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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Antoine (hôpital Saint-)

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Antoine (hôpital Saint-).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, entre les nos 206 et 208. — 8e arrondissement, quartier-des Quinze-Vingts.

Cet hôpital occupe une partie de l’emplacement de l’ancienne abbaye Saint-Antoine-des-Champs, dont nous traçons ici l’origine.

Un pauvre curé de Neuilly-sur-Marne, nommé Foulques, vint à Paris vers 1198. L’éloquence de ses prédications apostoliques étonna tous les habitants. Il prêchait avec tant de véhémence contre les usuriers et les femmes adonnées à la débauche, qu’il fit bientôt de nombreuses conversions. Les filles de mauvaise vie profitaient surtout de ses pieuses instructions ; plusieurs abjurèrent la débauche et se coupèrent les cheveux en signe de pénitence. Foulques de Neuilly pourvut à l’entretien de celles qui voulaient se séparer entièrement de la vie mondaine. Pour ces dernières fut construite l’abbaye Saint-Antoine. La première chapelle de ce monastère fut bâtie par Robert de Mauvoisin. La grande église était due à la pieuse munificence de saint Louis. Ce fut vers les fossés de cette abbaye que Louis XI conclut en 1465 une trêve avec les princes qui s’étaient armés contre lui pendant la guerre dite du bien public. Le roi prétendit que la trêve avait été violée, et, pour perpétuer le souvenir de cette félonie, fit élever en ce lieu une croix en pierre. En fouillant le sol, on trouva en 1562 cette inscription « L’an MCCCCLXV fut ici tenu le landit des trahisons et fut par unes trosves qui furent données, maudit soit qui en fut cause. » Ce monument ne fut construit qu’en 1479, comme le prouve le compte du domaine de cette année. On y lit « À Jean Chevrin, maçon, pour avoir assis par ordonnance du roi une croix et épitaphe dans un lieu appelé le Fossé des Trahisons, derrière Saint-Antoine-des-Champs. » Les bâtiments du monastère et le sanctuaire de son église furent reconstruits vers 1770, sur les dessins de l’architecte Lenoir, surnommé le Romain. L’église était richement décorée ; on y voyait plusieurs tombeaux, entre autres ceux de Jeanne et de Bonne de France, filles de Charles V. La chapelle Saint-Pierre, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 3 vendémiaire an V. Elle a été démolie. Son emplacement forme aujourd’hui la petite place où se trouve l’entrée de l’hôpital. Tout le vaste terrain connu autrefois sous le nom de Clos-de-l’Abbaye fut aliéné en cinq lots, le 29 messidor an VI.

Un décret de la Convention, du 17 juin 1795, convertit les bâtiments de l’abbaye en hôpital assimilé à celui de l’Hôtel-Dieu. Cet établissement contient deux cent soixante-deux lits. Il est desservi par les sœurs de Sainte-Marthe.