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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Harpe (rue de la)

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Harpe (rue de la).

Commence aux rues Saint-Séverin, no 17, et Mâcon, no 18 ; finit à la rue Saint-Hyacinthe, no 1, et à la place Saint-Michel, no 2. Le dernier impair est 127 ; le dernier pair, 112. Sa longueur est de 554 m. — 11e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier de la Sorbonne ; les numéros pairs dépendent du quartier de l’École-de-Médecine.

Cette rue, en partie construite en 1247, doit son nom à une enseigne. De la rue de l’École-de-Médecine à la place Saint-Michel, elle a porté les noms de Saint-Côme, en raison de l’église ainsi dénommée, et aux Hoirs d’Harcourt, parce que le collége d’Harcourt y était situé. En 1650, elle prit dans toute sa longueur le nom de rue de la Harpe. — Une décision ministérielle du 3 germinal an X, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 13 m. en vertu d’une ordonnance royale du 25 novembre 1836. Une autre ordonnance royale du 12 mai 1841 a déclaré d’utilité publique l’exécution immédiate de l’alignement de la rue de la Harpe, au droit des maisons portant les no 74, 76, 78 et 80. Cette importante amélioration a été effectuée à la fin de l’année 1842. — Voici la situation des propriétés par rapport à l’alignement : de 1 à 25, retranchement de 2 m. 70 c. à 3 m. 90 c. ; de 27 à 33, retranchement de 3 m. à 4 m. ; de 35 à 45, retranchement de 4 m. à 4 m. 50 c. ; de 47 à 57, retranchement de 4 m. à 6 m. ; 59 et 61, retranchement de 5 m. 60 c. à 7 m. ; entrée des Thermes, pas de retranchement ; de 65 à 75, retranchement de 3 m. 80 à 6 m. 50 c. ; de 77 à 113, retranchement de 4 m. 20 c. à 6 m. ; 115, 117 et 119, retranchement réduit 2 m. 60 c. ; de 121 à la fin, redressement ; 2 et 4, retranchement réduit 5 m. ; de 6 à 40, retranchement de 3 m. 40 c. à 3 m. 80 c. ; 42, aligné ; de 44 à 50, retranchement de 1 m. 50 c. à 3 m. 70 c. ; 52, 54 et 56, alignés ; 58 et 60, retranchement réduit 1 m. 10 c. ; 62 et 64, alignés ; 66, retranchement 1 m. 20 c. ; 68, aligné ; 70 et 72, retranchement de 1 m. 80 c. à 2 m. 70 c. ; 74, 76, encoignure gauche de la rue Racine, alignés ; 82, retranchement 80 c. ; 84, aligné ; 86, retranchement 60 c. ; 88, aligné ; 90, retranchement réduit 70 c. ; collége Saint-Louis et dépendances, alignés ; 100, retranchement réduit 2 m. 10 c. ; de 102 à la fin, retranchement 2 m. 60 c. à 4 m. 50 c. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau depuis la rue Mâcon jusqu’à la rue de l’École-de-Médecine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Au no 85 était situé le collége de Seez. Il fut fondé en 1427, par Grégoire Langlois, évêque de Séez, en faveur de huit écoliers dont quatre devaient être du diocèse de Séez et quatre de celui du Mans. On en reconstruisit les bâtiments en 1730 et, en 1763, ce collége fut réuni à l’Université.

Au no 89 était situe le collége de Narbonne. Il fut fondé en 1316, par Bernard de Farges, évêque de Narbonne, pour neuf écoliers boursiers de son diocèse. Pierre Roger, natif de Limoges et devenu pape sous le nom de Clément VI, augmenta les revenus de ce collége dans lequel il avait étudié. En 1599, l’exercice public des basses classes y fut introduit. En 1760, on reconstruisit ce collége dont on réunit les biens à l’Université trois ans après.

Au no 93 était situé le collége de Bayeux. Il fut fondé en 1308, par Guillaume Bonnet, évêque de Bayeux, qui donna sa maison située rue de la Harpe, d’autres propriétés voisines et des biens qu’il possédait à Gentilly. En 1763, ce collége fut réuni à l’Université.

Entre les no 110 et 123, on voyait encore au milieu du XVIIe siècle, la porte Saint-Michel. Elle avait été bâtie vers l’an 1200 et faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. Jusqu’au XIVe siècle, elle fut désignée sous le nom de porte Gibart, c’est ainsi qu’on appelait alors le territoire sur une partie duquel se trouve la place Saint-Michel ; néanmoins en 1246 on la nommait Hostium Terri ; en 1300, porta Inferni, et en 1379, porta Ferri. (Voir pour l’étymologie, l’article Enfer, rue d’.) À la fin du XIVe siècle, elle prit le nom de porte Saint-Michel, parce qu’elle fut réparée en 1394, époque de la naissance de Michelle, fille de Charles VI. Cette porte fut abattue en 1684, pour faire place à une fontaine construite sur les dessins de Bullet et décorée, selon l’usage du temps, d’un distique de Santeuil.