Comment nous ferons la Révolution/29

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Chapitre XXIX

ART ET RELIGION


La révolution avait réalisé un prodige qui, jusqu’à son triomphe, avait paru aussi fantasque à rechercher que la quadrature du cercle, — la fusion des opinions.

La réconciliation s’était accomplie sur le terrain économique et l’effondrement de toute la superstructure étatiste avait cimenté cet accord, l’avait rendu indissoluble. Les hommes en venaient à rire de leur folie passée. Ils s’étonnaient d’avoir pu se haïr tant, se persécuter si âprement, sous le vain prétexte de conceptions politiques discordantes.

Le même phénomène se constatait en matière religieuse. L’apaisement s’était fait. Le désaccord des croyances individuelles ne mettait plus les hommes aux prises. Ils avaient cessé de s’invectiver à. propos de divergences philosophiques, métaphysiques ; ils ne s’exécraient plus parce que leurs conceptions sur l’univers et le problème de la vie et de la mort étaient opposées.

Aussi, plus lointaines encore que les querelles politiques, plus profondément ensevelies au néant de l’histoire, apparaissaient les époques de barbarie au cours desquelles les hommes s’étaient entre-tués au nom de la religion.

Cette harmonie idéologique, cette pacification intellectuelle découlaient de l’agrégat social et non des vouloirs individuels. La révolution, après avoir brisé les formules et les dogmes, n’en avait imposé aucun. Elle s’était bornée à déblayer le terrain et arracher l’ivraie, afin que poussât le bon grain. Et il avait. poussé dru ! Le principe de respect humain et d’égoïsme purifié, qui était l’esprit et la force attractive de la révolution, en même temps qu’il avait créé le bien-être, avait réalisé cette accalmie sereine, dans le domaine intellectuel et moral, — accalmie qui n’excluait pas l’efflorescence variée des doctrines.

La révolution, nous l’avons vu, s’était surtout attaquée aux institutions. En cela, elle s’était différenciée des révolutions antérieures, — et c’est ce qui lui avait donné son caractère social.

Elle avait tenu pour inoffensifs les privilégiés, une fois débarrassés de leurs privilèges, — pour aussi peu dangereux que des crotales auxquels ont été arrachés les crocs à venin.

Elle avait frappé l’État dans ses organismes, — et elle avait oublié le rôle néfaste de son personnel, quand il avait accepté de rentrer dans le rang, de se régénérer par le travail.

Elle frappa également l’Église dans ses œuvres vives, dans les monuments où se cristallisait son œuvre de mal et de perversité. Il fut agi à son égard comme envers toutes les puissances du passé : ses richesses revinrent au peuple, et ses prêtres durent se mettre au travail, — leur parasitisme étant aussi incompatible que tout autre avec la nouvelle organisation.


Certes, quand éclata la révolution, l’Église paraissait déchue de sa puissance ; le régime de la séparation semblait l’avoir affaiblie. L’indifférence en matière religieuse imprégnait les jeunes générations. Malgré cela, le peuple se souvenait qu’elle fut la source originelle de toute servitude, — que l’État n’avait été que son frère cadet, — aussi n’eut-il pas l’imprudence de la traiter avec dédain.

Cependant, il y eut chez les révolutionnaires deux courants, non à l’égard de l’attitude qu’il convenait d’observer envers l’Église en tant que caste privilégiée, — sur ce point l’accord était unanime : mais sur ce qu’il convenait de faire à l’égard des monuments cultuels.

Les uns considéraient les églises, les cathédrales, comme pouvant être utilisées de diverses manières, — soit comme salles publiques, soit comme musées ; ils rappelèrent qu’en 1793, les sans-culottes les transformèrent en salles de réunions, — et même, en greniers à fourrages et en écuries ; ils ajoutaient qu’au Moyen-Age, époque de ferveur religieuse pourtant, les églises servaient à bien des usages, — les marchés s’y faisaient, et elles étaient aussi salles de spectacles. Par conséquent, autant par utilité que par sentiment artistique, ils opinaient pour la conservation des monuments religieux.

