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Comptes rendus de l’Académie des sciences/Tome 1, 1835/16 novembre

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SÉANCE DU LUNDI 16 NOVEMBRE 1835.
PRÉSIDENCE DE M. Ch. DUPIN.



CORRESPONDANCE.

M. Ch. Dupin annonce à l’Académie que, en conséquence de la résolution prise dans la séance dernière, il a sur-le-champ transmis à M. le Ministre de la Marine les vœux formés pour que MM. Gaudichaud, habile naturaliste, et Darondeau, jeune ingénieur hydrographe très distingué, soient embarqués sur la Bonite, chargée de faire un voyage autour du monde. M. le Ministre s’est empressé d’accéder aux désirs de l’Académie, avec une bonne grâce qui témoigne de son amour éclairé pour le progrès des sciences. L’Académie charge M. Ch. Dupin d’exprimer les sentimens de gratitude qu’elle éprouve pour cette décision, qui aura des conséquences importantes pour l’étude des sciences physiques.

On se souvient que l’Académie des Sciences et celle de Médecine formèrent, en 1831, une commission mixte, pour rechercher s’il était possible de découvrir une liaison appréciable entre les phénomènes météorologiques et le développement ou le mode de propagation du choléra indien ; et que, par son rapport fait en 1834, cette commission fit connaître qu’elle ne croyait pas que la question dont il s’agit fût susceptible de solution, dans l’état actuel de la science.

Depuis, un médecin, M. le Dr Leymerie, a présenté, relativement à cette question, des travaux qui lui sont propres ; l’Académie a chargé une commission d’examiner ces travaux, et M. le Ministre du Commerce, ayant été averti de cette circonstance par M. Leymerie lui-même, écrit aujourd’hui pour savoir s’il s’agit seulement d’un rapport spécial sur les travaux de ce médecin, ou bien d’un nouvel examen de la question, prise dans toute sa généralité ; et, dans tous les cas, pour inviter l’Académie à lui donner communication du jugement qu’elle aura porté sur une théorie dont les applications ne peuvent être, dit-il, étrangères à l’administration.

Il sera répondu à M. le Ministre qu’il ne s’agit que d’un rapport spécial sur les travaux de M. Leymerie, et que l’Académie s’empressera de lui communiquer ce rapport dès qu’il sera fait.

M. le Ministre de l’Intérieur transmet un ouvrage imprimé de M. le Dr don Juan de Zafont, et le dessin d’une machine du même auteur, sur le système planétaire de Copernic. (Voyez plus loin le Bulletin bibliographique.) M. Arago est chargé d’examiner ces deux pièces, et d’en faire l’objet d’un rapport verbal, lequel, d’après le vœu exprimé par M. le Ministre, lui sera transmis dès qu’il sera fait.

M. Voizot adresse un Supplément à son ouvrage sur l’Élimination, dont M. Libri doit rendre un compte verbal à l’Académie.

Physiologie animale.Lettre de M. Léon Dufour, correspondant de l’Académie, sur le mouvement observé par M. Behn dans les pattes des hydrocorises.
(V. ci-dessus, p. 238, le rapport de M. de Blainville sur le Mémoire de M. Behn.)

« M. le docteur Behn de Kiel vient de faire insérer dans le dernier numéro des Annales des Sciences naturelles un mémoire intitulé : Découverte d’une circulation du fluide nutritif dans les pattes de plusieurs insectes hémiptères, circulation qui est indépendante des mouvemens du vaisseau dorsal et se trouve sous la dépendance d’un organe moteur particulier. La lecture de ce titre complexe était de nature à stimuler vivement la curiosité d’un homme qui, depuis plus de vingt ans, s’adonne avec passion aux investigations anatomiques sur les insectes.

» Malgré la saison avancée (novembre) je m’empressai d’aller à la pêche des hydrocorises, ou punaises aquatiques, et je parvins, à ma grande satisfaction, à rencontrer des corises, insectes qui précisément sont du nombre de ceux qui ont servi aux expérimentations du savant allemand. Avant d’aborder l’article spécial relatif à ce que celui-ci appelle circulation du fluide nutritif dans les pattes, souffrez que je suive dans l’exposition de mes considérations la marche tracée par cet auteur. Dans un aperçu d’une érudition toute compatriotique, M. le docteur Behn cherche, en s’appuyant sur l’autorité de noms d’ailleurs fort recommandables, à ramener à l’idée si controversée d’une circulation humorale, d’une véritable circulation dans les insectes. Question grave, question vitale dans la science zoologique !

» Signalons en peu de mots un des principaux buts physiologiques de la circulation dans les animaux qui en sont incontestablement pourvus. Le sang ou humeur analogue, mis en mouvement par l’impulsion des organes circulatoires vient se présenter successivement et par un double circuit à l’influence de l’air contenu dans les poumons ou les branchies, afin de subir par cette influence une opération de chimie organique qui lui donne les qualités propres à servir, soit à l’acte important de la nutrition, soit à la stimulation des organes. La circulation et la respiration se trouvent donc dans une dépendance, une solidarité réciproques, et le maintien de la vie en est la conséquence.

» Que se passe-t-il dans les insectes envisagés sous le même point de vue ? Remarquez bien que je n’entends parler ici que des insectes proprement dits, des insectes hexapodes parvenus à leur état parfait. La respiration chez eux ne s’exerce point dans un organe circonscrit et limité dans un point du corps. Il n’y a, et ce fait ne saurait être contesté, ni poumons ni branchies. Ce n’est point par la bouche qu’ils respirent, ainsi que les grands animaux qui, comme eux, ingèrent l’air en nature. Des ostioles uniquement respiratoires, ou, suivant l’expression consacrée, des stigmates placés symétriquement le long des côtés du corps, inhalent l’air atmosphérique et le transmettent dans des canaux, à parois plus ou moins élastiques, successivement divisés et subdivisés à l’infini comme les vaisseaux sanguins des animaux d’un ordre supérieur. Ces canaux sont les trachées. Par cette disposition anatomique, l’air est conduit, poussé jusque dans les derniers recoins des tissus organiques pour être ensuite exhalé lorsqu’il a perdu ses qualités vitales. Il y a donc dans les insectes une véritable circulation d’air, j’oserais presque dire une double circulation, et comme l’opération de chimie organique dont je viens de parler, ne saurait avoir lieu dans un creuset pulmonaire, passez-moi l’expression, puisqu’ils en sont dépourvus, c’est dans les trachées nutritives, qui constituent un ordre particulier de ces canaux aérifères qu’elle se passe. De là une importante loi formulée par le grand homme dont la science demeure toujours veuve, par notre immortel Cuvier, qui, après des expérimentations décisives qui l’ont amené à se prononcer sans ambiguïté sur l’absence du cœur et d’une circulation humorale dans les insectes, a dit : Le fluide nourricier ne pouvant aller chercher l’air, c’est l’air qui le vient chercher pour se combiner avec lui.

