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Considérations sur la France/Chapitre III

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CHAPITRE III.

De la destruction violente de l'espèce humaine.

Il n’avoit malheureusement pas si tort ce roi de Dahomey, dans l’intérieur de l’Afrique, qui disoit il n’y a pas long-temps à un anglois : Dieu a fait ce monde pour la guerre ; tous les royaumes, grands et petits, l’ont pratiquée dans tous les temps, quoique sur des principes différens[1] L’histoire prouve malheureusement que la guerre est l’état habituel du genre humain dans un certain sens ; c’est-à-dire, que le sang humain doit couler sans interruption sur le globe, ici ou là ; et que la paix, pour chaque nation, n’est qu’un répit.

On cite la clôture du temple de Janus sous Auguste ; on cite une année du règne guerrier de Charlemagne (l’année 790) où il ne fit pas la guerre[2]. On cite une courte époque après la paix de Ryswick, en 1697, et une autre tout aussi courte après celle de Carlowitz, en 1699, où il n’y eut point de guerre, non-seulement dans toute l’Europe, mais même dans tout le monde connu.

Mais ces époques ne sont que des monumens. D’ailleurs, qui peut savoir ce qui se passe sur le globe entier à telle ou telle époque.

Le siècle qui finit, commença, pour la France, par une guerre cruelle, qui ne fut terminée qu’en 1714 par le traité de Rastadt. En 1719, la France déclara la guerre à l’Espagne ; le traité de Paris y mit fin en 1727. L’élection du roi de Pologne ralluma la guerre en 1733 ; la paix se fit en 1736. Quatre ans après, la guerre terrible de la succession Autrichienne s’alluma, et dura, sans interruption, jusqu’en 1748. Huit années de paix commençoient à cicatriser les plaies de huit années de guerre, lorsque l’ambition de l’Angleterre força la France à prendre les armes. La guerre de sept ans n’est que trop connue. Après quinze ans de repos, la révolution d’Amérique entraîna de nouveau la France dans une guerre dont toute la sagesse humaine ne pouvoit prévoir les conséquences. On signe la paix en 1782 ; sept ans après, la révolution commence ; elle dure encore ; et peut-être que dans ce moment elle a coûté trois millions d’hommes à la France.

Ainsi, à ne considérer que la France, voilà quarante ans de guerre sur quatre-vingt-seize. Si d’autres nations ont été plus heureuses, d’autres l’ont été beaucoup moins.

Mais ce n’est point assez de considérer un point du temps et un point du globe ; il faut porter un coup-d’œil rapide sur cette longue suite de massacres, qui souille toutes les pages de l’histoire. On verra la guerre sévir sans interruption, comme une fièvre continue marquée par d’effroyables redoublemens. Je prie le lecteur de suivre ce tableau depuis le déclin de la république Romaine.

