Bulletin de la société géologique de France/1re série/Tome II/Séance du 22 novembre 1831

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Bulletin de la société géologique de France1re série - 2 - 1831-1832 (p. 41-64).


Séance du 22 novembre 1831


M. Cordier occupe le fauteuil.

Après la lecture et l’adoption du procès-verbal de la précédente séance, le président proclame membre de la Société :

M. Paul Savi, professeur d’histoire naturelle à l’Université de Pise, présenté par MM. Cordier et Brongniart.

On passe à la correspondance.

M. Savi offre ses services à la Société pour ce qui regarde la géologie de la Toscane.

M. de la Bèche annonce l’envoi de deux fougères arborescentes de la Jamaïque.

M. Cramaille, sur le point de partir pour Mexico, propose à la Société de servir d’intermédiaire pour établir des rapports géologiques avec cette partie de l’Amérique.

La Société décide qu’on remerciera M. Cramaille, et qu’on lui donnera des prospectus, des instructions pour collecter des roches, et trois exemplaires du premier volume du Bulletin.

La Société reçoit les ouvrages suivans :

1° De la part de M. Héricart de Thury neuf mémoires dont il est l’auteur ;

A. Rapport fait à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, sur le procédé proposé par M. Brad pour reconnaître connaître immédiatement les pierres qui ne peuvent point résister à la gelée, et que l’on désigne ordinairement sous les noms de Pierres gelives ou Pierres gelisses. — In-4°, Paris, 1824.

B. Discours d’installation de la Société d’horticulture de Paris. — In-8°. Paris, 1827.

C. Programme d’un concours pour le percement de puits forés suivant la méthode artésienne, suivi de considérations géologiques et physiques sur le gisement des eaux et recherches sur les puits forés en France. — In-8°, avec deux planches. Paris, 1828.

D. Extrait du rapport ou procès-verbal du voyage des commissaires de la commission administrative de la succession Delamarre pour la prise de possession du domaine d’Harcourt, au nom de la Société royale d’agriculture. — In-8°, M Paris, 1828.

E. Notice historique sur la plantation de la montagne de Saint-Martin-le-Pauvre, entre Thury et Boulard (Oise) ─-In-8°, Paris, 1829.

F. Notice, sur les recherches entreprises à Luzarches et sur le degré de possibilité d’y trouver une mine de houille. — In-8°, avec deux planches. Paris.

G. Rapport sur le concours ouvert pour le percement des puits forés. — In-8°, avec deux planches. Paris, 1830.

H. Extrait du rapport fait à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, dans sa séance générale du 29 décembre 1830, sur le concours ouvert pour l’établissement des puits forés. — In-4°. Paris, 1830.

I. Du dessèchement des terres cultivables sujettes à être inondées. — In-8°. Paris, 1831.

2° De la part de M. Graves cinq Mémoires qu’il a insérés dans les Annuaires de l’Oise de 1827 à 1831, et contenant une description géologique générale de cinq cantons de ce département :

A. Précis historique sur le canton de Chaumont. — In-8°. Beauvais, 1827.

B. Précis statistique sur le canton de Creil, arrondissement de Senlis. — In-8°, avec une carte. Beauvais, 1828.

C. Précis statistique sur le canton canton de Nantheuil-le-Haudouin, arrondissement de Senlis. — In-8°, avec une carte. Beauvais, 1829.

D. Précis statistique sur le canton de Nivillers, arrondissement de Beauvais. — In-8°, avec une carte. Beauvais, 1830.

E. Précis statistique sur le canton d’Auneuil, arrondissement de Beauvais. — In-8°, avec une carte. Beauvais, 1831.

3° De la part de M. Bailly de Merlieux, le numéro 11 (1831), de son Mémorial encyclopédique.

4° De la part de la Société de géographie de Paris, le numéro 101 de son Bulletin.

5° De la part de la Société linnéenne de Bordeaux, les six livraisons du tome IV de ses Actes (in-8°, avec planches, 1830 à 1831), contenant en particulier deux Mémoires de M. Jouannet sur la géologie du sol tertiaire de la Gironde ; un Mémoire de M. Billaudel sur les cailloux roulés et les alluvions de ce département, et une Dissertation sur les Ichtyosarcolites, par M. Rouland.

6° De la part de M. Deshayes,

A. Les douze premières livraisons de sa Description des coquilles fossiles des environs de Paris. In-4°, avec quarante-huit planches.

B. Sa Description de coquilles caractéristiques des terrains. In-8°, avec quatorze planches. Paris, 1831.

7° De la part de M. Brongniart, son Tableau théorique de la succession et de la disposition la plus générale en Europe des terrains et roches qui composent la croûte du globe, ou description graphique du tableau des terrains. Une grande feuille. Paris, 1831.

8° De la part de M. de Buch, par l’entremise de M. de Humboldt, sa Carte physique de l’ile de Ténériffe. Une grande feuille. Paris. Levrault, 1831.

Il est présenté :

1° Par M. Cordier, le premier numéro du nouveau journal mensuel américain de géologie et d’histoire naturelle (Monthly american Journal of geology and natural science), par M. C. W. Featherstonaugh. Juillet, 1831. Philadelphie, et Paris, chez A. Bertrand. On y remarque un Mémoire sur un nouvel animal fossile, le Rhinoceroïdes alleghaniensis ; un Mémoire sur l’écoulement ancien des eaux dans le nord de l’Amérique et sur l’origine de la cataracte du Niagara ; un Rapport sur les ossemens fossiles accumulés sous le sol à Big Bone Lick, dans le Kentucky ; une Notice du docteur Harlan sur une nouvelle espèce de Megalonyx et de Fucoïde ; et une autre sur les cavernes à ossemens de la Nouvelle-Hollande.

2° Par le secrétaire :

A. Les livraisons 3 et 4, de la Description des pétrifications du Wurtemberg, par M. de Zieten (in-folio, Stuttgart, 1831), contenant la suite des Ammonites et les Bélemnites de ce pays.

B. Une brochure intitulée les Puits artésiens à Vienne et dans ses environs (Die artesischen Brunnen in und um Wien), par M. le baron de Jacquin, avec des observations géologiques sur le bassin Viennois, par M. P. Partsch. In-8° de 48 pages, avec une planche. Vienne, 1831.

C. Les fragmens de géologie et de climatologie asiatique, par M. de Humboldt (2 vol. in-8°. Paris, 1831), contenant son Mémoire sur les chaînes et les volcans de l’Asie centrale, et celui de M. Klaproth sur les points volcaniques du Japon et de la Chine.

On trouve en tète de cet ouvrage que le voyage de l’Oural, en Sibérie, et à la mer Caspienne, de M. de Humboldt, contiendra un Tableau géognostique et physique du nord-ouest de l’Asie, âr ce savant, et une partie minéralogique et gégnostique, résultats d’analyses chimiques, et itinéraire, par M. Gustave Rose.

3° Par M. Pitois, libraire :

A. L’Itinéraire du département du Puy-de-Dôme contenant l’indication des principales formations géologiques, du gisement des espèces minérales des volcans anciens et modernes et de tous les lieux remarquables, par MM. Lecoq et Bouillet. Paris. In-8° de 178 pages, avec une carte géologique.

