Correspondance de Voltaire/1722/Lettre 52

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Correspondance : année 1722
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 33p. 64).
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52. — À MADAME LA PRÉSIDENTE DE BERNIÈRES

Villars, le jeudi… 1722.

J’ai assez bonne opinion de vous, madame, pour croire que vous vous souviendrez de m’écrire parmi les embarras de votre déménagement. J’attends avec impatience la nouvelle de la conclusion du traité avec M. de Banville. Je vous déclare d’avance que je veux avoir un pot-de-vin de cette belle affaire, qui sera, s’il vous plaît, un bon souper avec milord Bolingbroke et M. de Maisons, dans votre nouveau palais. Je crois que la proposition ne vous déplaira pas.

Et vous, mon cher Thieriot, mandez-moi si vous êtes déjà en possession de votre taudis. Je vous demande instamment un Virgile et un Homère (non pas celui de Lamotte). Envoyez cela, je vous prie, au suisse de l’hôtel de Villars, pour me le faire tenir à Villars ; j’en ai un besoin pressant. Envoyez-le-moi plutôt aujourd’hui que demain. Ces deux auteurs sont mes dieux domestiques, sans lesquels je ne devrais point voyager. Ayez donc la bonté, mon cher ami, d’user, en cette occasion, de toute la diligence que peut avoir un aussi grand paresseux que vous.

Adieu, madame ; adieu notre ami : aimez-moi un peu. Faites mes compliments au maître de la maison, si vous le rencontrez.