» Dans mes Recherches anatomiques et physiologiques sur les Insectes hémiptères, travail qui a obtenu la sanction de l’Académie, et dans un autre ouvrage encore plus étendu, qui a eu l’honneur d’être admis au concours actuel des prix Montyon, je me suis clairement expliqué sur la nature et les fonctions de ce que la plupart des naturalistes ont appelé vaisseau dorsal. Je me suis assuré de l’incompatibilité d’une circulation générale d’air avec une circulation de liquide, et j’ai démontré la source des erreurs sur ce point. Je demeure encore aujourd’hui convaincu que le prétendu vaisseau dorsal n’est qu’un organe déchu de toute attribution physiologique, de toute espèce de fonction, qu’il n’est qu’un rudiment, un vestige du cœur des arachnides, qui précèdent les insectes dans le cadre entomologique, et qu’il ne doit compter que pour mémoire dans la série des appareils organiques de ces animaux. Les bornes d’une simple lettre m’interdisent d’autres développemens sur cette question fondamentale, et je rentre dans la spécialité du mémoire de M. Behn.

» Comme lui j’ai constaté, soit avec le microscope simple de M. Charles Chevalier, soit avec le microscope composé de M. Rochette, dont l’usage m’est familier, un mouvement subisochrone dans l’intérieur des pattes des corises vivantes, tantôt plongées dans l’eau, leur élément habituel, tantôt observées à sec dans l’air[1]. Ce mouvement se reconnaît principalement dans la jambe et le tarse des pattes postérieures ; il est à peine sensible dans les pattes intermédiaires ; il l’est davantage dans les antérieures, sans l’être autant que dans les postérieures. Il s’exécute suivant un trajet linéaire, une lisière qui, de l’articulation fémoro-tibiale, se porte directement ou sans inflexion notable jusqu’à l’extrémité du tarse, mais plus rapproché du bord interne, auquel il est à peu près parallèle, que du bord externe. Il n’a jamais lieu d’avant en arrière, ni d’arrière en avant, mais toujours dans le sens du diamètre transversal, c’est-à-dire suivant une ligne perpendiculaire à la longueur de la patte. Les saccades par lesquelles se manifeste ce mouvement paraissent au premier abord régulières, mais, par une attention soutenue, on peut se convaincre qu’elles ne sont pas séparées par des intervalles égaux, et que parfois elles se suspendent tout-à-fait momentanément. Il n’y a là rien qui ressemble à une pulsation : c’est plutôt un mode d’oscillation, ou mieux une sorte de frémissement subintermittent. Vers l’origine de la jambe, le mouvement est vague, presque tumultueux, et représente un état de spasme. Il ne semble pas franchir l’articulation fémoro-tibiale, et à peine distingue-t-on au bord interne du bout correspondant de la cuisse, un obscur frémissement.

» Quel qu’ait été le degré de grossissement de ma lentille microscopique, je n’ai jamais reconnu la présence d’aucun liquide, d’aucun globule obéissant à une force impulsive. Je n’ai point surtout, malgré une patience dès long-temps éprouvée, aperçu la moindre trace des deux courans contraires que M. Behn dit avoir constatés. Ce savant s’en serait-il laissé imposer par quelques mouvemens fibrillaires, ou par une sorte de disposition un peu rétrograde du tissu palpitant qui avoisine l’articulation fémoro-tibiale, ou bien cela tient-il à l’habileté ou au bonheur de l’expérimentateur ? Judicent peritiores !

» Maintenant que nous sommes d’accord sur l’existence d’un mouvement spontané dans l’intérieur des pattes de la corise, il se présente deux questions capitales, l’une anatomique, l’autre physiologique :

» 1o. Quelle est la nature de l’organe qui produit le mouvement ?

» 2o. Ce mouvement se rattache-t-il à une fonction circulatoire ?

» Ma réponse sera collective et explicite. L’organe est un tissu contractile, musculaire, et le mouvement qui en est l’expression fonctionnelle, est étranger à tout acte circulatoire.

» Si les mouvemens contractiles sont plus prononcés dans les pattes postérieures, moins dans les antérieures, et moins encore dans les intermédiaires, vous en trouverez précisément les raisons dans le degré comparatif de force et de mobilité de ces pattes. Ainsi, dans la corise, insecte essentiellement aquatique, et destiné à être presque toujours suspendu entre deux eaux, les pattes de derrière, exclusivement natatoires, font l’office de rames par leur forme aplatie, leur longueur, leur faculté à se placer en balanciers. Elles servent de nageoires, par les innombrables soies qui garnissent la jambe ainsi que le tarse, et qui sont susceptibles de s’étaler diversement au gré de l’animal. Ces pattes, toujours en exercice, et qui sont la garantie de l’existence de la corise, devaient donc être plus riches en organes de locomotion et d’équilibre ! Et qui pourrait compter les milliers de muscles destinés aux milliers de mouvemens de cet infatigable nageur ? Les pattes antérieures, uniquement préhensives, armées de crochets, de scies, de râteaux, pour saisir, déchirer et retenir une proie vivante, devaient avoir une puissance musculaire proportionnée à ce but essentiel de pourvoir à la subsistance de l’individu ; mais par la nature même de leurs attributions, elles étaient souvent vouées à un repos plus ou moins prolongé. Quant aux pattes intermédiaires, où les frémissemens intérieurs sont si difficiles à saisir, si obscurs, elles ne sont qu’ambulatoires, et demeurent habituellement inactives dans un insecte nageur par excellence. Dans le repos absolu de l’animal immergé, elles servent à fixer le corps au moyen des longues pinces droites qui les terminent. Ce sont les ancres de la corise.

» Agréez, etc. »

Zoologie.Observations sur les rhizopodes et les infusoires ; par M. Dujardin.

L’auteur annonce que les résultats qu’il a obtenus font l’objet d’un Mémoire qu’il doit lire bientôt ; mais, ajoute-t-il, « j’ai senti que des faits si étranges ne pourraient être admis définitivement dans la science, que lorsqu’ils seraient appuyés du témoignage imposant de l’Académie ; j’ai donc fait tous mes efforts pour avoir des rhizopodes vivans à Paris, et après avoir essayé vainement d’en apporter de la Méditerranée, je suis parvenu à conserver dans des flacons d’eau de mer des milioles, des vorticiales recueillies dans la Manche, ainsi que le singulier genre que j’ai appelé gromia, en lavant des touffes de coralline. On peut aisément les observer en les plaçant, entre deux lames de verre, sous la lentille du microscope simple ou composé. On reconnaît bien alors que ces animaux émettent des filamens de consistance glutineuse ayant presque l’aspect du verre fondu, avec des nodosités qui s’avancent dans un sens ou dans l’autre ; ils sont rétractiles, susceptibles de se ramifier, de s’anastomoser, et de se fondre ensemble, servant de pied à l’animal pour le mouvement de reptation, et par leur aspect de fibres radiciformes justifiant bien le nom de rhizopodes.

» On acquiert ainsi la conviction qu’il existe des animaux sans epithelium, et qu’une substance animale molle et sans fibres peut s’étendre et se prolonger en filamens libres par une sorte d’afflux, en vertu d’une force inhérente.

» Cette singulière organisation, qui paraît incompatible avec la structure si régulière du test des milioles, des cristellaires, des vorticiales, ou même avec la coque membraneuse des gromia, se trouve tout-à-fait la même dans ces différens types, et la masse charnue ou glutineuse de l’intérieur ne se répand au dehors qu’après la mort.

