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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Gaîté (théâtre de la)

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Gaîté (théâtre de la).

Situé boulevart du Temple, no 68. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Nicolet, directeur d’une troupe de sauteurs qui desservaient les foires Saint-Germain et Saint-Laurent, vint en 1759 s’établir sur le boulevart. Il y fit construire un théâtre où l’on représentait des pièces grivoises et des pantomimes-arlequinades qui furent accueillies avec la plus grande faveur. Taconnet, le meilleur acteur de cette troupe, composait des pièces qui lui valurent le surnom de Molière des boulevarts. Il attirait tout Paris au théâtre de Nicolet lorsqu’il jouait un rôle d’ivrogne ou de savetier. Quand il voulait exprimer le dernier degré de son mépris pour quelqu’un, il disait : Je te méprise comme un verre d’eau. Cet excellent comédien mourut gaiment à l’hospice de la Charité. — En 1769 les directeurs de l’Opéra, jaloux des succès obtenus par Nicolet, firent interdire la parole aux acteurs de ce théâtre. Cet ordre rigoureux ne fut pas longtemps en vigueur. En 1772 la troupe de Nicolet joua quelques représentations devant la cour, réunie alors à Choisy. La favorite Du Barry fut si contente de ce spectacle, qu’elle lui fit donner le titre de théâtre des Grands Danseurs du Roi. Nicolet fut le premier qui offrit un exemple honorable. Les flammes ayant dévoré en 1777 toutes les constructions de la foire Saint-Ovide, il donna une représentation au bénéfice des incendiés. Cette générosité trouva dans la suite de nombreux imitateurs. En 1792, le spectacle de Nicolet prit le nom de théâtre de la Gaîté. Trois ans après, un comédien nommé Ribié était chargé de la direction de cette entreprise, qui reçut le titre de théâtre d’Émulation. En 1798 la veuve Nicolet lui rendit sa dénomination de théâtre de la Gaîté. La féerie du Pied de Mouton, représentée en 1806, attira tout Paris. Les dispositions de la salle, bâtie en 1760, n’étant plus en harmonie avec les besoins de l’époque (1808), M. Bourguignon, gendre de la veuve Nicolet, chargea l’architecte Peyre de reconstruire une nouvelle salle. Les travaux en furent promptement terminés. Depuis ce moment jusqu’à l’année 1837, de nombreux succès dus principalement au genre de pièces appelées mélodrames, placèrent la Gaîté au premier rang des spectacles des boulevarts. Un affreux incendie détruisit ce théâtre le 21 février 1835. Neuf mois après il était rétabli et ouvert au public. Sur la façade de la nouvelle salle, on remarque l’inscription suivante : « Théâtre de la Gaîté fondé en 1760 par J.-B. Nicolet, reconstruit en 1808, incendié le 21 février 1835, réédifié en fer, la même année. Bourlat, architecte. » La dépense s’est élevée à 443,000 fr. On représente toujours sur ce théâtre des vaudevilles, des drames et des pièces féeries. — Prix des places en 1844 : avant-scène des 1res et du rez-de-chaussée, 4 fr. ; 1res loges de face et baignoires fermées, 3 fr. ; 2mes loges de face, stalles de balcon et amphithéâtre, 2 fr. 50 c. ; 1res loges découvertes, avant-scène des 2mes, stalles d’orchestre, et orchestre adossé, 2 fr. 25 c. ; 1re galerie de côté, 2 fr. ; orchestre et pourtour, 1 fr. 50 c. ; 2me galerie et avant-scène des 3mes, 1 fr. 25 c. ; parterre, 1 fr. ; 3me galerie, 60 c. ; 4e amphithéâtre, 40 c.