nous vous avons causée, ne vous a été nullement désavantageuse.

10 Car la tristesse qui est selon Dieu, produit pour le salut une pénitence stable ; mais la tristesse de ce monde produit la mort.

11 Considérez combien cette tristesse selon Dieu, que vous avez ressentie, a produit en vous non-seulement de soin et de vigilance, mais de satisfaction envers nous, d’indignation contre cet incestueux, de crainte de la colère de Dieu, de désir de nous revoir, de zèle pour nous défendre, d’ardeur à venger ce crime. Vous avez fait voir par toute votre conduite, que vous étiez purs et irréprochables dans cette affaire.

12 Aussi lorsque nous vous avons écrit, ce n’a été ni à cause de celui qui avait fait l’injure, ni à cause de celui qui l’avait soufferte, mais pour vous faire connaître le soin que nous avons de vous devant Dieu.

13 C’est pourquoi ce que vous avez fait pour nous consoler, nous a en effet consolés ; et notre joie s’est encore beaucoup augmentée par celle de Tite, voyant que vous avez tous contribué au repos de son esprit ;

14 et que si je me suis loué de vous en lui parlant, je n’ai point eu sujet d’en rougir ; mais qu’ainsi que nous ne vous avions rien dit que dans la vérité, aussi le témoignage avantageux que nous avions rendu de vous à Tite, s’est trouvé conforme à la vérité.

15 C’est pourquoi il ressent dans ses entrailles un redoublement d’affection envers vous, lorsqu’il se souvient de l’obéissance que vous lui avez tous rendue, et comment vous l’avez reçu avec crainte et tremblement.

16 Je me réjouis donc de ce que je puis me promettre tout de vous.



MAIS il faut, mes frères, que je vous fasse savoir la grâce que Dieu a faite aux Églises de Macédoine :

2 c’est que leur joie est d’autant plus redoublée, qu’ils ont été éprouvés par de plus grandes afflictions ; et que leur profonde pauvreté a répandu avec abondance les richesses de leur charité sincère.

3 Car il est vrai, et il faut que je leur rende ce témoignage, qu’ils se sont portés d’eux-mêmes à donner autant qu’ils pouvaient, et même au delà de ce qu’ils pouvaient ;

4 nous conjurant avec beaucoup de prières de recevoir l’aumône qu’ils offraient pour prendre part à l’assistance destinée aux saints.

5 Et ils n’ont pas fait seulement en cela ce que nous avions espéré d’eux ; mais ils se sont donnés eux-mêmes premièrement au Seigneur, et puis à nous, par la volonté de Dieu.

6 C’est ce qui nous a portés à supplier Tite, que comme il a déjà commencé, il achève aussi de vous rendre parfaits en cette grâce ;

7 et que comme vous êtes riches en toutes choses, en foi, en paroles, en science, en toute sorte de soins, et en l’affection que vous nous portez, vous le soyez aussi en cette sorte de grâce.

8 Ce que je ne vous dis pas néanmoins pour vous imposer une loi, mais seulement pour vous porter, par l’exemple de l’ardeur des autres, à donner des preuves de votre charité sincère.

9 Car vous savez quelle a été la bonté de notre Seigneur Jésus-Christ, qui étant riche s’est rendu pauvre pour l’amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté.

10 C’est ici un conseil que je vous donne, parce que cela vous est utile, et que vous n’avez pas seulement commencé les premiers à faire cette charité, mais que vous en avez de vous-mêmes formé le dessein dès l’année passée.

11 Achevez donc maintenant ce que vous avez commencé de faire dès lors ; afin que comme vous avez une si prompte volonté d’assister vos frères, vous les assistiez aussi effectivement de ce que vous avez.

12 Car lorsqu’un homme a une grande volonté de donner, Dieu la reçoit, ne demandant de lui que ce qu’il peut, et non ce qu’il ne peut pas.

