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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Montebello (quai de)

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Montebello (quai de).

Commence à la rue des Grands-Degrés, no 16, et au pont de l’Archevêché ; finit à la place du Petit-Pont et au Petit-Pont. Le dernier numéro est 29. Sa longueur est de 278 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Un procès-verbal dressé par le conseil des bâtiments civils dans sa séance du 13 floréal an VII, porte ce qui suit : « Nouveau quai à établir depuis l’extrémité de celui de Miramiones jusqu’au Petit-Pont. » — Ce quai aura quinze mètres de largeur à compter du parement extérieur du parapet qui terminera le mur de revêtement ; il sera dirigé sur une seule ligne droite depuis la nouvelle place du Petit-Pont jusqu’en deçà de la rue Perdue, où il se terminera par un pan coupé de 6 m. 33 c. de face formant des angles égaux, etc… En conséquence, le bâtiment de l’hospice d’Humanité (Hôtel-Dieu) qui en occupe l’emplacement, et toutes les maisons qui se trouvent à la suite jusques et compris le bâtiment de la fontaine épuratoire, placée vers l’extrémité du quai des Miramiones, seront démolis tant pour augmenter le port aux tuiles, qui est insuffisant, que pour former le débouché du d. quai, dont la construction fait partie des travaux ordonnés par l’édit de 1786 (V. S.) non abrogé. Il sera formé une ouverture de 62 m. de large vis-à-vis la culée du pont Charles qui pourra être rendu public après la translation de l’hospice dans un autre local. Cette ouverture, qui est commandée par le peu d’espace qui resterait dans cette partie pour bâtir des maisons, entre le quai et la rue de la Bûcherie, formera d’ailleurs un débouché commode pour cette rue, et pourra concourir à l’assainissement de cette partie de la commune de Paris. » — Ces dispositions, approuvées par le ministre de l’intérieur Chaptal, le 20 fructidor an XI, ne furent pas alors exécutées. — « Au palais des Tuileries, le 25 mars 1811. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 2e. Il sera construit un quai en maçonnerie sur la rive gauche de la Seine, entre le pont Saint-Michel et le pont de la Tournelle. Ce quai portera le nom de Montebello, etc… » — Ce décret ne reçut son exécution que pour la partie comprise entre le pont Saint-Michel et le Petit-Pont. Cette partie a reçu le nom de quai Saint-Michel (voyez cet article). Un mur de parapet fut construit, en 1817, depuis la rue des Grands-Degrés jusqu’au Pont-au-Double. — Une décision ministérielle du 5 octobre 1818 modifia les dispositions de l’alignement approuvé en l’an XI, en maintenant toutefois la largeur de 15 m. ; et donna au quai dont il s’agit la dénomination de quai de la Bûcherie. — Une ordonnance royale du 29 avril 1839 est ainsi conçue : — « Article ler. Le prolongement du quai de la Bûcherie, sur l’emplacement occupé par les maisons portant les nos 2, 4, 6, 8, 10, 12 et 14 sur la rue des Grands-Degrés est déclaré d’utilité publique. » Cette amélioration a été réalisée en 1840. Dans le courant de l’année 1843, l’administration municipale a exécuté le décret de 1811, en restituant à cette voie publique le nom de Montebello.

La partie de ce quai, comprise entre le Pont-au-Double et le Petit-Pont, a été formée en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837, qui contient les dispositions suivantes : « Le projet d’un nouveau quai en prolongement du quai de la Bûcherie, sur l’emplacement des bâtiments de l’Hôtel-Dieu, est approuvé. L’exécution de ce projet est déclarée d’utilité publique. » Ce percement a été réalisé en 1840, au moyen du dédoublement du bâtiment Saint-Charles.

Les constructions riveraines du quai de Montebello sont alignées, à l’exception de celles nos 15 et 17. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Jean Lannes, duc de Montebello, né à Lectoure le 11 avril 1769, exerçait la profession de teinturier, lorsqu’en 1792 il partit pour l’armée des Pyrénées-Orientales en qualité de sergent-major. Quoique chef de brigade dès 1795, il se rendit comme simple volontaire à l’armée d’Italie, où sa valeur fixa l’attention de Bonaparte. Le grade de général avait récompensé ses faits d’armes quand il alla cueillir de nouveaux lauriers en Égypte. Nommé maréchal d’empire en 1804, Lannes se distingua par son intrépidité dans les campagnes d’Autriche, de Russie et d’Espagne. La bataille d’Essling fut son dernier succès. Blessé mortellement, il vécut jusqu’au 31 mai 1809, dans les douleurs produites par une double amputation. Napoléon fut vivement affecté de cette mort. Il disait en parlant de ce général : « Je l’ai pris pygmée, je l’ai perdu géant. »