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Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang/Lettre B

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B, dans les abréviations de noms propres, signifie : Balbus, Brutus ; devant les noms de saints, Beatus, Beata ; devant les noms modernes, Baptiste, etc.

BAADER (François-Xavier de), mystique, né à Munich, en 1765, mort en 1841, fut professeur de philosophie à Munich et conseiller supérieur des mines. Il avait d’abord cultivé avec soin les sciences naturelles ; il se livra ensuite tout entier à la philosophie et chercha à la concilier avec les dogmes du Catholicisme, au moyen de doctrines mystiques analogues à celles de Bœhme, de Swedenborg et Saint-Martin. Parmi ses ouvrages, qui ne forment pas moins de 15 vol., Leips., 1851-58, on remarque un traité de l’Extase, 1817, ses Leçons sur la philosophie religieuse, 1827, sa Dogmatique spéculative, ainsi que l’Idée chrétienne de l’immortalité 1836.

BAAL, c.-à-d. seigneur, divinité mâle des Chaldéens, des Babyloniens, des Phéniciens et des Chananéens, parait n’être autre chose que le soleil. Cependant l’historien Josèphe la confond avec Mars, d’autres avec Jupiter et avec l’Hercule Phénicien. Les Israélites abandonnèrent souvent le culte du vrai Dieu pour adorer cette idole. On associait à Baal Astarté comme divinité femelle. On sacrifiait à ce dieu des victimes humaines. — Il y avait plusieurs idoles d’un rang secondaire qui portaient aussi le nom de Baal : Baal-Berith, le seigneur de l’alliance ; Baal-Gad, le dieu du bonheur ou de la fortune ; Baal-Péor ou Belphégor, le dieu Priape des Moabites ; Baal-Samen, le seigneur du ciel ; Baal-Zébuth ou Belzébuth, le dieu chasse-mouche, etc. — Le nom de Baal, transformé en Bal ou Bel, a fini par être un nom commun que les Chaldéens donnaient, non-seulement au dieux et aux astres, mais aussi à leurs rois. V. Bélus.

BAASA, roi d’Israël, fut d’abord général du roi Nadab, fils de Jéroboam. Il conspira contre ce prince, le tua au siége de Gebbethon , usurpa le trône, qu’il occupa de 942 à 919 av. J.-C., et extermina toute la famille de Jéroboam. Il se souilla de crimes, se livra à l’idolâtrie et fit périr le prophète Jéhu. Il fut battu par Asa, roi de Juda.

BABA, sectaire turc, tenta, vers l’an 1240, de renverser la doctrine de Mahomet, et prétendit être lui-même l’envoyé de Dieu. Il commença à prêcher sa doctrine à Amasie, la répandit dans toute l’Anatolie, et se fit un grand nombre de partisans qu’il arma, et à la tête desquels il se rendit redoutable. Les princes mahométans furent obligés, pour le réduire, de s’aider du secours des Francs.

BABA-DAGH, v. de Turquie (Bulgarie), à 130 k. N. E. de Silistrie ; 10 000 hab. Ville importante et assez forte ; elle commerce par le port de Kara-Kerman qui en est voisin. — Chaîne de mont. de la Turquie d’Asie, qui traverse l’Anatolie de l’E. à l’O., est une ramification du Taurus.

BABA-KHAN. V. feth-ali-chah.

BABEK, le Libertin et l’Impie, imposteur persan du IXe siècle, enseigna une doctrine abominable qui permettait le meurtre et le libertinage, la répandit les armes à la main, résista pendant vingt ans aux généraux des califes et fit trembler leur empire. Il fut enfin vaincu en 837 par le calife Motassem, qui lui fit couper les bras et les jambes, et fit traîner son corps dans Bagdad.

BABEL, c.-à-d. confusion, nom donné dans l’Écriture à une tour immense que les fils de Noé construisirent dans la vallée de Sennaar et qu’ils voulaient élever jusqu’au ciel. Dieu, pour punir leur audace mit la confusion dans leur langage (2907). C’est, d’après le récit de Moïse (Gen., c. ii), à dater de ce moment qu’aurait commencé la diversité des langues. Hérodote raconte qu’il existait de son temps à Babylone, dans le temple consacré à Bélus, une tour très-haute, et dont la plate-forme servait d’observatoire aux Chaldéens. Il est à supposer que cette tour fut construite sur les ruines de l’antique tour de Babel, si ce n’est, cette tour elle-même. — Le mot Babel, dans les livres saints, désigne la v. de Babylone

BAB-EL-MANDEB, c.-à-d. porte des larmes, détroit situé entre l’Arabie et l’Abyssinie, par lequel la mer Rouge communique avec la mer d’Oman. Il a 52 kil. de longueur, sa largeur varie de 25 à 50 kil. Il est fort dangereux, d’où son nom. Au milieu est l’îlot de Périm, occupé par les Anglais en 1858.

BABENBERG (comtes de), famille allemande très-ancienne, qui faisait remonter son origine aux anciens rois francs, tirait son nom du château de Babenberg prés de Bamberg. Vers 866, Henri, comte de Babenberg avait le titre de duc des Francs orientaux. Il défendit les frontières de l’Empire contre les Bohêmes et les Serbes. En 982. Léopold, comte de Babenberg, devint margrave d’Autriche ; sa maison conserva cette dignité qu’en 1266, qu’elle s’éteignit.

BABEUF (Fr. Noël), fameux démagogue, connu sous le nom de Gracchus qu’il se donnait lui-même, né à St-Quentin en 1762, fut d’abord arpenteur et commissaire à terrier. Ayant été poursuivi pour crime de faux, il réussit à se soustraire à. cette accusation. Lorsqu’éclata la Révolution, il professa les principes les plus démagogiques, et obtint à la faveur de son exagération plusieurs places éminentes dans l’administration nouvelle. Après la chute de Robespierre il publia un écrit politique qu'il intitula : le Tribun du peuple, par Gracchus Babeuf; il y proposait une nouvelle loi agraire, c.-à-d. l'abolition de la propriété, le partage de toutes les terres et de toutes les richesses entre les citoyens pauvres, et attaquait avec violence le Directoire et les conseils ; il dirigeait en même temps le club des Égaux, dits Babouvistes, et formait un plan d'insurrection pour détruire la constitution de l'an iii. Traduit pour ces faits devant une haute cour de justice à Vendôme, il fut condamné à mort. Il subit le supplice le 5 prairial an v (24 mai 1797) ; il avait cherché à se frapper d'un poignard, mais n'avait pu y réussir. Buonarotti, un de ses sectateurs, a publié à Bruxelles, en 1828, le récit de la Conspiration de Babeuf. M. Ed. Fleury a combattu ses dangereuses théories dans un livre intitulé Babeuf et le socialisme en 1796, Paris, 1851.

BABIN (François), professeur de théologie à Angers, né dans cette ville en 1651, mort en 1734, est auteur des 18 premiers vol. des Conférences du diocèse d'Angers, ainsi que du Journal de tout ce qui s'est passé dans l’Université d’Angers au sujet de la philosophie de Descartes, 1679.

BABINGTON (Ant.), seigneur anglais dévoué au Catholicisme, trama un complot dans le but d'assassiner la reine Élisabeth et de délivrer Marie-Stuart. Il écrivit à cette princesse afin d'obtenir son assentiment, mais la correspondance fut saisie par Walsingham, et l'auteur envoyé au supplice, 20 sept. 1586.

BABOLEIN (S.), premier abbé de l'abbaye de St-Maur-des-Fossés, près de Paris, avait été disciple de S. Colomban et moine de l'abbaye de Luxeuil ; il mourut vers 660 ou 670. On le fête le 26 juin.

BABOUR (Mohammed), descendant de Tamerlan, né vers 1480, fut proclamé en 1494 souverain des Mongols dans la Tartarie occid., réduisit Samarcande qui s'était révoltée, entreprit la conquête de l'Hindostan, 1505, soumit le Candahar, le Caboul, Delhy, Agrah, et fonda ainsi l’Empire mogol de l’Inde, qui s'étendit de l'Indus au Gange. Il mourut en 1530. Sa dynastie a régné sur l'Inde jusqu'au XIXe siècle. Babour a rédigé lui-même en langue mogole la Relation de ses conquêtes et l’Histoire de sa vie (trad. en anglais par J. Leydin et W. Erskine, Lond., 1826).

BABOUVISTES. V. Babeuf.

BABRIUS ou BABRIAS poète qui mit en vers choliambiques grecs les fables d'Ésope. On ne sait rien de sa vie ni de sa patrie : l'élégance de sa diction a fait croire qu'il vivait du temps de Bion et de Moschus ; mais il est plus probable qu'il a vécu au IIe ou au IIIe siècle de notre ère. On ne connaissait de lui que quelques fragments conservés par Suidas (publ. par Coray et par Berger, Munich, 1816), lorsque M. Minoïde Mynas, chargé d'une mission par le ministre de l'instruction publique, trouva en 1843, au mont Athos, un manuscrit qui renfermait 123 fables, disposées dans l'ordre alphabétique. Ces fables, mises en prose sous le Bas-Empire, ont le même fond que celles que nous avons sous le nom d'Ésope. M. Boissonade en a donné l'édition princeps à Paris, 1844, in-8. Orelli, Lachmann et Fix en ont publié depuis des éditions critiques ; M. Boyer en a donné une traduction en vers français. M. Cornw. Lewis a publié à Londres, en 1859, un second recueil de Babrius, contenant 95 fables nouvelles; mais ces fables n'ont aucune authenticité ; le manuscrit paraît en avoir été forgé par M. Mynas.

BABYLAS (S.), évêque d'Antioche vers 237, fut persécuté sous l'empire de Dèce, et m. dans les fers en 251. On le fête le 24 janvier.

BABYLONE, Babylon, v. célèbre de l'Asie anc., capit. de la Babylonie, sur l'Euphrate, par 42° long. E., 30° 19' lat. N., à 93 kil. S. de la ville actuelle de Bagdad et dans le voisinage d'Hilleh. Elle avait plus de 40 kil. de tour ; on y admirait de superbes quais, 100 portes de bronze, des murailles très-hautes, d'une largeur extraordinaire, et flanquées de 250 tours ; des jardins suspendus, que l'on comptait parmi les merveilles du monde ; un temple de Bélus avec une haute tour (V. babel) ; beaucoup de palais, etc. Il ne reste de cette ville immense que des ruines, parmi lesquelles on remarque le Kasr ou palais et le Birs Nemrod ou tour de Nemrod. — Bâtie par Nemrod, puis agrandie par Bélus, Babylone devint sous ce prince la capitale du vaste empire d'Assyrie; elle s'éleva rapidement à la plus grande prospérité et se maintint à un très-haut rang, non-seulement après la chute de Sardanapale (759), mais après celle de Balthazar, lorsqu'elle eut été prise par Cyrus, en 538. Cette ville, où les Juifs furent 70 ans captifs (605-536), était encore, au temps d'Hérodote, la première ville du monde. Elle déclina ensuite jusqu'au temps d'Alexandre (330). Ce conquérant l'avait choisie pour en faire la capitale de son empire en Asie, et il voulait la rendre plus magnifique qu'elle n'avait jamais été; mais sa prompte mort et la fondation de Séleucie en précipitèrent la décadence. Babylone existait encore, mais petite et presque vide, lors de la conquête du 2e empire perse par les Arabes. — Les ruines de Babylone ont été explorées et décrites par MM. Fresnel et Oppert (1851 et suiv.).

L’Égypte avait aussi une Babylone, colonie de la 1re, bâtie sur la r. dr. du Nil, au point où ce fleuve reçoit le canal de Trajan. On croit que c'est auj. le Vieux Caire ou Baboul.

BABYLONE (Empire de), fondé par Nemrod vers 2640 av. J.-C. Il eut 8 rois de la dynastie de Nemrod, puis il tomba aux mains des Arabes pasteurs (2218), fut alors démembré et forma, entre autres petits royaumes, ceux de Babylone, d'Élam, de Sennaar. Six rois arabes régnèrent dans le premier de ces États (de Mardocentès à Nabonad). Vers 1993 parut Bélus qui régnait déjà sur Ninive, mais qui fit de Babylone la capitale de son empire, dit premier empire d’Assyrie. Il eut pour successeurs Ninus, Sémiramis, Ninyas, et une foule d'autres rois inconnus jusqu'à Sardanapale, qui périt en 759 (V. Assyrie). A la chute de ce dernier prince, le royaume de Babylone, sans être complétement indépendant, fut comme détaché de celui de Ninive, et reprit son nom : il eut pour rois Bélésis, 759 ; Nabonassar, 747 ; Nadius, Chinzir, Porus, Ilulée, de 733 à 721; Mardokempad et 5 princes encore plus obscurs, jusqu'en 688 ; puis vint une anarchie complète, suivie bientôt d'une entière soumission au royaume de Ninive (680). Mais en 625 Ninive lui fut soumise à son tour, et l'Assyrie devint province du royaume de Babylone sous les rois Nabopolassar, 625, Nabuchodonosor II, 605, Évilmérodac, 562, Nériglissor, 560, Laborosoarchod, 555, Nabonid ou Labynit (le Balthazar de l'Écriture), qui régna de 554 à 538, jusqu'au moment où le royaume de Babylone fut conquis par Cyrus. Depuis, la Babylonie a passé successivement du joug des Perses sous celui des Macédoniens (331), des Parthes (140 av. J.-C.), des Sassanides (226 de J.-C.), des Arabes (632), des Persans, enfin des Turcs, qui la possèdent encore.

BABYLONIE, contrée d'Asie, au S. de la Mésopotamie et au N. du golfe Persique, se divisait en Babylonie propre, entre l'Euphrate et le Tigre; Chaldée, au S. O., depuis le confluent des deux fleuves jusqu'au golfe Persique ; et Sitacène, à l'E. Villes principales : Babylone, Is ou Æiopolis, Orchoé, Sitace Ctésiphon, Séleucie. Elle fait auj. partie de l'Irak-Araby et forme les pachaliks de Bagdad et de Bassora. Pour l'histoire, V. ci-dessus.

BACCARAT, ch.-l. de cant. (Meurthe-et-Moselle) sur la Meurthe, à 24 kil. S. E. de Lunéville ; 3072 h. Grande fabrique de verres et cristaux.

BACCHANALES, Bacchanalia, fêtes de Bacchus, prirent naissance en Égypte, d'où elles s'introduisirent successivement en Phénicie, en Grèce et en Italie. On les célébrait la nuit, au bruit des tambours et des cymbales phrygiennes. Les femmes seules y furent d'abord admises ; mais vers 198 av. J.-C. les hommes y parurent à Rome, et leur présence occasionna de tels désordres que le Sénat fut obligé d’en défendre la célébration (186 av. J.-C.) ; mais la loi ne fut que peu de temps en vigueur, et, sous l’empire, les Bacchanales furent célébrées de nouveau avec plus de licence que jamais.

BACCHANTES, femmes qui célébraient les mystères de Bacchus. Les premières qui portèrent ce nom furent les nymphes nourrices de Bacchus, qui le suivirent à la conquête des Indes. Les Bacchantes couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre ou de pampres et le thyrse à la main. Elles répétaient fréquemment le cri évoé (courage, mon fils), comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants. Euripide a donné le titre de Bacchantes à une tragédie qui a pour sujet le supplice de Penthée, déchiré par les prêtresses de Bacchus pour s’être opposé à l’introduction de leur culte.

BACCHIADES, famille puissante de Corinthe, descendait d’Hercule par Bacchis, fils de Prumnis, qui régnait sur Corinthe vers 986 av. J.-C. Cette famille gouverna la ville pendant 9 générations. Elle fut dépouillée de l’autorité par Cypsélus, 657 av. J.-C.

BACCHIDÈS, général de Démétrius Soter, roi de Syrie, et gouverneur de la Mésopotamie, vint en Judée pour y rétablir le grand pontife, eut à combattre Judas Machabée, qui ne craignit pas de l’attaquer avec des forces très-inférieures (il n’avait que 800 hommes), et qui périt dans le combat, mais fut bientôt après contraint lui-même par Jonathas Machabée d’abandonner la Judée.

BACCHIGLIONE, Medoacus minor, riv. de la Vénétie, passe à Vicence, à Padoue, et là se divise en deux bras, dont l’un se jette dans la Brenta, et l’autre dans le golfe Adriatique. De 1806 à 1814, cette riv. donna son nom à un dép. du roy. d’Italie qui avait pour ch.-l. Vicence.

BACCHUS, dieu du vin, fils de Jupiter et de Sémélé, princesse thébaine. Sa mère ayant péri pendant qu’elle le portait dans son sein, Jupiter fit retirer de son corps Bacchus par Vulcain, le plaça dans sa cuisse, et l’y garda le reste des neuf mois. Dès qu’il fut né, il fut mis entre les mains d’Ino, sa tante, qui l’éleva sur le mont Nysa (dans l’Inde), avec le secours des Nymphes, jusqu’à ce qu’il fût en âge d’être instruit par les Muses et par Silène. Dans son enfance, il triompha de tous les dangers auxquels Junon, jalouse de sa mère, l’exposait continuellement. Devenu grand, il fit la conquête des Indes avec une armée d’hommes et de femmes portant, au lieu d’armes, des thyrses chargés de raisins et des tambours ; puis il alla en Égypte, où il enseigna l’agriculture et planta la vigne. D’Égypte il vint en Phrygie, où il fut initié aux mystères de la mère des dieux. Dans la guerre des dieux contre les Titans, il se transforma en lion, et fit des merveilles, animé par Jupiter, qui lui criait sans cesse : Évoé, c.-à-d. courage, mon fils ! Bacchus punit sévèrement tous ceux qui voulurent s’opposer à l’établissement de son culte (V. pentée, minéides et lycurgue de Thrace). Ce dieu se livra peu aux plaisirs de l’amour ; cependant il épousa Ariane, que Thésée avait abandonnée dans l’île de Naxos. — On le représente avec des cornes, symbole de force et de puissance, couronné de pampres, de lierre ou de figuier, sous les traits d’un jeune homme riant et sans barbe, tenant d’une main des grappes de raisin, ou une corne dont il se sert comme de coupe, et de l’autre un thyrse avec lequel il fait jaillir des sources de vin. Il est assis tantôt sur un tonneau, tantôt sur un char traîné par des tigres, des lions et des panthères, et est suivi des Bacchantes. Les anciens donnaient à ce dieu un grand nombre de noms divers : Dionysus, Iacchus, Liber, Lyœus, etc. Son culte, venu de l’Orient, descendit en Grèce par la Thrace, et ne pénétra qu’assez tard à Rome, où le Sénat tenta vainement de combattre les désordres auxquels il donnait lieu (V. bacchanales). — On attribue à Bacchus des aventures si nombreuses et si contradictoires qu’il est probable qu’il y eut plusieurs personnages de ce nom : Cicéron en compte cinq. — Quelques-uns ont pensé que Bacchus est le même que le Brahma des Indiens.

BACCHYLIDES, poëte lyrique grec, de l’île de Céos, florissait vers 470 av. J.-C., sous Hiéron, roi de Syracuse. Il était neveu de Simonide et oncle d’Eschyle. Il avait composé, dans le dialecte dorien, de nombreuses poésies, odes, hymnes, épigrammes, fort goûtées des anciens. Il n’en subsiste que quelques fragments, recueillis par Brunck, dans ses Analecta græca. Ils ont été publiés à part, avec traduction latine, à Berlin par E. F. Neue, 1823, et trad. en français par Ernest Falconet, dans les Poëtes grecs du Panthéon littéraire, 1838.

BACCIO della porta, connu aussi sous le nom de Fra Bartolomeo di San Marco, peintre toscan, né en 1469 à Savignano mort en 1517. Il avait déjà obtenu de grands succès dans son art, lorsrqu’entraîné par les prédications de Savonarole, il quitta le pinceau pour se faire religieux. Il prit en 1500 l’habit de S. Dominique dans le couvent de St-Marc à Florence, et il ne consacra plus son talent qu’à des sujets religieux. On estime surtout son S. Marc et son S. Sébastien. Précurseur de Raphaël, il excella dans le coloris et le relief et dans l’art de draper. Il est le premier qui ait fait usage du mannequin à ressort.

baccio da monte lupo, sculpteur distingué, né à Florence vers 1445, mort vers l’an 1533. Il fit à Lucques et à Florence un grand nombre d’ouvrages de sculpture et d’architecture, surtout des crucifix en bois et en marbre. — Raphaël Baccio, son fils, travaillait la cire, la terre, le marbre et le bronze. Il fut occupé pour la Santa Casa de Lorette, pour St-Pierre de Rome, et pour la bibliothèque de St-Laurent à Florence. Il a élevé le tombeau de Léon X dans l’église Ste-Marie de la Minerve à Rome. — V. agnolo.

BACCIOCCHI. V. baciocchi.

BACH, famille de musiciens, connue dès le xvie s., et qui, dans le cours de 200 ans, a donné à l’Allemagne plus de 50 artistes. Le plus célèbre est Jean-Sébastien Bach, organiste et compositeur, né en 1685 à Eisenach, mort en 1750 à Leipsick, qui fut successivement musicien de la cour de Weimar, 1703, organiste à Mulhausen 1707, maître de chapelle du prince d’Anhalt-Cœthen, 1731, compositeur de l’électeur de Saxe roi de Pologne, 1737, et passa la majeure partie de sa vie à Leipsick. Doué d’un prodigieux talent d’exécution sur l’orgue, il surpassa tous ses rivaux. Il a laissé un très-grand nombre de compositions, qui se distinguent par l’élévation du style, par l’originalité, et par une, surprenante richesse de mélodies et d’effets. Sébastien eut 11 fils, tous distingués dans leur art : l’un d’eux, Jean Christian, 1735-1782, organiste à Milan, puis maître de chapelle de la reine d’Angleterre, a laissé, outre une foule de compositions instrumentales plusieurs opéras, entre autres Amadis de Gaule. L’histoire de cette famille semble prouver l’hérédité de certains talents.

BACH (Aug.), professeur de jurisprudence à l’Université de Leipsick, né en 1721 à Hohendorp en Misnie, mort en 1759, est auteur d’une Histoire de la jurisprudence romaine en latin, 1756, et a donné de bonnes édit. de divers ouvrages de Xénophon.

BACHARACH, v. des États prussiens (Prov. rhénane), sur la r. g. du Rhin, à 40 kil. S. E. de Coblentz ; 1600 hab. Anc. château des comtes palatins. Carrières d’ardoise, bon vin. La v. doit sen nom à une roche chargée d’inscriptions qu’on voit aux environs et qui est connue sous le nom de Bacchi Ara.