Contre cette thèse, d’autres s’élevaient avec vigueur. Ils se prononçaient pour qu’on abattit sans pitié tous les édifices cultuels. Et ceux qui prônaient cette destruction étaient loin d’être des hommes d’esprit barbare. Au contraire, ils étaient des plus cultivés. En eux, nulle haine du monument, — rien que la haine de la superstition dont il était le symbole. Ils proclamaient que la critique ne tue pas les religions ; qu’on peut en vain, de générations en générations, démontrer leur absurdité… qu’elles continuent à avoir des fidèles, tant que reste debout le centre d’attraction magnétique qu’est l’Église. Et ils ajoutaient que les premiers chrétiens savaient cela : à preuve qu’en véritables révolutionnaires, dès leur triomphe, ils avaient eu soin de jeter bas les temples du paganisme, — alors qu’il leur eût été si simple de les purifier et de les utiliser. Les chrétiens, observaient-ils, comprirent qu’à une foi nouvelle, il fallait des monuments nouveaux, — et ce fut leur force !

Ce sens révolutionnaire qu’eurent les chrétiens du quatrième siècle, les partisans de la démolition des églises ne le trouvaient pas chez les révolutionnaires de 1793-94 : « Piètres révolutionnaires qui, pour déchristianiser la France, se bornaient à abattre, en grande pompe, les bonshommes de pierre aux portes des églises, et croyaient être de la plus outrancière audace en transformant. celles-ci en granges ou salles de réunion. Combien ils eussent été mieux inspirés en guillotinant moins de prêtres et en abattant davantage d’églises !… Aussi, quelques années après, on vit la conséquence de cette faute : quand Napoléon Ier voulut restaurer la religion chrétienne, rien ne fut plus simple : il n’y eut qu’à rouvrir les églises et les purifier. » Et ils concluaient : « Que la leçon du passé nous soit enseignement. Ne retombons pas dans les erreurs de nos aînés ! »

Contre cette tactique s’indignaient les amoureux des belles pierres ; ils plaidaient le respect des cathédrales où s’était incrustée l’âme de nos pères, — qui ne fut pas toujours très catholique.

Entre ces deux argumentations contradictoires, après de vives discussions, l’accord se faisait souvent par un compromis : on convenait de respecter les monuments qui symbolisaient une époque, disaient son art, — et d’être sans pitié pour les bâtisses affreuses, édifiées par des architectes qui avaient manqué d’art, autant que de foi.


Ainsi, dans bien des centres se préparait la déchristianisation : Mais, en ces circonstances, comme en toutes autres, se manifestait l’esprit de la révolution : elle prétendait modifier l’homme par la transformation du milieu. Et c’était pour cela que, tout en exécrant les superstitions, et tout en abattant les églises, les révolutionnaires respectaient la foi de chacun.

Ce respect des croyances suscita, au sein du catholicisme, une modification dont les premiers symptômes s’étaient déjà révélés en régime capitaliste, au lendemain de la séparation des églises et de l’État. Un certain nombre de prêtres, — principalement dans les campagnes, — s’étaient ingéniés à récupérer leur traitement en s’adonnant au travail. Les uns s’étaient fait apiculteurs, d’autres fabricants de conserves de légumes, de fruits, ou bien encore ébénistes, relieurs. Ils avaient ainsi, — peu ou prou, — cessé d’être des parasites, tout en restant des prêtres. Ils étaient donc un peu préparés à la vie de la société nouvelle, d’où les êtres parasitaires étaient éliminés. Aussi, tandis que les évêques et les prêtres des grands centres, habitués à la vie artificielle qui avait été la leur jusque-là, se trouvaient désemparés, les curés de village, à demi travailleurs, s’adaptaient sans encombre au milieu nouveau ; ils continuaient entre temps à remplir leurs fonctions cultuelles. Et ce, sans que nul y mît obstacle. Allait au prêche qui voulait.

