Dictionnaire national et anecdotique par M. De l’Épithète/ORDRE

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ORDRE : il se disoit autrefois des corps qui composoient l’état[1], depuis que l’état est la nation, celle-ci n’a plus qu’un ordre, celui de citoyen.

Le premier de nos citoyens, celui qui a voulu le bien & au nom duquel des incitoyens ont voulu faire tant de mal, Louis XVI a senti vivement combien cette différence d’ordre, ces hiérarchies privilégiées étoient nuisibles à la chose publique & à son rouage. « Un jour, dit-il dans son discours du 4, qu’on doit réciter comme l’oraison dominicale, un jour, j’aime à le croire, tous les François indistinctement reconnoîtront l’avantage de l’entiere suppression des différences d’ordres… Et chacun doit voir sans peine que, pour être appellé dorénavant à servir l’état de quelque maniere, il suffira de s’être rendu remarquable par ses talens ou ses vertus ». Eh ! sire, c’étoit justement ce que ne vouloit pas la caste à extrait baptisfere. La haute naissance supposoit les talens ; quant aux vertus… Ah ! sire, vous n’y pensez pas… elles venoient quand elles pouvoient.

Ordre du jour : c’est le travail que s’est proposé pour tel ou tel jour l’assemblée nationale ou celles des districts ; car ce que font les représentans de la nation, les portioncules de la nation le font aussi. C’est la derniere fois que je fais cette remarque.

À l’ordre, espèce d’interjection admonitive par laquell on impose silence à l’orateur inconsidéré ou despectueux. Elle sert encore à rappeller l’attention de l’auditoire, lorsque les co-parlans sont en trop grand nombre & obstruent les rayons auditifs de la salle.

  1. Voyez Clergé, Noblesse, Tiers-état.