» Je désirerais donc qu’il me fût permis de mettre, le plus tôt possible, ces animaux vivans sous les yeux de l’Académie ou de la commission qu’elle aurait désignée.

» Je profiterai de cette occasion pour annoncer à l’Académie le principal résultat de mes recherches sur les infusoires, que j’aurai prochainement l’honneur de lui exposer avec détail.

» En examinant les douves placées encore vivantes entre deux lames de verre, j’ai vu sortir comme par expression sur tout le contour, mais principalement à la partie antérieure, des globules de glu animale de à millimètre, insolubles dans l’eau, coagulés subitement par l’acide nitrique, se comportant avec les alcalis tout autrement que l’albumine ou le mucus, susceptibles de s’attacher aux aiguilles, se laissant étirer, et se contractant de nouveau en globules ou en lentilles que l’on distingue toujours des gouttelettes d’huile, parce qu’ils réfractent beaucoup moins la lumière.

» Cette glu animale, qui devra être sans doute désignée par un nom spécial, présente un phénomène tout-à-fait inattendu : il s’y forme spontanément des vacuoles sphériques plus ou moins nombreuses, occupées par l’eau, qui s’agrandissent en l’espace de six à douze heures jusqu’à ne plus laisser du globule qu’une sorte de cage ou de réseau, et définitivement un résidu irrégulièrement granuleux.

» Je l’ai retrouvée avec les mêmes particularités dans d’autres entozoaires, dans les lombrics, les naïs, les flustres, les larves de tipulés, etc., et surtout dans les infusoires proprement dits, tels que les paramœcies, les leucophres, les enchelis, etc., à travers les tégumens desquels elle sort aussi par expression, lorsque l’animal meurt ou lorsqu’on le comprime entre des lames de verre.

» En observant ces vacuoles, on reconnaît que la lumière est réfractée bien plus en dehors que dans la vacuole même où il ne se trouve que de l’eau, et si l’on compare cette apparence des vacuoles avec celle des prétendus estomacs que Müller avait appelés interanea bullaria, et qui se forment ou disparaissent, en effet, comme des bulles, on trouve une telle identité dans l’apparence et dans la manière dont la lumière y est réfractée, qu’on est conduit à regarder l’identité comme complète.

» Avec de la persévérance on peut constater ce résultat sur les infusoires les plus communs, mais on le voit surtout d’une manière admirable dans une grosse leucophre habitant l’intérieur d’une espèce de lombric commune au bord des marais. Cette leucophre, voisine de la L. globulifera, mais bien plus grosse, puisqu’elle a de à  millimètre, ne peut vivre longtemps hors du corps des lombrics, et meurt dans l’eau pure au bout de quelques heures, en montrant la séparation de ses deux principaux élémens de composition, la partie contractile, qui se resserre de plus en plus, et la partie glutineuse, qui sort et forme un ou plusieurs globules ou lentilles creusés de vacuoles. »

Chirurgie.Description de deux nouveaux instrumens de lithotritie ; par M. Leroy d’Étiolle.
(Commissaires, MM. Serres, Roux, Breschet.)

De ces deux instrumens, l’un est destiné à évacuer les débris de la pierre, et par là à abréger la durée de l’opération ; l’autre a pour but d’écraser et d’extraire les corps filamenteux qui peuvent tomber dans la vessie et devenir le noyau de calculs. Celui-ci a été imaginé par l’auteur pour enlever un éclat de bois dur et volumineux qui, dans une chute, faite il y a dix mois, pénétra, dit M. Leroy d’Étiolle, jusque dans la vessie, en déchirant le périnée, et devint le noyau d’un calcul d’environ deux pouces de diamètre. Ce fait singulier est remarquable tout-à-la-fois, et par l’absence de fistule ou d’abcès urinaire après la blessure au périnée, et par les difficultés résultant de la nature du corps qu’il s’agissait d’extraire et d’écraser.

Chirurgie.Description de deux nouveaux bandages herniaires ; par M. Thomson.
(Commissaires, MM. Double, Roux, Breschet.)

L’un de ces bandages est destiné au traitement de la hernie inguinale externe et récente ; l’autre l’est au traitement de la hernie inguinale interne.

Le principe sur lequel repose la construction du premier, consiste en ce que la pelote doit porter sur l’anneau inguinal seulement, et en dehors de son pilier interne.

Dans le second, la force ne doit agir ni contre le corps du pubis, ni contre la partie du muscle droit qui se fixe au pubis ; mais elle doit être dirigée vers l’anneau herniaire, et s’exercer de dehors en dedans et de bas en haut.

Une partie de la lettre de M. Thomson a pour objet de revendiquer, par rapport à la lettre de M. Malgaigne, lue dans la séance précédente (V. ci-dessus, p. 324), la priorité du principe sur lequel est fondée la construction du premier de ces deux appareils.

M. Malgaigne écrit de nouveau, de son côté, pour justifier les droits qu’il croit avoir à cette priorité. Sa lettre est renvoyée à l’examen de la même commission que le mémoire de M. Thomson.

Paléontologie.Lettre de M. Férussac sur l’origine et la nature des Bélemnites.

L’auteur commence par rappeler le passage suivant d’une lettre de M. Agassiz, insérée dans Neues Jahrbucher fur mineralogie und geognosie de M. Leonhard, 2e cahier de 1835, page 168. Ce passage de la lettre de M. Agassiz est ainsi conçu :

« J’ai découvert que les fossiles appelés par les paléontologues, à tort ou à raison, onychoteuthis prisca, avec leur sac d’encre, comme Zieten les a figurés sous le nom de loligo, ne sont que le prolongement antérieur d’une bélemnite de l’espèce appelée ovalis. Un échantillon de la collection de miss E. Philpot, à Lyme Regis, m’en a donné la preuve patente. Les bélemnites ont donc pour prolongement alvéolaire la plaque appelée, à tort ou à raison, onychoteuthis, et ont dans leur intérieur le sac d’encre d’une sepia. Donc les bélemnites ne se distinguent des seiches que par un développement plus grand de la pointe du bord supérieur de l’os des seiches. »

M. de Férussac communique ensuite les nouveaux détails qu’il a reçus de M. Agassiz relativement à cet objet important ; mais avant d’en venir à ces détails mêmes, il expose les observations suivantes :

» M. Zieten et d’autres naturalistes allemands ont donné le nom de loligo à des os de seiches fossiles, au lieu de les appeler sepia, ce qui a induit en erreur les personnes qui n’avaient pas vu ces fossiles ou leur figure, et leur a fait croire qu’il s’agissait de cette lame cartilagineuse que l’on a appelée épée dans les calmars ou loligo. M. Rüppel a cependant décrit et figuré sous le nom de loligo prisca un fossile qui paraît être l’épée d’un loligo ; mais, de son côté, M. le comte Munster a donné le nom d’onychoteuthis prisca à un fossile non décrit ni figuré. Est-ce le loligo prisca de M. Rüppel ? est-ce une autre espèce ? On n’en sait rien. L’imbroglio résultant de cette fausse détermination du genre de ces fossiles et du même nom spécifique appliqué à deux espèces de deux genres distincts, a été encore une cause de confusion. Le fossile observé par M. Agassiz n’est point l’épée d’un loligo ni d’un onychoteuthe, mais un corps très analogue à l’os interne de la seiche, nommé sépiostaire par M. de Blainville, et qu’on aurait pu, par conséquent, désigner sous le nom de sepia.

