Aller au contenu

Deuxième lettre de M. Kramp aux rédacteurs, sur le même sujet

La bibliothèque libre.


N. B. Pendant que ceci s’imprimait, les rédacteurs ont reçu de M. Kramp la lettre suivante :

Messieurs,

Mes recherches sur la solution complette, en nombres entiers, de l’équation ay2+b=x2, m’ont conduit à quelques remarques que je m’empresse d’autant plus de vous communiquer qu’elles doivent servir à rectifier ce que j’ai eu l’honneur de vous écrire dans ma dernière lettre.

On sait que, si l’on connaît un cas qui remplisse la condition de cette équation, tel que aq2+h=p2; et que, de plus, on connaisse deux nombres entiers m,n, tels que an2+1=m2; on peut de cette seule solution en déduire une infinité d’autres. Les x, aussi bien que les y, formeront deux séries récurrentes soumises à l’échelle de relation plus 2m et moins 1 ; et, en désignant par p′,p″,p‴,… les termes de la première des deux séries, et par q′,q″,q‴,… les termes correspondants de l’autre, on aura

p′=mp+anq,p″=2mp′−p,p‴=2mp″−p′,…
q′=np+mq,q″=2mq′−q,q‴=2mq″−q′,…

Par les lettres p,q, nous désignons toujours les termes initiaux des deux séries, qui en même temps sont moindres que tous les suivants ; et il y aura autant de ces séries que l’on pourra trouver de valeurs de p et q, différentes, et indépendantes entre elles.

Je remarque maintenant que les termes initiaux p et q existent toujours par couples, tellement qu’il leur répondra toujours deux autres termes initiaux P et Q, liés avec les premiers par les deux équations qui suivent.

−p2+2mpP−P2=an2b,
−q2+2mqQ+Q2=n2b,

et autant que ces deux équations admettent de solutions en nombres entiers et positifs, autant aussi il y aura de séries, indépendantes entre elles, dont les termes peuvent résoudre en nombres entiers l’équation ay2+b=x2. Ces équations, elles-mêmes, à cause de m2−1=an2, admettent une solution parfaitement rationnelle ; il en résultera

P=mp−anq,Q=np−mq.

Faisant q=0, on aura Q=nb; ainsi b doit être un nombre quarré. Si on fait b=r2, ce qui donne l’équation aq2+r2=p2, on voit d’abord que p=r et q=0 est toujours une des valeurs de y ; on aura ensuite P=mr,Q=nr, et ces valeurs, qui se déduisent immédiatement de la solution de l’équation an2+1=m2, sont les seules que le procédé employé dans mon dernier mémoire peut faire découvrir, tant qu’on se bornera à prendre des nombres entiers pour les valeurs de la quantité que dans ce mémoire j’ai désignée par q. La suite de l’ouvrage apprendra à trouver la liste complette des autres ; et je me bornerai pour le moment à en donner quelques exemples.

Pour 11y2+52=x2, on a q=8,Q=8,p=6,P=27,11y2+72=x2,q=4,Q=5,p=15,P=18,11y2+192=x2,q=7,Q=20,p=30,P=69,11y2+372=x2,q=15,Q=36,p=62,P=125,11y2+432=x2,q=4,Q=95,p=45,P=125,11y2+532=x2,q=16,Q=65,p=75,P=222.

Le coefficient 11 donne d’ailleurs

m=10,n=3.

Le nombre des termes initiaux, indépendans entre eux et des séries qui en dérivent, est encore beaucoup plus grand, lorsque b n’est pas un nombre quarré. Dans l’équation 5y2+6061=x2, je trouve les termes initiaux qui suivent ;

p…q…P…Q.I…79…6…591…262.II…81…10…529…234.III…129…46…241…102.IV…159…62…191…78.V…831…370…79…6.VI…929…414…81…10.

on a d’ailleurs ici m=9.n=4.

Agréez ; Messieurs, etc.

Strasbourg, le 28 mars 1811.