Cours d’agriculture (Rozier)/SEIME

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Hôtel Serpente (Tome neuvièmep. 167-168).


SEIME. (Méd. vétérinaire.) Fente, séparation du sabot qui arrive à la muraille du haut en bas, tant aux pieds de devant qu’aux pieds de derrière. (Voyez Pied.)

Les seimes peuvent survenir dans toutes les parties de cette muraille ; celle qui attaque le quartier s’appelle seime quarte, tandis que celle qui se montre en pince, se nomme seime en pied de bœufs.

Elles sont plus ou moins profondes, & commencent toujours à la couronne. On ne doit pas les confondre avec les petites fentes répandues çà & là sur la superficie de la muraille, ces fentes n’étant autre chose qu’une légère aridité de ceinte partie, occasionnée par les coups de rape donnés sur la muraille par le maréchal.

Causes. Les seimes sont dues à la sécheresse de la peau de la couronne & de la muraille : la muraille étant ainsi desséchée & n’ayant plus cette humidité & cette souplesse nécessaires à toutes les parties, elle se crève, se fend, & de là les seimes. En parant trop le pied, ou en le rapant, on ouvre les pores, ou les vaisseaux qui vont porter la lymphe nourricière à la sole & à la muraille, on les expose au contact de l’air, qui enlève l’humidité, & cette espèce de rosée qui nourrit le pied & la muraille ; le pied desséché, se raccourcit, se rétrécit, fait fendre la muraille, & de là la seime.

Curation. La seime est-elle commençante, rafraîchissez seulement les bords de la partie supérieure de cette fente ; allez jusqu’au vif, & mettez-y des plumaceaux chargés de térébenthine. La réunion faite, entretenez le sabot souple, en l’enveloppant d’onguent de pied, dont voici la formule :

Prenez poix blanche, cire jaune, térébenthine, de chaque demi-livre, huile d’olive, sain-doux, de chaque une livre ; faites d’abord fondre la poix, la cire & le sain-doux ; passez, ce mélange, puis ajoutez l’huile & la térébenthine.

La chair cannelée surmonte-t-elle & se trouve-t-elle pincée entre les deux bords de la muraille, amincissez les deux bords avec le boutoir ; rafraîchissez-les depuis la couronne jusqu’à la fin de la seime, coupez même la chair, si elle surmonte beaucoup, & appliquez dessus une tente chargée de térébenthine, ou imbibée de son essence, & proportionnée à la longueur & à la grandeur de l’ouverture ; c’est le vrai moyen d’empêcher que la chair cannelée, ou la chair de la couronne ne surmonte ; mettez ensuite un plumaceau un peu plus large & chargé de térébenthine, & enfin, par dessus celui-ci, un autre plumaceau plus grand qui recouvre une bonne partie du sabot, chargé d’onguent ci-dessus indiqué, dans la vue d’humecter la muraille & le pied ; enveloppez le tout d’un linge, & maintenez l’appareil avec une ligature longue & serrée pour empêcher que la chair cannelée ne surmonte.

Si au bout de quinze jours ou trois semaines la seime continue à jeter de la matière ; c’est une preuve que l’os est carié ; assurez-vous-en par le moyen de la sonde ; si vous sentez l’os, coupez un peu plus de la muraille, afin d’avoir une issue plus grande, ensuite appliquez une pointe de feu, pour emporter la carie. (Voyez. Carie, Feu ou Cautère actuel.)

Pour guérir la seime, parmi les maréchaux de la ville & de la campagne, les uns introduisent dans la fente, des caustiques ; les autres, & c’est le plus grand nombre, mettent trois S de feu, a un pouce de distance les unes des autres, de façon que le milieu de chaque S traverse la fente ; & afin de sonder la seime vers la couronne, ils appliquent un fer rouge en forme de croissant, moitié sur la couronne, moitié sur la corne. Ces deux méthodes sont trop absurdes pour pouvoir les conseiller à nos lecteurs, & nous leur laissons le soin de les réfuter. M. T.