Coran Savary/Le Coran 031-050

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LOCMAN.


donné à la mecque, composé de 34 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


A. L. M. Ces caractères désignent le livre du sage. Il est le gage des faveurs divines, et la lumière des bienfaisans ;

De ceux qui, fidèles à la prière, font l’aumône, et croient à la vie future.

Ils marchent au flambeau de la foi. La félicité sera leur partage.

Il est des hommes qui, se jouant de la religion, achètent des histoires frivoles, propres à séduire leurs semblables et à les détourner du droit chemin. Une peine ignominieuse sera leur récompense.

Lis-leur un verset du Coran, ils détournent orgueilleusement la tête, comme s’ils n’entendaient pas, semblables à celui qui aurait un poids dans les oreilles ; mais annonce-leur un tourment douloureux.

Les croyans qui auront pratiqué la vertu, habiteront les jardins de délices.

Ils y demeureront éternellement. La promesse de Dieu est véritable. Il est puissant et sage.

Il a créé les cieux sans colonnes visibles. Il a posé sur la terre de hautes montagnes pour l’affermir. Il a répandu sur sa surface toutes les espèces d’animaux. Il fait descendre la pluie des cieux pour faire éclore les germes des plantes.

Voilà sa création. Montrez-moi ce que vos idoles ont tiré du néant. Les méchans sont plongés dans les ténèbres.

Nous donnâmes la sagesse à Locman, et nous lui dîmes : Rends grâces à Dieu. Celui qui chérit la reconnaissance en a le mérite pour lui. L’ingrat l’est en pure perte. Le Très-Haut est riche, et sa louange est en lui-même.

Locman [1] exhortant son fils, lui dit : O mon fils ! ne donne point d’égal à Dieu. L’idolâtrie est le plus grand des crimes.

Nous avons prescrit à l’homme des devoirs sacrés envers les auteurs de ses jours. Il a été porté avec des peines multipliées dans le sein d’une mère. Il a été allaité pendant deux ans. Mortels, soyez reconnaissans de nos bienfaits, soyez bienfaisans envers vos pères. Je suis le terme de toutes choses.

S’ils voulaient te forcer à me donner un égal, ne leur obéis pas. Sois leur compagnie dans ce monde. Rends-leur ce que tu dois à la nature, et suis le sentier de celui qui s’est converti à moi. Vous paraîtrez devant mon tribunal, et je vous montrerai vos œuvres.

O mon fils ! ce qui n’aurait que le poids d’un grain de moutarde, fût-il caché dans l’antre d’un rocher, au ciel ou sur la terre, sera produit par les mains de Dieu, parce que rien n’échappe à sa pénétration.

O mon fils ! fais la prière. Commande la justice. Empêche l’iniquité. Souffre patiemment les maux qui t’arrivent. Ils sont une suite des décrets éternels. Ne détourne point orgueilleusement tes regards des hommes. Ne marche point avec faste sur la terre. Dieu hait le superbe et le glorieux.

Sois modeste dans ta conduite. Abaisse le son de ta voix ; la plus désagréable de toutes est celle de l’âne.

Ne voyez-vous pas que Dieu a soumis à votre usage tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Il vous a comblés de dons multipliés ; cependant combien disputent de Dieu, sans être éclairés du flambeau de la science, et sans l’autorité d’aucun livre qui fasse loi.

Lorsqu’on les presse d’embrasser la religion que Dieu a envoyée du ciel, ils répondent : Nous suivons le culte de nos pères. Le suivraient-ils, si Satan les appelait au feu de l’enfer ?

Celui qui a livré son cœur à l’islamisme et à la vertu, a saisi une colonne inébranlable. Il est appuyé sur Dieu, le terme de toutes choses.

Que leur incrédulité ne t’afflige point. Ils reviendront à nous, et nous leur montrerons leurs œuvres. Dieu connaît le fond des cœurs.

Ils expieront, au milieu des supplices, quelques momens écoulés dans les plaisirs.

Demande-leur qui a créé le ciel et la terre ; ils répondent : C’est Dieu. Dis : louange à l’Éternel ! la plupart d’entre eux ne le connaissent pas.

Il possède le domaine des cieux et de la terre ; il est riche, et sa louange est en lui-même.

Quand tous les arbres seraient des plumes, quand sept océans réunis rouleraient des flots d’encre, ils ne suffiraient pas pour décrire les merveilles du Très-Haut, parce qu’il est puissant et sage.

Dieu a créé tout le genre humain [2] dans un seul homme. La résurrection universelle ne lui coûtera pas davantage. Il entend et observe tout.

Ne voyez-vous pas qu’il fait succéder la nuit au jour, et le jour à la nuit ? Il fait servir à votre usage le soleil et la lune. Tous les astres parcourent la route qu’il leur a tracée. Aucune de vos actions n’échappe à sa connaissance.

Ces merveilles s’opèrent, parce qu’il est la vérité. Les dieux que vous invoquez sont chimériques. Lui seul est le Dieu grand, le Dieu suprême.

Ne voyez-vous pas le vaisseau fendre les ondes ? Sa miséricorde le fait voguer, afin de vous donner des signes de sa puissance, signes frappans pour celui qui souffre et qui est reconnaissant.

Lorsque les flots couvrent le navire comme des montagnes ténébreuses, les mariniers invoquent le nom de Dieu ; ils lui montrent une foi sincère. A peine les avons-nous sauvés et conduits au port, que le plus grand nombre flotte dans le doute ; mais l’ingrat et l’impie nient seuls nos faveurs éclatantes.

Mortels, craignez le Seigneur, craignez le jour où le père ne satisfera point pour le fils, ni le fils pour le père.

Les promesses de Dieu sont véritables. Que les charmes de la vie mondaine ne vous séduisent pas ; que le tentateur ne vous détourne pas de la religion sainte.

Dieu s’est réservé la connaissance de l’heure. Il fait tomber la pluie. Il sait ce qui est caché dans le sein de la mère, et l’homme ignore ce qui lui arrivera demain, dans quelle terre il mourra. Mais rien n’échappe à la pénétration de Dieu.






L'ADORATION.


donné à la mecque, composé de 30 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


A. L. M. Le souverain de l’univers a fait descendre le Coran du ciel. Ce livre ne doit laisser aucun doute. Diront-ils qu’il est l’ouvrage de Mahomet ? La vérité éternelle te l’a envoyé pour prêcher la parole de la foi à un peuple qui n’avait point encore d'apôtre, et pour l’éclairer de son flambeau.

Dieu créa le ciel, la terre et l’immensité de l’espace dans six jours ; ensuite il s’assit sur son trône. Vous ne pouvez avoir d’autre patron, d’autre protecteur que lui. Ne réfléchirez-vous donc pas ?

Il gouverne tous les êtres créés depuis les cieux jusqu’à la terre. Les hommes seront rassemblés devant lui au jour du jugement, dont la durée sera de mille ans ?

Tout est dévoilé à ses yeux. Il perce dans l’ombre du mystère. Il est le Dieu puissant et miséricordieux.

Il a perfectionné toutes ses créatures. Il commença l’homme de boue.

Il composa sa reproduction de sang congelé et d’eau.

Il accomplit son ouvrage en lui soufflant une portion de son esprit. Il vous a donné l’ouïe, la vue et une âme sensible. Combien peu d’hommes reconnaissent ces bienfaits !

Lorsque la terre couvrira nos cendres, disent les incrédules, serons-nous ranimés de nouveau ?

Ils nient le jugement universel.

Réponds-leur : L’ange de la mort qui veille sur vos démarches, tranchera le fil de vos jours, et vous reparaîtrez devant Dieu.

Quel spectacle, lorsque les méchans, prosternés devant l’Éternel, s’écrieront : Seigneur, nous avons vu et entendu ; laisse-nous retourner sur la terre pour faire le bien ; nous croyons fermement.

Nous pouvions éclairer tous les hommes ; mais il faut que cet arrêt de Dieu s’accomplisse : Je remplirai l’enfer de démons et d’hommes rassemblés.

Expiez au milieu des tourmens l’oubli de ce jour. Je vous oublie. Des peines éternelles vont être le fruit de vos forfaits.

Les vrais croyans ne se livrent point à l’orgueil. Au récit des merveilles du Seigneur, ils se prosternent, l’adorent, et publient ses louanges.

Ils se lèvent de leur couche pour invoquer son nom, au milieu de la crainte et de l’espérance. Ils versent dans le sein de l’indigent une partie des biens que nous leurs avons dispensés.

L’homme ignore combien son œil sera enchanté à la vue des récompenses qu’auront méritées ses vertus. Le fidèle serait-il traité comme l’impie ? Ils éprouveront un sort différent.

Le croyant qui aura exercé la bienfaisance aura pour asile le jardin de délices. Ce séjour fortuné sera le prix de ses œuvres.

Les scélérats auront pour réceptacle les brasiers de l’enfer. Ils y seront sans cesse repoussés avec des mots : Subissez le tourment du feu que vous traitiez de fable.

Avant qu’ils y soient précipités, nous leur enverrons des peines légères pour les ramener à nous.

Quoi de plus coupable que celui qui s’éloigne de la religion sainte après qu’on la lui a prêchée ? Nous nous vengeons des impies.

Nous donnâmes le Pentateuque à Moïse. C’est à sa lumière que doit marcher le peuple hébreu. Ne doute pas de rencontrer au ciel le conducteur des Israélites.

Nous leur avons accordé des pontifes pour les conduire suivant nos ordres, après qu’ils auront souffert avec constance et qu’ils auront embrassé notre religion.

Dieu jugera leurs différens au jour de la résurrection.

Ignorent-ils combien nous avons exterminé de peuples avant eux ? Ils foulent leurs cendres aux pieds. Exemple terrible ! N’ouvriront-ils point les yeux ?

Ne voient-ils pas que nous conduisons l’eau à travers leurs campagnes stériles, pour faire croître les moissons et les plantes dont ils se nourrissent, eux et leurs troupeaux ? Ne le comprennent-ils pas ?

Quand viendra le jugement ? demandent-ils. Parle, si la vérité t’éclaire.

Réponds-leur : Dans ce jour, il sera inutile aux infidèles de croire. On ne recevra plus leur repentir.

Éloigne-toi d’eux. Attends. Ils attendent.






LES CONJURÉS.


donné à la mecque, composé de 73 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


O prophète ! crains le Seigneur, et ne suis pas les désirs des infidèles et des impies. Dieu est savant et sage.

Aucune de vos actions n’échappe à sa connaissance. Obéis à ses révélations.

Mets ta confiance en lui. Sa protection est un bouclier puissant.

Dieu n’a pas donné deux cœurs à l’homme. Il n’a pas accordé à vos épouses les droits de vos mères, ni à vos fils adoptifs [3] ceux de vos enfans. Ces mots ne sont que dans votre bouche. La parole de Dieu est la vérité. Elle conduit au chemin du salut.

Rendez vos fils adoptifs à leurs pères. Cette action est équitable aux yeux de Dieu. Si vous ne connaissez pas les auteurs de leurs jours, que la religion vous les fasse chérir comme vos frères, comme vos proches. Une erreur involontaire qui vous écarterait du précepte ne vous rendra point coupables. Vous le serez si votre cœur y participe. Le Seigneur est indulgent et miséricordieux.

Le prophète aime les croyans plus qu’ils ne s’aiment eux-mêmes. Ses femmes sont leurs mères. Ses parens seront plus honorablement cités dans le livre de Dieu, que les fidèles, que ceux qui combattent pour la foi ; mais tout le bien que vous ferez à vos proches y sera écrit.

L’alliance que nous avons contractée avec les prophètes [4], avec toi, avec Noé, Abraham, Moïse, et Jésus, fils de Marie, doit être inviolable.

Dieu demandera aux justes compte de leur justice. Il a preparé aux infidèles des peines terribles. O fidèles ! rappelez-vous les faveurs du ciel. Une armée ennemie fondait sur vous [5] ; nous déchaînâmes contre elle un vent impétueux, et des milices invisibles. Dieu observait vos démarches. Enveloppés par les ennemis, vous détourniez vos regards consternés. Vos cœurs, en proie aux plus vives alarmes, formaient de Dieu des pensées différentes.

Les fidèles furent tentés, et éprouvèrent de violentes agitations.

Les impies et ceux dont le cœur est gangrené disaient : Dieu et le prophète ne nous ont annoncé que des mensonges.

Enfans de Médine, s’écriaient-ils, il n’est point ici d’asile pour vous. Retournez sur vos pas. A ces mots une partie des croyans dirent au prophète : Permets-nous de nous retirer ; nos maisons sont sans défenseurs. Elles ne l’étaient pas, mais ils voulaient éviter le combat.

Si dans cet instant l’ennemi se fût approché de Médine, et leur eût proposé un schisme, ils l’auraient accepté ; mais ils n’y auraient pas demeuré long-temps.

Ils avaient promis à Dieu qu’ils ne prendraient point la fuite, et il leur demandera compte de leurs sermens.

Dis-leur : La fuite vous sera inutile. Vous avez cru vous dérober à la mort, en évitant le combat ; vous jouirez peu de votre lâcheté.

Qui pourra s’opposer à Dieu soit qu’il veuille vous punir ou vous faire grâce ? Hors lui vous ne trouverez ni appui ni protecteur.

Dieu connaît ceux qui arrêtent les croyans, et qui les engagent à suivre leur parti. Il en est peu qui marchent sous l’étendard de la foi.

Ils sont jaloux de votre bonheur. Au sein des alarmes vous les voyez tourner leurs regards vers le prophète, et rouler les yeux comme celui qu’environnent les ombres de la mort. A peine la crainte s’est-elle dissipée, qu’animés par l’envie, ils vous déchirent de leurs langues acérées. Ils n’ont point la foi. Dieu anéantira leurs œuvres. Cela est facile à sa puissance.

Les conjurés se croyaient invincibles. S’ils reviennent, ils se mêleront avec les Arabes du désert. Ils s’informent de vos démarches. Quand ils seraient de votre parti, peu d’entre eux suivraient vos drapeaux.

Le prophète vient d’offrir un exemple admirable [6] à celui qui espère en Dieu, qui attend le jour de la résurrection, et qui craint le Seigneur.

A la vue des conjurés, les fidèles s’écrièrent : voilà ce que Dieu et son apôtre nous avaient annoncé ; leurs promesses sont véritables. La présence des ennemis redoubla leur foi et leur constance.

Plusieurs des croyans accomplirent le pacte fait à la face du ciel ; plusieurs arrivèrent au terme de leurs jours ; beaucoup d’autres l’attendent, et n’ont point violé leur serment.

Dieu récompensera ceux qui ont été fidèles à leur pacte. Il punira les parjures, ou leur fera grâce à son gré ; il est indulgent et miséricordieux.

Il a rejeté les traîtres chargés de sa colère. Ils n’ont obtenu aucun avantage. L’appui de son bras a suffi aux fidèles pendant le combat. Il est fort et puissant.

Il a forcé les juifs qui avaient secouru les idolâtres, à descendre de leur citadelle. Il a jeté l’épouvante dans leurs âmes. Vous en avez tué une partie, et vous avez mené les autres en captivité.

Il vous a donné pour héritage, leurs terres, leurs maisons, leurs richesses. Vous possédez un pays où vous n’aviez point encore porté vos pas. La puissance de Dieu est infinie.

O prophète ! dis à tes femmes : Voulez-vous jouir des plaisirs brillans de la vie ? Venez ; je comblerai vos vœux, et je vous répudierai honorablement.

Mais si Dieu, son apôtre, et le séjour éternel sont l’objet de vos désirs, une récompense glorieuse sera le prix de vos vertus.

Épouses du prophète, si quelqu’une de vous se souille d’un crime, elle subira un châtiment plus rigoureux. Cette vengeance est facile à Dieu.

Mais celle qui, dévouée au Seigneur et à son ministre, aura pratiqué la vertu, recevra une récompense magnifique, et occupera une place honorable.

Épouses du prophète, vous êtes distinguées des autres femmes. Si vous avez la crainte du Seigneur, bannissez de votre langage les mollesses de l’amour. Que celui dont le cœur est blessé n’ose espérer. Répondez avec une noble fermeté.

Restez au sein de vos maisons. Ne vous parez point, comme aux jours de l’idolâtrie. Faites la prière et l’aumône. Obéissez à Dieu et à son ministre. Il veut écarter le vice de vos cœurs. Vous êtes de la famille du prophète. Purifiez-vous avec soin.

Gardez le souvenir de la doctrine divine, qu’on vous lit dans vos maisons. Dieu a l’œil ouvert sur ses créatures.

Les croyans, les fidèles des deux sexes qui ont la piété, la justice, la patience, l’humilité, qui font l’aumône, qui observent le jeûne, et qui vivent dans la continence, pénétrés du souvenir du Seigneur, chéris du ciel, recevront le prix glorieux de leurs vertus.

Lorsque Dieu et son ministre ont porté une loi, le fidèle ne doit plus douter. Celui qui est rebelle à Dieu et au prophète, est dans une erreur évidente.

Lorsque tu dis à celui que Dieu avait enrichi de ses grâces, que tu avais comblé de biens, garde ton épouse et crains le Seigneur, tu cachais dans ton cœur un amour que le ciel allait manifester ; tu appréhendais les discours des hommes, et c’est Dieu qu’il faut craindre. Zaïd répudia son épouse [7]. Nous t’avons lié avec elle, afin que les fidèles aient la liberté d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, après leur répudiation. Le précepte divin doit avoir son exécution.

Le prophète n’est point coupable d’avoir usé d’un droit autorisé par le ciel, conformément aux lois divines établies avant lui. Les préceptes du Seigneur sont équitables.

Les ministres que Dieu chargea de ses volontés, le craignaient, et n’avaient point d’autre crainte. Son approbation leur suffisait.

Mahomet n’est le père d’aucun de vous. Il est l’envoyé de Dieu, et le sceau des prophètes [8]. La science de Dieu est infinie.

O croyans ! ayez toujours présente la pensée du Seigneur. Louez-le le matin et le soir.

Il est plein de bonté pour vous. Les anges le prient de vous tirer des ténèbres, et de vous conduire dans le droit chemin. Il est miséricordieux pour les fidèles.

Ils se salueront au jour de la résurrection, et se souhaiteront la paix. Dieu leur a préparé une récompense éclatante.

O prophète ! nous t’avons envoyé pour être témoin, et pour annoncer nos promesses et nos menaces.

Tu appelleras les hommes à Dieu ; tu seras la lumière qui les éclairera.

Annonce aux croyans les trésors de la libéralité divine.

N’obéis ni aux infidèles, ni aux impies. Ne leur nuis point. Mets ta confiance en Dieu, sa protection est un sûr asile.

O croyans ! si vous répudiez une femme fidèle avant d’avoir eu commerce avec elle, ne la retenez point au delà du terme prescrit. Donnez-lui ce que la loi ordonne, et la renvoyez avec honneur.

O prophète ! il t’est permis d’épouser les femmes que tu auras dotées, les captives que Dieu a fait tomber entre tes mains, les filles de tes oncles, et de tes tantes qui ont pris la fuite avec toi, et toute femme fidèle qui te livrera son cœur. C’est un privilége que nous t’accordons.

Nous connaissons les lois du mariage que nous avons établies pour les croyans. Ne crains point d’être coupable en usant de tes droits. Dieu est indulgent et miséricordieux.

Tu peux, au gré de tes désirs, accorder ou refuser tes embrassemens à tes femmes. Il t’est permis de recevoir dans ta couche, celle que tu en avais rejetée, afin de ramener la joie dans un cœur où régnait la tristesse. Ta volonté sera leur loi. Elles s’y conformeront. Dieu connaît le fond de votre âme. Il est savant et vigilant.

Tu n’ajouteras point au nombre [9] actuel de tes épouses ; tu ne pourras les changer contre d’autres dont la beauté t’aurait frappé ; mais la fréquentation de tes femmes esclaves t’est toujours permise. Dieu observe tout.

O croyans ! n’entrez point sans permission dans la maison du prophète, excepté lorsqu’il vous invite à sa table. Rendez-vous y lorsque vous y êtes appelés. Sortez séparément après le repas, et ne prolongez point vos entretiens ; vous l’offenseriez. Il rougirait de vous le dire ; mais Dieu ne rougit point de la vérité. Si vous avez quelque demande à faire à ses femmes, faites-la à travers un voile ; c’est ainsi que vos cœurs et les leurs se conserveront dans la pureté. Évitez de blesser le ministre du Seigneur. N’épousez jamais les femmes avec qui il aura eu commerce ; ce serait un crime aux yeux de l’Éternel.

L’action que vous produisez au grand jour, celle que vous ensevelissez dans l’ombre, sont également dévoilées à ses yeux.

Vos épouses peuvent se découvrir devant leurs pères, leurs enfans, leurs neveux, leurs femmes, leurs esclaves. Craignez le Seigneur ; il est le témoin de toutes vos actions.

Dieu et les anges sont propices au prophète. Croyans, adressez pour lui vos vœux au Seigneur ; invoquez pour lui la paix.

Ceux qui offenseront Dieu et son envoyé, maudits dans ce monde et dans l’autre, seront dévoués à des peines ignominieuses.

Quiconque blessera injustement la réputation des fidèles sera coupable d’un mensonge et d’un crime.

O prophète ! prescris à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyans, d’abaisser un voile sur leur visage. Il sera la marque de leur vertu, et un frein contre les discours du public. Dieu est indulgent et miséricordieux.

Si les impies, les hommes corrompus, et les séditieux ne se corrigent, nous t’armerons contre eux, et Médine les verra bientôt disparaître.

La malédiction les accompagnera partout, et partout où ils seront arrêtés on les mettra à mort.

Tel est l’arrêt du ciel prononcé contre leurs semblables : ses arrêts sont immuables.

Ils te demanderont quand viendra le jour du jugement. Réponds : Dieu s’en est réservé la connaissance. Il veut te laisser ignorer si sa venue est prochaine.

Il a maudit les infidèles, et leur a promis le feu.

Ils y demeureront éternellement, sans intercesseurs, et sans secours.

