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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Paix (rue de la)

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Paix (rue de la).

Commence à la rue Neuve-des-Capucines, no 2, et à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 84 ; finit au boulevart des Capucines, nos 13 et 15. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 280 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Cette rue ayant été ouverte sur l’emplacement du couvent des Capucines, nous nous occuperons d’abord de cette communauté religieuse. Louise de Lorraine, veuve de Henri III, légua par son testament du 28 janvier 1601, une somme de 60,000 livres pour la fondation d’un couvent de religieuses Capucines. Marie de Luxembourg, duchesse de Mercœur, fut chargée d’accomplir ce pieux dessein. À cet effet, elle acheta dans la rue Saint-Honoré l’hôtel du Perron qu’elle fit démolir. Sur cet emplacement, la première pierre du couvent fut posée le 29 juin 1604, au nom de madame Élisabeth, fille aînée du roi. Pendant les travaux de construction, la duchesse de Mercœur fut obligée de se retirer à l’endroit dit la Roquette, avec douze religieuses qui embrassèrent la règle des Capucines. Le 9 août 1606, elles prirent possession de leur couvent de la rue Saint-Honoré. La règle de cette communauté était d’une rigueur excessive : les religieuses marchaient toujours nu-pieds, ne mangeaient jamais de viande, etc. ; aux processions publiques elles portaient une couronne d’épines sur la tête. — Cependant, Louis XIV avait conçu le projet de former une place sur les terrains de l’hôtel de Vendôme. Pour donner à cette voie publique un débouché dans la rue Saint-Honoré, il fallait démolir le couvent des Capucines. Louis XIV résolut de dédommager amplement ces religieuses en leur faisant construire un nouveau monastère, en point de vue et dans l’axe de la place. Les bâtiments, élevés sur les dessins de François d’Orbay, architecte, furent terminés en 1688, et les religieuses s’y installèrent le 26 juillet de la même année. Le 27 août 1689, leur église fut dédiée sous le titre de Saint-Louis. La suppression de cette communauté eut lieu en 1790. Les bâtiments, devenus propriétés nationales, furent affectés à la fabrication des assignats. Les jardins, qui étaient d’une grande étendue, servirent de promenade publique, et l’on y établit successivement un théâtre, un cirque et un panorama. — Un décret rendu au palais des Tuileries le 19 février 1806, porte ce qui suit : « § 4. L’ancien terrain des Capucines et ses bâtiments seront divisés en 32 lots, conformément au plan général no 1, et il sera procédé, le plus tôt possible, à l’adjudication de ces lots, dans la forme usitée pour la vente des biens nationaux, excepté cependant du 8e et de la portion du 9e indiqués au plan particulier no 2, occupés par les bureaux du timbre, lesquels continueront de rester à la disposition de l’administration générale de l’enregistrement et des domaines. En conséquence, l’adjudicataire du 7e lot ne pourra élever aucun bâtiment au-delà de ceux qui sont déjà construits, etc. 6o Les fonds provenant de la vente des terrains et bâtiments des Capucines seront versés, jusqu’à concurrence de 2,000,000, au trésor général de la couronne, en remboursement de ses avances pour le paiement des travaux relatifs à l’achèvement du Louvre, en exécution de notre décret du 11 germinal an XIII. »

Le plan joint au décret indiquait le percement de deux rues, l’une dans l’axe de la place Vendôme, et devant aboutir au boulevart, l’autre en prolongement de la rue Neuve-Saint-Augustin, depuis celle Louis-le-Grand jusqu’au boulevart. — Par une décision ministérielle en date du 30 juin 1806, signée Champagny, la largeur de la première de ces deux nouvelles voies publiques fut fixée à 22 m. 40 c. ; la largeur de la deuxième, à 10 m. (voyez rue Neuve-Saint-Augustin). En transmettant cette décision, le ministre fit observer au préfet que la rue à ouvrir dans l’axe de la place Vendôme devait prendre le nom de rue Napoléon. Les terrains des Capucines furent vendus les 10, 17 mai, 25 octobre 1806 ; 11 avril, 6, 20 juin, 26 septembre 1807 ; 30 janvier, 11 mars, 6 mai, 3 juin, 26 août, 23 septembre, 25 octobre, 2 décembre 1808 ; 14 avril et 14 juillet 1809. Ils contenaient une superficie de 23,849 m. 98 c., non compris les portions nécessaires à la formation des deux rues. Dès 1807, on commença à bâtir dans la rue Napoléon. Cette dénomination lui fut enlevée en 1814 ; alors on lui substitua celle de rue de la Paix. Une ordonnance royale du 4 octobre 1826 a maintenu la largeur fixée par le plan de 1806. Les propriétés riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).