BACHAUMONT (Fr. le coigneux de), poëte français, né à Paris en 1624, mort en 1702, était fils d’un président à mortier, et fut lui-même conseiller-clerc au parlement de Paris. Il figura dans le parti de la Fronde et fut même, dit-on, l’auteur du nom par lequel on désigne ce parti. Après les troubles, il se retira des affaires, et se livra tout entier au plaisir et aux lettres. Ami de Chapelle, il fit avec lui ce gai voyage dont la relation les a immortalisés tous deux. Bachaumont avait composé un assez grand nombre de chansons et de poésies, mais il ne prit pas le soin de les recueillir. Son Voyage et celles de ses poésies qu’on a conservées ont été publiées, avec les œuvres de Chapelle, par Lefebvre de St-Marc, Paris, 1755, par Ch. Nodier, 1825, et par Tenant de La Tour, 1854.

bachaumont (L. petit de), un des principaux membres de la société de Mme Doublet, né vers 1700, mort en 1771, avait rédigé pour cette société une espèce de journal historique et littéraire assez intéressant qui allait de 1762 à 1771. Après sa mort, ses notes furent publiées sous le titre de Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la république des lettres, 1777, 6 vol. in-12. On a continué ce journal après lui, et il a été porté à 36 vol. On y trouve beaucoup d’anecdotes curieuses, mais qu’il ne faut admettre qu’avec réserve. Paul Lacroix en a donné un abrégé en 1858.

BACHELIER, titre de chevalerie et titre universitaire. V. ce mot au Dictionnaire univ. des Sciences.

BACHELIER (J. J.), peintre et directeur de la manufacture de porcelaine de Sèvres, né en 1724, mort en 1805, fut admis en 1752 à l’Académie des beaux-arts. Il réforma le mauvais goût des peintures de la manufacture de Sèvres, et retrouva la peinture encaustique des anciens. Il fonda à ses frais à Paris, en 1763, une école de dessin pour les artisans dans l’ancien collége d’Autun (rue de l’École-de-Médecine), école qui, dès 1767, fut convertie en école royale et qui subsiste encore aujourd’hui.

BACHET DE MÉZIRIAC, né à Bourg en Bresse en 1581, mort en 1638, écrivit dans presque toutes les langues et se recommanda aussi par ses connaissances scientifiques. L’Académie française l’élut en 1635, quoique absent. On a de lui Problèmes plaisants et délectables qui se font par les nombres, Lyon, 1613, une trad. lat. de Diophante, avec commentaires, Paris, 1621, ouvrage dont Fermat et Descartes faisaient grand cas ; les épîtres d’Ovide, trad. en vers français, Bourg, 1626, in-8 ; Chansons dévotes et saintes sur les principales fêtes de l’année, etc.

BACIOCCHI (Élisa bonaparte, princesse), sœur de Napoléon, née à Ajaccio en 1777, épousa en 1797 Félix Baciocchi, d’une famille de Corse, noble, mais pauvre, et qui était alors simple capitaine. Elle vint à Paris deux ans après et s’y entoura de l’élite des hommes de lettres, dont elle faisait sa société habituelle. En 1805, son mari fut couronné prince de Piombino et de Lucques, mais le pouvoir souverain fut exercé réellement par la princesse Élisa. En 1809, elle fut nommée par Napoléon grande-duchesse de Toscane. Renversée du trône en 1814, elle se retira d’abord à Bologne, puis en Allemagne, et mourut à Trieste en 1820. — Le prince Baciocchi, qui depuis 1805 était séparé de sa femme, est mort en 1841 à Rome où il vivait en simple particulier. — Son neveu, M. Félix Baciocchi, a été premier chambellan de Napoléon III, et surintendant des spectacles de la cour.

BACKHUYSEN (Ludolph), peintre de l’école flamande, né à Embden en 1631, mort en 1709, excella dans les marines. D’abord employé dans les bureaux de son père, qui était secrétaire des États généraux de Hollande, il quitta cette position pour se livrer à son goût et se forma sans maître. Il rend bien l’agitation des eaux et les attitudes des navires en péril. Le Louvre possède 5 de ses marines.

BACLER D’ALBE (Albert-Louis), ingénieur géographe et peintre, né en 1761 à St-Pol (Pas-de-Calais), mort en 1824, cultivait la peinture quand la Révolution éclata. Il s’enrôla, fit partie de l’état-major de Bonaparte au siége de Toulon, le suivit dans toutes ses campagnes, devint général de brigade et baron, fut attaché, en 1813, au département de la guerre comme chef des géographes, puis comme directeur du cabinet topographique. Il a publié la Carte du théâtre des campagnes de Bonaparte en Italie (54 feuilles), 1802, ouvrage capital ; des Vues, des Souvenirs pittoresques des Alpes. Il est auteur des tableaux des Batailles d’Arcole et d’Austerlitz, et d’un grand nombre de paysages estimés.

BACON (Roger), célèbre moine anglais, surnommé le Docteur admirable, à cause de sa science prodigieuse, né en 1214 à Ilchester (Somerset), mort en 1292 ou 1294, entra en 1240 dans l’ordre des Franciscains, après avoir étudié à Oxford et à Paris ; se fixa à Oxford, se livra avec ardeur à l’étude de toutes les sciences connues de son temps, surtout de la physique, et acquit bientôt une instruction fort supérieure à son siècle. Quelques-uns de ses confrères, jaloux de son mérite et irrités de ce qu’il avait censuré leurs mœurs dissolues, l’accusèrent de sorcellerie : quoiqu’il eût écrit lui-même contre la magie, il fut condamné et passa dans les cachots la plus grande partie de sa longue vie. A l’avénement du pape Clément IV, qui l’avait en grande estime, il recouvra la liberté (1265), mais après la mort de ce pape éclairé, il resta en butte à de nouvelles persécutions, et fut enfermé à Paris, pendant dix ans, dans le couvent des Franciscains. Il ne sortit de prison que peu d’années avant sa mort. On lui doit d’ingénieuses observations sur l’optique et la réfraction de la lumière ; une explication de l’arc-en-ciel, une description de la chambre noire. On lui attribue l’invention de la poudre à canon, celle des verres grossissants, du télescope, de la pompe à air, et d’une substance combustible analogue au phosphore ; on trouve du moins dans ses écrits des passages où ces diverses inventions sont assez exactement décrites. Il proposa dès 1267 la réforme du calendrier. Son plus grand mérite est d’avoir renoncé à la méthode purement spéculative et d’avoir conseillé et pratiqué lui-même l’expérience. Cependant, il ne fut pas exempt des erreurs de son temps, et crut à l’alchimie et à l’astrologie. Roger Bacon a laissé des écrits sur presque toutes les parties de la science. Ses principaux ouvrages sont : l’Opus majus (publié par Samuel Jebb, Londres, 1733, in-fol.), qu’il adressa au pape Clément IV, et où il s’était proposé de rassembler toute sa doctrine ; il en fit deux refontes successives sous les noms d’Opus minus et Opus tertium (ces deux ouvrages n’ont été publiés qu’en 1860, à Londres, par J. S. Brewer) ; Epistola de secretis operibus naturæ et artis et de nullitate magiæ, Paris, 1542 ; De retardandis senectutis accidentibus, Oxford, 1590, et plusieurs traités d’alchimie, dont le principal est le Speculum alchemicum. Girard de Tournus a traduit en français, en 1557, l’Epistola de secretis sous ce titre : De l’admirable pouvoir de l’art et de la nature, et le Miroir d’alchimie. On doit à M. Em. Charles : R. Bacon, sa vie, ses ouvrages et ses doctrines, 1862.

bacon (François), illustre philosophe anglais, né à Londres en 1561, était fils de Nicolas Bacon, garde des sceaux sous Élisabeth. Il se fit remarquer dès son enfance par la précocité de son génie, et conçut de bonne heure le dessein de réformer les sciences ; mais il fut longtemps détourné de ce projet par le soin de sa fortune. Dans sa jeunesse, il accompagna l’ambassadeur d’Angleterre en France à la cour de Henri III. Rappelé dans son pays par la mort de son père, il se fit recevoir avocat, et se livra avec succès à l’étude de la jurisprudence. Préférant néanmoins la carrière des affaires publiques, il fit tous ses efforts pour obtenir quelque emploi important, et s’attacha dans ce but au comte d’Essex ; il se fit aussi nommer membre de la Chambre des communes (1592). Cependant, il ne put réussir à s’avancer sous Élisabeth, quoiqu’il eût consenti, pour se concilier la faveur de cette princesse, à justifier la condamnation du malheureux Essex, qui avait été son protecteur ; il ne reçut d’elle que le titre honorifique de conseil ou avocat extraordinaire de la reine. Il se consola de cet oubli par la culture des sciences et commença dès lors les travaux qui l’ont immortalisé. Après la mort d’Élisabeth, Jacques I, qui aimait les savants, éleva rapidement Bacon aux honneurs ; il fut successivement nommé solliciteur général (1607), puis attorney général (1613), membre du conseil privé (1616), garde des sceaux (1617), et enfin grand chancelier (1618) ; il fut en outre fait baron de Vérulam et vicomte de St-Alban. Il seconda puissamment les efforts du roi pour unir les royaumes d’Angleterre et d’Écosse, et fit d’utiles réformes. Mais il avait à peine exercé pendant deux ans les fonctions de grand chancelier qu’il fut accusé par les Communes de s’être laissé corrompre, en acceptant de l’argent pour des concessions de places et de priviléges ; il fut en conséquence condamné par la cour des pairs à être emprisonné dans la tour de Londres et à payer une amende de 40 000 livres sterling; il fut en outre privé de toutes ses dignités, et exclu des fonctions publiques (1621). Par cette sentence sévère, le parlement ne voulait pas tant frapper Bacon, dont le crime était loin d’être aussi grand qu’on l’a fait, qu’atteindre le favori de Jacques, Buckingham, dont le faible chancelier était la créature, et dont il avait trop facilement toléré les malversations (V. buckingham). Au bout de peu de jours, le roi lui rendit la liberté, et lui fit remise de l’amende ; quelques années après, il le releva de toutes les incapacités prononcées contre lui (1624). Cependant, Bacon resta depuis sa disgrâce éloigné des affaires, et il consacra les dernières années de sa vie à ses travaux philosophiques. Il mourut en 1626, à la suite d’expériences de physique qu’il avait faites avec trop d’ardeur. — Bacon a laissé des écrits sur la jurisprudence, la politique, l’histoire, la morale, et sur la philosophie. Ce sont surtout ces derniers qui l’ont rendu célèbre. Ils sont tous compris dans un vaste ouvrage que l’auteur nomme Instauratio magna, et qui devait se composer de six parties, la revue des sciences, la méthode nouvelle, le recueil des faits et des observations, l’art d’appliquer la méthode aux faits recueillis, les résultats provisoires de la méthode, les résultats définitifs ou philosophie seconde. De ces six parties, trois seulement ont été exécutées : la 1re, dans le traité De dignitate et augmentis scientiarum ( qui parut d’abord en anglais, 1605, puis en latin, 1623) ; la 2e, dans le Novum Organum (1620, lat.), où l’auteur expose une logique nouvelle qu’il oppose à l’antique méthode d’Aristote ; la 3e, dans divers traités qui portent le titre d’Histoire naturelle, tels que le Sylva Sylvarum (1627, en anglais, posthume) l’Historia vitæ et mortis (1622), l’Historia ventorum (1622), l’Historia densi et rari (1658, posthume). Il ne reste sur les autres parties que des ébauches incomplètes. Bacon est considéré comme le père de la philosophie expérimentale : l’idée fondamentale de tous ses travaux est de faire, comme il le dit, une restauration des sciences, et de substituer aux vaines hypothèses et aux subtiles argumentations qui étaient alors en usage dans l’école, l’observation et les expériences qui font connaître les faits, puis une induction légitime, qui découvre les lois de la nature et les causes des phénomènes, en se fondant sur le plus grand nombre possible de comparaisons et d’exclusions. Outre l’Instauratio, Bacon a écrit des Essais de morale et de politique qui jouissent d’une grande réputation (publiés d’abord en anglais, 1597, puis en latin, sous le titre de Sermones fideles, 1638) ; un petit traité De sapientia veterum (1609) ; l’Atlantis nova, ingénieuse utopie philosophique ; l’Histoire de Henri VII (1622, en angl. ; 1638, en latin). Il a aussi laissé quelques opuscules philosophiques, qui ont été publiés en 1653 par Isidore Gruter à Amsterdam, sous le titre de Scripta in naturali et universali philosophia, 1 vol. in-18 ; des Discours, qu’il avait prononcés, soit comme solliciteur et attorney général, soit comme membre du parlement, et enfin un grand nombre de Lettres qui jettent beaucoup de jour sur sa vie et son caractère. Dans les écrits de Bacon on admire autant le style que les pensées : ils sont remplis d’images neuves, sublimes, et de comparaisons heureuses. Les meilleures éditions de ses Œuvres complètes sont celles de Londres, 1740, 4 vol. in-fol. ; celle de Basil Montaigu, 1825-1835, 17 vol. in-8, et celle de MM. Spedding, L. Ellis et Heath, 1857-62, 12 vol. in-8. M. Bouillet a publié les Œuvres philosophiques, en les accompagnant d’introductions et de notes en français, Paris, 1834-1835, 3 vol. in-8. Les œuvres de Bacon ont été traduites en français par A. Lasalle, 15 vol. in-8, Paris, 1800-1803 ; malheureusement cette trad. n’est ni complète, ni fidèle. M. Lorquet a donné une trad. nouvelle du Novum Organum, Paris, 1840, in-12. La vie de Bacon a été écrite en latin par W. Rawley, son secrétaire (1638), en anglais par Mallet (1740), par J. Campbell (Vies des lords chanceliers) et par Hepworth Dixon, 1860, et en français par P. de Vauzelles (1833). On doit à Deleyre une Analyse de la philosophie de Bacon; à Deluc un Précis de la philosophie de Bacon. M. J. de Maistre a laissé un Examen de la philosophie de Bacon, ouvrage posthume (1837), plein de partialité et peu digne de l’auteur. Le philosophe anglais a été mieux apprécié par M. Ch. de Rémusat dans le livre intitulé : Bacon, sa vie, son temps et sa philosophie, 1856.

BACQUEVILLE, ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), arr. et à 17 kil. S. O. de Dieppe, sur la Vienne ; 1341 hab. Serge, coutil, toile à matelas.

BACS, comitat de Hongrie, dans le cercle en deçà du Danube, entre ceux de Pesth, Csongrad, Torontal, Syrmie, Baranya, a 113 kil. sur 97, avec 297 000 h., et a pour ch.-l. Sombor, quoiqu’il tire son nom de la v. de Bacs, située à 44 kil. S. de Sombor, Cette v., de 7000 h., a eu un évêché grec, transféré à Neusatz.

BACTRES, Bactra, primitivement Zariaspa, auj. Balk, capit. de la Bactriane, sur le Bactrus, petite riv. qui se jetait dans l’Oxus, est une des plus anc. v. de l’Asie et a été surnommée la Mère des Villes. Elle fut prise par Ninus, qui, dit-on, dut cette conquête à l’habileté de Sémiramis.

BACTRIANE, contrée de l’anc. Asie, qui répond auj. au khanat de Balk, dans le Turkestan indépendant, était beaucoup plus grande autrefois. Elle avait pour bornes au S. les monts Paropamisus et l’Inde ; au N. la Sogdiane ; à l’E., la Scythie extra Imaum ; à l’O., l’Hyrcanie, et contenait, entre autres contrées, la Margiane, la Guriane, la Bubacène, le pays des Tochares et des Marucéens. Montagnes très-hautes ; climat froid en général ; habitants belliqueux. — La Bactriane fut à une époque, très-reculée le centre d’un empire puissant et fort civilisé : quelques-uns la regardent comme le berceau de l’empire des Perses et de la religion de Zoroastre. Elle fut conquise par Ninus. Lors de la conquête d’Alexandre (330), elle formait une des grandes satrapies de la monarchie persane. Bessus, satrape de Bactriane, assassina Darius son maître, afin de se rendre indépendant dans sa satrapie ; mais il n’y réussit pas : Alexandre joignit ce pays à ses conquêtes. Les Séleucides le gardèrent jusqu’au règne d’Antiochus Théos, en 256 av. J.-C. A cette époque, la Bactriane reprit son indépendance et eut successivement six rois grecs : Théodote I (256); Théodote II (243); Euthydème (221); Ménandre (195); Eucratide I (181); Eucratide II (147-141) : c’est ce qu’on nomme l’Empire grec de la Bactriane. Pendant ce laps de temps de plus d’un siècle, les rois gréco-bactriens avaient beaucoup étendu les limites de leur empire aux dépens de l’Inde d’une part, de la Sogdiane et des Scythes de l’autre, mais surtout aux dépens des Séleucides. A leur chute, les Arsacides de la Parthiène s’emparèrent de toutes Leurs conquêtes à l’O. ; les Scythes, 90 av., J.-C., prirent possession du reste et fondèrent un nouveau royaume de Bactres dont les dimensions varièrent souvent.

BACULARD (Arnaud). V. arnaud.

BADAJOZ, Pax Augusta, v. d’Espagne, ch. l. de l’intendance de Badajoz, sur la Guadiana, à 293 kil. S. O. de Madrid ; 14 500 hab. Évêché. C’est un des boulevards de l’Espagne du côté du Portugal : citadelle, 2 forts, arsenal ; pont de 620m, construit, dit-on, par les Romains. Commerce assez actif avec le Portugal. Patrie du peintre Morales. — Badajoz, après la conquête des Arabes, forma aux xie et xiie s. un petit État musulman ; elle fut enlevée aux Maures au xiie siècle. Le roi d’Espagne et le régent de Portugal y signèrent en 1801 un traité par lequel l’Espagne et le Portugal abandonnaient l’alliance de l’Angleterre pour celle de la France. En 1811-12, Badajoz soutint trois siéges successifs : prise sur les Espagnols par le maréchal Soult (8 mars 1811), elle ne fut reprise par les Anglais (6 avril 1812) qu’après deux siéges meurtriers. — L’intendance de Badajoz, sur la limite O. de l’Espagne, compte 336 000 h. Avec celle de Cacerès, elle forme la capitainerie générale de l’Estramadure, dont Badajoz est la capit.

BADAKCHAN, contrée de la Grande Boukharie, séparée du Turkestan chinois par le mont Belour, et arrosée par le Djihoun, forme un khanat qui a pour capit. une v. de même nom : c’est un ville forte, située sur le Djihoun, par 66° 25’ long. E., 37° 18’ lat. N., au N. E. de Balk. Station de caravanes qui vont en Chine. Mines contenant des rubis.

BADE (grand-duché de), Baden en allemand, un des États de l’Allemagne du Sud, est borné à l’O. par la France, dont le Rhin la sépare, au N. par la Hesse, à l’E. par le Wurtemberg, au S. par la Suisse et le lac de Constance ; il a 280 kil. de long sur une largeur qui varie de 20 à 130 kil., et compte env. 1 360 000 hab., dont plus de la moitié Catholiques ; capit., Carlsruhe. Le grand-duché avait été divisé en 1819 en 6 cercles : Murg-et-Pfinz, Lac, Treysam, Kinzig, Necker, Mein-et-Tauber. Depuis 1832 le nombre des cercles est réduit à 4 : cercle du Lac, ch.-l. Constance ; du Haut-Rhin, ch.-l. Freyburg (Fribourg en Brisgau) ; du Rhin-Moyen, ch.-l. Carlsruhe ; du Bas-Rhin, ch.-l. Manheim. Les villes principales après les précédentes sont Bade, Dourlach, Kehl, Rastadt, Reichnau, Zæhringen et sur-tout Heidelberg, célèbre par son université. Le grand-duché de Bade est un des pays les plus riches et les plus pittoresques de l’Allemagne : au N. sont des plaines vastes et fertiles ; au S. de hautes montagnes ; une grande partie du pays est couverte par la forêt Noire. Climat tempéré ; vignobles estimés ; mines assez riches en argent, cuivre, plomb, fer, cobalt, houille ; plusieurs sources thermales, dont la principale est celle de Bade même. Le culte catholique et les cultes réformés se partagent la population. Le gouvernement est constitutionnel et représentatif. — Il ne faut pas confondre le grand-duché actuel avec le margraviat de Bade, dont les limites étaient assez différentes. Le margraviat, qui faisait partie du cercle de Souabe, était renfermé entre les rivières de Pfinz et de Schwarzbach. Il avait en outre beaucoup de possessions en Alsace. Il eut longtemps pour ch.-l. Bade, qui lui donna sen nom.

Histoire. La maison de Bade est une ligne cadette de l’antique maison de Zæhringen. Le premier margrave de Bade est Hermann, petit-fils de Berthold I, duc de Zæhringen et de Carinthie ; il commença à régner en 1074, et prit le titre de margrave à la diète de Bâle, en 1130. Ses États furent plusieurs fois partagés entre ses descendants, ce qui donna naissance à diverses branches. Hermann IV et Henri, fils de Hermann III, par suite d’un partage qui eut lieu en 1190, devinrent la tige de deux lignes nouvelles, celles de Bade-Baden et Bade Hochberg. Christophe I, qui régna de 1503 à 1527, réunit la plus grande partie des possessions de la maison de Bade; mais après lui se formèrent encore deux nouvelles lignes : celle de Bade-Baden, dont le chef fut Bernard, fils aîné de Christophe ; et celle de Bade-Dourlach ; qui eut pour chef Ernest, son 2e fils. Enfin la ligne de Bade-Baden s’éteignit en 1770, et tous les États de Bade furent réunis de nouveau sous un seul chef (V. ci-après CHARLES-FRÉDÉRIC de Bade). En 1803, le margrave (Charles-Frédéric) reçut le titre de prince-électeur. En 1806 il adhéra à la Confédération du Rhin et reçut de Napoléon le titre de grand-duc avec augmentation de territoire. Après la bataille de Leipsick (1813), le grand-duché de Bade rentra dans la Confédération germanique. En 1818, le grand-duc se vit obligé de donner une Constitution. Néanmoins, le pays fut en 1848 et 1849 le théâtre d’insurrections redoutables : la 2e ne put être réprimée que par l’intervention de la Prusse.

BADE, Civitas Aurelia aquensis ou Thermæ inferiores, en all. Baden-Baden, jolie ville du grand-duché de Bade, sur l’Oosbach, dans le cercle, du Rhin-Moyen, à 30 kil. S. O. de Carlsruhe, à 32 kil. N. E. de Strasbourg, est célèbre par ses eaux thermales qui ont valu à la ville son nom (baden veut dire bains), et qui y attirent un grand nombre d’étrangers. C’est le rendez-vous de la haute société de France, d’Allemagne et d’Angleterre : on y joue beaucoup. La population fixe est d’environ 5000 hab. ; mais elle s’élève à plus de 15 000 dans la saison des eaux. Château ducal fort curieux, beau parc, salon de conversation, anc. collége des Jésuites, vieux château fort d’Hohen-Baden, cabinet d’antiquités. Environs pittoresques, belles promenades, avenue de Lichtenthal, etc. Chemin de fer. — Bade était déjà connue au IIIe siècle ; elle reçut le nom d’Aurelia en l’honneur de l’empereur Aurelius Alexander (Alexandre Sévère). Elle fut longtemps la résidence des margraves de Bade et la capit. de tout le margraviat.

BADE, Aquæ Helveticæ ou Verbigenæ, v. de Suisse (Argovie), sur la Limmat, à 21 kil. N. O. de Zurich ; 2500 hab. (Catholiques). Eaux thermales renommées. Bade fut de 1426 à 1711 le siége de la diète fédérale. Eugène de Savoie y signa, en 1714, la paix dite paix de Bade, entre l’Empire et la France.

