Croquis honnêtes/46

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Gangloff (p. 148-149).

Au Port.

Le trois-mâts arrive de New York ; la mer a été mauvaise ; l’équipage est fatigué. Mais quelle joie, voici le port.

Pendant le trajet, le mousse a été malade, et l’on a cru un instant qu’on allait le perdre. Mais le chirurgien et Dieu l’ont sauvé. Voici le port.

Le capitaine s’est marié l’an dernier. Quelle douleur quand il a dû partir ! mais quelle joie tout à l’heure, quand il verra sa jeune femme lui tendre gentiment le baby qui vient de naître ! Voici le port.

Le vieux matelot avait laissé sa femme au lit, malade de misère, au milieu de ses sept enfants qui mouraient de faim. Mais, pendant son absence, deux anges d’en haut sont venus les visiter sous la forme d’une dame de charité et du vieux curé de la paroisse. Ils sont bien portants maintenant, et la femme, alerte et joyeuse se jette aux bras de son mari. Voici le port.

Et nous aussi, chrétiens, nous faisons une triste et longue traversée, pendant laquelle nous perdons souvent les êtres qui nous sont le plus chers. Mais, en vérité, il y a là-haut un havre divin, un port éternel. Nous y arrivons, nous allons y toucher.

Ô mon Dieu, voici, voici le Port !