Cours d’agriculture (Rozier)/BOURSE À PASTEUR

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 423-424).


Bourse à Pasteur, à Berger, ou Tabouret. (Voy. Pl. 15) M. Tournefort la place dans la seconde section de la cinquième classe qui renferme les herbes à fleur régulière, en croix & de plusieurs pièces, dont le pistil devient une petite silique, & il l’appelle bursa pastoris, major, folio sinuato ; M. von Linné la nomme thlaspi bursa pastoris, & la classe dans la tétradynamie siliculeuse.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 2, pl. 15 bourse à pasteur.png

Fleur B. composée de quatre pétales égaux, arrondis, attachés au fond du calice, & disposés en croix. Le calice est également divisé en quatre parties, & chaque division est placée entre les pétales. Voyez Fig. C. Le pistil D est entouré de six étamines E, dont quatre plus longues, & deux plus courtes.

Fruit. Le pistil devient une petite silique triangulaire, aplatie, s’ouvrant par le haut F, représentant à peu près une bourse divisée en deux loges, remplies de semences menues, qui s’attachent des deux côtés d’une nervure. Cette bourse n’a aucun rebord.

Feuilles. Celles qui partent des racines sont découpées en forme d’aile ; celles des tiges sont plus petites, embrassent la tige par leur base, sont garnies d’oreilles des deux côtés, sans découpures. Il est impossible de décrire exactement cette plante si commune ; elle varie à un tel point dans la forme de ses feuilles, dans la hauteur de la tige, qu’elle n’a point de caractère secondaire bien déterminé. Suivant la nature du terrain, les feuilles sont tantôt rondes, tantôt longues, entières, découpées, simples ailées.

Racine A, blanche, droite, fibreuse, menue.

Port. La tige n’a rien de régulier d’après ce qui vient d’être dit ; les fleurs naissent au sommet des rameaux & sont blanches.

Lieu. Elle croît par-tout, même pendant l’hiver, à moins qu’il ne soit très-rigoureux, & fleurit dès qu’il ne gèle pas.

Propriétés. Sa racine a une saveur douceâtre & nauséabonde ; la plante entière a une saveur d’herbe salée, un peu gluante. Elle est vulnéraire & astringente. On l’a beaucoup vantée contre les hémorragies par pléthore, l’épaississement de sang qui reconnoît la même cause, &c. ce qui n’est pas prouvé par de bonnes expériences. Il en est ainsi de la propriété qu’on lui attribue dans les dyssenteries & dans les cours de ventre. On l’a recommandée pilée, imbibée de fort vinaigre & de quelques pincées de sel, pour en faire un épicarpe qui doit être appliqué sur les poignets, lorsque le frisson de la fièvre commence. Ce remède est plus que douteux. Toute plante pilée & appliquée sur une coupure, sur une plaie récente, aide, dit-on, la reprise des chairs. N’est-ce pas simplement parce que elle intercepte l’action de l’air sur la plaie, & la nature ne fait-elle pas le reste ? Une compresse imbibée seulement d’eau, n’auroit-elle pas produit le même effet ?

Usage. L’eau distillée de la plante n’est pas plus utile que l’eau pure de rivière. Le suc clarifié se donne à l’homme depuis quatre onces jusqu’à six ; les feuilles séchées & pulvérisées à la dose d’une drachme.