Description de la Chine (La Haye)/Pen tsao ti y kiuen

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Scheuerlee (3p. 543-546).


PEN TSAO TI Y KIUEN.
PREMIER LIVRE
DE L’HERBIER CHINOIS.
PREMIER PARAGRAPHE.


De l’origine de l’Herbier, ou Pen tsao, et de tous les Herbiers anciens et modernes, qui ont paru jusqu’à présent.


C’est une tradition fort ancienne qu’il y a eu un Herbier, divisé en trois livres, et intitulé Pen tsao king san kiuen, dont on prétend que l’empereur Chin nong a été l’auteur : mais on ne sait personne qui ait vu cet ouvrage.

Si l’on s’en rapporte à ce que dit Hoaï nan tseë, ancien auteur, l’empereur Chin nong, en faisant par le goût l’épreuve de toutes sortes de plantes et herbes médecinales, dans un seul jour en connut soixante-dix sortes qui avaient une qualité vénéneuse. Et c’est de là que la médecine pratique a pris son origine.

Anciennement avant l’invention des lettres, cette science passait d’une génération à l’autre par la tradition et par les enseignements faits de vive voix, et on lui donnait le nom de Pen tsao. Mais depuis les règnes des deux familles des Han, le nombre des médecins s’étant fort multiplié, et les recettes anciennes ayant été jointes aux modernes, on a commencé de voir dans les formes des livres de recettes, sous le titre de Pen tsao.

Dans un livre ou chronique, qui a pour titre, Ti ouang ki ché ki, il est dit, que l’empereur Hoang ti ordonna à Ki pé cao, d’examiner les saveurs des plantes et des arbres, et d’en faire un Pen tsao king, ou corps d’histoire, et de déterminer les recettes pour guérir toutes sortes de maladies : ce qui fait voir que le nom de Pen tsao a commencé à être en vogue dès le temps de l’empereur Hoang ti.

Au reste, le Pen tsao de Chin nong contient six espèces de choses médecinales ; savoir, des pierres précieuses, des pierres ordinaires, des plantes, des arbres et des animaux. Mais parce qu’entre elles le plus grand est du genre des plantes, c’est pour cela que tout l’ouvrage en tire son nom, et qu’on l’appelle Pen tsao, c’est-à-dire, l’origine ou la racine des plantes.

En y comprenant le Pen tsao de Chin nong, et celui de Li ché tchin, on en compte jusqu’à trente-neuf différents, qui ont paru en différents temps, et sous différents empereurs.

2. Li ché tchin dit que le Pen tsao de Chin nong comprend dans trois ordres différents, trois cent soixante-cinq sortes de remèdes, nombre qui répond à celui des degrés du ciel, et que Leang tao hong king y en ayant ajouté une fois autant, composa son Pen tsao, qui en contient sept cent trente sortes en sept livres, et qui fut nommé Ming y pié lou pen tsao, parce que les trois cent soixante-cinq sortes qu’il ajouta à celles de Chin nong, sont tirées des plus fameux médecins qu’il y ait eu depuis le règne des Han, et que pour distinguer les uns des autres, il marqua les premiers avec des caractères rouges.

Règne des Han.

3. Avant le Ming y pié lou pen tsao, il en avait paru un autre sous ce titre : Tsai yo lou, c’est-à-dire, Traité des herbes et remèdes, en deux livres, composé par Tong kiun, vassal de l’empereur Hoang ti.

4. Sous le règne des Han parut le Luei cong y a toui, qui est une espèce de Pen tsao en deux volumes, fait par Luei cong.

5. Le Pen tsao qui a pour titre : Li ché yo lou, parut sous le même règne en trois livres, qui n’étaient autre chose que les trois livres du Pen tsao de Chin nong, raccommodés par Li tang chi.

6. Celui-ci fut suivi du Pen tsao intitulé Ou ché pen tsao, composé sous le même règne des Han, par un auteur nommé Ou ; il n’y a qu’un seul livre.

