Dictionnaire analytique d’économie politique/B

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BAISSE. — On entend par ce met, que le prix des objets mis en vente est au-dessous de leur cours ordinaire.

La surabondance est la cause efficiente de la baisse. Quand il y a plus d’objets à vendre que d’acheteurs en état d’en payer la valeur, les prix baissent.

Il y a aussi une autre cause de la baisse, c’est lorsque les vendeurs sont plus pressés de vendre que les acheteurs ne le sont d’acheter ; mais cette cause n’est que secondaire et accidentelle ; la cause principale et permanente est la surabondance. Voyez Hausse.

BALANCE. — Dans son acception économique, la balance est le résultat de la comparaison de la valeur des produits du travail d’un pays et de la valeur de la consommation de sa population, c’est en quelque sorte le thermomètre de la prospérité publique et de la puissance sociale.

La balance est-elle en faveur de la valeur des produits ? Établit-elle qu’ils excédent la valeur des consommations ? Le peuple est riche et prospère mais sa richesse n’est progressive qu’autant qu’il trouve un emploi utile, et profitable de l’excédant des produits non consommés. Si l’emploi ne s’effectue pas, comme il n’arrive que trop souvent dans les pays mal administrés, l’excédant devient inutile ; la situation du pays reste la même que s’il n’y avait pas eu d’excédant ; et la richesse est stationnaire.

La balance annonce-t-elle, au contraire, un excédant des consommations ? alors le pays est forcé d’épuiser ses ressources, il entame ses capitaux, décline et se voit menacé des plus grands désastres.

Il serait donc de ta plus haute importance pour l’intérêt des peuples et la sécurité des gouvernemens, que la balance économique fût connue ; ils y trouveraient les mêmes avantages que chaque négociant, que chaque particulier trouve dans la balance de son actif et de son passif. Mais combien peu de gouvernemens en sentent le prix, et combien il est difficile, à ceux qui savent l’apprécier, d’arriver à quelques résultats sur lesquels ils puissent compter !

Nulle part il n’existe des établissemens spéciaux chargés de recueillir officiellement les états élémentaires de la production et de la consommation, de les coordonner et d’en tirer des, résultats généraux. Tout ce qu’on sait à cet égard n’est que conjectural et pourrait être difficilement compris dans la théorie des probabilités morales.

La difficulté d’obtenir des lumières sur l’économie sociale d’un pays est d’autant plus grande, qu’elle doit embrasser ses relations commerciales avec les autres peuples, et que cette partie de leur balance est tout aussi incertaine, tout aussi arbitraire que l’autre. On s’appuie cependant, et non sans quelque apparence de fondement, sur les documens que peuvent fournir les douanes et le change. (Voyez ces deux mots.) Mais que ces documens sont incomplets et offrent peu de certitude !

Comment établir la valeur des produits exportés, et sur quelles bases l’asseoir ? Est-ce sur ce qu’ils ont coûté à produire ou sur ce qu’ils valent dans le marché intérieur, ou sur ce qu’ils seront vendus, dans le marché étranger ? Mais l’une et l’autre de ces évaluations sont sujettes à une foule de modifications qui peuvent en changer les résultats. Qui peut calculer les avaries de la route, les avanies des divers pouvoirs dont il faut parcourir les dominations, et l’étendue de la concurrence dans le marché étranger ? Comment de tant d’événemens incertains tirer des résultats certains ou mêmes probables ?

Mêmes difficultés pour apprécier les importation ! Comment établir leur valeur ? Sera-ce sur le prix d’achat à l’étranger, ou sur celui de vente à l’intérieur ? Mais on n’aurait encore que des données vagues, incertaines et insuffisantes : l’un et l’autre de ces prix sont dépendans d’une foule de circonstances et d’événemens qu’on ne peut bien connaître et apprécier qu’après que l’affaire est consommée.

Une des plus remarquables de ces circonstances est sans contredit le solde des transactions privées avec les peuples.

En réglant leurs comptes, comment les peuples soldent-ils ? Reportent-ils à compte nouveau l’arriéré de l’ancien ? En ce cas, nul moyen, de savoir lequel est resté créancier ou débiteur.

Se libérent-ils par des délégations respectives ? En ce cas, nul moyen de suivre ces circuiteuses opérations.

Sans doute le change répand quelques lueurs dans ces ténébreuses obscurités. On peut présumer, avec quelque fondement, que le pays qui a le change en sa faveur dans tous les pays avec lesquels il fait des affaires, a plus exporté qu’il n’a importé, et, par conséquent qu’il a plus vendu l’étranger qu’il n’a acheté de lui.

Mais les peuples ne trafiquent pas seulement de leurs produits ; ils s’intéressent aussi dans leurs emprunts, ils portent temporairement leurs capitaux où ils prévoient qu’ils en pourront tirer un bon parti ; et dès lors quelle conséquence tirer du change qui n’atteste que l’état des affaires dans un moment donné, comme le baromètre n’indique l’état de l’atmosphère que momentanément, et qui, par conséquent, sont l’un et l’autre également impuissans pour établir le résultat moyen d’une certaine durée de temps, telle que celle d’une année.

