Correspondance 1812-1876, 6/1872/DCCCXLII

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Texte établi par Calmann-Lévy,  (Correspondance Tome 6 : 1870-1876p. 192).


DCCCXLII

AU MÊME


Nohant, 18 janvier 1872.


Faut pas être malade, faut pas être grognon, mon vieux troubadour. Il faut tousser, moucher, guérir, dire que la France est folle, l’humanité bête, et que nous sommes des animaux mal finis ; il faut s’aimer quand même, soi, son espèce, ses amis surtout. J’ai des heures bien tristes. Je regarde mes fleurs, ces deux petites qui sourient toujours, leur mère charmante et mon sage piocheur de fils que la fin du monde trouverait chassant, cataloguant, faisant chaque jour sa tâche, et gai quand même comme Polichinelle aux heures rares où il se repose.

Il me disait ce matin : « Dis à Flaubert de venir, je me mettrai en récréation tout de suite, je lui jouerai les marionnettes, je le forcerai à rire. »

La vie à plusieurs chasse la réflexion. Tu es trop seul. Dépêche-toi de venir te faire aimer chez nous.