B. Vues et coupes des principales formations géologiques du département du Puy-de-Dôme, accompagnées de la description et des échantillons des roches qui les composent, par MM. Locoq et Bouillet. Paris. In-8° de 266 pages, avec un atlas, in-4° de 31 planches coloriées. Le secrétaire en fonction donne lecture d’un article du National, du 11 novembre, extrait du Courrier du Monde et de la politique, de Cologne.

En juillet, on a foré un puits artésien à Riemke, près de Bochum, en Westphalie, et on a trouvé, à 143 pieds, une eau limpide et abondante. Pour arrêter l’écoulement, on mit sur l’ouverture des planches ; mais le lendemain on fut bien surpris de trouver dans cette eau des petits poissons de 3 à 4 pouces de longueur. Près de ce village, il n’y a pas de rivière, et les cours d’eau les plus voisins sont la Ruhr à 4 lieues et l’Emster à 2 lieues.

M. La Joye fait hommage à la Société de 40 échantillons de diverses roches, parmi lesquelles on remarque de beaux échantillons d’Eclogite du Fichtelgebirge, de calcaire grenatifère du pic du midi aux Pyrénées, de Trachytes, une Ostrea vesicularis, etc.

La Société donne son approbation aux décisions suivantes du conseil, prises le 31 octobre.

Dans, les collections, les fossiles seront collés sur des cartons, classés géologiquement et placés à la suite des terrains qui les renferment. On ne formera une collection méthodique que lorsque les échantillons seront assez nombreux.

Les étrangers ne pourront voir les collections qu’avec un membre de la Sociétale.

Le trésorier est chargé d’adresser un dernier avis aux membres qui n’ont pas encore payé leurs cotisations, en mentionnant qu’on cessera, de leur envoyer le Bulletin, et en leur rappelant l’article 6 du premier chapitre du règlement.

Le nombre des feuilles du Bulletin sera augmenté, et quelques planches de coupes lithographiées y seront ajoutées.

Un membre du conseil est chargé de s’aboucher avec le libraire M*** pour la publication des mémoires de la Société, publication pour laquelle il parait favorablement disposé.

M. Desnoyers est chargé de présenter dans la première séance de janvier le résumé des travaux de la Société pour l’année expirée, et M. Boué d’exposer les progrès de la géologie et ses applications pendant cette époque.

MM. Brongniart, Deshayes et Boué sont nommés pour la rédaction d’une instruction relative à l’envoi de roches et de fossiles.

M. Michelin propose de compléter l’ouvrage sur les fossiles de Paris, dont M. Deshayes a regretté de ne pouvoir donner que douze livraisons.

M. Walferdin propose de décider que le local de la Société sera ouvert tous les lundis qui ne sont pas consacrés aux séances ordinaires, pendant la soirée, pour qu’on puisse lire et consulter les ouvrages que possède la Société.

Ces deux propositions sont renvoyées au conseil.

On lit une Notice géognostique sur la environs d’Oran par M. Rozet.

« Ayant été envoyé à Oran pour lever le plan des environs de cette ville et pousser quelques reconnaissances dans l’intérieur du pays, j’ai profité de la circonstance pour en étudier la constitution géognostique.

Les formations de cette contrée présentent des Faits très-curieux et dont la connaissance parfaite exige une étude approfondie des roches et des espèces fossiles que j’ai réunies ; c’est pourquoi je ne donne maintenant qu’une notice succincte, me réservant, à mon retour en France, de publier un Mémoire fort-étendu, accompagné de coupes et d’une carte topographique.

Oran est situé sur le bord de la mer, dans le fond d’une baie. Au sud et à l’est, se développe une vaste plaine, coupée par quelques petits côteaux qui s’étendent jusqu’au pied de l’Atlas, dont la chaîne, éloignée de six ou sept lieues, court E.-N. E. à O. S. O. À l’ouest, la ville est dominée par de hautes montagnes, le mont Mezetta, la montagne de Santa-Crux, qui s’élèvent le premier à 458 mètres et l’autre à 400 mètres àu4dessus du niveau de la Méditerranée.

Les ramifications de ces montagnes s’étendent fort loin vers l’ouest et le sud-ouest. Au-nord-ouest d’Oran se trouve la baie de Mars-el-Keber, la seule où les bâtimens puissent mouiller. Cette baie est entourée par les monts Rammra qui atteignent 4718 mètres d’élévation absolue. Après le fort de Mars-el-Kebre, situé à l’extrémité nord de la baie, vient une côte fort escarpée, à laquelle succède la place de las Agguadas, qui, s’étend jusqu’au cap Falcon, à quatre lieues N. O. d’Oran. C’est à ce point que mes observations se sont arrêtées du côté de l’ouest ; au sud et à l’est je n’ai pu m’avancer seulement qu’à six mille mètres de la ville, parce que je n’avais que soixante hommes d’escortes, et que les arabes, épouvantés par nos opérations, s’étaient réunis au nombre de 2 ou 300, et nous faisaient une guerre continuelle.

Des falaises fort escarpées qui s’élèvent souvent à 80 et 100 mètres au-dessus de la mer, des vallées profondes et quelques carrières rendent très-facile l’étude de la constitution géognostique du pays. Voici les principaux résultats auxquels cette étude m’a conduit.

1° Le terrain de transition composé de phyllade passant au schiste ardoisé et rarement au schiste talqueux, renfermant, de nombreuses couches de quarzite et coupé par des veines de quarz, forme, comme près d’Alger, la base sur laquelle reposent toutes les autres roches. Les couches de schiste et celles des quarzites sont généralement verticales ; quand elles sont moins inclinées, on les voit plonger vers le nord sous un angle qui n’est jamais moindre de 30°.

Cette formation paraît dépourvue de métaux et de restes organiques. C’est elle qui constitue la masse des montagnes depuis Oran jusqu’au cap Falcon, mais elle disparaît de temps en temps sous le terrain tertiaire.

2° Les formations secondaires manquent tout-à-fait à Oran. Dans les vallées et les escarpements des montagnes, on voit le terrain tertiaire reposer immédiatement et transgressivement sur les schistes. Ce terrain a beaucoup de rapports avec celui d’Aix en Provence ; il est composé de couches de marne et de calcaire alternant ensemble, les marnes sont jaunâtres et souvent schisteuses ; Au milieu de ces couches se distinguent deux bancs ayant un mètre de puissance, une argile schisteuse très-blanche ; Les masses de cette argile le fendent comme de l’ardoise, et sur les plaques se trouve des poissons fossiles parfaitement conservés ; ils sont extrêmement nombreux, surtout à la grande carrière, près le fort Salut-André. En brisant une masse d’argile d’un pied cube, il est rare de n’en pas trouver trois ou quatre. Ces poissons, que je crois d’eau douce, appartiennent à trois espèces au plus. Dans les bancs qui les renferment, il n’y a point d’autres restes organiques ; mais au milieu des marnes et des calcaires, il existe des Peignes ; quelques Echinites, et beaucoup de grandes Huîtres associées avec des Gryphées, reconnues par MM. de Férussac et Deshayes pour l’Ostrea navicularis (espèce vivante) de divers âges. À la carrière St-André et dans le ravin au pied du village Raslaïne, les Huîtres mélangées avec les Gryphées forment des bancs assez étendus, ce qui prouve que ces animaux vivaient ensemble dans l’ancienne mer.