Marius extermine, dans une bataille, deux cents mille Cimbres et Teutons. Mithridate fait égorger quatre-vingt mille Romains : Sylla lui tue quatre-vingt-dix mille hommes, dans un combat livré en Béotie, où il en perd lui-même dix mille. Bientôt on voit les guerres civiles et les proscriptions. César a lui seul fait mourir un million d’hommes sur le champ de bataille (avant lui, Alexandre avoit eu ce funeste honneur) : Auguste ferme un instant le temple de Janus ; mais il l’ouvre pour des siècles, en établissant un empire électif. Quelques bons princes laissent respirer l’État, mais la guerre ne cesse jamais, et sous l’empire du bon Titus six cent mille hommes périssent au siège de Jérusalem. La destruction des hommes opérée par les armes des Romains est vraiment effrayante[3]. Le Bas-Empire ne présente qu’une suite de massacres. À commencer par Constantin, quelles guerres et quelles batailles ! Licinius perd vingt mille hommes à Cibalis ; trente-quatre mille à Andrinople, et cent mille à Chrysopolis. Les nations du nord commencent à s’ébranler. Les Francs, les Goths, les Huns, les Lombards, les Alains, les Vandales, etc., attaquent l’Empire et le déchirent successivement, Attila met l’Europe à feu et à sang. Les François lui tuent plus de deux cent mille hommes près de Châlons ; et les Goths, l’année suivante, lui font subir une perte encore plus considérable. En moins d’un siècle, Rome est prise et saccagée trois fois ; et dans une sédition qui s’élève à Constantinople, quarante mille personnes sont égorgées. Les Goths s’emparent de Milan, et y tuent trois cent mille habitants. Totila fait massacrer tous les habitants de Tivoli, et quatre-vingt-dix mille hommes au sac de Rome. Mahomet paroît ; le glaive et l’alcoran parcourent les deux tiers du globe. Les Sarrasins courent de l’Euphrate au Guadalquivir. Ils détruisent de fond en comble l’immense ville de Syracuse ; ils perdent trente mille hommes près de Constantinople, dans un seul combat naval ; et Pélage leur en tue vingt mille dans une bataille de terre. Ces pertes n’étoient rien pour les Sarrasins ; mais le torrent rencontre le génie des Francs dans les plaines de Tours, où le fils du premier Pépin, au milieu de trois cent mille cadavres, attache à son nom l’épithète terrible qui le distingue encore. L’islamisme porté en Espagne, y trouve un rival indomptable. Jamais peut-être on ne vit plus de gloire, plus de grandeur et plus de carnage. La lutte des Chrétiens et des Musulmans, en Espagne, est un combat de huit cents ans. Plusieurs expéditions, et même plusieurs batailles y coûtent vingt, trente, quarante et jusqu’à quatre-vingt mille vies.

Charlemagne monte sur le trône, et combat pendant un demi-siècle. Chaque année il décrète sur quelle partie de l’Europe il doit envoyer la mort. Présent partout et partout vainqueur, il écrase des nations de fer comme César écrasoit les hommes-femmes de l’Asie. Les Normands commencent cette longue suite de ravages et de cruautés qui nous font encore frémir. L’immense héritage de Charlemagne est déchiré : l’ambition le couvre de sang, et le nom des Francs disparoît à la bataille de Fontenay. L’Italie entière est saccagée par les Sarrasins, tandis que les Normands, les Danois et les Hongrois ravageoient la France, la Hollande, l’Angleterre, l’Allemagne et la Grèce. Les nations barbares s’établissent enfin et s’apprivoisent. Cette veine ne donne plus de sang ; une autre s’ouvre à l’instant : les Croisades commencent. L’Europe entière se précipite sur l’Asie ; on ne compte plus que par myriades le nombre des victimes. Gengis-Kan et ses fils subjuguent et ravagent le globe depuis la Chine jusqu’à la Bohême. Les François qui s’étoient croisés contre les Musulmans se croisent contre les Hérétiques : guerre cruelle des Albigeois. Bataille de Bouvines, où trente mille hommes perdent la vie. Cinq ans après quatre-vingt mille Sarrasins périssent au siège de Damiette. Les Guelphes et les Gibelins commencent cette lutte qui devoit ensanglanter si longtemps l’Italie. Le flambeau des guerres civiles s’allume en Angleterre. Vêpres siciliennes. Sous les rênes d’Edouard et de Philippe-de-Valois, la France et l’Angleterre se heurtent plus violemment que jamais, et créent une nouvelle ère de carnage. Massacre des Juifs ; bataille de Poitiers ; bataille de Nicopolis : le vainqueur tombe sous les coups de Tamerlan qui répète Gengis-Kan. Le duc de Bourgogne fait assassiner le duc d’Orléans, et commence la sanglante rivalité des deux familles. Bataille d’Azincourt. Les Hussites mettent à feu et à sang une grande partie de l’Allemagne. Mahomet II règne et combat trente ans. L’Angleterre, repoussée dans ses limites, se déchire de ses propres mains. Les maisons d’Yorck et de Lancastre la baignent dans le sang. L’héritière de Bourgogne porte ses États dans la maison d’Autriche ; et dans ce contrat de mariage, il est écrit que les hommes s’égorgeront pendant trois siècles, de la Baltique à la Méditerranée. Découverte du Nouveau-Monde : c’est l’arrêt de mort de trois millions d’Indiens. Charles V et François Ier paroissent sur le théâtre du monde : chaque page de leur histoire est rouge de sang humain. Règne de Soliman ; bataille de Mohatz ; siège de Vienne ; siège de Malte, etc. Mais c’est de l’ombre d’un cloître que sort un des plus grands fléaux du genre humain. Luther paroît ; Calvin le suit. Guerre des paysans ; guerre de trente ans ; guerre civile de France ; massacre des Pays-Bas : massacre d’Irlande ; massacre des Cévennes ; journée de la St.-Barthélemi ; meurtre de Henri III, de Henri IV, de Marie Stuart, de Charles Ier ; et de nos jours enfin la révolution française, qui part de la même source.