Le change n’offre donc pas plus de certitude que les douanes pour établir la balance du commerce extérieur.

Et cependant tous les gouvernemens basent leur balance commerciale sur ces seuls documens, ils leur accordent une foi implicite, et en tirent des règles de conduite pour les peuples qui vivent sous leurs lois.

Toutefois, quelque vicieuses que soient de telles balances, on ne peut pas leur refuser toute considération, puisqu’elles sont les seuls documens qu’on puisse consulter dans une matière qui embrasse de si grands intérêts. Ce n’est, il faut en convenir, qu’un guide peu sûr, il faut le surveiller et se tenir en garde contre lui, mais encore vaut-il mieux le consulter que marcher au hasard. Il faut nous soumettre à la faiblesse de notre nature sans renoncer à l’espoir d’échapper à ses calamités.

Tout ce qu’on peut faire, dans de telles circonstances, c’est de savoir que la balance du commerce extérieur, et celle des produits et des consommations, n’offrent aucune certitude ; qu’il importe essentiellement de les perfectionner ou de suppléer par d’autres moyens à leur impuissance, et que jusqu’à ce qu’on y soit parvenu, on ne peut pas se flatter d’avoir la moindre notion de la situation économique des peuples. Si le doute est le plus puissant moyen d’arriver à la vérité, la conscience de l’ignorance doit être le véritable mobile de la science.

BANQUES. — Les banques sont des établissemens priva dans lesquels se concentrent des capitaux, et d’où ils s’écoulent pour féconder l’industrie et le commerce, accélérer leurs progrès et favoriser leurs succès. On peut les regarder comme les caisses du crédit privé et du crédit commercial. Voyez Crédit.

Dans l’origine, les banques avaient un tout autre objet. Elles destinaient leurs capitaux aux gouvernemens, les secouraient dans leurs besoins et leur procuraient des ressources qu’ils n’auraient pas trouvées ailleurs. Elles furent en quelque sorte les premiers mobiles du crédit public, C’est sur ce plan que s’établirent en 1671 la banque de Venise, et en 1407 celle de Gènes.

À mesure que le commerce fît des progrès, les banques devinrent ses auxiliaires, simplifièrent ses opérations, diminuèrent ses frais, et surtout le préservèrent des risques auxquels il avait été jusqu’alors exposé.

Le premier et le principal besoin du commerce est la fixité de la monnaie qu’il donne peur prix des produits qu’il achète, et qu’il reçoit pour prix des marchandises qu’il revend. Quand la monnaie n’est pas invariable, le commence est sujet à des chances qui le dénaturent, ses gains peuvent se convertir en pertes, et il se ruine là où il croyait s’enrichir. À l’époque du premier élan du commerce, les gouvernemens ne mettaient pas un grand prix à l’invariabilité de la monnaie, ils ne se faisaient aucun scrupule de l’altérer dans leurs pressans besoins, et se laissaient peu toucher par les réclamations, les clameurs et les séditions des peuples. Le droit de battre monnaie emportait dans leur pensée le droit d’en user et d’en abuser selon leur bon plaisir. Â leur exemple les faussaires regardaient la monnaie comme de bonne prise, et consommaient l’iniquité dont ils n’étaient que les complices. Dans un tel ordre de choses, la monnaie trompait tous les calculs du commerce, menaçait toutes ses spéculations et compromettait sa fortune. Cet écueil causait plus d’un naufrage.

Ce fut donc une grande vue que celle de mettre la monnaie à l’abri des nécessités du pouvoir, de la cupidité des faussaires et des abus de l’ignorance. Les banques en eurent la gloire et le service qu’elles rendirent au commerce, sous ce rapport, n’eut pas peu de part à ses prodiges.

Leur plan fut simple : elles arrêtèrent qu’elles ne donneraient et ne recevraient la monnaie, qu’au titre et au poids qu’elles fixèrent ; et dès lors la monnaie locale eut pour le commerce une fixité certaine. Il lui suffit de stipuler dans tous ses marchés, qu’il effectuerait ses paie-mens en monnaie de banque, mesure qui lui garantissait qu’il ne paierait que ce qu’il devait payer et qu’il recevrait ce qu’il devait recevoir. Ses intérêts furent, par conséquent, parfaitement à couvert de tous les désordres de la monnaie et des risques qui jusqu’alors en avaient été inséparables.