Le jour où ils tourneront leurs regards sur les flammes, ils s’écrieront : Fasse le ciel que nous eussions obéi à Dieu et au prophète !

Seigneur, nous avons suivi nos princes et nos chefs, et ils nous ont écartés du droit chemin.

Seigneur, redouble l’horreur de leurs supplices ; accable-les de ta malédiction.

O croyans ! ne ressemblez pas à ceux qui offensèrent Moïse. Dieu le lava de leur calomnie, et lui donna une place distinguée dans le ciel.

O croyans ! craignez le Seigneur. Que la vérité préside à vos discours.

Dieu accordera un mérite à vos actions, et expiera vos fautes. Celui qui suit Dieu et son ministre jouira de la félicité suprême.

Nous avons proposé la foi au ciel, à la terre, aux montagnes : ils n’ont osé la recevoir. Ils tremblaient de porter ce saint fardeau. L’homme l’a reçu, et il est devenu injuste et insensé.

Dieu punira les impies et les idolâtres. Il pardonnera aux infidèles, parce qu’il est clément et miséricordieux.






SABA.[10]


donné à la mecque, composé de 54 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Louange à Dieu ! Le domaine du ciel et de la terre lui appartient. Louange à Dieu dans la vie future ! Il est sage et éclairé.

Il sait ce qui entre dans le sein de la terre et ce qui en sort, ce qui descend du ciel et ce qui y monte. Il est clément et miséricordieux. Les incrédules ont dit : L’heure ne viendra point.

Réponds-leur : J’en atteste l’Éternel, celui qui connaît les secrets viendra vous demander compte. L’atome n’échappera point à sa pénétration. Les moindres choses comme les plus grandes sont écrites dans le livre de l’évidence.

Les croyans qui auront fait le bien, chéris du ciel, jouiront de ses faveurs les plus éclatantes.

L’impie qui se sera efforcé d’abolir le culte du Seigneur sera la proie des plus cruels supplices.

Ceux que la science éclaire savent que le livre qui t’a été envoyé du ciel est la vérité, qu’il conduit dans les voies du Dieu dominateur et comblé de louanges.

Vous montrerai-je un homme, dit l’incrédule en se jouant, qui assure que nos corps réduits en poussière seront ranimés de nouveau ?

Ou il prête à Dieu un mensonge, ou il est insensé. Mais ceux qui nient la vie future sont dans l’égarement. Les tourmens seront leur partage.

Ont-ils levé leurs regards vers le firmament ? Les ont-ils abaissés sur la terre ? Qui peut nous empêcher d’ouvrir un abîme sous leurs pas, ou de faire tomber sur leurs têtes une partie du ciel ? Ce serait un prodige terrible pour celui qui s’est converti.

David fut favorisé de nos dons sublimes. Nous ordonnâmes aux montagnes et aux oiseaux de répéter ses cantiques. Nous lui apprîmes l’art d’amollir le fer, et d’en former des cuirasses. Nous dîmes à ses serviteurs : Perfectionnez vos ouvrages ; notre œil attentif veille sur vos travaux.

Nous donnâmes à Salomon l’empire des vents. Ils soufflaient un mois le matin et un mois le soir. Nous fîmes couler pour lui une fontaine d’airain. Les démons travaillaient sous ses yeux, et celui qui s’écartait de nos ordres était précipité dans les flammes.

Il dirigeait leurs travaux à son gré. Il leur faisait élever des palais, des statues, former des vases d’une grandeur prodigieuse et des bassins durables. Famille de David, travaillez en rendant des actions de grâces. La reconnaissance est presque éteinte parmi mes serviteurs.

Lorsque l’Ange de la mort trancha les jours de Salomon, les génies l’auraient ignorée si un ver de terre n’eût rongé le bâton [11] qui appuyait son cadavre. Sa chute les avertit. S’ils avaient eu la connaissance des choses cachées, ils n’auraient pas été soumis si long-temps à un travail servile.

Les habitans de Saba possédaient deux jardins que traversait un ruisseau. Nous leur dîmes : Jouissez des bienfaits du ciel. Ce vallon est délicieux. Soyez reconnaissans.

Ils abandonnèrent le culte du Seigneur. Nous déchaînâmes contre eux les eaux entassées d’un torrent. Leurs jardins, submergés et détruits, ne produisirent plus que des fruits amers, des tamarins et quelques nabcs [12].

C’est ainsi que nous punîmes leur ingratitude. Ne récompenserions-nous donc que les ingrats ?

Nous établîmes entre eux et les villes que nous avons bénies des cités florissantes, avec un chemin [13] qui conduit de l’une à l’autre. Marchez-y en sûreté le jour et la nuit.

Seigneur, dirent-ils, mets une plus grande distance entre nos chemins. Ils se livrèrent à l’iniquité, et nous les rendîmes la fable des nations. Ils ont été dispersés comme la poussière ; exemple frappant pour celui qui souffre et qui est reconnaissant.

L’opinion de Satan, au sujet de ces peuples, se vérifia. Tous le suivirent excepté quelques fidèles.

Nous ne lui donnâmes de puissance sur eux que pour distinguer celui qui croyait à la vie future, de celui qui était dans le doute. Dieu observe tout.

Dis aux idolâtres : Invoquez vos dieux ; ils ne sauraient vous aider ni vous nuire de la pesanteur d’un atome, au ciel ou sur la terre ; ils n’y ont aucune puissance. L’Éternel ne reçoit d’eux aucun secours.

On ne peut intercéder auprès de lui sans sa volonté. Lorsque la crainte sera bannie de leurs cœurs, ils demanderont : Qu’a ordonné votre Dieu ? On leur répondra : La vérité. Il est le Dieu grand et très-haut.

Qui vous dispense les trésors du ciel et de la terre ? Réponds : C’est Dieu. De nos deux partis l’un suit le vrai chemin, l’autre est dans l’erreur.

Vous ne rendrez point compte de nos actions ; nous ne rendrons point compte des vôtres.

Dis : Dieu, le juge éclairé, nous rassemblera devant lui. La vérité éternelle prononcera entre nous. Dis : Montrez-moi ceux que vous associez à sa puissance. Il n’a point d’égal. La science et la sagesse sont ses attributs.

Ministre du Très-Haut, console la terre par l’espoir du bonheur. Effraie-la par des menaces. Elle est environnée des ombres de l’ignorance.

Quand s’accompliront tes promesses, demande l’incrédule ? Parle si la vérité t’éclaire.

Réponds : Le jour marqué arrivera. Vous ne pourrez ni le retarder ni le prévenir d’un instant.

Nous ne croirons ni au Coran ni aux écritures, disent les idolâtres. De quels reproches ne s’accableront-ils pas lorsqu’ils seront rassemblés devant le tribunal de Dieu ? Ceux qui avaient pour partage la faiblesse, diront à ceux que la puissance rendait orgueilleux : Sans vous, nous aurions embrassé la foi.

Les superbes leur répondront : Nous ne vous avons point empêchés de suivre la lumière lorsqu’elle a paru ; n’accusez que vous de votre infidélité.

Vous nous tendiez des piéges le jour et la nuit, continueront les faibles ; vous nous avez commandé l’incrédulité et l’idolâtrie. Tous cacheront le repentir qui les rongera à la vue des tourmens. Nous chargerons de chaînes le cou des impies. Leur récompense serait-elle différente de leurs œuvres ?

Toutes les fois qu’un messager de la foi prêcha nos menaces dans les murs d’une ville coupable, les principaux citoyens l’accusèrent d’imposture.

Enivrés de leurs richesses, flattés du nombre de leurs enfans, ils se crurent à l’abri de notre vengeance.

Dis : Dieu dispense et retire ses bienfaits à son gré, et la plupart l’ignorent.

Vos trésors et vos enfans ne vous approchent point de l’Éternel. Il ne récompense que la foi et les bonnes œuvres. Ses récompenses sont magnifiques. Le croyant vertueux reposera au sein de la paix dans le séjour de délices.

Ceux qui s’efforcent d’anéantir l’islamisme expieront leurs attentats dans les tourmens.

Dis : Dieu départ à ses serviteurs des dons plus ou moins éclatans. Tout ce que vous donnerez en son nom vous sera rendu. Sa libéralité est sans bornes.

Un jour il demandera à ses anges devant les idolâtres assemblés : Vous ont-ils offert de l’encens ?

Louange à l’Éternel, notre unique Seigneur ! répondront-ils. Les idolâtres n’ont adoré que les démons. Le plus grand nombre croit en eux.

Dans ce jour, ils ne pourront s’entr’aider ni se nuire, et nous leur dirons : Goûtez la peine du feu dont vous aviez nié la réalité.

Lorsqu’ils entendent la doctrine divine, ils disent : Mahomet n’est qu’un homme ; il veut nous détourner du culte de nos pères. Le Coran n’est qu’une fable faussement inventée. Aveuglés par l’impiété, ils traitent de mensonge la vérité qui brille à leurs yeux.

Avant toi, nous ne leur avions envoyé ni livre ni apôtre.

Ceux qui les ont précédés accusèrent d’imposture les messagers de la foi, et les empêchèrent de remplir leur mission. Un châtiment épouvantable fut le prix de leur impiété.

Je vous exhorte à prier le Seigneur, ensemble ou séparément. Un jour vous serez convaincus que Mahomet votre concitoyen n’était point inspiré par un démon. Son ministère est de vous prêcher les menaces divines avant que la punition arrive.

Dis : Je ne vous demande point le prix de mon zèle. Gardez vos présens. Ma récompense est dans les mains de Dieu. Il est le témoin universel.

Ses inspirations sont véritables. Les mystères sont dévoilés à ses yeux.

Dis : La vérité a paru ; le mensonge va disparaître, et il ne se montrera plus.

Dis : Si je suis dans l’erreur, elle se tournera contre moi-même ; si je suis éclairé, je dois la lumière aux inspirations de Dieu. Il est près de l’homme. Il l’entend.

Quel spectacle, lorsque les méchans sortiront tremblans de leurs tombeaux sans pouvoir trouver un asile !

Ils diront : Nous croyons ; mais comment leur foi serait-elle méritoire ? Ils ne l’avaient pas sur la terre.

Ils y vécurent dans l’impiété, et se moquèrent de notre doctrine sublime.

Un intervalle immense les séparera de l’objet de leurs vœux.

Ils subiront le sort de leurs prédécesseurs, parce qu’ils ont erré dans le vague du doute.





LES ANGES. [14]


donné à la mecque, composé de 45 versets
______


Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Louange à Dieu, architecte des cieux et de la terre ! Les anges sont ses messagers. Il leur a donné deux, trois et quatre ailes. Il favorise à son gré ses créatures, parce que sa puissance est sans bornes.

Rien ne peut arrêter le cours de ses bienfaits, ni les procurer contre sa volonté. Il est le Dieu dominateur et sage.

Mortels, souvenez-vous de ses grâces. L’univers connaît-il un autre créateur ? Un autre vous dispense-t-il les trésors du ciel et de la terre ? Il est le Dieu unique. Pourquoi vous éloignez-vous de son culte ?

Ils nieront ta mission. Ainsi furent traités les premiers apôtres ; mais Dieu est le terme de toutes choses.

Mortels, les promesses de Dieu sont véritables. Que les charmes de la vie mondaine ne vous enivrent pas ; que le tentateur ne vous fasse pas tomber dans ses piéges.

Il est votre ennemi. Défiez-vous de sa haine. Il appelle ses sectateurs au feu de l’enfer.

Les infidèles n’éviteront point les supplices.

Les croyans qui auront fait le bien jouiront des dons honorables de la miséricorde divine.

Celui pour qui l’iniquité a des charmes croit-il être dans le droit chemin ? Dieu répand à son gré l’erreur ou la lumière. Que ton cœur ne s’afflige point sur eux. L’Éternel voit leurs actions.

Il envoie les vents qui portent les nuages sur les contrées où la terre languit. La pluie rend aux campagnes stériles, leur première fécondité ; image de la résurrection.

Celui qui cherche la vraie grandeur la trouve en Dieu, source de toutes les perfections. Les discours vertueux montent vers son trône. Il exalte les bonnes œuvres. Il punit rigoureusement le scélérat qui trame des perfidies. Ses noirs complots seront anéantis.

Dieu vous a formés de terre et d’eau. Il vous a donné les sexes. Il sait ce qui est caché dans le sein de la mer, et ce qu’elle doit enfanter. Il n’abrége point la vie de l’homme. Il ne la prolonge point au delà du terme marqué dans le livre. Tous ces prodiges sont faciles à sa puissance.

Une mer d’eau douce et salutaire, et une mer d’eau salée et amère sont bien différentes ; cependant l’une et l’autre vous fournissent une nourriture fraîche, et des perles pour votre parure. Vous y voyez les vaisseaux fendre les flots, pour vous procurer les commodités de la vie. Ces bienfaits appellent votre reconnaissance.

Dieu fait succéder la nuit au jour, et le jour à la nuit. Il a commandé au soleil et à la lune de vous dispenser leur lumière. Ils parcourent la route qu’il leur a tracée. Il est votre Seigneur. A lui appartient l’empire de l’univers. Les dieux que vous adorez, ne sauraient dans leur puissance disposer de la pellicule qui enveloppe le noyau de la datte.

Quand vous les invoquez, ils ne vous entendent pas ; et quand ils vous entendraient, ils ne pourraient exaucer vos vœux. Au jour de la résurrection, ils nieront votre hommage. Aucun d’eux ne saurait prédire avec vérité l’avenir.

Mortels, vous êtes pauvres devant Dieu. Lui seul possède la richesse et la louange.

Il peut vous faire disparaître de la terre, et produire une création nouvelle.

Ce prodige n’est point au-dessus de sa puissance.

Personne ne portera l’iniquité d’autrui. En vain vous voudriez qu’un autre se chargeât d’une partie de votre fardeau. Les liens du sang ne vous feront pas obtenir cette faveur. Avertis ceux qui, fidèles à la prière, nourrissent dans le secret la crainte du Seigneur, que l’aumône a un prix aux yeux du Très-Haut, et que les hommes retourneront à lui.

On ne comparera pas l’aveugle à celui qui voit, les ténèbres à la lumière, et la chaleur au froid.

On ne comparera pas la vie à la mort. Dieu donne l’intelligence à qui il lui plaît. Tu ne saurais faire entendre ceux qui reposent dans le tombeau. Ton ministère se borne à la prédication.

Messager de la foi, la vérité t’accompagne. Annonce nos promesses et nos menaces. Il n’est point de nation qui n’ait eu son apôtre.

Si l’on nie ta doctrine, les prophètes venus avant toi subirent le même sort, quoique les miracles, la tradition et les livres divins attestassent la vérité de leur mission.

La mort surprit les incrédules ; et quel fut leur châtiment !

N’as-tu pas vu comment Dieu verse la pluie des nuages ? Elle fait éclore les fruits diversement colorés. Les sentiers des montagnes sont rouges, blancs, ou de diverses couleurs. Le corbeau est noir ; l’homme et les animaux offrent une prodigieuse variété de nuances. Ceux qui ont la science, craignent le Seigneur, parce qu’il est puissant et miséricordieux.

Ceux qui lisent le livre divin, qui font la prière, l’aumône, en secret et en public, attendent un bien qui ne périra point.

Dieu les récompensera. Il leur départira les dons de sa magnificence. Il est miséricordieux et reconnaissant.

La religion que nous t’avons révélée est la véritable. Elle confirme les livres saints qui l’ont précédée. Dieu observe d’un œil attentif la conduite de ses serviteurs.

Nous avons donné le Coran pour héritage à nos élus. Quelques-uns d’eux s’abandonnent à l’iniquité. Le plus grand nombre a embrassé la vertu ; d’autres s’efforcent de se surpasser dans la pratique des bonnes œuvres ; c’est le comble de la perfection.

Les jardins d’Éden seront leur habitation. Des colliers d’or ornés de perles, et des habits de soie formeront leur parure.

Louange à Dieu, s’écrieront-ils ! il a écarté de nous la peine ; il est miséricordieux et reconnaissant.

Il nous a introduits dans le palais éternel, séjour de sa magnificence. La fatigue ni la douleur n’approcheront point de cet asile.

Les infidèles, au milieu des brasiers de l’enfer, ne pourront trouver la mort. Jamais la rigueur de leurs tourmens ne s’adoucira. C’est ainsi que l’impie sera récompensé.

Ils élèveront vers le ciel leurs cris plaintifs : Seigneur, retire-nous des flammes, nous ferons le bien que nous avons omis. N’avons-nous pas prolongé vos jours, leur répondra-t-on, afin que celui qui devait suivre la lumière ouvrît les yeux ? N’avez-vous pas reçu un apôtre ?

Subissez votre sort. Il n’y a point de secours pour les infidèles.

Dieu connaît les mystères du ciel et de la terre. Il lit au fond des cœurs.

Il vous a établis sur les ruines des générations passées. L’infidélité de l’impie l’accablera de son poids, et attirera sur lui le courroux et la vengeance du ciel.

Demandez aux idolâtres : Que pensez-vous de vos dieux ? Montrez-moi ce qu’ils ont créé sur la terre. Partagent-ils avec le Tout-Puissant l’empire des cieux ? Leur avons-nous donné un livre sur lequel ils puissent fonder leur culte ? Les trompeurs ne sauraient promettre que la fraude.

Dieu soutient les cieux et la terre. S’ils s’écroulaient, quel autre bras que le sien pourrait en arrêter la chute ? Il est clément et miséricordieux.

Ils ont promis à Dieu, par les sermens les plus solennels, que s’il leur envoyait un apôtre, ils s’empresseraient de suivre sa doctrine. L’apôtre a paru, et leur aversion pour la foi s’est augmentée.

Livrés à l’orgueil, ils ont formé des projets coupables ; mais la perfidie ne retombe que sur son auteur. Qu’attendent-ils, si ce n’est le sort de leurs prédécesseurs ? car les décrets de Dieu sont immuables.

Non, le ciel ne révoque jamais les arrêts qu’il a prononcés.

N’ont-ils pas parcouru la terre ? N’ont-ils pas vu quelle a été la fin déplorable des peuples qui, avant eux, marchèrent dans les voies de l’iniquité ? Ils étaient plus forts et plus puissans qu’ils ne sont ; mais rien, dans les cieux et sur la terre, ne peut s’opposer aux volontés du Très-Haut. La science et la force sont ses attributs.

Si Dieu punissait les hommes dès l’instant où ils sont coupables, il ne resterait point d’être animé sur la terre. Il diffère ses châtimens jusqu’au terme marqué.

Lorsque le temps est venu, il distingue les actions de ses serviteurs.





I. S.


donné à la mecque, composé de 83 versets
______


Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


I. S. J’en jure par le Coran qui contient la sagesse,

Tu es l’envoyé du Très-Haut.

Ta voix appelle les hommes au chemin du salut.

Celui qui est puissant et miséricordieux t’a envoyé le Coran ;

Afin que tu leur prêches une religion qui n’a point été enseignée à leurs pères ; mais ils vivent dans l’insouciance.

Le plus grand nombre d’entre eux vérifieront nos prédictions, parce qu’ils sont incrédules.

Nous avons chargé leurs cous de chaînes longues et pesantes. En vain ils voudraient lever la tête.

Une double barrière arrête leurs mouvemens. Un voile les enveloppe. Ils ne sauraient voir.

Soit que tu leur fasses entendre la parole divine, soit que tu gardes le silence, ils persisteront dans leur incrédulité.

Prêche des vérités de la religion à celui qui croit au Coran, et qui nourrit dans le secret la crainte du miséricordieux. Promets-lui l’indulgence de Dieu, et une récompense glorieuse.

Nous rendrons la vie aux morts. Leurs actions, leurs démarches seront écrites dans le livre de l’évidence.

Raconte-leur la conduite des habitans d’une grande ville, lorsqu’ils reçurent les apôtres.

Ils avaient accusé de mensonge deux messagers de la foi ; nous en envoyâmes un troisième, et ils s’écrièrent tous ensemble : Nous sommes les ministres du Seigneur.

Vous n’êtes que des mortels comme nous, leur répondit-on ; Dieu ne vous a rien révélé ; vous êtes des imposteurs.

Dieu est, ajoutèrent les apôtres, le témoin de notre mission.

Nous ne sommes chargés que de vous prêcher la vérité.

Nous augurons mal de vous, reprit le peuple, et si vous ne cessez vos exhortations, vous serez lapidés et livrés aux supplices.

Suspendez votre présage ; quand vous aurez entendu notre doctrine, peut-être que vous reviendrez de vos excès.

Un homme accouru de l’extrémité de la ville s’écria : Peuple, suivez les ministres du Très-Haut ;

Suivez ceux qui ne vous demandent point de récompense. Ils professent la vraie religion.

Pourquoi refuserais-je mon hommage à celui qui m’a créé, et auquel nous retournerons tous ?

Offrirai-je mon encens à des dieux dont la protection me sera inutile, et qui ne pourront me mettre à l’abri des châtimens célestes ?

Ce serait un aveuglement déplorable.

Je crois en votre Dieu. Peuple, écoutez.......

L’ange du Seigneur lui dit : Martyr de la foi, entre dans le jardin de délices. Plût à Dieu, s’écria-t-il, que les infidèles connussent mon bonheur !

Comblé des faveurs du ciel, je suis élevé à un rang glorieux.

Nous ne fîmes point descendre des légions d’esprits célestes pour châtier les incrédules ; ce n’est point ainsi que nous les punissons.

L’ange exterminateur éleva la voix, et ils furent anéantis.

Malheur déplorable des humains ! Tous les prophètes que nous leur avons envoyés ont été l’objet de leurs railleries.

N’ont-ils pas vu les ruines des générations passées ?

Elles ne reparaîtront plus sur la terre.

Mais tous les hommes seront rassemblés devant notre tribunal.

Les campagnes stériles où nous faisons éclore les germes de la fécondité, produisent les moissons dont ils se nourrissent ; image frappante de la résurrection.

