Correspondance de Voltaire/1763/Lettre 5314

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Correspondance : année 1763
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 42p. 498-499).

5314. — AL SIGNORE LORENZO GUAZZESI DI AREZZO[1].
cavaliere di santo stefano.
Ferney, 1763.

Signore, una delle più grandi consolazioni che abbia ricevuto in una inferma vecchiezza che mi conduce al sepolcro per una strada assai disastrosa, è stata la lettura delle opere che avete voluto gentilmente donarmi. Io non le ho ricevute che pochi giorni sono, benchè la vostra lettera sia scritta del 21 aprile. Non sono in stato di ringraziarvi di pugno[2], ma per debole che io sia posso sentire tutta la forza del vostro merito. L’ammirabile Ifigenia di Racine era degna di essere tradotta da voi. Ma alle altre avete fatto troppo d’onore[3]. Le vostre osservazioni sono belle, istruttive e dotte, quanto è graziosa ed amabile la vostra poesia. Quantunque io vegga dalle mie finestre le montagne, per cui dovette passare Annibale, vi confesso, non so determinarmi quale strada egli prendesse, e dubito ancor’io fortemente che egli si aprisse la via coll’ aceto[4]. Me ne rapporto a voi intieramente, o signore, che avete cosi ampia conoscenza dell’antichità.

Vi dichiaro di cuore che la vostra maniera di scrivere mi piace infinitamente, quanto mi sorprende la forza con cui trattate la materia di erudizione ed i lumi che ricavate a vantaggio delle lettere.

Vi esibisco la mia servitù, e sono colla più perfetta stima vostro devotissimo servitore[5].


Voltaire,
gentiluomo ordinario della camere del re.

  1. Felice Tribolati, Sull’ Epistolario italiano del Voltaire ; Pisa, 1878. — Cette lettre est conservée aux archives publiques de Pise. Le chevalier Guazzesi fut chargé par le roi de Prusse de faire sculpter sur la tombe d’Algarotti cette inscription :

    Hic jacet Ovidii æmulus et Neutoni discipulus.

  2. Évidemment le secrétaire a laissé dans sa plume proprio ou mio. (Note de l’éditeur italien.)
  3. Il lui avait envoyé un recueil de tragédies traduites du français en italien, imprimé à Pise en 1762, et comprenant, outre Iphigénie, l’Électre de Crébillon et l’Alzire de Voltaire. (Id.)
  4. Guazzesi est l’auteur de diverses dissertations savantes. Il a publié les Osservazioni storiche intorno ad alcuni fatti di Annibale (Arezzo, 1752), et une Lettera critica al dottor Antonio Cocchi intorno ad alcuni fatti della guerra Gallica Cisalpina seguiti l’anno di Roma DXXIX (Arezzo, 1752). (Id.)
  5. Traduction : Une des plus grandes consolations qu’ait reçues une infirme vieillesse qui me conduit au tombeau par une voie assez désastreuse a été la lecture des ouvrages que vous avez eu la gracieuseté de m’envoyer. Je ne les ai reçus que depuis peu de jours, bien que votre lettre soit datée du 21 avril. Je ne suis pas en état de vous remercier de ma main, mais si faible que je sois, je puis sentir toute la force de votre mérite. L’admirable Iphigénie était digne d’être traduite par vous. Mais aux autres vous avez fait trop d’honneur. Vos Observations sont belles, instructives et doctes, autant que votre poésie est aimable et élégante. Quoique j’aperçoive de mes fenêtres les montagnes par lesquelles dut passer Annibal, je ne saurais déterminer la route qu’il suivit, et je doute fort qu’il s’ouvrit un chemin avec du vinaigre. Je m’en rapporte entièrement à vous, monsieur, qui avez une si ample connaissance de l’antiquité.

    Je vous déclare avec sincérité que votre manière d’écrire me plaît infiniment, autant que me surprend la force avec laquelle vous traitez les matières d’érudition et les lumières que vous dégagez à l’avantage des lettres.

    Je vous assure de mon attachement, et suis avec la plus parfaite estime votre dévoué serviteur.

    Voltaire,
    gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.