BADE, Aquæ Pannonicæ, v. d’Autriche, à 24 kil. S. O. de Vienne ; 2800 hab. Établissements d’eaux thermales ; château de plaisance de l’empereur.

BADE (princes de). Les plus célèbres sont : Louis-Guillaume, margrave de Bade-Baden, connu sous le nom de Prince de Bade, général de l’Empire, né en 1655, mort en 1707. Il servit d’abord sous Montécuculli, contre la France ; puis il fit la guerre aux Turcs, 1683, aida Sobieski à leur faire lever le siége de Vienne, et, après leur avoir fait éprouver plusieurs échecs, gagna sur eux la victoire décisive de Salankemen, en 1691. Il fut moins heureux contre la France : après avoir pris Landau, il fut battu par Villars à Friedlingen et à Hochkstaedt (1703). Il a laissé des Mémoires sur la guerre contre les Turcs et sur la guerre de la succession d’Espagne (1702) — Charles-Guillaume, margrave de Bade-Dourlach, né en 1679, mort en 1746. Il servit d’abord sous le prince de Bade, son parent, se retira dans ses États après la paix de Rastadt, jeta les fondements de la ville de Carlsruhe (1715), et créa à cette occasion l’ordre de la Fidélité. – Charles-Frédéric, margrave, puis grand-duc de Bade-Dourlach né en 1728, hérita en 1746, des États de Charles-Guillaume, son grand-père, y joignit les domaines de Baden-Baden, qui lui échurent par succession en 1771, et fut élevé en 1803 au rang d’électeur de l’Empire. Mêlé aux événements de la Révolution française, il perdit ses possessions sur la rive gauche du Rhin ; mais il en fut amplement dédommagé pal Napoléon, qui agrandit ses États, et qui, en 1806, lui donna le titre de grand-duc et accorda à son petit-fils, le prince Charles-Louis-Frédéric, la main de sa fille adoptive, Stéphanie, fille de Claude Beauharnais. Il mourut en 1811, après un long règne. Il eut pour successeurs : 1° Charles-Louis-Frédéric, son petit-fils, qui donna une Constitution à ses États, et qui mourut en 1818, sans enfants mâles ; 2° Louis-Guill.-Auguste, son 2e fils, et oncle de Charles-Louis-Frédéric, qui monta sur le trône en 1818 et mourut en 1830, sans enfants ; 3° Léopold de Hochberg, un autre de ses enfants, mais né d’un mariage de la main gauche ; il devint duc en 1830, et mourut en 1852 ; 4° Frédéric, 2e fils du préc., appelé en 1852 au trône ducal au lieu de son frère Louis, à cause de l’état mental de celui-ci. BADENWEILER, vge du grand-duché de Bade, (Rhin sup.), à 25 kil. S. O. de Freyburg; 350 hab. Sources thermales et bains fréquentés. Ruines de thermes romains.

BADIA Y LEBLICH (Domingo), connu aussi sous le nom d'Ali-Bey, officier espagnol, né en 1766, mort en 1818, voyagea en Afrique et en Arabie, se faisant passer partout pour musulman, et publia, à son retour, ses Voyages en Afrique et en Asie pendant les années 1803-1807; Paris, 1814, 3 vol. in-8. On y trouve d'intéressants détails qu'aucun chrétien n'avait pu connaître jusque-là. A son, retour, il fut employé par le roi d'Espagne, Joseph Napoléon. Il mourut à Damas en 1818, pendant un second voyage.

BADIUS (Josse et Conrad), imprimeurs du XVIe siècle. Josse Badius, né en 1462, au vge d'Assche près de Bruxelles. d'où il prit le nom d’Ascensius, mort en 1535, professa les belles-lettres à Lyon, puis à Paris, et fonda à Paris, vers l'an 1500, une imprimerie d'où sont sorties un grand nombre d'édit. estimées; il publia lui-même quelques écrits, entre autres Navicula stultarum mulierum, vers 1500 (trad. en français dès 1501 par J. Droyn). Il eut pour gendres Robert Étienne et Michel Vascosan. — Conrad Badius, fils du préc., né à Paris vers 1510, mort vers 1560, s'associa à Robert Étienne, son beau-frère, et fit avec lui un grand nombre de publications importantes. Il a trad. en français l’Alcoran des Cordeliers d'Érasme Alber, Genève, 1556, et a composé lui-même les Satires chrétiennes, en vers français, 1560 (réimprimées à Genève en 1858).

BADONVILLER, v. du dép. de la Meurthe, à 12k. S. E. de Blamont, sur la Blette; 1883 hab. Tissus de coton, faïenceries, fabriques de poinçons et d'alênes.

BADUHENNE, Baduhenna Sylva, grande forêt qui couvrait le pays des Frisons (presque tout le roy. de Hollande actuel), était ainsi nommée d'une divinité du pays appelée Bada ou Pada, qui n'est peut-être que la forêt personnifiée. 900 Romains y furent taillés en pièces par les Germains l'an 28 av. J.-C. Cette forêt n'existe plus.

BÆCULA, BÆTICA, etc. V. BÉCULE, BÉTIQUE.

BAEZA, Beatia, v. d'Espagne (Andalousie), à 40 k. N. E. de Jaen; 12 000 h. Cathédrale gothique, colléges des Jésuites et de l'Oratoire; belle fontaine. Très-importante jadis, résidence de plusieurs rois maures; anc. évêché, transporté depuis à Jaen; université supprimée. Baeza, après avoir été la capit. d'un petit roy. arabe, fut enlevée aux Maures en 1227.

BAFA, Paphos, Augusta, v. de l'île de Chypre, sur la côte S. O., fut longtemps le ch.-l. de l'île. Port ensablé, fort, élevé sur un rocher. Elle possédait jadis un évêché, qui a été transféré à Nicosie. Aux env., cristal de roche connu sous lé nom de diamants de Bafa; amiante; grottes artificielles.

BAFFIN (William), habile pilote anglais, né en 1584, accompagna de 1612 à 1616 Hudson et les autres navigateurs anglais qui explorèrent le nord de l'Amérique, dans le but de pénétrer, par cette voie, dans le Grand Océan, et parvint, en 1616, jusque dans la baie à laquelle les géographes ont donné son nom. Il mourut en 1622 au siége d'Ormus, entrepris par les Anglais. Il avait dressé des cartes qui se sont perdues, et rédigé un journal dont quelques fragments se trouvent dans le recueil de Purchas.

BAFFIN (Baie, ou plutôt Mer de), vaste golfe ouvert de l'Atlantique, ainsi nommé de Baffin qui le visita le premier, sur la côte de l'Amérique du Nord, par 55°-82° long. O., 67°-78° lat. N., a env. 1500 k. de long sur 550 de large, et est presque toujours couvert de glaces. Il communique à l'Atlantique par le détroit de Davis, à la mer d'Hudson par ceux de Cumberland et d'Hudson, et à l'Océan Glacial arctique par celui de Lancastre-et-Barrow.

BAFFIN-PARRY (archipel de), îles qui s'étendent entre la mer de Baffin et celle d'Hudson, au S. du détroit de Lancastre-et-Barrow, furent découvertes par Parry de 1822 à 1829. Les principales sont celles de Cockburn, Southampton, Winter, Mansfield, James, N.-Galloway, Somerset septentrional.

BAFFO (la sultane), jeune chrétienne d'une rare beauté, d'une famille distinguée de Venise, fille du gouverneur de Corfou, fut prise en mer par les Turcs en 1575 et emmenée à Constantinople. Elle plut à Amurat III, qui fit d'elle sa sultane favorite et en eut Mahomet III. Elle exerça un long empire sur ce prince, qui l'aima jusqu'à sa mort; elle conserva sous Mahomet III la même autorité; mais Achmet la relégua dans le vieux sérail.

BAGACUM, v. de la Gaule Belgique, auj. Bavay.

BAGATELLE, petit château de plaisance, situé aux portes de Paris, sur la limite du bois de Boulogne, et près de la Seine, avait été bâti en 1773 par le comte d'Artois. Pendant la Révolution, il servit à des fêtes champêtres.

BAGAUDES. Ce nom, qu'on dérive du celtique bagad, troupe, attroupement, fut donné à des paysans gaulois qui, vers 270 de J.-C., se révoltèrent contre la domination romaine. Ils prirent Autun et la saccagèrent. Contenus quelque temps par Aurélien et Probus, ils se révoltèrent de nouveau sous Dioclétien, ayant à leur tête un certain Amandus. Ils furent réduits en 285 par le collègue de l'empereur, Maximien. Ils s'étaient retranchés aux portes de Paris, dans le lieu qu'on appela depuis Bagaudarum castrum, auj. St-Maur-des-Fossés. Une porte de Paris du côté de St-Maur reçut, en mémoire des Bagaudes, le nom de porta Bagaudarum, et, par abréviation, porta Bauda; elle était située sur le terrain appelé depuis place Baudoyer (derrière l'hôtel de ville actuel).

BAGDAD, v. de la Turquie d'Asie, dans l'Algézireh, capit. du pachalik de Bagdad, sur le Tigre, par 42° 4' long. E., 33° 20' lat. N., à 1650 kil. S. E. de Constantinople; 80 000 hab. Hautes murailles en briques- fossés, et divers ouvrages de fortification. Très-beaux bazars, quelques belles maisons, pont de bateaux sur le Tigre. On y remarque plusieurs monuments, les tombeaux de Zobéide, du cheik Abdoul-Kadir-Ghilani, le palais du pacha, la douane. En été, chaleur extrême et vent brillant dit samiel. Il y règne une maladie cutanée analogue au bouton d'Alep. Industrie active (coutellerie, maroquins, sellerie, harnacherie, teintureries, étoffes de soie, coton, laine). Fonderie de canons. Grand commerce avec la Perse, le Turkestan, l'Arabie et l'Inde. — Bagdad fut fondée en 762, aux env. de l'anc. Séleucie, par le calife Abou-Giafar-Almansour. Elle fut pendant 5 siècles la capit. du califat, et fleurit par les arts et les lettres. Elle fut prise par Houlagou en 1258, par Tamerlan en 1416, par les Turcs ottomans en 1534 ; se révolta contre eux en 1623, soutint un long siége, et ne fut prise qu'en 1638, par Amurat IV. — Le pachalik, entre ceux d'Erzeroum, de Diarbékir, la Perse et le golfe Persique, répond à l'anc. Babylonie et à une partie de l'Assyrie et de la Mésopotamie ; 890 kil. de long, sur 550; 1 000 000 d'hab. Climat très-chaud en été. Au N., sont les monts du Kourdistan et diverses ramifications du Taurus. Le pays est arrosé par plusieurs rivières fort célèbres : le Tigre, l'Euphrate, le Khabour (Chaboras), etc. Sol fertile le long des rivières, stérile en d'autres endroits. A l'O., se trouvent des déserts d'où sortent des nuées de Bédouins pillards. On le divise en 8 livahs : Meschhed-Ali, Hilleh, Mesched-Hossein, Ana, Nisibin, Mardyn, Bassora, Corna; plus, la partie directement régie par le pacha même. — C'est dans ce pachalik que se trouvaient Babylone, Ninive, Séleucie, Ctésiphon, si célèbres dans l'antiquité.

BAGÉ-LE-CHATEL, ch.-1. de cant. (Ain), à 30 k. N. O. de Bourg; 900 hab. Toiles, poteries, chanvre, volailles. Anc. seigneurie, qui, en 1272, fut portée par l'héritière au comte Amédée IV de Savoie, mais qui plus tard fut donnée à la maison d'Urfé, puis érigée en marquisat (1576).

BAGGESEN (Emm.), poëte danois, né en 1764 à Korsoër, dans l'île de Seeland; parcourut la France, l'Italie, l'Allemagne, la Suisse, où il épousa la petite-fille du célèbre Haller, fut professeur à l'Université de Kiel, et mourut à Hambourg en 1826. Il a écrit en danois et en allemand. Il excellait surtout dans la poésie fugitive. On a de lui un recueil de poésies, en allemand, Haidenblumen (les Fleurs de bruyère), Amsterdam, 1808; Parthenaïs ou Voyage dans les Alpes, trad. en français par M. Fauriel, 11810; Adam et Ève, Leipsick, 1826. Il a écrit en prose et en langue danoise le Labyrinthe ou Courses poétiques en Europe, etc. Ses écrits ont été recueillis par ses fils en 16 vol. in-8 (dont 11 en danois et 5 en allemand).

j BAGIIERMÉ, v. d'Afrique, capit. d'un État de même nom, situé dans la Nigritie centrale, entre le Dar-four, le Darkeulla, le Bournou, l'Ouadi et le Bergen.

BAGLIONI (J. Paul), d'une famille illustre de Pécouse, s'empara de la souveraine autorité dans sa ti patrie vers 1500 et se rendit indépendant du Saint-Siége. Il eut à combattre les papes Alexandre VI, Jules II et Léon X, fut plusieurs fois chassé et au-tant de fois rétabli. Il exerça toutes sortes de Gruau

   tés : pour mettre un terme à sa tyrannie, Léon X, qui avait réussi à l'amener à Rome, lui fit trancher la tête, après l'avoir forcé d'avouer ses crimes

1 (1520). Baglioni avait d'abord fait partie de ces bandes d'aventuriers que les Italiens nomment condottieri. - Quelques années après sa mort, son cousin, Rodolphe Baglioni, recouvra la souveraine autorité 1 dans Pérouse (1534 et 1540).

BAGLIVI (George), célèbre médecin italien, né en 1668 à Raguse, mort à Rome en 1707 , reçut les le-- cons de Valsalva et de Malpighi, et fut nommé, par Clément XI, professeur de chirurgie et d'anatomie dans le collége de la Sapience à Rome. Il contribua puissamment à ramener les médecins à l'observation de la nature et à l'étude des écrits d'Hippocrate, combattit les doctrines chimiques par lesquelles on expliquait tout depuis Paracelse et Van-Helmont, et dans lesquelles on attachait une importance exclusive aux liquides du corps humain, et leur substitua une doctrine qui attribuait le principal rôle aux parties solides, ayant reconnu les propriétés contractiles et les forces vitales dont elles sont animées : aussi le regarde-t-on comme le chef des Solidistes. Ses ouvrages ont été recueillis sous le titre d'Opera medicopractica, Lyon, 1704, et réimpr. à Paris en 1788 par Pinel, 2 vol. in-8. On y remarque son Essai sur la fibre motrice et sa Médecine pratique, trad. en français parle D' J. Boucher, 1851.

BAGNALOUKA, v. de Bosnie, ch.-l. d'un lit-ah de même nom, à 44 kil. S. E. de Gradiska; 7000 h. 40 mosquées; bazars; eaux thermales.

BAGNÉRES-DE-BIGORRE, Vicus Aquensis, Aqux Convenarum, ch.-l. d'arr. (H.-Pyrénées), surl'Adour, à21 kil. S. E. de Tarbes, à 774 kil. S. de Paris; 6659 h. Trib. de l"inst., collége. Sources thermales renommées. Jolies promenades: le jardin de Théas,Vignaux, les Bains de Salut, les Allées de Maintenon et de Cam-pan, le Tourmalet, Baréges, la Penne de Lhéris, l'Élysée Cottin. On y fabrique les tissus dits de Barèges.

BAGNÈRES-DE-LUCHON, Balneariæ Lixiones, ch.-1. de watt. (H.-Garonne), dans la belle vallée de Luchon, à 48 kil. S. S. O. deSt-Gaudens, à 6 kil. de la frontière d'Espagne; 2690 hab. Eaux thermales très-fréquentées. Belles promenades: le Cours, l'Allée de la Pique, et aux environs les Cascades, la Fontaine d'amour, l'Allée des Soupirs, les Quinze lacs, l'Écho de Néré, la Vallée du Lis, le val d'Aran.

BAGNEUX, vge du dép. de la Seine, à 8 kil. S. de Paris, tant. et à 2 kil. N. de Sceaux; 700 hab. Jolies maisons de campagne. Eglise du xIII' siècle.

BAGNOLET, vge du dép. de la Seine, cant. de Pantin, à 7 kil. N. E. de Paris; 1800 hab. Jolies maisons de campagne; carrières de plâtre; culture de pêchers. La terre de Bagnolet fut achetée par le duc d'Orléans, frère de Louis XIV.

BAGNOLLES, vge du dép. de l'Orne, commune deBA IIA Couterne,au S. E. et près de Domfront. Eaux sulfu• reuses et ferrugineuses; bains civils et militaires. BAGNOLS, Balneola, ch: 1. de cant. (Gard), sur la Cèze, à 49 kil. N. E. de Nîmes, à 23 kil. N. E. d'U-zès; 3901 hab. Collége. Bons vins rouges. Patrie de Rivarol. -BAGNOLS-LES-BAINS, vge de la Lozère, à 20 kil. E. de Mende, sur le Lot. Eaux sulfureuses.

BAGOAS, eunuque égyptien, devint général et favori du roi de Perse Artaxerce Ochus. Il aida ce prince à conquérir l'Égypte, mais ensuite, pour se venger du meurtre du bœuf Apis, ordonné par le roi, il l'empoisonna et plaça sur le trône son fils Arsès. Ne trouvant pas en celui-ci une créature assez docile, il le fit encore périr et donna la couronne à Darius Codoman, dont il voulut aussi, peu après, se défaire ; mais ce prince le prévint, et le força à boire le poison qu'il lui destinait, 336 ans av. J.-C. - On connaît encore sous ce nom de Bagoas, mot qui veut dire eunuque, plusieurs autres personnages, no tamment un favori d'Alexandre, Perse de naissance.

BAGOULET, petite riv. d'Anatolie, dans laquelle on a cru à tort retrouver la Pactole des anciens. BAGRADAS, auj. la Medjerda, riv. d'Afrique, sortait de l'Atlas, traversait la Zeugitane, et se jetait dans la Méditerranée entre Utique et Carthage. C'est sur les bords de ce fleuve que l'armée de Régulus tua un énome serpent (255 av. J.-C.).

BAGRATION (le prince Pierre de), l'un des généraux les plus distingués de la Russie, né en 1765 dans la Géorgie, sortait de la famille des Pagratides qui régna longtemps sur ce pays. Entré au service de laRussie, il servit sous les ordres de Souvarow en Pologne (1794) et en Italie (1799), et fut disgracié avec ce général par Paul I à la suite de quelques revers. Rappelé en 1805 par Alexandre, il commanda un corps de l'armée envoyée au secours ne I'Autricne sous les ordres de Koutousof, fit une belle retraite sur la Moravie, se distingua aux batailles d'Austerlitz, d'Eylau, de Friedland ; commanda en chef la 2° armée de l'Ouest en 1812, prit une part honorable aux batailles de Smolensk et de Meskowa, et fut blessé mortellement dans cette dernière affaire.

BAHAMA ou GRANDE-BAHAMA, île de la mer des Antilles, une des Lucayes, par82°30'-82°44'long.O., et 26° 40'-27° 5' lat. N., appartient aux Anglais. Fertile, bien arrosée, mais peu habitée.-On donne le nom d'archipel de Bahama à tout le groupe des Lucayes (V. LUCAYES).-Le vaste banc de sable situé en avant du golfe de Mexique, au N. de Cuba et au S. des Florides, se divise en Grand banc de Bahama (de 77° à 81° 51' O. pour la long., de21° 40' à26°N. pour la lat.), et Petit banc de Bahama (de 79° 55' à 81° 40' O. pour la long., de 25° 55' à 27° 50' N. pour la lat.); ils sont séparés par le canal de la Providence. Le 1°' a 640 kil. de long sur 220 de large; le 2° en a 265 sur 90. Le 1" embrasse l'île de la Providence, l'île Longue, l'île Verte, les Roquillos, les Mimbres, etc. ; sur le 2° sont la Grande Bahama, Abacou Guana, les Galapagos. -Entre Cuba et le Grand banc s'étend un vaste canal dit Vieux canal de Bahama; entre les Grand et Petit bancs et la côte E. de la Floride est le Nouveau canal de Bahama, nommé aussi golfe de Floride; tous deux communiquent par le canal de Santarem.

BAIIAMAN, divinité favorable des Perses, le premier des Amschaspands après Ormuzd, inspire la bonté, apaise la colère, répand l'abondance sur la terre, protége les animaux domestiques, et reçoit les .mes des justes à leur entrée dans le séjour céleste.

BAHAOUALPOL'R, État de l'Hindoustan, au S. du Pendjab, entre 2S'-30° lat. N. et 68°-72° ldng. E., est arrosé par le Sutledge et a pour ch.-l. Bahaoualpour, v. commerçante de 20 000 âmes, sur le Gharra, à 98 kil. S. E. de Moultan. Cet Rtat, fondé par Babaoual-Khan en 1769, dépend auj: du radjah du Pendjab.

BAHAR, v. de l'Inde anglaise (Calcutta), dans la prov. de Bahar, à 56 kil. S. de Patna; env. 30000 b. Jadis plus importante et ch.-l. de tout le Bahar. – La prov. de Bahar, entre le Népal au N., le Bérar au S., le Bengale à l'E. et l'Aoude à l'O., a 8 000 000 d'h.; capit. Patna (c'était précédemment Bahar). Sol plat, fertile arrosé par le Gange. Le Bahar a été jadis Indépendant; il était connu sous le nom de roy. de Magada. Il appartient aux Anglais depuis 1765 et est compris dans la présidence de Calcutta.

BAHARITES, la 1'° dynastie des Mamelouks qui régnèrent en Égypte. Ces Mamelouks étaient dans le principe de jeunes Turcs qui avaient été vendus comme esclaves à des marchands égyptiens. Le sou-dan Malek-Saleh, de la dynastie des Ayoubites, les racheta de ces marchands au nombre de mille, et les fit instruire au métier des armes dans une forteresse bâtie au bord de la mer (en arabe bahar) : de là leur nom. Ils finirent par s'emparer de l'autorité souveraine et nommèrent pour chef un d'entre eux, Nonreddin-Ali, qui prit le titre de soudan d'Égypte (1254). Les Mamelouks Baharites ont conservé le pouvoir jusqu'en 1382, qu'ils furent remplacés parles Mamelouks-Bordjites. V. erAmnhLouxs.

BAHI A (c.-à-d. baie) , ou SAN-SALVADOR v. du Brésil, ch.-l. de la prov. de Bahia, à 1350 kit. N. E. de Rio-Janeiro, sur la baie de Tous-les-Saints; 180 000 h. Port superbe. Archevêché, duquel relèvent tous les évêchés du Brésil. Place forte, la I°° de l'empire. Divers établissements littéraires, école de chirurgie, gymnase, séminaire, bibliothèque publique; très-grand commerce, beaucoup de négociants étrangers. On remarque à Bahia plusieurs beaux édifices : église des Jésuites, palais du gouverneur, hôtel de ville, tribunal d'appel, palais archiépiscopal, hôpital militaire, école de chirurgie, couvents et églises des Franciscains, des Bénédictins, des Carmes; église de la Conception, bourse, chantiers, arsenal maritime.-Bahia, fondée au xvI° siècle, fut la capitale du Brésil jusqu'en 1763; elle en est encore la 1" v. après Rio-Janeiro.-La prov. de BAHIA s'étend le long de l'Atlantique, entre celles de Sergipe do Bey, Pernambouc et Minas-Geraes, par 39° 55'=46° 10' long. O., et 10°-15° 30' lat. N., et a 670 kil. sur 400; env. 1 000 000 hab. Elle est divisée en quatre comarcas, Bahia, os Ilheos, la Jacobina, Porto-Seguro. Climat très-chaud, mais rafraîchi par les brises de mer. Sol excellent pour la canne à sucre, le tabac, le coton.