Mais il ne suffisait pas au commerce de promettre de payer en monnaie de banque ; il fallait, pour qu’il pût tenir sa promesse, qu’il eût à sa disposition de la monnaie de banque, et comme la banque n’en accordait qu’avec des garanties suffisantes qu’elle lui serait remboursée en monnaie identique, on ne tarda pas à comprendre que les banques devaient, dans l’intérêt même du commerce, se charger de ses paiemens. Effectivement, les commerçans du lieu de l’établissement des banques déposèrent les fonds qu’ils gardaient dans leurs caisses particulières pour les besoins actuels et prochains de leur commerce. Par cette disposition générale, les banques furent investies des fonds du commerce local, et en prirent le nom de banque de dépôt ; c’est sous cette dénomination que se formèrent successivement les banques d’Amsterdam en 1609, de Roterdam en 1605 et de Hambourg en 1688.

C’était là sans contredit une grande et utile combinaison que cette première institution des banques. On devait en attendre les plus grands avantages, et ils ont en effet été réalisés. Ce n’était cependant que le premier pas dans le système des banques, et on ne tarda pas à leur en faire faire un plus grand et d’un plus vaste intérêt pour le commerce.

Comme la monnaie amassée dans les caisses des banques de dépôt n’en sort jamais, parce que ceux qui en sont les propriétaires peuvent s’en dessaisir par un simple transfert sur les livres de la banque, parce que ce transfert libère tout aussi parfaitement que la tradition de la monnaie, et que celui qui a besoin de la monnaie s’en procure par la vente du bordereau de la banque, on comprit facilement qu’au lieu de transferts successifs sur les livres de la banque, il était suffisant, et même préférable, que la banque donnât des bons payables à leur présentation à sa caisse, bons qui seraient garantis, non-seulement par l’argent encaissé, mais encore par les valeurs ou créances du commerce qu’ils auraient servi à payer. La tentative fut aussi heureuse qu’on pouvait le désirer, et ce fut sur ce plan que fut fondée la banque de Londres, après la révolution de 1688.

Son succès a propagé les banques de la même espèce à un tel point qu’en 1800 on en comptait dans toute l’Angleterre 386. Ces banques sont connues sous la dénomination de banques de circulation.

Enfin, le succès prodigieux des banques dé circulation en a introduit d’une espèce particulière qui consacrent leurs capitaux à des objets spéciaux, tels que les besoins de l’agriculture et les entreprises rurales. Elles sont connues sous la dénomination de caisses hypothécaires.

Ces trois sortes de banques, de prêt, de dépôt et de circulation, types dé toutes les banques répandues dans tous les pays, n’ont pas conservé leur caractère primitif ; tantôt les banques de prêt se sont immiscées dans les opérations des banques de circulation, et tantôt les banques de circulation ont pris part à de véritables prêts, soit aux gouvernemens soit à diverses classes de spéculateurs. Qu’en est-il résulté ? le système des banques en a-t-il souffert des dommages ou recueilli des avantages ? C’est ce qu’il faut examiner en consultant la nature, les fonctions et les résultats de chaque nature de banque.

Et d’abord, il est digne de remarque que les banques de prêt n’ont ni identité, ni ressemblance, ni analogie avec les banques de dépôt et de circulation. Ce n’est que par des méprises presque toujours funestes qu’elles ont souvent franchi leurs limites et envahi le domaine des banques de circulation.

Que sont, en effet, les banques de prêt ? une réunion de capitalistes qui prêtent, non-seulement leurs propres capitaux ou économies privées, mais encore les autres capitaux ou économies qu’on consent à leur prêter. Sous ce rapport il est évident que quand les banques de prêt ont fait l’emploi de tous les capitaux qu’elles ont à leur disposition, elles ont épuisé leurs forces, leurs facultés, leur puissance, et ne peuvent plus prétendre à aucune autre utilité. C’en est une très-grande sans doute que celles qu’elles effectuent, et je n’ai garde de la déprécier, mais il ne faut pas se méprendre sur ses bornes et son étendue.

Les banques de prêt concentrent des capitaux ou économies privées, leur assurent un bon profit, et, par conséquent, en provoquent et en effectuent l’accroissement successif. Que d’économies seraient perdues, si ceux qui les font étaient obligés de leur chercher un emploi, de le suivre, de le surveiller et de le préserver de toutes les atteintes qu’on peut y porter. Quand ces soins, ces sollicitudes, ces risques sont évités, et c’est là ce que font les banques de prêt, alors les dispositions à l’économie, si naturelles et si nécessaires à l’homme civilisé, se développent partout ; les capitaux abondent, leur abondance fait baisser le taux de l’intérêt, le bas intérêt encourage toutes les industries, stimule tous les genres de commerce, les productions et les consommations ; l’aisance règne partout et la richesse du pays est progressive.

Si donc les banques de prêt se renfermaient dans le cercle de leurs opérations en quelque sorte naturelles, on ne pourrait méconnaître leur influence sur la prospérité publique ; mais elles ne se bornent pas à prêter leurs capitaux, elles essaient d’introduire leurs effets dans la circulation, et de prêteurs qu’elles sont, elles deviennent emprunteurs ; changement de route qui leur fait presque toujours éprouver de cruels revers. La raison en est simple et facile à saisir.