Nous faisons croître dans leurs jardins le palmier et la vigne ; nous y faisons couler le ruisseau qui les arrose.

Les fruits éclos sous leurs mains laborieuses deviennent leur nourriture. Ne seront-ils jamais reconnaissans ?

Louange à celui qui a produit toutes les plantes, tous les êtres qui couvrent la terre, et tant d’autres que l’homme ignore !

La nuit atteste notre puissance. Nous lui ôtons la clarté du jour, et la terre reste dans les ténèbres.

Le soleil parcourt sa carrière jusqu’au lieu où il se repose, ainsi que l’a ordonné le Dieu puissant et savant.

Nous avons réglé les phases de la lune, et l’instant où elle paraît suspendue comme la grappe du dattier [16].

Le soleil ne doit point l’atteindre dans son cours. La nuit ne prévient point le jour. Tous les corps célestes roulent dans leurs sphères.

Le salut de la race humaine, dans l’arche remplie, est un signe de notre puissance.

Nous avons formé des bâtimens semblables pour voguer sur les mers.

Nous pouvons les ensevelir dans les flots, et rien ne saurait les secourir ni les sauver.

Si nous laissons les hommes jouir de la vie jusqu’au terme marqué, c’est un effet de notre miséricorde.

On leur dit : Craignez celui qui était avant vous et qui sera après, si vous voulez obtenir le pardon de vos offenses ;

Mais le récit des merveilles du Seigneur ne fait qu’accroître leur aversion pour la foi.

Lorsqu’on leur recommande le précepte de l’aumône, ils répondent : Nourrirons-nous ceux que Dieu peut combler de biens ? Assurément vous êtes dans l’erreur.

Quand viendra, ajoutent-ils, l’accomplissement de vos promesses ? Parlez si la vérité vous éclaire.

Tandis qu’ils disputent, le cri de l’ange peut se faire entendre tout à coup, et ils disparaîtront de la face de la terre.

Ils n’auront pas le temps de faire un testament, et ils ne seront point rendus à leurs familles.

La trompette sonnera une seconde fois [17], et ils se hâteront de sortir de leurs tombeaux pour paraître devant Dieu.

Malheur à nous ! s’écrieront-ils. Quelle voix nous a fait quitter le repos [18] où nous étions ? Voilà l’accomplissement des promesses du miséricordieux. Ses ministres nous annonçaient la vérité.

Un seul son de la trompette aura rassemblé le genre humain devant notre tribunal.

Dans ce jour, personne ne sera trompé. Chacun recevra le prix de ses œuvres.

Dans ce jour, les hôtes du paradis boiront à longs traits dans la coupe du bonheur.

Couchés sur des lits de soie, ils reposeront près de leurs épouses, sous des ombrages délicieux.

Ils y trouveront tous les fruits. Tous leurs désirs seront comblés.

La paix habite avec vous, leur dira le miséricordieux.

Séparez-vous, dira-t-on aux impies.

Enfans d’Adam, ne vous avais-je pas dit : N’adorez point Satan, il est votre ennemi déclaré ;

Adorez-moi, c’est le chemin du salut.

Il a séduit la plus grande partie des hommes. N’aviez-vous donc pas d’intelligence ?

Voilà l’enfer dont on vous avait menacés.

Allez expier dans les flammes votre infidélité.

Dans ce jour, je poserai mon sceau sur leur bouche. Leurs mains seules parleront, et leurs pieds rendront témoignage de leurs œuvres.

Nous pouvons leur ravir la vue, et ils erreraient çà et là au milieu des ténèbres.

Nous pouvons les métamorphoser dans le lieu qu’ils habitent, et les rendre immobiles.

Celui dont nous prolongerons la vieillesse se rapproche de l’enfance. Ne le comprenez-vous pas ?

Nous n’avons point enseigné la poésie au prophète. Cet art ne lui convient pas. Son ministère est la prédication et la lecture.

Il doit exhorter celui qui a la vie, et menacer l’infidèle des vengeances célestes.

Ne voient-ils pas que les troupeaux qu’ils possèdent sont un de nos bienfaits ?

Nous les leur avons soumis. Les uns leur servent de monture, les autres d’aliment.

Ils en retirent les plus grands avantages. Ils se désaltèrent avec leur lait. Leurs cœurs ne s’ouvriront-ils point à la reconnaissance ?

Ils rendent des hommages à des divinités étrangères, et recherchent leur protection.

Elles sont incapables de leur donner du secours. L’adorateur et l’idole seront la proie des flammes.

Ne t’afflige point de leurs discours. Je connais et leurs secrets, et ce qu’ils profèrent au grand jour.

L’homme ignore-t-il que nous l’avons créé de boue ? Cependant il dispute opiniâtrement.

Il propose des argumens, et, oubliant sa création, il s’écrie : Qui pourra ranimer des os réduits en poussière ?

Réponds : Celui qui les a créés la première fois les ranimera. Il connaît toute la création.

C’est lui qui a mis du feu dans l’arbre vert, comme l’attestent les étincelles que vous en faites jaillir.

L’architecte des cieux et de la terre ne pourrait-il former des hommes semblables à vous ? Il le peut. Il est le créateur éclairé.

Telle est sa puissance qu’à sa voix les êtres sortent du néant.

Louange à celui qui tient dans ses mains les rênes de l’univers ! Tous les mortels reparaîtront devant lui.





LES ORDRES.


donné à la mecque, composé de 182 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


J’en jure par les ordres des anges ;

Par ceux qui menacent,

Par ceux qui lisent [19],

Votre Dieu est un Dieu unique.

Souverain du ciel, de la terre et de l’immensité de l’espace, il est le roi de l’orient [20].

Nous avons orné le ciel le plus proche de la terre de l’éclat des étoiles.

Nous l’avons mis à l’abri de l’attentat des esprits rebelles [21].

Ils n’entendront plus la voix des anges. Des traits enflammés les repoussent de toutes parts.

Ils sont dévoués à des peines éternelles.

Un d’eux s’approcha [22] furtivement des sphères célestes ; mais une flamme pénétrante l’en précipita.

Demande aux infidèles créés de boue, s’ils sont d’une nature supérieure à celle des anges.

Leur aveuglement te surprend, et ils rient de ton étonnement.

En vain tu veux les instruire. Leurs cœurs rejettent l’instruction.

S’ils voyaient des miracles, ils s’en moqueraient ;

Ils les attribueraient aux effets de la magie.

Victime de la mort, disent-ils, lorsque nous aurons été réduits en poussière, retournerons-nous à la vie ?

Nos pères ressusciteront-ils ?

Oui : ils ressusciteront, et vous serez couverts d’opprobre.

Un seul cri [23] les fera sortir de la tombe, et dessillera leurs yeux.

Malheur à nous, s’écrieront-ils, voilà le jour du jugement !

Le voilà, ce jour de la séparation dont vous aviez nié la réalité.

Rassemblez les méchans, leurs sectateurs et leurs idoles ;

Conduisez-les dans l’enfer ;

Arrêtez-les pour les examiner.

Pourquoi ne vous défendez-vous pas mutuellement ?

Aujourd’hui ils sont dans l’humiliation.

Réunis, ils se déchireront par des reproches. Vous veniez à nous, diront-ils à leurs faux prophètes, avec l’apparence de la vérité.

Vous n’aviez point la foi, leur répondront ceux-ci ; nous n’avions aucune puissance sur vous ; mais vous viviez dans l’impiété.

Voilà l’accomplissement des menaces du Seigneur.

Égarés nous-mêmes, nous vous avons conduits à l’erreur.

Tous partageront les tourmens.

C’est ainsi que nous punissons les pervers.

Lorsqu’on leur prêchait l’unité de Dieu, ils se livraient à l’orgueil.

Abandonnerons-nous nos divinités, disaient-ils, pour un poëte insensé ?

Celui qu’ils traitaient ainsi, éclairés du flambeau de la vérité, est venu confirmer la mission des prophètes.

Et vous, vous serez la proie des supplices.

Ils seront le juste prix de vos œuvres.

Les vrais serviteurs de Dieu éprouveront un sort différent.

Ils auront une nourriture choisie, Des fruits exquis [24], et ils seront servis avec honneur.

Les jardins de la volupté seront leur asile.

Pleins d’une bienveillance mutuelle, ils reposeront sur le lit nuptial.

On leur offrira des coupes remplies d’une eau pure,

Limpide, et d’un goût délicieux.

Elle n’offusquera point leur raison, et ne les rendra point insensés.

Près d’eux seront des vierges intactes. Leurs beaux yeux seront modestement baissés.

Ils se tourneront les uns vers les autres, et converseront ensemble.

Hôtes du paradis, dira l’un d’eux, j’étais lié avec un incrédule.

Crois-tu, me demanda-t-il, à la résurrection ?

Penses-tu qu’après notre mort, lorsque nos corps seront réduits en poussière, nous subirons un jugement ?

Voulez-vous que nous allions voir cet infidèle ?

Il se lèvera, et l’apercevra au milieu de l’enfer.

Ciel ! s’écriera-t-il, peu s’en est fallu qu’il ne m’ait entraîné dans sa ruine !

Si la miséricorde divine n’eût veillé sur moi, je serais réprouvé.

N’avons-nous pas subi la mort, répondront les bienheureux ?

Sans doute : nous avons payé le tribut à la nature, mais nous sommes exempts des supplices.

Le bonheur dont nous jouissons est sans mélange.

Mortels, travaillez pour le mériter.

Combien l’arbre zacoum [25] est différent du séjour d’Éden.

Nous l’avons planté pour le tourment des scélérats.

Il s’élève du fond de l’enfer.

Ses fruits ressemblent aux têtes des démons[26].

Ils seront la nourriture des réprouvés. Ils en rempliront leurs ventres ;

Ensuite on leur fera avaler de l’eau bouillante,

Et ils seront replongés dans leurs cachots.

Là, ils trouveront ceux de leurs pères qui ont vécu dans l’erreur.

Ils se sont empressés de marcher sur leurs traces.

La plupart des anciens peuples étaient plongés dans les ténèbres.

Nous leur envoyâmes des apôtres pour les instruire.

Vois quel est le sort de ceux qui ne voulurent pas les entendre.

Les vrais serviteurs de Dieu furent seuls épargnés.

Noé nous invoqua, et il fut exaucé.

Nous le délivrâmes, lui et sa famille, de leurs vives alarmes.

Nous établîmes sur la terre ses descendans, seuls restes du genre humain.

Nous avons rendu son nom fameux dans les annales de la postérité.

Tous les hommes béniront sa mémoire.

C’est ainsi que nous récompensons la vertu. Noé fut notre adorateur fidèle.

Nous ensevelîmes dans les eaux le reste des mortels.

Abraham suivit la religion de Noé.

Il éleva vers le Seigneur les vœux d’un cœur sincère.

Quels sont les objets de votre culte, demanda-t-il à son père et au peuple ?

Séduits par le mensonge, adorerez-vous d’autres divinités que Dieu ?

Que pensez-vous du souverain de l’univers ?

Il porta ses regards vers les cieux,

Et dit : Je ne puis assister à vos fêtes.

Le peuple le quitta avec dédain.

Abraham se rendit en secret auprès de leurs idoles, et leur demanda : Pourquoi ne mangez-vous pas ?

Pourquoi gardez-vous le silence ?

Il s’approcha d’elles et les frappa.

Le peuple accourut à lui.

Adorerez-vous, leur dit-il, des dieux que vos mains ont sculptés ?

Dieu vous a créés, vous et vos idoles.

Formons un bûcher, crièrent les idolâtres, et jetons l’impie dans les flammes.

Ils voulurent le faire périr, mais nous anéantîmes leurs complots.

Je suivrai, dit Abraham, le Dieu qui m’éclaire.

Seigneur, donne-moi un enfant vertueux.

Nous lui annonçâmes un fils qui posséderait la sagesse.

Lorsqu’il fut parvenu à l’adolescence,

Abraham lui dit : O mon fils ! j’ai eu une vision. Il m’a semblé que je te sacrifiais. Vois quelle impression ma vision fait sur ton cœur.

Exécute ce que Dieu commande, répondit Isaac ; soumis à ses décrets, je souffrirai avec patience.

Ils allaient accomplir l’ordre du ciel ; déjà Isaac était couché le front contre terre[27].

Une voix céleste cria : Abraham !

Ta vision est accomplie ; c’est ainsi que nous récompensons la vertu.

Dieu a voulu t’éprouver.

Une hostie[28] racheta le sang de son fils.

La postérité célébrera son obéissance.

La paix soit avec Abraham !

C’est ainsi que nous récompensons la vertu.

Il fut notre adorateur fidèle.

Nous lui prédîmes qu’Isaac serait un prophète distingué.

Nous répandîmes notre bénédiction sur lui et sur son fils. Parmi leurs descendans, les uns ont fait fleurir la vertu, les autres se sont livrés à l’iniquité.

Nous comblâmes de biens Moïse et Aaron.

Nous les délivrâmes, eux et les Israélites, de l’oppression.

Notre protection puissante les rendit victorieux.

Nous leur donnâmes le livre des lois divines.

Nous les guidâmes dans les voies de la justice.

La postérité célébrera leurs noms fameux.

La paix soit avec Moïse et Aaron !

C’est ainsi que nous récompensons la vertu.

Ils furent tous deux nos adorateurs fidèles.

Élie fut un des messagers de la foi.

Ne craindrez-vous point le Seigneur, répétait-il aux Hébreux ?

Invoquerez-vous Baal, tandis que vous abandonnez le Créateur suprême ?

Il est votre Dieu ; il est le Dieu de vos pères.

Destinés au feu de l’enfer, ils accusèrent Élie d’imposture.

Nos vrais serviteurs écoutèrent seuls sa doctrine.

Le nom d’Élie sera fameux chez la race future.

La paix soit avec Élie !

C’est ainsi que nous récompensons la vertu. Élie fut notre adorateur fidèle.

Nous choisîmes Loth pour être un des messagers de la foi.

Nous le sauvâmes avec sa famille.

Son épouse seule augmenta le nombre des victimes.

Nous exterminâmes ses concitoyens.

Lorsque vous passez près des ruines de Sodôme, en partant le matin,

Ou dans la nuit, n’ouvrez-vous point les yeux ?

Jonas, élu ministre du Seigneur,

Alla se cacher au fond d’un navire.

On jeta le sort, et il fut au nombre des infortunés.

Un poisson l’avala, parce qu’il était coupable ;

Et s’il n’avait loué l’Éternel,

Il aurait demeuré dans cette prison jusqu’au jour du jugement.

Le poisson qui l’engloutit le déposa sur le sable, accablé de peines.

Nous fîmes croître un arbre pour lui servir d’ombrage.

Nous l’envoyâmes vers une cité qui contenait plus de cent mille habitans.

Ils crurent à ses prédications, et nous les laissâmes accomplir le terme de leurs jours.

Demande aux impies si Dieu a des filles, comme ils ont des fils.

Aurions-nous créé les anges femelles ? Ils savent le contraire.

Leurs discours ne sont appuyés que sur le mensonge.

Ils assurent que Dieu a enfanté, et ils blasphèment.

Aurait-il préféré des filles à des fils ?

Qui peut vous faire porter ce jugement ?

N’ouvrirez-vous jamais les yeux ?

Avez-vous une autorité incontestable ?

Apportez votre livre, si votre opinion est vraie.

Les impies prétendent que Dieu a eu commerce avec les anges, et les anges savent que les impies seront la proie des flammes.

Louange à l’Éternel ! Loin de lui leurs blasphèmes.

Ses fidèles serviteurs ont seuls droit de parler de lui.

Ni vous ni vos dieux,

Ne deviez adopter cette opinion sacrilége.

Elle n’est faite que pour celui qui est destiné aux brasiers de l’enfer.

Nous avons tous nos rangs marqués.

Nous sommes partagés en différens chœurs.

Notre emploi est de louer le Tout-Puissant. Les impies ont dit :

Si nos pères nous eussent laissé un livre pour nous instruire,

Nous serions les vrais adorateurs de Dieu.

Ils ont nié le Coran. Ils verront.

Lorsque nous envoyâmes nos apôtres aux nations,

Nous leur promîmes notre protection,

Nous leur assurâmes que nos armées seraient victorieuses.

Éloignez-vous des infidèles jusqu’au temps.

Considère-les. Un jour leurs yeux seront dessillés.

Veulent-ils hâter nos vengeances ?

Lorsque l’heure sonnera à leur porte, leur réveil sera funeste.

Fuis-les jusqu’au jour marqué.

Vois. Bientôt ils verront.

Louange à Dieu ! Louange au Dieu puissant ! Loin de lui leurs mensonges.

La paix soit avec les ministres du Seigneur ! Gloire à Dieu souverain des mondes !






S. [29]


donné à la mecque, composé de 88 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


S. J’en jure par le Coran ; il est le dépôt de la vraie foi ; mais les infidèles vivent dans le faste et le schisme.

Les générations précédentes ont disparu. A la vue des fléaux du ciel, elles implorèrent notre miséricorde ; mais il n’était plus temps.

Les habitans de la Mecque sont étonnés qu’un de leurs concitoyens ait été revêtu du caractère d’apôtre, et les infidèles ont dit : C’est un faux prophète.

Prétend-il que plusieurs dieux ne soient qu’un ? Cette opinion est merveilleuse.

Leurs chefs se sont levés, et ont dit : gardez votre culte. Soyez fidèles à vos dieux. Nous connaissons ses desseins.

La dernière secte n’a point prêché l’unité de Dieu. Cette doctrine est fausse.

Mahomet eût-il été élu préférablement à nous, pour recevoir le Coran ? Ils doutent de ma religion ; mais ils n’ont pas encore éprouvé mes châtimens.

Ont-ils en leur disposition les trésors de la miséricorde du Dieu dominateur et libéral ?

Possèdent-ils l’empire du ciel, de la terre, et de l’espace immense qui les sépare ? Qu’ils essaient de s’élever dans les cieux.

Leurs armées, quelque nombreuses qu’elles soient, seront détruites.

Les peuples de Noé, d’Aod, et de Pharaon environné de courtisans[30], accusèrent les ministres de Dieu d’imposture.

Les Thémudéens, les habitans de Sodôme, les Madianites se liguèrent contre leurs apôtres.

Tous nièrent leur mission, et tous éprouvèrent les châtimens célestes.

Les habitans de la Mecque n’attendent que le cri épouvantable. Alors la fuite sera inutile.

Ils ont demandé à Dieu leur portion avant le jour du jugement.

Souffre patiemment leurs discours. Rappelle-toi notre serviteur David, qui élevait souvent au ciel les vœux d’un cœur vertueux.

Nous forçâmes les montagnes à s’unir à sa voix, pour chanter le soir et le matin, les louanges de l’Éternel.

Les oiseaux rassemblés répétaient ses cantiques.

Nous affermîmes son empire. Nous lui donnâmes la sagesse et l’éloquence.

Connais-tu le débat de deux frères, qui entrèrent par surprise dans l’oratoire de David ?

Il fut effrayé à leur aspect. Ne crains rien, lui dirent-ils ; un différent nous amène. Juge-nous avec équité. Rends à chacun de nous ce qui lui est dû.

Voici mon frère. Il avait quatre-vingt-dix-neuf brebis. Je n’en avais qu’une. Il me l’a demandée à garder. J’ai cédé à ses instances, et il me l’a ravie.

La demande de ton frère est injuste, répondit David. La fraude et la violence président souvent aux accords des humains. Il n’y a de justes que les croyans vertueux ; mais qu’ils sont en petit nombre ! Dans la suite David pêcheur reconnut que nous l’avions tenté. Il se convertit, et le front prosterné contre terre, il implora le pardon de son crime.

Nous lui pardonnâmes ; nous le comblâmes de biens, et le Paradis fut sa récompense.

O David ! nous t’avons établi roi sur la terre. Juge les hommes avec équité. Ne suis point tes aveugles désirs ; ils t’écarteraient du sentier de Dieu. Les tourmens seront le partage de ceux qui, oubliant le jour du jugement, auront marché dans les ténèbres.

La création du ciel, de la terre, et de tout l’univers, est notre ouvrage. Ce n’est point un jeu du hasard, comme le pensent les incrédules. Malheur aux infidèles ! Ils seront la proie des flammes.

Les croyans qui auront fait le bien, seraient-ils traités comme les impies, qui n’ont connu d’autre loi que la violence ? L’homme vertueux, et le scélérat, éprouveraient-ils le même sort ?

Nous t’avons envoyé un livre béni. Les sages le liront avec zèle et graveront ses préceptes dans leur cœur.

David eut pour fils Salomon. Il fut un serviteur pieux et sincère.

Un soir on lui avait amené des chevaux excellens[31] ; ils couraient d’une si grande vitesse qu’à peine leurs pieds touchaient la terre.

J’ai préféré, s’écria-t-il, des biens terrestres au souvenir de Dieu, en cessant de le prier jusqu’à ce que la nuit ait couvert la terre de son voile.

Qu’on ramène les chevaux. Il leur fit couper les jarrets et la tête.

Nous le tentâmes, et nous fîmes asseoir sur son trône un démon sous la forme humaine[32].

Seigneur, dit-il, pardonne à ton serviteur ; accorde-moi le règne le plus florissant qui fût jamais. Tu es le bienfaiteur suprême.

Nous lui donnâmes l’empire des vents. Ils parcouraient la terre à sa volonté.

Des démons soumis à ses ordres élevaient des palais, et pêchaient des perles.

Il en tenait d’autres chargés de chaînes.

Nous lui dîmes : Jouis de nos bienfaits ; répands-les sans mesure ou les resserre à ton gré.

Comblé des biens terrestres, Salomon a été introduit dans le séjour éternel.

Célèbre Job, notre serviteur, lorsque, levant sa voix au ciel, il s’écria : Seigneur, le tentateur a rassemblé sur moi tous les maux.

Frappe la terre du pied, lui dit Dieu ; il en sortira une source d’eau propre à te purifier et à te désaltérer.

Nous lui rendîmes sa famille, et nous augmentâmes ses richesses par un effet de notre miséricorde, et pour l’instruction des sages.