13 Ainsi je n’entends pas que les autres soient soulagés, et que vous soyez surchargés ;

14 mais que pour ôter l’inégalité, votre abondance supplée maintenant à leur pauvreté, afin que votre pauvreté soit soulagée un jour par leur abondance, et qu’ainsi tout soit réduit à l’égalité ;

15 selon ce qui est écrit de la manne : Celui qui en recueillit beaucoup, n’en eut pas plus que les autres ; et celui qui en recueillit peu, n’en eut pas moins.

16 Or je rends grâces à Dieu de ce qu’il a donné au cœur de Tite la même sollicitude que j’ai pour vous.

17 Car non-seulement il a bien reçu la prière que je lui ai faite, mais s’y étant porté avec encore plus d’affection par lui-même, il est parti de son propre mouvement pour vous aller voir.

18 Nous avons envoyé aussi avec lui notre frère qui est devenu célèbre par l’Évangile dans toutes les Églises ;

19 et qui de plus a été choisi par les Églises pour nous accompagner dans nos voyages, et prendre part au soin que nous avons de procurer cette assistance à nos frères, pour la gloire du Seigneur, et pour seconder notre bonne volonté.

20 Et notre dessein en cela a été d’éviter que personne ne puisse nous rien reprocher sur cette aumône abondante, dont nous sommes les dispensateurs :

21 car nous tâchons de faire le bien avec tant de circonspection, qu’il soit approuvé non-seulement de Dieu, mais aussi des hommes.

22 Nous avons envoyé encore avec eux notre frère, que nous avons reconnu zélé et vigilant en plusieurs rencontres, et qui l’est encore beaucoup plus en celle-ci ; et nous avons grande confiance que vous le recevrez bien ;

23 et que vous traiterez de même Tite, qui est uni avec moi, et qui travaille comme moi pour votre salut ; et nos autres frères qui sont les apôtres des Églises, et la gloire de Jésus-Christ.

24 Donnez-leur donc devant les Églises les preuves de votre charité, et faites voir que c’est avec sujet que nous nous sommes loués de vous.



IL serait superflu de vous écrire davantage touchant cette assistance qui se prépare pour les saints de Jérusalem.

2 Car je sais avec quelle affection vous vous y portez ; et c’est aussi ce qui me donne lieu de me glorifier de vous devant les Macédoniens, leur disant que la province d’Achaïe était disposée à faire cette charité dès l’année passée ; et votre exemple a excité le même zèle dans l’esprit de plusieurs.

3 C’est pourquoi j’ai envoyé nos frères vers vous, afin que ce ne soit pas en vain que je me sois loué de vous en ce point, et qu’on vous trouve tout prêts, selon l’assurance que j’en ai donnée ;

4 de peur que si ceux de Macédoine qui viendront avec moi, trouvaient que vous n’eussiez rien préparé, ce ne fût à nous, pour ne pas dire à vous-mêmes, un sujet de confusion dans cette conjoncture, de nous être loués de vous.

5 C’est ce qui m’a fait juger nécessaire de prier nos frères d’aller vous trouver avant moi, afin qu’ils aient soin que la charité que vous avez promis de faire, soit toute prête avant notre arrivée ; mais de telle sorte que ce soit un don offert par la charité, et non arraché à l’avarice.

6 Or je vous avertis, mes frères, que celui qui sème peu, moissonnera peu ; et que celui qui sème avec abondance, moissonnera aussi avec abondance.

7 Ainsi que chacun donne ce qu’il aura résolu en lui-même de donner, non avec tristesse, ni comme par force : car Dieu aime celui qui donne avec joie.

8 Et Dieu est tout-puissant pour vous combler de toute grâce ; afin qu’ayant en tout temps et en toutes choses tout ce qui suffit pour votre subsistance, vous ayez abondamment de quoi exercer toutes sortes de bonnes œuvres ;

9 selon ce qui est écrit : Le juste distribue son bien ; il donne aux pauvres ; sa justice demeure éternellement.