Cet assemblage de marnes et de couches calcaires repose, en quelques endroits, sur une masse de marne bleue, que je crois être la marne bleue subatlantique. Malheureusement je n’y ai point trouvé de fossiles. La partie supérieure de cette formation est occupée par une brèche calcaire mal stratifiée, dans laquelle les fossiles sont fort rares.

En sortant par la porte de l’ouest au pied du Mezetta, on rencontre des escarpements d’une brèche ferrugineuse qui recouvre le terrain tertiaire, et dans la composition de laquelle il entre beaucoup de fragmens de trapp.

Ce terrain tertiaire occupe toute la plaine qui s’étend au sud et à l’est d’Oran ; on le trouve sur les monts Mezetta et Rammra à 470 mètres au-dessus de la mer. Dans la plaine les couches sont assez parfaitement horizontales, mais sur les montagnes elles sont souvent inclinées ; je les ai vues plonger au sud-est sous un angle de 10° à 20°. Ce terrain forme aussi le sol de la plaine contigüe à la loge de Las Aguadas entre le fort Mars-El-Keber et le cap Falcon. Il est là en couches horizontales reposant sur la tranche des schistes. Entre les deux formations ou plutôt à la partie inférieure de la première se trouvent des amas immenses de coquilles (Peignes, Bucardes, Huîtres, etc.) identiques avec celles qui vivent encore maintenant dans la mer, mais parmi ces coquilles je n’a i pas vu une seule Gryphée. Elles habitaient sur le schiste lors du dépôt du terrain tertiaire.

3° Le fort Santa Crux s’élève sur une crête étroite formée par une roche noire compacte avec quelques points brillans, à laquelle je donne provisoirement le nom de trapp. Cette roche est très-lourde ; elle se laisse difficilement entamer par l’acier, mais elle ne fait pas feu au briquet. Dans l’acide hydrochlorique elle donne une effervescence assez vive, et se dissout un peu ; elle est accompagnée de parties scoriacées, et contient quelques veines d’une substance blanche, mamelonnée, et des traces de fer oligiste micacé.

Ce trapp passe à une roche jaunâtre qui le surmonte sur toutes les pointes où ces masses existent ensemble. Cette roche est très-sonore, plus dure et moins lourde que le trapp ; elle fait aussi effervescence dans les acides. Lorsque le fer oligiste micacé est très-abondant, il forme de nombreuses veines qui coupent la masse dans toutes les directions.

Les deux roches dont je parle n’offrent aucun indice de stratification ni de division prismatique. Elles sont massives, et présentent tous les caractères des formations volcaniques ; elles se trouvent répandues sur les schistes dont elles remplissent les cavités de la surface ; et ceux-ci au point de contact ont presque toujours éprouvé une altération très-sensible ; enfin ces roches sont accompagnées de tufs semblables à ceux des basaltes.

Ce terrain pyroïde est développé sur une longueur de quatre lieues depuis Oran jusqu’au cap Falcon. Sur le Mezetta, il paraît recouvrir le calcaire tertiaire. À Mars-el-Keber, il occupe le sommet d’une montagne qui s’élève à 390 metres au-dessus de la mer. Il descend ensuite le long des plaines et vient former la pointe sur laquelle le fort est bati. C’est lui, et particulièrement la roche jaune qui constitue le cap Falcon, et les rochers qui l’environnent. Il y recouvre encore le schiste, il ne contient plus de fer oligiste, mais une immense quantité de fer carbonaté sublamellaire.

Ce minéral s’y présente en grosses masses intimement liées à la roche avec laquelle il paraît avoir été vomi. Le mamelon qui s’élève au-dessus de la pointe Est du cap est une masse de fer carbonaté ayant 200 mètres de long et 20 à 25 de haut ; cette masse a pour base le trapp jaune avec lequel elle se trouve intimement liée. On observe même dans son intérieur des alternances des deux roches. La pointe du cap est formée par le phonolite renfermant beaucoup de fer carbonaté.

On voit les roches pyroïdes recouvrir le calcaire tertiaire, et les couches supérieures de celui-ci sont souvent recouvertes de fer carbonaté qui s’y est incrusté, ce qui me porte à croire que le trapp et les roches qui l’accompagne sont d’une formation plus récente que l’époque tertiaire. Le terrain trappéen n’existe pas au sud et à l’est d’Oran, dans le rayon que j’ai parcouru autour de cette ville.

4° Enfin le long des côtes et particulièrement dans la baie de Mars-el-Keber ; ou trouve par-dessus toutes les roches des agglomérats de coquilles, les mêmes qui vivent encore dans la mer actuelle, et sont changées en spath calcaire et réunies par un ciment ferrugineux qui a beaucoup de ressemblance avec celui de la brèche à fragmens de trapps.

Il résulte de tout ce que je viens de dire que les formations géognostiques qui se montrent au jour dans la portion de pays que j’ai exploré sont par ordre d’ancienneté : les schistes de transtion, le terrain tertiaire qui les recouvre, à stratification transgressive, un terrain pyroîde très-singulier, enfin des brèches ferrugineuses à fragmens de trapp, et des agglomérats de coquilles qui existent seulement le long des côtes.

La présence de Gryphéés au milieu du terrain tertiaire est un fait si ce n’est nouveau, du moins intéressant, puisqu’on a cru jadis que cette famille de mollusque n’existait que dans le terrain secondaire, et c’était même un des principaux caractères de cette époque géognostique. Pendant que j’observais à Oran, M. Noël ; ingénieur des constructions hydrauliques, recueillait à Alger, dans les carrières près du jardin de Mustapha-Pacha, les fossiles des terrains supérieur à l’argile bleue subatlantique, et lorsqu’à mon retour il me montra ces fossiles ; j’eus le-plaisir d’y reconnaître plusieurs Gryphées identiques avec celles que j’apportais d’Oran. À la partie supérieure du calcaire grossier exploité dans une marne sableuse et un calcaire tendre ; il y a un banc fort étendue de Gryphée. Ceci me confirme pleinement dans l’opinion que la formation calcaire marneuse d’Oran constitue le second étage du terrain subatlantique. »

Après la lecture de ce Mémoire, M. Deshayes rappelle que les Gryphées se trouvant encore vivantes, rien ne s’oppose à ce qu’on, en rencontre dans les dépôts tertiaires. Outre la Gryphée des collines subapennines et d’Alger ; il cite dans le terrain tertiaire la Gryphœa cymbiola de Valmondois décrite par lui dans le dictionnaire classique, et la Gryphœa Defrancii ; enfin, il pense que le genre Gryphée est à réunir aux huitres.

M. Boué donne les éclaircissements suivans sur la gryphée colombe qui a été citée dans le sol tertiaire de Castelgomberto. Ce fossile associé avec le Plagiostoma sinosa et une grande Huitre, se trouve au milieu d’une argile grise bleuâtre, formant le pied d’une des côtes du Val-di-Lonte. À une distance peu considérable, on voit à un niveau plus élevé des rochers de calcaire tertiaire a Nummulites, alternant avec des tufas basaltiques. La présence de ces fossiles dans le sol tertiaire ne sera donc prouvée par cette localité que quand on les retrouvera dans la même position dans quelque autre peint du Vicentin ou du Véronais. De plus, le grès vert de ces contrées offrant des argiles semblables et les dérangemens plutonique y étant fréquens, il faudra encore bien s’assurer que ces argiles coquillères ne dépendent nullement du grès vert.

