Cours d’agriculture (Rozier)/MARAIS

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Hôtel Serpente (Tome sixièmep. 414-415).


MARAIS. Ce mot a plusieurs acceptions. Par marais proprement dit, on entend une terre abreuvée de beaucoup d’eau, qui n’a point d’écoulement ; il diffère des lacs & des étangs, en ce que ceux-ci sont submergés. La seconde acception est particulière à Paris & dans ses environs, & presque inconnue dans le reste du royaume. Un jardin potager y est appelle marais, sans doute parce que les premiers potagers des environs de la capitale ont été établis sur un sol marécageux, ou sur un sol qu’il falloit creuser peu profondément pour se procurer l’eau nécessaire aux arrosemens. De-là l’origine du nom maraicher, pour désigner l’homme qui cultive un potager ou un marais. Il est certain que les bas-fonds, & même les marais, réunissent de grands avantages lorsqu’on les transforme en jardin, & qu’on donne un écoulement aux eaux. La terre végétale s’y accumule d’année en année par la décomposition perpétuelle & toujours renaissante des animaux, plantes, insectes, &c. dont le dernier résultat est la création d’un sol de couleur brune, tirant sur le noir, dont les principes sont déjà combinés & excellens, & dont les molécules se séparent facilement les unes d’avec les autres ; enfin, le sol par excellence pour la culture des légumes. Si on ajoute à cet avantage celui de pouvoir se procurer de l’eau presque sans peine, on verra qu’un semblable terrein mérite la préférence sur tous les autres. Chaque année la superficie du sol n’exhausse, soit par le débris de végétaux, &c., soit par le transport des terres, si le fonds est trop bas & trop aqueux.

Quant aux marais proprement dits, consultez les articles Défrichemens, Desséchemens, Étangs. Il est impossible que l’air qui environne ces marais ne soit pas infecte, & que les malheureux habitans qui sont attachés à la glèbe, dans le voisinage, ne soient pas, peu à-peu, consumés par la fièvre ; & à coup sûr les bœufs, vaches, chevaux, &c. qu’on y envoie paître sont de la plus grande maigreur. Lisez l’article Commune, Communaux.