Correspondance de Voltaire/1764/Lettre 5715

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Correspondance : année 1764GarnierŒuvres complètes de Voltaire, tome 43 (p. 277-278).
5715. — À M. LE COMTE D’ARGENTAL.
18 juillet.

Comment se porte madame l’ange ? Vous souvenez-vous de Sémiramis ? comme elle fut jouée froidement, comme elle tomba à la première représentation ? On dit qu’il n’y a point d’action dans les roués ; il me semble qu’il y en a beaucoup, et qu’un Pompée un peu ferme eût fait une grande impression. Est-il vrai que Molé est incapable de jouer les rôles vigoureux ? En ce cas, pourquoi lui avoir donné Pompée ? L’ex-jésuite comptait que Lekain jouerait ce rôle. Quoi qu’il en soit, mes divins anges, Lekain a écrit au défroqué, et voici ma réponse, que je prends la liberté de vous adresser.

Plus j’y pense, plus je crois que la pièce, jouée avec chaleur, n’aurait point refroidi. Si je me trompe, détrompez-moi : car j’aime encore plus la vérité que je n’aime les jésuites, et presque autant que j’aime mes anges, à qui je suis dévoué pour toute ma vie.