Chant polonais (O. C. Élisa Mercœur)

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Œuvres complètes d’Élisa Mercœur, Texte établi par Adélaïde AumandMadame Veuve Mercœur (p. 309-310).


CHANT POLONAIS.

 

Du sang des ennemis rougissez votre lance,
Tous ceux dont vous foulez les ossemens épars
Vous ont laissé pour glaive leur vengeance.
      Leur souvenir pour étendard.

Élisa Mercœur.
 

I.

Près des flots du Dniester, au bouillonnant murmure,
Seul, le cœur palpitant sous une noble armure,
Aux champs que Zolkiewski consacra par sa mort,
Un brave chevalier, Seniawski, s’avance ;
Il est triste, et sa main qui ne tient pas la lance
Caresse un blanc coursier qui ronge en paix son mord.

II.

L’air pur du mois des fleurs les balançait écloses…
Mais que lui font alors ou la neige ou les roses !
Il rêve aux beaux yeux bleus qui, jusques à son cœur,
En talisman d’amour, ont fait briller leur flamme,
Et cherche, réfléchie au miroir de son âme,
De leurs regards aimés la touchante douceur.

III.

(Élisa commença ce chant peu de temps avant sa mort. Les deux strophes ci-dessus se trouvent dans la Vieille-Pologne, publiée par M. Forster ; la troisième strophe était faite, mais elle n’a pas été écrite, et je n’ai pu me la rappeler.)