Les capitaux des banques de prêt sont des économies privées. Ces capitaux n’ont et ne peuvent avoir d’emploi que dans les diverses branches du travail ; on ne peut donc les employer sans-quelles ne soient consommées, et lorsque leur consommation est effectuée, elles ne laissent à leur place que des créances sur les consommateurs créances remboursables à des temps plus eu moins éloignés, que ne peuvent pas représenter des effets de circulation payables à présentation ; d’où il résulte que les banques dé prêt, étant obligées de payer leurs effets à présentation, et n’ayant pour y faire face que des créances à une échéance plus ou moins éloignée, elles sont dans un état permanent de désordre et de faillite. Vainement convaincraient-elles leurs créanciers que ce qui leur est dû à terme surpasse de beaucoup ce qu’elles doivent à présentation, cette conviction serait inutile. Leur solvabilité ne saurait les mettre à couvert de leur impuissance de solder leur dette exigible. Il y a entre le capital qui leur est dû et le capital qu’elles doivent une si grande inégalité, que l’exigibilité de l’un l’emporte sur l’excédant de l’autre. Une expérience constante a confirmé cette doctrine dans tous les temps et dans tous les pays, et cependant on a peu profité de ses leçons. La séduction qu’exerce une circulation de dix millions d’effets, avec cinq millions de capitaux, et l’appât d’un intérêt double du capital effectif par la circulation d’un capital fictif, triomphe de tous les scrupules, de toutes les craintes, et de tous les conseils de la raison et de la prudence.

Il n’y a, à cet égard, aucune différence entre les banques de prêt sur hypothèque des immeubles, et celles de prêt sur des créances ou valeurs mobiliaires. Toutes courent les mêmes risques quand elles mettent en circulation du papier payable à présentation, dont elles n’ont point en caisse la valeur monétaire. Il est même permis de croire que, dans ce cas, le sort des banques hypothécaires est plus fâcheux que celui, des banques de prêt sur valeurs mobiliaires, parce que leurs rentrées sont plus éloignées, plus difficiles à effectuer, et exposées à des longueurs, des difficultés et des frais inséparables de l’expropriation.

Les banques de prêt luttent donc contre leur nature toutes les fois qu’elles cherchent des profits dans une circulation de papier dont elles n’ont pas la valeur monétaire dans leur caisse. Quand elles se placent dans cette situation périlleuse, leur ruine est imminente et le mal qu’elles font surpasse de beaucoup le bien qu’elles auraient fait si elles s’étaient renfermées strictement dans l’emploi de leurs capitaux.

Les banques de dépôt n’ont que des avantages et point d’inconvéniens. Elles tiennent tout ce qu’elles promettent et elles n’ont pas encore trompé les espérances qu’elles avaient données. Elles ne sont, en quelque sorte, que les banquiers de ceux qui leur ont déposé leurs fonds ; leurs paiemens s’effectuent par des transferts sur leurs livres, et par conséquent tout abus est impossible. Comme leurs opérations sont réelles, et pour ainsi dire matérielles, elles n’ont d’autres événemens à craindre que l’incendie ou l’invasion de l’étranger, dangers communs à toute autre sorte de banque, et qui sont renfermés dans le cercle du possible dans lequel se meuvent toutes les affaires humaines.

Mais il est essentiel de remarquer que si les banques de dépôt n’ont que peu ou point d’inconvéniens, leurs services sont limités et resserrés dans un cercle étroit ; ils consistent à éviter au commerce les frais du transport de l’argent, les erreurs de compte, les pièces de monnaie fausses ou altérées, et la perte de temps qu’entraînent les paiemens en espèces monétaires.

Avec des bordereaux eh blanc que les commerçans reçoivent de la banque et sur lesquels ils inscrivent les transferts qu’ils veulent effectuer, ils peuvent, sans se déplacer, payer plus en une heure, qu’ils n’auraient pu le faire en un jour, s’ils avaient dû payer en monnaie d’or ou d’argent.

Les banques de dépôt sont donc éminemment économiques pour le commerce ; mais cette économie ne tourne pas seulement au profit des commerçans, elle concourt aussi à la prospérité générale ; comme toutes les économies des frais dut travail dé toute espèce, celles qu’opèrent les banques de dépôt permettent aux commerçans de vendre à meilleur marché, et par conséquent elles étendent la consommation, la production et tous les genres de travaux d’industrie et de commerce qui contribuent à la prospérité d’un pays.

Les banques de circulation ont les, mêmes avantages que les banques de dépôt, et de bien plus grands encore. Elles offrent à toutes les valeurs du commerce (Voyez Lettres de change) un échange facultatif contre la monnaie ; tellement que dès qu’un produit est passé des mains du producteur dans celles du commerçant, la banque en escompte la valeur, c’est-à-dire en donne la valeur monétaire à quiconque lui en fait le transport. Par ce procédé, la valeur des produits rentre à volonté dans les mains du producteur, ce qui lui donne les moyens de continuer ses travaux, de donner une nouvelle activité à la production, et de la tenir toujours au niveau de la consommation.

