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Cours d’agriculture (Rozier)/BAIE

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 119-120).


BAIE. C’est un fruit mou, succulent, charnu, d’une forme ordinairement arrondie ou ovale, renfermant une ou plusieurs semences au milieu d’une pulpe. Ces semences sont tantôt sans apparence de loge, tantôt avec des loges. La couleur de ce fruit varie dans les différentes espèces ; l’arbre ou l’arbuste qui le porte, prend de là le nom de baccifere.

Suivant M. Linné, la nature en formant ces baies, a voulu remplir deux objets : le premier, de fournir une nourriture abondante aux oiseaux, & le second de favoriser la multiplication des bacciferes. En effet, les oiseaux attirés par le goût de ses fruits, les enlèvent de dessus les branches, se nourrissent de leur pulpe succulente, & laissent tomber çà & là les semences qui y étoient renfermées ; la terre les recueille dans son sein, où elles trouvent bientôt les principes nécessaires à leur végétation.

On distingue assez généralement les baies, & par leur formes, & par le nombre des semences qu’elles contiennent : celles du fustet, de l’épine blanche, de l’obier, du filaria, de la laureole mâle & femelle, du thym, de la viorme & du guy, sont succulentes & ne renferment qu’une seule semence ; (voyez pour la planche, le mot Bulbe, fig. l. A & B. B est le noyau.) Celles du chevrefeuille, de l’alizier, du jasmin, du stirax, de l’asperge, du raisin de mer, (fig. 2) de l’épine-vinette, (fig. 3) & de la bourdaine. (fig. 4) On trouve trois semences dans les baies du sureau, du petit houx, du genevrier, du nerprun, (fig. 5) & de l’alaterne ; (fig. 6) on n’a représenté ici que les noyaux.

Il y a quatre semences dans les baies du troêne, de l’agnus-castus, du houx. (fig. 7. A est la baie ; B les semences.)

On en trouve ordinairement cinq dans les baies du raisin, de la bousserole, de l’airable, de plusieurs espèces de néfliers, & dans celles du lierre. (fig. 8. A est la baie coupée ; B les semences à demi-découvertes.)

Enfin, elles sont en très-grand nombre dans les baies de la belladone, du myrthe, du solanum, de la rose, de l’arbousier, du groseillier (fig. 9. A est la baie ; B les semences) & du câprier (fig. 10. A est la baie ; B les semences.)

Lorsque les baies sont petites & ramassées en grappes ou en corymbe, on leur donne le nom de grains ; telles sont celles du groseillier, du berberis, du sureau : les fruits de la ronce & du mûrier, sont composés de plusieurs petites baies rassemblées en tête arrondie ou ovale sur un réceptacle commun. La baie du coqueret est renfermée dans une enveloppe membraneuse & colorée, qui n’est autre chose que le calice de la fleur, renflé par la maturité ; celle du rosier provient de la base du calice, amplifiée, amollie & colorée ; celle de l’if est un réceptacle charnu & succulent, qui s’ouvre par degré pour laisser échapper la semence, après l’avoir tenu enveloppée pendant quelque tems. M. M.