Au surplus, l’indifférence religieuse allait s’accentuant. Déjà, avant la révolution, l’esprit d’examen ébranlait intérieurement le catholicisme : les prêtres qui s’étaient mis au travail se sentaient davantage indépendants de l’autorité épiscopale et, devenant audacieux, ils disaient leurs doutes ; aux absurdités du catholicisme, ils opposaient la parole de l’évangile et glissaient insensiblement à un vague christianisme, fort peu orthodoxe. Ce mouvement, la révolution l’accéléra.

L’important était que soient irrévocablement brisées toutes les castes religieuses ; que nul, arguant qu’il était prêtre, ministre protestant ou rabbin, ne pût se prétendre exonéré de travail et vivre sans rien faire, aux dépens de ses semblables. C’était le point principal. Ceci acquis, libre était chacun de croire ou de ne pas croire ; d’être chrétien ou spirite, bouddhiste ou théosophe. C’était affaire individuelle, sans répercussion sociale possible.

D’ailleurs, avec la montée du bien-être, — plus encore qu’avec l’instruction, — la foi baissait dans les populations. Autrefois, beaucoup cherchaient une consolation aux misères de la vie dans l’anéantissement au pied des autels, — comme d’autres espéraient la trouver au fond d’un verre d’alcool. La religion et l’alcoolisme remplissaient alors le rôle de stupéfiants, — l’un plus matériel, l’autre plus intellectuel, — auxquels recouraient bien des désespérés, choisissant l’un ou l’autre, suivant leurs conditions morales, leur degré de développement.

La sécurité matérielle, désormais assurée, avait contribué à enrayer ces pitoyables défaillances. L’alcoolisme disparaissait et la superstition perdait du terrain.


Certes, quoique la vie s’annonçât de plus en plus radieuse, la route n’était pas élaguée de toutes ronces et épines. Au delà du confort qui, maintenant, s’épandait sur tous, le problème du bonheur échappait aux prévisions sociales, étant question toute morale, toute de sentiment.

Malgré cela, en ce domaine psychologique, — comme en tout, — les effets de la transformation étaient sensibles ; les douleurs morales, les peines de sentiment, les angoisses intellectuelles étaient moins cuisantes, moins vives : n’étant plus doublées par la misère et les difficultés de l’existence, elles se trouvaient tempérées et émoussées en partie par l’extension du bien-être.

Les mœurs se modifiaient rapidement. Leur évolution déjà ébauchée avant la révolution, ne faisait que s’accentuer.

En régime capitaliste, la lutte qu’avaient menée les organisations syndicales contre l’alcoolisme avait été active, — et efficace. Pour n’en citer qu’un exemple, il suffira de rappeler qu’avant 1906, la corporation des terrassiers, jusque-là fort peu organisée, comptait un pourcentage considérable d’alcooliques. Or, peu d’années plus tard, lorsque le syndicat des terrassiers parisiens eût groupé la majeure partie des membres de la corporation, l’alcoolisme avait considérablement baissé, tandis que, par l’effort syndical, les salaires s’étaient élevés de 25 pour cent. Les terrassiers buvaient moins, — parce qu’ils avaient conquis du bien-être et parce que, parallèlement, ils s’étaient élevés en conscience et respect d’eux-mêmes.

Cette action tempérante n’avait pas été particulière aux terrassiers. Elle s’était constatée dans d’autres. corporations. Aussi, grâce à la propagande syndicale, les établissements de boisson avaient vu leur clientèle décroître.


Avec la révolution les marchands de vin, — dont les boutiques avaient été surnommées « salons du pauvre », — étaient appelés à disparaître. Et cela, d’autant plus vite qu’ils avaient cessé de répondre à un besoin.