Nous lui commandâmes de prendre un faisceau de verges[33] et d’en frapper son épouse, afin d’accomplir son serment, et il obéit.

Serviteur fidèle, il élevait souvent vers le ciel l’hommage d’un cœur pur.

Publie les vertus et la prudence de nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob.

La pensée du palais éternel entretenait leur innocence.

Ils sont au nombre de nos élus privilégiés. Chante les louanges d’Ismaël, d’Élisée et d’Elcafel, nos serviteurs distingués.

La terre chérit leur mémoire. Ceux qui craindront le Seigneur jouiront de la félicité.

Les portes du jardin d’Éden s’ouvriront devant eux.

Le banquet divin leur offrira des fruits exquis et un breuvage délicieux.

Près d’eux seront de jeunes beautés au regard modeste :

Telles sont les jouissances que vous promet le jour de la résurrection.

Tels sont les biens éternels qui vous sont offerts.

La fin des pécheurs sera épouvantable.

L’enfer sera leur habitation. Ils gémiront sur un lit de douleur.

Rassasiez-vous de tourmens, leur dira-ton ; avalez cette eau bouillante et corrompue.

Ce breuvage, et d’autres non moins affreux, seront leur partage.

Il n’y aura plus de grâces pour les réprouvés ; tous seront précipités dans les flammes.

Les infidèles diront à leurs séducteurs : Vous ne méritez aucune indulgence. Vous nous avez devancés dans l’erreur. Notre habitation mutuelle sera horrible.

Seigneur, ajoute aux tourmens de ceux qui nous ont conduits à l’infidélité ; augmente pour eux l’ardeur du feu.

Pourquoi ne voyons-nous pas ici ceux que nous mettions au nombre des méchans ?

Nous nous moquions d’eux. Les a-t-on dérobés à nos regards ?

Tel sera le langage des habitans de l’enfer.

Dis : Je ne suis que votre apôtre. Il n’y a de Dieu que le Dieu unique et victorieux.

Souverain du ciel, de la terre et de l’immensité de l’espace, il est puissant et miséricordieux.

Ce livre est l’histoire sublime.

Vous vous écartez de sa vérité.

Je n’avais aucune connaissance des esprits célestes quand ils disputèrent.

Les révélations divines ne m’ordonnent que la prédication.

Dieu dit aux anges : Je créerai l’homme de boue.

Lorsque j’aurai accompli mon ouvrage, et que je lui aurai soufflé une portion de mon esprit, prosternez-vous pour l’adorer.

Tous les anges se soumirent à l’ordre du créateur.

L’orgueilleux Éblis refusa seul d’obéir.

Éblis, lui dit Dieu, pourquoi n’adores-tu pas l’ouvrage de mes mains ?

L’orgueil t’enivre-t-il ? Ta grandeur se croirait-elle humiliée ?

Je suis, lui répondit l’esprit rebelle, d’une nature plus excellente que la sienne ; tu m’as créé de feu, et tu l’as formé de boue.

Sors de ce séjour, tu seras lapidé.

Ma malédiction te poursuivra jusqu’au jour du jugement.

Seigneur, reprit Éblis, diffère tes vengeances jusqu’au jour de la résurrection.

Je les différerai, dit le Tout-Puissant.

Elles n’éclateront qu’au temps marqué.

J’en jure par ta puissance, ajouta Éblis, je séduirai tous les hommes.

Tes serviteurs sincères seront seuls épargnés.

L’Éternel prononça ces mots : Je suis la vérité, et mes menaces sont véritables. Je remplirai l’enfer de ceux que tu auras séduits. Tu y seras à leur tête.

Dis : Je ne vous demande point le prix de mes prédications ; mon zèle me suffit.

Ce livre est un avertissement aux mortels.

Vous verrez un jour que sa doctrine est véritable.





LES TROUPES.


donné à la mecque, composé de 75 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Le Dieu puissant et sage t’a envoyé le Coran.

La vérité te l’apportera des cieux. Offre à Dieu une religion sincère.

Une foi pure n’est-elle pas due à l’Éternel ?

Il jugera les adorateurs des faux dieux, qui croient par leur intercession s’approcher de lui. Son jugement terminera leurs débats.

Il n’est point le guide du menteur ni de l’infidèle.

S’il avait désiré un fils, il l’aurait choisi à son gré parmi ses créatures. Louange au Dieu unique et victorieux !

Il est le véritable architecte des cieux et de la terre. Il fait succéder la nuit au jour, et le jour à la nuit. Le soleil et la lune obéissent à sa voix. Ils parcourent le cercle qu’il leur a tracé. N’est-il pas le Dieu puissant et indulgent ?

Il vous a tous fait sortir d’un seul homme. Il tira la femme de ses flancs pour être sa compagne. Il vous a donné huit espèces de troupeaux. Il vous dessine dans le sein de vos mères, où il vous fait passer sous différentes formes, et dans trois lieux ténébreux. Il est votre Seigneur. A lui appartient la domination. Il est le Dieu unique. Comment pouvez-vous lui refuser votre hommage ?

L’ingratitude ne lui ôte rien de sa richesse ; mais il hait des serviteurs ingrats. La reconnaissance est agréable à ses yeux. Personne ne portera le fardeau d’un autre. Vous reviendrez tous à lui, et il vous montrera vos œuvres.

Il connaît les replis des cœurs.

Lorsque le malheur atteint l’homme, il élève vers lui sa voix suppliante ; à peine est-il soulagé, qu’il oublie le bienfaiteur, et offre à des idoles un encens coupable. Annonce à l’ingrat qu’il jouira peu de son infidélité, que l’enfer sera son partage.

En serait-il de même de l’homme pieux, qui, dans l’ombre de la nuit, adore le Seigneur, debout, ou prosterné, qui craint le jugement et espère la miséricorde divine ? Dis : le sage et l’insensé peuvent-ils être comparés ? Ceux qui ont un cœur sentent la différence.

Dis : ô vous qui croyez ! craignez le Seigneur. Ceux qui pratiquent la vertu dans cette vie en recevront le prix dans l’autre. La terre du Seigneur est étendue. Les persévérans obtiendront une récompense glorieuse.

Dis : Dieu m’a commandé de le servir, de lui montrer une foi pure, et d’être le premier des croyans.

Dis : si je désobéis aux ordres du ciel, je crains les tourmens du grand jour.

Dis : serviteur de Dieu, mon cœur lui offre l’hommage d’une foi pure.

Dis : adorez à votre gré des divinités étrangères. L’impie qui perd son âme et sa famille, au jour du jugement, ne fait-il pas une perte irréparable ?

Dis : un tourbillon de feu couvrira leurs têtes, et enveloppera leurs pieds. Dieu offre cette peinture véritable et effrayante à ses serviteurs, afin qu’ils craignent sa justice.

Promets la félicité à ceux qui, renonçant au culte des idoles, reviennent à Dieu ; promets-la à mes serviteurs qui, dociles à ma voix, recherchent la perfection : ce sont eux que Dieu éclaire ; ce sont eux qui ont la sagesse.

Sauveras-tu celui dont l’arrêt fatal est prononcé ? Il est déjà la proie des flammes.

Ceux qui craignent le Seigneur habiteront le palais élevé, près duquel coulent des ruisseaux. Dieu l’a promis, et ses promesses sont infaillibles.

N’as-tu pas vu comment Dieu abaisse les nuages qui versent la pluie ? Comment il la rassemble en ruisseaux qui coulent à travers les campagnes ? L’eau pénètre dans le sein de la terre, et fait éclore les plantes, dont les couleurs sont variées à l’infini. La chaleur jaunit les moissons. Elles tombent sous le tranchant de la faux. Tous ces effets servent à l’instruction du sage.

Celui dont Dieu dilate le cœur, en y faisant germer l’islamisme, suit le flambeau de la foi. Malheur à ceux qui, endurcis dans le crime, rejettent les préceptes divins ! Ils sont plongés dans l’aveuglement.

Le ciel t’a envoyé le plus excellent des livres. La même doctrine y est sans cesse répétée. Ceux qui craignent le Seigneur frissonnent à sa lecture ; leur effroi s’adoucit par degrés, et ils reçoivent avidement la parole divine. Le Coran est la lumière de Dieu. Par elle il dirige ses élus ; mais ceux qu’il égare ne retrouvent plus le droit chemin.

L’infidèle ne craint-il point que le sceau de la réprobation ne soit imprimé sur son front, au jour du jugement ? Alors on dira aux méchans : subissez des peines que vous avez méritées.

Les générations passées accusèrent leurs apôtres d’imposture. Elles furent punies à l’instant où elles ne s’y attendaient pas.

Couvertes d’opprobre sur la terre, elles éprouveront dans l’autre monde des supplices bien plus terribles. Si elles l’eussent su !

Le Coran offre aux hommes des exemples variés, afin de les instruire.

Il est écrit en arabe. Sa doctrine est simple et claire. Il prêche la crainte du Seigneur.

Dieu propose l’exemple d’un esclave qui a plusieurs maîtres divisés entre eux, et d’un autre qui n’a qu’un maître. Ces deux hommes ont-ils un sort pareil ? Louange à l’Éternel ! La plupart ne le connaissent pas.

Tu mourras, et ils mourront.

Au jour de la résurrection, vous plaiderez tous votre cause devant Dieu.

Quoi de plus impie que de blasphémer contre sa majesté suprême, que d’accuser la vérité de mensonge ? L’enfer ne sera-t-il pas le réceptacle des impies ?

Ceux-là ont la crainte du Seigneur qui suivent lu vérité et qui croient en elle.

Le Tout-Puissant accomplira les désirs de ceux qui auront fait le bien. Il les lavera de leurs fautes, et leur accordera le paradis pour prix de leurs vertus.

La protection divine te suffit. Ils voudront t’effrayer au nom de leurs idoles ; mais celui que Dieu égare n’a plus de guide.

Celui qu’il conduit ne s’égarera point. N’est-il pas le Dieu puissant et vengeur ?

Demande-leur : Quel est le créateur du ciel et de la terre ? Ils répondent : C’est Dieu. Pensent-ils donc que les idoles qu’ils associent à sa puissance peuvent empêcher le bien ou le mal qu’il veut me faire ? Le bras du Tout-Puissant est mon appui. C’est en lui que les sages mettent leur confiance.

Dis-leur : Réunissez vos efforts ; j’agirai de mon côté, et bientôt vous saurez

Qui de nous sera la proie des supplices, et pour qui s’allumeront les feux éternels.

Nous t’avons envoyé du ciel le livre où la vérité parle aux hommes. Celui qui la suit, et celui qui s’en écarte travaillent chacun pour soi. Tu n’es pas l’avocat du genre humain.

Dieu envoie la mort à l’homme. Souvent elle le frappe dans les bras du sommeil.

Il appelle à lui ceux dont l’arrêt est prononcé. Il laisse les autres accomplir leur carrière. Ce sont là des signes pour ceux qui réfléchissent.

Prendrez-vous d’autres protecteurs que Dieu ? Décernerez-vous un culte à des divinités dépourvues de pouvoir et d’intelligence ?

Dis : Lui seul a le droit de protéger. Il est le roi du ciel et de la terre. Vous retournerez tous à lui.

Ceux qui ne croient point à la vie future frémissent d’horreur au nom d’un Dieu unique. Le souvenir de leurs idoles répand la joie dans leurs cœurs.

Dis : Dieu suprême, créateur des cieux et de la terre, toi dont l’œil perce dans l’ombre du mystère, toi pour qui tout est dévoilé, tu jugeras les différens des faibles humains.

Si les pervers possédaient deux fois autant de trésors que la terre en contient, ils les donneraient pour se racheter de l’horreur des supplices qui leur sont préparés. Dieu leur fera voir ce qu’ils n’attendaient pas.

Il exposera devant eux les crimes qu’ils ont commis. Les flammes, objets de leurs railleries, les envelopperont.

Lorsque l’infortune assiége l’homme, il nous invoque. A peine lui avons-nous tendu une main secourable qu’il dit : Je méritais cette faveur. Mais ce bienfait est une épreuve, et la plupart l’ignorent.

Les générations passées tenaient le même langage. A quoi leur ont servi leurs œuvres ?

Elles en ont reçu le châtiment. Les impies de nos jours éprouveront un semblable destin. Ils ne sauraient arrêter le bras vengeur.

Ignorent-ils que Dieu dispense ou retire ses faveurs à son gré, afin de donner aux croyans des preuves de sa puissance ?

O mes serviteurs qui avez péché ! ne désespérez point de la miséricorde divine. Elle peut pardonner tous les crimes. Le Seigneur est indulgent et miséricordieux.

Retournez à lui, embrassez l’islamisme avant que vous éprouviez la punition après laquelle il n’y a plus d’espoir.

Suivez la vraie doctrine descendue du ciel, avant qu’une invisible main vous frappe tout à coup.

Malheur à moi, s’écriera l’impie ! Pourquoi n’ai-je pas obéi à Dieu ? Pourquoi me suis-je moqué de sa religion ?

Hélas ! s’il m’eût éclairé, j’aurais été au nombre de ceux qui le craignent.

A la vue des tourmens, il s’écriera : Que ne puis-je retourner sur la terre ? Je pratiquerais la vertu.

Je t’ai offert des signes frappans. Livré à l’orgueil et à l’infidélité, tu as dédaigné d’ouvrir les yeux.

Au jour de la résurrection, le front des blasphémateurs sera couvert de ténèbres. L’enfer ne serait-il pas le réceptacle des superbes ?

Ceux qui ont eu la crainte du Seigneur seront sauvés. Ils posséderont le séjour du bonheur. Le mal et la peine n’approcheront point d’eux.

Dieu a créé l’univers. Il le gouverne. Les clefs du ciel et de la terre sont dans ses mains. Ceux qui nient ses oracles seront réprouvés.

Hommes insensés, m’ordonnerez-vous d’adorer un autre que lui ?

Dieu t’a révélé, il a révélé aux peuples anciens que l’idolâtrie rend les œuvres vaines, et assure la réprobation.

Adresse ton encens à Dieu, et lui rends des actions de grâces.

Les infidèles ont mal jugé de sa puissance. Au jour de la résurrection, il prendra la terre dans sa main gauche, et il placera les cieux dans sa main droite. Gloire au Très-Haut ! Anathème aux idoles !

Au premier son de la trompette, tous les êtres créés au ciel et sur la terre mourront, excepté ses élus ; la trompette retentira une seconde fois, et tous ressusciteront et ouvriront des yeux étonnés.

La terre sera resplendissante de la gloire du Tout-Puissant. On apportera le livre[34]. Les prophètes et les témoins s’avanceront. La vérité présidera au jugement des hommes. Aucun d’eux ne sera trompé.

Chacun satisfera pour ses œuvres. Dieu connaît toutes les actions.

Les infidèles seront condamnés à l’enfer. Ils y descendront par troupes. Les portes de l’abîme s’ouvriront, et on leur demandera : Des prophètes ne se sont-ils pas levés du milieu de vous ? Ne vous ont-ils pas prêché la vraie religion ? Nous avons entendu leurs prédications, répondront-ils. Mais les infidèles étaient prédestinés au feu.

On leur dira : Entrez dans l’enfer. Vous y demeurerez éternellement. Il est le séjour affreux des superbes.

Ceux qui ont craint le Seigneur seront conduits par troupes dans le jardin de délices. A leur arrivée les portes s’ouvriront, et on leur dira : La paix soit avec vous. Jouissez de la félicité.

Louanges à Dieu ! s’écrieront-ils. Il a accompli ses promesses. Il nous avait mis sur la terre pour gagner le séjour éternel. Sa vaste étendue est notre héritage. Gloire à la récompense de ceux qui ont travaillé !

Les anges, les pieds nus autour du trône sublime, publieront les louanges du Très-Haut. Lorsque la vérité éternelle aura prononcé le jugement du genre humain, ils crieront d’une voix unanime : Louange à Dieu souverain des mondes !





LE CROYANT.


donné à la mecque, composé de 85 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


N. M. Le Dieu puissant et sage t’a envoyé le Coran.

C’est lui qui pardonne les péchés, qui reçoit la pénitence, et qui exerce une vengeance terrible.

Il est le Dieu infini et unique. Il est le terme de toutes choses.

Les infidèles seuls disputent contre la religion sainte. Que leurs succès ne s’imposent pas.

Le peuple de Noé accusa ses prophètes d’imposture. Les peuples qui l’ont suivi, révoltés contre leurs apôtres, attentèrent à leurs jours. Armés du mensonge, ils voulurent anéantir la vérité. Le courroux du ciel les a fait disparaître ; et quel a été leur châtiment.

L’arrêt qui condamne les infidèles s’accomplira. Ils seront la proie des flammes.

Les esprits qui portent le trône sublime et qui l’environnent publient les grandeurs de l’Éternel, et lui adressent cette prière : Seigneur, pardonne aux croyans. Ta miséricorde et ta science embrassent l’univers. Pardonne à ceux qui ont fait pénitence, et qui suivent les lois saintes. Délivre-les du feu de l’enfer.

Seigneur, introduis-les dans les jardins d’Éden que tu leur as promis. Accorde le même bonheur à leurs pères, leurs épouses et leurs enfans qui auront été vertueux. Ta puissance et ta sagesse sont infinies.

Seigneur, écarte d’eux les peines éternelles. Celui pour qui tu feras éclater ta miséricorde au jour du jugement jouira du plus grand des bienfaits.

Les incrédules entendront ces paroles : La haine de Dieu est plus violente que celle que vous avez eue pour vous-mêmes, lorsqu’appelés à la foi vous avez refusé d’obéir.

Seigneur, diront-ils : Tu nous as fait mourir et revivre deux fois ; nous avons confessé nos péchés ; serons-nous éternellement dévoués au malheur ?

Vous avez nié l’unité de Dieu ; vous avez offert de l’encens aux idoles ; le Très-Haut, le Dieu suprême a prononcé l’arrêt de votre condamnation.

Dieu vous offre partout des signes de sa puissance. Votre nourriture est un bienfait du ciel ; mais il ne donne l’intelligence qu’à ceux qui le servent.

Peuples, invoquez le Seigneur. Montrez-lui une foi pure malgré l’horreur qu’elle inspire aux infidèles.

Celui qui est élevé au plus haut degré de gloire, qui est assis sur le trône sublime, envoie son esprit à ses élus, afin qu’ils prêchent la résurrection.

Le jour où les hommes sortiront du tombeau, ils ne pourront se cacher aux regards de l’Éternel. Quel est le juge suprême du grand jour ? C’est le Dieu unique et victorieux. Dans ce jour, chacun recevra le prix de ses œuvres. Personne ne sera trompé. Dieu est exact dans ses comptes.

Menace-les de cet instant terrible où les cœurs seront saisis d’effroi.

Les méchans n’auront ni ami ni intercesseur qui prenne leur défense.

Dieu connaît et la fraude des yeux, et les secrets des cœurs.

L’équité prononcera l’arrêt. Leurs idoles ne jugent rien ; mais Dieu voit et entend.

N’ont-ils pas parcouru la terre ? N’ont-ils pas vu quel a été le sort des nations anciennes ? Elles étaient plus puissantes qu’ils ne sont. Des monumens attestent leur grandeur. Le glaive de la justice divine les a exterminées au milieu de leurs forfaits, et rien n’a pu les soustraire à sa vengeance.

Elles furent rebelles à la voix des prophètes. Le Seigneur les fit disparaître, parce qu’il est fort et terrible dans ses châtimens.

Moïse fut revêtu du caractère d’apôtre, et de la puissance des miracles.

Il prêcha la parole divine devant Pharaon, Haman et Caron, et ils dirent : Cet homme est un faux prophète.

Lorsqu’il leur eut fait voir la vérité, ils s’écrièrent : Mettons à mort tous les enfans mâles des croyans. Mais la perfidie des infidèles s’évanouit dans l’ombre.

Laissez-moi punir Moïse de mort, dit le roi ; je crains qu’il ne fasse changer mon peuple de religion, et qu’il ne ravage mon empire.

Dieu est mon Seigneur et le vôtre, reprit Moïse ; il me protégera contre l’orgueilleux qui ne croit point au jour où l’on rendra compte.

Un des parens du prince qui était fidèle et qui cachait sa croyance, lui dit : Mettrez-vous à mort un homme, parce qu’il déclare que son Seigneur est Dieu ? Il vous a fait voir des prodiges. Si c’est un fourbe, son mensonge retombera sur lui. S’il vous annonce la vérité, vous éprouverez une partie des fléaux dont il vous menace. Dieu n’est point le complice de l’imposteur ni du scélérat.

O Égyptiens ! aujourd’hui vous commandez sur la terre ; votre empire est florissant ; mais qui vous mettra à l’abri du courroux du ciel, s’il veut vous punir ? Je ne vous ordonne rien que de juste, répliqua Pharaon. La droite raison est tout ce que je vous propose.

O Égyptiens ! ajouta le croyant, je tremble que le sort des nations rebelles ne soit votre partage ;

Je crains pour vous le châtiment du peuple de Noé, d’Aod, de Themod,

Et des générations qui les ont remplacés sur la terre. Dieu ne veut point l’oppression de ses serviteurs.

O Égyptiens ! le jour où l’on rendra compte me fait trembler pour vous.

Ce jour où vous serez chassés de la présence de Dieu, vous ne trouverez point d’abri contre sa colère. Celui qu’il égare ne retrouve plus le vrai chemin.

Déjà Joseph vous a prêché la religion sainte. Vous en avez douté, et après sa mort vous avez dit : Dieu n’enverra plus d’apôtre. Il répand les ténèbres autour de ceux qui doutent, et qui sont prévaricateurs.

Ceux qui disputent sur la religion sans être éclairés du ciel, ne remporteront que la haine de Dieu et des fidèles. Il a imprimé le sceau de la réprobation sur les cœurs opiniâtres et orgueilleux.

Qu’on bâtisse une tour élevée, dit Pharaon à Haman, afin que je monte vers les portes du ciel.