M. Cordier remarque que le système volcanique d’Oran paraît avoir des rapports avec celui qu’il a observé sur la côte opposée de l’Espagne, entre le cap de gates et Carthagène, et qui est probablement couvert aussi de calcaire d’eau douces.

On lit une Notice sur les Alpes Bernoises, de M. le professeur Studer, de Berne.

« Depuis six ans, dit M. Studer, je me suis occupé de la géologie des Alpes entre la dent de Morcles et la Jungfran, et maintenant je vais mettre au net mes observations pour les publier. Les fossiles recueillis suffiront, j’espère, pour caractériser les divers dépôts et pour déterminer l’âge des oolites ferrugineuses de Lauterbrunn et des calcaires de Bex, de Boltigen et de Stockhorn. C’est M. Voltz qui est chargé de contrôler mes déterminations dans sa belle collection. Les plus anciennes couches calcaires paraissent toujours appartenir au lias ou du moins au calcaire jurassique le plus ancien ; les plus récentes, aux assises inférieures de la craie, mais il y a de plus des dépôts jurassiques moyens, du moins dans cette partie de la Suisse, qui n’est qu’un prolongement de la chaîne de Savoie.

A l’est du lac de Thoun, au contraire, la craie commence à prédominer tellement que tous les dépôts secondaires plus anciens paraissent élagués jusque dans la vallée du Rhin, et même peut-être encore plus à l’est. La grande confusion de la géologie alpine ne paraît provenir de ce qu’on a été habitué à regarder la chaîne sédimentaire entière depuis Vienne jusqu’au Rhône comme une série continue de dépôts semblables, et de ce qu’on a cru pouvoir appliquer les résultats tirés d’une coupe à l’explication d’autres profils. Tous ces faits tendent, au contraire, à prouver que cette uniformité des rapports géologiques n’existe pas dans la nature.

Dans les Alpes calcaires on voit des formations isolées apparaître, se renfler prodigieusement, prendre la place d’un dépôt voisin et se perdre aussi à leur tour, comme cela a aussi lieu dans les pays de plaine. On approcherait plutôt de la vérité en supposant pour terme de comparaison qu’une chaîne de la hauteur de nos Alpes primaires à surgi tout-à-coup entre Paris et Berlin, et a subitement exercé une grande pression sur tous les divers dépôts sédimentaires qui couvraient jadis la fente dont une pareille chaîne serait sortie. Il faut se contenter de suivre pas à pas les différentes formations, et, au lieu de sauter d’un profil à un autre, de tracer les chaînes qui ont été rompues dans l’un jusque dans l’autre, afin de se convaincre si elles existent bien dans les diverses coupes ou pour trouver l’endroit de leur disparition. Tel est le plan que j’ai suivi dans nos Alpes, et le résultat a répondu à mes espérances. J’ai pu tracer sur une carte les limites des dépôts que je crois nécessaire de distinguer ; et six profils à travers la chaîne du Valais jusqu’à la molasse montrent les rapports de gisement et la forme extérieure des montagnes. Je désire publier ce travail en soignant la partie topographique de la carte pour laquelle j’aurais à faire d’assez nombreuses corrections aux cartes anciennes.

Cet été, j’ai été pour vérifier les observations si curieuses que M. Hugi a faites dans la vallée du Roththal, sur la côte occidentale de la Jungfrau, et dans l’Urbachthal, entre la Scheidegg et le passage de la Grimsel.

Le chemin qui conduit au Roththal est très-rapide, mais nullement si dangereux que le dépeint M. Hugi, et il est bien à désirer que cette ascension pénible n’empêche aucun géologue étranger de visiter ce vallon. La description de M. Hugi est en général parfaitement exacte. Il a bien observé les superpositions ; néanmoins je suis loin de pouvoir adopter ses conclusions et ses idées théoriques.

Après être monté du fond de la vallée, pendant environ deux heures, par dessus des couches verticales de gneis, on atteint enfin la limite supérieure de ce massif et les couches les plus inférieures du calcaire, qui forment la croûte septentrionale de la Jungfrau et qui offrent une forte inclinaison au nord et contre les montagnes de gneis placées dans cette direction. Immédiatement sur le gneis, il y a une dolomie compacte de 30 pieds de puissance, qui est recouverte de quarzite associé avec du schiste argileux bigarré. À cette masse, qui a quinze pieds d’épaisseur, succède, en montant, du fer oolithique ou de la chamoisite noire, verte, enfin vient le calcaire généralement schisteux noir ou gris, qui s’élève jusqu’au sommet de la montagne et qui forme la masse principale de nos alpes secondaires. Le minerai de fer contient de grands nids de fer oxidé rouge, massif on en gros grains. Le calcaire grenu noir et les divers bancs ferriféres sont riches en fossiles, surtout en bélemnites et ammonites. Ces dernières paraissent appartenir à l’Ammonites communis de Sow., et M. Voltz y a reconnu les A. decipiens Sow., annularis Zieten, et plicatiis Zieten. Je n’y ai nullement trouvé les fossiles du Muschelkalk, comme le prétend. M. Hugi. Les assises les plus inférieures ne paraissent répondre qu’au lias ou calcaire jurassique ancien.

Après être monté pendant une demi-heure par dessus les rochers calcaires et des débris, on arrive enfin à l’entrée du vallon appelé Roththal, et on y voit, non sans surprise, distinctement le calcaire recouvert de gneis sur une étendue qu’0n met une demi-heure à parcourir et qui se prolonge plus loin dans des lieux où il est trop dangereux d’aller. Le contact des deux dépôts est complètement à nu, mais l’on n’y observe aucune trace d’un effet quelconque exercé par une des roches sur l’antre, et le calcaire immédiatement sous le gneis est le même schiste calcaire gris qui recouvre plus bas les bancs bélemnitifères. Vers les sommités, on voit encore une fois du calcaire, sous la forme d’une masse ellipsoïde colossale, qui est enfoncé comme un coin dans le gneis, et enveloppé par cette roche. La puissance de chacun de ces massifs calcaires peut avoir près de 500 pieds, et la masse de gneis qui les sépare a environ la même épaisseur [1].

On ne peut rester long-temps incertain sur la manière dont on doit envisager ces alternatives ; car en considérant la montagne entière de la Jungfrau, on remarque que le calcaire forme tout son côté septentrional jusqu’à sa cime, tandis que sa portion méridionale est toute composée de gneis qui s’élève des points les plus bas jusqu’aux plus hautes crêtes. Il n’y a, de plus, aucune différence appréciable entre le gneis qui couvre le calcaire dans le Roththal et celui qui resort au-dessous de cette vallée ou qui constitue en général la chaîne primaire. La dénomination de demi-granite (Halbgranit) proposée par M. Hugi est tout-à-fait inutile, puisqu’elle tendrait à séparer des roches identiques.