10 Dieu, qui donne la semence à celui qui sème, vous donnera le pain dont vous avez besoin pour vivre, et multipliera ce que vous aurez semé, et fera croître de plus en plus les fruits de votre justice ;

11 afin que vous soyez riches en tout, pour exercer avec un cœur simple toute sorte de charités : ce qui nous donne sujet de rendre à Dieu de grandes actions de grâces.

12 Car cette oblation dont nous sommes les ministres, ne supplée pas seulement aux besoins des saints ; mais elle est riche et abondante par le grand nombre d’actions de grâces qu’elle fait rendre à Dieu ;

13 parce que ces saints recevant ces preuves de votre libéralité par notre ministère, se portent à glorifier Dieu de la soumission que vous témoignez à l’Évangile de Jésus-Christ, et de la bonté avec laquelle vous faites part de vos biens, soit à eux, soit à tous les autres ;

14 et de plus elle est riche et abondante par les prières qu’ils font pour vous, dans l’affection qu’ils vous portent à cause de l’excellente grâce que vous avez reçue de Dieu.

15 Dieu soit loué de son ineffable don !



MAIS moi, Paul, moi-même qui vous parle, je vous conjure par la douceur et la modestie de Jésus-Christ : moi qui, selon quelques-uns, étant présent parais bas et méprisable parmi vous ; au lieu qu’étant absent j’agis envers vous avec hardiesse :

2 je vous prie, que quand je serai présent je ne sois point obligé d’user avec confiance de cette hardiesse qu’on m’attribue ; d’en user, dis-je, envers quelques-uns qui s’imaginent que nous nous conduisons selon la chair.

3 Car encore que nous vivions dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair.

4 Les armes de notre milice ne sont point charnelles, mais puissantes en Dieu, pour renverser les remparts qu’on leur oppose ; et c’est par ces armes que nous détruisons les raisonnements humains,

5 et tout ce qui s’élève avec hauteur contre la science de Dieu ; et que nous réduisons en servitude tous les esprits, pour les soumettre à l’obéissance de Jésus-Christ ;

6 ayant en notre main le pouvoir de punir tous les désobéissants, lorsque vous aurez satisfait à tout ce que l’obéissance demande de vous.

7 Jugez au moins des choses selon l’apparence. Si quelqu’un se persuade en lui-même qu’il est à Jésus-Christ, il doit aussi considérer en lui-même que comme il est à Jésus-Christ, nous sommes aussi à Jésus-Christ.

8 Car quand je me glorifierais un peu davantage de la puissance que le Seigneur m’a donnée pour votre édification, et non pour votre destruction, je n’aurais pas sujet d’en rougir.

9 Mais afin qu’il ne semble pas que nous voulions vous étonner par des lettres :

10 (parce que les lettres de Paul, disent-ils, sont graves et fortes ; mais lorsqu’il est présent il paraît bas en sa personne, et méprisable en son discours : )

11 que celui qui est dans ce sentiment, considère qu’étant présents, nous nous conduisons dans nos actions de la même manière que nous parlons dans nos lettres étant absents.

12 Car nous n’osons pas nous mettre au rang de quelques-uns qui se relèvent eux-mêmes, ni nous comparer à eux ; mais nous nous mesurons sur ce que nous sommes véritablement en nous, et nous ne nous comparons qu’avec nous-mêmes.

13 Et ainsi quant à nous, nous ne nous glorifierons point démesurément ; mais nous renfermant dans les bornes du partage que Dieu nous a donné, nous nous glorifierons d’être parvenus jusqu’à vous.

14 Car nous ne nous étendons pas au delà de ce que nous devons, comme si nous n’étions pas parvenus jusqu’à vous, puisque nous sommes arrivés jusqu’à vous en prêchant l’Évangile de Jésus-Christ.

15 Nous ne nous relevons donc point démesurément, en nous attribuant les travaux des autres ; mais nous espérons que votre foi croissant toujours de plus en plus, nous étendrons beaucoup en vous notre partage,

16 et que nous prêcherons l’Évangile aux nations mêmes qui sont au delà de vous, sans entreprendre sur le partage d’un autre, en nous glorifiant d’avoir bâti sur ce qu’il aurait déjà préparé.