Je veux m’approcher du Dieu de Moïse, quoique ce qu’il m’annonce me paraisse une imposture.

Ainsi, Pharaon mettant sa gloire dans l’impiété, s’écarta du droit chemin ; mais ses piéges ne tournèrent qu’à sa ruine.

O Égyptiens ! suivez-moi, répétait le fidèle ; je vous conduirai dans les voies de la justice.

Ce monde ne promet que des jouissances passagères ; la vie future vous offre le palais éternel.

Le malheur sera le prix du méchant. Le croyant vertueux entrera dans le jardin de délices. Il y sera comblé de biens sans nombre.

O Égyptiens ! ma voix vous invite au bonheur, et vous voulez m’entraîner dans les flammes.

Vous me proposez l’infidélité, et le culte de vos idoles, et je vous exhorte à adorer le Dieu puissant et miséricordieux.

Vos dieux ne sauraient exaucer les vœux des mortels dans ce monde ni dans l’autre. Nous devons tous retourner devant l’Être Suprême. Les prévaricateurs seront la proie des flammes ; ce sont des vérités incontestables.

Vous vous rappellerez mes exhortations. Je remets ma cause dans les mains du Tout-Puissant. Il veille sur ses serviteurs.

Le Seigneur délivrera le fidèle des piéges qu’on lui tendait. L’arrêt fatal fut prononcé contre la famille de Pharaon.

Victimes des flammes, ils y sont plongés le soir et le matin ; et quand le temps arrêtera son cours, on leur dira : Entrez dans le séjour des plus affreux tourmens.

Là on entendra les plaintes des infidèles : nous vous avons suivis, dira le vulgaire à ses chefs orgueilleux ; nous délivrerez-vous maintenant du feu qui nous dévore ?

Nous y sommes plongés comme vous, répondront leurs docteurs ; la sentence de notre condamnation est prononcée.

Portez nos cris au Seigneur, diront-ils aux gardiens de l’enfer[35] : priez-le qu’il suspende un seul jour nos souffrances.

Ne vous est-il pas venu des apôtres ? N’avez-vous pas entendu leurs prédications ? Nous les avons entendues. Hé bien, élevez vous-mêmes vos vœux vers le ciel ; mais la prière des pervers se perd dans les ténèbres.

Notre protection puissante veillera sur les messagers de la foi et des croyans, dans ce monde, et au jour du témoignage.

Dans ce jour, l’excuse des coupables sera vaine ; la malédiction les environnera, et l’enfer sera leur partage.

Nous donnâmes à Moïse le Pentateuque. Le peuple Hébreu en a hérité. Ce livre est la lumière et le guide des sages.

Sois patient ; les promesses de Dieu sont véritables. Demande pardon de tes fautes, et loue le Seigneur le soir et le matin.

Ceux qui sans être autorisés du ciel, disputent sur la religion, sont animés par l’orgueil. Leurs efforts seront vains. Mettez votre espoir dans le Seigneur. Il voit et entend.

La création du ciel et de la terre, est plus merveilleuse que celle de l’homme ; mais la plupart ne le conçoivent pas.

L’aveugle et celui qui voit, le croyant vertueux et le scélérat chargé de forfaits, n’éprouveront point un sort égal. Combien peu réfléchissent !

L’heure viendra ; on n’en saurait douter ; cependant le plus grand nombre des hommes rejette cette vérité.

Invoquez-moi, dit le Seigneur, je vous exaucerai. L’orgueilleux qui dédaignera de porter mon joug, descendra dans l’enfer, couvert de mépris.

Dieu a établi la nuit pour reposer, et le jour pour agir. Il est bienfaisant envers les humains, et le plus grand nombre lui refuse des actions de grâces.

Il est votre Seigneur. Il a tiré tous les êtres du néant ; il est le Dieu unique. Pourquoi vous éloignez-vous de lui ?

Ceux-là s’en éloignent qui nient sa religion.

Il a affermi la terre sous vos pas. Il a élevé le firmament sur vos têtes. Il vous a donné une forme agréable. Sa bonté vous offre des alimens purs et salutaires. Il est votre Seigneur. Béni soit le Dieu souverain des mondes !

Il est le Dieu vivant et unique. Invoquez-le avec une foi sincère. Gloire à Dieu souverain des mondes !

Favorisé des oracles divins, le culte de vos idoles m’est interdit. Le ciel m’a commandé d’embrasser l’islamisme, c’est le culte du souverain des mondes.

Dieu vous a successivement formés de poussière, d’eau, de sang congelé. Enfans, vous entrez dans la carrière de la vie ; vous parvenez ensuite à la vigueur de l’âge, et bientôt la vieillesse vous atteint. Beaucoup finissent leur course avant d’y parvenir ; mais tous arrivent au terme marqué par l’Éternel. Ces divers degrés par où l’homme passe doivent servir à son instruction.

Dieu donne la vie et la mort. A sa voix les êtres sortent du néant.

Vois ceux qui combattent la doctrine divine : dans quelles erreurs ils se plongent !

Ceux qui nient le Coran et la mission des apôtres, verront.

Le cou chargé de chaînes, ils seront traînés dans les brasiers de l’enfer.

On leur demandera : Où sont les divinités que vous égaliez au Très-Haut ? Elles ont disparu, diront-ils. Ils nieront le culte qu’ils leur auront rendu. C’est ainsi que Dieu égare les idolâtres.

Votre réprobation, continuera-t-on, est le fruit de vos joies folles et de vos plaisirs coupables.

Descendez dans l’enfer, séjour déplorable des superbes.

Sois patient ; les promesses de Dieu sont infaillibles ; et soit qu’une partie de nos menaces s’accomplisse sous tes yeux, soit que ta mort les prévienne, tous les hommes comparaîtront devant notre tribunal.

Plusieurs prophètes [36] t’ont précédé. Nous t’avons récité l’histoire de quelques-uns d’eux ; nous te laissons ignorer celle des autres. Tous les prodiges qu’ils opérèrent furent l’effet de nos ordres. Lorsque Dieu commandera, l’équité terminera tous les débats des mortels. Ceux qui auront voulu abolir son culte périront.

Les animaux sont un bienfait du ciel. Ils vous servent de monture et d’aliment.

Vous en retirez divers avantages. Ils vous portent rapidement aux lieux où vous voulez parvenir. Ils sont pour vous sur la terre, ce qu’est le vaisseau sur les mers.

C’est ainsi que Dieu vous donne des marques de sa bonté. Lequel de ses bienfaits nierez-vous ?

N’avez-vous pas voyagé sur la terre ? N’avez-vous pas considéré quel fut le sort des peuples qui l’habitèrent avant vous ? Plus nombreux, plus puissans que vous ne l’êtes, ils ont laissé des monumens de leur grandeur. A quoi leur a servi leur puissance ?

Lorsque les envoyés du Très-Haut les invitèrent à embrasser la foi, ils se moquèrent de leur doctrine. Leurs railleries sont retombées sur eux-mêmes.

A la vue de nos fléaux, ils s’écrièrent : Nous croyons en un seul Dieu, et nous abandonnons le culte de nos idoles ?

Mais leur foi a été vaine. Ils n’ont cru que lorsqu’ils ont senti le fouet vengeur. L’arrêt prononcé contre les coupables a eu son exécution, et ils ont péri dans leur infidélité.





L'EXPLICATION.


donné à la mecque, composé de 55 versets
______


Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


H. M. Le Dieu clément et miséricordieux t’a envoyé le Coran.

Il est le dépôt de la vraie foi. Il est écrit en arabe. Il instruit les sages.

Il promet, il menace. La plupart s’en éloignent, et ne veulent point entendre.

Nos cœurs, disent-ils, sont fermés à ta voix. Un poids bouche nos oreilles. Une voix s’élève entre nous et toi. Suis tes principes ; nous suivrons les nôtres.

Dis-leur : Je ne suis qu’un mortel comme vous. Le ciel m’a révélé qu’il n’y a qu’un Dieu. Soyez justes devant lui. Implorez sa miséricorde. Malheur aux idolâtres !

Malheur à ceux qui rejettent le précepte de l’aumône, et qui nient la vie future !

Le fidèle qui exercera la bienfaisance jouira d’un prix inestimable.

Refuserez-vous de croire à celui qui a créé le ciel et la terre en deux jours [37] ? Donnerez-vous un égal au souverain des mondes ?

Il éleva sur sa surface les montagnes. Il bénit son ouvrage. Dans quatre jours il créa tout ce qui sert d’aliment aux êtres animés.

Il porta ses regards vers le ciel qui n’était qu’un amas de fumée. Il dit au ciel et à la terre : Venez, obéissez à ma voix. Le ciel et la terre répondirent : Nous obéissons.

Il forma les sept cieux dans deux jours. Il prescrivit à chacun son emploi. Il orna le firmament d’astres lumineux, et lui donna des gardiens : tel fut l’ordre que le créateur suprême établit dans l’univers.

S’ils rejettent ces vérités, prédis-leur le sort de Themod et d’Aod.

Les ministres de la foi leur prêchèrent le culte d’un Dieu unique. Ils répondirent : S’il eût voulu nous éclairer, il nous aurait envoyé des anges. Nous nions votre mission.

Les Adéens livrés à l’orgueil et à l’iniquité s’écrièrent : Qui peut nous le disputer en puissance ? Ne voyaient-ils pas que le Dieu qui les avait créés était plus puissant qu’eux ? Ils rejettèrent la vraie religion.

Nous déchaînâmes contre eux un vent violent dans les jours du malheur. Punis, chargés d’opprobres dans cette vie, ils subiront des peines plus honteuses dans l’autre, et ils ne trouveront point de défenseur.

Nous prêchâmes la vérité aux Thémudéens : Il préférèrent l’aveuglement à la lumière. Le courroux du ciel les fit disparaître. L’opprobre sera le prix de leurs crimes.

Les croyans et ceux qui craignent le Seigneur, furent à l’abri de nos fléaux.

Un jour les ennemis de Dieu rassemblés seront entraînés dans les flammes.

Leurs oreilles, leurs yeux, leurs peaux rendront témoignage de leurs actions.

Pourquoi, leur diront les coupables, témoignez-vous contre nous ? Ils répondront : Dieu nous y force. Il commande, et les êtres inanimés parlent. Il est votre créateur, et le terme de toutes choses.

Vous ne pouviez vous soustraire au témoignage de vos oreilles, de vos yeux, de vos peaux, et vous vous flattiez que Dieu ignorerait une partie de vos œuvres.

Cette pensée vous a perdus. Elle est la source de votre malheur.

La patience ne diminuera rien de l’ardeur des flammes. Leurs prières et leurs vœux seront rejetés.

Adorateurs des démons qui leur faisaient des peintures trompeuses du présent et de l’avenir, ils ont été soumis à l’arrêt lancé contre les générations passées et les esprits rebelles ; la réprobation est leur partage.

N’écoutez point la lecture du Coran, disent les infidèles. Armés de plaisanteries, efforcez-vous de l’ensevelir dans l’oubli.

Les tourmens puniront leur incrédulité.

Nous leur rendrons le mal qu’ils ont fait.

Des flammes éternelles seront le prix des ennemis de Dieu qui ont nié la vérité de sa religion.

Seigneur, s’écrieront les réprouvés, montre-nous les faux docteurs et les démons qui nous ont séduits [38], afin que nous les foulions aux pieds et que nous les chargions d’opprobres.

Nous enverrons les anges porter à l’adorateur d’un Dieu unique, à l’homme juste mourant, ces paroles consolantes : Bannis la crainte et le chagrin ; nous t’annonçons le jardin de délices.

Nous fûmes tes protecteurs sur la terre, nous le serons dans le ciel. Va t’enivrer des plaisirs éternels. Forme des vœux, ils seront accomplis.

Le miséricordieux a préparé ce séjour pour ses élus. Quoi de plus louable que d’élever la voix pour appeler les mortels à Dieu, que de travailler pour faire le bien et de dire : Je suis musulman ?

Le bien et le mal n’auront point une égale récompense. Exerce la bienfaisance envers ton ennemi, et il deviendra un ami tendre.

Il n’y a que l’homme qui sait souffrir, capable de cette générosité, ou celui dont l’excès du bonheur a élevé l’âme.

Si le tentateur te sollicite au crime, cherche un asile dans le sein de Dieu ; il voit et entend.

La nuit, le jour, le soleil et la lune publient ses grandeurs. N’adorez point le soleil ni la lune. Adorez Dieu qui les a tirés du néant, si vous êtes au nombre de ses serviteurs.

Si l’orgueilleux lui refuse son hommage, les esprits qui sont en sa présence le louent nuit et jour. Ils ne s’ennuient jamais de célébrer ses louanges.

Vois la terre stérile s’émouvoir et s’enfler lorsque la pluie pénètre son sein ; c’est un signe de la puissance divine. Celui qui la vivifie rend la vie aux morts. Rien ne limite sa puissance.

Nous connaissons ceux qui se jouent de notre doctrine. L’impie condamné au feu sera-t-il mieux partagé que le fidèle qui verra sans crainte le jour de la résurrection ? Agissez au gré de vos désirs. Il voit vos actions.

Ils ont refusé de croire au Coran ; et il est le livre par excellence.

Aucun des livres sacrés ne l’a accusé de fausseté. Celui qui possède la sagesse et la louange l’a fait descendre sur la terre.

La calomnie ne t’épargnera pas davantage que les prophètes qui t’ont précédé. Si Dieu est indulgent, il est terrible dans ses vengeances.

Si nous avions écrit le Coran dans un idiome étranger, ils se seraient écriés : Pourquoi n’est-il pas écrit dans notre langue ? Réponds-leur : Son style est-il barbare ? Son auteur est-il arabe ? Ce livre est la lumière et la guérison des croyans. Les incrédules ont un poids dans les oreilles. Un nuage couvre leurs yeux. Ils n’entendront point.

Nous donnâmes le Pentateuque à Moïse, sujet de mille débats. D’un mot, Dieu pouvait les terminer. Il ne l’a pas voulu. Les Hébreux flottent encore dans le doute et l’incertitude.

L’homme vertueux et le méchant travaillent chacun pour soi. Dieu ne fera d’injustice à personne.

Il s’est réservé la connaissance de l’heure. Le fruit qui perce sa tendre enveloppe, l’enfant que la mère porte dans son sein, celui qu’elle met au jour lui sont connus. Un jour il appellera les idolâtres, et leur demandera : Où sont les dieux que vous associiez à ma puissance ? Nous l’avons déclaré, Seigneur, nous n’en avons point de connaissance.

Les idoles se déroberont à leurs regards, et ils verront qu’il n’est plus pour eux d’asile.

L’homme ne se lasse point de demander les biens terrestres, et lorsque le malheur le visite, il se désespère, il perd confiance.

Faisons-nous succéder, aux disgrâces, les jours brillans de la prospérité, il regarde nos bienfaits comme une dette, et nie la résurrection ; quand même, ajoute-t-il, je retournerais à Dieu, la félicité serait mon partage.

Nous dévoilerons aux infidèles les crimes qu’ils ont commis, et nous leur ferons éprouver des tourmens rigoureux.

Comblés de nos faveurs, ils s’éloignent de nous ; à peine ont-ils senti les atteintes de l’adversité qu’ils nous adressent de longues supplications.

Si le Coran vient de Dieu et que vous rejetiez sa doctrine, est-il un égarement comparable au vôtre ? Que pensez-vous de cette vérité ?

Le ciel et la terre leur offriront des prodiges ; ils seront frappés eux-mêmes jusqu’à ce qu’ils reconnaissent que le Coran est la vérité. Ne leur suffit-il pas pour croire, que Dieu soit le témoin universel ?

Ne doutent-ils pas de la résurrection ? La science du Tout-Puissant n’embrasse-t-elle pas l’univers ?





LE CONSEIL.


donné à la mecque, composé de 53 versets
______


Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


H. M. A. S. K. Le Dieu puissant et sage t’inspire. Il inspira les prophètes venus avant toi.

Le ciel et la terre composent son domaine. Il est le Très-Haut, le Très-Grand.

Peu s’en faut que les cieux ne s’affaissent sous sa majesté suprême. Les anges chantent ses louanges. Ils croient en lui. Ils implorent sa clémence pour ceux qui sont exilés sur la terre. N’est-il pas le miséricordieux ?

Tu n’es point l’avocat de ceux qui prennent pour protecteurs des dieux étrangers. Il voit leurs œuvres.

Nous t’avons révélé le Coran en arabe, afin que tu le prêches à la Mecque et dans les villes voisines. Annonce le jour du jugement. On ne saurait douter de sa venue. Une partie du genre humain entrera dans le paradis, et l’autre descendra dans l’enfer.

Si Dieu eût voulu, la même religion embrasserait la terre ; mais il fait part de sa miséricorde à qui lui plaît. Les méchans seront sans protecteur et sans espoir.

Rechercheront-ils une protection étrangère ? A dieu seul appartient le droit de protéger. Il fait revivre les morts. Sa puissance n’a point de bornes.

Il prononcera, et tous vos différens seront terminés. Il est mon Seigneur. J’ai mis en lui ma confiance. Je retournerai à lui.

Architecte du ciel et de la terre, il a formé des épouses de votre sang. Il a créé tous les animaux mâles et femelles. Il vous fait multiplier par le mariage. Rien ne lui ressemble. Il entend et observe tout.

Les clefs du ciel et de la terre sont dans ses mains. Il dispense ou retire ses trésors à son gré. Sa science embrasse l’univers.

Il vous a fait une loi de son culte sacré, de ce culte qu’il prescrivit à Noé, qu’il t’a révélé, qu’il recommanda à Abraham, Moïse, Jésus. Embrassez l’islamisme. Qu’aucun schisme ne vous divise. Il punira rigoureusement l’idolâtrie.

Ta voix appelle les hommes à l’islamisme. Dieu choisit ceux qu’il veut. Il éclairera ceux qui se convertiront à lui.

La prédication de l’unité de Dieu a fait naître des débats envenimés par l’envie. Si l’arrêt qui diffère le châtiment des incrédules n’eût été prononcé, le ciel aurait terminé leurs querelles. Les juifs et les chrétiens doutent de la vérité.

Invite-les à embrasser l’islamisme. Observe la justice qui t’a été commandée. Ne condescends point à leurs désirs, et dis : Je crois aux livres sacrés. Le ciel m’a ordonné de vous juger équitablement. Nous adorons le même Dieu. Nous avons nos œuvres et vous les vôtres. Que la paix règne parmi nous ; L’Éternel prononcera sur notre sort. Il est le terme de toutes choses.

Si vous disputez sur la religion qu’on a commandé au prophète de prêcher, vos œuvres seront vaines devant Dieu, et vous serez frappés de sa colère et de ses châtimens.

L’éternelle sagesse t’a envoyé le Coran. Qui t’apprendra si l’heure est proche ?

L’incrédule voudrait la hâter. Le croyant qui sait qu’elle est véritable l’appréhende. Ceux qui en combattent la certitude, ne sont-ils pas dans une erreur profonde ?

Dieu est propice à ses serviteurs. Il dispense ses dons à son gré. Il est fort et puissant.

Celui qui soupire après les biens célestes jouira d’un bonheur infini. Celui qui demande les biens terrestres les recevra ; mais il n’aura point de part à la vie future.

Les divinités qu’ils adorent leur commandent-elles des actions rejetées de Dieu ? S’il n’avait prononcé sur le jour de la séparation, leur sort serait à l’instant décidé. Les supplices seront le partage des scélérats.

Vous verrez les méchans épouvantés de leurs crimes, et écrasés de leurs poids ; mais les croyans qui auront exercé la bienfaisance habiteront les bosquets du jardin de délices. Tous leurs vœux seront accomplis. Ils jouiront de la félicité suprême.

Tel est le bonheur que Dieu promet à ceux qui joindront à la foi le mérite des bonnes œuvres ; dis : Je ne vous demande pour prix de mon zèle que la piété envers vos proches. L’humanité aura sa récompense. Dieu est indulgent et reconnaissant.

Diront-ils : Mahomet prête à Dieu de faux oracles ? Il imprimera sur ton cœur le sceau de la patience. Il détruira le mensonge, et confirmera la vérité de sa parole. Il sonde le fond des cœurs.

Dieu reçoit la pénitence de ses serviteurs. Il pardonne leurs offenses, et connaît leurs œuvres.

Il exauce les croyans qui font le bien. Il les comble de ses grâces, et destine aux idolâtres un supplice rigoureux.

L’excès de la prospérité leur eût fait oublier la modération. Dieu dispense ses dons avec mesure, et à qui il lui plaît. Il fait ce qui convient à ses serviteurs.

Alors que les peuples désespèrent de la pluie, il se souvient de sa miséricorde, et la verse sur les campagnes. Il est le protecteur comblé de louanges.

La création du ciel, de la terre, et de tous les animaux répandus sur sa surface, atteste sa puissance. Il peut à son gré les rassembler où il voudra.

Les maux qui vous assiégent sont le fruit de vos crimes. Combien ne vous en pardonne-t-il pas !

Vous ne pouvez vous soustraire à ses coups. Vous n’avez point de patron ni de défenseur contre lui.

Sa grandeur éclate dans les vaisseaux qui s’élèvent sur les flots comme des montagnes. Il suspend le souffle des vents, et les montagnes flottantes deviennent immobile sur le dos de la plaine liquide. Ces marques de sa puissance sont sensibles pour celui qui souffre et qui est reconnaissant.

Si les crimes des mariniers ont mérité sa colère, il les submerge ; mais souvent sa clémence l’emporte sur sa justice.

Ceux qui combattent sa doctrine verront qu’il n’y aura point de refuge pour eux.

Les biens terrestres sont passagers. Les trésors du ciel sont plus précieux, plus durables. Dieu les destine aux croyans qui ont mis en lui leur confiance ;

A ceux qui évitent l’iniquité et le crime, et qui font taire leur colère pour pardonner ;

A ceux qui, soumis à Dieu, font la prière, règlent leurs actions par la prudence, et versent dans le sein de l’indigent une portion de leurs richesses ;

A ceux qui repoussent l’injustice qui les attaque.

