Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Incurables-Femmes (hospice des)

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Incurables-Femmes (hospice des).

Situé dans la rue de Sèvres, no 55. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

En 1632, Marguerite Rouillé, épouse d’un conseiller au Châtelet, donna à l’Hôtel-Dieu plusieurs terrains et bâtiments situés à Chaillot, sous la condition qu’il y serait fondé un hôpital pour les pauvres gens des deux sexes, atteints de maladies incurables. Cet établissement devait porter le titre de Pauvres incurables de Sainte-Marguerite. Vers la même époque, Jean Goullet, prêtre, avait légué une somme considérable pour la création d’un hôpital qui devait avoir une destination à peu près semblable. Le cardinal de La Rochefoucauld résolut de faire exécuter ce legs, en l’augmentant de ses propres deniers. Il acheta de l’Hôtel-Dieu plusieurs terrains d’une grande étendue, et bordant le chemin de Sèvres au-delà des petites-maisons. Marguerite Rouillé, sur les instances de ce prélat, consentit à transférer en cet endroit la pieuse fondation qu’elle avait entreprise à Chaillot. Les constructions furent commencées ; puis, en 1637, des lettres-patentes confirmèrent cet établissement. L’Hospice des incurables ne contenait alors que 36 lits. Ce nombre s’accrut progressivement. Avant la révolution, il était de 400 ; en 1790 on en comptait 441. Les incurables-hommes furent transférés en 1802 au faubourg Saint-Martin, dans l’emplacement occupé autrefois par les religieux récollets. Depuis cette époque, l’établissement qui nous occupe est spécialement destiné aux femmes, dont le nombre s’élève aujourd’hui à 500. En 1842, la mortalité a été de 1 sur 8/70 ; la dépense s’est élevée à 217 580 fr.