Tant que les ouvriers avaient dû s’astreindre à un travail intensif et excessif, ils avaient demandé à l’alcool le coup de fouet contre le surmenage ; d’autre part, après une longue journée de fatigue, ou pour rentrer le plus tard possible dans leur intérieur souvent misérable, c’était au cabaret qu’ils avaient trop coutume d’aller chercher un délassement. Là, en opposition au genre de leurs occupations professionnelles, ils s’absorbaient à jouer aux cartes, ou se dégourdissaient les membres à une partie de billard. De plus, le cabaret était pour eux lieu de rendez-vous, siège de diverses sociétés et groupes dont ils faisaient partie.

Puisqu’il n’y avait plus de pauvres, il était normal que disparussent les établissements qui leur avaient servi de « salons ».


Les habitudes se modifiaient donc, en même temps que le milieu, — et au moins autant !

D’abord, on vécut davantage la vie de famille, que l’industrialisme capitaliste avait rendue difficile, — et même anéantie dans certaines contrées, — en asservissant au travail non seulement l’homme, mais la femme, et aussi l’enfant. Comme il n’y avait plus de taudis malsains, comme toutes les habitations étaient agrémentées de confortable, on éprouva du charme à vivre dans son « chez soi ».

Quant aux lieux de rendez-vous communs, qui se substituèrent aux marchands de vins, aux cafés, aux bars, ils avaient un lointain rapport avec les anciens clubs : on y pouvait consommer, — mais ils étaient des centres de causerie, de lecture, de réunion, plus que de beuverie. Beaucoup avaient été installés dans les anciens cafés et établissements similaires et, — outre que les bibliothèques y avaient en partie détrôné la cave, — ils se distinguaient par leur aménagement artistique.


Certaines de ces salles étaient ornées de meubles, de tableaux, de sculptures, de bibelots des âges les plus divers, tandis que d’autres étaient de savantes reconstitutions d’une époque particulière : les unes évoquant les périodes médiévales ; d’autres rappelant l’époque de Molière, ou celle de Diderot ; d’autres dans le goût de 1793, soit de style 1830, ou second empire.

Ces reconstitution, — qui montraient le goût sûr des ouvriers ayant présidé à leur installation, — s’étaient faîtes à peu de frais, avec les dépouilles des collections des « ci-devant » qui n’avaient pu trouver place dans les musés. Il y avait là des œuvres modernes que des bourgeois, riches d’argent et pauvres d’esprit, avaient acheté à prix fous, les croyant anciennes. L’authenticité de ces truquages, qui dénotaient l’habilité et le savoir des ouvriers qui les avaient exécutés, avait été, autant que possible, restituée à leurs auteurs, et certaines de ces œuvres portaient leur nom, ou celui de l’atelier dont elles sortaient.


C’était une ironique critique des engouement et des vanités de la société capitaliste qui, en même temps, soulignait combien à cette époque de mercantilisme, la fourberie, la duplicité, le mensonge étaient en honneur.


Ce fut une révision burlesque que firent les révolutionnaires lorsqu’ils prirent possession des collections particulières, amoncelées par les privilégiés du capital, par snobisme ou ostentation, — quelquefois avec arrière-pensée de spéculation, — et non par réelle passion d’art. Des ouvriers et des artistes, qualifiés par leur savoir et leur compétence, épluchèrent ces collections et, dans les plus réputées, ils constatèrent l’abondance des truquages. Un choix judicieux fut fait et, tandis qu’une partie de ces œuvres allait enrichir les musées et les bibliothèques, le reste était employé à la décoration des salles publiques, des maisons de retraite, de tous les lieux de réunion.

Il est superflu d’ajouter que les musées cessèrent d’être les incohérents amoncellements de richesses artistiques, incompréhensibles pour la masse, — et n’étant pour elle que piètrement éducatifs et guère plus récréatifs, — qu’ils avaient été autrefois. Ils furent remaniés, transformés, non par des ronds-de-cuir, mais par des hommes amoureux d’art et de goût sûr.