D’un autre côté, le commerce, par la faculté d’échanger à volonté ses créances contre la monnaie, n’a besoin que d’une moindre quantité pour ses opérations, et supplée à sa modicité par la rapidité de sa circulation.

Ce qu’il y a de plus admirable dans ce procédé des banques de circulation, c’est qu’elles n’ont pas besoin d’une quantité de monnaie égale aux capitaux du commerce qu’elles font circuler. 100 millions de monnaie ne lui sont pas nécessaires pour effectuer la circulation de 100 millions de capitaux du commerce. Une partie leur suffit, et cette partie est plus ou moins considérable, selon la nature des affaires du commerce, leur rapidité ou leur lenteur, leur souffrance ou leur prospérité.

Ce n’est pas en effet de la monnaie, que les banques de circulation donnent au commerce en paiement de ses valeurs ou créances, c’est son papier payable à présentation à sa caisse. Or, ce papier s’introduit dans la circulation générale, y fait fonction de monnaie dans la proportion de trois ou quatre à un, et par conséquent, réduit l’usage de la monnaie dans la même proportion. Cet avantage est particulier aux banques de circulation ; il dérive de cé qu’elles ne donnent leur papier qu’en paiement de valeurs « du commerce, d’une échéance courte, prompte et sûre, et de ce que ces valeurs sont dues par ceux-là même, qui prennent le papier de circulation de la banque ; de sorte que ce papier a pour garantie, non-seulement les capitaux de la banque ; mais le commerce local tout entier. Cet avantage inhérent à la nature des banques de circulation, leur assure la prééminence absolue sur les autres espèces de banques.

Indépendamment de cet avantage particulier à tous les lieux où il y a des banques de circulation, il en est d’autres qui sont propres au commerce général, et qui lui profitent de la même manière que ceux des banques particulières profitent au commerce local. La seule différence qu’il y a entre les unes et les autres, c’est qu’il n’est pas donné à chaque peuple d’établir une banque de circulation pour le commerce général. Ce privilège est réservé à quelques lieux privilégiés, ou plutôt favorisés par des considérations de situation physique, et de régime social, par des circonstances particulières, et par une foule de motifs secondaires, qu’il est inutile de rappeler ici. C’est ainsi que les banques d’Amsterdam, de Hambourg et de Londres, embrassent dans leurs opérations, non-seulement les affaires particulières du commerce de la ville dans laquelle elles sont situées, mais même celles du commerce du monde entier. Quelques détails sont indispensables pour rendre sensibles l’étendue et l’importance de ce procédé.

Le commerce est local par sa nature, ou, en d’autres termes, il donne ses premiers soins à l’écoulement des produits que la localité ne veut ou ne peut pas consommer, et l’approvisionne de ceux qu’elle n’a pas et qui lui sont nécessaires, utiles ou agréables. Il semble même que ce devrait être là toute son ambition. Ce n’est ce pendant que son premier degré ou son point dé départ. En cherchant les lieux auxquels les produits locaux conviennent le mieux, il apprend à connaître les besoins de ces lieux, et dans quels pays on peut les lui procurer. Ses spéculations s’agrandissent avec ses connaissances, et elles finissent par embrasser les besoins de tous les lieux et les ressources de tous les pays. Parvenu à ce degré de généralité et d’universalité, le commerce ne pourrait qu’avec difficulté, peut-être même lui serait-il impossible de faire circuler tous les produits dans les innombrables ramifications qu’ils doivent parcourir s’il ne rencontrait des points centraux également rapprochés des producteurs et des consommateurs, où les produits peuvent arriver et d’où ils peuvent s’écouler avec la même facilité sur tous les points du globe.

Dans les vastes entrepôts du commerce du monde se trouve aussi nécessairement le grand marché des créances ou valeurs du commerce, et c’est par conséquent là que se liquident en effet toutes les opérations commerciales qui s’y consomment. Mais comment y parviendrait-on si l’on n’avait d’autres ressources que la monnaie universelle, les lingots d’or et d’argent ? On doit sentir que dans un tel état de choses chaque créancier doit être débiteur et chaque débiteur créancier, et que la compensation doit encore plus que la monnaie réduire les créances et les dettes à des termes de peu d’importance, et qui n’exigent que l’emploi d’une modique somme de métaux précieux. Or, c’est cette liquidation par compensation que les banques de dépôt et de circulation opèrent avec le même succès, les uns par des transferts et les autres avec du papier de circulation. Tout porteur de créance du commerce général en reçoit de son débiteur le paiement en transferts sur la banque ou en papier de circulation, et à son tour il transfère ou donne le papier de circulation à ses créanciers, de sorte qu’il n’y a à la fin de débiteurs que ceux qui ne peuvent ni transférer ni donner du papier à leurs créanciers, et qui ne peuvent se libérer qu’en espèces d’or ou d’argent. Mais ce qu’il y a de plus remarquable dans cette liquidation générale, c’est qu’elle se fait pour ainsi dire ohaque jour, chaque moment, sans obstacle, sans embarras et sans difficulté ; résultat qui épouvante l’imagination, lors même qu’on ne peut élever aucun doute sur sa certitude. (Voyez Viremens.)

