De l’Équitation (Trad. Talbot)/02

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Traduction par Eugène Talbot.
De l’ÉquitationHachetteTome 1 (p. 326-327).



CHAPITRE II.


De l’élève et du dressage.


Pour ce qui regarde l’élève des poulains, je ne vois rien à dire. La cavalerie, en effet, se recrute dans nos villes parmi les citoyens les plus riches, ceux qui ont la plus grande part aux affaires. Or, au lieu de dresser des poulains, il importe beaucoup plus à un jeune homme de fortifier sa santé et de s’instruire dans l’équitation, ou, s’il sait déjà monter, de s’exercer au maniement du cheval. D’autre part, il convient mieux à un vieillard de s’occuper de sa maison, de ses amis, des affaires politiques ou militaires, que de passer son temps à élever des chevaux. Celui donc qui pensera comme moi, donnera son poulain à dresser.

Il doit en être, sous ce rapport, comme d’un enfant qu’on met en apprentissage ; on fixera par écrit ce que le cheval doit savoir quand on le reprendra dressé. Ce sera, pour le dresseur, un programme à suivre exactement, s’il veut toucher le prix convenu.

On veillera toutefois à ce que le poulain soit livré au dresseur déjà souple, maniable, ami de l’homme. Or, c’est surtout à la maison que le palefrenier lui fait acquérir ces qualités, s’il prend soin que l’animal, laissé à lui-même, ait à endurer la faim, la soif, les piqûres des mouches, et qu’il doive, au contraire, aux mains de l’homme le boire, le manger, la fin de toute espèce d’incommodité. Par ce moyen, les jeunes chevaux non-seulement aimeront l’homme, mais le désireront auprès d’eux.

Il faut surtout caresser les parties où le cheval aime à être touché. Ce sont celles où le poil est le plus épais, et que le cheval ne peut défendre, lorsque quelque chose l’incommode. Ordonnez aussi au palefrenier de mener le poulain dans la foule, de l’approcher de toute espèce d’objets, de toute espèce de bruits. S’il en a peur, ce n’est pas en le rudoyant, mais en le prenant par la douceur, qu’on lui montrera que rien de cela n’est à craindre. Ces conseils sur l’élève du poulain me paraissent devoir suffire à ceux qui n’en ont pas la pratique.