100%.png

Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Angoulême-du-Temple (rue d’)

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Angoulême-du-Temple (rue d’).

Commence au boulevart du Temple, nos 20 et 22 ; finit à la rue Folie-Méricourt, nos 15 et 17. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 335 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

« Louis, etc., à nos amés, et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de parlement à Paris, salut. Notre cher et bien amé Alexandre-Emmanuel, chevalier de Crussol, brigadier de nos armées, chevalier non profès de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine des gardes de notre très cher et très amé frère le comte d’Artois, et administrateur général du grands prieuré de France pour notre très cher et très amé neveu le duc d’Angoulême, grand-prieur de France, nous a fait exposer que, depuis que nous ayons bien voulu lui confier l’administration du grand-prieuré de France, par nos lettre-patentes du 13 mars 1777, il s’est occupé des différents moyens d’en améliorer les revenus et qu’il a particulièrement porté ses vues sur les marais du Temple, qui lui ont paru susceptibles d’une amélioration considérable : que ces marais, qui contiennent en superficie plus de vingt-quatre mille toises, sont dans la position la plus avantageuse pour être bâtis ; qu’ils sont situés au bas du boulevart du Temple, dans la partie la plus fréquentée, bordés, d’un côté, par la rue des Fossés-du-Temple, qui est aujourd’hui prolongée jusqu’à la porte Saint-Antoine par la rue Amelot, et de l’autre par la rue Folie-Moricourt qui, par de nouveaux percements, peut faire la communication la plus facile et la plus commode des faubourgs Saint-Martin et du Temple avec celui de Saint-Antoine ; que d’un bout ils donnent sur la rue du Chemin-de-Ménilmontant, dont la partie opposée aux marais est déjà bâtie, et qu’enfin l’autre bout tient aux terres de différents particuliers ; qu’il a obtenu du grand-maitre de l’ordre de Malthe et de son conseil un bref d’autorisation pour donner les terrains dont il s’agit à bail emphytéotique, à la charge d’y bâtir ; et que pour parvenir à une bâtisse régulière et qui puisse en même temps contribuer à l’embellissement de la ville, il a fait dresser, par le sieur Perard de Montreuil, architecte du grand-prieuré, un plan de tous les terrains des marais du Temple, sur lequel sont tracées différentes places et rues qu’il se propose, sous notre bon plaisir, de faire ouvrir, etc., autorisons, voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera pratiqué et ouvert, aux frais du grand-prieuré, sur les terrains et marais appartenant audit grand-prieuré, appelés les Marais-du-Temple : 1o une place qui sera nommée place d’Angoulême, dont la dimension sera de trente-cinq toises sur vingt-cinq ; 2o trois rues qui traverseront lesd. marais dans leur largeur depuis la rue des Fossés-du-Temple jusqu’à celle de la Folie-Moricourt ; la première de ces rues sera nommée rue de Latour ; celle du milieu, allant à la place, rue d’Angoulême, et la troisième, proche l’ancien réservoir de la ville, rue de Crussol ; 3o deux autres rues transversales qui prendront de la rue du Chemin-de-Ménilmontant jusqu’au terrain des particuliers, et même pourront être prolongées au travers des terrains desd. particuliers jusqu’à la rue du Faubourg-du-Temple, lesquelles deux rues porteront la dénomination, savoir : la première, au-dessus du réservoir, de rue de Malthe, et la deuxième, celle de rue du Grand-Prieuré ; le tout ainsi qu’il est tracé au plan ci-dessus énoncé. Lesd. cinq rues auront chacune, conformément à notre déclaration du 16 mai 1765, cinq toises de large, à l’exception de la rue d’Angoulême, qui en aura six, comme étant la principale. — Art. 2. Pour faciliter d’autant les issues et débouchés de ces différentes rues, permettons aud. sieur chevalier de Crussol d’ouvrir une autre rue ou allée également aux frais du grand-prieuré, laquelle descendra du boulevart sur la rue des Fossés-du-Temple, vis-à-vis et dans l’alignement de la nouvelle rue d’Angoulême ; l’autorisons à cet effet à traiter à l’amiable avec les propriétaires du terrain sur lequel cette dernière rue ou allée sera ouverte pour les dédommagements et indemnités qui leur sont dus. — Art. 3. Voulons et entendons que tous les maisons et bâtiments à construire sur led. terrain des marais du Temple soient exempts du logement des gardes françaises et suisses, et autres gens de guerre, jusqu’à la première vente, comme aussi que les acquéreurs des terrains soient dispensés de tous les droits de police et de grande et de petite voiries pour les premières constructions qu’ils feront, et ce, pendant l’espace de six années seulement, à compter du 1er janvier prochain. — Art. 4. Le premier pavé tant de la place que des différentes rues à ouvrir sur ledit terrain des marais du Temple sera fait aux dépens dudit grand prieuré, conformément aux clauses du bail du pavé de Paris, et ledit pavé sera ensuite employé dans les états d’entretien et renouvellement à notre charge, etc. Donné à Versailles, le 13e jour d’octobre, l’an de grâce 1781 et de notre règne le 8e. Signé Louis, et plus bas, par le Roy, Amelot, et scellé. — À côté est écrit : Registrées, ce consentant le procureur-général du Roy, pour jouir par l’impétrant de leur effet et contenu, et être exécutées selon leur forme et teneur aux charges et conditions y portées suivant l’arrêt de ce jour. À Paris, en parlement, le 26 février 1782, signé Isabeau. »

Procès-verbal d’alignement des rues nouvelles fut dressé par le bureau de la ville, le 28 février 1783. — Une décision ministérielle du 1er brumaire an XII, signée Chaptal, a maintenu la largeur primitive de la rue d’Angoulême. La partie comprise entre le boulevart et la rue des Fossés-du-Temple n’a été percée qu’en 1790, ainsi que le constate un procès-verbal émané du département des travaux publics, à la date du 9 septembre de la même année. Depuis 1825, on a prolongé la rue d’Angoulême à partir de la rue Folie-Méricourt. Ce prolongement, dirigé vers la barrière des Trois-Couronnes, ne forme encore aujourd’hui qu’une impasse dont la longueur est de 251 m. environ. — Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception des bâtiments situés sur le côté gauche, entre le quai de Jemmapes et la rue Folie-Méricourt et de ceux qui portent le no 2 ; ces derniers sont soumis à un retranchement de 1 m. 10 c. à 1 m. 60 c. — Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, est né à Versailles le 6 août 1775. Ce prince est en exil depuis 1830. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Lacarrière).