Ainsi se découvrent dans leur vaste étendue les immenses services des banques de circulation, soit qu’elles opèrent la liquidation du commerce local, ou général et universel.

On se tromperait cependant si on se persuadait que les banques de circulation n’ont que des avantages et point d’inconvéniens. Il faut se préserver de cette erreur, et mettre pour ainsi dire les inconvéniens en regard des avantages. La balance des uns et des autres donnera la véritable mesure de ces sortes d’établissemens.

Les inconvéniens des banques de circulation sont de deux sortes : l’un appartient à leur nature, et l’autre à leur direction.

Le premier a lieu toutes les fois que la production dépasse les besoins et les moyens de la consommation, ou lorsque la circulation des produits est arrêtée par les calamités de la guerre et les désordres des révolutions ; ou lorsque des discussions politiques menacent d’entraver les relations des peuples. Dans tous ces cas, les banques de circulation qui ont donné leur papier payable à présentation, pour des échanges ou valeurs du commerce, voient leur papier revenir à l’échange contre la monnaie, tandis qu’elles éprouvent des retards dans le recouvrement des créances du commerce à leur échéance. Si cette crise n’a pas été prévue, si les banques n’ont pas su s’en mettre à couvert par des emprunts directs ou indirects, par des viremens et par toutes les ressources réelles ou fictives de la circulation générale, elles éprouvent des secousses qui les ébranlent jusque dans leur fondement, quand elles n’entraînent pas leur ruine ; ce dernier malheur a de funestes réactions sur le crédit, et le mal s’accroît dé la perte de tout le bien dont on est privé. La disparition du papier des banques de circulation force dé recourir à la monnaie métallique, ce qui augmente les frais de la production du transport des produits de la circulation de leurs équivalens ; les produits renchérissent, leur consommation diminue, la production souffre, la prospérité s’arrête, et la richesse décline. On peut, par ce résultat nécessaire et évident, juger de l’étendue des calamités que produisent les revers des banques, et pressentir l’immensité de leurs avantages quand ils ne sont pas réduits ou détruits par leurs inconvéniens.

Mais si elles sont plus à plaindre que coupables quand elles sont compromises ou périssent par les vices inhérens à leur nature, quels reproches n’est-on pas en droit de leur faire, lorsqu’elles ne peuvent accuser de leur malheur que les fautes ou l’imprudence de leur direction.

Cet événement arrive dans deux cas qui se répètent souvent dans l’histoire des banques de circulation.

Le premier se fait remarquer quand les banques ne craignent point de s’engager dans les affaires de finance des gouvernemens, croient ne les aider que de leur crédit en leur faisant des avances, et ne regardent leurs services que comme des secours temporaires, toujours profitables pour l’État, et sans dommage pour elles. Ces avances sont de véritables prêts que les gouvernemens ne sont jamais assurés de rembourser à leur échéance, parce qu’ils sont presque toujours dominés par les circonstances dans lesquelles ils se trouvent. Privées du remboursement de leurs avances, sur lesquelles elles ont compté et dû compter, les banques se trouvent à découvert vis-à-vis des porteurs de leur papier de circulation, sont hors d’état de les acquitter, et par conséquent dans une véritable faillite.

Le second événement, qui a souvent compromis la fortune des banques de circulation, est arrivé lorsque les négocians dont elles escomptent les lettres de change (ou créances du commerce), abusent de la facilité de l’escompte pour étendre leurs spéculations au delà de leur mesure naturelle, encombrent leurs magasins d’une masse de produits plus considérable que celle qu’exige la consommation ordinaire ; engorgement qui peut se prolonger plus ou moins long-temps, et qui, pendant sa durée, met les commerçans dans l’impossibilité de remplir leurs engagemens et d’acquitter les lettres de change qu’ils ont passées à la Banque ; ce qui la contraint de payer son papier de circulation, sans en avoir reçu la valeur, et de se procurer des ressources extraordinaires pour y faire face, ou de perdre son crédit, symptôme infaillible de sa ruine.

Ainsi tous les inconvéniens des banques se réduisent en définitive à donner leur papier contre des valeurs dont la rentrée n’est pas assurée à leur échéance, inconvénient qui peut souvent être prévu et évité, mais qui quelquefois aussi est imprévu et occasionne aux banques d’incalculables désastres.

Sans doute, les banques ont des moyens plus ou moins certains d’y échapper ; mais comme ces moyens sont presque toujours spéciaux, dépendent de plusieurs circonstances et de causes accidentelles et locales qu’on ne peut généraliser, il serait inutile et sans intérêt d’essayer d’en déterminer le mérite et l’importance. Il nous suffit de dire qu’il n’y a point à cet égard de régie établie.