17 Que celui donc qui se glorifie, ne se glorifie que dans le Seigneur.

18 Car ce n’est pas celui qui se rend témoignage à soi-même qui est vraiment estimable ; mais c’est celui à qui Dieu rend témoignage.



PLUT à Dieu que vous voulussiez un peu supporter mon imprudence ! et supportez-la, je vous prie.

2 Car j’ai pour vous un amour de jalousie, et d’une jalousie de Dieu ; parce que je vous ai fiancés à cet unique époux, qui est Jésus-Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge toute pure.

3 Mais j’appréhende qu’ainsi que le serpent séduisit Ève par ses artifices, vos esprits aussi ne se corrompent, et ne dégénèrent de la simplicité chrétienne.

4 Car si celui qui vient vous prêcher, vous annonçait un autre Jésus-Christ que celui que nous vous avons annoncé ; ou s’il vous faisait recevoir un autre esprit que celui que vous avez reçu ; ou s’il vous prêchait un autre évangile que celui que vous avez embrassé, vous auriez raison de le souffrir !

5 Mais je ne pense pas avoir été inférieur en rien aux plus grands d’entre les apôtres.

6 Si je suis grossier et peu instruit pour la parole, il n’en est pas de même pour la science ; mais nous nous sommes fait assez connaître parmi vous en toutes choses.

7 Est-ce que j’ai fait une faute, lorsque afin de vous élever je me suis rabaissé moi-même en vous prêchant gratuitement l’Évangile de Dieu ?

8 J’ai dépouillé les autres Églises, en recevant d’elles l’assistance dont j’avais besoin pour vous servir.

9 Et lorsque je demeurais parmi vous, et que j’étais dans la nécessité, je n’ai été a charge à personne ; mais nos frères qui étaient venus de Macédoine, ont suppléé aux besoins que je pouvais avoir ; et j’ai pris garde à ne vous être à charge en quoi que ce soit, comme je ferai encore à l’avenir.

10 Je vous assure par la vérité de Jésus-Christ qui est en moi, qu’on ne me ravira point cette gloire dans toute l’Achaïe.

11 Et pourquoi ? Est-ce que je ne vous aime pas ? Dieu le sait.

12 Mais je fais cela, et je le ferai encore, afin de retrancher une occasion de se glorifier à ceux qui la cherchent, en voulant paraître tout à fait semblables à nous, pour trouver en cela un sujet de gloire.

13 Car ces personnes sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, qui se transforment en apôtres de Jésus-Christ.

14 Et l’on ne doit pas s’en étonner, puisque Satan même se transforme en ange de lumière.

15 Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se transforment en ministres de la justice ; mais leur fin sera conforme à leurs œuvres.

16 Je vous le dis encore une fois (que personne ne me juge imprudent ; ou au moins souffrez-moi comme imprudent, et permettez-moi de me glorifier un peu) :

17 Croyez, si vous voulez, que ce que je dis, je ne le dis pas selon Dieu, mais que je fais paraître de l’imprudence dans ce que je prends pour un sujet de me glorifier.

18 Puisque plusieurs se glorifient selon la chair, je puis bien aussi me glorifier comme eux.

19 Car étant sages comme vous êtes, vous souffrez sans peine les imprudents.

20 Vous souffrez même qu’on vous asservisse, qu’on vous mange, qu’on prenne votre bien, qu’on vous traite avec hauteur, qu’on vous frappe au visage.

21 C’est à ma confusion que je le dis, puisque nous passons pour avoir été trop faibles en ce point. Mais puisqu’il y en a qui sont si hardis à parler d’eux-mêmes, je veux bien faire une imprudence en me rendant aussi hardi qu’eux.

22 Sont-ils Hébreux ? Je le suis aussi. Sont-ils Israélites ? Je le sui aussi. Sont-ils de la race d’Abraham ? J’en suis aussi.

23 Sont-ils ministres de Jésus-Christ ? Quand je devrais passer pour imprudent, j’ose dire que je le suis encore plus qu’eux. J’ai plus souffert de travaux, plus reçu de coups, plus enduré de prisons ; je me suis souvent vu tout près de la mort.

