Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/ALEXIPHARMAQUE

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Jésuites et imprimeurs de Trévoux
(Tome 1p. 224).
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ALEXIPHARMAQUE ou ALEXITERE. adj. Souvent employé substantivement, composé des mots Grecs ἀλεξω, repousser, & φαρμαϰον poison. Ainsi ce mot s’applique aux remèdes que l’on emploie contre les venins ; capables de résister à tout ce qu’on appelle communément venin. Car nos Anciens croyoient qu’il y avoit du venin dans toutes les maladies malignes, & dans la plûpart de celles dont la cause leur étoit inconnue. Alexitère, Cordial, Antidote, sont des mots synonymes. On divise ordinairement les Alexipharmaques, en ceux qui sont plus généraux, & en ceux qui sont particuliers, & qui ne conviennent qu’à certain poison, ou qui ne combattent qu’une espèce de venin ; mais cette division est plus spéculative que pratique. Voyez Antidote, Peste, Poison & Venin. Les Alexipharmaques sont des médicamens, qui contiennent beaucoup de parties volatiles, & qui peuvent rendre fluide la masse du sang. La plûpart sont aromatiques & piquans au goût. Il est vrai qu’il y a certaines plantes qui sont acides, & qui n’ont été mises au nombre des Alexipharmaques, que parce qu’elles conviennent dans les fièvres malignes colliquatives. On dit, la carline est Alexipharmaque, la thériaque est un puissant Alexipharmaque, la thériaque est un merveilleux antidote, un bon alexitère. Ces sortes de remèdes, soit simples, soit composés, sont aussi regardés comme des préservatifs contre les fièvres malignes & pestilentielles : on doit cependant en user avec précaution, puisque les uns ne conviennent que dans le temps de l’épaississement, & les autres contre les colliquations du sang. Alexipharmacus.