Je ne pousserai pas plus loin cet épouvantable tableau : notre siècle et celui qui l’a précédé sont trop connus. Qu’on remonte jusqu’au berceau des nations ; qu’on descende jusqu’à nos jours ; qu’on examine les peuples dans toutes les positions possibles, depuis l’état de barbarie jusqu’à celui de civilisation la plus raffinée ; toujours on trouvera la guerre. Par cette cause, qui est la principale, et par toutes celles qui s’y joignent, l’effusion du sang humain n’est jamais suspendue dans l’univers : tantôt elle est moins forte sur une plus grande surface, et tantôt plus abondante sur une surface moins étendue ; en sorte qu’elle est à peu près constante. Mais de temps en temps il arrive des événemens extraordinaires qui l’augmentent prodigieusement, comme les guerres puniques, les triumvirats, les victoires de César, l’irruption des barbares, les croisades, les guerres de religion, la succession d’Espagne, la révolution françoise, etc. Si l’on avoit des tables de massacres comme on a des tables météorologiques, qui sait si l’on n’en découvriroit point la loi au bout de quelques siècles d’observation[4] ? Buffon a fort bien prouvé qu’une grande partie des animaux est destinée à mourir de mort violente. Il auroit pu, suivant les apparences, étendre sa démonstration à l’homme ; mais on peut s’en rapporter aux faits.

Il y a lieu de douter, au reste, que cette destruction violente soit, en général, un aussi grand mal qu’on le croit : du moins, c’est un de ces maux qui entrent dans un ordre de choses où tout est violent et contre nature, et qui produisent des compensations. D’abord lorsque l’âme humaine a perdu son ressort par la mollesse, l’incrédulité et les vices gangreneux qui suivent l’excès de la civilisation, elle ne peut être retrempée que dans le sang. Il n’est pas aisé, à beaucoup près, d’expliquer pourquoi la guerre produit des effets différens, suivant les différentes circonstances. Ce qu’on voit assez clairement, c’est que le genre humain peut être considéré comme un arbre qu’une main invisible taille sans relâche, et qui gagne souvent à cette opération. A la vérité, si l’on touche le tronc, ou si l’on coupe en tête de saule, l’arbre peut périr : mais qui connoît les limites pour l’arbre humain ? Ce que nous savons, c’est que l’extrême carnage s’allie souvent avec l’extrême population, comme on l’a vu surtout dans les anciennes républiques grecques, et en Espagne sous la domination des Arabes[5]. Les lieux communs sur la guerre ne signifient rien : il ne faut pas être fort habile pour savoir que plus on tue d’hommes, et moins il en reste dans le moment ; comme il est vrai que plus on coupe de branches, et moins il en reste sur l’arbre ; mais ce sont les suites de l’opération qu’il faut considérer, Or, en suivant toujours la même comparaison, on peut observer que le jardinier habile dirige moins la taille à la végétation absolue qu’à la fructification de l’arbre : ce sont des fruits, et non du bois et des feuilles, qu’il demande à la plante. Or les véritables fruits de la nature humaine, les arts, les sciences, les grandes entreprises, les hautes conceptions, les vertus mâles, tiennent surtout à l’état de guerre. On sait que les nations ne parviennent jamais au plus haut point de grandeur dont elles sont susceptibles, qu’après de longues et sanglantes guerres. Ainsi le point rayonnant pour les Grecs fut l’époque terrible de la guerre du Péloponèse ; le siècle d’Auguste suivit immédiatement la guerre civile et les proscriptions ; le génie françois fut dégrossi par la Ligue et poli par la Fronde : tous les grands hommes du siècle de la reine Anne naquirent au milieu des commotions politiques. En un mot, on diroit que le sang est l’engrais de cette plante qu’on appelle génie.