24 J’ai reçu des Juifs cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet.

25 J’ai été battu de verges par trois fois, j’ai été lapidé une fois, j’ai fait naufrage trois fois, j’ai passé un jour et une nuit au fond de la mer.

26 J’ai été souvent dans les voyages, dans les périls sur les fleuves, dans les périls des voleurs, dans les périls de la part de ceux de ma nation, dans les périls de la part des païens, dans les périls au milieu des villes, dans les périls au milieu des déserts, dans les périls sur mer, dans les périls entre les faux frères.

27 J’ai souffert toutes sortes de travaux et de fatigues, de fréquentes veilles, la faim, la soif, beaucoup de jeûnes, le froid et la nudité.

28 Outre ces maux qui ne sont qu’extérieurs, le soin que j’ai de toutes les Églises m’attire une foule d’affaires dont je suis assiégé tous les jours.

29 Qui est faible sans que je m’affaiblisse avec lui ? Qui est scandalisé sans que je brûle ?

30 S’il faut se glorifier de quelque chose, je me glorifierai des souffrances qui me font paraître faible.

31 Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et qui est béni dans tous les siècles, sait que je ne mens point.

32 Étant à Damas, celui qui était gouverneur de la province pour le roi Arétas, faisait faire garde dans la ville pour m’arrêter prisonnier ;

33 mais on me descendit dans une corbeille, par une fenêtre, le long de la muraille ; et je me sauvai ainsi de ses mains.



S’IL faut se glorifier (quoiqu’il ne soit pas avantageux de le faire), je viendrai maintenant aux visions et aux révélations du Seigneur.

2 Je connais un homme en Jésus-Christ, qui fut ravi il y a quatorze ans (si ce fut avec son corps, ou sans son corps, je ne sais, Dieu le sait), qui fut ravi, dis-je, jusqu’au troisième ciel ;

3 et je sais que cet homme (si ce fut avec son corps, ou sans son corps, je n’en sais rien, Dieu le sait),

4 que cet homme, dis-je, fut ravi dans le paradis, et qu’il y entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de rapporter.

5 Je pourrais me glorifier en parlant d’un tel homme ; mais pour moi, je ne veux me glorifier que dans mes faiblesses et dans mes afflictions.

6 Si je voulais me glorifier, je pourrais le faire sans être imprudent ; car je dirais la vérité : mais je me retiens, de peur que quelqu’un ne m’estime au-dessus de ce qu’il voit en moi, ou de ce qu’il entend dire de moi.

7 Aussi, de peur que la grandeur de mes révélations ne me causât de l'élèvement, Dieu a permis que je ressentisse dans ma chair un aiguillon, qui est l’ange et le ministre de Satan, pour me donner des soufflets.

8 C’est pourquoi j’ai prié trois fois le Seigneur, afin que cet ange de Satan se retirât de moi ;

9 et il m’a répondu : Ma grâce vous suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance de Jésus-Christ habite en moi.

10 Et ainsi je sens de la satisfaction et de la joie dans les faiblesses, dans les outrages, dans les nécessités où je me trouve réduit, dans les persécutions, dans les afflictions pressantes que je souffre pour Jésus-Christ : car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

11 J’ai été imprudent ; c’est vous qui m’y avez contraint. Car c’était à vous de parler avantageusement de moi, puisque je n’ai été en rien inférieur aux plus éminents d’entre les apôtres, encore que je ne sois rien.

12 Aussi les marques de mon apostolat ont paru parmi vous dans toute sorte de tolérance et de patience, dans les miracles, dans les prodiges, et dans les effets extraordinaires de la puissance divine.

13 Car en quoi avez-vous été inférieurs aux autres Églises, si ce n’est en ce que je n’ai point voulu vous être à charge ? Pardonnez-moi ce tort que je vous ai fait.

