Cycle/La Couleuvre

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CycleAlphonse Lemerre, éditeur4 (p. 221).
LA COULEUVRE


Le lait pur de la vache avait le goût des fleurs,
Son beurre doux et frais semblait une ambroisie,
Tant chaque fleur des prés et chaque herbe choisie
Aux mamelles versaient leurs parfums les meilleurs ;
Un soir le lait coula sanglant : « Oh ! la couleuvre
Aura sucé les pis ! Je reconnais son œuvre, »
Dit, en jetant le vase, un pâtre épouvanté.
Hélas ! ainsi j’ai vu, par audace ou par ruse,
La vipère se pendre au sein blanc de la Muse :
Son lait ne coula plus que trouble, ensanglanté.