La vengeance doit être proportionnée à l’injure ; mais l’homme généreux qui pardonne a sa récompense assurée auprès de Dieu qui hait la violence.

La loi ne condamne point celui qui se venge d’une offense ;

Mais elle ordonne des peines graves contre celui qui, étouffant dans son cœur le cri de la nature, devient injuste et oppresseur. Il sera la victime des tourmens.

L’homme miséricordieux qui pardonne suit les lois établies par l’Éternel.

Celui que Dieu égare marche sans guide. Vous verrez les méchans !

Épouvantés à l’aspect des tourmens, ils s’écrieront : Une barrière insurmontable s’oppose-t-elle à notre retour sur la terre ?

Couverts d’ignominie, ils reculeront d’effroi et regarderont les flammes d’un œil consterné. Les justes diront : Les réprouvés sont ceux qui ont perdu leurs âmes et leurs familles au jour de la résurrection. Les supplices ne sont-ils pas faits pour les scélérats ?

Ils n’auront point de défenseur contre Dieu. Celui qu’il plonge dans l’erreur ne peut plus en sortir.

Obéissez à Dieu avant le jour inévitable où le refus de paraître devant lui sera inutile. Le méchant ne trouvera point d’asile. Il ne pourra nier ses forfaits.

S'ils persistent dans l’incrédulité, tu cesses d’être leur guide. La prédication seule est ton ministère. Comblé des faveurs du ciel, l’homme s’abandonne à l’ivresse de la joie ; puni de ses crimes, il devient ingrat.

L’empire du ciel et de la terre appartient à Dieu. Les êtres sortent à son gré du néant. Il donne à qui il veut des filles ou des fils.

Il commande, et la mère met au jour deux jumeaux de différens sexes. Il rend stériles celles qu’il veut. Il possède la sagesse et la puissance.

Il ne parle à l’homme que par inspiration ou derrière un voile,

Ou bien il envoie un de ses ministres pour lui faire connaître ses volontés. Il est sage et sublime.

C’est ainsi que nous t’avons envoyé notre esprit[39]. Avant cette époque heureuse, tu ne connaissais point le Coran. Nous y avons fait briller la vraie lumière. Nos élus marcheront à sa clarté. Par elle tu conduiras les hommes dans le chemin de la justice ;

Dans le chemin de Dieu souverain des cieux et de la terre. N’est-il pas le terme de toutes choses ?





LA PARURE.


donné à la mecque, composé de 89 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


H. M. J’en jure par le livre de l’instruction. Nous l’avons envoyé en arabe afin que vous le compreniez.

Nous en conservons l’original dans le ciel[40] ; il est sage et sublime. Vous priverons-nous de l’instruction divine parce que vous êtes prévaricateurs ?

Combien de prophètes ont annoncé nos lois aux peuples !

Aucun d’eux n’évita leurs railleries insultantes. Nous avons exterminé des nations plus puissantes que les Mecquois. C’est un exemple qu’ils ont sous les yeux. Demandez-leur qui est le créateur du ciel et de la terre ; ils répondent : C’est celui qui possède la puissance et la science.

C’est lui qui a aplani la terre et qui a tracé des routes pour vous conduire.

C’est lui qui verse la pluie avec mesure pour féconder les campagnes stériles. C’est ainsi qu’il ranimera les morts.

C’est lui qui a tiré tous les êtres du néant ; c’est lui qui vous a donné les vaisseaux et les quadrupèdes pour vous porter.

Portés sur la terre et les mers, ne devez-vous pas vous rappeler ses bienfaits, et dire : Louange à celui qui a fait servir les créatures à nos besoins ? Nous n’aurions pu nous procurer ces avantages.

Nous retournerons tous à Dieu.

L’homme ingrat a pensé que le Dieu suprême avait eu des enfans de ses créatures.

Aurait-il préféré des filles ? Il vous donne des fils.

Lorsqu’on vous annonce[41] ce que vous attribuez au miséricordieux, votre front se couvre d’un nuage, et vous êtes accablés de douleur.

L’Éternel serait-il le père d’un être capricieux, d’une fille dont la jeunesse se passe au milieu des ornemens et de la parure ?

Ils prétendent que les anges, ces serviteurs de Dieu, sont des filles. Ont-ils assisté à leur création ? Ils seront interrogés, et l’on écrira leur témoignage.

Ils ajoutent : Si le miséricordieux eût voulu, nous ne les aurions pas adorés. Le ciel leur avait—il commandé ce culte ? Ils blasphèment.

Leur avons-nous envoyé un livre avant le Coran ? En possèdent-ils un ?

Nous avons, continuent-ils, trouvé nos pères attachés à une religion, et nous la suivons.

Toutes les fois que nos ministres prêchèrent la foi dans une ville, les principaux du peuple leur tinrent le même langage ; Nous suivons le culte de nos pères.

Si nous vous apportons une meilleure doctrine, disaient les apôtres. Nous rejetons, répondaient les incrédules, tout ce que vous venez nous annoncer.

Nous vengeâmes nos lois méprisées. Voyez quelle fut la punition des idolâtres.

Abraham dit à son père et au peuple, je suis innocent de votre idolâtrie ;

Je n’adore que celui qui m’a créé et qui m’éclaire.

Il laissa sa croyance à ses descendans, afin qu’ils retournassent à Dieu.

J’ai détourné mes fléaux des Arabes jusqu’à ce que la vérité et le prophète soient venus les instruire.

Lorsqu’ils ont vu la vérité, ils l’ont accusée de mensonge et ont refusé de la croire.

Ils ont demandé que le Coran fût envoyé au citoyen[42] le plus puissant des deux villes.

Sont-ils les dispensateurs des grâces divines ? Nous avons partagé les biens de la terre ; nous avons établi les rangs qui distinguent les hommes, qui les élèvent, les abaissent, qui donnent à l’un la supériorité, et prescrivent à l’autre l’obéissance. Les faveurs du ciel valent mieux que leurs trésors. Si la crainte de voir toute la terre livrée à l’infidélité ne nous eût retenus, nous aurions donné à l’incrédule des maisons couvertes d’argent et des escaliers semblables pour y monter. Les portes eussent été de ce métal précieux ; les lits où ils reposent auraient offert la même richesse.

L’or eût ajouté à cette magnificence ; mais toute cette pompe n’est que l’éclat passager des biens terrestres. La récompense de la vertu est dans les mains de Dieu.

Ceux qui rejettent les préceptes divins auront Satan pour compagnon éternel ;

Il les détournera du droit chemin, et ils croiront y marcher.

Lorsqu’ils se présenteront devant notre tribunal, ils s’écrieront : Plût à Dieu qu’il y eût entre nous et toi l’espace qui sépare l’orient de l’occident ! Compagnon malheureux !

Mais au jour de la résurrection, le repentir n’empêchera point les méchants d’être réunis dans les flammes.

Peux-tu faire entendre les sourds ? Peux-tu conduire les aveugles et ceux qui sont plongés dans l’erreur ? Nous nous vengerons d’eux, soit que ta mort prévienne nos menaces,

Soit que nous te rendions témoin de leur accomplissement. Leur punition ne passe point notre puissance.

Retiens fidèlement nos révélations. Tu marches dans le chemin de la justice.

Que le Coran te serve d’instruction ; qu’il éclaire ton peuple. Vous en rendrez compte.

Interroge les prophètes qui t’ont précédé. Leur avons-nous prescrit d’autre culte que celui du miséricordieux ?

Organe de nos volontés, Moïse dit à Pharaon et à ses courtisans : Je suis le ministre du souverain des mondes.

Tandis qu’il leur annonçait les oracles divins, ils se jouaient de sa doctrine.

Nous fîmes éclater à leurs yeux des prodiges tous plus surprenans ; nous les affligeâmes afin qu’ils revinssent à nous.

Mage, dirent-ils au prophète, implore pour nous la clémence de ton Dieu, suivant l’alliance qu’il a contractée avec toi, et nous t’obéirons.

Nous suspendîmes nos fléaux, et ils violèrent leur promesse.

Pharaon ayant rassemblé ses peuples, leur dit : L’empire d’Égypte ne m’appartient-il pas ? Ce fleuve, ces canaux ne coulent-ils pas sous mes lois ? Ne pensez-vous pas ainsi ?

Ne suis-je pas préférable à un vil imposteur ?

A peine sait-il parler.

Est-il décoré de bracelets d’or[43] un cortége d’anges accompagne-t-il ses pas ?

Il accusa ses sujets de légèreté, et ils lui obéirent, parce qu’ils étaient impies.

Leurs crimes provoquèrent le courroux du ciel, et ils furent engloutis dans les eaux.

Leur châtiment servira d’exemple à la postérité.

On a proposé aux idolâtres l’exemple du fils de Marie, et ils se sont révoltés.

Vaut-il mieux que nos dieux ? se sont-ils écriés. Ils ne faisaient cette question qu’à dessein de disputer. L’esprit de dissension les anime.

Le fils de Marie n’est que le serviteur de Dieu. Le ciel le combla de ses faveurs, et le donna pour modèle aux Hébreux.

Nous pouvons vous anéantir, et faire descendre à votre place des anges sur la terre.

Jésus sera le signe certain de l’approche du jugement. Gardez-vous de douter de sa venue. Suivez-moi, c’est le chemin du salut.

Que Satan ne vous fasse pas rejeter cette vérité. Il est votre ennemi déclaré.

Lorsque Jésus parut sur la terre au milieu des miracles, il dit aux hommes : Je viens vous apporter la sagesse, et vous éclairer sur vos doutes. Craignez Dieu, et suivez ma doctrine.

Il est mon Seigneur et le vôtre ; servez-le, c’est le chemin du salut.

La dissension s’éleva parmi les chrétiens ; les sectes se formèrent : mais malheur aux méchans ! ils seront punis au jour du jugement.

Attendent-ils que l’heure fatale les surprenne au milieu de leur insouciance ?

Amis sur la terre, les méchans seront ennemis dans l’autre monde ; mais la tendre amitié suivra les justes.

O mes adorateurs ! dans ce jour il n’y aura pour vous ni chagrin ni alarmes.

Les croyans qui auront professé l’islamisme seront à l’abri de leurs atteintes.

On leur dira : Entrez dans le jardin de délices, vous et vos épouses ; ouvrez vos cœurs à la joie.

On leur présentera à boire dans des coupes d’or. Le cœur trouvera dans ce séjour tout ce qu’il peut désirer, l’œil tout ce qui peut le charmer, et ces plaisirs seront éternels.

Voici le paradis dont vos œuvres vous ont procuré la possession.

Nourrissez-vous des fruits qui y croissent en abondance.

Les scélérats seront éternellement en proie aux tourmens de l’enfer.

Leur rigueur ne s’adoucira jamais. Les coupables garderont un morne silence.

Leur sort n’est point injuste. Ils ont été injustes envers eux-mêmes.

Ils diront : O Malec [44] ! prie Dieu de nous anéantir. Il leur répondra : Vous vivrez éternellement.

Peuples, nous vous avons apporté la vraie religion ; mais le plus grand nombre d’entre vous l’ont en horreur.

Ont-ils dressé leurs embûches ? Nous leur en dressons d’autres.

Croient-ils que nous ne connaissons pas leurs secrets ? que nous n’entendons pas leurs discours ? Ils sont dévoilés à nos yeux, et nos envoyés célestes les écrivent.

Dis-leur : Si Dieu avait un fils, je serais le premier à l’adorer.

Louange à Dieu souverain du ciel et de la terre ! Il est assis sur le trône sublime. Loin de lui ce blasphème.

Laissez-les perdre leur temps dans de vaines disputes. Le jour qui leur est promis les y surprendra. Dieu dans le ciel, Dieu sur la terre, l’Éternel possède la sagesse et la science.

Béni soit celui qui a l’empire des cieux et de la terre, qui commande ans l’immensité de l’espace, qui a la connaissance de l’heure, et devant lequel nous reparaîtrons tous !

Les faux dieux qu’ils adorent n’ont pas le pouvoir de l’intercession ; mais celui qui rend témoignage à la vérité qu’il croit jouit de cet avantage.

Demande-leur qui les a créés ; ils répondent : C’est Dieu. Pourquoi s’écartent-ils donc de la vérité ?

Seigneur, s’est écrié le prophète, ils n’ont point la foi.

Éloignez-vous d’eux ; souhaitez-leur la paix ; bientôt ils verront.






LA FUMÉE.


donné à la mecque, composé de 59 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


H. M. J’en jure par le livre de l’évidence ;

Nous te l’avons envoyé dans la nuit bénite pour instruire les mortels.

Dans la même nuit, la sagesse éternelle mit le sceau à ses lois.

C’est elle qui donne aux hommes le caractère d’apôtre.

Ce titre est une faveur du ciel. Dieu possède l’intelligence et la science.

Il est le souverain du ciel et de la terre. Il commande dans l’immensité de l’espace. Croyez à sa puissance. Dieu unique, il donne la vie et la mort. Il est votre Dieu et le Dieu de vos pères.

Errans dans le vague du doute, les infidèles se jouent de notre doctrine.

Tu les observeras le jour où un voile ténébreux[45] couvrira le firmament ;

Ils en seront enveloppés ; ce sera un supplice terrible.

Seigneur, s’écrieront-ils, délivre-nous de ce fléau ; nous avons la foi.

Comment l’auraient-ils ? l’envoyé véritable les a prêchés.

Ils se sont séparés de lui, et ils lui ont dit : C’est un homme qu’on fait parler et qu’un démon inspire.

Si nous diminuons la rigueur de nos peines, ils retournent à l’infidélité.

Le jour où notre justice s’exercera dans tout son éclat, nous vous vengerons de leurs mépris.

Le peuple d’Égypte éprouva la punition du ciel. Nous lui avions envoyé un prophète respectable.

Serviteurs de Dieu, s’écriait-il, obéissez-moi, je suis l’apôtre de la vérité.

Ne vous élevez pas contre le Tout-Puissant ; Les miracles attestent ma mission.

L’Éternel me protège ; il me défendra contre vos attentats.

Si vous ne croyez pas, séparez-vous de moi.

Il invoqua le Seigneur contre un peuple impie.

Emmène les Israélites, lui dit Dieu ; que la nuit couvre votre fuite. Les Égyptiens vous poursuivront.

Laisse les flots de la mer ouverts ; l’armée ennemie y sera engloutie.

Combien ils abandonnèrent de jardins, de fontaines,

De moissons et d’habitations superbes !

Combien ils perdirent de lieux de délices où ils passaient des jours agréables !

Nous en donnâmes l’héritage à un peuple étranger.

Les cieux, ni la terre, n’ont point pleuré sur eux. Leur punition ne fut point différée.

Nous délivrâmes les enfans s’Israël d’un esclavage humiliant.

Nous les sauvâmes de la tyrannie de Pharaon, prince orgueilleux et impie.

Nous les choisîmes sur tous les peuples de la terre,

Et nous opérâmes en leur faveur les miracles les plus étonnans.

Les incrédules disent :

Nous n’avons qu’une mort à subir, nous ne ressusciterons point.

Rendez-nous nos pères, si votre doctrine est véritable.

Sont-ils plus puissans que les peuples de Tobbai[46] ?

Que les générations passées ? Nous les exterminâmes à cause de leurs crimes.

Les cieux, la terre, et l’univers entier ne sont point l’effet du hasard.

Nous les avons tirés du néant ; c’est une vérité incontestable, et la plupart l’ignorent.

Le jour de la séparation est le terme destiné pour tous les hommes.

Dans ce jour, l’autorité du maître, les secours du serviteur, seront inutiles. Il n’y aura plus de protection.

Ceux à qui Dieu fera grâce seront les seuls sauvés. Il est puissant et miséricordieux.

Le fruit de l’arbre Zacoum

Sera la nourriture des réprouvés ;

Semblable aux métaux fondus, il dévorera leurs entrailles,

Il y bouillira comme l’eau sur le feu.

On dira aux bourreaux : Saisissez les méchans ; trainez-les dans les cachots ;

Versez de l’eau bouillante sur leurs têtes.

Subissez ces tourmens, vous qui étiez puissans et honorés.

Voilà ces brasiers dont vous avez douté.

Les justes habiteront le séjour de la paix.

Les jardins et les fontaines seront leur partage.

Ils seront vêtus d’habits de soie, et se regarderont avec bienveillance.

Les houris au sein d’albâtre, aux beaux yeux noirs, seront leurs épouses.

Ils auront à discrétion les fruits du paradis.

Ils n’éprouvent plus la mort, et seront à jamais délivrés des peines de l’enfer.

Le ciel leur en est garant. Cette assurance est pour eux le comble du bonheur.

Nous avons facilité le Coran en le dictant dans ta langue. Prêche-le aux mortels.

Attends, puisqu’ils attendent.






LA GÉNUFLEXION.


donné à la mecque, composé de 36 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


H. M. Le Dieu puissant et sage a envoyé le Coran. Le ciel et la terre offrent aux fidèles des marques de sa puissance.

La création de l’homme, celle des animaux répandus sur la terre, annoncent sa sagesse à ceux qui ont une foi sincère.

La succession de la nuit et du jour, la pluie qui fait éclore au sein des campagnes stériles les germes de la fécondité, la variation des vents, publient sa bienfaisance à ceux qui comprennent.

Toutes ces merveilles sont l’ouvrage du Très-Haut. Nous te les révélons avec vérité. En quel livre croiront-ils, s’ils rejettent Dieu, et les miracles de sa puissance ?

Malheur au menteur et au scélérat !

On leur dévoile les vérités célestes, et ils persistent dans leur obstination et leur orgueil, comme s’ils n’entendaient pas : annonce-leur une peine déchirante.

S’ils connaissent la doctrine divine, c’est pour s’en moquer. Un supplice ignominieux sera leur récompense.

L’enfer est devant eux. Leurs œuvres et leurs dieux chimériques ne leur serviront de rien. Ils seront rigoureusement punis.

Ce livre est le dépôt de la religion sainte ; quiconque la niera sera la proie des tourmens.

C’est Dieu qui a soumis la mer à vos lois ; c’est lui qui fait voguer sur les eaux le vaisseau où vous allez chercher les richesses de la terre; rendez-lui des actions de grâces.

Il a soumis à votre usage tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Partout l’œil du sage voit l’empreinte de sa main bienfaisante.

Exhorte les croyans à pardonner aux incrédules. Dieu rendra à chacun suivant ses œuvres.

Faites le bien ou le mal, c’est pour vous que vous travaillez. Tous les hommes retourneront à Dieu.

Nous donnâmes aux enfans d’Israël des lois sages, le Pentateuque et la prophétie ; nous les nourrîmes d’alimens purs, et nous les élevâmes au dessus des autres nations.

Nous leur prescrivîmes le culte du vrai Dieu. Ils n’ont disputé que lorsque la connaissance de l’islamisme leur est venue. L’envie leur a mis les armes à la main. Dieu terminera leurs différens au jour de la résurrection.


Nous t’avons établi chef suprême de la religion sainte ; suis-la, et ne condescends pas aux désirs de ceux qui sont dans les ténèbres.

Leur protection te serait inutile. Les méchans se prêtent un secours mutuel ; mais Dieu est le protecteur de ceux qui le craignent.

Le Coran contient des préceptes clairs ; il est la lumière des croyans, et le gage des faveurs du ciel.

Les artisans de l’iniquité pensent-ils éprouver le même sort que les croyans vertueux ? Croient-ils vivre et mourir comme eux ? Ils se trompent évidemment.

Dieu a créé le ciel et la terre. La vérité présida à son ouvrage. Il rendra à chacun suivant ses œuvres. Personne n’éprouvera d’injustice.

Que vous semble de celui qui fait son idole de ses passions ? L’Éternel se dérobe à lui. Il a scellé ses oreilles et son cœur. Il a mis un voile sur ses yeux. Qui l’éclairera après que Dieu l’a égaré ? Rejetterez-vous toujours la lumière ?

Il n’y a point d’autre vie, dit l’incrédule, que celle dont nous jouissons. Nous mourons, nous vivons, le temps seul anéantit notre être. L’ignorance a enfanté cette opinion, et l’a érigée en dogme.

Lorsque nous leur expliquons notre religion sublime, ils n’ont pour argument que ces mots : Faites revivre nos pères, si ce que vous nous prêchez est véritable.

Dis-leur : Dieu vous donne la vie ; il vous envoie la mort, et il vous rassemblera au jour de la résurrection. On ne peut douter de ces vérités ; mais le plus grand nombre les ignore.

Il est le souverain du ciel et de la terre, et le jour où le temps s’arrêtera, ceux qui traitent notre doctrine d’imposture, périront.

Vous verrez tous les peuples à genoux ; chacun cité devant le livre de ses œuvres en recevra le prix.

Ce livre parlera avec vérité. Nous y écrivons fidèlement vos actions.

Dieu introduira les croyans vertueux dans le séjour de délices. Ils y jouiront de la félicité suprême.

On dira aux infidèles : Ne vous a-t-on pas lu les préceptes divins ? Vous les avez orgueilleusement dédaignés, et vous vous êtes abandonnés au crime.

Lorsqu’on vous disait : Les promesses de Dieu sont certaines ; l’heure marquée est indubitable ; vous répondiez : Nous ne connaissons point l’heure ; c’est une opinion chimérique établie parmi vous.

On exposera devant eux le tableau de leurs crimes. La punition dont ils se moquaient tombera sur leurs têtes.

On leur dira : Aujourd’hui nous vous oublions, comme vous avez oublié la résurrection. Voilà votre jour ; le feu est votre demeure, et l’espoir est éteint pour vous.

Vous vous êtes joués de la religion sainte, les plaisirs terrestres vous ont enivrés ; l’enfer sera votre demeure éternelle, et vous ne serez point jugés dignes de glorifier l’Éternel.

Louange à Dieu, souverain du ciel, souverain de la terre, et roi des mondes !

A lui appartient la magnificence dans le ciel et sur la terre. Il est le Tout-Puissant. Sa sagesse est sans bornes.