14 Voici la troisième fois que je me prépare pour vous aller voir, et ce sera encore sans vous être à charge. Car c’est vous que je cherche, et non vos biens ; puisque ce n’est pas aux enfants à amasser des trésors pour leurs pères, mais aux pères à en amasser pour leurs enfants.

15 Aussi, pour ce qui est de moi, je donnerai très-volontiers tout ce que j’ai, et je me donnerai encore moi-même, pour le salut de vos âmes ; quoique ayant tant d’affection pour vous, vous en ayez peu pour moi.

16 On dira peut-être, qu’il est vrai que je ne vous ai point été à charge, mais qu’étant artificieux, j’ai usé d’adresse pour vous surprendre.

17 Mais me suis-je servi de quelqu’un de ceux que je vous ai envoyés, pour tirer quelque chose de vous ?

18 J’ai prié Tite de vous aller trouver, et j’ai envoyé encore avec lui un de nos frères. Tite a-t-il tiré quelque chose de vous ? N’avons-nous pas suivi le même esprit ? N’avons-nous pas marché sur les mêmes traces ?

19 Pensez-vous que ce soit encore ici notre dessein de nous justifier devant vous ? Nous vous parlons devant Dieu en Jésus-Christ, et tout ce que nous vous disons, mes chers frères, est pour votre édification.

20 Car j’appréhende qu’arrivant vers vous, je ne vous trouve pas tels que je voudrais, et que vous ne me trouviez aussi tel que vous ne voudriez pas. Je crains de rencontrer parmi vous des dissensions, des jalousies, des animosités, des querelles, des médisances, de faux rapports, des élèvements d’orgueil, des troubles et des tumultes ;

21 et qu’ainsi Dieu ne m’humilie, lorsque je serai revenu chez vous, et que je ne sois obligé d’en pleurer plusieurs, qui étant déjà tombés en des impuretés, des fornications et des dérèglements infâmes, n’en ont point fait pénitence.



VOICI donc la troisième fois que je me dispose à vous aller voir. Tout se jugera sur le témoignage de deux ou trois témoins.

2 Je vous l’ai déjà dit, et je vous le dis encore maintenant, quoique absent, mais comme devant être bientôt parmi vous, que si j’y viens encore une fois, je ne pardonnerai ni à ceux qui avaient péché auparavant, ni à tous les autres.

3 Est-ce que vous voulez éprouver la puissance de Jésus-Christ qui parle par ma bouche, qui n’a point paru faible, mais très-puissant parmi vous ?

4 Car encore qu’il ait été crucifié selon la faiblesse de la chair, il vit néanmoins maintenant par la vertu de Dieu. Nous sommes faibles aussi avec lui  ; mais nous vivrons avec lui par la vertu de Dieu qui éclate parmi vous.

5 Examinez-vous vous-mêmes, pour reconnaître si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne connaissez-vous pas vous-mêmes que Jésus-Christ est en vous ? si ce n’est, peut-être, que vous fussiez déchus de ce que vous étiez.

6 Mais j’espère que vous connaîtrez que pour nous, nous ne sommes point déchus de ce que nous étions.

7 Ce que nous demandons à Dieu, est que vous ne commettiez aucun mal, et non pas que nous paraissions n’être point déchus de ce que nous étions ; mais que vous fassiez ce qui est de votre devoir, quand même nous devrions paraître déchus de ce que nous étions.

8 Car nous ne pouvons rien contre la vérité, mais seulement pour la vérité.

9 Et nous nous réjouissons de ce que nous paraissons faibles pendant que vous êtes forts ; et nous demandons aussi à Dieu, qu’il vous rende parfaits.

10 Je vous écris ceci étant absent, afin de n’avoir pas lieu, lorsque je serai présent, d’user avec sévérité de la puissance que le Seigneur m’a donnée pour édifier, et non pour détruire.

11 Enfin, mes frères, soyez dans la joie, travaillez à être parfaits, consolez-vous, soyez unis d’esprit et de cœur, vivez dans la paix ; et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.

12 Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Tous les saints vous saluent.

13 Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, demeure avec vous tous ! Amen !