Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BERTHOUT, Gauthier IV

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BERTHOUT (Gauthier IV) succéda à son père en 1286. Il avait épousé Alix de Guines, fille du comte de Guines et d’Alice de Coucy. Imbu des principes de sa race, il marcha dans la même voie que son devancier ; déjà il avait combattu pour le duc Jean, sous la bannière brabançonne, et avait remplacé son père, trop âgé, dans le commandement de l’armée. Plus tard, quand il se trouva à la tête de ses États, il porta le même dévouement aux intérêts du duc.

Du vivant de son père, nous voyons Gauthier IV intervenir avec celui-ci dans plusieurs chartes, notamment dans celles de 1281 et de 1282, données en faveur de la commanderie de Pitzembourg, ainsi que dans un diplôme, en 1283. Cette intervention du fils dans les actes émanant de son père peut se comprendre : Gauthier le Grand, absorbé par le soin qu’il donnait aux affaires du Brabant, avait peut-être, vu son grand âge, abandonné à son fils les droits qu’il exerçait dans la seigneurie de Malines ; peut-être aussi, pour consolider davantage le pouvoir, donnait-il de son vivant l’administration de la seigneurie à son successeur ?

Rien ne constate qu’il y ait eu des rapports entre Gauthier IV et l’évêque de Liége, alors Jean de Flandre. L’autorité des princes-évêques semblait entièrement méconnue à Malines, et ces prélats, trop faibles pour soumettre la puissance des Berthout, qui s’appuyaient sur les ducs de Brabant, se virent forcés de renoncer momentanément à leurs prétentions.

La guerre entre le duc de Brabant et le comte de Gueldre était encore engagée. Fidèle à la cause brabançonne, Gauthier suivit le duc Jean sous les murs du château de Woeringen. Le 5 juin 1288 eut lieu cette célèbre bataille : dès le commencement de l’action, Berthout, emporté par son cheval, fut jeté au milieu des ennemis ; accablé par le nombre, il succomba dans la mêlée sans que son corps pût être retrouvé. Gilles Berthout prit immédiatement la place de son neveu et porta noblement la bannière de sa race.

Emm. Neeffs.