HACAF. [47]


donné à la mecque, composé de 35 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


H. M. Le Dieu puissant et sage a envoyé le Coran.

Nous avons tiré du néant le ciel, la terre, et l’immensité de l’espace. La vérité présida à notre ouvrage. Tous les êtres ont leur terme marqué. Les infidèles rejettent notre doctrine.

Que vous semble de vos dieux ? Montrez-moi ce qu’ils ont créé sur la terre ? Partagent-ils l’empire des cieux ? S’il en est ainsi, apportez en preuve en un livre envoyé avant le Coran, ou des argumens fondés sur l’autorité de la science.

Est-il un égarement plus profond que celui de l’idolâtre ? Il invoque des divinités qui ne lui répondront qu’au jour du jugement, et qui rejettent son encens.

Au milieu de l’assemblée universelle, les idoles s’élèveront contre leurs adorateurs, et nieront leurs hommages.

Expliques-tu notre religion sublime à ceux qui ont abjuré la vérité ? Ils la traitent d’imposture.

Diront-ils que Mahomet est l’auteur du Coran ? Réponds : S’il est mon ouvrage, vous ne me soustrairez point à la vengeance divine ; mais Dieu connaît vos mensonges. Son suffrage me suffit contre eux. Il est indulgent et miséricordieux.

Dis : Je ne suis pas le premier des apôtres ; j’ignore quel sort le Tout-Puissant nous réserve ; je suis fidèle aux inspirations divines ; mon ministère se borne à la prédication.

Si ce livre vient du ciel, si des enfans d’Israël en attestent l’authenticité[48] et croient en lui, tandis qu’excités par l’orgueil, vous le rejetez dédaigneusement : quel nom méritez-vous ? Dieu n’éclaire point les méchans.

Les incrédules font cette objection aux fidèles : Si ce livre était véritable, les Israélites ne l’auraient pas reçu avant nous. Ils ont fermé les yeux à la lumière, et ils disent : C’est une fable de l’antiquité.

Moïse reçut le Pentateuque, la lumière des hommes, et le gage de la miséricorde divine. Le Coran est venu mettre le sceau à son authenticité. Il est écrit en arabe. Il annonce des peines aux méchans, et le bonheur aux justes.

Ceux qui ont embrassé l’islamisme et qui marchent dans le sentier de la justice, seront à l’abri des alarmes et de la douleur.

Hôtes éternels du séjour de délices, ils devront la félicité à leurs vertus.

Nous avons prescrit à l’homme la bienfaisance envers les auteurs de ses jours. Une mère le porte avec peine, et l’enfante avec douleur. Sa grossesse, et le temps qu’elle l’allaite, durent trente mois. Il est élevé dans la maison paternelle jusqu’à ce qu’il ait atteint la force de l’âge. Parvenu à sa quarantième année, il adresse au ciel cette prière : Seigneur, inspire-moi de la reconnaissance pour tes bienfaits et pour ceux dont tu as comblé mes pères ; fais que j’opère le bien que tu aimes ; rends-moi heureux dans mes enfans ; l’ai tourné mon cœur vers toi, et je suis un de tes fidèles adorateurs[49].

Ainsi parlent ceux dont nous recevons les œuvres, et dont nous effaçons les péchés. Ils habiteront les jardins d’Éden, et verront l’accomplissement de nos promesses.

Les parens invoqueront la malédiction du ciel sur un fils rebelle qui foule aux pieds leur autorité, et qui, rejetant les promesses de la vie future, leur dit : Pouvez-vous me promettre que je ressusciterai, tandis que tant de peuples ont disparu pour toujours ? Ce sont des fables qu’enfanta l’antiquité.

L’arrêt qui proscrit les démons et les générations passées, est lancé contre ces enfans pervers. La réprobation sera leur partage.

Chacun sera élevé suivant ses mérites. Chacun recevra la récompense de ses œuvres. Personne ne sera trompé.

Le jour où l’on précipitera les infidèles dans les flammes, on leur dira : Vous avez dissipé vos richesses sur la terre, vous vous êtes enivrés de ses plaisirs, aujourd’hui une peine ignominieuse sera le prix de votre orgueil, de vos excès et de votre impiété.

Souvenez-vous de Hod, quand il alla prêcher le peuple d’Hacaf. Des apôtres l’avaient précédé ; d’autres l’ont suivi. N’adorez qu’un Dieu, répétait-il aux idolâtres ; je crains pour vous le supplice du grand jour.

Prétends-tu, lui répondit-on, abolir le culte de nos divinités ! Envoie-nous les maux dont tu nous menaces, si ta mission est véritable.

La science, répliqua Hod, appartient au Très-Haut ; je remplis mon ministère ; mais je vous vois plongés dans les ténèbres de l’ignorance.

Ils aperçurent un nuage immense qui s’étendait sur leur vallée, et ils le prirent pour le présage de la pluie. Vous vous trompez, leur dit le prophète, ce nuage renferme dans son sein le malheur que vous vouliez hâter. Le vent qui souffle vous apporte un châtiment épouvantable.

Il obéit à l’ordre du ciel, et va tout exterminer. La prédiction s’accomplit. Le matin on ne vit que le lieu qu’ils habitaient. C’est ainsi que nous punissons les scélérats.

Ce peuple jouissait des mêmes avantages que vous. Nous leur avions donnée l’ouïe, la vue, et une âme faite pour sentir. Ces dons leur furent inutiles. Ils nièrent la parole de Dieu, et ils subirent la punition dont ils se moquaient.

Nous avons détruit les villes qui vous environnent, après leur avoir annoncé les merveilles du Seigneur, pour les retirer de leur aveuglement.

Les divinités qu’adoraient ces peuples les ont-elles sauvés ? Au contraire elles se sont dérobées à leurs regards, et il ne leur est resté que le mensonge et le blasphème.

Nous t’envoyâmes quelques-uns des génies[50] pour entendre le Coran. Au commencement de la lecture, ils se dirent les uns aux autres : Écoutons attentivement, et lorsqu’elle fut finie, ils allèrent prêcher leur peuple.

Nous avons entendu, dirent-ils, la doctrine d’un livre venu après Moïse, pour confirmer les écritures ; elle conduit l’homme dans les voies de la vérité et de la justice.

O peuples ! obéissez au prédicateur de Dieu, et croyez en lui ; il vous pardonnera vos péchés, et vous délivrera de la peine terrible.

Celui qui n’écoutera pas le messager de la foi, soumis sur la terre aux vengeances célestes, sans protecteur dans l’autre monde, marchera dans les ténèbres.

Ignorent-ils que Dieu, qui a créé le ciel et la terre sans effort, peut aussi faire revivre les morts ? Sa puissance n’a point de bornes.

Un jour on demandera aux infidèles conduits devant les brasiers : N’est-ce pas là du feu véritable ? C’est du feu, répondront-ils ; nous en prenons Dieu à témoin. Éprouvez donc des tourmens dont vous avez nié la réalité.

Sois patient, comme le furent les apôtres qui t’ont précédé. Ne désire point de hâter le supplice des infidèles. Ils verront l’accomplissement de nos menaces.

Ils ne croiront avoir demeuré qu’une heure dans le tombeau. Je vous atteste cette vérité. Les pervers ne seront-ils pas les seuls dévoués à la réprobation ?





LE COMBAT.


donné à la mecque, composé de 40 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Dieu anéantira les œuvres des infidèles qui écartent leurs semblables du chemin du salut.

Il effacera les péchés, et rectifiera l’intention des fidèles qui croient à la religion que la vérité éternelle apporta à Mahomet.

Les incrédules ont le mensonge pour guide ; les croyans marchent au flambeau de la vraie foi. Dieu offre ce contraste frappant aux hommes.

Si vous rencontrez les infidèles, combattez-les jusqu’à ce que vous en ayez fait un grand carnage ; chargez de chaînes les captifs.

Soit que vous mettiez un prix à leur liberté, soit que vous les renvoyiez sans rançon, attendez que la guerre ait éteint son flambeau. Tel est l’ordre du ciel. Il peut les exterminer sans le secours de votre bras ; mais il veut vous éprouver les uns par les autres. La récompense de ceux qui mourront en combattant pour la foi ne périra point.

Dieu sera leur guide ; il rectifiera leur intention. Il les introduira dans le jardin de délices dont il leur a fait la peinture.

O croyans ! défendez la cause de Dieu ; il vous aidera, et il affermira vos pas.

Le malheur accompagnera les incrédules ; leurs œuvres seront vaines.

Ils ont rejeté avec horreur le livre venu du ciel. Leurs efforts seront anéantis.

N’ont-ils point parcouru la terre ? N’ont-ils point considéré quelle a été la fin des générations passées ? Le Tout-Puissant les extermina. Ils doivent attendre un sort semblable.

La protection du ciel est assurée aux croyans ; mais les impies n’ont point de protecteurs.

Dieu recevra les fidèles vertueux dans les jardins qu’arrosent des fleuves. Les pervers enivrés des plaisirs terrestres vivent dans l’abrutissement. Le feu sera leur habitation.

Combien de cités plus puissantes que la ville qui t’a rejeté de son sein, ont été détruites ? Rien ne put suspendre notre vengeance.

Le juste qu’éclaire la lumière céleste sera-t-il semblable à l’impie pour qui le crime a des charmes, et qui suit le torrent de ses passions ?

Dans les jardins promis à ceux qui ont la crainte du Seigneur, coulent des fleuves d’eau incorruptible, de lait dont le goût ne s’altère jamais, et de vin délicieux.

Il y coule des ruisseaux de miel pur. Tous les fruits y croissent en abondance. La grâce du Seigneur y veille sur ses élus. Les hôtes du séjour de délices auront-ils un sort pareil à celui des habitans du feu qu’on abreuvera d’une eau bouillante qui déchirera leurs entrailles ?

Parmi ceux qui écoutent ta doctrine, il en est qui, à peine sortie de ta présence, demandent aux croyans éclairés : Qu’a dit le prophète ? Dieu a scellé leurs cœurs, parce qu’ils n’ont d’autre loi que leurs désirs.

Dieu conduira ceux qui marchent dans les voies de la justice, et leur inspirera sa crainte.

Les méchans attendent-ils que l’heure les surprenne tout à coup ? Les signes du grand jour ont déjà paru. Quel sera leur repentir lorsqu’il viendra ?

Souviens-toi qu’il n’y a qu’un Dieu. Implore sa clémence pour toi et pour les fidèles. Il vous voit pendant la veille et pendant votre sommeil.

Nous ne combattrons point, ont dit les croyans, à moins que le ciel ne nous en fasse un précepte dans un chapitre du Coran. Si la sagesse éternelle envoie ce chapitre avec l’ordre du combat, tu verras ceux dont le cœur est infecté, te regarder d’un œil où la mort sera peinte. Quel avantage ne leur eût pas procuré un dévouement généreux ?

Si le ciel parle, et qu’ils soient dociles à sa voix, ils en recevront la récompense glorieuse.

A quoi vous eût exposé la désobéissance ? Vous alliez porter la désolation sur la terre, et violer les lois saintes du sang.

Ainsi agissent ceux que Dieu a maudits, qu’il a rendus sourds et aveugles.

Sont-ils incapables de sentir le prix du Coran ? Leurs cœurs sont-ils fermés ?

Satan parera le vice de fleurs aux yeux du lâche qui retournera à l’impiété. Il lui procurera des richesses trompeuses.

D’accord avec ceux qui ont en horreur le précepte du combat, il leur a promis de suivre leur exemple ; mais le Tout-Puissant connaît ses secrets.

Où finiront-ils lorsque l’ange de la mort viendra trancher le fil de leurs jours, et qu’il frappera leurs visages et leurs reins ?

Empressés de mériter le courroux du ciel en s’écartant de ce qui pouvait lui plaire ; ils perdront le mérite du bien qu’ils ont fait.

Ceux dont le cœur est gangrené pensent-ils que Dieu ne dévoilera point leurs perfidies ?

Nous pourrions te les faire connaître à des signes certains, mais le son de leur voix suffit pour les démasquer. Dieu connaît leurs œuvres.

Nous éprouverons votre courage et votre constance dans les combats, jusqu’à ce que nous en soyons certains, et que nous puissions juger de vos exploits.

Ceux qui écarteront leurs semblables du sentier du salut, et qui feront un schisme avec le prophète, après avoir été instruits de notre religion, ne nuiront point à Dieu. Il anéantira leurs œuvres.

O croyants ! obéissez à Dieu et à son envoyé, et ne perdez pas le mérite du bien que vous avez fait.

Les impies qui mettront un obstacle à ceux qui veulent combattre pour la foi, et qui mourront dans leur infidélité, n’ont plus de pardon à espérer.

Ne montrez point de lâcheté. N’offrez point la paix. Vous êtes supérieurs à vos ennemis. Dieu est avec vous ; il secondera vos efforts. Cette vie n’est qu’un jeu frivole ; mais la foi et la crainte du Seigneur auront leur récompense. Dieu ne demande pas de vous le sacrifice entier de vos biens. S’il l’exigeait, vous ne seriez pas généreux pour le faire, et la religion vous deviendrait odieuse. O fidèles ! je vous invite à sacrifier une partie de vos richesses pour la guerre sainte. Il en est parmi vous que l’avarice retient. Elle retombera sur eux. Dieu est riche, et vous êtes pauvres. Si vous refusez d’obéir, il mettra à votre place d’autres peuples meilleurs que vous.





LA VICTOIRE.


donné à la mecque, composé de 29 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


Nous t’avons accordé une victoire éclatante[51].

Dieu t’a pardonné tes fautes[52] ; il a accompli ses grâces, et il te conduira dans le sentier de la justice.

Sa protection est pour toi un bouclier puissant.

C’est lui qui a fait descendre la sécurité dans le cœur des fidèles, et qui a fortifié leur foi. Il commande aux milices du Ciel et de la terre. Il est savant et sage.

Il introduira les croyans dans les jardins où coulent des fleuves, et les purifiera de leurs taches. Ils jouiront dans le séjour éternel de la souveraine béatitude.

Les impies, les idolâtres, et ceux qui blasphèment, seront rigoureusement punis. Le courroux et la malédiction du ciel les poursuivront. L’enfer sera leur funeste demeure.

Dieu a sous ses ordres les armées du ciel et de la terre ; il est puissant et sage.

Nous t’avons envoyé pour rendre témoignage à la vérité, et pour prêcher nos promesses et nos menaces.

Croyez en Dieu, défendez la cause du ciel, glorifiez le Seigneur, et publiez ses louanges le matin et le soir.

Ceux qui te prêtent serment de fidélité, le prêtent à Dieu. La main de l’Éternel est sur leur main. Celui viole la sainte alliance, est coupable d’un parjure ; celui qui l’observe fidèlement en recevra la récompense glorieuse.

Les Arabes qui n’ont point sorti pour combattre[53], diront : Nos facultés et le soin de nos familles ont été un obstacle pour nous ; prie Dieu de nous pardonner. Leur cœur dément ce que leur bouche profère. Réponds-leur : Qui arrêtera le bras du Tout-Puissant, s’il a dessein de vous punir ou de vous récompenser ? Il connait vos actions.

Vous avez pensé que le prophète et les fidèles étaient pour jamais séparés de leurs familles. Vos cœurs ont évidemment saisi cette opinion. Elle vous a trompés. Elle causera votre perte.

Que ceux qui ne croient point en Dieu et en son envoyé sachent que nous avons allumé des brasiers pour les incrédules.

L’empire du ciel et de la terre appartient au Très-Haut. Il punit ou pardonne à son gré. Il est indulgent et miséricordieux.

Allez-vous enlever des dépouilles assurées ? Ceux qui sont restés au sein de leurs maisons, veulent marcher avec vous, et changer le précepte du Seigneur. Dis-leur : Vous ne nous suivrez point ; la défense du ciel est formelle. L’envie, continuent-ils, vous dicte cette défense. Point du tout ; mais peu d’entre eux ont l’intelligence des lois.

Dis aux Arabes qui ont resté au sein de leurs familles : Nous vous inviterons à combattre contre une nation puissante et belliqueuse ; lui ferez-vous la guerre jusqu’à ce qu’elle ait embrassé l’islamisme ? La félicité sera le prix de votre obéissance. Si vous refusez de marcher comme vous l’avez déjà fait, attendez la vengeance céleste.

L’aveugle, le boiteux, le malade, sont dispensés de combattre. Quiconque suivra Dieu et le prophète aura pour partage les jardins arrosés par des fleuves. Ceux qui retourneront sur leurs pas sont destinés aux supplices.

Dieu a regardé d’un œil complaisant les croyans, lorsqu’ils t’ont prêté serment de fidélité[54] sous l’arbre. Il lisait au fond de leurs cœurs ; il leur a envoyé la sécurité. Une victoire éclatante a couronné leur dévouement.

Un riche butin en a été le prix. Dieu est puissant et sage.

Il vous l’avait promis ; il s’est hâté de vous en rendre maîtres. Il a détourné de vous le fer de vos ennemis[55], afin de donner aux fidèles un signe de sa protection, et de vous affermir dans la vraie foi.

D’autres dépouilles plus précieuses encore sont dans ses mains. Il est prêt à vous les livrer. Bien ne borne sa puissance.

Si les infidèles eussent combattu, ils auraient pris la fuite, et ils n’auraient trouvé ni asile ni protecteur.

La loi de Dieu est telle qu’elle était auparavant. Ses décrets sont immuables.

Il arrêta le bras de vos ennemis dans les murs de la Mecque, et suspendit vos coups après qu’il vous eut accordé la victoire. Il est attentif à vos actions.

Les îdolâtres voulaient vous écarter du temple saint, et empêcher vos offrandes d’y parvenir. Si la crainte d’envelopper dans leur ruine une foule de croyans mêlés parmi eux, et de vous rendre coupables par ignorance, ne vous avait retenus, vous les auriez exterminés. S’ils eussent été séparés, nous les aurions punis sévèrement.

Tandis que les idolâtres entretenaient dans leurs cœurs la fureur d’un fanatisme aveugle, Dieu envoya la paix au prophète et aux fidèles. Ils firent leur profession de foi, et devinrent plus dignes de cet acte religieux. La science de Dieu embrasse l’univers.

La vérité éternelle a accompli la révélation qu’eut le prophète quand elle fit entendre ces mots : Vous entrerez dans le temple de la Mecque, sains et saufs, la tête rasée, et sans crainte. Dieu sait ce que vous ignorez. Il vous prépare une victoire prochaine.

Le Tout-Puissant a envoyé le prophète pour prêcher la vraie foi, et pour l’établir sur la ruine des autres religions. Son témoignage te suffit.

Mahomet est l’envoyé de Dieu. Ses disciples sont terribles contre les infidèles, et humains entre eux. Vous les voyez se courber, adorer le Seigneur, implorer sa miséricorde, uniquement occupés du soin de lui plaine. Les marques de leur piété paraissent sur leur front. Le Pentateuque et l’Évangile comparent leur zèle au grain de froment qui produit un tuyau. Il croît, il grossit, et s’affermir sur ses racines. Le moissonneur le voit avec complaisance. Tels sont les fidèles. Leurs vertus excitent la rage des méchans ; mais Dieu a promis sa miséricorde à ceux qui ont embrassé la foi, et qui ont exercé la bienfaisance. Il leur destine une récompense glorieuse.





LE SANCTUAIRE.


donné à la mecque, composé de 18 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


O croyans ! ne prévenez point l’ordre du ciel et de son ministre. Craignez Dieu ; il sait et entend.

O croyans ! n’élevez point la voix au dessus de celle du prophète ; ne lui parlez point avec la familiarité qui règne entre vous, de peur que vos œuvres soient vaines. Vous n’y pensez pas.

Dieu a éprouvé la piété de ceux qui parlent respectueusement à son apôtre. L’indulgence et un prix inestimable seront leur récompense.

L’intérieur[56] de ta maison est un sanctuaire, ceux qui le violent en t’appelant manquent au respect qu’ils doivent à l’interprète du ciel.

Ils doivent attendre que tu viennes à eux. La décence l’exige ; mais le Seigneur est indulgent et miséricordieux.

O croyans ! si un calomniateur vous apporte une nouvelle[57], soumettez-la à un examen rigoureux. Tremblez de nuire à votre prochain, et de vous préparer d’amers repentirs.

Souvenez-vous que l’envoyé du Très-Haut est au milieu de vous ; si trop facile il condescendait à tous vos désirs, vous deviendriez coupables. Dieu vous a donné l’amour de la foi ; il l’a embellie dans vos cœurs. Il vous inspire l’horreur de l’infidélité, du crime et de la rébellion, et vous marchez dans les voies de la justice.

Rendez-en grâces à la bonté céleste. Le Tout-Puissant est savant et sage.

S’il naît un différent entre les fidèles, pacifiez-le. Si l’un des partis s’élève injustement contre l’autre, combattez-le jusqu’à ce qu’il revienne aux préceptes du Seigneur : S’il reconnaît son injustice, ramenez la paix parmi vos frères, parce que Dieu aime la justice.

Les fidèles sont frères. Conservez entre eux la concorde. Craignez Dieu, et méritez son indulgence.

O croyans ! ne vous moquez point de vos frères. Souvent celui qui est l’objet de vos railleries est plus estimable que vous. Et vous, femmes, évitez ce défaut. Celle qu’attaquent vos médisances peut valoir mieux que vous. Ne vous diffamez point mutuellement. Ne vous donnez point de noms vils. Un terme de mépris ne convient point à celui qui a la foi. Ceux qui ne se corrigent pas de ces vices sont prévaricateurs.

O croyans ! soyez circonspects dans vos jugemens. Souvent ils sont injustes. Mettez des bornes à votre curiosité. Ne déchirez point la réputation des absens. Qui de vous voudrait manger la chair de son frère mort ! Vous avez horreur de cette proposition. Craignez donc le Seigneur. Il est indulgent et miséricordieux.

Mortels, nous vous avons formés d’un homme et d’une femme, nous vous avons partagés en peuples, en tribus, afin que l’humanité règne au milieu de vous. Le plus estimable aux yeux de l’éternel est celui qui le craint. Dieu possède l’immensité de la science.