» Ceci expliqué, voici ce que M. Agassiz a vu sur un très bel échantillon de la collection de miss E. Philpot : un os ou sépiostaire, très analogue à celui de la seiche, avec le sac à encre bien conservé ; cet os se terminant, en arrière, sans solution de continuité, par un bel individu du belemnites ovalis. Pour bien comprendre le rapport de ces deux corps, dont la contexture n’est sans doute pas semblable, il faut avoir sous les yeux le sépiostaire d’une des espèces de seiches qui ont cet os terminé par une pointe conique, assez longue, et qui fait saillie sur l’animal vivant, entre les extrémités des nageoires latérales. Cette pointe est recouverte par la continuation de la peau du sac ; elle est comme dans une gaîne. Que l’on se représente au lieu de cette petite pointe une bélemnite, placée de la même manière, et l’on aura une idée exacte des rapports de ce fossile, dans l’animal vivant, avec son sépiostaire. Seulement celui-ci, dans sa partie postérieure, doit être autrement organisé, puisqu’il paraît former, vers cette partie, l’alvéole de la bélemnite. Les minces parois de l’ouverture de la bélemnite se raccordent avec lui en s’épanouissant. La figure et la description de cet intéressant échantillon peuvent seuls nous éclairer sur les détails de cette organisation. C’est M. le docteur Buckland, à qui M. Agassiz a remis le dessin qu’il en a fait, qui s’est chargé de ce soin, et cela ne pouvait être en des mains plus habiles. Son travail doit paraître sous peu, à ce qu’on assure.

» Ainsi donc les bélemnites sont certainement des corps intérieurs, et, selon toutes les apparences, l’animal auquel ont appartenu ces fossiles était semblable à la seiche, ou du moins très voisin. On peut croire, en un mot, que c’était un céphalopode de l’ordre des acétabulifères, comme la spirule, et formant entre elle et la seiche un genre intermédiaire. »

Physique du globe.Extrait d’une lettre écrite à M. Cordier par M. W. Henwood, membre de la Société royale de Géologie de Cornwall.

« Depuis que j’ai eu l’honneur de vous écrire, j’ai fait beaucoup d’observations sur la température de nos mines profondes et sur l’action électrique dans nos filons.

» Je crois avoir parfaitement constaté qu’il existe une différence de température de deux à trois degrés (Fahrenheit) entre nos couches schisteuses et celles de granite aux mêmes profondeurs ; cette différence existe du moins dans toutes les profondeurs que j’ai atteintes : c’est le schiste qui offre la plus haute température.

» La quantité d’électricité est très grande dans nos filons, mais la tension est très faible, d’où je présume qu’il y a là un résultat purement thermo-électrique. En effet, cela répondrait directement à ce qu’on obtiendrait en chauffant inégalement les extrémités des masses de minerai de cuivre. Il est évident qu’une telle inégalité doit exercer de l’influence là où il n’y a qu’une seule roche, et, que l’action doit être plus grande là où il y a une jonction de granite et de schiste, sous les conditions rapportées ci-dessus.

» De plus, dans nos filons, les masses de minerai ont constamment une inclinaison qui s’éloigne du granite, et cette circonstance augmente évidemment les conditions favorables pour créer les courans thermo-électriques.

» M. de Strombeck croit que ces courans prennent leur origine de décompositions chimiques souterraines ; mais je crois que, s’il en était ainsi, la tension de l’électricité serait plus forte et sa quantité moindre, vu la grande étendue des masses de matière qu’il faudrait supposer mises en action.

» Que quelques-unes des décompositions souterraines soient sensiblement électriques, cela peut être vrai, et l’on en a cité beaucoup d’exemples ; mais dans notre pays nous n’avons pas une certitude suffisante que ces décompositions fassent à présent des progrès très actifs. J’ajouterai enfin qu’il paraît certain que les directions des courans sont influencées par la direction de la masse de granite la plus voisine. »

MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
Physiologie animale.Note sur le cristallin ; par MM. Cocteau et Leroy d’Étiolle.
(Mémoire destiné au concours pour les prix Montyon : Physiologie expérimentale.)

L’objet que se sont proposé les auteurs dans leurs expériences a été de chercher à constater les phénomènes de la reproduction du cristallin chez certains animaux domestiques (le lapin, le chat et le chien).

Médecine.Cause du choléra indien et moyens de neutraliser ses funestes effets ; par M. Pontus.
(Concours Montyon : Médecine et Chirurgie.)
Chirurgie.La postéro-version de l’enfant qui naît par les extrémités inférieures est un précepte absurde ; établissement d’une manœuvre différente ; par M. Bonhoure.
(Commissaires, MM. Serres, Roux, Breschet.)
Mécanique.Nouvelle machine pour élever l’eau ; par M. Jappelli.
(Commissaires, MM. de Prony, Girard, Navier.)

« Ayant long-temps réfléchi, dit l’auteur, sur la grande disproportion qui règne entre l’effet dynamique et l’effet utile des machines hydrauliques, toutes les fois qu’il s’agit d’élever de l’eau à une petite hauteur, je me suis proposé de construire une machine où la force motrice puisse être presque entièrement utilisée, même à la hauteur de quelques centimètres, et qui, étant construite sur une grande dimension, puisse servir au desséchement des marais. »

RAPPORTS.
Rapport sur les eaux proposées par diverses compagnies, pour servir à l’alimentation de la ville de Bordeaux.
(Commissaires, MM. Arago, Thénard, Girard, Dumas, Robiquet et Poncelet.)

« L’autorité administrative de Bordeaux ayant conçu le projet de faire arriver dans cette ville, et par un service régulier, toute la quantité d’eau nécessaire à sa consommation, plusieurs compagnies se sont présentées pour obtenir cette fourniture et ont proposé, les unes l’eau de la Garonne, les autres des eaux de sources plus ou moins éloignées. Les principales conditions exigées étaient que l’eau fût assez pure pour être employée à tous les usages auxquels elle est destinée, et assez abondante pour fournir environ de 2 à 300 pouces de fontainier par jour. Chaque compagnie a prétendu offrir ces avantages, et l’autorité locale, pour être mieux guidée dans le choix qu’elle avait à faire, a désiré consulter l’Académie des Sciences. En conséquence il nous a été adressé, par l’entremise de M. le Ministre de l’Instruction publique, une série de questions qui ont nécessité la nomination d’une commission mixte, et c’est au nom de cette commission que je viens soumettre le rapport suivant :

» La première chose qui se présentait à faire était nécessairement de déterminer la nature de ces eaux ; mais on conçoit qu’il devenait inutile pour le but qu’on se proposait, d’en faire une analyse rigoureuse et qu’il suffirait de connaître assez bien leur composition, pour s’assurer si elles sont de nature à pouvoir être employées à tous les usages ordinaires. Ainsi, par de simples essais aux réactifs, on a d’abord reconnu quels étaient les principaux corps qui les composaient, puis on a soumis une certaine quantité de ces eaux à l’évaporation, et nous avons déterminé exactement la quantité totale de résidu que chacune d’elles fournissait. Ces résidus étant obtenus, on les a traités successivement par l’alcool, par l’eau et par l’acide sulfurique, afin de pouvoir en isoler les différens sels qui les constituaient. Cette marche nous a permis de comparer les eaux de Bordeaux à celles qui alimentent notre grande cité, qui ont été examinées sous le même rapport et de la même manière.