Le soin avec lequel il fut procédé à ces opérations dénota l’essor nouveau qu’allaient prendre les sentiments d’art : en se généralisant ils s’affineraient, gagneraient en simplicité, vérité et pureté, — et ne seraient plus altérés par les préoccupations de commercialisme qui, anciennement, les dévoyaient ou même les dominaient.


Dans cette opération du déménagement des collections particulières qui n’était que l’application de ses principes d’expropriation sociale, la révolution n’innovait pas : elle ne faisait qu’imiter, — suivre l’exemple de régimes antérieurs.

En effet, comment, au dix-neuvième siècle, s’étaient enrichis les musées nationaux ? D’abord, grâce aux rafles opérées sans vergogne, au cours de leurs chevauchées à travers l’Europe, par les généraux de la république et du premier empire ; ils prenaient par droit de conquête, sans gêne, aussi bien ce qu’ils trouvaient dans les musées que chez les particuliers.

Les musées s’enrichirent aussi, grâce aux expropriations du clergé, des congrégations et grâce à celles qui suivirent la séparation des églises de l’État…

Maintenant, l’opération était de même ordre, — mais plus vaste : c’était la propriété capitaliste qu’on ramenait à la source commune.

En la plupart des cas, les palais somptueux des millionnaires avaient été transformés en maisons de santé ou de vieillesse. Et, sans pourtant les démeubler, il était naturel qu’on réservât pour les musées les œuvres d’art qui les ornaient. Là, elles seraient rendues à leur destination, car elles n’avaient pas été conçues pour être encagées, mais bien pour faire la joie des yeux, évoquer des émotions, être admirées.


Avant la révolution de 1789-93, l’art était surtout un privilège royal. Il devint ensuite le monopole du capital. Avec la révolution nouvelle, il allait s’universaliser, s’humaniser.

Successivement, avaient dominé l’art des prêtres, l’art des rois, l’art des capitalistes : l’heure de l’art de l’humanité sonnait !

L’art, doublé de la science, comblerait le vide laissé dans les âmes par la mort des religions. Celles-ci avaient maudit la vie, maudit la beauté, condamné les sens et leur expansion joyeuse, exalté l’abaissement et le renoncement.

La vie allait prendre sa revanche ! L’être humain n’était plus rivé à la chaîne du salariat ; le but de son effort dépassait l’acquisition de ses moyens de subsistance. L’industrie n’était plus sa maîtresse, mais sa servante. Libéré de toutes entraves, il allait pouvoir s’épanouir sans contrainte.

Et il n’y avait pas à redouter que le niveau d’art baissât en s’universalisant. Loin de là, il gagnerait en étendue et en profondeur. Son domaine serait illimité ! Il imprégnerait toutes les productions. Il ne se restreindrait pas à peindre de grandes surfaces, à sculpter le marbre, à couler le bronze. L’art serait en tout ! Il serait dans le pichet à eau, comme dans les grandes décorations d’un Puvis de Chavannes ; dans les moindres objets usuels, comme dans un groupe de Constantin Meunier.

Et on ne verrait plus de grands artistes étouffés par la misère, enlisés par l’indifférence, — comme c’était trop souvent le cas autrefois !

Qui pourrait dénombrer les artistes de haute et admirable valeur qui, — comme les inventeurs, — pâtirent de la société capitaliste, moururent méconnus, tués par la faim, — ou disparurent sans laisser de traces, faute de circonstances favorables ?

Et combien, parmi ceux qui percèrent, durent lutter affreusement, subissant les pires souffrances, physiques et morales ? Encore, ceux-ci furent-ils chanceux !… Combien d’autres, après s’être débattus dans les angoisses et les difficultés, après avoir enduré toutes les douleurs, moururent à la peine, et ne furent sacrés grands artistes qu’après leur mort ?