Je ne sais si l’on se comprend bien, lorsqu’on dit que les arts sont amis de la paix. Il faudroit au moins s’expliquer, et circonscrire la proposition ; car je ne vois rien de moins pacifique que les siècles d’Alexandre et de Périclès, d’Auguste, de Léon X et de François Ier, de Louis XIV et de la reine Anne.

Seroit-il possible que l’effusion du sang humain n’eût pas une grande cause et de grands effets ? Qu’on y réfléchisse : l’histoire et la fable, les découvertes de la physiologie moderne, et les traditions antiques, se réunissent pour fournir des matériaux à ces méditations. Il ne seroit pas plus honteux de tâtonner sur ce point que sur mille autres plus étrangers à l’homme.

Tonnons cependant contre la guerre, et tâchons d’en dégoûter les Souverains ; mais ne donnons pas dans les rêves de Condorcet, de ce philosophe si cher à la révolution, qui employa sa vie à préparer le malheur de la perfection présente, léguant bénignement la génération à nos neveux. Il n’y a qu’un moyen de comprimer le fléau de la guerre, c’est de comprimer les désordres qui amènent cette terrible purification.

Dans la tragédie grecque d’Oreste, Hélène, l’un des personnages de la pièce, est soustraite par les dieux au juste ressentiment des Grecs, et placée dans le ciel à côté de ses deux frères, pour être avec eux un signe de salut aux navigateurs. Apollon paroît pour justifier cette étrange apothéose[6]. La beauté d’Hélène, dit-il, ne fut qu’un instrument dont les dieux se servirent pour mettre aux prises les Grecs et les Troyens, et faire couler leur sang, afin d’étancher[7] sur la terre l’iniquité des hommes devenus trop nombreux[8].

Apollon parloit fort bien. Ce sont les hommes qui assemblent les nuages, et ils se plaignent ensuite des tempêtes.

C’est le courroux des rois qui fait armer la terre ;
C’est le courroux des cieux qui fait armer les rois.

Je sens bien que, dans toutes ces considérations, nous sommes continuellement assaillis par le tableau si fatigant des innocens qui périssent avec les coupables. Mais, sans nous enfoncer dans cette question qui tient à tout ce qu’il y a de plus profond, on peut la considérer seulement dans son rapport avec le dogme universel, et aussi ancien que le monde, de la réversibilité des douleurs de l’innocence au profit des coupables.

Ce fut de ce dogme, ce me semble, que les anciens dérivèrent l’usage des sacrifices qu’ils pratiquèrent dans tout l’univers, et qu’ils jugeoient utiles non-seulement aux vivans, mais encore aux morts[9] : usage typique que l’habitude nous fait envisager sans étonnement, mais dont il n’est pas moins difficile d’atteindre la racine.

Les dévouemens, si fameux dans l’antiquité, tenoient encore au même dogme. Decius avoit la foi que le sacrifice de sa vie seroit accepté par la Divinité, et qu’il pouoait faire équilibre à tous les maux qui menaçoient sa patrie[10].

Le christianisme est venu consacrer ce dogme, qui est infiniment naturel à l’homme, quoiqu’il paroisse difficile d’y arriver par le raisonnement.

Ainsi, il peut y avoir eu dans le cœur de Louis XVI, dans celui de la céleste Élisabeth, tel mouvement, telle acceptation capable de sauver la France.

On demande quelquefois à quoi servent ces austérités terribles, pratiquées par certains ordres religieux, et qui sont aussi des dévouemens ; autant vaudroit précisément demander à quoi sert le christianisme, puisqu’il repose tout entier sur ce même dogme agrandi, de l’innocence payant pour le crime.

