Correspondance de Voltaire/1749/Lettre 1957

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Correspondance : année 1749
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 36p. 577-578).

1957. — À M. L’ABBÉ D’OLIVET.

Tuum tibi mitto Ciceronem quem relegi ut barbari Crebillonii[1] scelus expiarem. Te precor mihi Semiramidem mandare cum tuis animadversionibus. Timeo ne tempus me deficiat. Hanc comœdi Semiramidem requirunt quod reverendi patris de Nivelle comœdia[2] non placuerit. Sed die et nocte operam dabo ut consiliis tuis possim opus meum perficeret[3].

  1. C’est la première fois que Voltaire appelle Crébillon barbare. Il lui donna cette épithète à cause de la manière dont il avait fait parler Cicéron dans sa tragédie de Catilina. Le 3 août 1749 survint à Voltaire, pour expier le crime de Crébillon, pour venger Cicéron, l’idée de composer sa Romme sauvée ; voyez la lettre à d’Argental, du 12 août 1749. Dans son Épître à d’Alembert (de 1771), Voltaire a dit :

    On préfère à mes vers Crébillon le barbare.

    Voyez tome X.

  2. L’Ecole de la jeunesse, comédie de La Chaussée, jouée le 22 février 1749, avait eu peu de succès. La Sémiramis de Voltaire fut reprise le 10 avril. Cette lettre à d’Olivet, classée jusqu’à ce jour en 1748, doit donc être des derniers jours de février ou des premiers jours de mars 1749. (B.)
  3. Traduction : Je vous envoie votre Cicéron, que j’ai relu pour expier le crime du barbare Crébillon. Je vous prie de me renvoyer Semiramis avec vos remarques. Je crains que le temps ne me manque. Les comédiens réclament cette Semiramis parce que la pièce du révérend Père de Nivelle n’a point réussi. Mais jour et nuit je travaillerai pour perfectionner mon œuvre d’après vos conseils.