Description de la Chine (La Haye)/Du Haï ma, ou cheval de mer

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Scheuerlee (3p. 600-602).


DU
HAI MA
OU
CHEVAL DE MER.


Il s’appelle aussi Choui ma (cheval d’eau). Song king dit : Ce poisson est du genre des écrevisses. Sa figure a du rapport à celle du cheval. C’est pourquoi on l’a nommé haï ma, cheval marin.


Explication de divers auteurs.


Tsang ki dit : Le Cheval marin se trouve dans la Mer méridionale : il a la figure d’un cheval : il a cinq ou six pouces de longueur ; il est du genre des Hia, comme sont les écrevisses. Le livre intitulé : Nan tcheou y ue tchi, c’est-à dire, livre qui traite des choses rares, s’explique ainsi :

Le haï ma est de couleur jaune, tirant sur le gris. Quand une femme sent une telle difficulté à enfanter, que pour lui sauver la vie, on est près de couper son fruit, et de le tirer par morceaux, il ne faut que lui mettre cet insecte dans la main, et elle se délivrera de son fruit avec la même facilité qu’une brebis, dont le terme est arrivé.

Tsong tche dit : sa tête est comme celle du cheval, son corps ressemble à celui de l’écrevisse : son dos est de la figure de l’épine du dos, n’étant qu’un continu d’articles ou de jointures : il est de la longueur de deux ou trois pouces. Song dit : Le livre intitulé Y yu tou, c’est-à-dire, figures de poissons extraordinaires, rapporte que quand les pêcheurs jettent leurs filets dans la mer, et qu’ils les retirent, ils trouvent beaucoup de ces poissons pendus au haut des filets. Ils les prennent, les font sécher, et les attachent par couples. un mâle et une femelle ensemble.

Chi tchin yue dit : On lit dans le livre intitulé Ching tsi tsong lou : La femelle des haï ma est jaune, et le mâle est gris. Dans le Su piao, etc. on lit ces mots : « Il y a dans la mer une espèce de poisson, qui ressemble par la tête à un cheval. Il a comme un bec incliné en bas ; il y en a de couleur jaune et de couleur noirâtre ; les gens de mer les peuvent prendre, mais non pas pour manger. Quand on les a fait sécher, on les fait rôtir ou griller pour soulager les femmes dans l’enfantement. »

Pao po tse dit : Fong y prenait des chevaux d’eau, choui ma, avec une sorte d’araignée qui est mouchetée de points rouges, et en faisait une espèce de pilules, appelées choui si en ouan, qui avaient la vertu de communiquer à ceux qui les prenaient, la faculté de demeurer longtemps sous l’eau : mais aujourd’hui il n’y a personne qui sache préparer cette sorte de pilules.


Ses qualités et ses effets.

Le haï ma a une saveur douce : il a une qualité légèrement chaude, sans venin. Voici ses effets. Lorsqu’une femme a de la peine à accoucher, en portant cet insecte sur elle, elle en ressent de très bons effets. Quand l’heure de l’enfantement approche, il faut le faire brûler, le réduire en poudre, en donner à boire à la malade, et lui en mettre un entier dans la main, aussitôt elle se trouvera soulagée. Tsang ki l’assure ainsi. Sou long parle à peu près de même. Il échauffe bénignement les parties nobles. Il est propre à guérir de pestes et autres tumeurs envenimées. Surtout il est bon pour la maladie appelée hiao quai. C’est une maladie lunaire, qui prend le premier et le quinzième de chaque lune : de manière que le malade ne peut ni boire ni manger, et est incommodé ces deux jours-là d’une espèce de râle continuel. Il y a des gens qui ont eu cette maladie depuis leur enfance, jusqu’à un grande vieillesse.


Recettes.
Bouillon de Haï ma.

Ce bouillon est bon pour guérir la maladie dont je viens de parler, nommée hiao quai. Quand elle est invétérée, il faut prendre un couple de haï ma, un mâle et une femelle, une once de mou hiang[1], de la rhubarbe torréfiée, du pé kien nieou, deux dixièmes de chaque sorte, quarante-neuf grains de pa teou[2], plus, deux onces de tsing pei ; mettez le tout infuser dans de l’urine d’enfant, jusqu’à ce qu’il s’amollisse, et que le pa teou devienne de couleur violette. Après quoi il faut le mettre encore sept jours tremper dans de l’urine, puis l’en tirer, ensuite prendre du son de froment, le faire frire à sec dans une poêle, jusqu’à ce qu’il devienne jaune, prendre la peau du pa teou, et jeter le dedans, joindre cette peau aux autres espèces que j’ai nommées, et les broyer toutes en poudre. On donnera à chaque prise deux dixièmes d’once de cette poudre dans une tasse d’eau, après l’avoir fait bouillir quatre ou cinq bouillons, lorsque le malade est prêt de dormir.


Poudre de Haï ma, contre le venin.

Cette poudre est excellente pour guérir les clous et les tumeurs ou ulcères qui viennent sur le dos. Prenez un couple de haï ma ; faites-le sécher au feu jusqu’à ce qu’ils deviennent jaunes ; plus, du tchouen chan kia[3], de la terre jaune rôtie au feu ; plus du tchu cha[4], du vif argent, un mas de chaque sorte ; plus trois mas de hiong hoang ; un peu de cervelle de dragon, avec un peu de musc ; broyez bien tout cela en poudre, jusqu’à ce qu’on ne distingue plus aucune petite boule de vif argent. Appliquez-en tant soit peu sur chaque clou ou ulcère, une fois par jour, et le venin sortira infailliblement.


  1. Nom de bois odoriférant.
  2. Nom de sève sauvage.
  3. Espèce de hérisson écaillé.
  4. Minéral.