BAHR-'ABAD, contrée de l'Arabie. V. BAaRIA.

BAHR-EL-ABIAD, c.-à-d. Rivière blanche, nom que porte le Nil dans la partie supérieure de son cours, jusqu'à sa jonction avec le Bahr-el-Azrek.

BAHR-EL-AZRER, c.-à-d. Rivière bleue, Astapus, naît en Abyssinie par 10° 59' lat. N., 34° 35' long. E., traverse le lac Dembea, baigne les prov. de Gojam, Damot et autres contrées abyssiniennes, puis entre dans le Sennaar, et se joint au Nil à 8 kil. S. d'Halfay, après un cours d'env. 1600 kil. Cours très-rapide; cascades dont une a 93" de hauteur. On a pris longtemps le Bahr-el-Azrek pour le vrai Nil.

BAHRDT (Ch. Frédéric), théologien protestant, né en 1741, dans une petite ville de Misnie, mort en 1792, professait des opinions religieuses qui paraissent se confondre avec le socinianisme ou même avec le pur déisme. Il enseigna successivement la théologie et la philosophie à Leipsick, à Erfurdt et à Giessen; forcé de quitter chacune de ces villes comme hérétique, il alla s'établir en Suisse, où il dirigea une maison d'éducation; puis à Halle en Prusse où il s'attira de nouvelles poursuites par ses pamphlets politiques, et il finit par tenir taverne dans une campagne près de Halle. Ceux de ses nombreux ouvrages qui ont le plus attiré l'attention sont : Essai d'un système de dogmatique biblique, 1769; Nouvel-les révélations de Dieu, 1773, condamnées par la cour impériale; Profession de foi, 1779; l'Almanach des Hérétiques, 1781; l'Édit de religion, 1788, pamphlet où il raille un édit rendu par le roi de Prusse; et une Histoire de sa vie et de ses opinions, 1791.

BAHREÏN ou HADJAR, contrée d'Arabie, dans le Lahsa, le long du golfe Persique, s'étend du 25° au 29° degré de lat. N. Les habitants vivent de pêche et plus encore de piraterie. On étend quelquefois le nom de Bahreïn à tout le Lahsa. — Sur la côte de ce pays est un groupe d'îles, dites aussi de Bahreïn ou d'Aoual, sous 48° 20' long. E. et 26° 20' lat. N., renommé pour la pêche de perles. Ces îles ont jadis appartenu aux Portugais; elles sont auj. Sous la dépendance d'un cheik tributaire de l'iman de Mascate. Le principales sont : Arad, Tarout et Bahreïn, dans laquelle se trouve la capit., Manama, sur la côte N. E.

BAIAN chef des Avares. V. AvARES.

BAIE (IIes de la), Ray-Islands, lie& de la baie d_ Honduras, dont les principales sont : lioatan,. Bonn - ca, titilla, B,arbareta, Helena et Morat. Elles formaien.-une colonie anglaise qui a été abandonnée en 1860

BAYER (J. J.), naturaliste allemand, membre de l'Académie des curieux de la nature, né en 1677 à Iéna, mort en 1735, exerça. la médecine à Halle, Nuremberg, Ratisbonne, Iéna, et fut professeur de cette science à Altorf. On estime son'Oryctographia norica, publiée en 1708 à Nuremberg, in-4, et réinl=_ primée en 1758 il y donne une description exacte et détaillée des fossiles et des minéraux de toute espèce observés dans le territoire de Nuremberg.

BAIES. Raite des anciens, Raja dos Italiens, v d'Italie (prou. de Naples), à 17 k. S. O. de Naples. Port passable et plus sûr que celui de Naples; fort bâti par Charles-Quint. La ville ne se compose que de chaumières, éparses parmi des ruines magnifiques. Bains fort célébres chez les anciens. - Baies, sous l'empire romain, fut une ville superbe : elle s'élevait en amphithéâtre sur la colline demi-circulaire qui domine la mer. La mode .voulait que tout riche - Romain y eût sa maison de campagne, et y vint passer l'arrière-saison. Il y reste des l'Unes de toute beauté, mais dont la majeure partie est sous la mer. On voit pourtant encore Ies débris des bains - de Néron, d'un palais de Jules-César, des villas de Cicéron et d'Agrippine, des temples sle Vénus, de Diane' de Mercure etc.

BAI~F (Jean-Antoine de), poète français du xvt° s., né à Venise en 1532, mort en 1589, était fils de Lazare de Baïf, ambassadeur h 'Venise et en Allemagne sous François I, qui fut poète aussi. Jean Baïf renonça aux avantages que lui offrait sa naissance pour se livrer à la poésie, il se lia avec Ronsard et donna, comme lui, dans le bizarre. Il eut la prétention d'écrire des vers mesurés comme ceux des Grecs et des Ro-mains, et decréer un alphabet nouveau afin de ré-former l'orthographe. fonda en 1570, dans sa maison du faubourg St-Marceau, une académie de poésie et de musique; mais cette académie, la. première qui ait été établie à Paris, ne put durer. Baïlest un des poètes de la Pléiade. On a sous le titre d'OEuvres de T. A. de Baïf, Pans, 1572., 9 livres de poèmes, 7 d'amours, 5 de jeux, 5 de passe-temps; ila aussi publié Étrennes de poésies françaises en vers mesurés, 1574, et quelques pièces de théâtre, sous le titre de Mimes et Proverbes, 15'76 et 1597.

BAIGNES, eh: 1. de tant. (Charente), à. 13 kil. S. O. de Barbezieux; 717 hab. Anc. abbaye, fondée, dit-on, par Charlémagne. Bains antiques.

BAIGNEUX-LÊSJUIFS, ch.l. de c.jC ôte-d'Or), à 36 kil. S. de Châtillon-sur-Seine; 420 hab. C'est le dernier endroit de France que quittèrent les Juifs bannis du royaume en 1431 : d'où son nom.

BAIGORRY, vallée des B.-Pyrénéè , arrosée par-la Nive doit son nom au mont BaigQura, situé à 31 kil. O. de Mauléon. Elle a 17 kil. sur 13; place principale, St-Étienne de Baigoary. Mines de cuivre qui ne sont plus exploitées.

BAIKAL (lac), grand lac de Sibérie (Irkoutsk), par 101° 16'-107° 18' long. E., et 51.21'-55° 48' lit. N., a 660 kil, de long sur une largeur qui varie de 40 à 100 kil., et est traversé par l'Angara inférieur, qui porte ses eaux àl'iénisseï. Malgré son immense étendue, ses eaux sont douces. Ce lac est très-profond et offre une navigation fort dangereuse; ses bords 7 sont hauts, escarpés en général; il renferme une île assez grande, nommée Olkhon. On ypèche des phos ques, des sterlets et diverses espèces de poissons particulières à ce lac.-Il est bordé par les monts Baikal, chaînon secondaire du grand système des Altaï.

BAILLET (Adrien), laborieux écrivain, né en 1649 I près de Beauvais, mort en 1706, fut d'abord cura de campagne, puis bibliothécaire de Lamoignon. Ses principaux ouvrages sont : Jugement des savants sur les principaux ouvrages, 1685-86, 9 vol. in-12; Les enfants célèbres par leurs études et leurs écrits, 1688, in-12; Histoire de Hollande, sous le nom de La Neuville, 4 vol. 1690, in-12; Vie de Descartes, 1 1691, 2 vol. in-4, ouvrage dont il publia lui-même i un abrégé, 1693, 1 vol. in-12; Vies des Saints, 1701, 3 vol. in-fol., souvent réimprimées (ouvrage où il élève des doutes qui lui valurent le surnom de dénicheur de saints et qui fut mis à l'Index à Rome); Histoire des démêlés de Boniface VIII avec Philippe le Bel, 1717, in-12 (posthume).

BAILLEUL, ch.-1. de carat. (Nord), à 29 kil. N.0 de Lille et à 14 kil. E. d'Hazebrouk; 10000 hab. Collége. Fils, coutils, dentelles; fromages, houblon.

BAILLEUL (tel , bourg du dép. de l'Orne, à 8 kil. N. d'Argentan. C'est de là qu'était sortie la dynastie des Baliol (ou Bailleul) qui régna en Écosse

BAILLEUL, roi d'Écosse. V. BALIOL.

BAILLI, titre porté dans l'origine par des com-° missaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction régularisée au commencement de la 3° - race, fut d'abord très-étendue ; mais l'abus qu'ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire, et vers le xvte siècle, ils n'étaient plus que des officiers de justice. Néanmoins, leur office était noble et d'épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte. - On appelait aussi baillis, baillis seigneuriaux, de simples officiers de justice seigneuriale, dits de robe longue ou petits baillis, pour les distinguer desbaillisroyaux. -Certains gardiens de châteaux servant de prison portaient aussi ce titre. - Dans l'ordre de Malte, on donnait le nom de baillis à des dignitaires supérieurs aux commandants et inférieurs aux grands prieurs : tel fut le bailli de Suffren.

BAILLIE (Mathieu), anatomiste écossais, né en 1761, mort en 1828, neveu de Hunter, fut médecin de la princesse de Galles et de George III, établit avec Cruikshank un cours d'anatomie à Londres, y fonda le cabinet d'anatomie pathologique et donna un excellent Manuel d'anatomie pathologique (1795), trad. en français par Ferrai (1803) et par Guerbois (1815). - Sa soeur, Johanna Baillie, 1762-1851, a gomposé des poésies (ballades, poèmes, drames), qu'admirait W. Scott.

BAILLON (Emmanuel), naturaliste, mort à Abbeville en 1803, eut une correspondance active avec Buffon, et lui fournit de précieux matériaux : la plupart des oiseaux de mer et de rivière qu'on voit au muséum de Paris ont été préparés par lui.

BAILLOT(Pierre), violoniste, né en 1771 àPassy, mort à Paris en 1842, était fils d'un magistrat mort à Bastia. Orphelin à 12 ans , il intéressa M. de Boucheporn, intendant de la Corse, qui l'envoya étudier à Rome, puis à Paris, où l reçut les leçons de Viotti, et devint son élève favori. Admis dès 1 791 à l'orchestre du théâtre de Monsieur (Opéra-Comique), il y obtint un tel succès qu'il fut, en 1795, appelé comme professeur au Conservatoire. Il fut attaché à la musique de l'empereur, puis à la chapelle du roi. Aussi habile compositeur que bon exécutant, il a publié une grande quantité de morceaux de tout genre qui se distinguent par une composition hardie et originale, et qui ont quelque chose de grave et de mélancolique. On lui doit aussi l'Art du violon, 1835, ouvrage qui a puissamment contribué aux progrès de l'art. Dans l'exécution, Baillot se fai-sait remarquer par un goût pur et sévère plutôt que par l'habileté à vaincre les difficultés.

BAILLOU (Guill. de), médecin français, né à Paris en 1538, mort en 1616, fut un de ceux qtu contribuèrent le plus à ramener la médecine à l'étude des faits. On retrouve dans ses ouvrages, qui se distinguent par d'exactes descriptions, des notions intéressantes sur les maladies épidémiques. Il paraît avoir bien connu le croup. En 1580, il fut élu doyen de la Faculté de Paris; en 1601, Henri IV le nomma premier médecin du dauphin. Ses oeuvres, réunies par les soins de J. Thévart, ont été imprimées sous le titre de : Opera medica omnia, Paris, 1635, 4 vol. in-4, et Genève, 1762.

BAILLY (J. Sylvain), né à Paris en 1736. Son père, qui était peintre et garde des tableaux de Ver-sailles, le destinait à la peinture : Bailly préféra les lettres et les sciences. Il travailla d'abord pour le théâtre, mais, s'étant lié avec Lacaille, il se livra avec ardeur à l'étude de l'astronomie, et mérita bientôt d'être admis à l'Acad émi e des sciences (1763). Il cultivait cependant avec succès la littérature, composait des Éloges, parmi lesquels on remarqua ceux de Leibnitz et de Lacaille (1770), et rédigeait le grand ouvrage auquel il doit surtout sa réputation, l'Histoire de l'astronomie, qui forme trois ouvrages. distincts : Histoire de l'astronomie ancienne, 1775; Histoire de l'astronomie moderne, 1778-83; Histoire de l'astronomie indienne et orientale, 1787. Il avait supposé, dans cet ouvrage, l'existence d'un peuple primitif qui aurait disparu du globe, et' au-quel il faudrait rapporter la plupart des grandes découvertes; cette assertion l'engagea dans de vives disputes et donna naissance aux Lettres sur l'origine des sciences et sur l'Atlantide de Platon, qu'il publia en 1777. Son Histoire de l'astronomie, qui était une œuvre littéraire autant que scientifique, lui ouvrit les portes de l'Académie française (1784) et de celle des inscriptions (1785).A la même époque, il fut chargé par l'Académie des sciences de rédiger deux Rapports importants, l'un sur le Magnétisme animal (V. MESMER), l'autre sur le Projet d'un nouvel Hôtel-Dieu. Lorsque la Révolution éclata, Bailly fut arraché aux lettres, et jeté dans la carrière politique qui devait lui être si funeste. Il jouit pendant quelque temps d'une immense faveur : en 1789, il fut nommé député aux États généraux par les électeurs de Paris; puis il fut élevé à la présidence de cette assemblée; c'est lui qui présida la fameuse séance du Jeu-de-Paume (V. ce nom); il fut nommé maire de Paris le 16 juillet 1789. Mais s'étant vu obligé, après l'arrestation de Louis XVI, de dissiper par la force les rassemblements rui se formaient au champ de Mars pour demander la c.échéance du roi (17 juillet 1791), il perdit tout d'un coup sa popularité. Il se démit alors des fonctions de maire, et quitta la capitale ; mais, reconnu à Melun, il fut amené à Paris et traduit devant le tribunal révolutionnaire qui le condamna à mort. Il fut exécuté le 11 nov. 1793. Comme ses membres glacés par la pluie et le froid étaient agi-tés d'un tremblement involontaire, un de ses bourreaux lui dit : a Tu trembles, Bailly? - Oui, répondit le vieillard avec calme, mais c'est de froid.

Outre les ouvrages de Bailly que nous avons cités, on a publié de lui après sa mort un Essai sur les fables, 1798; des Mémoires d'un témoin de la Révolution, 1804, et un Recueil de pièces intéressantes sur les sciences, 1810. M. Arago a prononcé son Éloge à l'Académie des sciences en 1844.

BAIN, ch.-l. de tant. (Ille-et-Vilaine), à 31 kil. S. de Rennes; 1396 hab.

BAIN (ordre du), institué en 1399 par Henri IV, roi d'Angleterre, fut d'abord conféré à 36 écuyersqui avaient pris le bain de compagnie avec lui, après avoir veillé toute la nuit qui précéda son sacre. Renouvelé par Georges I en 1725, cet ordre fut, en 1815, converti en un ordre pour le mérite militaire. Il comprend 72 grand'croix, 130 commandeurs et un nombre illimité de chevaliers. Les grand'croix portent un ruban rouge avec une médaille en or émaillée où l'on voit un sceptre entre une rose et un chardon au milieu de trois couronnes impériales; la devise est Tria juncta in une. On y admet depuis 1847 des personnages civils.

BAINS, ch: 1. de cant. (Vosges), à 28 kil. S. O. d'Épinal, 2000 hab. Eaux minérales et thermales. Broderie, clouterie, kirschwasser.

BAINS, ch. -h de cant. (Ille-et-Vilaine), à 7 kil. N. de Redon; 257 hab. Sources thermales.

BAINS, dit aussi Fort-les-Bains} Amélie-les-Bains, vge des Pyrénées-Orient., à 31 kil. S. O. de Perpignan: 467 hab. Fortbâti en 1670 par Louis XIV et au pied duquel se trouvent deux sources thermales sulfureuses. Hôpital militaire.

BAYRAM, BAYRAKTAR. V. BEIRAai, BEIRAKTAR. BAIS, ch: 1. de cent. (Mayenne), à 20 kid. E. S. E. de Mayenne, sur l'Aron; 780 hab.

BAYSE ou BAYSE (la), ria de France, naît dans les landes de Lannemezan (H: Pyrénées), passe à Trie, Mirande, Valence, Condom, Nérac; reçoit la Bai-selle, la Baïse-Devant, la Gelize, et se perd dans la Garonne, près de St-Léger ,après un cours de 160 kil.

BAIUS ou DE BAY (Michel), né à Melin, dans le Hainaut, en 1513, mort en 1589, professa l'Écriture sainte à Louvain, y devint chancelier de l'Université, et remplit en outre l'office d'inquisiteur général des Pays-Bas. Précurseur de Jansénius, il se montra peu favorable à la liberté de l'homme, et se rencontra sur plusieurs points avec Calvin. L'Université de Lou-vain lui défendit d'enseigner; la Sorbonne le censura en 1560, et Pie VI en 1567, condamna comme hérétiques 76 propositions tirées de ses ouvrages. Balue Conserva cependant de nombreux partisans. Ses oeuvres ont été imprimées à Cologne, 1696. Duchesne a écrit l'Hist. du Baianisme , 1731.

BAJA, v. de Hongrie (Bacs), près du Danube, à 45 kil. N. de Zombor; 14 000 hab. Siége des autorités du comitat; gymnase, beau château.

BAJAZET I, surnommé Ilderim, c. -à-d. l'Éclair ou la Foudre, sultan turc, fils et successeur d'Amurat se fit proclamer à la mort de son père en 1389, et fit aussitôt étrangler son frère atné, qui voulait lui disputer le trône. Il fit de grandes conquêtes, en-leva aux empereurs chrétiens la Bulgarie, la Macédoine et la Thessalie (1391-93), subjugua la plupart des princes de l'Asie-Mineure; puis, de retour en Europe, tailla en pièces, près ie Nicopolis sur le Danube, une armée de croisés hongrois, polonais et français (1396). Enhardi par ces succès, il assiégea Constantinople, et força l'empereur Manuel à lui payer un tribut. Mais il fut arrêté dans ses succès par Tamerlan, qui envahit ses États, le défit à la bataille d'Ancyre (1402), et le fit prisonnier. On dit que Tamerlan lui fit subir toutes sortes d'humiliations : il se servait de son corps comme de marche-pied pour monter à cheval, le forçait à se tenir sous sa ta-lite pendant les repas et à ne se nourrir que des morceaux qui tombaient à terre • enfin il l'aurait enfermé dans une cage de fer, où le malheureux prince se serait tué en se frappant contre les barreaux. Suivant des récits plus vraisemblables, le conquérant tartare le traita au contraire avec égard, et Bajazet mourut dans son camp, frappé d'apoplexie, après huit mois de captivité.

BAJAZET II sultan, fils de Mahomet II succéda à son père en 1481, chassa de ses États son frère Zizim qui lui disputait la couronne, et le poursuivit jusque dans les cours des princes européens (V. ziziai). Il attaqua les Mamelouks d'Égypte, mais sans pouvoir les détruire. Plus heureux en Europe, il battit les Moldaves et soumit la Bosnie et la Croatie. Après 30 ans de règne, il fut forcé d'abdiquer. Il voulait placer sur le trône Achmet, son fils adné; mais Sélim, son 2' fils, s'empara de la couronne et l'empoisonna (1512).

BAJAZET, fils de Soliman I et de Roxelane. Jalouxde son frère Sélim (Sélim II), que Soliman avait désigné pour lui succéder, il arma contre ce prince du vivant même de leur père. Vaincu près d'Ico-= nium il se réfugia chez le roi de Perse; mais celui-ci le fit jeter en prison, et le livra aux bourreaux-envoyés par Soliman pour le mettre à mort : il fiitaussitôt étranglé (1559). -

BAJAZET, fils d'Achmet I, et frère d'Amurat IV.-Amurat, jaloux de ce prince, qui annonçait de belles qualités, le fit mettre à mort (1635), malgré les supplications de la sultane Kiosem, leur mère commune. Bajazet vendit chèrement sa vie et tua quatre de ses assassins. La mort de ce peine a fourni à-Racine l'idée d'une de ses plus belles tragédies.

BAJOCASSES, peuple de la Gaule (Lyonnaise 2.% habitait le long de la Manche à 1'0. des Lexovii, à l'E. des Unelli, et avait pour ch.-l. Bajocasses, dite aussi Aregenus, ou plutôt Augustodurus, aul. Bayeux. BAKEL, poste de notre colonie du Sénégal (arr. de St-Louis), sur la r. g. du Sénégal, à 500 kid. de - son emb., età 700 kil. de St-Louis. Gomme, cuir, or.

BAKER (Richard), historien anglais, né en 1568 dans le comté de Kent, mort en 1645, ft sous Jacques I, grand shériff du comté d'Oxford. S'étant ruiné pour aider la famille de sa femme, il fut en-fermé pendant ses dernières années en prison comme débiteur insolvable. Il rédigea dans sa prison une Chronique des rois d’Angleterre, depuis le gouverne-ment des Romains jusqu'à la mort du roi Jacques, qui parut en 1641, et qui eut un grand succès.

BAKER (Henri), naturaliste anglais, membre de la Société royale et de celle des_ antiquaires, né au commencement du xviil° siècle mort en 1774, -s'est occupé avec succès de recherches microscopiques, et a publié le Microscope mis d la poilée de tout le monde, trad. en français par le P. Pezenas,1754.

BAKHTC SÉRAI, c. -à-d. le Palais des Jardins, v. de Crimée, à 26 kil. S. O. de Simférbpol, à 30 kil. N. de Sébastopol; 14000 hab. Bains, mosquées. Capitale dés anciens khans de Crimée.

BAKOU, v. de la Russie d'Asie (Chirvan, surla côte O. de la mer Caspienne, dans la presqu'lle d'Apchéron; env. 5000 hab. Place forte de première classe; port, le meilleur (Se la mer Caspienne. Quelques monuments; palais du chah; bâti par Abbas ii; grand bazar, caravansérail, église arménienne. Commerce considérable avec Astrakhan; huile do naphte, etc. Aux environs de Bakou se trouvent des marais d'où s'exhalent des gaz qui s'enflamment au contact de l'air, ce qui a fait de cette ville un lieu saint pour les Guèbres, - Bakou fut jadis le ch.-1. d'un petit khanat indépendant, qui devint ensuite vassal de la Perse. Celle-ci le céda aux Russes en,1723, se le fit rendre en 1735, et se le vit de nouveau ravir en 1801: la possession en fut confirmée à la Russie en 1813 avec le reste du Chirvan.

BAKOWA, v. de Moldavie, sur la Bistritz, à 80 k. S. O. d'Iassy. Évêché catholique. Ville très-déchue.. BALA v. de la pté de Galles, ch.-h- du comté de Merionetii, à 288 kid. N. 0. de Londres; 2000 hab. BALA (Alexandre), V. ALERANnRE.

