Correspondance de Voltaire/1765/Lettre 6005

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Correspondance : année 1765
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 43p. 548).

6005. — À MADEMOISELLE CLAIRON.
1er mai.

L’homme qui s’intéresse le plus à la gloire de Mlle Clairon, et à l’honneur des beaux-arts, la supplie très-instamment de saisir ce moment pour déclarer que c’est une contradiction trop absurde d’être au For-l’Évêque si on ne joue pas, et d’être excommunié par l’évêque si on joue ; qu’il est impossible de soutenir ce double affront, et qu’il faut enfin que les Welches se décident. Les acteurs, qui ont marqué tant de sentiments d’honneur dans cette affaire, se joindront sans doute à elle. Que Mlle Clairon réussisse ou ne réussisse pas, elle sera révérée du public ; et si elle remonte sur le théâtre comme un esclave qu’on fait danser avec ses fers, elle perd toute sa considération. J’attends d’elle une fermeté qui lui fera autant d’honneur que ses talents, et qui fera une époque mémorable.