Cours d’agriculture (Rozier)/FUMIER

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Hôtel Serpente (Tome cinquièmep. 195).


FUMIER. (Voyez Alterner, Amendement, Engrais.) Par le mot strict de Fumier, on entend la paille qui a servi de litière aux chevaux, aux bœufs, aux vaches, aux brebis, &c. qui est mêlée avec leur fiente, imbibée de leur urine, & dont on se sert pour fertiliser les terres. Quelques écrivains tirent du mot Fumée l’origine de Fumier, parce que ce dernier, étant amoncelé, fume, & que les engrais, proprement dit, ne fument pas ; tels sont les chaux, les marnes, les mélanges de terre, &c. ; quoiqu’il en soit de cette distinction, j’appellerai en général engrais & fumier, toute substance susceptible de fertiliser la terre, soit en divisant ses molécules comme le sable dans l’argile, ou l’argile avec le sable, pour lui donner du corps, soit en fournissant une certaine quantité de sel, telles sont la marne, la chaux, la craie, &c. ; soit en rendant à la terre la vraie & seule terre végétale ou humus, qui a déjà servi à la charpente des plantes & des animaux ; soit enfin toutes les substances oléagineuses, graisseuses, & animales, qui s’unissent à l’eau par l’intermède des sels, & dans cette union contractent la véritable qualité savonneuse d’où résulte la sève, la belle végétation, &c. ou qui détruit l’organisation des germes dans la terre, des plantes lorsqu’elles végètent, lorsqu’un des principes constituans, la sève, domine sur les autres en trop grande abondance. Ces assertions sont développées très au long aux mots cités ci-dessus.