BALAAM, faux prophète de Péthor en Mésopotamie, fut mandé par Balac, roi des Moabites, pour maudire les Israélites, qui, après avôir traversé le désert, venaient envahir ses Etats. Penidant qu'il se rendait près de ce prince, un ange armé d'une épée nue s'offrit aux yeux de l'ânesse qui le portait; celle-ci s'arrêta tout à coup, et, comme Balaam la frappait, l'animal, miraculeusement doué de la _ parole, lui reprocha sa cruauté; en même temps, le devin apercut un ange qui lui défendit, au nom du Seigneur, de maudire les Israélites. Balaam, en 4%t, n'osa proférer des imprécations; tout au contraire, il bénit le peuple de Dieu, malgré les instances et la colère de Balac (Nombres c. xxii-xxre). On place cet événement vers l'an 1489 av. J: C.

BALACLA`VA(c.-à-d.Belle-clef), la Symbolon des Grecs, v. et port de Grimée, sur la côte méridionale, à 15 kil. S. de Sébastopol, près de l'ancien cap Par-a thénion, où l'on place l'autel de la Diane taurique; env. 2000 hab., presque tous Grecs. Port excellent, mais sans commerce. Ancienne colonie grecque, occupée au moyen âge par les Génois et alors no m rissante. Les Anglais s'y établirent en 1854 et y repoussèrent, le 25 octobre, une attaque des Russes.

BALADE, nom indigène de la Nouvelle-Calédonie, a été conservé par nous pour le principal port de Pile, situé à l'extrémité N. E. Cook séjourna dans ce port en 1774. V. CALÉDONIE (Noue.-).

BALAGHAT (c.-à-d. au delà des Chattes), prov. de l'Inde anglaise, presque au centre de la presqu'île, entre les prov. d'Haïderabad, des Circars septentrionaux, de Salem, de Maïssour, de Kanara, de Bedjapour, fait partie du haut plateau du Décan; env. 2200000 hab; tapit., Bellary. Rivières : la Kistnah, la Toumbedra, le Pennar, le Tchiouravati. Sol très à fertile, vastes forêts; diamants, cuivre, salpêtre. - Après la chute de l'empire de Delhi, le Balaghat fut conquis vers 1780 par Haïder. Acquis en 1792 par le Nizam, il fut cédé par lui en 1800 aux Anglais. Il fait partie de la présidence de Madras.

B4LAGUER,Bergusium, v. forte d'Espagne (Bar i celone), sur la Sègre, à 22 kil. N. E. de Lérida; 6000 hab. Prise en 1709 par les Impériaux, reprise en 1710 par le duc de Vendôme.

BALAMBANGAN , petite lle au N. de Bornéo, a 24 k. de long sur 5 de large; inhabitée. Port sûr. Les Anglais ont vainement tenté de s'y établir en 1774 et 1803.

BALARUC, vge de France (Hérault), sur l'étang de Thau, à 26 kil. S O. de Montpellier; 600 hab. Eaux thermales sulfureuses renommées pour les ma-ladies chroniques et les obstructions.

BALASORE, v. maritime de l'Inde (Orissa), ch.-1. du district de même nom, sur le Bouri-Bellane, à 200 kil. S. O. de Calcutta; 12000 hab. Elle appartient aux Anglais depuis 1803.

BALATON, en ail. Platten-see, lac de la Hongrie, par 46° et 47° lat. N., s'étend dans les comitats de Schumeg, Szalad et Veszprim, et a 75 kil. de long sur 8 de large. Il reçoit les eaux de 9 rivières et communique avec le Danube par le Sio.

BALBATRE (Claude-Louis), organiste, né à Dijon en 1729, mort à Paris en 1799, était élève de Rameau. Il tint tour à tour l'orgue à St-Roch et à Notre-Dame de Paris, attirant constamment la foule. C'est lui qui substitua le forte-piano au clavecin.

BALBEK, Heliopolis (c.-à-d. Cité du soleil), ville de Syrie (Acre), près de l'Anti-Liban, à 65 kil. N. O. de Damas, par 34° 2' long. E., 33° 58' lat. N. Sa population, qui était encore de 5000 hab. en 1751, n'est plus guère auj. que de 200.Onyvoit de superbes ruines, les plus belles de cette contrée après celles de Palmyre, notamment les restes du temple du Soleil auquel la ville devait son nom. Ce temple immense avait été construit sous Antonin le Pieux; Constantin en fit une église. - Balbek fut prise par Abou-Obéidah lieutenant d'Omar, puis par Tamerlan (1401) ; elle fut presque détruite par un tremble-ment de terre en 1759. Elle est auj. habitée par des Moutoualis, montagnards farouches et pillards.

BALBES, famille puissante de Chieri. V. Calmi.

B1LBI (Jérôme), littérateur vénitien, né vers 1450, mort en 1535, enseigna les lettres et le droit à Paris (1485), puis à Vienne et à Prague, prit l'habit ecclésiastique en Hongrie, fut chargé par le loi Ladislas de l'éducation de ses enfants, et devint évêque de Carinthie. On a de lui : De rebus Turcicis, Home, 1526, et des opuscules poétiques et orata"'os

BALBI (Adrien) , géographe, né à Venise en 1182, mort à Vienne en 1848, était fils du gouverneur de l'lle de Veglia. Sa famille ayant été ruinée par la révolution de 1197, il se livra à l'enseignement, et fut successivement professeur de géographie à San-Michele de Murano près de Venise, et de physique au lycée de Fermo. Il vint en 1821 à Paris pour y publier d'importants travaux préparés dès longtemps, et y fit paraître en 1826 un Atlas ethnographique du globe, in-fol., ouvrage original, où les peuples étaient classés d'après leurs langues, et en 1832 un Abrégé de Géographie, gr. in-8, qui se fit remarquer par la nouveauté du plan, l'abondance et l'exactitude des renseignements, et qui devint bientôt classique : il y fonde l'étude de la géographie sur la distinction des bassins. Le gouvernement autrichien l'appela alors à Vienne avec le titre de conseiller pour la géographie et la statistique. Balbi a donné en outre sous forme de tableaux synoptiques : Tableau politico-statistique de l'Europe en 1820; Balance politique du globe, 1828; la Monarchie française, 1828; l'Empire russe, 1829; l'Empire britannique, 1830.

BALBIN, Decimus Claudius Balbinus, empereur romain. Il était d'abord sénateur, et fut choisi en 237 par ses collègues, conjointement avec Maxime Pupien , pour combattre le féroce Maximin. Ils gouvernèrent avec assez de sagesse, mais ils furent massacrés après un règne de quelques mois par les prétoriens, qui ne voulaient pas reconnaître des empereurs qu'ils n'avaient pas faits eux-mêmes. Ils furent remplacés par le jeune Gordien.

BALBOA (Vasco NuNEZ de), vaillant officier espagnol, né en 1475 , d'une famille noble , mais pauvre , fit quelques conquêtes en Amérique sur les côtes du golfe de Darien, traversa le premier l'isthme de Panama, découvrit en 1513 l'Océan Pacifique (golfe St-Michel), et eut le premier con-naissance du Pérou. Il allait partir sur quelques vaisseaux équipés par lui, pour reconnaître cette riche contrée, lorsqu'il fut accusé d'insubordination par le gouverneur Pedrarias, jaloux de ses succès, et eut la tête tranchée (1517).

BALBUS (L. Cornelius), natif de Gadès en Espagne, mérita par ses services le titre de citoyen ro-main devint consul en 40 av. J -C., et fit en 21 une expédition contre les Garamantes. Le titre de citoyen romain lui ayant été contesté, Cicéron prononça eu sa faveur un discours que nous possédons encore.

BALCLUTIIA, nom gaélique d'une ville antique qu'on croit être Dumbarton et qui fut autrefois llorissante. Ossian pleure la ruine de cette ville.

BALDE ou BALDI (Bernardin), abbé de Guastalla, savant italien, né à Urbin en 1553, mort en 1617, cultiva avec succès les sciences et es lettres. On a de lui un poème italien sur la Navigation (1590), des trad. de Quintus Calaber et de Héron, des Commentaires sur Vitruve (1612), et sur les Problèmes de mécanique d'Aristote (1621). - BALDE (Jacques), jésuite et poète latin, né en 1603 à Ensisheim (Alsace), mort en 1668, vécut à la cour de Bavière Il s'exerça avec tant de succès dans le genre lyrique qu'on l'appela l'Horace de l'Allemagne. Un de ses poèmes, en vers élégiaques, intitulé Uraniavictrix, plut tellement à Alexandre VII que ce pape lui fit présent d'une médaille d'or. Ses OEuvres ont été imprimées à Munich, 1729, en 8 vol. in-8. Orelli en a donné un choix en un vol. Zurich, 1805.

BALDE DE UBALDis (Pierre), jurisconsulte, né à Pérouse en 1324, mort en 1400, professa le droit à Pérouse, puis à Padoue et à Pavie, et devint le rival de Barthole, dont il avait été l'élève. Ses OEuvres for-ment 3 vol. in-fol. Elles ne répondent pas à sa réputation.

BALDER héros scandinave, fils d'Odin et de Frigga , est l'Apollon du Nord. Il préside àl'éloquence, et est en même temps le génie de la paix, de la piété et de la modération. Il mourut percé d'un javelot lancé dans un tournoi par Hoder, dieu du hasard.

BALDERIC , chroniqueur, né à Meung-sur-Loire vers 1060, mort en 1130, fut abbé de Bourgueil, puis évêque de Dol , en 1107. Il a donné, sous le titre de historia Hierosolymitana, l'histoire de la première croisade (1095-99), publiée dans le recueil de Bongars, et la Vie de Robert d'Arbrissel (dans le recueil de Bolland). - Un autre Balderic, mort vers 1100, a composé une Chronique de Cambrai depuis Clovis jusqu'à l'an 1090, publiée à Douai en 1834, et trad. en franç. par Faverol et Petit, Valenciennes,1836. BALDI. Y. BALDE.

BALDLNL'CCI (Philippe), écrivain italien, né à Florence en 1624, mort en 1696, a composé Notizie de' proressori del disegno, de 1260 à 1670, Florence, 1681-1728, et une Histoire de la gravure, 1686, ouvrage fort utile pour l'histoire de l'art.

BALDO' (mont), montagne de la Vénétie, au N. E. du lac de Garda, s'étend sur une longueur de 35 kil. entre le lac et l'Adige. Il a 220m de hauteur.

BALS, Basel en allemand, Basilea en latin moderne, v. de Suisse, ch: 1. du cant de Bâle-Ville, sur le Rhin (qui la coupe en Grand et Petit Bâle); 27 300 hab. Belle église du Munster, hôtel de ville, remparts. Evéché, université, fondée en 1459 (la seule de la Suisse jusqu'en 1833), bibliothèque ; collection de médailles, etc. Soieries, imprimeries d'indiennes. Tête de plusieurs chemins de fer. Cette ville est le grand entrepôt du commerce entre l'Allemagne , la Suisse et la France. Sont nés à Bâle : les Bernoulli, Euler, Holbein, etc. Erasme y mourut.-Bâle a. pour origine une forteresse bâtie par l'emp. Valendùlen; elle fut dès le v° s. le siége d'un évêché qui devint fort puissant et qui auj. n'existe plus que nominalement, l'évêque résidant à Soleure. Elle était ville impériale quand elle se réunit à la ligue helvétique en 1501. Il s'y tint de 1431 à 1443 un célébré concile pour la réforme du clergé et la réunion des Grecs; en 1438, il s'éleva un conflit entre ce concile et le pape Eugène IV, qui transféra l'assemblée à Ferrare; plusieurs prélats, restés à Bâle, élurent un antipape, Félix V. Ce concile n'est reçu de l'Église que jusqu'à la 26° session, où commencé le schisme. -Plusieurs traités célèbres furent signés à Bâle : le 1", en 1499, entré Maximilien I et les Suisses, mit fin à la guerre des Suisses avec la Confédération souabe; le 2°, le 5 avril 1795, entre la République française et la Prusse, détacha ce pays de la coalition contre la Frande ; le 3°, le 22 juillet 1795, entre la France et l'Espagne, rendait à l'Espagne la frontière des Pyrénées et nous assurait sa part de St-Domingue.

BILE (Canton de), 11* cant. suisse, entre les cant. de Berne à l'0., d'Argovie à l'E., de Soleure au S., et le grand-duché de Bade au N. • 77 600 hab. (dont 4000 Catholiques); tapit., Bâle. On y parle surtout allemand. - Ce canton fut admis dans la Confédération en 1501. A la suite d'une guerre civile qui éclata en 1831 entre les habitants de la ville et ceux de la campagne, le canton fut divisé, en 1833, en deux Etats indépendants, Bâle intérieur ou Belle-Ville, et Bile extérieur ou Belle-Campagne, ayant chacun une demi-voix à la Diète ; Bâle-Campagne eut pair ch: 1: Liestal. Gouvt représentatif : le grand conseil de Bâle-Ville se compose de 119 membres et le petit de 15 ; le landrath de Bâle-Campagne compte 50 membres et le pouvoir exécutif 5.

BILE (évêché de), État d'Europe avant 1801, comprenait des pays vassauxdel'emp. germanique et une portion indépendante, alliée des 7 cent. catholiques suisses. Celle-ci se composait des villes de Bienne et Neuveville, des seigneuries d'Erguel etd'Illfingen et du Tessenberg; l'autre partie, incorporée au cercle du Haut-Rhin, avait pour places principales Porentruy, Delemont, Lauffen. Les évêques de Bâle, créés princes par Charlemagne, furent reconnus princes de l'Empire par la Bulle d'or (1356). Cet évêché a été sécularisé par la paix de Lunéville (1801), et presque tout son territoire cédé au cant. de Berne en 1815.

BALE (J.), Baleus, théologien anglais, né en 1495, mort en 1563, quitta la religion catholique pour embrasser la Réforme, ce qui l'exposa à être inquiété sous le règne de Marie et le força à s'exiler. Il revint en Angleterre à 1lavénementd'Élisabeth et fut pourvu d'un canonicat. On a de lui tin Sommaire des écrivains de la Grande-Bretagne, en latin, 1549, et des pièces de théâtre tirées de sujets sacrés, en anglais, 1538.

BALÉARES (Iles), dans la Méditerranée, prés des - côtes orientales d'Espagne, à 100 kil. E. de Valence, par 39°-40° lat. N., et 0°-2° long., E., appartiennent à l'Espagne; elles forment la capitainerie - générale des Baléares et l'intendance do Palma, On en compte deux grandes, Majorque et Minorque (appelées par les anciens Gymnesix insulx, fies des - hommes nus); et trois petites, Iviça, Formentera, Cabrera (Pityus,e insulx, îles des Pins); 264 000 h. La capit: du groupe est Palma. Sol très-fertile : blé, huile, fruits et vins exquis, lin, chanvre, etc.; di- - mat sain et tempéré. Pêche et navigation actives. Les habitants paséaient dans l'antiquité pour lés meilleurs archers qui fussent connus : delà, dit-oit, leur nom de Baléares (du mot grec ballô, lancer). Colonisées par les Rhodiens, ces îles furent soumises par les Carthaginois dès le vin* siècle av. J.-C., puis par les Romains (123 av. 1.-Ç.).Vers425 de notre ère, elles devinrent la proie des Vandales; depuis elles pas- - sèrent successivement sous la domination ces Goths, des Arabes, de Charlemagne (190), des Zéirites, des Almoravides, et enfin sous celle de Jayme I, roi d'Ara-gon (1229). Sous les successeurs de ce dernier, elles appartinrent tantôt aux monarques aragonais, tantôt à des princes de leur sang. Charles-Quint les réunit définitivement à la couronne d'Espagne. V. me JORQUE, MINORQUe, etc.

BALECHOU (J. J.), graveur français, né à Arles en 1715, mort à Avignon en 1765, avait été reçu à l'Académie de peinture; mais ayant Soustrait et vendu à son profit plusieurs épreuves dé la gravure du portrait d'Auguste de Saxe, roi de Pologne, il se vit rayer de la liste des membres de l'Académie Ses principales gravures sont, outre le portrait du roi Auguste, les Baigneuses, le Calme, la Tempéte, d'après Vernet, et une Ste Geneviève, d'après Carle Vanloo. Sa manière est brillante et a de la vigueur.

BALFROUCII, v. de Perse (Mazanderan), sur le Ba-bol, près de son emb. dans la mer Caspienne, à 137 kil. N. E. de Téhéran, par 52° 40' long. E., 35. 36' lat. N.; environ 200 000 hab. C'est une des villes les plus florissantes de tout l'empire (aussi grande qu'Ispahan). Bazar, collége. Grand com-• merce. Mauvaise rade sur la mer Caspienne.

BALGUY (Jean), théologien anglican, né à Shefneld, en 1686, mort en 1748, a publié : Lettres à un déiste sur les vertusmorales, 1726; Fondement de la bonté morale ou Recherche de l'origine de nos idées sur la vertu, 1728; Des perfections morales de Dieu, particulièrement en ce qui est relatif à le création et àla Providence, 1730; et des Sermons estimés.

BALI, langue orientale Y. PÂLI.

BALI dite aussi Petite Java, une des ,les de la Sonde, â 7 kil. E. de Java, dont elle est séparée par le détroit de Bali; 120 kil. sur 70 env.; 800 000 h Les Hollandais y dominent.

BALI-BISSER, v. dAnatolie, à100 kil. N. N. E. de Smyrne; env. 4000-maisons. Foire importante, qui fait de cette ville le Beaucaire du Levant:

BALIOL ou BAILLEuL (Jean) , prince écossais. Après la mort d'Alexandre III, un grand nombre de compétiteurs, au nombre desquels étaient J. Baliol et R. Bruce, se disputant la couronne, on s'en remit au choix d'Édouard I, roi d'Angleterre, qui décida en faveur de Baliol, comme étant le plus proche parent par les femmes du dernier roi d'Écosse (1291). Celui-ci fut d'abord l'instrument docile des volontés d'Édouard; mais, s'étant ensuite brouillé avec ce prince et s'étant allié avec la France, il vit envahir ses États, fut battu, pris à Dunbar, et forcé d'abdiquer (1296). Édouard, ne craignant rien d'un prince si faible, lui rendit la liberté et l'envoya passer le reste de ses jours en Normandie. Il y mourut en 1305. - Son fils, Édouard Baliol, revint en Écosse 35 ans plus tard, à l'instigation et avec les secours d'Édouard III, battit David Bruce, qui s'était emparé du pouvoir, et livre son malheureux pays au monarque anglais (1332). Après un règne ignominieux, il abdiqua en 1356. Il mourut en 1363, à Doncaster.

BALIZE ou BELIZE, V. et port de l'Yucatan, anc. Ach.-I. de la colonie anglaise de Honduras, à l'emb. Ide la Balize, dans la baie de Honduras; env. 3000 h. Centre du commerce anglais avec le Guatemala. Occupée par les Anglais depuis 1783; abandonnée par eux en 1860.

s_ BALKAN (monts) ou EMINEII-DAGH,Hæmus, chalne =de montagnes de la Turquie d'Europe, se lie vers -l'0. aux Alpes par les monts Dinariques, s'étend jus-qu'à la mer Noire et sépare la Bulgarie, la Servie et la Bosnie, de l'ancienne Thrace, c.-à-d. de l'Albanie et de la Roumélie actuelles. Ces montagnes sont le boulevard de Constantinople du côté de la Russie. Ce-pendant les Russes les ont plusieurs fois franchies, notamment en 1828, sous la conduite du général Diebitsch, qui reçut de là le titre de Zabalkansky.

BALKII, Bactra ou Zariaspa, v. du Turkestan in-il dépendant, tapit. du khanat de même nom, par 63° 42 long. E., 36° 28' lat. N., sur le Hask; 10 000 h. Il s'y fait assez de commerce, surtout en soieries. Les Orientaux la croient la première ville qui ait existé. Prise en 1221 par Gengis-Khan en 1369 par Tamer-Ian. - Le khanat, entre ceux de Boukhara au N., de Hérat à l'0., était jadis puissant : il compte encore 300000 hab. environ. Les villes principales, après Balkh, sont : Klioundouz, Khouloum, Goréi, Talikan.

BALL (Jean), prêtre anglais, disciple de Wiclef, s'associa à Wat-Tyler, attira un grand nombre de sectateurs en prêchant contre les riches et les grands, et marcha sur Londres à leur tète. Arrêté et mis en prison, il fut délivré par ses partisans, vint avec eux assiéger le roi Richard II dans la tour de Londres et le força à livrer à la multitude l'archevêque de Cantorbéry et plusieurs grands officiers, qui furent aussitôt massacrés. Il fut repris et exécuté en 1381.

BALLANCIHE (Pierre-Simon), écrivain né à Lyon en 1776, mort en 1847, était d'une famille d'imprimeurs, et dirigea quelque temps lui-même une imprimerie. Il renonça dès 1813 aux affaires, afin de se livrer aux lettres, visita l'Italie, et vint vers 1824 se fixer à Paris, où ses écrits, d'un genre tout nouveau, ne furent d'abord appréciés que de quelques esprits d'élite. Il n'en fut pas moins reçu à l'Académie française (1844). Tous ses travaux se rattachent à une seule et même pensée, l'histoire des destinées du genre humain et la rénovation sociale. Vouées, selon lui, à des périodes alternatives de destruction et de régénération, les sociétés accomplissent une sorte d'épopée cyclique, qu'il entreprit de raconter; il espérait concilier le dogme religieux de la chute et de la réhabilitation de l'homme avec le dogme philosophique de la perfectibilité humaine. Le grand ouvrage qu'il méditait devait s'intituler la Palingénésie sociale. Antigone, Orphée, la Vision d'Hébal, la Ville des expiations, l'Homme sans nom, le Vieil-lard et le Jeune homme, sortes de poèmes philosophiques qu'il composa successivement, en sont des épisodes; les Essais de Palingénésie sociale, qui parurent en 1827 (en tête d'Orphée), en sont l'introduction. Il exposa des opinions moins chimériques dans ses Institutions socie,les (1828). Ses idées, exprimées dans un style noble, mais présentées sous une forme symbolique et poétique qui ne permet pas toujours de les bien saisir, sont empreintes d'un mysticisme qui leur ôte toute valeur scientifique. Ses OEuvres ont été réunies par lui-même en 1830, 4 vol. in-8, et en 1832, 6 vol. in-8. M. Alexis de St-Priest, son successeur à l'Académie, l'a fort bien apprécié dans son discours de réception.

BALLARAT, lieu de l'Australie prov. de Victoria, où l'on a découvert, en 1851, la plus riche mine d'or de la contrée.

BALLENSTADT , v. du duché d'Anhalt-Bernbourg, sur le Getel, à 25 kil. S. O. d'Halberstadt; 4000 hab. Les comtes d'Aschersleben se nommaient plus communément comtes de Ballenst.adt. Un d'eux, Albert l'Ours, est le 1" margrave de Brandebourg qui ait été vassal immédiat de l'Empire (1134-1142); ce prince fit faire les plus grands pas à la puissance de la maison ascanienne, qui règne encore aujourd'hui en Saxe et dans l'Anhalt.