7. Le dernier Pen tsao du règne des Han, est intitulé : Luei cong pao tchi lun. Il traite de la nature des remèdes, et de la manière de les préparer. Il contient trois livres : Luei cong est le nom de l’auteur.

Règne des Tang.

8. L’empereur Tang, chef de la famille impériale de ce nom, employa vingt-deux personnes des plus habiles de l’empire, pour faire un nouveau Pen tsao, qui pour cette raison fut appelé Tang pen tsao, ou Tang sin pen tsao. Il contient cinquante-trois livres, et a été fait suivant le Pen tsao de Leang tao hong king.

Après le Tang pen tsao, parut un autre livre avec ce titre : Yo tsong kiué, en deux livres, dont l’auteur s’appelait Tchang tchin kiuen.

Et après celui-ci on vit un nouvel Herbier qui portait ce titre : Yo sing pen tsao, en quatre livres.

9. Ensuite Sun tseë miao composa son ouvrage qui contient trente livres, sous le titre Tsien kin ché tché.

10. Bientôt après on vit un autre Pen tsao avec ce titre : Tche leao pen tsao, en treize livres, par un certain Mong tsan.

11. Celui-ci fut suivi d’un autre, intitulé Pen tsao ché y en dix livres, composé par Tchin tsang ki.

12. Sous le règne de la même famille, Li sun fit un Pen tsao particulier des plantes et autres choses de la mer, qu’il comprit en sept livres, et donna ce titre à son ouvrage : Hai yo pen tsao.

13. Le treizième Pen tsao a pour titre, Sseë chin pen tsao. Il contient cinq livres. Son auteur est Siao ping, du règne des Tang.

14. Le quatorzième est intitulé, Chan fan pen tsao. Il contient cinq livres. L’auteur s’appelle Yang soën tchi : il vivait sous la dynastie des Tang.

15. Le quinzième s’appelle Tsao yn y. Il contient deux livres. Son auteur était Li han coüang, du règne des Tang.

16. Le seizième est le Pen tsao sing sseë luei. Il ne contient qu’un livre, et sans nom d’auteur.

17. Le dix-septième est : le tché sing pen tsao, dont Tchin sseë leang est l’auteur. Il contient dix livres.

18. Le dix-huitième a pour titre Chou pen tsao. Les docteurs appelés Han lin en sont les auteurs. Il contient vingt livres. Cet ouvrage et les douze précédents sont tous du temps des Tang.

Règne des Song.

19. Le dix-neuvième fut intitulé Cai pao pen tsao, du nom du premier empereur de la famille des Song, par ordre duquel neuf des plus habiles de son empire composèrent cet ouvrage, qui, outre les sortes de plantes et choses médecinales expliquées dans le Pen tsao de Chin nong, en contient cent-trente-trois nouvelles, ajoutées de nouveau ; en sorte que celles-ci paraissent avec des caractères noirs, et celles-là sous des caractères blancs.

20. Le vingtième s’appelle Kia yeou pou tchu pen tsao, composé par les mandarins ou officiers du Quang lou sseë, tribunal qui a soin de la dépense qui se fait dans la Maison impériale. Cet ouvrage contient vingt livres.

21. Le vingt-unième est intitulé Tou king pen tsao. Il contient vingt-un livres, où on voit toutes les figures des herbes, des plantes, et autres choses médecinales. L’empereur Tsong gin tseë avait envoyé ordre dans toutes les provinces qu’on les dessinât toutes, et qu’on les portât à la cour.

22. Le vingt-deuxième est appelé Tching luei pen tsao. L’auteur qui s’appelle Tang chin ouei, ayant ramassé tous les Pen tsao des siècles précédents, en composa le sien, puis le présenta à l’empereur Hoei tsong, qui en changea le titre, et le fit appeler Ta koën pen tsao.