En jetant les yeux sur le profil naturel de la montagne, il devient clair que l’introduction du calcaire dans le gneis, sous la forme d’un coin et vice versa, n’est qu’une suite du soulèvement qui n’a pu s’opérer sans faire éprouver aux couches secondaires des fendillemens, des brisures et des plissemens. La théorie de M. Hugi est donc aussi inadmissible.

On peut observer encore plus aisément les mêmes faits dans le Mettenberg près Grindelwald, ainsi qu’au Laubstock et au Plattenstock, sur les bords de la route qui conduit au même hameau.

On doit vraiment s’étonner avec M. Hugi, qu’aucun savant ne les ait pas vus, puisqu’il ne s’agit pas de voyages pénibles, mais seulement de savoir distinguer les rochers calcaires d’avec ceux composés de gneis, dans un des lieux les plus visités en Suisse. En considérant en face les trois montagnes mentionnées, elles paraissent n’offrir qu’une masse calcaire de plusieurs milliers de pieds de puissance et à sommet tronqué. Cette roche semble s’élever jusqu’à la cime et repose indistinctement sur le gneis ; mais en voyant les mêmes montagnes en profil, on remarque qu’il s’élève encore du sommet vers les montagnes placées derrière une hauteur à pente douce qui à tout l’extérieur des rochers de gneis, et qui en est composée en réalité, comme on peut s’en assurer en place. En poursuivant le calcaire dans les wallons latéraux et dans la direction des montagnes plus au sud, on voit sa puissance diminuer petit-à petit et terminaison en coin dans le gneis. Dans cet endroit, le gneis supérieur ne se distingue pas particulièrement de celui qui est inférieur au calcaire : se sont donc encore des masses calcaires enveloppées et non alternantes. je serais même disposé à penser qu’elles ne sont qu’une réunion de lits elliptiques et concentriques comme dans le coin calcaire supérieur du Roththal ; la sortie des roches feldspathiques aura produit cette inflexion, néanmoins mes observations ne me permettent pas encore d’assurer que c’est en réalité dans la partie supérieure de la vallée d’Urbach où se termine le calcaire du Laubstock, je n’ai trouvé, au lieu de la dolomie grenue de M. Hugi, que du calcaire lamelleux

Le point le plus important pour observer les rapports géologiques précédents, est sans contredit le col entre la vallée d’Urbach et le glacier appelé Rosen Lauigletscher ; car on y voit, non-seulement le gneis et le calcaire pénétrer mutuellement l’un dans l’autre sous la forme de coins très-variés ; mais de plus, tous les rapports des deux roches sont comme un tableau complètement à nu depuis le fond de la vallée jusqu’aux plus hautes cimes. Il y a déjà quarante ans que mon père a dessiné le profil de ces alternatives répétées de calcaire et de gneis. Il est singulier que M. Hugi ait mal représenté les faits dans ces lieux ; car ni sa description, ni ses profils ne coïncident avec la réalité, qui confirme cependant si bien ses observations dans ce Roththal [2].

Le gneis du Tossenhorn s’insinue dans le calcaire à plusieurs reprises, et l’on peut observer parfaitement la ligne de contact de ses coins avec le calcaire sur la muraille presque verticale de Gstellihorn. Entre le gneis, le calcaire se présente surtout comme une dolomie compacte grise avec un enduit terreux jaune de paille. Dans quelques lits, il est saccharoïde, translucide et de teintes blanches, bleues verdâtres ou rougeâtres. Le gneis est partout le même et peu différent de celui du Roththal, ou du fond de la vallée, ou bien de Branson près de Martigny, C’est un mélange de mica talqueux, de feldspath blanc ou brunâtre et de très-peu de quarz, qui oscille toujours entre le granite et le gneis, quoiqu’en grand il paraisse appartenir plutôt à la dernière roche. Je n’ai rien pu observer des nids et des filons de granit que M. Hugi décrit dans ces lieux. Je suis obligé de dire que dans plusieurs points où il indique du granit, j’ai trouvé du gneis. Le Mont-Kanzel, près du col de la vallée d’Urhach, n’est pas granitique comme le dit H. Hugi, mais composé de calcaire à belemnites.

Il y a vingt ans y lorsque les coches feldspathiques étaient encore appelées strictement primitives, les observations précédentes auraient fait sensation, mais maintenant on n’y a vu qu’une répétition des faits de Predazze et de Velle Ravbiese. Néanmoins quelle différence ! les montagnes du Tyrol méridionnal sont des collines en comparaison des Alpes Bavaroises, et ce qu’on y peut voir en quelques heures, exige ici des courses de plusieurs jours. Quoique les faits n’aient plus l’attrait de la nouveauté, ils sont décisifs pour la théorie de l’origine des Alpes. Les apparences de Predezzo sortent pour ainsi dire de la ligne de celle qu’on peut appeler ordinaires, parce qu’elles se lient aux éruption de porphyre pyroxénique, et il reste toujours quelqu’incertitude pour savoir si le granit de Canzaceli n’est pas positivement qu’une forme particulière de la roche pyroxénique ; ce ne sont donc pas ces faits qui sont applicables aux Alpes Bernoises. Nous savons à présent qu’il existe entre le dépôt calcaire des Alpes et le gneis granit de la chaîne centrale, une ligne de contact telle qu’elle n’est explicable par aucune théorie de dépôts formés paisiblement dans le sein des mers. Les particularités de ces accidens peuvent seules se rattacher aux grands soulèvemens indiqués par Predazzo, et par tous les rapports de contact observés jusqu’ici entre les roches feldspathiques et sédimentaires. »

On lit ensuite une lettre de M. Voltz, adressée de Strasbourg.

« La seconde livraison des Mémoires de notre Société d’histoire naturelle refermera entr’autres objets géologiques fort intéressans un travail de M. Studer sur les calcaires des Alpes et sur leurs fossiles. Il m’a communiqué tous les fossiles qu’il a recueillis dans les Alpes et j’ai trouvé un bon nombre de pétrifications qui caractérisent notre troisième étage jurassique (l’argile de Kimmeridge) si les couches de Portland à Besançon, Montbeliard, Porentruy, Charier, etc.

Dans ce cas sont l’Isocardia excentrica N. Sp. et inflata N. Sp. Ammonites inœquistriatus N. Sp. et un Proto encore indéterminé. D’autres fossiles se trouvent dans le calcaire jurassique du Wurtemberg tels sont l’Ammonites decipiens Sow, annularis Zieten, plicatilis Z., colubratus Z., Belemnites hastatus, sulcatus (Theodori), biplex Sow., planulatus, comprïmatus Z., Cidarites subangularis Goldf. D’autres pétrifications existent dans divers étages jurassiques, dans le lias du Jura, de la Normandie et de l’Angleterre. Tels sont l’A. Davocii, œquistriatus Z., Parkinsoni Sow., falcifer Sow., Tellinites problematicus Schl., Terebratula inconstants Sow. et ornithocephala Sow. Il y a de plus beaucoup d’espèces nouvelles qui seront figurées dans notre prochaine livraison.