BALLEROY, ch.-l. de cant. (Calvados), à 33. kil. 0. de Caen; 1089 hab. Dentelles, blondes de soie. BALLESTEROS (Francisco) , général espagnol, né à Saragosse en 1770, se distingua pendant l'invasion française et défendit l'Andalousie contre Soult et Mortier; mais quand le commandement général des armées espagnoles fut confié en 1812 au duc de Wellington, il refusa d'obéir à un étranger, et fut exilé. Lorsque Ferdinand rentra en Espagne (1815), Ballesteros fut chargé du ministère de la guerre, mais il ne le conserva quun an. En 1823, après l'entrée des Français en Espagne, Ballesteros commanda les troupes de l'armée constitutionnelle destinées à défendre la Navarre et l'Aragon; mais il capitula bientôt avec le duc d'Angoulême. Accusé par tous les partis, il se retira en France, où il mourut en 1832, obscur et oublié.

BALLISTE, l'un des trente tyrans qui prirent la pourpre sous Gallien, avait rendu de grands servi-ces sous Valérien et avait battu le roi des Perses, Sapor. A la mort de l'usurpateur Macrien, il se fit pro-clamer empereur en Orient à Emèse; mais il périt bientôt assassiné par un soldat, l'an 264.

BALLON, ch.-I. de cant. (Sarthe), sur l'Orne, à 25 kil. N. du Mans; 884 hab.

BALLON (le), montagne des Vosges, ainsi nommée à cause de sa forme arrondie Y. vosoas.

BALME ou BAUME, mot qui, en vieux français, veut dire grotte, a désigné plusieurs localités remarquables par leurs grottes, notamment un vge de l'Isère, à 17 kil. N. E. de Crémieu, près du Rhône, mi sé trouve une vaste grotte jadis comptée parmi les sept merveilles du Dauphiné. V. BAUME

BALME (col de), passage de la branche des Alpes qui forme la limite de la Savoie et du B.-Valais. L'Arve y prend sa source. Superbe vue, qui embrasse la vallée de Chamouny, une Darde de la Valorsine et les Alpes Bernoises.

BALMES (Jacques), écrivain religieux espagnol, né en 1810 à Vich en Catalogne, m. en 1848, était prêtre. 11 enseigna quelque temps au collège de Vich, fut exilé pour opinions politiques sous la réàence d'Espartero, vint à Madrid en 1844, et y fonda le Pensiamento de la Nation, journal monarchique et religieux. On a de lui, outre plusieurs ouvrages de circonstance, la Philosophie fondamentale, 1846, le Protestantisme comparé au Catholicisme, 1848, l'Art d'arriver au vrai, traduit par M. Manec en 1852. M. A. de Blanchemain a publié T. Balmès, sa vie et ses ouvrages, Paris, 1850.

BALTADJI, c.-à-d. porteur de hache à fendre le bois, nom des employés inférieurs du sérail : portiers, jardiniers, portefaix, cuisiniers, bouchers, etc

BALTA-LIMAN, anse et port de la Turquie d'Europe, sur le Bosphore, et près de Constantinople. Il y fut signé le 30 avril 1849, entre la Russie et la Turquie, une convention relative aux principautés danubiennes qui autorisait la Russie à y laisser une armée d'occupation de 10 000 hommes.

BALTARD (L. Pierre), architecte et graveur, né en 1764 à Paris, mort en 1846, manifesta de bonne heure d'heureuses dispositions pour le dessin, fut remarqué parle baron de Breteuil, ministre delamaison du roi, qui lui procura les moyens de visiter l'Italie, fut rappelé en France parla Révolution, s'enrôla, fut adjoint au génie militaire, et devint successivement professeur d'architecture à l'Ecole polytechnique à l'Ecole des beaux-arts, architecte du Panthéon et des prisons, membre des conseils des bâtiments et des travaux publics. On lui doit plusieurs constructions monumentales (Palais de justice à Lyon, Chers pelles de St-Lazare et de Ste-Pélagie à Paris etc.). En outre' il a gravé, avec un talent qui l'égale à Yi ranesi, une foule de planches soit au burin, soit à l'eau-forte ou à l'aqua-tinta, notamment des Vues des monuments de Rome (1801); les planches du Voyage en Égypte de Denon (1802); Paris et ses monuments (1803); la Colonne de la Grande armée (1810), les planches du Voyage en Espagne d'Al. de La Borde, du Voyage à Thèbes de Caillaud, des Antiquités de la Nubie de Gan, et les Grands prix d'architecture, collection continuée par son fils. -Celui-ci, M. Victor B., 1805-1874, a été membre de l'Institut, e, a construit les Halles-Centrales de Paris.

BALTCHIB:, petite v. de la Turquie d'Europe (Roumélie), à 24 kil. N. E . de Varna. Près de là était Tomi, célèbre par l'exil d'Ovide.

BALTES, c.-à-d. Hardis, famille illustre chez les Visigoths, était en possession de leur fournir des rois, comme les Amales en fournissaient aux Ostrogoths. Selon quelques auteurs, les Baltes se sont perpétués en Septimanie, puis en Languedoc sous le nom corrompu de Baux. Les seigneurs de Baux, près d'Arles, étaient indépendants des comtes de Provence et prétendaient descendre des ana. Baltes.

BALTHAZAR, dernier roi de Babylone (554-538 avant J.-C.), se livra à la mollesse et laissa le gouvernement à sa mère Nitocris. Ayant profané dans un festin les vases sacrés enlevés au temple de Jérusalem, il vit aussitôt tracer sur la muraille muraille, par une main inconnue, ces trois mots mystérieux : Manè, Thécel, Pharès. Daniel, appelé pour les expliquer, lui apprit qu'ils annonçaient sa punition prochaine et sa mort (V. Daniel, chap. v). En effet, dans la nuit mème du festin, Cyrus, contre lequel Balthazar avait excité Crésus, s'introduisit dans Babylone, et Balthazar fut massacré. Hérodote donne à ce prince le nom de Labynetus, et Bérose celui de Nabonid ou Nabonadius.

BALTIA, nom ancien de la Scandinavie, lui fut donné, soit à cause des Baltes, la plus noble des tribus gothiques, soit plutôt à cause des Belts ou détroits qui sont fort nombreux entre la péninsule scandinave et le Danemark. Ce monosyllabe balt se retrouve encore auj. dans le nom même de la mer Baltique.

BALTIIIIORE, petit port d'Irlande (Cork), à 73 kif. S. 0. de Cork; 1000 hab. C'est un seigneur originaire de cette ville, lord Calvert, comte de Baltimore, qui colonisa le Maryland. On a par reconnaissance donné son nom à la Baltimore des États-Unis.

BALTIMORE, v. des États-Unis, dans le Maryland, sur le Patapsco, près de son emb. dans la baie de Chesapeak, à 58 kil. N. O. de Washington, avec un port vaste et commode; sa pop., qui en 1792 était à peine de 13 000 hab., dépasse auj. 200 000. C'est la 3° ville des États-Unis et l'un des ports les plus commerçants du monde. On y fait surtout un grand commerce de farine et de tabac. Archevêché catholique duquel relèvent tous les évêchés des États-Unis évêché anglican , université (depuis 1812); collage de Ste-Marie; riche bibliothèque, nombreux établissements d'instruction; chemins de fer. -Baltimore fut fondée en 1729; elle joua un grand rôle dans la guerre de l'indépendance : elle fut attaquée en 1814 par les Anglais, qui furent repoussés : un monument, dit Battle monument, fut érigé en mémoire de ce succès. Un concile catholique fut tenu en 1831 à Baltimore.

BALTIMORE (le comte de). V. cALVERT.

BALTIQUE (mer), Codanus sinus, vaste golfe de la mer du Nord auquel l'unissent le Cattégat et les 3 détroits dits le Sund, le Grand Belt et le Petit Belt, a pour limites au N. la Botnie, au S. le Mecklembourg et les États prussiens, à l'O. la Suède, à l'E. la Russie. On la distingue en Baltique propre-ment dite au S. golfe de Botnie au N., golfe de Finlande à l'E; dans la Baltique propre est le golfe de Livonie. L'Oder, la Vistule, le Niémen, la Dwina méridionale se jettent dans la mer Baltique propre-ment dite. Grande pêche du hareng; ambre sur les côtes de Prusse et de Courlande. - La partie de cettemer comprise entre la Suède et le Danemark gela tout entière en 1333, 1423 et 1670.

BALTUS (J. François), savant jésuite, né à Metz en 1667, professa les belles-lettres à Dijon et la théologie à Strasbourg, dirigea plusleùrs colléges et m. à Reims en 1743, bibliothécaire ducollégedé - cette ville. Il est principalement connu par une -Réponse à l'Histoire des oracles de Fontenelle, Strasb., 1708, 2 vol. in-8; il soutient dans cet ouvrage que les oracles sont ,'oeuvre du démon et non de la fraude des prêtres païens. On a aussi de lui : Défense des saints Pères accusés de platonisme, Paris, 1711, in-4; La religion prouvée par l'accomplissement des prophéties, 1728, in-4. -

BALUE (Jean La). V. LA BALUE.

BALUZE (Étienne), savant historiographe né à Tulle en 1630, mort à Paris en 1718, fut bibliothécaire de Colbert, professeur de droit-canon au Collage de France (1670), puis inspecteur de cet établissement. Ayant inséré dans son Histoire de la _ maison d'Auvergne- quelques - passages. i favorisaient les prétentions du duc de Bouillon sur ce comté, Louis XIV le priva de sa chaire et l'exila de Paris (1710); il ne put y revenir qu'en 1713. Ses principaux ouvrages sont : Regum francorum capitularia, 1677, 2 vol. in-fol., réimpriinés en 1780 avec des additions par Chiniac; Concilier= nova collectio , 1 683, 1 vol. in-fol.; Vies des papes d'Avignon, 1693, 2 vol. in-4 (mises à l'Index à Rome); Hist généalogique de la maison d'Auvergne, 1708, 2 vol in-fol.; Miscellanea, 1674-1715, 7 vol. in-8 réimprimés avec additions à Lucques, 1761, 4 vol. in-fol., - par J. D. Mansi. II a fait en outre une foule d'éditions d'ouvrages rares et précieux pour l'histoire ecclésiastique.

BALZAC, bourg de la Charente, à 6 k. N. d'Angoulême, sur la r. g. de la Charente; 1000 hab. Château d'où le célèbre Guez de Balzac a pris szm nom.

BALZAC (J. L. Guaz de), un des écrivains qui ont le plus contribué à former la langue française, né à Angoulême en 1594, mort en 1655.-Après avoir passé à Rome 2 années (1621-23) comme agent du cardinal Lavalette il vint à Paris, s'y fit bientôt connaître par ses écrits, obtint les bonnes grâces de Richelieu, qui lui fit donner les titres d'historiographe et de conseiller d'État avec une pension de 2000 livres, et fut un des premiers membres de l'Académie française. Dégoûté du séjour de Paris à cause des attaques dirigées contre ses ouvrages (V. D. GOULU), il se retira dans sa terre de Balzac et se livra presque entièrement à des exercices de piété. Il avait légué à l'Académie française 2000 livres pour fonder un prix d'éloquence, et à l'hospice d'Angoulême une somme de 12 000 livres. Ses oeuvres se composent de Lettres, adressées à Conrart, à Chapelain et autres; de Discours, d'Entretiens ou Dissertations littéraires, de petits traités, dont les principaux sont Aristippe ou la Cour, le Prince (apologie de Louis XIII et de Richelieu), le Socrate chrétien; de quelques poésies françaises et de vers latins. Ces oeuvres, qui pour la plupart avaient été publiées séparément par les Elzevir,-ont été réunies par l'abbé Cassaigne en 2 vol. in--fol., Paris, 1664, et réimprimées en 1854 par L. Moreau, 2 vol. in-12. Le principal fondement de la réputation de Baizac, ce sont ses Lettres, dont il parut un 1" recueil en 1624, et un 2° in 1636: il y donna à la langue française une élégance et une harmonie qu'on n'avait rencontrées jusque-là dans aucun ouvrage en prose. Voltaire et La Harpe reprochent à cet auteur de s'être plus occupé des mots que des pensées. 11$.- Campenon a publié en 1806 un choix de Lettres de Balzac, Voiture et Boursault. 2 vol. in-12; M. Mersan a donné les Pensées de Bai - zac, 1 vol. in-12. Paris, 1807, et M. Malitourne ses OEuvres choisies (moins les Lettres),1822, 2 v. in-8.

BALzac (Honoré de), fécond romancier, né à Tours en 1799. mort à Paris en 1850, était fils d'un ancien secrétaire du conseil du roi. Il étudia au collége de Vendôme, débuta fort jeune par des romans médiocres, publiés sous le voile du pseudonyme; fut imprimeur à Paris de 1826 à 1829, quitta, après de graves pertes, une profession qui convenait peu à ses goûts, et se remit à écrire, mais en adoptant une manière toute nouvelle, qui le conduisit rapidement au succès. Il donna en 1830, et sous son vrai nom cette fois, la Physiologie du mariage, vive sa-tire de l'état conjugal, qui assura sa réputation; il ne cessa depuis de produire des romans et des nouvelles qui furent lus avec avidité. Après une vie laborieuse et précaire, il était enfin arrivé à la renommée et à l'aisance, et venait de contracter une alliance honorable, lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée, dans la force de l'âge et du talent. Balzac avait entrepris de décrire sous toutes ses faces la société contemporaine, et il a, dans ce but, mais après coup, distribué toutes ses œuvres sous un certain nombre de chefs qui devaient tout embrasser : Scènes de la vie privée,-de la vie parisienne ,-de la vie de province,-de la vie politique,-de la vie militaire ,-de la vie de campagne; -Études philosophiques, - Études analytiques; le tout devait former la Comédie humaine; mais il n'a pu remplir un si vaste cadre. Parmi ses œuvres, dont le nombre ne s'élève pas à moins de 90, on remarque, outre la Physiologie du mariage, la Femme de trente ans, la Femme abandonnée, le Père Coriot, les Parents pauvres, le Lis dans la vallée, Eugénie Grandet, l'Illustre Gaudissart, César Birott eau un Prince de la Bohème, le Médecin de campagne, le Curé de village, la Peau de chagrin, la Recherche de l'absolu. Balzac s'essaya aussi sur la scène, mais avec moins de bonheur : son drame de Vautrin, joué en 1840, fut défendu comme dangereux; cependant, .llercadet le Faiseur, comédie jouée après sa mort, obtint un succès de vogue : il y dévoile les roueries des spéculateurs. On trouve dans la plupart de ses romans, avec un intérêt vif et soutenu, un style pittoresque et original . quoique peu correct et quelque-fois de mauvais goût, une profonde observation de moeurs, une vérité de description frappante, ainsi qu'une grande subtilité d'analyse ; il a créé des types qui resteront : il a surtout excellé à peindre la femme et à saisir les ridicules de la bourgeoisie; mais il s'est plu à représenter le côté le plus défectueux de la société; en outre, il affecte le ton d'un homme sans principes fixes, se montrant alternativement, et comme indifféremment, moraliste sévère, critique rêveur, ou cynique effronté. Une édition illustrée de ses OEuvres a été publiée par Furne (20 vol. in-8, 1842-1852). On doit à M. Ste-Beuve des Études littéraires sur Balzac, et à M. E. Werdet un Essai sur la Vie et le caractère de cet écrivain.

BAMBA, État de la Nigritie méridionale , dans la partie S. O. du Congo, tributaire du roi de Congo, a pour ch.-l. Bamba, par 7° 16' long. E. et 7° 2' lat. S.

BAMBARA , Étatde la Nigritie centrale, entre ceux de Birou, Massina,Baédou, Garou ,Douara, Kong, par 6°-100 long. O. et 12°-16° lat. N.; v. princip., Ségo, Djenné et Bammakou. Il est traversé par le Djoliba. Le Bambara fournissait les esclaves les plus estimés.

BAMBERG, v. de Bavière (Haute-Franconie), sur la Regnitz, à 40 kil. O. de Bayreuth, ch.-1. du cercle de Haute-Franconie; 21 000 hab. Archevêché, lycée, gymnase, muséum d'histoire naturelle, etc. Anet. université, supprimée en 1803. Château et cathédrale remarquables. Industrie variée, fonderies de canons et de cloches, pépinières renommées. - Bamberg était jadis le ch.-l. d'un évêché souverain, qui comptait 200 000 hab. Ce petit État a été de-puis incorporé à la Bavière, et l'évêché a été en même temps érigé en archevêché.

BAMBOCHE (P. VAN-LAAR, dit le), peintre hollandais, ainsi surnommé parce qu'il était contrefait, né en 1613 à Laaren, près de Naarden, passa 16 ans à Rome dans la société des meilleurs maîtres, et vinten 1639 se fixer à Harlem, où il mourut en 1673. Ce maître excella surtout à représenter des chasses, des pêches, des kermesses ou fêtes de village; d'où ce dernier genre de composition a conservé le nom de bambochades. Le musée du Louvre possède deus de ses tableaux : le Départ de l'hôtellerie; une Femme qui trait une chèvre à côté d'un pàtre jouant du chalumeau.

BAMBOUIC,État de laNigritie occidentale, entre le Haut-Sénégal et la Falémé, par 11° et 12° long. E., 14° et 15°lat. N., a160kil. sur124, et env. 100000 hab. (Mandings). Places princip., Farbana, Natako. On y trouve beaucoup d'or. Ce pays fut exploré au xv° siècle par les Portugais, qui l'abandonnèrentàcause de son insalubrité.

BAMBYCE,v.de la Syrie anc.(Cyrrhestique), à i'Et d'Antioche et au S.O. de Zeugma et d'Apamée,avait un temple célèbre de la Grande Déesse de Syrie, ce qui en faisait une ville sainte : d'où le nomd'Hiérapolis sous lequel elle est désignée par les Grecs.

BAN. Ce mot signifia d'abord, dans son acception la plus générale, la proclamation d'un édit, d'un statut, d'un jugement, toute espèce de cri public; dans la suite il s'étendit à la chose même qui était proclamée, et c'est dans ce sens qu'on appelait ban de l'Empire toute prescription sanctionnée par un édit de l'empereur, notamment la déchéance prononcée contre un prince, et, en France, ban du roi, les règlements ou les ordonnances de la couronne et même l'amende prononcée contre celui qui les violait. - Le mot ban se disait aussi de l'appel fait par le seigneur à ses vassaux pour les convoquer sous son étendard. Du mot ban pris dans cette acception sont dérivés les mots banniere et seigneur banneret. Dans les appels faits pour service militaire, on distinguait le ban proprement dit, composé des vassaux immédiats, qui étaient convoqués par le roi lui-même, et l'arrière-ban , composé des vassaux qui étaient convoqués par leurs suzerains.

BAN (du slave pan, seigneur?). On appelait ainsi en Hongrie et dans les Marches orientales de l'empire germanique un commandant militaire, gouverneur d'un banal ou marche, qui peut être assimilé aux margraves. Il prenait rang-immédiatement après le roi, et était l'égal du comte palatin. Il y avait des bans de Dalmatie, de Slavonie, de Valachie, de Bulgarie, de Bosnie et de Servie. Il n'y a plus auj. de véritable ban qu'en Croatie. Le banat de Temeswar doit son nom à sa position limitrophe, mais nulle part il n'est fait mention d'un ban effectif de Temeswar. Le ban de Croatie est le 3° des barons hongrois; il commande en outre dans les districts militaires de Gradiska et de Brod. V. BANAT.

BAN DE LA ROCHE, en aillera. Steinthal, vallée des Vosges, sur les confins de la Lorraine et de l'Alsace, bornée au S. par le Val de Villé, à l'E. par les pays d'Obernai et de Barr, à l'O. et au N. par la Brusche, comprend plusieurs villages dont le plus central est Waldbach. C'était une principauté féodale qui fut réunie à la France en 1648 par le traité de Westphalie. Le pasteur Oberlin tira les habitants de cette vallée d'un état presque sauvage et fut leur bienfaiteur. BANAT, prov. administrée par un ban. V. ce mot.

BANAT DE CROATIE. Y. BAN et CARLSTADT-VARASDIN

BANAT DE TEMESWAR, contrée de la Hongrie, entre le Mares, la Theiss, le Danube, la Transylvanie et la Valachie. Capit., Temeswar. Auj. comprise dans les comitats de Temeswar, Torontal, Krassova et le Généralat du Banat. - Le Généralat du BANAT, en ail. Banal-Grænze, une des 4 divisions des Confins militaires, a pour places princ. Temeswar (ch.-1.), Pancsova, Karansebes, Weisskirchen, Mehadia.

BANBURY, v. d'Angleterre (Oxford), à 33 kil. N. d'Oxford; 6000 hab. Bataille sanglante entre les partisans des maisons d'York et de Lancastre, en 1469. BANC DE BAHAMA, DE TERRE-NEUVE, etc. V.

BAHAMA, TERRE-NEUVE, etc.

BANC DU ROI OU DE LA REINE, une des grandes cours de justice en Angleterre, siége à Westminster. Sa juridiction s'étend sur tous les tribunaux inférieurs, ainsi que sur toutes les corporations.

BANCA, île de l'archipel de la Sonde à l'E. et prés de Sumatra; 230 kil. sur 40; 25 000 hab. (Malais, Chinois et indigènes dits Orang-Gonnoungs). Riches mines d'étain. - Cette île était jadis au sultan de Palembang, qui la céda aux Anglais en 1812. Ceux-ci l'ont cédée aux Hollandais en 1816.

BANCAL DES ISSARTS (J. Henri), conventionnel, né en Auvergne en 1750, mort en 1826, était notaire à Paris, lorsqu'éclata la Révolution. Il en embrassa les doctrines , fut nommé en 1792 député à la Convention par le Puy-de-Dôme et s'y montra fort modéré. Il fut un des commissaires envoyés à l'armée du Nord pour arrêter Dumouriez (V. ce nom). Arrêté lui-même par ce général et livré aux Autrichiens, il resta captif près de 3 ans. A son retour il fut élu membre du Conseil des Cinq-cents. Il renonça aux affaires dès 1797 et se retira à Clermont.

BANCIII (le P. Séraphin), dominicain de Florence. Chargé par Ferdinand I, grand-duc de Toscane, d'observer en France les troubles du temps de la Ligue, il eut l'occasion de se trouver à Lyon avec Barrière, qui lui fit part de son projet d'assassiner Henri IV. Il se hâta d'en instruire ce prince, et pré-vint ainsi le crime (V. BARRICRE). On dur offrit en reconnaissance un évêché; mais il se contenta d'une modique pension avec laquelle il se retira dans un couvent de son ordre à Paris, où il mourut en 1622.

BANDA (îles), groupe d'îles dans l'archipel des Moluques, par 126°-127* long. E., 3°-4° lat. S. Les principales sont Banda Banda-Neira et Eey. La v. de Nassau, située dans l'île Banda, est le ch.-l. de tout le groupe. On y cultive spécialement la muscade.-Découvertes en 1512 par les Portugais, qui les occuèrent en 1524. 11s en furent chassés en 1599 par Le Hollandais qui les possèdent encore auj., bien que les Anglais les aient occupées de 1810 à 1814.

