Contes populaires d’Afrique (Basset)/17

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E. Guilmoto, Éditeur (Les Littératures populaires, tome XLVIIp. 51-52).

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LE GARÇON ET LES AUTRUCHES[1].


Il y avait un garçon qui s’en alla seul dans le monde. Il alla dans la plaine déserte. Tous les animaux le fuyaient. Il alla d’abord aux gazelles ; elles le fuirent. Il alla aux antilopes mohor ; elles le fuirent. Il alla aux antilopes addax ; elles le fuirent. Il alla aux antilopes tihammin ; elles le fuirent. Il alla aux lions ; ils le fuirent. Il alla aux tahouris ; elles le fuirent. Il alla aux éléphants ; ils le fuirent. Et toujours ainsi jusqu’à ce qu’il arriva aux autruches ; elles restèrent près de lui ; il habita avec elles ; il devint leur compagnon. Quand elles se couchaient, elles ouvraient leurs ailes et il s’endormait entre elles. Elles l’habillaient de leurs plumes. Il mangeait leur nourriture excepté le fessor (arbuste épineux) et les petites pierres qui étaient trop dures pour lui. Quand il grandit, ses cheveux grandirent sur lui et il en vint à les porter traînant à terre. Un jour, des hommes montèrent sur des chevaux ; ils le suivirent à la trace car il était parmi elles ; ils les suivirent jusqu’à ce qu’elles se levèrent de dessous un arbre. Les épines de l’arbre le saisirent et le retinrent jusqu’à ce qu’ils le trouvèrent près de mourir. Ils l’oignirent de parfums ; il reprit ses sens. Il leur dit :

— Les autruches sont meilleures que tous les animaux.

Lorsque les siens apprirent cela, ils dirent :

— Nous jurons de ne jamais tuer les autruches à cause du bien que nous avons vu d’elles.



  1. Masqueray, Observations grammaticales sur la grammaire touareg et textes de la Temahaq des Taïtoqs, publiés par René Basset et Gaudefroy-Demombyues, Paris, E. Leroux, 1896-1897, in-8, p. 164-165.