La société désire savoir s’il existe des Belemnites intermédiaires dans le Muschelkalk ; nous possédons un marbre noir de Cascastel aux Pyrénées avec des Orthocères, et un fossile qui est analogue aux Belemnites et que je désignerai sous le nom de B. Dubius. L’alvéole et la gaîne sont bien prononcées, la première est très-aigüe, beaucoup plus que dans les autres Bélemnites ; c’est peut-être l’extrémité ou plutôt le commencement de la partie originaire d’une orthocère, on un passage des Orthocères aux Belemnites. M. d’Althaus possède une alvéole de Belemnite qu’il a extraite lui-même du Muschelkalk de Marbach, mais il n’a pet vu de gaine. M. Thurmann a dressé des profils instructifs pour le redressement des couches des terrains près de Montbeliard où les superpssitious sont plus claires que dans la Haute-Saône. »

On lit le Mémoire suivant de M. Jules Tessier, docteur-médecin à Anduze (Gard).

« Depuis que j’ai donné connaissance à la Société de la découverte d’une caverne à ossemens aux environs d’Anduze, je l’ai examinée de nouveau avec M. Marcel de Serres.

Nous sommes partis de Nismes les 22 octobre, accompagnés de M. Dumas de Sommières qui a s’occupe à dresser la carte géologique de notre département. On sait que Nismes est bâti au pied de collines qui dépendent de la formation de la craie, et qu’au midi de cette ville on ne trouve, jusques à la Méditerranée, que le diluvium dans les plaines, des amas de cailloux roulés semblables à ceux de la craie d’Arles, formant du côté de Saint-Gilles des monticules étendus, et quelques traces de calcaire tertiaire grossier ou moëllon de M. Marcel de Serres.

Si l’on sort de la ville du côté du nord, on trouve sur la route d’Alais des collines de craie compacte, qu’on pourrait facilement confondre minéralogiquement avec le calcaire du Jura ; et dans ces collines se trouve la carrière de Barutel, d’où les Romains ont extrait les blocs principaux qui ont servi à la construction des Arènes et de la Tour-Magne. La route d’Anduze est au nord-ouest de la ville et traverse les mêmes formations que celle d’Alais. À l’ouest encore de cette route d’Anduze, près de celle de Montpellier, avant d’être au village de Saint-Césaire, une formation d’eau douce dont nous parlerons tout à l’heure, s’avance sur le sommet de certaines collines, par une jetée étroite, jusques au Bied-d’Autel, monticule à demi-lieue au nord-oust de Nismes.

En suivant la route de Nismes à Anduze, on se trouve pendant trois lieues à peu près, c’est-à-dire de Nismes jusqu’à Fons, sur la formation de craie compacte qui rend le sol aride, pierreux, et n’offre rien de remarquable, si ce n’est quelques marnes bleues dans les Vallongues et un banc d’oolite miliaire tout auprès.

Après les baraques de Fons, la formation de craie est recouverte par une formation d’eau douce qui, courant du couchant au levant, couvre une bonne partie de notre département, et qui est traversée ici par la route du nord au midi, dans le sens de sa largeur. Cette partie de la route tracée sur le calcaire d’eau douce s’appelle la montée de Fons et a près d’une lieue de longueur.

Aux approches de Montagnac, la formation d’eau douce disparaît et l’on se retrouve sur la craie. C’est la une demi-lieu à l’ouest de ce village que se trouve la belle carrière de Lynx, on extrait une craie compacte d’un beau blanc, quelquefois sub-oolitique à grains fins, dont les Romains se sont servi pour la construction de la Maison-Carrée à Nismes.

De Montagnac à Lésan, on est toujours sur la craie argileuse et les mêmes bleues de la craie, qui par leur décomposition forment un terrain de la plus mauvaise qualité : aussi tout-est-il de la plus grande aridité aussi loin que la vue peut, s’étendire. À Lésan, s’observent quelques poudingue qui nous semblent devoir être rattachés à la formation d’eau douce, et de là jusqu’à la Madeleine, près d’anuze, on ne trouve qu’un excellent terrain d’alluvion dans la plaine et des poudingues sur les hauteurs.

À la Madeleine, deux collines de calcaire du Jura forment un barrage que la rivière semble avoir coupé ; et quand on a franchi ce détroit, les collines qui bordent le vallon d’Anduze sont des dolomies appartenant au lias, jusqu’auprès de la ville.

La ville d’Anduze est bâtie au pied de deux montagnes du calcaire du Jura, nommées Pierremole et Saint-Julien. Ce calcaire jurassique est supérieur à la formation du lias. Au nord d’Anduze, dans le vallon des Gypières, on observe encore ce calcaire jurassique, le lias et un banc exploité assez puissent de gypse compacte secondaire, où l’on n’a pourtant pu observé de fossiles.

La route d’Anduze à Mialet se dirige au nord d’Anduze ; elle traverse la coupure faite par le Gardon dans le calcaire du Jura, entre les montagnes de Pierremole et de Saint-Julien, et on retrouve la formation du lias au village de Cornadel.

De ce hameau jusqu’au-delà de celui de Montsauve, ou trouve les diverses roches du lias, le calcaire bleu, les schistes noirs, le calcaire siliceux, la dolomie compacte ; et après avoir parcouru toutes ces roches, on quitte le terrain secondaire pour entrer dans celui de transition où l’on observe successivement des grès rouges inférieure au lias, des arkoses, des marnes irrisées, des sables et des cailloux roulés, des traces de schistes micacés, e tenfin le granit.

Cette roche primitive, qu’on trouve vis-à-vis la tour de Montfercaut et qui dépend de chaîne de Palières, dont elle est séparé par une profonde coupure où passe la rivière, se décompose en blocs arrondis. On y observe en filons de la wake, de la baryte sulfatée, du quarz en roche, du fer sulfuré.

Entre les métairies du Rocan et du Pradinas, le granit cesse et on rentre sur la formation du lias, sans trouver les roches intermédiaires observées sur le revers opposé de la montagne granitique.


Près du Pradinas, il existe dans le lias un banc assez étendu qui abonde en fossiles. De là jusqu’à Miolet et jusqu’à la grotte qui se trouve un peu loin vers le nord, toutes les montagnes qui bordent la vallée du Gardon appartiennent à la formation du lias ; seulement la plupart, et les plus élevées en général, sont recouvertes par plusieurs couches horizontales du calcaire jurassique.

C’est dans la dolomie dépendante du lias que s’ouvre la grotte du Fort, et non dans le calcaire du Jura qui lui est supérieur, comme je l’ai dit d’après des rapports inexacts dans une première notice.

À l’intérieur de la grotte, le sol a monte rapidement et se rapproche de la voute, de telle sorte qu’on ne peut bientôt plus se tenir debout. La grotte se partage en plusieurs boyaux. Le sol n’en est point établi sur le rocher, mais dans les premières parties de la grotte sur un sable dolomitique, détritus évident de la roche dans laquelle elle est percée.

Dons quelques endroits, ce sable est recouvert de couches stalagmitiques d’un à trois centimètres d’épaisseur, qui s’arrachent facilement en tables étendues de plusieurs pieds en carré. Ces stalagmites sont d’un gris foncé comme la roche ; leur cassure est à peu près de même couleur, seulement on y voit quelques facettes et aiguilles cristallines, de sorte qu’il semble qu’un liquide incrustant, tombé du plancher goutte à goutte, a saisi et solidifié une couche de un à trois centimètres d’épaisseur du sable sur lequel elle ont tombée. Ces stalagmites et ce sable ne s’observent guère que dans les premières parties de la grotte, dans les parties plus éloignées, un limon gras les remplace, et son épaisseur, qu’on a trouvée de près d’un mètre en certains endroits, parait beaucoup plus considérable dans d’autres, où l’on n’a pas creusé dans jusqu’au rocher.