» Pour n’avoir point à entrer ici dans tous les détails de ces expériences, nous en avons encadré les résultats dans un tableau synoptique qui fera partie essentielle du rapport et que nous avons l’honneur de présenter à l’Académie.

» Il nous reste maintenant à nous étayer de ces données pour répondre aux différentes questions qui nous ont été adressées. — La première est ainsi conçue :

« Déterminer si l’eau filtrée de la Garonne serait préférable aux autres eaux de sources pour la consommation de Bordeaux, tant pour la boisson de ses habitans que pour les usages industriels et l’irrigation de ses rues, promenades, places, etc. »

» Il résulte de nos expériences que l’eau filtrée de la Garonne doit être préférée à celles qui lui sont opposées, si l’on ne veut avoir égard qu’à leur composition, car elle est incontestablement plus pure que toutes les autres, et même un peu plus pure que notre eau de Seine. En effet le réactif le plus sensible pour déceler la présence des hydro-chlorates la louchit à peine ; les sels barytiques solubles n’en troublent pas du tout la transparence : elle ne contient donc point de sulfates. Il en est de même pour l’ammoniaque et pour l’eau de chaux : ainsi aucun sel magnésien n’entre dans sa composition pour une quantité notable. La teinture de noix de galle, qui, avec le temps et le concours de l’air, trouble fortement les eaux qui lui sont comparées, n’y produit aucun effet. L’acide gallique, qui, en vaisseaux clos, développe peu à peu dans les trois eaux de source une teinte bleuâtre, la laisse incolore. Enfin l’eau de la Garonne ne fournit pour produit total de l’évaporation d’un litre que 0gr,152 de résidu. Celle qui vient après elle en fournit plus du double, 0gr,312 ; les autres 0,334 ; 0gr,366. L’eau de la Seine se rapproche beaucoup sous ce rapport de celle de la Garonne : elle donne, puisée au-dessus de Paris, 0gr,162 et celle d’Arcueil 0,466.

» Ajoutons encore que bien que les échantillons qui nous ont été adressés en juin pour être analysés, ne nous soient parvenus que deux mois après leur expédition, cependant ils n’avaient contracté aucune odeur hépatique ; disons aussi que l’eau qui nous a été envoyée filtrée avait conservé toute sa limpidité, et qu’elle est moins sensible que les autres aux réactifs employés pour reconnaître la présence des matières organiques.

» Il résulte de ce qui précède, que sous le rapport de la pureté, on ne saurait refuser la supériorité à l’eau de la Garonne filtrée ; mais reste à savoir maintenant jusqu’à quel point la filtration d’une aussi grande masse d’eau est possible. C’est à l’autorité locale à s’assurer si les compagnies qui se proposent d’entreprendre cette opération, ont les moyens de l’exécuter. Il est vrai de dire que pour la plupart des usages il n’est nul besoin que cette eau soit filtrée, et qu’on pourrait, comme à Paris, laisser aux particuliers le soin de s’en procurer de clarifiée. Au reste, la commission n’hésite pas à reconnaître que la limpidité constante des eaux de sources, jointe à l’uniformité de leur température, lorsqu’elles sont peu distantes du point de consommation, doivent militer en leur faveur, et même leur mériter la préférence, si toutefois elles sont assez abondantes en toutes saisons pour fournir constamment la quantité exigée. Cette préférence serait aussi motivée sur la plus grande confiance que le public accorde à ces eaux de sources. Beaucoup de personnes, comme on le sait, répugnent à faire usage de l’eau de rivière, surtout quand cette rivière reçoit et charrie une partie des immondices de tout une grande cité, bien que ces immondices, divisées dans une aussi grande masse et si souvent renouvelée, n’influent pas d’une manière sensible sur leur composition.

» Pour deuxième question, on demande « quelle serait l’eau de ces sources qu’il conviendrait de choisir, si celles-ci étaient jugées préférables à l’eau filtrée de la Garonne ? »

» Nous répondrons que si l’autorité locale jugeait à propos de se servir préférablement des eaux de sources, et qu’elle voulût faire porter son choix sur les plus pures, elle devrait mettre en première ligne la source d’Artiguemale, puis celle de Vayres, et enfin celle de Mont-Joux.

» Il est encore une question que l’examen chimique des eaux peut contribuer à éclairer, c’est celle relative aux craintes manifestées que des concrétions calcaires puissent venir engorger les tuyaux de conduite, comme cela a lieu pour celles d’Arcueil et autres. Or, nos expériences ont démontré que la proportion de sels calcaires est moindre dans ces sources que dans notre eau d’Arcueil, et cela, à peu près dans le rapport de 3 à 4,5 ; ainsi, il n’est guère à présumer que ces dépôts puissent se manifester, si ce n’est en très petite proportion et après un temps fort long. On sait en effet que toute dissolution saline qui a atteint son maximum de saturation abandonne facilement sous de faibles influences une partie des sels qu’elle contenait ; mais qu’elle retient avec une énergie toujours croissante, ce qui lui en reste, et qu’il arrive un point où, toutes circonstances égales d’ailleurs, il n’y a plus de dépôt possible. Il en résulte que ces dépôts ne sont pas en rapport direct avec les quantités de sels en dissolution, et qu’ils sont proportionnellement beaucoup moindres pour des eaux moins chargées.

» Parmi les causes que nous avons reconnues capables de déterminer la précipitation d’une partie des sels en dissolution, se rangent l’évaporation, l’abaissement de température et l’état physique des surfaces en contact avec l’eau. Or il est toujours possible, à l’aide de quelques précautions de construction, d’obvier, du moins en grande partie, à ces inconvéniens. Ainsi tout le monde sait qu’en privant l’eau du contact de l’air, on évitera son évaporation, et que les variations de température atmosphérique seront d’autant moins sensibles que les tuyaux de conduite seront mieux abrités. L’expérience prouve en outre que les aspérités d’une surface en contact avec une dissolution saline deviennent autant de centres d’attraction, autant de noyaux, où viennent se fixer des molécules disséminées qui eussent été entraînées par le courant, sans la présence de ces sortes d’écueils, et de là vient la nécessité de n’employer pour ces conduites que des fontes exemptes de toute rugosité. Nous pensons aussi que les mêmes observations sont à reproduire pour les tubercules ferrugineux, car, quelle que soit la cause qui détermine la production de l’oxide, il est bien à présumer que ce sont de semblables rugosités qui forment les bases de toutes ces concrétions. L’observation prouve en effet qu’elles sont irrégulièrement dispersées, de forme tuberculeuse, et avec une queue en amont. Il y a donc là aussi une cause mécanique qui vient s’ajouter aux autres, et il est bien probable qu’elle dépend d’aspérités qui se rencontrent sur le chemin des molécules flottantes et forment un point d’arrêt sur lequel elles viennent graduellement s’accumuler. C’est ainsi que nous voyons dans le plus petit ruisseau les corps étrangers venir se grouper autour du caillou qui fait saillie. Tout porte donc à croire que ces sortes de concrétions se formeraient moins facilement sur des surfaces polies. Un autre moyen de les éviter serait encore de s’opposer à l’oxidation du métal en l’imprégnant d’un corps gras et sous une certaine pression, comme l’a pratiqué M. Juncker, mais dans un autre but, celui de combler tous les pores de la fonte et d’empêcher le suintement. Il y aurait là double avantage.