23. Le vingt-troisième porte ce titre Pen tsao pié choüé. Son auteur se nomme Tching tching.

24. Le vingt-quatrième est le Gé hoa tchu kia pen tsao. Il contient vingt livres. Gé hoa est le nom de l’auteur.

25. Le vingt-cinquième est intitulé Pen tsao yuen y, en trois livres. L’auteur se nomme Keou tsong ché.

26. Le vingt-sixième s’appelle Kiè cou tchin tchi tchu nan. Un livre en tout : Kié cou est le nom de l’auteur, ou bien, Tsang yuen fou. Cet ouvrage et les précédents sont tous du règne des Song.

Règne des Yuen.

27. Le vingt-septième est appelé Yong yo fa siang, en un seul livre. L’auteur qui vivait du temps de la famille des Yuen, s’appelle Li cao, ou bien, Hao tong koën.

28. Le vingt-huitième est le Tang ge pen tsao, en deux livres. L’auteur se nomme Vang hao cou.

29. Le vingt-neuvième porte le titre Gé yong pen tsao. Il contient huit livres. Le nom de l’auteur est Ou soüi.

30. Le trentième se nomme, Pen tsao co co. Il a été fait par un nommé Hou in.

31. Le trente-unième a pour titre, Pen tsao yuen y pou y. Son auteur est Tchu tching king : on l’appelle aussi Tan ki. Cet ouvrage et les quatre précédents ont été faits sous le règne des Yuen.

Règne des Ming.

32. Le trente-deuxième est le Pen tsao fa hoei, en deux livres. L’auteur est Siu yen chun, sous le règne de l’empereur Hong vou, fondateur de la dynastie Ming.

33. Le trente-troisième s’appelle Kiéou hoang pen tsao, en quatre livres. Il a été fait par un prince, nommé Tching tchai, lequel ayant compassion du peuple affligé par les calamités publiques, et surtout par la sécheresse et la stérilité de la terre, composa cet ouvrage, qui contient quatre cent quarante sortes d’herbes ou d’arbres, dont il prit connaissance, avec le secours des villageois et des laboureurs, qui n’ayant rien à manger, allaient chercher dans les montagnes parmi les arbres et les herbes sauvages, de quoi sustenter leur misérable vie, et en apportaient tous les jours plusieurs sortes de nouvelles. Cet ouvrage est aussi du temps de l’empereur Hong vou.

34. Le trente-quatrième est intitulé King sin yu tse. Il a été composé par un prince, nommé Ning hien vang, du règne de l’empereur Sun te. Il contient deux livres.

35. Le trente-cinquième est le Pen tsao si yao. Il a été composé par Vang lun sous le règne de l’empereur Hong tchi. Il contient huit livres.

36. Le trente-sixième, est le Tché ou pen tsao. L’auteur est Vang li, du règne de Tching te. Il contient deux livres.

37. Le trente-septième est le Tche kien pen tsao. Ces deux ouvrages traitent des aliments médicamenteux, et des aliments convenables à chaque maladie. L’auteur s’appelle Ning yuen : il vivait sous l’empereur Kia tsing.

38. Le trente-huitième est le Pen tsao hoei pien. L’auteur Vang ki. Il vivait du règne de l’empereur Kia tsing. L’ouvrage contient vingt livres.

39. Le trente-neuvième est intitulé Pen tsao mong suen. Il contient douze livres. L’auteur est Tchin kia meou, du règne de Kia tsing, empereur.

40. Le quarantième est le Pen tsao cang mou. Cet ouvrage a été commencé sous le règne et par l’ordre de l’empereur Kia tching, par le docteur Li ché tchin, lorsqu’il était tchi hien, c’est-à-dire, gouverneur d’une ville du troisième ordre, et achevé sous l’empereur Van lie. L’auteur a composé cet ouvrage de tout ce qu’il y avait de meilleur dans tous les Herbiers et autres livres de médecine, anciens et modernes, et y a ajouté trois cent soixante et quatorze recettes. Dans tout l’ouvrage on en compte en tout jusqu’à huit mille cent soixante.


Après suit un Index de toutes les espèces de plantes et autres choses médecinales, dont il est traité dans chacun de tous ces Pen tsao, et du nombre et des espèces que Li ché tchin a tirées de chacun, pour composer celui-ci.