Cette esquisse rapide de l’origine des banques, de leur classification en banques dé prêt, de dépôt et de circulation, de la nature et des fonctions de chacune d’elles, de leurs avantages propres et particuliers, et de leurs vices naturels et accidentels, me semble donner une notion suffisante de cet important sujet. Si l’on veut l’approfondir davantage, il faut consulter les livres qui l’ont traité spécialement, ou ceux qui l’ont envisagé avec plus ou moins de détails dans les traités généraux de l’économie politique.


BANQUEROUTE. — Ce mot est propre au commerce. Il exprime l’état d’un commerçant qui cesse ses paiemens parce qu’il ne veut ou ne peut pas les continuer. Sous ce rapport, la banqueroute ne doit point trouver de place dans un dictionnaire d’économie politique.

Mais l’usage accuse de banqueroute les gouvernemens qui ne tiennent pas leurs engagemens envers leurs créanciers, et sous ce nouveau rapport, la banqueroute se rattache à l’économie politique et donne lieu d’examiner quels effets produit la banqueroute publique sur l’économie sociale d’un pays. Cette question est d’un grand intérêt et d’une haute importance.

La première réflexion qui se présente à l’esprit, lorsqu’on porte son attention sur la banqueroute des gouvernemens, c’est qu’elle dépouille les créanciers de l’état au profit de ses contribuables, ôte aux uns pour donner aux autres, et ruine le créancier pour ne pas surcharger le débiteur.

Que cette mesure soit injuste, odieuse et révoltante, c’est ce que personne ne conteste, mais ce qu’on croit excuser par la grande considération des nécessités publiques ; souvent même se croit-on dispensé de toute excuse dans ces malheureux pays où le prince confond l’état avec lui, dispose de la propriété privée comme de la propriété publique, et dépouille ou- enrichit qui bon lui semble. Eh bien, dans un cas comme dans l’autre, le prince fait mal ses affaires, s’il est le maître de tout, ou il compromet inutilement la fortune publique s’il n’en est que l’administrateur. C’est ce qu’il me semble facile de démontrer jusqu’à l’évidence.

Dans le fait, la banqueroute publique déplace la richesse d’un pays, et la transfère d’une classe de la population à l’autre. Or, le déplacement seul est un mal et un très - grand mal pour la richesse d’un pays.

Il force les créanciers de l’état qu’il atteint à restreindre leurs consommations, et les producteurs à chercher d’autres consommateurs de leurs produits. Si l’on n’en trouve pas, ce qui n’est pas impossible, car ce qui convient à quelques classes de la population est souvent inutile aux autres, alors ces produits ne sont pas consommés, ils sont perdus pour le producteur, ou pour le commerçant, s’ils sont passés dans le commerce et entrés dans la circulation. Peu importe sur lequel des deux tombe la perte, tous deux en sont également atteints. Si le commerçant ne peut pas effectuer la vente de ses produits, il ne peut pas en payer le prix au consommateur, ou s’il en paye le prix sans le recevoir, il altère son capital et ne peut plus donner la même extension à ses affaires. Le producteur est donc forcé de réduire ses travaux, de les proportionner au débit de ses produits, et par conséquent, le coup qui frappe le commerçant retombe de tout son poids sur le producteur, sur tous les travaux, sur tous les collaborateurs de la production.

Sans doute, si le contribuable n’a plus à payer les créanciers de l’état, si on diminue Ses contributions dans la proportion du retranchement fait aux créanciers de l’état, il a plus d’aisance qu’il n’en avait, consomme davantage, demande plus de produits à la production, et rétabli l’activité de ses travaux ; mais dans cette hypothèse, qui est loin d’être exacte, les produits que demande le contribuable ne sont pas les mêmes que ceux que consommait le créancier de l’état, il faut par conséquent abandonner les instrumens de l’ancienne production, et ce changement seul occasione une perte qui est supportée toute entière par le capital fixe. (Voyez Capital.)

D’un autre côté, le commerce, qui portait les anciens produits aux créanciers de l’état, ruiné par la banqueroute publique, doit changer de direction, de route et de rapports, pour porter les nouveaux produits aux nouveaux consommateurs, et ce changement nécessite un nouvel apprentissage, expose à des tâtonnemens, à des risques, à des perles, et occasione de plus grands frais.

Ce qui arrive au commerce dans le transport des produits au consommateur se répète d’une manière encore plus fâcheuse dans la circulation des valeurs destinées au paiement des produits. On sait que tant que ces produits circulent dans les mains des commerçans, on fait les frais de cette circulation avec des lettres de change et du papier de banque (Voyez Lettres de change et Banques) ; on n’a besoin que de peu de monnaie malgré l’étendue et la complication de la circulation.