» En résumé, la commission pense :

» 1o. Que toutes les eaux soumises à son examen sont assez pures pour être employées aux divers usages de l’économie domestique ;

» 2o. Que l’eau de la Garonne filtrée mériterait la préférence en raison de sa plus grande pureté ;

» 3o. Que les eaux de sources toujours limpides offrent l’avantage d’éviter les chances d’une filtration qui peut présenter des difficultés et faire craindre des interruptions dans le service ;

» 4o. Que les eaux de sources proposées concurremment doivent être rangées sous le rapport de leur pureté, dans l’ordre suivant :

1o Artiguemale,
2o Vayres,
3o Mont-Joux ;

» 5o. Que la petite quantité de matières étrangères contenues dans ces eaux, rend peu probable l’engorgement des tuyaux de conduite par des dépôts calcaires, à moins que dans un temps très long, surtout si l’on a recours aux précautions indiquées plus haut ;

» 6o. Que de même il n’est guère à présumer que les tubercules ferrugineux puissent se développer dans une fonte douce, unie et imprégnée d’une huile siccative. »

L’Académie approuve ce rapport et en adopte les conclusions.

LECTURES.
Physique.Sur une relation très simple qui existe dans les solutions d’acide tartrique, entre leurs proportions constituantes et leur densité ; par M. Biot.

« Espérant que quelques chimistes auront pu s’occuper des questions relatives à l’acide tartrique sur lesquelles j’ai tâché d’attirer leur attention, j’ai pensé qu’il serait utile, pour abréger leurs calculs, de leur faire connaître une relation très simple qui existe entre les densités des solutions de cet acide et les proportions pondérales qui les constituent.

» On mesure généralement ces densités en prenant le poids des solutions et celui de l’eau, dans l’air, à la même température, dans un même flacon totalement rempli. Le rapport du premier de ces poids au second exprime ce que j’appellerai la densité apparente. Elle diffère de la densité vraie, en ce que, pour obtenir celle-ci, il faut d’abord ajouter à chacun des poids observés le poids d’un égal volume d’air ; puis réduire le poids absolu de l’eau à ce qu’il devrait être si la température de ce liquide eût été celle du maximum de sa condensation, où chaque centimètre cube d’eau pèse un gramme.

» En pesant ainsi spécifiquement un grand nombre de solutions tartriques, à des températures diverses, depuis +13° cent. jusqu’à +27°, j’ai vu que leur densité apparente restait presque exactement constante ; de sorte que, entre ces limites de température, elles se dilatent sensiblement comme l’eau. D’après cela, leur densité apparente et leur dosage étant observés pour un grand nombre de cas, on pouvait, par interpolation, en déduire la relation continue de ces deux élémens entre les températures assignées. C’est ce que j’ai fait, après avoir construit d’abord graphiquement les observations sur une échelle fort large pour rectifier leurs petites anomalies accidentelles. J’ai obtenu ainsi une table qui donne les densités apparentes des solutions dans l’air pour chaque centième d’acide depuis 1 jusqu’à 60. Réciproquement, ces densités étant données, on peut conclure les proportions d’acide d’après la table, tout aussi exactement que par la balance, opération toujours délicate, et qui ne peut s’appliquer aux solutions déjà formées.

» La lenteur et la régularité des différences par lesquelles les nombres de cette table se succèdent, m’ont porté à examiner la nature de la courbe graphique dont je les avais déduits. J’ai trouvé qu’elle coïncidait exactement avec une branche d’hyperbole équilatère, ayant ses asymptotes parallèles aux axes rectangulaires des coordonnées, lesquelles étaient ici la proportion pondérale d’acide en centièmes, et l’excès de la densité apparente sur l’unité. Connaissant cette relation, deux observations suffisent pour retrouver tous les nombres de la table aussi exactement, peut-être même plus exactement que ne les peut donner la construction graphique. Une troisième donnée est fournie par la nature de la question même, qui veut que la densité apparente égale l’unité quand il n’y a pas du tout d’acide dans la solution.

» La constance de ces densités apparentes n’est pas toutefois complétement rigoureuse, même pour l’intervalle de température spécifié plus haut. Les solutions tartriques se contractent réellement un peu plus que l’eau, quand la température baisse[2] ; d’où il suit que la relation hyperbolique entre leurs proportions d’acide et leurs densités apparentes observées dans l’air, ne peut être tout-à-fait exacte que pour une même température. Elle le devient, en effet, alors à tel point, qu’il est impossible de distinguer ses résultats d’avec les observations. En passant d’une température à une autre, l’hyperbole change de position et de puissance ; mais si peu, qu’entre 13° et 27° de température, par exemple, il faudrait avoir besoin d’une exactitude plus qu’ordinaire pour qu’il fût nécessaire d’y avoir égard. La table que j’ai construite représente l’hyperbole moyenne qui convient à cet intervalle-là. Mais j’ai vérifié rigoureusement la relation hyperbolique pour plusieurs autres températures fixes, même très voisines du maximum de condensation de l’eau. Il est facile de voir que cette relation ayant lieu entre les densités apparentes observées dans l’air, existe aussi entre ces mêmes densités réduites au vide ; seulement l’hyperbole est tant soit peu différente de puissance et de position.

» Indépendamment de l’utilité pratique, ceci permettra de résoudre plusieurs questions de physique moléculaire qui ne sont pas sans intérêt. Par exemple, on sait que l’acide tartrique cristallisé ne contient pas d’eau libre. Ainsi, en cristallisant, il se sépare de l’eau. On ignore l’ordre de composition des groupes moléculaires qui constituent le cristal par la polarité de leur agrégation. On ne sait s’ils sont multiples ou simples ; mais quels qu’ils soient, on peut les concevoir désagrégés, livrés à l’arrangement confus qui a lieu dans l’acide liquéfié par la chaleur, et demander quelle serait la densité du système soustrait ainsi à l’action de leur mutuelle polarité. La relation hyperbolique conduit à le connaître. Car, puisqu’elle reproduit si exactement toutes les densités, quand on donne les proportions d’acide correspondantes, il n’y a qu’à y faire cette proportion égale à l’unité, ce qui ne suppose plus d’eau dans la solution ; et la densité qui en résultera sera celle du système liquide, mais exempt d’eau, dont l’agrégation régularisée forme le cristal d’acide. J’ai fait ce calcul pour la température de +6°,8 relativement à laquelle j’avais déterminé spécialement l’hyperbole par un grand nombre d’observations. La densité apparente dans l’air s’est trouvée être 1,68124, d’où la densité apparente réduite au vide 1,68211. Or, j’ai déterminé expérimentalement, à cette même température, la densité apparente des cristaux d’acide, ce que j’ai fait en les pesant dans l’essence de térébenthine limpide, après m’être assuré que lorsque cette essence a été convenablement rectifiée par la distillation, les plus petits atomes d’acide tartrique cristallisé peuvent y subsister pendant plusieurs jours sans éprouver aucune altération sensible à la température dont il s’agit. J’ai trouvé ainsi la densité apparente de l’acide cristallisé, réduite au vide, égale à 1,74144, conséquemment plus forte que celle de l’acide désagrégé, comme cela devait être, mais de bien peu supérieure, comme 59 à 57. La température ayant été la même dans les deux pesées, ce rapport est aussi celui des densités vraies, et il est inverse des volumes qui y correspondent. Ainsi, lorsque les groupes moléculaires de l’acide tartrique se sont rapprochés au point de se séparer entièrement de l’eau, sans s’être encore agrégés régulièrement, la cristallisation qui succède à cet état confus, condense seulement leur système dans le rapport que nous venons d’assigner ; et cette faible contraction, distribuée sans doute inégalement dans leur masse, suffit pour imprimer au corps solide qui en résulte sa forme extérieure, sa structure interne, la double réfraction à deux axes, et toutes les autres propriétés spéciales qu’on observe dans l’acide tartrique cristallisé.