L’autorité qui approuve ces ordres, choisit quelques hommes, et les isole du monde pour en faire des conducteurs.

Il n’y a que violence dans l’univers ; mais nous sommes gâtés par la philosophie moderne, qui a dit que tout est bien, tandis que le mal a tout souillé, et que, dans un sens très-vrai, tout est mal, puisque rien n’est à sa place. La note tonique du système de notre création ayant baissé, toutes les autres ont baissé proportionnellement, suivant les règles de l’harmonie. Tous les êtres gémissent[11] et tendent, avec effort et douleur, vers un autre ordre de choses.

Les spectateurs des grandes calamités humaines sont conduits surtout à ces tristes méditations ; mais gardons-nous de perdre courage : il n’y a point de châtiment qui ne purifie ; il n’y a point de désordre que l’AMOUR ÉTERNEL ne tourne contre le principe du mal. Il est doux, au milieu du renversement général, de pressentir les plans de la Divinité. Jamais nous ne verrons tout pendant notre voyage, et souvent nous nous tromperons ; mais dans toutes les sciences possibles, excepté les sciences exactes, ne sommes-nous pas réduits à conjecturer ? Et si nos conjectures sont plausibles ; si elles ont pour elles l’analogie ; si elles s’appuient sur des idées universelles ; si surtout elles sont consolantes et propres à nous rendre meilleurs, que leur manque-t-il ? Si elles ne sont pas vraies, elles sont bonnes ; ou plutôt, puisqu’elles sont bonnes, ne sont-elles pas vraies ?

Après avoir envisagé la révolution françoise sous un point de vue purement moral, je tournerai mes conjectures sur la politique, sans oublier cependant l’objet principal de mon ouvrage.

  1. The history of Dahomey, by Archibald Dalzel, Biblioth. Brit. Mai 1796, vol. 2, n°1, pag. 87.
  2. Histoire de Charlemagne, par M. Gaillard, tome II, livre I, chap. V.
  3. Montesquieu, Esprit des Lois, livre XXIII, chapitre XIX.
  4. Il consiste, par exemple, du rapport fait par le chirurgien en chef des armées de S. M. I., que sur 250,000 hommes employés par l’empereur Joseph II contre les Turcs, depuis le 1er juin 1788 jusqu’au 1er mai 1789, il en étoit péri 33,543 par les maladies, et 80,000 par le fer. (Gazette nationale et étrangère de 1790, n°34). Et l’on voit, par un calcul approximatif fait en Allemagne, que la guerre actuelle avoit déjà coûté, au mois d’octobre 1795, un million d’hommes à la France ; et 500,000 aux puissances coalisées. (Extrait d’un ouvrage périodique allemand, dans le Courrier de Francfort du 28 octobre 1795, n°296.)
  5. L’Espagne, à cette époque, a contenu jusqu’à quarante millions d’habitans ; aujourd’hui elle n’en a que dix. - Autrefois la Grèce florissoit au sein des plus cruelles guerres ; le sang y couloit à flots, et tout le pays étoit couvert d’hommes. Il sembloit, dit Machiavel, qu’au milieu des meurtres, des proscriptions, des guerres civiles, notre République en devînt plus puissante, etc. Rousseau, Contrat Social, liv. III, chap. X.
  6. Dignus vindice nobis. Hor. A. P. 191.
  7. Hos apantloien.
  8. Eurip. Orest. 1655.-58.
  9. Ils sacrifioient, au pied de la lettre, pour le repos des âmes ; et ces sacrifices, dit Platon, sont d’une grande efficace, à ce que disent des villes entières, et les poètes enfans des dieux, et les prophètes inspirés par les dieux. Plato, de Republica, lib. II.
  10. Piaculum omnis deorum irae. - Omnes minas periculaque ab diis, superis inferisque in se unum vertit. Tit. Liv. VIII. 9 et 10.
  11. Saint Paul aux Romains, VIII. 22 et suiv. Le système de la Palingénésie de Charles Bonnet a quelques points de contact avec ce texte de Saint Paul ; mais cette idée ne l’a pas conduit à celle d’une dégradation antérieure : elles s’accordent cependant fort bien.