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Chronique du 4 octobre 1873

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27 septembre 1873

4 octobre 1873

11 octobre 1873

CHRONIQUE

L’expédition de Khiva. — Cette étonnante campagne, que la Russie accomplit au milieu des plus effroyables obstacles (voy. cet article), apportera certainement à la science un sérieux contingent de faits nouveaux. L’armée de terre n’est pas seule à prendre part à l’expédition : une flottille russe s’efforce de pénétrer dans le fleuve Amour, en anéantissant les digues de l’Ourkoun-Daria. Ces reconnaissances opérées par les Russes, dans des pays où nul Européen ne pouvait pénétrer qu’au prix des plus grands périls, offrent une importance capitale au point de vue géographique. D’après l’Invalide russe, on sait déjà que le cours d’eau le plus important qui traverse ces régions est le Kouvan-Djarma ; il se dirige sur le lac Doua-Kara, et de là par le bras Yanghi-Sou, dans le golfe Toustché-Bass. Ce dernier cours d’eau est un véritable torrent, impétueux, terrible. Il roule ses eaux sur un sol rocailleux avec une vitesse extraordinaire, et forme çà et là des rapides du plus imposant aspect.

Un monument à la mémoire de Liebig. — Le comité de direction de la Société chimique de Berlin a décidé qu’une statue de l’illustre chimiste serait érigée à Darmstadt, à Giessen ou à Munich : il fait appel au public pour obtenir les fonds nécessaires à la réalisation de ce projet, et adresse des circulaires, à tous les chimistes de l’Allemagne. D’après l’importance des souscriptions, il y a lieu de croire que la statue de Liebig sera digne de l’homme dont elle perpétuera l’image.

Tempêtes. — Elles sont extraordinairement fréquentes cette année. L’atmosphère semble rivaliser de fureur avec les feux souterrains qui ont si terriblement ébranlé le sol depuis quelques mois. Sur la mer Noire, plus de 100 navires se sont perdus et plus de 800 personnes ont péri sous l’action d’une tempête épouvantable, vers la fin du mois dernier. Sur les côtes de la Nouvelle-Écosse, la mer en furie a fait de nombreuses victimes, et plus de 36 bateaux-pêcheurs ont fait naufrage, jetés sur les côtes par un vent formidable.

Exploration du fleuve Bleu. — M. le lieutenant de vaisseau Francis Garnier, qui, aux dernières nouvelles, s’était arrêté à l’embouchure du Yuen-kiang, sur le lac Tong-ting, a traversé toute la région des rapides sans accident sérieux, et est arrivé à Tchong-kin-fou le 30 juin, cinquante jours après son départ d’Han-kéou. Dans la région des rapides, l’immense fleuve se rapproche de la chaîne de montagnes qui sépare le bassin du Yang-tse de la Chine septentrionale. Il traverse des contrées merveilleusement accidentées, dont les mouvements géologiques devaient fatalement rendre périlleux le cours du fleuve, tout en lui prêtant les aspects les plus pittoresques. M. Garnier se plaît à reconnaître avec quelle cordialité et quels égards les autorités chinoises se sont mises à la disposition d’un voyageur, qui, d’ailleurs, était déjà pour les mandarins de ces provinces une vieille connaissance. Les relèvements hydrographiques, les observations surtout, ont été souvent contrariés par le mauvais temps. Les résultats scientifiques de toute espèce recueillis par M. Francis Garnier ont néanmoins une grande importance.