» La relation hyperbolique fait connaître encore quelle est, pour chaque température, la limite de moindre distance où les groupes acides puissent se maintenir dans l’eau à l’état liquide, en sorte que, rapprochés un peu davantage, leur attraction mutuelle suffise pour les rappeler les uns vers les autres et les ramener finalement à l’état solide, en excluant toute l’eau interposée entre eux. Pour en donner un exemple, j’avais formé à la température de 13°,5 une solution d’acide tartrique exactement dosée, où la proportion pondérale d’acide rapportée à l’unité de poids était 0,549692. Elle était alors parfaitement limpide ; mais la température ayant baissé progressivement, elle commença à précipiter ; et à +8° elle avait déjà donné un dépôt sensible quoique très faible. Les groupes moléculaires de la partie limpide se trouvaient donc alors à la distance limite de leur liquéfaction dans l’eau pour cette température-là. Je décantai cette partie ; et, ayant pris sa densité apparente 1,30375, je trouvai, par la relation hyperbolique propre à 8°, qu’elle répondait à la proportion d’acide 0,548134 ; d’où l’on voit qu’il y avait eu moins de deux millièmes de précipité. Or, puisque l’acide de la partie limpide se trouvait uniformément distribué dans tout le volume qu’elle occupait, sa densité propre, dans cet état de dissémination, est la densité observée elle-même, multipliée par la proportion pondérale de l’acide, laquelle a été déterminée plus haut ; et en divisant ce produit par la densité de l’acide cristallisé, observée à cette même température, on aura le rapport inverse des volumes dans ces deux états. Ce rapport se trouve être celui de 9 à 22. Telle est donc la moindre expansion que l’acide tartrique cristallisé doive éprouver dans l’eau à la température de 8° pour y pouvoir exister liquide. Si, alors, la température baissant quelque peu, le système éprouve une contraction, si faible qu’elle puisse être, les groupes moléculaires ne pourront plus rester en équilibre à ce degré de rapprochement ; et un certain nombre d’entre eux devront se réunir à l’état de solidité. Cet effet s’opérera de préférence sur ceux qui se présentent mutuellement les pôles d’attraction les plus énergiques ; après quoi les autres groupes se trouvant de nouveau espacés aux distances qui leur conviennent, pourront garder l’état liquide ; et la solution cessera de précipiter.

» La précision de la relation numérique exposée dans cette Note suffirait pour que le corps qui la présente méritât d’être particulièrement étudié. Mais on verra bientôt que l’acide tartrique possède une foule d’autres propriétés spéciales, non moins remarquables par la nouveauté des phénomènes que par la régularité et la simplicité de leurs lois. »

Géologie.Sur les terrains volcaniques des environs de Naples ; par M. Dufrénoy.

L’auteur décrit successivement le terrain de tuf ponceux qui forme la campagne de Naples, la nature et la formation des collines des champs Phlégréens et le groupe du Vésuve, dans lequel il distingue la Somma et le Vésuve proprement dit. Il termine par des considérations sur les phénomènes par suite desquels les villes d’Herculanum et de Pompeii ont été ensevelies.

Pour donner une idée de son travail, nous transcrirons ici le résumé qui le termine et qui en renferme les principaux résultats.

Époques différentes des phénomènes volcaniques.

« 1o. Les phénomènes ignés se sont reproduits dans les environs de Naples à trois périodes fort éloignées les unes des autres avec une intensité et des caractères différens.

» La première période, dont l’époque géologique est inconnue, est marquée par l’épanchement des trachytes qui ont formé les élémens du tuf ponceux, des laves de la Somma en nappes horizontales, ainsi que des roches amphigéniques des environs de Rome.

» La sortie des trachytes des champs Phlégréens et d’Ischia a eu lieu dans la seconde période.

» La troisième partie comprend les éruptions laviques d’Ischia, du Vésuve et du Monte Nuovo.

Du tuf ponceux.

» 2o. Le sol de la campagne de Naples et des îles qui en dépendent, abstraction faite des montagnes volcaniques, est formé d’un tuf composé des débris du trachyte de la première période : ses élémens sont presque uniquement des fragmens de pierres ponces de grosseurs différentes. Dans quelques circonstances ces fragmens sont assez gros mais le plus fréquemment ils ont été tellement triturés que la masse du tuf est argileuse et paraît assez homogène. Les caractères du tuf, partout les mêmes, attestent que son origine est due à la même cause.

» 3o. Ce tuf est disposé en couches minces régulières, même lorsqu’elles sont contournées (cap de Misène, île de Procida, etc.).

» Il contient des coquilles fossiles (mont Époméo, le Pausilippe, la Somma, etc.), ainsi que des ossemens de grands animaux, savoir, de baleines, d’hippopotames, de mammouth, etc. (environs de Rome, côte de Sorrente, Amalfi). Cette double circonstance montre avec la dernière évidence que ce tuf, malgré la hauteur à laquelle on l’observe au mont Époméo et à la Somma, s’est déposé sous une certaine hauteur d’eau, de la même manière que tous les terrains de sédiment.

» 4o. L’alignement des différentes collines des champs Phlégréens, ainsi que la direction générale des accidens que présente la stratification du tuf, de l’O. 20° S. à l’E. 20° N., correspondant à la direction du soulèvement de la chaîne principale des Alpes, cette coïncidence nous fait supposer que le tuf ponceux est contemporain ou peu postérieur aux terrains subapennins. La nature des fossiles trouvés dans ce tuf, soit au mont Époméo, soit au Pausilippe, confirme le rapprochement, qui résulte de l’étude des directions.

» 5o. La plupart des minéraux que l’on recueille sur les pentes du Vésuve, et que l’on suppose généralement avoir été rejetés par ce volcan, appartiennent au tuf ponceux. Ils sont disséminés dans les cavités de blocs de calcaire saccaroïde, ou de roches micacées d’apparence primitive, qui forment de véritables galets au milieu de ce terrain. La surface de quelques-uns de ces blocs est couverte de serpules, circonstance qui atteste qu’ils ont séjourné un certain temps dans la mer avant de faire partie du tuf ponceux. Du reste, ces blocs ne se trouvent pas exclusivement au Vésuve : nous en avons recueilli dans le tuf du Pausilippe, et il paraît en exister également dans le tuf des îles Ponces.