À cinquante mètres à peu près de l’entrée de la grotte, au haut de la monté dont nous avons parlé, sous les stalagmites déjà décrites et sous une couche de sable limoneux de deux à quatre décimètres, se trouvent des ossemens humains en grande abondance. Nous n’en n’avons pas trouvé d’autres en cet endroit. Ils sont peu pénétrés de sucs pierreux, légers, assez fragile ; nous avons trouvé mélangés avec eux des débris de poterie grossière, noire tant au dehors que dans la pâte, dont les surfaces en certains endroits avaient quelquefois pris par l’action du feu une teinte rougeâtre.

Cette pâte est formés d’une terre grossièrement pétrie et non tamisée, renfermant de petit rhomboïdes primitifs de chaux carbonaté. Il y avait des débris de grands et de petits vases ; les premiers, épais de un à deux centimètres, donnaient à supposer dans leur intégrité par le courbure des fragmens, un diamètre de trois à quatre décimètres. Les plus petits n’avaient guère que deux à trois lignes d’épaisseur, ils étaient extérieurement décoré de filets en creux, ou d’impressions symétriques, comme on en pourrait faire avec la pointe d’un couteau.

Après nous être arrêtés. quelques temps à l’entrée du premier boyau pour faire ces premières fouilles, nous suivîmes une descente assez rapide, en rampant sur le sable, dans de longs couloir, presque comblés de sable dolomitiques, de gros et petits fragmens de dolomie et de limon gras et bientôt nous vîmes des débris d’ossemens d’ours. Je laisse à d’autres le soin de décider s’ils appartienent à l’Ursus spælœus, Artoïdeus, Pistoris, ou à toute autre espèce.

Dans quelques endroits de la grotte, aux ossemens d’ours se trouvent mêlés quelques débris rates et peu reconnaissables de ruminans, de rongeurs et d’oiseaux. Dans certains couloirs profonds, étroits et où l’on n’arrive, même en rampant, qu’avec la plus grande peine, on trouve des ossemens indéterminables incrustés au plafond et tenant si solidement au rocher qu’on ne peut les avoir sans les briser en éclats.

Jusques ici, nos observations n’ont rien d’extraordinaire, elles diffèrent peu de ce que j’avais déjà rapporté. J’ajouterai que les ours ont pu certainement vivre dans notre caverne à ossemens, qu’il sont pu y vivre tranquillement, et que les débris de plusieurs. générations ont pu s’y accumuler. Il est possbile aussi que ces ours saisis par une inondation aient péri violemment dans cette caverne, ou, qu’effrayés par les eaux qui s’amoncelaient, ils s’y soient réunis en plus grand nombre que de coutume. Mais il est encore possible que noyés ailleurs, leurs ossemens aient été amenés dans la caverne par les eaux. Toutes ces choses peuvent se soutenir. D’un autre côté, la présence des ossemens incrustés au plafond de la caverne prouve qu’elle a été remplie de limon à ossemens par une action violente qui doit être celle des eaux. Car sans cette action violente et dans l’ordre ordinaire des choses, les ossemens des ours qu’on supposerais avoir habité la caverne se trouveraient tous sur le plancher, par couches horizontales, et aucun ne pourrait être incrusté à la voûte.

Au reste, l’action des eaux n’est pas difficile à concevoir dans cette localité où le lit du Garden parait s’être considérablement abaissé par la coupure d’un barrage de rochers qui existait peu au dessous. Ce qui viendrait à l’appui de cette explication, c’est qu’on observe dans la grotte en plusieurs endroits des lits d’un sable différent de celui qui provient du détritus de la roche dolomitique, et parfaitement identique avec celui que roule actuellement le Gardon, c’est-à-dire, composé de grains de quarz et de débris de gneis et de schiste micacés.

Nous allons maintenant aborder la question la plus importante.

Dans les boyaux les profons, dans les plus étroits, à plus d’un mètre de profondeur, dans le limon gras de la caverne, on a trouvé, mélangés ensemble, des ossemens d’hommes, d’enfans et des ossemens d’ours.

Il est vrai qu’à peu de profondeur dans le limon, au-dessus des ossemens d’ours on avait déjà trouvé un squelette humain et une figurine romaine, et que plus loin encore, vers le fond de la grotte on a sorti d’un seul coup de pioche six bracelets en cuivre fin, fondu, assez grossièrement sculptés au burin et que je crois pourtant romains. Mais il est vrai aussi, qu’on a trouvé des ossemens humains dans la profondeur du limon, pêle-mêle avec ceux des ours ; qu’il y avait des têtes entières, des épines dorsales, dont tous les os étaient en connexion, des ossemens d’enfans, des débris de poterie, des dents de chien et de renard percées probablement pour être suspendues en amulette autour du cou : une valve d’unio margaritifera qui sans doute avait servi au même usage, et enfin plusieurs os pointus affilés de main d’homme.

Ces derniers os sont des radius et des cubitus de chiens, de renards ou d’autres espèces de pareille grosseur. Ils sont trop grossièrement travaillés pour qu’on suppose qu’ils ont servi de styles à écrire ; ils sont trop petits et trop faibles pour avoir servi d’armes ; ils doivent avoir été taillés pour servir à porter à la bouche les alimens, et surtout à piquer la viande.

La grotte du Fort a toujours été connue dans le pays, mais on ne soupçonnait pas qu’elle contint des ossemens. MM. Duché, pasteur évangélique à Mialet, et Julien, instituteur primaire qui a quelque temps étudié la médecine, s’en aperçurent les premiers.

Entre le 15 août et le 23 septembre, jour de mon excursion, la grotte a été visitée par beaucoup d’amateurs qui ont emporté un grand nombre d’ossements ; et de plus elle a été dévastée par les paysans qui ont tout bouleversé dans l’espoir d’y trouver de l’argent, espoir excité par la découverte des bracelets. Maintenant il n’y a plus rien à y voir. Mais parmi les objets curieux qu’on en a extraits, je dois citer une belle tète d’ours presque entière qui a plus d’un demi-mètre de longueur et qui est en la possession de M. Duché. Deux têtes pareilles, des humérus, des fémurs, des radius, des cubitus, des sacrum et autres os entiers possédés par M. Julien qui a de plus la figurine et les bracelets romains. Il possède aussi les dents percées en amulette, les styles ou fourchettes en os, la coquille, des débris de poterie, plusieurs têtes humaines et un grand nombre d’ossemens d’hommes ou d’ours.

De ces faits fidèlement rapportés il me semble qu’on peut en déduire les conclusions suivantes :

1° à une époque reculée, des ours nombreux et d’espèces aujourd’hui perdues vivaient dans le pays. Ces ours ont pu habiter dans cette grotte ou dans le voisinage. S’ils ont vécu dans la grotte, leurs ossemens s’y sont naturellement accumulés. S’ils ont vécu dans le voisinage, il se pourrait que leurs ossemens eussent été apportés dans la grotte par les eaux. Mais dans l’un et l’autre cas, ces ossemens mêlés à un limon gras, supposés une fois dans la grotte, ont été entraînés par les eaux dans des couloirs où les ours n’ont pas pu vivre et qui ont été remplis jusqu’à la voûte. Plus tard ces couloirs ont été vidés en partie par un effet contraire des eaux, et certains ossemens sont restés empâtés à la voûte en témoignage de ces révolutions.