Les Arabes disent : Nous croyons. Réponds-leur : Vous ne croyez point. Dites : Nous professons l’islamisme[58]. La foi n’a point encore pénétré vos cœurs ; mais si vous obéissez à Dieu et au prophète, vos œuvres ne perdront rien de leur prix. Le Seigneur est indulgent et miséricordieux.

Les vrais fidèles sont ceux qui, libres du doute, croient en Dieu, à son apôtre, et sacrifient, pour défendre la cause sainte, leurs vies et leurs richesses.

Apprendrez-vous à Dieu quelle est votre religion ? Il connait tout ce qui existe au ciel et sur la terre. Sa science embrasse l’étendue de l’univers.

Ils te rendent grâces d’avoir embrassé l’islamisme. Réponds-leur : Cette religion ne vient pas de moi ; elle est un don du ciel. Il vous conduira si vos cœurs sont sincères.

Dieu connaît les secrets des cieux et de la terre. Vos actions sont dévoilées à ses yeux.





K.


donné à la mecque, composé de 45 versets
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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.


K. J’en jure par le Coran glorieux.

Surpris de voir un prophète de leur nation, les infidèles crient au prodige.

Victimes de la mort, disent-ils, lorsqu’il ne restera de notre être qu’un amas de poussière, serons-nous ranimés de nouveau ? Cette résurrection nous paraît chimérique.

Nous savons combien d’entre eux la terre a dévorés. Leurs noms sont écrits dans le livre.

Ils ont traité la vérité de mensonge. L’esprit de confusion s’est emparé d’eux[59].

Ne voient-ils pas comme nous avons élevé le firmament sur leurs têtes, comme nous l’avons orné d’astres lumineux ? Y aperçoivent-ils la moindre imperfection ?

Nous avons déployé la terre sous leurs pas ; nous y avons élevé les montagnes ; nous avons mis dans son sein les germes précieux de toutes les plantes.

Partout une magnificence divine éclate aux regards de nos fidèles adorateurs, et rappelle à leurs cœurs le souvenir d’un Dieu.

Nous versons des nuages la pluie bienfaisante : elle fait éclore toutes les plantes qui ornent vos jardins, et les moissons qui ornent vos plaines.

Elle fait croître les palmiers élevés dont les dattes[60] retombent en grappes suspendues. Elles servent à la nourriture de nos serviteurs. La pluie rend la vie à la terre stérile ; image de la résurrection.

Le peuple de Noé, les habitans de Rassi, et les Thémudéens nièrent la mission de leurs apôtres.

Aod, Pharaon, les concitoyens de Loth, les habitans d’Aleïca, le peuple de Thobbai, traitèrent leurs prophètes d’imposteurs. Tous ont éprouvé les châtimens que je vous annonce.

La création de l’univers nous a-t-elle coûté le plus léger effort ? Cependant ils doutent de la résurrection !

Nous avons tiré l’homme du néant. Le moindre mouvement de son âme nous est connu. Nous sommes plus près de lui que la veine de son cœur.

Lorsque, près du tombeau, les deux anges viennent s’asseoir, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche,

Il ne profère pas une parole qui ne soit notée exactement.

Les angoisses de la mort le saisissent. Voilà, lui dit-on, le terme que tu voulais reculer.

Le son de la trompette annoncera le jour des menaces.

Chaque homme se présentera avec un guide et un témoin.

Tu vivais dans l’insouciance, lui dira-t-on ; ce jour n’occupait point ta pensée. Nous avons fait tomber le voile qui t’aveuglait. Aujourd’hui ta vue sera perçante.

Un des anges dira : Voilà ce que j’ai préparé contre lui.

Qu’on jette dans l’enfer l’infidèle et le prévaricateur ;

Qu’on y précipite ceux qui ont empêché le bien, violé les lois, et douté de la religion sainte.

Qu’on fasse subir les tourmens les plus rigoureux à l’idolâtre.

Seigneur, dira Satan, je ne l’ai point conduit à l’erreur ; il s’est perdu lui-même.

Ne disputez point devant moi, répondra l’Éternel, votre arrêt est prononcé.

Ma parole est immuable. Je ne traite point injustement mes serviteurs.

Dans ce jour nous demanderons à l’enfer : Tes gouffres sont-ils remplis ? Il répondra : Avez-vous encore des victimes ?

Non loin de là, le paradis est préparé aux hommes vertueux.

Voilà, diront les anges, le bonheur promis à ceux qui ont fait pénitence et qui ont gardé les commandemens du Seigneur,

A ceux qui ont craint le miséricordieux dans le secret, et qui lui ont offert un cœur converti.

Entrez-y avec la paix. Le jour de l’éternité commence.

Ici tous les plaisir sont rassemblés. L’excès de votre félicité passera votre attente.

Combien nous avons exterminé de peuples plus puissans que les habitans de la Mecque ! Parcourez la terre, et voyez s’ils ont trouvé un abri contre notre vengeance.

Ces exemples doivent instruire ceux qui un cœur, des oreilles, et qui sont capables de réflexion.

Nous avons créé dans six jours les cieux, la terre, et tous les êtres répandus dans l’univers, et nous n’avons point senti la fatigue.

Souffre avec constance leurs discours, et loue le Seigneur avant le lever et le coucher du soleil.

Publie ses louanges au commencement de la nuit, et accomplis l’adoration[61].

Songe au jour où le Héraut céleste appellera les mortels.

L’instant où le cri véritable se fera entendre sera celui de la résurrection.

Nous donnons la vie et la mort ; nous sommes le terme de toutes choses.

Dans ce jour la terre ouvrira son sein ; les hommes s’élanceront du tombeau. Il nous sera facile de les rassembler.

Nous connaissons les discours des infidèles. N’use point de violence pour leur faire embrasser l’islamisme.

Lis le Coran à celui qui craint nos menaces.



  1. La plupart des auteurs arabes s’accordent à dire que Locman fut berger, qu’il était noir et avait de grosses lèvres. Le ciel lui avait donné l’éloquence en partage, et ses préceptes portaient avec eux la persuasion. Ils prêtent à Locman les réponses ingénieuses que l’on attribue à Ésope, et nous le peignent sous les mêmes traits. Si l’on ajoute à ces caractères de ressemblance, celle qui se trouve entre leurs ouvrages, on sera porté à croire que ces deux hommes sont le même. En effet les fables d’Ésope ne paraissent être qu’une copie de celles de Locman. De l’arabe elles ont été traduites en grec, puis en latin, et ensuite en français. Comme chaque traducteur a ajouté à l’original, des fables de son propre fonds, et conformes au génie de sa nation, c’est en rapprochant les quatre fabulistes que l’on voit la nuance du caractère des peuples où ils ont vécu. Dans l’arabe la vérité simple et nue parle aux hommes. Les Grecs lui ont ajouté quelques ornemens ; les Latins lui ont prêté la finesse, et les Français la gaîté. Dieu offrit à Locman la sagesse ou le don de prophétie. Il choisit la sagesse. Zamchascar.
  2. Dieu prononça le mot koun, sois fait, et le genre humain fut créé. Il le ressuscitera en prononçant le même mot. Gelaleddin.
  3. Mahomet ayant épousé Zainab que Zaïd, son fils adoptif, avait répudiée, les juifs et les impies blâmèrent cette alliance. Dieu les reprend dans ce chapitre en leur déclarant que ces mariages sont permis, et qu’un fils adoptif n’a pas les droits d’un propre fils. Gelaleddin.
  4. Lorsque Dieu tira la postérité d’Adam de ses reins, il contracta une alliance avec tous les prophètes à venir.
  5. La cinquième année de l’Hégire, dix mille Coreïshites, auxquels se joignirent plusieurs tribus arabes, vinrent assiéger Mahomet dans Médine. Les fidèles chancelaient dans la foi. Le prophète les soutint par son courage. Après vingt jours d’efforts inutiles, les ennemis, ayant vu leurs tentes renversées par les vents terribles du sud-est, furent obligés de lever le siége. (Voyez Vie de Mahomet.)
    Mahomet fit envisager aux croyans cet événement comme une faveur du ciel, et parut à leurs yeux disposer des élémens.
    Dans l’Arabie et l’Égypte, le vent de sud-est commence à souffler aux approches du printemps. On le nomme khamsin qui signifie cinquante, parce qu’il se fait sentir à différentes reprises dans l’espace de cinquante jours. C’est un vent impétueux qui porte ordinairement avec lui des tourbillons d’une poussière brûlante. Au mois de mai 1779 j’étais à Alexandrie. L’air était pur et serein. Le thermomètre depuis plusieurs jours se tenait à vingt-trois degrés, chaleur tempérée du climat. Le vent de sud-est commença à souffler, et dans un instant le thermomètre monta à trente-trois degrés. Un nuage universel formé d’un sable fin et brûlant enveloppa le ciel. Le soleil ne jetait plus qu’une lumière pâle et obscure. Cette poussière enflammée, que le vent roulait en tourbillons, pénétrait dans tous les appartemens. Il fallait tenir son mouchoir à la bouche pour ne la pas respirer. On rapporta à la ville plusieurs personnes que l’on trouva étouffées dans les sables. Le thermomètre monta jusqu’à trente-six degrés, et le nuage de sable se dissipa après avoir duré environ trois heures ; mais la chaleur continua jusqu’au lendemain.
  6. Cet exemple est le courage et la constance avec lesquels il soutint les assauts des ennemis.
  7. Voyez vie de Mahomet, cinquième année de l’Hégire.
  8. Les musulmans regardent Mahomet comme le sceau des prophètes, Khaten Elnabüm. Ils disent qu’il est venu confirmer la mission de ceux qui l’ont précédé et qu’il n’en est point paru depuis lui.
  9. Mahomet avait alors neuf femmes.
  10. Saba est le nom d’une contrée de l’Arabie-Heureuse. C’est là que Balcaise vint trouver Salomon.
  11. Gelaleddin rapporte ainsi cette fable révérée des mahométans comme une histoire incontestable. Après la mort de Salomon, son corps resta un an entier appuyé sur un bâton. Pendant tout ce temps les génies continuaient à exécuter les travaux pénibles auxquels il les avait soumis ; mais un ver de terre ayant rongé le bâton qui servait d’appui au cadavre, il tomba par terre. Sa chute apprit aux démons que Salomon était mort, et ils reprirent leur liberté.
  12. Le nabc est un arbre commun en Égypte. Il a le port et le feuillage du poirier en plein vent. Il porte un fruit rond assez semblable à la corme, et d’un goût aigrelet. Ses rameaux sont épineux.
  13. Ces chemins étaient pratiqués de manière que les voyageurs trouvaient à midi un lieu pour reposer, et la nuit un autre pour dormir, sans avoir besoin de porter avec eux des provisions pour se nourrir et de l’eau pour se désaltérer. Gelaleddin. Un semblable chemin fut tracé autrefois de Memphis à Bérénice sur la mer Rouge, mais il n’existe plus.
  14. Celui qui lira le chapitre des anges verra un jour les huit portes du paradis s’ouvrir devant lui, et il entrera par celle qu’il voudra. Zamchascar.
  15. Les mahométans récitent ce chapitre dans leurs enterremens. De grandes récompenses sont attachées à sa lecture. Lorsqu’on le lit auprès d’un mourant, dix anges descendent à chaque lettre que l’on prononce ; ils se rangent autour de son lit, et prient pour lui. S’il meurt, ils assistent aux ablutions de son corps, et suivent les funérailles. L’ange de la mort respecte le fidèle qui a lu ce chapitre avant d’expirer. Il ne peut se saisir de son âme que le gardien du paradis ne l’ait vivifiée par un breuvage céleste. Le mahométan purifié par ce breuvage n’aura plus besoin de se laver dans la piscine des prophètes, pour entrer dans le séjour des délices. Zamchascar.
  16. Le dattier produit trois ou quatre grosses grappes qui naissent de son sommet et qui sont suspendues à l’entour.
  17. Entre le premier et le second son de la trompette, il s’écoulera quarante ans. Gelaleddin.
  18. Pendant cet espace de temps les morts dormiront, mais ils ne souffriront point. Gelaleddin.
  19. Ce sont les anges qui lisent le Coran. Gelaleddin.
  20. Les Mahométans croient à la pluralité des mondes, et en comptent trois cent soixante. Cottada.
  21. Avant la naissance de Mahomet, les démons, comme nous l’avons déjà dit, prenaient leur essor dans les sphères célestes, écoutaient les discours de Dieu et des anges, et les rapportaient aux mages et aux devins ; mais à l’instant où Mahomet vint au monde, Dieu les chassa avec des traits de feu, et il ne leur est plus permis de pénétrer dans les cieux. Tel est le sentiment des docteurs musulmans.
  22. Malgré ces traits de feu, Satan s’éleva jusqu’aux sphères célestes, et saisit avidement quelques discours échappés aux anges ; mais il en fut aussitôt précipité. Gelaleddin.
  23. Ce cri sera le dernier son de la trompette. Jahia.
  24. Les hôtes du paradis mangeront de ces fruits exquis pour leur plaisir et non pour conserver leur santé. Doués de corps immortels, ils n’auront aucun besoin de préservatifs contre la maladie. Gelaleddin.
  25. L’arbre zacoum est préparé pour le tourment des damnés. Aucun des arbres du désert ne produit des fruits aussi amers. Gelaleddin.
  26. C’est-à-dire, à des serpens horribles. Gelaleddin.
  27. Isaac était couché le front contre terre. Abraham avait le couteau levé. Il allait frapper : Le ciel l’arrêta. Gelaleddin.
  28. Cette hostie fut le bélier du Paradis Terrestre. Habel l’avait offert à Dieu. Gabriel l’amena à Abraham qui l’immola en action de grâces. Gelaleddin.
  29. Les commentateurs du Coran avouent qu’ils ignorent la signification de ce caractère isolé qui répond à la quatorzième lettre de l’alphabet arabe.
  30. Pharaon est peint dans plusieurs endroits du Coran avec cette épithète, zou elaoutad, auteur des pieux. C’est ainsi qu’on a traduit jusqu’à présent ce passage. Zou signifie possesseur, Aoutad ne veut pas dire seulement des pieux, il signifie encore les grands d’une ville. Nous avons cru qu’il était plus naturel de rendre ces mots de la manière suivante : Pharaon entouré de courtisans, que Pharaon auteur des pieux. D’ailleurs Mahomet représente toujours ce prince environné de seigneurs.
  31. Salomon assis sur un trône voyait courir des chevaux excellens qu’on lui avait amenés. La course dura jusqu’au coucher du soleil. Il oublia de faire la prière du soir, et se punit de cette négligence en faisant immoler une partie de ces superbes coursiers. Dieu le récompensa en lui donnant l’empire des vents. Jahia. Zamchascar.
  32. Salomon portait au doigt un anneau d’où dépendait la durée de son empire. Il le confiait à une de ses femmes lorsqu’il entrait au bain. Un jour qu’il y était, un démon nommé Sacar prenant ses traits et sa ressemblance, vint demander l’anneau à celle qui en était dépositaire. Elle le remit entre ses mains. Il le prit, le jeta dans la mer, s’assit sur le trône du roi, et changea les lois par lesquelles il gouvernait les enfans d’Israël. Salomon, ayant inutilement cherché l’anneau qui était le gage de la durée de son empire, pensa que Dieu voulait le punir. Il sortit de son palais et se mit à parcourir la Judée en criant : Je suis Salomon ; mais ses sujets refusaient de le reconnaître. Il resta quarante jours dans cet état. Enfin ayant demandé de la nourriture à un pêcheur, il retrouva son anneau dans le ventre d’un poisson. Il rentra aussitôt dans ses droits, se saisit du démon Sacar, et le fit jeter chargé de chaînes dans le lac de Tiberiade. Ismaël ebn Ali raconte cette fable dans sa chronique.
  33. La femme de Job était un peu d’accord avec Satan. Elle exhortait son mari à écouter les propositions du tentateur. C’est pourquoi Job irrité jura qu’il lui donnerait cent coups de verges. Jahia.
  34. Les commentateurs du Coran entendent par ce livre celui où les actions de chaque homme seront écrites.
  35. Sept anges sont ces gardiens.
  36. Dieu a envoyé huit mille prophètes aux hommes. Quatre mille ont été choisis parmi les enfans d’Israël, et quatre mille parmi le reste des nations. Gelaleddin.
  37. Ces deux jours sont, suivant Gelaleddin, le dimanche et le lundi.
  38. Les auteurs arabes disent que c’est Éblis et Caïn qui les premiers ont séduit les hommes en leur enseignant l’infidélité et l’homicide
  39. Cet esprit est Gabriel.
  40. Les mahométans croient que le Coran est écrit dans le ciel sur la table gardée. Gabriel l’apportait à Mahomet par versets.
  41. La naissance d’une fille.
  42. C’est-à-dire à Valid, citoyen de la Mecque, ou bien à Arouat, prince de Thaïef, tous deux très-puissans dans leurs villes. Gelaleddin.
  43. Les Égyptiens décoraient de bracelets et de colliers d’or ceux qu’ils élevaient au rang de prince. Gelaleddin.
  44. Les Arabes appellent Malec le gardien de l’enfer : ce mot signifie Ange.
  45. Ce voile ténébreux s’étendra à l’approche du jour du jugement de l’orient à l’occident. La terre n’offrira plus au regards qu’un vaste incendie. Une fumée épaisse entrera dans mes yeux et les oreilles des infidèles ; elle fera leur tourment. Les justes la verront comme un nuage épais, sans en être incommodés. Ce voile sera un des signes qui annonceront le jour du jugement. Zamchascar, d’après la tradition d’Ali, fils d’Abutaleb.
  46. Tobbai était un nom commun aux rois de l’Arabie heureuse. Celui dont le Coran fait mention dans cet endroit était peut-être un de ces rois. Maracci.
  47. Hacaf signifie proprement des monceaux de sable ; mais dans cet endoit c’est le nom du pays des Adéens.
  48. Abdallah, fils de Salem, fut un des principaux Juifs qui embrassèrent l’islamisme. Mahomet se servait de son exemple pour engager les habitans de la Mecque à se faire musulmans. Maracci.
  49. Gelaleddin et Zamchascar pensent que ce verset a été révélé à l’occasion d’Abu-Becr, qui a l’âge de quarante ans embrassa l’islamisme, et rendit toute sa famille mahométane. Ce fait arriva la seconde année de la mission du Mahomet.
  50. Ces génies habitaient Nisible, l’Arabie Heureuse, ou Nivine. Ils étaient au nombre de sept ou de neuf. Ils écoutèrent Mahomet qui, sous un palmier, lisait le Coran à ses compagnons, au lever de l’aurore. Ces génies professaient le Judaïsme. Gelaleddin.
  51. Cette victoire est la prise de la Mecque. Voyez vie de Mahomet, huitième année de l’hégire.
  52. C’est d’avoir été quarante ans idolâtre. Zamchascar.
  53. Ces Arabes sont ceux que Mahomet avait engagés à le suivre, et que la crainte des Coreïshites avait retenus.
  54. Environ treize cents hommes jurèrent à Mahomet qu’ils combattraient les Coreïshites jusquà la mort, et qu’ils ne prendraient jamais la fuite. Gelaleddin.
  55. Mahomet était campé près de la Mecque. Quatre-vingts idolâtres rôdaient autour de son camp pour tuer quelques-uns de ses soldats ; ils furent faits prisonniers. Il leur pardonna et les renvoya libres. Sa clémence servit à établir la paix et la concorde. Gelaleddin.
  56. Par l’intérieur on doit entendre l’appartement des femmes. Les Arabes le nomment harem (lieu défendu). Il n’est permis qu’au mari d’y entrer. Il y va ordinairement passer l’après-dîner. Il s’y trouve au milieu de ses enfans et de ses épouses. Lorsqu’il y est, il souffre avec peine qu’on l’appelle. Mahomet reprend dans ce verset la grossièreté de quelques Arabes qui l’avaient appelé à haute voix pendant qu’il était dans le harem.
  57. Mahomet avait envoyé Valid aux Mostalekites pour recueillir le tribut sacré. L’envoyé, craignant les effets de la haine où il avait vécu avec ces peuples pendant qu’ils étaient idolâtres, revint vers le prophète, les accusa d’avoir refusé le tribut, d’avoir voulu le mettre à mort. Mahomet irrité songeait à la vengeance. Les Mostalekites vinrent le trouver, lui firent voir la fausseté de l’accusation de Valid, et se soumirent à ce qu’on exigeait. C’est ce qui donna lieu à ce verset. Gelaleddin.
  58. La différence que les Mahométans mettent entre la foi et l’islamisme, c’est que l’une est la croyance intérieure, et l’autre est la marque extérieure de cette croyance par des actes religieux. Maracci.
  59. Les infidèles prétendaient que Mahomet était un mage, et le Coran un livre de magie ; d’autres qu’il était un poëte, et le Coran un livre de poésie. Gelaleddin.
    Ce dernier reproche n’est pas sans fondement. Tout le Coran est écrit par versets. Les premiers chapitres sont en prose rimée, une partie des derniers est en vers. Mahomet a déployé dans son ouvrage toutes les richesses de l’éloquence et de la poésie.
  60. Les dattiers produisent trois ou quatre grosses grappes qui sortent du sommet de l’arbre et qui retombent à l’entour. Elles sont formées de petits rameaux longs et flexibles, où sont attachées les dattes. Ces grappes pèsent jusqu’à cent vingt livres. La datte est d’un vert foncé en naissant ; elle devient rouge à mesure qu’elle grossit ; et lorsqu’elle est mûre elle est noirâtre. Ce fruit d’un goût sucré et agréable, perd beaucoup à être désséché.
  61. Et accomplis l’adoration. On doit entendre par ces mots la prière nommée el aché, c’est-à-dire, du souper, qui se fait environ deux heures après le coucher du soleil. Maracci s’est trompé en croyant que ces mots signifiaient des génuflexions qui n’étaient point prescrites par loi. Maracci, p. 673.