Trachytes des champs Phlégréens.

» 6o. Les collines des champs Phlégréens sont composées de couches de tuf ponceux ; mais au centre de quelques-unes (Astroni, la Solfatare, les Camaldoli) il existe des mamelons de trachyte, autour desquels les couches de tuf sont ordonnées. D’après la position relative du tuf ponceux et du trachyte dans ces collines, il paraît certain que cette dernière roche est plus moderne que la première, et que le relief des champs Phlégréens est dû à son arrivée au jour. La direction des couches du tuf conduit en outre à penser que ces trachytes ont été produits en même temps que l’élévation des granites de la chaîne des Alpes.

» 7o. Le mont Époméo, dans l’île d’Ischia, doit également son élévation au trachyte de la seconde période.

Du Vésuve.

» 8o. Le Vésuve se compose de deux massifs distincts : la Somma et le Vésuve. Ces deux parties ont été produites par des causes d’un ordre différent. La Somma forme, autour du Vésuve, une ceinture d’escarpemens abrupts, dont les nappes se relèvent de tous côtés vers le centre : elle est le résultat d’un soulèvement général, qui a élevé circulairement ses nappes, d’abord horizontales. Le Vésuve est le produit d’éruptions et de soulèvemens partiels. La position du cône du Vésuve, au centre du cratère de soulèvement de la Somma, pourrait faire présumer qu’il existe une connexion intime entre ces deux montagnes ; mais elles appartiennent à des périodes séparées l’une de l’autre par plusieurs grands phénomènes qui se sont succédé dans l’ordre suivant :

a. Épanchement des laves de la Somma en nappes horizontales ;
b. Dépôt sous-marin des couches du tuf ponceux également en couches horizontales ;
c. Soulèvement de la Somma à l’époque de la formation des champs Phlégréens ;
d. Formation du cône du Vésuve dans l’année 79.

» 9o. La différence qui existe entre la nature et l’état cristallin des roches de la Somma et du Vésuve, confirme les conclusions qui résultent de l’étude de leur position relative. Les nappes de la Somma sont composées principalement d’amphigène et de pyroxène noir (augite), tandis que celles du Vésuve le sont presque exclusivement de cristaux de la famille des feldspaths, peut-être de l’anorthite et de pyroxène vert (diopside ?).

» 10o. Les laves du Vésuve forment toujours des coulées étroites et peu épaisses, dont la texture est en rapport avec la pente du sol sur lequel elles se solidifient. Elles sont bulleuses et scoriacées lorsqu’elles se refroidissent sur une surface présentant un angle supérieur à deux degrés, et elles conservent alors constamment les traces du mouvement : ces laves sont au contraire cristallines et compactes, lorsque s’étant amoncelées avec une certaine épaisseur sur un terrain presque horizontal, elles se sont refroidies lentement.

Mouvement oscillatoire du sol de la Campanie.

» 11o. Les environs de Naples ont éprouvé des abaissemens et des élévations successifs : le temple de Sérapis est un exemple célèbre de ces oscillations ; la côte de Pouzzols fournit de nombreuses preuves de ces mouvemens oscillatoires. On y voit sur une grande partie de sa longueur des constructions romaines recouvertes d’une falaise de 20 à 22 pieds de couches de sédiment.

Ensevelissement de Pompeii et d’Herculanum.

» 12o. La destruction de ces deux villes ne paraît pas due exclusivement à une pluie de cendres ; la masse terreuse qui les recouvre est composée en grande partie des mêmes élémens que le tuf ponceux qui forme les pentes de la Somma. On y trouve, outre les pierres ponces, les mêmes blocs de roches d’apparence primitive, qui contiennent les minéraux dits du Vésuve. Il est donc probable que l’éruption de 79, qui a rejeté une quantité prodigieuse de cendres, a produit en outre l’éboulement d’une partie des contreforts de la Somma, et qu’il en est résulté des alluvions considérables sous lesquelles les deux villes d’Herculanum et de Pompeii ont été ensevelies.

» L’érection du Vésuve date très probablement de cette époque, aucune tradition et aucun monument historique antérieur à cette célèbre catastrophe n’en rappelant le souvenir. »

La séance est levée à 5 heures.

F.

Bulletin bibliographique.

L’Académie a reçu dans cette séance les ouvrages dont voici les titres :

Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences, no 15, in-4o.

Planches explicatives d’Anatomie comparée ; par M. Carus ; 2e, 3e et 4e cahier, Dresde, 1835, in-folio, en latin.

Ephemeris of Halley's comet for the month of november ; in-4o.

Experiments on the transverse strenght and other properties of maleable Iron with reference to its uses for Railway Bars ; par M. Peter Barlow ; Londres, 1835, in-8o.

Nueva Esfera copernicana con las orbitas elipticas ; par M. Don Juan Zafont ; Barcelone, 1835, in-folio. (M. Arago est chargé d’en rendre un compte verbal.)

Description des Machines et Procédés consignés dans les Brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation, publiée par les ordres de M. le Ministre du Commerce ; tome 27, in-4o.

Questions de la classe de Physique et Mathématiques de l’Académie Royale des Sciences de Berlin, pour le concours des années 1837 et 1839. — Programme.

Administration des Hôpitaux, Hospices civils et Secours de la Ville de Paris. — Compte des recettes et dépenses de l’exercice 1834. Paris, 1835, in-4o.

Reproduction fidèle des discussions qui ont eu lieu sur la Lithotripsie et la Taille à l’Académie Royale de Médecine en 1835 ; par M. Doubovitzki, médecin russe ; Paris, 1835, in-8o.

Mémoire sur les causes de la Vie ; par M. Cassaignade ; 1re partie, Nîmes, 1835, in-8o.

Traité de Matériaux manuscrits de divers genres d’histoire ; par M. Monteil ; 2 vol. in-8o, Paris, 1835.

Notice historique et analytique des Eaux minérales de Saint-Christau ; par M. de Courthille ; Oloron, 1835, in-4o.

Traité élémentaire d’Histoire Naturelle ; par MM. Martin-Saint-Ange et Guérin, 22e livraison, in-8o.

Sciences chimiques et médicales. — De l’Embaumement du cœur de M. Vuillerme ; par M. Parisel ; Lyon, 1835, in-8o.

Annales des Sciences naturelles ; par MM. Milne Edwards, Audouin, Brongniart et Guillemin ; tome 4, août 1835, in-8o.

Journal hebdomadaire des Progrès des sciences et institutions médicales ; no 46, in-8o.

Journal de Chimie médicale, de Pharmacie et de Toxicologie ; no 11, tome 1er, in-8o.

Gazette médicale de Paris, tome 3, no 46.

Journal de Santé, no 115.

Gazette des Hôpitaux ; no 134–136.


  1. Les deux espèces de corises soumises à mes recherches sont : 1oCorixa strigata (Latr., Hist., vol. 12, p. 289). 2oCorixa hieroglyphica (Nob., Recherches anat. etc., sur les Hémiptères, p. 86, pl. 7, fig. 85).
  2. . Je me suis assuré de ceci jusqu’à la température de +4° cent. Je ne sais pas ce qui arrive au-delà du maximum de condensation de l’eau, où elle recommence à se dilater.