BANDA-ORIENTAL. V. URUGUAY.

BANDE NOIRE, association de spéculateurs qui après la Révolution française se réunirent pour ache-ter les châteaux , les antiques abbayes, les monuments d'art les plus précieux, dans le but de les démolir et d'en vendre les matériaux.

BANDELLO (Mathieu), romancier italien, né en 1480 à Castel-Nuovo dans le Milanais mort en 1561 était Dominicain. Il enseigna les belles-lettres à Mi lan, et donna des lecons à la célèbre Lucrèce Gonzague. Les Espagnols s'étant rendus maîtres de Milan en 1525, il se réfugia en France avec le général César Frégoso, et fut nommé par Henri II, en 1550, évêque d'Agen; il se démit de ses fonctions au bout de 5 ans. On a de lui un recueil estimé de Nouvelles, en 4 livres (1564 et 73), dans le genre de Boccace, où il règne une fort grande liberté. Ces nouvelles ont été trad. en français par P. Boaistuau et Belleforêt, Paris, 1580. On a encore de Bandello 11 Chants à la louange de Lucrèce de Gonzague (Agen, 1545), les Trois Parques, et des poésies diverses (réimprimées à Turin, 1816).

BANDERALI (David), célèbre chanteur, né en 1789 à Palazzo, en Lombardie, mort à Paris en 1849, fut choisi pour maltre de chapelle par la princesse Amélie, femme du prince Eugène, vice-roi d'Italie, devint professeur au Conservatoire de Milan, et compta parmi ses élèves Rubini, Pellegrini, Mmes Pasta, Camp orosi; fut appelé en 1828 au Conservatoire de Paris, et y forma de nombreux élèves, dont plusieurs ont brillé sur nos scènes lyriques. Cet artiste avait une méthode large et expressive, et un goût exquis. Il a laissé des vocalises et des came positions qui sont entre les mains de tous les amateurs. BANDES MILITAIRES. V. AVENTURIERS, BRABAN ÇONS, COMPAGNIES (GRANDES), ROUTIERS.

BANDINELLI (BACCIO) , sculpteur et peintre italien né à Florence en 1487, mort en 1559, voulut rivaliser avec Michel-Ange Bien que fort inférieur,il a exécuté des oeuvres remarquables parla vigueur> entre autres, le S. Pierre de la cathédrale de Florence; Hercule, vainqueur de Cacus, groupe colossal, les tombeaux des papes Léon X et Clément VII, une copie très-estimée du fameux Laocoon, qui a été endommagée en 1762 dans l'incendie de la galerie de Florence, mais a étébien restaurée. On lui doit aussi quelques tableaux d'un style pur, mais qui manquent de grâce et de coloris. Vasari a écrit sa Vie.

BANDINI (Ange-Marie), savant italiens né à Florence en 1726, mort en 1800, fut chanoine dans sa patrie et conservateur de la bibliothèque Laurentine. On lui doit une Vie d'Améric Vespuce, Florence, 1745; un Spécimen de la littérature florentine au xv° siècle, 1747; une Description de l'obélisque d'Auguste retrouvé au champ de Mars Rome, 1750 ;un Catalogue des manuscrits de la bibliothèque Laurentienne, 1764 • des notices sur les personnages importants de l'Italie, et des éditions savantes..

BANDOL, petit port et fort du dép. du Var, sur la Méditerranée, à 16 kil. O. de Toulon; 1895 hab. Vins renommés. Le port a été réparé en 1846.

BANDURI (D. Anselme), bénédictin, né à Raguse en 1670, mort à Paris en 1743, professa l'histoire ecclésiastique à Pise, et fut envoyé à Paris par le grand-duc=de Toscane pour s'y former à l'étude des antiquités.. L'AcadéMiie des inscriptions l'admit dans son sein en 1715, et le duc d'Orléans le choisit en 1724 pour son bibliothécaire. On a de lui Imperium orientale, Paris, 1711,-12, 2 vol. in-fol.. Numismata imperatoruBorax a Trajano Decte ad Paleologos Augustes, 1718, 2 vol. in-fol.

BANER (Jean Gustavson), vulgairement appelé Banier, feld-maréchal suédois né en 1596, se forma sous Gustave-Adolphe à l'art de la guerre accompagna ce monarque en Pologne et en Allemagne, se signala dans plusieurs campagnes, notamment à la bataille de Leipsick (1631) prit Magdebourg Donawert, Munich et fut blessé dangereusement Nuremberg. Après la mort de Gustave-Adolphe, Baner commanda l'armée suédoise, défit leslmpértaux à Wittstock (163G) et à Chemnitz (1639), Milieu les repoussa jusqu'en Bohême. Il mourut au milieu de ses succès en 1641. C'est un des plus grands généraux de la Suède : on le surnommait le Second Gustave.

BANFF; v. et port d'Écosse, ch. 1. du comté de Banffà 200 kil. N. d'Édimbourg; 4000 hab. -Le comté, entre ceux d'Aberdeen, d'Elgin, dflnverness, et le détroit de Forth, a 102 kiL sur 48. Quelque industrie, pêche, pierres calcaires; sources minérales.

BANGALORE, v. de l'Inde anglaise, dans l'État de MaIssour, la plus grande ville du pays, à 96 k. N. E. de Seringapatfiam; 60 000 hab. Étoffes de coton et soie. Fondée au dernier siècle par Balder Ali ; prise en 1791 par les Anglais.

BANGOR, v, et port d'Angleterre (Galles) , à 47 kil. N. E. de Caernarvon, au fond d'une baie, à 3 kil. du pont tubulaire de Menay; 7000 hab. Évêché. Ville jadis Importante; brûlée par le-roi Jean en 1210.-Bourg du pays de Galles (Flint), à 12 kil. N. d'Ellesmere; 1260 hâla Célèbre monastère, où 1200 moines furent massacrés par les Saxons en 613. V. d'Irlande (Ulster), à 40 kir. N. E. de Belfast; 3116 hab. Très-anc. monastère, détruit en 820 par les Danois. - V. des États-Unis (Maine), à 90 kil. N.E. d'Augusta; 14'432 h Chemin de fer.

BANIANS, dits aussi Waïshyas. On nomme ainsi en Orient la caste commerçante des Hindous. Ils sont répandus dans toute l'Asie, surtout dans Te N. de l'Inde et dans les-ports de Bombay, Surate et Cam-baye. Ils croient à la métempsycose et ne mangent Jamais la chair des animaux'; ils regardent comme impurs taus les'hommesd'une religion différente et évitent toute commuhleation avec eux.

BANIAS, l'aimas,- Ciesarea'Philippi, v. de Syrie (Damas), à'60 kil. S. O. de Damas. Ruines d'un temple érigé par Hérode en l'honneur d'Auguste.

BANIER(l'abbé Antoine), savant-mythologue, né en 1673 à DalIet en Auvergne, mort en 1741, vint de bonne heure à Paris, où il fut précepteur des enfants du président Dumetz, consacra tous ses loisirs à l'étude et à l'interprétation de la mythologie, et fut reçu en 1713 à l'Académie des inscriptions. Il publia en 1711 l'Explication historique des Fables; il retoucha toute sa vie cet ouvrage important, et en donna en 1738 une 3' édition entièrement refondue sous le titre de laMythologie et les Fables expliquées par l'histoire, 3 vol. in-4. On a encore de lui une trad. des Métamorphoses d'Ovide, 1732-1738 , et quelques éditions, entre autres celle qu'il donna, avec Lemascrier, des Cérémonies et coutumes religieuses des différents peuples, de J. F. Bernard, 1741,1 vol. in-fol. C'est lui qui rédigea le 3' Voyage de P. Lucas.

BANIER OU BANNIER, général suédois. V. BAVER.

BANJERMASSING,v. de l'île Born éo,près de Pernis. d'une riv. de même nom, sur la côte S. E. Fort hollandais. Commerce actif avec la Chine; expert. de diamants, or, camphre, poivre, nids d'hirondelles.

BANKOK, capit. du roy. de Siam (depuis 1766), à 80 kil. S. de Siam, à l'emb. du Meinam dans le golfe de Siam. On lui donne de 400 à 500 000 hab., en grande partie Chinois, et vivant sur l'eau. Les maisons sont en bois, à l'exception de la résidence • royale et d'un temple fort curieux, consacré à Bouddha; beau palais du roi. Très-grand commerce maritime, surtout avec Singapour et Bombay.

- BANKS (sir Joseph), savant naturaliste, né à Londres en 1740, mort en 1820, se livra dès sa jeunesse à l'étude de l'histoire naturelle, dont il avait puisé le goût dans les ouvrages de Linné et de Buffon, et employa une grande fortune à hâter les progrès de cette science. Il visita en 1763 le Labrador et Terre-Neuve, accompagna Cook dans son voyage autour du monde (1768-1771), et rapporta de cette expédition d'abondants matériaux. Il fit ensuite à ses frais un voyage aux îles Hébrides et en Islande (1772). I1 fut nommé en 1778 président de la Société royale de Londres, en 1797, conseiller du roi, et obtint auprès de Georges III une influence dont il ne se servit que pour protéger les savants. Banks a peu écrit, mais il forma de précieuses collections qu'il ouvrait à tous ceux qui voulaient les consulter, et une bibliothèque, la plus riche qui existât alors en ouvrages sur les sciences naturelles. Il légua cette bibliothèque au Musée Britannique. Dryander en a publié un catalogue en 5 vol. in-8, 1796-1800.

BANKS (presqu'île de), dans la Nouvelle-Zélande, Ife méridonale, à l'E. On y remarque le port d'Akaroa.

BANKS (détroit de) , au N. de l'Amérique, entre la Terre de Banks et l'île Melville, par 73°-75° lat. N., forme le Passage-Nord-Ouest, découvert en 1853 par le capitaine Mac-Lure.

BANNALEC, ch: 1. de cant. (Finistère), à 13 kil. N. O. de Quimperlé; 594 hab.

BANNER. V. BAVER.

BANNERET, chevalier ayant droit de porter bannière. V. ce mot au Dictionnaire des Sciences.

BANNOCKBURN, v. d'Écosse (Stirling), à 7 kil. S. de Stirling. Robert Bruce y défit Édouard II en 1314 ; Jacques III fut battu et tué près de là par son fils révolté (1488).

BANON, ch.-1. de cant. (B.-Alpes.), à20 kil. N.O. de Forcalquier; 561 hab.

BANQUES, institutions financières. V. ce mot au Dictionnaire des Sciences, des Lettres et des Arts.

BANQUO, thane ou chef royal d'une province d'E-cosse, sous le roi Duncan, au tue s. Il rendit d'a-bord de grands services à son pays et détruisit une armée de Danois qui l'avaient envahi; mais ensuite il servit l'ambition de Macbeth, qui assassina son roi et s'empara du trône. Il périt lui-même au bout de peu d'années, victime des défiances de Macbeth.

BANTAM, v. de l'île de Java, capit. de l'anc. roy. de Bantam, à 88 kil. O. de Batavia. Port et rade ensablés et envahis par les bancs de corail. Poivre, camphre, etc.-Le roy de BANTAM, situé à l'extré-mité O. de l'lle, a 155 kil. de long; 230 000 hab. Occupé d'abord par les Anglais, il appartient aux Hollandais depuis 1693.

BANTRY, v. d'Irlande (Cork), à 24 kil. N. de Baltimore, sur une baie de même nom; 4000 h. Deux fois (1689 et 1796) une flotte française essaya, mais sans succès, d'y opérer un débarquement.

BANYA, v. de Hongrie. V. NEUSTADT.

BAOUR-LORMIAN (Louis), poète français, né'en 1770 à Toulouse, mort à Paris en 1854, était fils d'un imprimeur. Après avoir débuté, dans sa ville natale, par des satires, il vint à Paris, y publia, dès 1795, une traduction en vers de la Jérusalem délivrée, oeuvre imparfaite, qui fut vivement critiquée, surtout par Lebrun; donna en 1801 une traduction, égale-ment en vers, des Poésies d'Ossian, qui partagea la vogue dont jouissaient alors les poésies attribuées au barde écossais; fit représenter en 1809 Omasis ou Joseph en Égypte, trag. en 5 actes qui réussit, grâce à l'élégance de la versification, et la fit suivre en 1811 de Mahomet II, où il fut moins heureux. Il pu-. bliait en même temps des Veillées poétiques et morales (1811), imitées d'Youngetd'Hervey, enfantait une épopée, l'Atlantide ou le Géant de la Montagne (1812), complétement oubliée, écrivait des Satires, où il se montrait piquant sans être amer; chantait dans des Odes les divers gouvernéments qui se succédaient; donnait des opéras (Jérusalem délivrée, Aminte, l'Oriflamme, Alexandre à Babylone), et composait des contes et des romans. En 1819, il refondit entièrement sa traduction du Tasse, qui cette fois obtint un grand succès. Dans ses dernières an-nées, devenu aveugle, il mit en vers le poème de Job, vers lequel ses propres infirmitésavaient tourné son attention. Baour-Lormian a la réputation d'un versificateur pur, élégant et harmonieux, mais pompeux et monotone. Il était de l'Académie française depuis 1815. Il a laissé des Mémoires. M. Ponsard, son successeur à l'Académie, a fait son éloge dans son Discours de réception.

BAPAUME, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 22 kil. S. S. E. d'Arras; 2900 h Ville jadis forte : ses fortifications ont été détruites en 1847. Batistes, linons. - Cette v. fit longtemps partie de la Flandre espagnole : elle fut assurée aux Français par la paix des Pyrénées (1659). Victoire du général Faidherbe sur l'armée allemande (3 janv. 1871)..

BAPAUME, bourg de la Seine-Inf., à4 k. O. de Rouen,' commune de Canteleu. Filatures, indiennes..

BA PHOMET, idole des Gnostiques, attribuée aussi aux Templiers. V. notre Diction. des Sciences.

BAPTES, prêtres de la déesse Cotytto, ainsi nommés de baptô, baigner., parce qu'ils se baignaient et se parfumaient avant la célébration de leurs mystères. Ils célébraient leurs fêtes la nuit par des dan-ses lascives et par toutes sortes de débauches.

BAPTISTE (S. JEAN-). V. JEAN (S.).

BAPTISTE de Mantoue, poète. V. BATTISTA.

BAPTISTE LULLI, Compositeur. V. LULLI.

BAPTISTES, hérétiques. V. ANABAPTISTES.

BAR, v. de la Russie d'Europe (Podolie), sur la Rov, à 68 kil. N. de Mohilev; 2400 hab. Citadelle bâtie sur un roc. C'est dans cette ville quePulawski, Krasinski et plusieurs autres patriotes polonais, pro-testant contre l'immixtion moscovite dans le gouvernement dela Pologne, proclamèrent, le 29 février 1768, la fameuse confédération de Bar, qui fut le signal des guerres de la Pologne pour l'indépendance.

BAR, v. de la Turquie d'Europe. V. ANTIVARI.

BAR (le), ch.-l. de cant. (Alpes-Maritimes), à 8 kil. N. E. de Grasse; 1629 hab. Anc. comté.

BAR-LE-DUC 011 BAR-SUR-ORNAIN, v. de France, jadis capit. du duché de Bar ou Barrois, auj. ch.-1. du dép. de la Meuse,sur l'Ornain, à 234 kil. E. de Paris (254 par chem. de fer) ; 14 922 h. Trib. de 1re inst. et de commerce, lycée, bibliothèque. Cotonnades, teintureries en rouge d'Andrinople• vins et confitures de groseilles renommées. Patrie des maréchaux Oudinot et Exelmans. La ville s'est formée autour d'un fort construit au x° siècle.

BAR-SUR-AUBE, ch.-i. d'arr. (Aube), sur l'Aube, à 53 kil. E. de Troyes; 4473 hab. Station. Trib., collége. Eaux-de-vie et liqueurs; toiles de coton, tanneries, mégisseries, etc. Aux env., bons vins blancs. Anc. ch. -1. d'un comté, réuni à la Champagne en 1095, et qui se donna au roi de France en 1328.

BAR-SUR-SEINE, ch. 1. d'arr. (Aube), sur la Seine, à 33 kil. S. E. de Troyes; 2542 hab. Beau pont, jolies promenades. Vins communs, eaux-de-vie, papier.

BAIRABBAS, juif qui avait été condamné à mort pour sédition et meurtre, se trouvait en prison au moment de la Passion de J.-C. Comme la coutume était, à la fête de Pâques, de donner la liberté à un criminel. Pilate demanda aux Juifs qui de Barabbas ou de Jésus ils voulaient délivrer : dans leur aveugle haine, ils choisirent Barabbas.

BAIIAC, général des Hébreux. V. DÉBORA. BARAYICTAR. V. BEIRAKTAR.

BARANYA, comitat de Hongrie, entre ceux de Tolna et de Bacs, entre la Drave et le Danube; 88k. sur 66; 200 000 hab. Ch.-1., Cinq-Eglises.

BARATIER (J. P.) , enfant célèbre par sa précocité, né en 1721 à Schwabach dans le margraviat d'Anspach, fils d'un pasteur français réfugié, par-lait à 4 ans le français et l'allemand, savait le latin à 5 ans, le grec et l'hébreu à 7; il étudia les livres rabbiniques et l'histoire ecclésiastique, et composa dès l'âge de dix ans plusieurs savants ouvrages sur ces matières. Il se livra ensuite à l'étude des mathérnatiques et de l'astronomie, inventa de nouveaux calculs, ou du moins trouva par lui seul plusieurs de ceux qui étaient déjà connus; créa une méthode pour déterminer la longitude en mer, et fut à quatorze ans membre de l'Académie de Berlin. Il embrassait en même temps l'étude du droit public, de la littérature et des antiquités de toute espèce. Il avait déjà publié des ouvrages pleins d'érudition (entre autres une édition de l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle, 1735 , Disquisitio chronol ogica de successione antiquissima Romanorum ponticum, 1740), lors-qu'une mort prématurée 1 enleva à l'âge de 19 ans, en 1740. Il n'avait eu d'autre maître que son père. Formey a écrit sa Vie.

BARBADE (la), une des Antilles anglaises, par 62° long. O., 13° lat. N.; 32 kil. sur 18; 123 000 hab. Ch.-1., Bridgetown. Fertile, surtout en cannes àsucre. Elle fut découverte par les Portugais; elle appartient aux Anglais depuis 1625.

BARBANÇON, bourg de Belgique (Hainaut), à 35 k. S. de Charleroi; 740 hab. Marbre, forges, den-telles. Cette v. faisait précédemment partie du Hainaut français; elle a été cédée aux Pays-Bas en 1815.

BARBAN$GRE (Joseph), général de brigade, né à Pontacq (Basses-Pyrénées) en 1772, mort à Paris en 1830, entra au service en 1793, se distingua aux batailles d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau, d'Eckmühl, de Ratisbonne, de Wagram, à Krasnoï et au passage du Niémen s'enferma en 1813 dans Stettin, et ne rendit cette ville qu'après l'abdication de Napoléon. lise couvrit de gloire en 1815 par sa défense d'Huningue: il arrêta 25 000 Autrichiens avec 500 recrues ou invalides, ne capitula qu'après 12 jours de tranchée ouverte, et obtint tous les honneurs de la guerre.

BARBARELLI peintre. V. GIORGIONE.

BARBARES, dénomination sou's laquelle on a dé-signé plus spécialemeintdaps l'histoire les différents peuples qui, sortis de Germanie au commencement du v° siècle, firent invasion dans l'empire romain, et y exercèrent d'horribles ravages. Les principaux sont : les Alains, les Suèves, les Gépides, les Goths, les Vandales, les Huns, les Francs, les Bourguignons. En 405, Radagaise pénètre en Italie à la tète des Germains; en 409, Alaric, roi des Visigoths, prend Rome, tandis que les Francs commencent leurs établissements en Gaule; en 449, les Anglo-Saxons envahissent la Grande-Bretagne; de 451 à 453, les

Huns, sous la conduite d'Attila, ravagentles Gaules, puis l'Italie; en 476, Odoacre, roi des Hérules, envahit l'Italie et met fin à Vampire romain. A partir de cette époque, les peuples barbares forment des établissements fixes, les Ostrogoths et les Lombards en Italie, les Francs en Gaule, les Vandales en Afrique, les Visigoths en Espagne, et jettent les fondements des puissances qui deviendront les empiresmodernes,

BARBARIE, ÉTATS BARBARESQUES, région de l'A-frique septentrionale qui comprend les Etats de Tri-poli, de Tunis d'Alger, de Maroc et l'Etat de Sidy-Hescham, et forme par conséquent la partie la plus importante du Maghreb. Elle est ainsi nommée des Berbers, ses habitants indigènes. Cette contrée compprend la Mauritanie la Numidie, l'Afrique propre, la Byzacène, la Gétulie et la Zeugitane des anciens, ainsi qu'une portion de la Cyrénaïque.

BAIIBARO, noble famille vénitienne qui a produit plusieurs hommes remarquables, entre autres : Nicolo Barbaro, ambassadeur de Venise à_Constantinople en 1453, à qui l'on doit une relation italienne de la prise de Constantinople parles Turcs (publ. par Ellissen dans ses Anplecten, Leips., 1857); - Josaphat Barbaro, qui de 1436 à 1475 fit plusieurs voyages dans la Perse, l'Inde et la Turquie, dont la relation a été publiée en 1543 à Venise; Hermolao Barbare, né en 1454, mort en 1493 : il fut chargé par le sénat de Venise de plusieurs négociations importantes auprès des empereurs Frédéric III et Maximilien, et fut nommé par le pape Innocent VIII patriarche d'Aquilée; il cultiva les lettres ay_éc succès : on lui doit des tradriçtions de Dioscoride, de Thémistius, et des travaux importants sur Aristote et sur Pline (Rome, 1492; - Daniel Barbare, 013-1570 : il fut ambassadeur en Angleterre et cultiva aussi les lettres. On estime sa traduction italienne de Vitruve avec commentaires, Venise, 1556, in-fol.

BARBAROUX (Charles), né en 1767 à Marseille, était en 1789 avocat dans cette ville. D'un caractère exalté et impétueux il embrassa avec feu les idées révolutionnaires, rédigea à Marseille un journal démocratique qui exerça une grande influence, et fut nommé en 1789 secrétaire de la commune. Envoyé à Paris en 1791 comme mandataire particulier de sa ville natale, il y devint l'âme des Marseillais et se lia avec Roland. Il eut avec ses compatriotes une grande part au 10 août, fut nommé député à la Convention, se fit remarquer à là tribune par la beauté de sa personne non moins que par son éloquence, entra dans le parti des Girondins, se prononça ouverte-ment contre Marat et Robespierre, demanda l'appel au peuple dans le procès de Louis XVI, et fut proscrit au 31 mai comme royaliste et ennemi de la ré-publique une et indivisible. Il chercha un asile dans le Calvados, et s'embarqua à Quimper pour Bordeaux; mais à peiné arrivé dans cette ville, il fut arrêté et bientôt décapité, le 25 juin 1794. Il n'avait que 27 ans. Barbaroux a laissé des mémoires qui ont été publiés par son fils dans la collection des Rémoiresrelatzfs à la Révolution de Baudouin, 1822.

