Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Martignac (rue de)

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Martignac (rue de).

Commence à la place de Bellechasse ; finit à la rue de Grenelle-Saint-Germain, nos 128 bis et 130. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 167 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Elle a été ouverte, en 1828, sur les terrains dépendant des couvents de Bellechasse et des Carmélites (voir pour l’historique du premier de ces deux couvents, l’article de la rue de Bellechasse ; nous parlerons de la maison des Carmélites dans le cours du présent article). — La voie publique qui nous occupe, entièrement exécutée sur une largeur de 13 m., a reçu, en vertu d’une décision du roi en date du 15 avril 1839, le nom de Martignac. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Baptiste Silvère Gaye, vicomte de Martignac, naquit à Bordeaux le 20 juin 1770, et mourut le 3 avril 1832. Il fut successivement secrétaire de l’abbé Sièyes, procureur-général près la cour de Limoges, député du Lot-et-Garonne, commissaire civil à l’armée d’Espagne en 1823, directeur-général de l’enregistrement et des domaines et ministre de l’inférieur.

Couvent des Carmélites. — Des religieuses carmélites établies dans la rue Notre-Dame-des-Champs, désirant avoir dans l’intérieur de la ville une maison de refuge, sollicitèrent et obtinrent, en 1656, des lettres-patentes qui leur permirent de fonder un monastère dans la rue du Bouloi. Toutefois, elles ne pouvaient y recevoir que des novices, professes ou religieuses envoyées par le couvent de Notre-Dame-des-Champs. Ces entraves subsistèrent jusqu’en 1663. À cette époque, la reine Marie-Thérèse d’Autriche voulut, en l’honneur de sa patronne, fonder un nouveau couvent des Carmélites. Elle fit expédier en décembre de la même année, des lettres-patentes qui autorisaient l’établissement d’un second monastère dans la rue du Bouloi. Cette communauté devait être tout-à-fait indépendante de celle de Notre-Dame-des-Champs. La première pierre de l’église de ces nouvelles religieuses fut posée le 20 janvier 1664. Cependant leur habitation étant trop petite, elles demandèrent la permission de s’établir dans la rue de Grenelle-Saint-Germain. Cette autorisation leur fut accordée par lettres-patentes données à Compiègne au mois d’octobre 1688. — La communauté des Carmélites, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments et terrains furent affectés au service du ministère de la guerre. On y établit la garde des consuls, puis un dépôt de fourrages. Enfin les 3, 4 et 9 juin 1828, ils furent vendus avec ceux qui provenaient du couvent de Bellechasse. Sur leur emplacement, on a formé plusieurs rues et une place dont nous avons donné la désignation à l’article de la rue de Bellechasse.