Mais ces procédés économiques sont en quelque sorte paralysés par les banqueroutes publiques. Comme on ne sait plus qui elles atteignent, et jusqu’où vont leurs atteintes, on n’accepte plus les lettres de change qu’avec une crainte prévoyante, les banques deviennent plus difficiles dans leurs escomptes, moins de papier circule, on retire ses capitaux du commerce, on les cache, on les enfouit, jusqu’à ce que le temps ait dissipé les terreurs de la banqueroute.

Pendant cette crise déplorable, le crédit privé et le crédit commercial sont ébranlés, chancèlent et n’opèrent plus qu’avec de la monnaie ; l’étendue de son emploi, malgré son resserrement, augmente, dans d’effrayantes proportions, les frais de production, de transport, de circulation, et de toute espèce de travail. La cherté des produits en diminue la consommation, et leur surabondance ruine le producteur, sans profit pour le consommateur. Tout languit, la prospérité s’arrête, et la richesse sociale décline ou dépérit.

Et ce n’est pas une vaine assertion de la spéculation, l’histoire de toutes les banqueroutes publiques dans tous les temps, dans tout les pays confirme ces démonstrations, et l’autorité de l’expérience donne une nouvelle force aux lumières de la raison.

Maintenant que j’ai tracé rapidement l’exquisse des calamités économiques que les banqueroutes publiques font peser sur les peuples, qui ne voit l’absurdité de l’excuse, que ces banqueroutes sont commandées par la nécessité. 0n peut, sans craindre de se tromper ou d’être accusé d’exagération, soutenir que jamais ces nécessités n’existent pour un gouvernement éclairé, et qu’il ne faut pas même une grande habileté pour s’apercevoir que ces nécessités sont toujours illusoires, et que de toutes les mesures financières la banqueroute est la plus désastreuse pour les peuples.

Elle n’est pas moins funeste aux gouvernemens dont elle augmente les dépenses dans des proportions infiniment supérieures à la réduction de la dette publique. Comme les gouvernans sont sans contredit les plus grands consommateurs du pays, et comme la banqueroute renchérit nécessairement toutes les consommations, on en est réduit à payer tout plus cher, et, ce qui est encore plus fâcheux, il faut payer tout comptant, et cela dans le moment même que les recouvremens des contributions publiques sont plus lents, plus difficiles, plus incertains. Les facilités qu’on trouvait dans le crédit public n’existent plus, et les ressources extraordinaires qu’on parvient à se procurer aggravent le fardeau au lieu de l’alléger, et rendent la situation plus pénible et plus périlleuse.

Ne serait-il pas plus prudent et plus sage d’affermir le crédit public par la fidélité aux engagemens et d’imposer sur la richesse totale tout ce qu’on ne pourrait pas obtenir du crédit ? Habilement réparti sur tous les contribuables, le déficit n’écraserait personne, les capitaux resteraient dans tous les emplois du travail, toutes les industries conserveraient leur activité, et le commerce son crédit. Le mal ne serait pas senti, et même il ne serait pas impossible que plus d’économie ou de travail ne rétablit l’équilibre entre les besoins et les ressources, et que le pays ne souffrît ni dans son aisance, ni dans sa prospérité, ni dans sa richesse.

Combien donc sont aveugles ou inhabiles les gouvernemens qui ont si souvent et si récemment encore déshonoré le pouvoir en lui imprimant la flétrissure de la banqueroute, et en déversant sur les peuples les torrens de ses calamités. Espérons que les progrès des lumières générales s’étendront sur les sciences économiques, accréditeront leurs doctrines tutélaires et élèveront une barrière insurmontable contre les banqueroutes publiques à la fois la honte et le fléau de la civilisation des états modernes.

BLÉ. — Voyez Grains.

BOURSE. — C’est le lieu où se vendent les marchandises, les effets publics et ceux du commerce. Dans quelques pays, des agens et des courtiers préposés par le gouvernement effectuent les ventes, constatent les cours et les rendent authentiques par la publicité qu’ils leur donnent.

Dans le plus grand nombre des pays où le commerce est le plus florissant, le courtage du commerce et le change des effets sont libres et volontaires, sans qu’il en résulte le moindre inconvénient. On peut donc révoquer en doute la nécessité de l’une et de l’autre institution, et si elle n’est pas nécessaire, il est certain qu’elle est nuisible. Elle impose en effet un monopole sur les commerçans et les capitalistes, et les assujettit à des charges plus onéreuses que celles qu’ils auraient à supporter, s’ils pouvaient choisir leurs courtiers et leurs agens de change, et traiter avec eux du prix de leurs services.

D’autres considérations militent encore contre cette institution. Il est bien difficile qu’elle ne soit pas Sous l’influence du pouvoir qui la crée et la régit, et cette influence ne doit pas toujours être favorable aux intérêts du commerce et des capitaux. Mais ce n’est pas ici le lieu d’agiter des questions de cette importance ; il me suffit de les avoir fait entrevoir. Le temps et les lumières peuvent seuls amener leur véritable solution.

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