Dans la rue (Bruant)/Rose Blanche

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Ernest Flammarion (Volume IIIp. 37-43).


ROSE BLANCHE



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\addlyrics {
Alle a -- vait, sous sa to -- que "d’mar - tre,"
Sur la butt’ Mont -- "mar - tre,"
Un p’tit air in -- no -- "cent ;"
On l’app’ lait Rose, alle é -- tait "bel - le,"
A sen -- tait bon la fleur nou -- "vel - le,"
Ru’ Saint- Vin -- cent.
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Alle avait, sous sa toque d’martre,
        Sur la butt’ Montmartre,
        Un p’tit air innocent ;
On l’app’lait Rose, alle était belle,
A sentait bon la fleur nouvelle,
            Ru’ Saint-Vincent.

On n’avait pas connu son père,
        A n’avait pus d’mère,
        Et depuis mil neuf cent,
A d’meurait cbez sa vieille aïeule
Où qu’a s’él’vait, comm’ ça, tout’ seule.
            Ru’ Saint-Vincent.


A travaillait, déjà, pour vivre,
        Et les soirs de givre,
        Sous l’froid noir et glaçant,
Son p’tit fichu sur les épaules,
A rentrait, par la ru’ des Saules,
            Ru’ Saint-Vincent.

A voyait, dans les nuits d’gelée,
        La nappe étoilée,
        Et la lune, en croissant,
Qui brillait, blanche et fatidique
Sur la p’tit’ croix d’la basilique,
            Ru’ Saint-Vincent.


L’été, par les chauds crépuscules,
        A rencontrait Jules
        Qu’était si caressant
Qu’a restait, la soirée entière,
Avec lui, près du vieux cim’tière,
            Ru’ Saint-Vincent.

Mais le p’tit Jul’ était d’la tierce
        Qui soutient la gerce,
        Aussi, l’adolescent
Voyant qu’a n’marchait pas au pantre,
D’un coup d’surin lui troua 1’ ventre.
            Ru’ Saint-Vincent.

Quand ils l’ont couché’ sous la planche,
        Alle était tout’ blanche
        Mêm’ qu’en l’ensev’lissant,
Les croqu’-morts disaient qu’la pauv’ gosse
Était claqué’ l’jour de sa noce.
            Ru’ Saint-Vincent.


Alle avait, sous sa toque d’martre,
        Sur la butt’ Montmartre,
        Un p’tit air innocent ;
On l’app’lait Rose, alle était belle,
A sentait bon la fleur nouvelle,
            Ru’ Saint-Vincent.