2° Certaines petites espèces de ruminans, de rongeurs et d’oisaux, tous en petit nombre, paraissent avoir partagé le sort des ours.

3° Des ossemens d’hommes en grand nombre, et quelques-uns d’enfans se trouvent aussi dans cette caverne. Les bracelets et La figurine donnent à penser que ce sont des restes de romains. — Les poteries grossières, les dents en amulette, les os pointus pour aider à manger, les dents des têtes usées par la mastication, même chez de jeunes sujets, portent à penser qu’une partie de ces dépouilles appartient à des peuples moins civilisés. N’est-il pas possible qu’on trouve ici mêlés les romains vainqueurs ; et les indigènes vaincus de l’époque de la conquête de la Gaule ?

4° Mais les hommes ont-ils vécu dans cette caverne ? Non certainement en même temps que les ours. — Non certainement les romains en même temps que les sauvages. — Et ni les uns, ni les autres dans la plupart des endroits où on les trouve actuellement et où l’on ne peut passer qu’en rampant.

5° Ces hommes ont-ils été ensevelis dans le lieu où on les trouve ? C’est possible pour certains endroits de la caverne. — Ce n’est nullement probable pour d’autres. — Ils peuvent avoir été ensevelis à l’entrée et dans des endroits assez spacieux où l’on en trouve un grand nombre qui paraissent isolés. — Ils ne peuvent l’avoir été au fond, dans des couloirs impraticables où ils sont mêlés aux ossemens d’ours. Ils ont été portés là par une cause violente, par la même cause a charrié les ossemens d’ours, par les eaux qui les ont mêlés ensemble et pétris avec le limon.

6° Mais ces ossemens entassés par la même cause, au moins dans certaines parties de la grotte, sont-ils tous contemporains ? En d’autres termes, les hommes et des ours d’espèces actuellement perdues ont-ils vécu à la même époque ? Question compliquée qu’on ne doit peut être pas résoudre d’une manière positive, mais qu’on peut cependant éclairer de quelques réflexions.

En effet, une violente inondation a bien pu prendre un dehors des ossemens d’hommes et d’ours, les mêler, les pétrir de terre et les amonceler au fond de cette grotte : mais de grandes difficultés combattent cette supposition : L’eau aurait-elle trouvé au voisinage de la grotte assez d’ossemens d’hommes, d’ours et de ces espèces seulement ? Aurait-elle transporté la figurine fragile entière et les bracelets de métal qui se sont trouvés réunis et non épars ? Il y a dans cette supposition des circonstances qui paraissent aussi impossibles à réaliser que celles de l’habitation simultanée de cette grotte par des ours, des sauvages et des romains.

Si l’on renonce à la contemporanéité d’existence, soit dans la grotte, soit au voisinage de la grotte, les choses deviennent plus facile à comprendre, plus facile à expliquer : Je conçois que d’abord les ours ont habité la grotte, qu’ils en étaient les seuls maîtres et que leurs générations successives l’ont peuplée de leurs débris. Plus tard certains habitans de la contrée s’en sont emparé, soit comme lieu d’habitation, soit comme lieu de sépulture : ils y ont laissé ces os affilés et pointus, cas dents percées en amulettes, ces poteries grossières que nous y avons trouvées. À une troisième époque, des romains ont pu s’y cacher, s’y retrancher ou s’y ensevelir, delà la figurine romaine et les bracelets de bronze.

Que faut-il pour arracher tous ces débris jusqu’ici distincts du lieu de leur sépulture ou de leur gisement ; pour les mêler ensemble, les précipiter au fond de la grotte, les attacher à la voûte dans des couloirs inabordables ? Il ne faut qu’une simple inondation. Sans recourir pour lai produire à ces cataclysmes dont on est si prodigue en géologie, il ne faut supposer qu’un barrage un peu élevé en aval de la rivière et la rupture d’un pareil barrage en amont qui élèvent subitement les eaux.

Dé pareilles catastrophes ont existé partout, partout on en trouve des traces ou des souvenirs, et dans le cas qui nous occupe, les sables du Gardon retrouvés dans la caverne fournissent à l’appui de notre opinion un témoignage presque irrécusable.

Je dois ajouter pour terminer que les ossemens humains me semblent moins pesans, plus altérés, moins pénétrés dans leur substance de matière terreuse que ceux des ours, et que par consquent leur aspect particulier me porte aussi à conclure qu’ils sont ensevelis depuis moins de temps que les autres, »

La Société décide qu’on priera l’auteur d’envoyer des poteries de la caverne.

M. Deshayes rend compte de ses observations faites près d’Epernay.

« J’ai constaté que les argiles à lignites d’Epernay reposent entre la craie et des assises de meulière, qui recouvrent aussi le calcaire grossier ; les argiles sont placées en une espèce de parallélisme avec le calcaire grossier, qui n’offre dans ce lieu que ses assises inférieures et une partie de ses assises moyennes. À Dammerie, il renferme au moins 400 espèces de coquilles. Lorsqu’on va vers Dammerie par le vallon de Lisy, on observe que le terrain argileux s’appuie sur le calcaire grossier et atteint le même niveau. D’un côté de la vallée, on voit d’abord des couches de galets roulés ; puis de bas en haut, l’argile plastique, le calcaire grossier, le grès marin supérieur et la meulière ; et de l’autre, l’argile à lignites et à coquilles d’eau douce.

Ce dernier dépôt n’est qu’une continuation de celui du Soissonnais et de Rheims ; car près de cette dernière ville et à Hautvillers, le calcaire grossier et l’argile à lignites sont bout à bout l’un à côté de l’autre, c’est-à-dire que l’argile s’est déposée dans des vallées du calcaire grossier, et que les deux formations ont été couvertes ensuite par les meulières.

La colline entre Nantheuil-la-Fosse et Cumière offre, sur une de ces pentes, les argiles à lignites à coquilles d’eau douce, et sur l’autre, le calcaire grossier. »

Après l’exposé de ces observations, M. Cordier rappelle que M. Prévost avait aussi annoncé que le calcaire grossier et les argiles à lignites du Soissonnais formaient des falaises appliquées l’une contre l’autre bout à bout.

M. Boué observe que le dépôt à lignites d’Epernay lui a paru une alluvion fluviatile qui s’est amoncelée dans ce lieu, et qui n’a pu être portée que rarement et, en plus petites portions, dans le bassin parisien.

La discussion s’engage sur les meulières de La Ferté-sous-Jouarre, qui sont dans une argile sableuse et ont été réputées jusqu’ici une dépendance du sol tertiaire supérieur. Si ce dernier terrain fournit la plupart des pierres meulières pour l’industrie, on en extrait aussi, sur divers points, du dépôt fluviatile moyen des environs de Paris.


  1. Voyez planche I, fig. 3.
  2. Voyez planche I, fig. 2.