Correspondance 1812-1876, 5/1869/DCCXVI

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DCCXVI

À MADAME EDMOND ADAM, AU GOLFE JOUAN


Nohant, 24 décembre 1869.


Puisqu’on imprime ce livre, je vais l’avoir bientôt, n’est-ce pas ? J’admire qu’étant mondaine et toujours par monts et par vaux, et très occupée de la famille et du ménage, vous ayez le temps d’écrire et de penser. Au reste, cette activité est bonne à l’esprit ; mais n’y usez pas trop le corps.

Ici, où l’on n’a pas de mérite à piocher, puisqu’on y a arrangé la vie à demeure, on va bien aussi et on est heureux de savoir que belle Toto et grand Adam sont florissants comme des Turcs. Je ne sais toujours pas si je les embrasserai cet hiver. Je sais que le Bâtard a toujours du succès à l’Odéon, et que je ne peux pas m’en affliger ; car il fait meilleur ici qu’à Paris.

Demain, nous commençons l’année des enfants par un arbre de Noël et des marionnettes ad hoc pour les petites filles. Nous attendons Plauchut et Flaubert ce soir. Je veux, moi, commencer par vous souhaiter la bonne année, de la part de tous les miens, à vous et aux chers vôtres. Recevez donc embrassades, hommages et les plus beaux souhaits de tous vos amis de Nohant. Quel malheur que Bruyères soit si loin ! quel beau réveillon nous ferions ensemble !

G. SAND.