Correspondance de Voltaire/1761/Lettre 4560

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Correspondance : année 1761
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 41p. 309-310).

4560. — À M. LE BRUN.
Mai 1761.

Mme Denis, Mlle Corneille, et moi, monsieur, nous sommes infiniment sensibles à votre souvenir. Mlle Corneille est plus aimable que jamais ; tout le monde aime son caractère gai, doux, et égal ; elle joue très-joliment la comédie. Sa petite fortune est déjà en bon train. Elle a environ 1,500 livres de rente. Dans les rentes viagères que le roi vient de créer, les souscriptions lui feront un fonds considérable. Vous verrez qu’elle finira par tenir une bonne maison.

Je suis fâcbé de ne pas voir le nom de monseigneur le prince de Conti dans la liste de ses souscripteurs.

Voici ce qu’on m’écrit de Marseille. L’abbé de La Coste est mort à Toulon[1] et laisse une place vacante. On ajoute :


La Coste est mort. Il vaque dans Toulon,
Par cette perte, un emploi d’importance.
Le bénéfice exige résidence.
Et tout Paris vient d’y nommer Fréron.


Permettez que je vous embrasse sans cérémonie.


Voltaire.

  1. Emmanuel-Jean de La Coste, moine célestin, quitta son couvent. Revenu en France, et y vivant d’industrie, il imagina une loterie établie chez l’étranger, fit des dupes, et fut, le 28 août 1760, condamné par le lieutenant général de police au carcan pendant trois jours, à la marque, et aux galères à perpétuité. Il mourut avant d’y arriver. J’ai sous les yeux une gravure du temps, qui le représente debout, attaché au carcan. (B.)