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Cours d’agriculture (Rozier)/BAGUENAUDIER À VESSIES

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 112-114).


BAGUENAUDIER À VESSIES, ou Faux-séné. M. Tournefort le place dans la troisième section de la vingt-deuxième classe, qui comprend les arbres & les arbrisseaux à fleur en papillon, ou papilionnacée, dont les feuilles sont la plupart ailées ou conjuguées, & il l’appelle colutea vesicaria. M. Von Linné le classe dans la diadelphie decandrie, & le nomme colutea arborescens.

Fleur, papilionnacée, (Pl. 2) composée d’un étendard A, de deux ailes B, de la carenne C, de dix étamines D réunies à leur base en deux parties par une membrane ; la partie supérieure est composée de deux autres étamines qui se trouvent, à leur égard, dans la disposition représentée en E, le pistil G, est placé au centre ; il est composé de l’ovaire, du stile & du stigmate. Toutes les parties de la fleur sont rassemblées dans le calice F, & ce calice est un tube court, divisé en cinq segmens inégaux & aigus.

Fruit. Le pistil dévient, par sa maturité, un légume H, semblable à une vessie I, applatie & ouverte en-dessus, & presque totalement vide, renfermant des semences K en forme de rein.

Feuilles, ailées, avec une impaire ; les petites feuilles ont chacune un pétiole implanté sur le pétiole général ; elles sont égales, très-entières, presqu’en forme de cœur, quelques fois échancrées au sommet, terminées par un stile blanchâtre.

Racine, ligneuse, rameuse.

Port. Arbrisseau de trois à six pieds de haut, les rameaux lisses, les fleurs axillaires, jaunes, soutenues par des péduncules, disposées en grappes, lâches, pendantes ; les feuilles sont alternativement placées sur les rameaux.

Lieu. Les provinces méridionales, dans les bois ; il fleurit en Mai & en Juin.

Propriétés. Les feuilles ont un goût âcre & nauséeux ; elles sont purgatives, ainsi que les semences ; elles purgent légèrement sans donner des coliques, ni fatiguer l’estomac. Dès-lors, quelle nécessité d’acheter, à grands frais, de l’étranger, ce que la nature libérale fournit dans nos climats ?

Usage. On donne les feuilles desséchées, depuis deux drachmes jusqu’à une once & demie, en macération au bain-marie dans six onces d’eau.

Culture. Cet arbrisseau s’élève avec la plus grande facilité, il suffit de semer sa graine en bonne terre ; on peut l’employer dans les bosquets du printems & de l’automne. Il y a une variété dont les siliques sont purpurines ; une autre à fleurs couleur de sang ; enfin, une autre à feuilles ovales & très-entières : il est constant que les semis réitérés & une bonne culture, fourniront beaucoup d’espèces jardinières.

La seconde espèce de baguenaudier est celui à feuilles ovales & oblongues ; il diffère du premier par ses tiges blanchâtres, par ses feuilles cotonneuses & blanchâtres en-dessous, d’un beau verd & lisses en-dessus ; par sa fleur dont la carenne est plus courte que l’étendard ; par ses ailes qui sont à peine distinctes. Son légume est une vessie renflée, marquée d’une suture longitudinale dans toute sa longueur, & entr’ouverte à sa base. Les fleurs sont d’un rouge éclatant. Ce sous-arbrisseau est originaire d’Éthiopie ; il demande à être semé sur couche dans les provinces du nord ; & dans celles du midi, il passe l’hiver en pleine terre, s’il est planté dans une bonne exposition. Il est inutile de parler des autres baguenaudiers qu’on ne sauroit élever en pleine terre.