Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Cherche-Midi (rue du)

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Cherche-Midi (rue du).

Commence aux rues du Vieux-Colombier, no 33, et de Sèvres, no 1er ; finit à la rue de Vaugirard, no 134. Le dernier impair est 119 ; le dernier pair, 126. Sa longueur est de 1 202 m. — Les impairs de 1 à 37 sont du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; de 39 à la fin, et tous les numéros pairs sont du 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Les rues du Cherche-Midi, des Vieilles-Tuileries et du Petit-Vaugirard, formant avant 1832 trois voies publiques distinctes, nous allons tracer un court historique de chacune d’elles : 1o la rue du Cherche-Midi doit son nom à un cadran, près duquel on avait peint des gens qui cherchaient midi à quatorze heures ; 2o la rue des Vieilles-Tuileries était ainsi nommée en raison de son voisinage de plusieurs tuileries ; 3o la rue du Petit-Vaugirard tenait son nom du village de Vaugirard, auquel elle conduit. L’adjectif petit servait à la distinguer de la rue de Vaugirard. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de ces trois voies publiques à 10 m. — En vertu d’une autre décision du ministre du commerce et des travaux publics, à la date du 5 juin 1832, et signée d’Argout, elles ont été confondues sous la seule et même dénomination de rue du Cherche-Midi. Par suite de cette décision, le numérotage été régularisé conformément à un arrêté préfectoral du 29 juin 1833. — Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 11 à 21 inclusivement ; de 31 à 85 inclusivement ; de 93 à 101 inclusivement ; 107, 119 ; de 14 à 34 inclusivement ; 66, 76, 86, 100, 104, 106, 110, 112 et 122. — Égout : 1o entre les rues de Sèvres et du Regard ; 2o depuis la rue de Bagneux jusqu’au boulevart du Mont-Parnasse. — Conduite d’eau : 1o entre les rues d’Assas et de la Barouillère ; 2o depuis la rue Mayet jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Française).

Au no 23 était situé le prieuré de Notre-Dame de Consolation, dit du Cherche-Midi. Des religieuses Augustines de la congrégation de Notre-Dame, établies à Laon pour l’instruction des jeunes filles, vinrent à Paris en 1633 afin d’y former un couvent. Le 13 mai 1634, elles achetèrent des sieur et dame Barbier un emplacement dans la rue du Cherche-Midi. Autorisées par l’abbé de Saint-Germain et munies de lettres patentes du roi, elles firent construire un monastère. Leur chapelle fut bénite sous l’invocation de Saint-Joseph, dont elles ajoutèrent le nom à celui de leur Institut. Supprimé en 1790, ce couvent qui contenait en superficie 2 714 m. fut vendu les 9 fructidor an IV, 15 brumaire an V, 24 vendémiaire, 25 pluviôse, 6 germinal, 29 prairial an VI et 8 fructidor an VIII. Dans le contrat de vente du 15 brumaire an V, l’obligation suivante fut imposée à l’acquéreur : Il sera tenu de donner le terrain nécessaire pour l’ouverture des deux rues projetées, ainsi que le tout est indiqué sur le plan, attendu que ce terrain ne fait point partie de la présente vente, etc. Cette clause n’a reçu que la moitié de son exécution. Une seule voie publique, la rue d’Assas fut ouverte sur l’emplacement du couvent du Cherche-Midi, et sur celui des Carmes, vendus l’un et l’autre avec la même obligation de livrer le terrain pour deux rues projetées. Dans les autres actes qui portent les dates des 6 germinal, 29 prairial an VI, et 8 fructidor an VIII, il est dit que l’acquéreur sera tenu de se conformer sans indemnité aux alignements arrêtés, ou qui pourraient l’être dans la suite par la commission des travaux publics.

Au no 38 était situé le couvent du Bon-Pasteur. Marie-Madeleine de Ciz, veuve du sieur Adrien de Combé, protestante nouvellement convertie au catholicisme, fonda cet établissement en retirant chez elle quelques filles débauchées et repentantes. Louis XIV l’encouragea et l’autorisa en lui donnant une maison confisquée sur un protestant, et une somme de 1 500 livres pour la réparer convenablement. On y construisit une chapelle, et la messe y fut dite pour la première fois le jour de la Pentecôte de l’année 1686. Cet utile établissement fut confirmé par lettres-patentes du mois de juin 1698. Plusieurs personnes, excitées par l’exemple du monarque, ajoutèrent des dons considérables qui fournirent à la vertueuse et bienfaisante fondatrice les moyens d’augmenter les bâtiments et d’y loger jusqu’à 200 filles. La maison du Bon-Pasteur était composée de deux espèces de personnes : de filles qu’on nommait sœurs, dont la conduite avait toujours été régulière et qui se consacraient à la conversion des pénitentes, et de personnes qui, revenues des égarements de leur jeunesse, suivaient de leur plein gré les exemples des premières. Ce couvent jouissait d’un revenu de 10 000 liv. Il fut supprimé en 1790. Ses bâtiments sont maintenant occupés par l’entrepôt des subsistances des troupes qui composent la garnison de Paris.