BARBASTRO, vi d'Espagne (Catalogne), sur le Cinca, à 48 kil. S. E, de Huesca; 6000 hab. Evêché. Prise en 1064 par Sanche-Ramirez.

BARBAULD (Anna Lætitia Amer, mistriss), née en 1743, à Kilworth dans le comté de Leicester, morte en 1825, était fille d'un pasteur protestant Elle se fit connaître de bonne heure par des poésies religieuses, dirigea ensuite une institution, et rédigea pour l'enfance, sous les titres de : Premières Leçons, Simples Contes, Historiettes du premier dge, Soirées au logis, divers ouvrages qui eurent un grand succès et qui ont été pour ,la plupart traduits en français. Elle a aussi publié des lettres inédites de Richardson, avec une notice fort estimée sur l'auteur, une Collection des Romanciers anglais, 50 vol. in-12, avec notices biographiques et critiques et plusieurs pamphlets politiques. Sonmari, M. Barbauld, était un pasteur, issu d'une famille de réfugiés français. BARBAZAN, vge de l'anc. pays de Bigorre (H.-Ga- membres ont joué un rôle important au xvil° siècle. renne). à 4 k. S. O. de St-Bertrand ; 425 h. C'est de L'un d'eux, Maffeo Barberini, devint cardinal, et là qu'étaient originaires les sires de Barbazan.

BARBAZAN(Arnauld-Guilhem, baron de),genéral français sous Charles VI et Charles VII, surnommé le Chevalier sans reproche d'une famille distinguée du pays de Bigorre, se signala jeune encore dans un combat où six chevaliers français combattaient contre six chevaliers anglais (1404). Dans les guerres civiles que fit naître la démence de Charles VI, il resta fidèle à la cause royaliste, et obtint plusieurs avantages sur le duc de Bourgogne. En 1420, il défendit Melun contre les Anglais, et fut retenu prisonnier malgré une capitulation qui lui laissait la liberté. Délivré par Lahire, il remporta en 1430 une victoire signalée sur les Anglais et les Bourguignons à La Croisette en Champagne. Il périt l'année suivante, des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Bulgnéville (près Nancy), que René d'Anjou avait livrée malgré lui.

BARBAZAN (Étienne), écrivain, né à St-Fargeau, prés d'Auxerre, en 1696, mort en 1770, vint de bonne heure à Paris où il se livra à l'étue des anciens auteurs français qui ont écrit du xu° au xvi° s. et continua, en société avec l'abbé De la Porte et Graville, le Recueil alphabétique de pièces historiques, commencé par l'abbé Pérau , 24 vol. in-12, Paris, 1745 et années suivantes. Il a donné : Fabliaux et Contes français des xu°, xLii°, et xv° s., Paris, 1756, 3 vol. in-12; l'Ordène de chevalerie, 1759; le Castoiement ou Instruction d'un père à son fils, 1760. Il s'est surtout attaché à rechercher les origines de la langue française, et a laissé sur ce sujet de précieux manuscrits, qui sont à l'Arsenal.

BARBE (Ste), vierge et martyre, était, selon la légende, fille d'un riche païen de Nicomédie nommé Dioscore, et subit le martyre, soit à Nicomédie, soit à Héliopolis, vers 306, sous le règne de Galère, ou, d'après Baronius, en 235, sous Maximin. On as-sure que son père, n'ayant pu lui faire renier sa foi, lui trancha lui-même la tète. Ste-Barbe est la patronne des canonniers, sans doute parce qu'on la représente dans une tour. On l'hon. le 4 déc.

BARBE DE CILLEY. V. SIGISMOND et PODIEBRAD.

BARBA-IIIARBOIS (Franç., marquis de), né à Metz en 1745, mort en 1837, fut successivement secrétaire de légation et chargé d'affaires en Allemagne, consul aux États-Unis, intendant de St - Domingue (1785), ministre de France auprès de la diète de l'Empire; quitta les affaires pendant la Terreur, devint maire de la ville de Metz en 1795, puis membre et président du conseil des Anciens. Après le 18 fructidor an v, il fut déporté à Sinnamary. Rappelé en 1800, il entra au conseil d'État, fut nommé en 1801 directeur (puis ministre) du Trésor, se vit révoqué en 1806 pour une faute de gestion, mais n'en devint pas moins en 1808 président de la cour des Comptes et en 1813 sénateur. Sous Louis XVàII, les sceaux lui furent confiés; mais, ennemi de toute réaction, il ne put les conserver longtemps, et il reprit les fonctions de président de la cour des comptes. Il se retira des affaires en 1834, laissant la plus honorable réputation. Barbé-Marbois était membre de l'Académie des inscriptions. Il a laissé plusieurs écrits, entre autres une Histoire de la Louisiane, Paris, 1829, in-8.

BARBEAU DE LA BRUYÈRE (J. L.), né à Paris en 1710, mort en 1781, publia en 1750 une Mappemonde historique qui permet d'embrasser d'un seul coup d'oeil le tableau des révolutions des peuples. On lui doit aussi des éditions perfectionnées des Tablettes chronologiques de Lenglet-Dufresnoy, 1763; de la Géographie de La Croix, 1773, etc.

BARBEAU, anc. abbaye de l'ordre de Cîteaux, à 8 kil. S. E. de Melun avait été fondée par Louis VII.

BARBENTANNE, bourg de France (Bouches-du-Rhône), au confluent du Rhône et de la Durance, à 25 k.N. d'Arles; 1999 h. Vins muscats, fruits, melons.

BARBERINI , famille florentine , originaire du bourg de Ballerine en Toscane, et dont plusieurs fut élu pape en 1623 sous le nom d'Urbain VIII. Il combla ses neveux de faveurs et de richesses. Trois d'entre eux (François et deux Antoine) furent faits cardinaux, et un quatrième, Taddeo, fut nommé général des troupes papales. Abusant de leur crédit, les Barberini voulurent enlever au duc de Parme, Edouard Farnèse, les duchés de Castro et Ronciglione, et firent déclarer la guerre à ce prince pal le pape; mais, après d'inutiles efforts, ils furent obli gés de renoncer à leur injuste projet. Ils se rendirent si odieux par leurs exactions qu'à la mort d'Urbain VIII, en 1644, ils furent forcés de quitter l'Italie. Ils vinrent se réfugier en France; toutefois ils conservèrent la propriété de Palestrine.

BARBEROUSSE, nom sous lequel on désigne vulgairement deux frères qui régnèrent sur Alger dans le xvi° siècle • ce nom vient de la couleur de leur barbe. Ils étaient fils, dit-on, d'un renégat sicilien. Le 1°*, Aroudj, né à Mételin en 1474, après avoir longtemps exercé le métier de corsaire, et s'y être fait une grande réputation d'audace et d'habileté, s'empara d'Alger en 1516, en détrônant le cheik arabe qui l'avait appelé à son secours contre les Espagnols. Il avait déjà fait de grandes conquêtes lorsque Charles-Quint, voyant ses possessions d'Afrique menacées, envoya contre lui une armée considérable : Barberousse fut battu et tué à Tlemcen par les Espagnols, en 1518. -Le 2°, Khaïr-Eddyn, dit Hariadan ou Chérédin, né en 1476, fut, avec Doria, le plus grand marin de son époque. Il succéda à son frère dans le gouvernement d'Alger; mais, craignant pour sa puissance, il se mit sous la protection du sultan Sélim, et le reconnut pour souverain d'Alger, tout en se réservant le gouvernement de la ville. Soliman II le nomma amiral de toutes ses flottes. Il fortifia Alger, soumit à la Porte Tunis, Bizerte, et ne fut arrêté dans ses con-quêtes que par les armes de Charles-Quint (1535). Il vint alors par représailles ravager l'Italie, remporta un avantage sur Doria à Ambracie, prit d'assaut Castel-Nuovo (1539), battit les Chrétiens devant Candie, prêta le secours de sa flotte à François I contre Charles-Quint, et aida les Français à prendre Nice (1543). I1 mourut en 1546, des excès auxquels il se livrait. Il a paru à Paris en 1839 une vieille traduction française d'une chronique arabe du xvi° siècle renfermant une histoire des Barberousse, publiée d'après un manuscrit de la Bibliothèque impériale, par MM. Sander Rang et Ferd. Denis.

BARBEROUSSE (Fréd.), empereur. Y. FRÉDÉRIC I.

BARBETS, nom injurieux donné dans les xvi° et xvii° siècles aux religionnaires des Cévennes et aux Vaudois du Dauphiné, leur venait de celui de Barbes, qu'ils donnaient eux-mêmes à leurs ministres parce qu'ils portaient la barbe longue.

BARBEU-DUBOURG (Jacques), médecin et botaniste, né à Mayenne en 1709, mort à Paris en 1779, exerça la médecine à Paris et publia plusieurs ouvrages, dont les plus estimés sont : le Botaniste français, 1767, 2 vol. in-12, où il expose, en la modifiant, la classification de Linné, et un traité Des usages des plantes, 2 vol. in-12. Lié avec Bolingbroke, il traduisit ses Lettres sur l'histoire.

BARBEYRAC (Jean), moraliste et publiciste, né en 1674 à Béziers, de parents calvinistes, mort en 1744, quitta la France lors de la révocation de l'édit de Nantes, professa successivement les belles-lettres à Berlin, le droit et l'histoire à Lausanne, et le droit public à Groningue , et fut nommé membre de l'Académie de Berlin. Ii a traduit en français : Le Droit de la nature et des gens, de Puffendorf, Amsterdam, 1712; Les Devoirs de l'homme et du citoyen, du même; le Traité du droit de la guerre et de la paix, de Grotius; Les Lois de la nature expliquées, de Cumberland; Du pouvoir des souverains et De la liberté de conscience, de Noodt, en accompagnant ces ouvrages de notes qui sont presque aussi estimées que le texte. Il est auteur d'une Histoire des anciens traités, d'un Traité du jeu, et d'un Traité de la morale des Pères (mis à l'Index à Rome).

¨BARBEZIEUX, ch.-l. d'arr. (Charente), à 34 kit. S. 0. d'Angoulême; 2557 hab. Trib. de I°° inst. Vieux château fort, qui sert auj. de prison. Toiles, tanneries, truffes, chapons truffés, etc. Source minérale.-C'était jadis une seigneurie de la Saintonge, avec titre de marquisat. Elle fut longtemps possédée par la mai-son de La Rochefoucauld, d'ou elle passa dans celle de Louvois, qui donna à un de ses fils le titre de marquis de Barbezieux.

BARBEZIEUX (Louis-François-Marie LETELLIER, marquis de), fils de Louvois, né en 1668. Après la mort de son père, Louis XIV lui confia le ministère de la guerre, quoiqu'il n'eilt encore que 23 ans; il se montra d'abord digne de ce choix, mais il négligea bientôt les affaires pour les plaisirs, et mourut à 33 ans, épuisé par les excès, l'an 1701.

BARBIÉ DU BOCAGE, savant géographe, né à Paris en 1760, mort en 1825, fut l'élève de d'Anville et l'ami de Barthélemy. Il fut d'abord attaché au cabinet des médailles de la Bibliothèque du roi (1785), puis nommé géographe du ministère des relations extérieures (1803), membre de l'Institut (1806), et enfin professeur de géographie à la faculté des lettres de Paris (1809). Il a coopéré à presque toutes les entreprises géographiques de quelque importance faites de son temps; il est surtout connu par son bel Atlas du Voyage d'Anacharsis, Paris, 1789 et 1799, et par ses cartes du Voyage pittoresque en Grèce de Choiseul-Gouffier. Il fut un des fondateurs de la Société de Géographie de Paris.

B4.RBIER n'AUCOUR (Jean), avocat au parlement de Paris, né à Langres en 1641, mort en 1694, est surtout connu comme critique. Il a composé, entre autres écrits, les Sentiments de Cléanthe, Paris, 1671, où il réfute avec beaucoup d'esprit les Entretiens d'Ariste et d'Eugène du P. Bonheurs. Il fut reçu en en 1683 à l'Académie française et eut une grande part à la rédaction du Dictionnaire. Ardent janséniste, quoique élève des Jésuites, il écrivit plusieurs pamphlets en prose et en vers contre les Jésuites.

BARBIER (Edm. Jean-François), avocat consultant au parlement de Paris, né à Paris en 1689, mort en 1771 a laissé un Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, qui va de 1718 à 1762, et qui a été publié par A. de La Villegille, Paris, 1851-1857. Ce journal comble une lacune entre les Mémoires de St-Simon, qui s'arrêtent en 1723, et ceux de Bachaumont, qui 8ommencent en 1762, et offre d'utiles renseignements sur l'histoire du parlement, de la justice et des moeurs de l'époque.

BARBIER ( Antoine-Alexandre ), savant blibliographe, né à Coulommiers en 1765, mort en 1825, exerça d'abord des fonctions ecclésiastiques, mais y renonça pour se livrer à ses goûts littéraires et de-vint bibliothécaire du Directoire, puis de Napoléon et de Louis XVIII. 11 est surtout connu par un Dictionnaire des anonymes et des pseudonymes, Paris, 1806-1808, 4 vol. in-8, réimprimé en 1822-27 avec de nombreuses additions. Il a aussi publié la Nouvelle Bibliothèque de l'homme de goilt, 1808, 5 vol. in-8, et des Catalogues très-estimés.

BARBO, famille puissante de Venise qui a fourni à la république vénitienne et à l'Église plusieurs hommes distingués, entre autres Pierre Barbe, pape sous le nom de Paul II.

BARBOSA. Ce nom a été porté par plusieurs savants portugais qui se sont distingués dans la jurisprudence ou dans les lettres. Le plus connu est Diego Barbosa Machado, abbé de Sever, né à Lisbonne en 1682, mort en 1770, auquel on doit une Bibliothèque portugaise avec des notices sur les auteurs, Lis-bonne, 1741-59, 4 vol. in-fol.

BARBOU, célèbre famille de libraires et imprimeurs, originaire de Lyon. Joseph Gérard Barbou, le plus connu, libraire et imprimeur à Paris depuis 1746! publia, de 1755 à 1775, un grand nombre de classiques latins, qui forment la jolie collection dite des Barbota, à laquelle coopérèrent Lallemand, Brottier, Capperonnier, Beauzée, etc. Cette collection, qui avait été commencée dès 1743t d'après les conseils de Lenglet-Dufresnoy, parle libraire Coustelier, se compose de 76 vol. in-12.

BARBOUDE (la), une des Antilles anglaises, à 30 k. N. d'Antigoa, par 64° 10' long. 0. , 17° 40 lat. N. ; 30 k. sur 16; 1600 h.Très-basse et sans ports; côtes trèsdangereuses.Coton,indigo, tabac, gingembre, canne à sucre. Elle appartient aux Anglais depuis 1628.

BARBY, v. des États prussiens (Saxe), ù 25 kil. S. E. de Magdebourg sur l'Elbe, près de l'emb. de la Saale; 3600 hab. .Ctomté depuis 1497. Les Frères Moraves y formèrent en 1749 un établissement.

BARCA ou BARQUna, la Cyrénaïque ou Libye Pentapole des anciens vaste contrée des États barbaresques, s'étend le long de la Méditerranée et dans l'État de Tripoli, du golfe de la Sidre ' 1'0. jus-qu'à l'Égypte àl'E., et est bornée au S. par les monts Gerbodah; 800 kil. de l'E. à 1'O., 200 du N. au S.; capit., Benghazy. Autres villes • Barca Parce ou Ptolemaïs), Grennah. (Cyrène), Lebdah (Leptis Magna), Derme, Massakliit, etc. Le bey de Barca réside à Benghazy et dépend du bey de Tripoli. Les côtes et la partie occidentale de cette contrée sont assez fertiles: on y cultive du millet et du mais. L'intérieur est un vaste désert, habité par des Bédouins nomades et qui n'a point de villes. Le désert de Barca se confond vers le S. avec le grand désert de Sahara. On trouve cependant dans la partie méridionale les oasis d'Audgélah et de Syouah.-Conquise en 643 par les Arabes, cette contréeobéit de-puis aux Thoulounides d'Égypte, aux Aglàbites, aux Fatimites, aux' Ayoubites, aux souverains de Tunis, et enfin, depuis le xvi® siècle, aux beys de Tripoli.

BARCA, famille de Carthage. Y. BAnGINB.

BARCELONA-LA-NUEVA, v. de l'État de Vénézuela, à 70 kil. S. O. de Cumana, sur le Neveri; 5000 hab. Jadis ch.-l. de la prov., auj. déchue, à cause de l'insalubrité du climat.

BARCELONE, Barcino, v. d'Espagne, gapit. de la capitainerie générale de Catalogne et de l'intendance de Barcelone, sur la mer, à l'emb. du Llobregat, à 500 kil. N. E. de Madrid, par 0° 12' long. 0., 41° 23' lat. N.; 200 000 hab. (y compris ceux de Barcelonette, son faubourg principal). Place très-forte, dé-fendue par une citadelle à l'E. et par le fort de Juich ou Montjouy au S. Port grand, mais barré, Évêché; université; nombreuses écoles; académies, musées et bibliothèques. Monuments remarquables palais de l'Audiencsa, bourse, hôtel de ville, hôtel de la douane, cathédrale, théâtre. Antiquités nombreuses. Indus-trie active grand commerce en vins, eaux-de-vie, rubans, soieries, chapeaux, etc. - Fondée vers 230 av. J.-C. par Amilcar Barca, Barcelone appartint successivement aux Carthaginois, aux Romains, aux Goths, aux Français sous Charlemagne (801); puis elle fut le ch.-l. d'un comté vassal de la France jusqu'en 1258. Prise par les Arabes en 986, par les Français en 1640, 1697, 1714, 1808; désolée par la fièvre jaune en 1821, insurgée en 1842, 1843 et 1856. Il y fut signé en 1493 un traité par lequel Charles VIII cédait à Ferdinand le Roussillon et la Cerdagne.

BARCELONE (comté de) ou Catalogne; II fut créé par Charlemagne. en 801, après la conquête de l'Espagne sept., et fut joint au roy. d'Aquitaine. En 843, le e traité de Verdun le laissa à la France. En 888, il devint héréditaire en, faveur de la famille.Œu comte Geoffroi le Velu. Les descendants de Geoffroi conquirent le reste de la Catalogne et acquirent la Provence ; enfin ils montèrent sur le trône d'Aragon en 1137, en la personne de Raymond-Bérenger (époux de Pétronille, héritière de la couronne d'Aragon) mais tout en continuant à relever, pour le comté de Barcelone, de la couronne de France. Alphonse II, fils d2 Raymond, se rendit, en 1182, indépendant de la France, mais cette usurpation ne fut sanctionnée qu'en 1258, par la paix de Corbeil. L'histoire du comté le Barcelone se confond désormais avec celle de l'Aragon, sur lequel la dynastie de Barcelone régna jusqu'en 1412. – L'étendue du comté de Barcelone varia beaucoup : il allait d'abord des Pyrénées à l'Ebre et de la Noguera à la mer; il se grossit sensiblement par la réunion de divers fiefs et par quelques conquêtes sur les Arabes. On donne le nom de comté de Barcelone, tantôt au comté seul, tantôt à toutes les possessions de la maison de Barcelone au S. des Pyrénées; quelquefois même on y comprend le comté de Roussillon.

BARCELONE (intendance de). V. CATALOGNE.

BARCELONNETTE, ch.-l. d'arr. (B.-Alpes), à 75 k. N. E. de Digne; sur la r. dr. de l'Ubaye; 1810 hab. Trib. de l" inst., collége. Fabriques de cadis; métiers à soie; commerce de blé et de moutons. Patrie de l'orateur J. A. Manuel. - Fondée vers 1225 par Raymond-Bérenger, comte de Provence, qui lui donna ce nom parce qu'il était issu des comtes de Barcelone. Elle fut plusieurs fois prise et reprise par les Français et les ducs de Savoie, et resta définitivement à la France en 1713.

BARCILONNETTE, ch.-1. de tant. (H: Alpes), sur la Déoule, à 27 kil. S. 0. de Gap; 345 hab.

BARCINE, famille puissante de Carthage, dont le chef était Amilcar Barca, fut surtout illustrée par Annibal et Asdrubal. Elle formait une faction opposée à celle de la famille Hannon, et fut toujours ennemie jurée du nom romain.

BARCINO, v. d'Hispanie, auj. Barcelone. BARCLAY (Alex.), traducteur anglais du xvi' s., né vers 1470, mort en 1552 à Croydon, fut d'abord bénédictin, puis franciscain, et voyagea beaucoup. Il contribua par ses écrits à former la langue an-glaise. Il trad. du lat. la Nef des fous (ravis stultifera) de Brandt, ainsi que les Églogues d'4Eneas Sylvius,

BARCLAY (Jean), écrivain anglais du xvn' siècle, naquit en 1582 à Pont-à-Mousson en Lorraine, où son père, savant jurisconsulte écossais, s'était retiré pour se soustraire aux persécutions dont les Catholiques étaient alors l'objet dans sa patrie. Après la mort de son père (1605), il passa en Angleterre, y fut bien accueilli de Jacques I, qui lui donna une place lucrative, et y publia un ouvrage de son père De potestate papi (1607) : il eut à cette occasion une vive controverse avec Bellarmin, puis avec le jésuite Jean Eudæmon, qui l'accusait d'hérésie. A la suite de ces querelles il se retira à Rome, où il publia de nouveaux écrits dans le but d'établir son orthodoxie. Il y mourut -en 1621. J. Barclay est surtout connu par l'Argénis, roman allégorique écrit en latin et mêlé de prose et de vers, où il trace le tableau des vices et des révolutions des cours. Ce livre, qui faisait les délices de Richelieu, est remarquable par l'élégance et l'originalité. Publié d'abord à Paris en 1621, il a été fréquemment réimprimé, notamment à Leyde, Elzevir, 1630 et 1664, avec une clef des personnages. L'rlrgenis a été traduite en français par l'abbé Josse, 1732, et mieux par Savin, 1776. On a encore de Barclay : 1° Euphormio, autre satire allégorique, dirigée surtout contre les Jésuites, Londres, 1603, et Leyde, 1637, avec clefs, trad. par Drouet de Mau-pertuis, Anvers, 1711; 2° Icon animorumou Portrait des rimes, Londres, 1614, traduit en français, 1625; 3° Histoire de la conspiration des poudres, Oxford, 1634, et deux livres de poésies latines, 1615.

BARCLAY (Robert), célèbre quaker, né en 1648 en Écosse, d'une famille riche et ancienne, mort en 1690, embrassa en 1666, ainsi que son père, la doctrine des Quakers; se lia étroitement avec Guillaume Penn; voyagea en Angleterre, en Hollande et en Allemagne pour faire des conversions et écrivit plusieurs ouvrages pour exposer les dogmes de sa secte. Le plus connu est l'Apologie de la véritable théologie chrétienne, telle que la professent ceux que par dérision on appelle Quakers; il la publia à Amsterdam, en latin, 1676, et la dédia au roi Charles II. Elle a été traduite en français en 1702.

BARCLAY DE TOLLY (Michel), général russe, né en 1750, en Livonie, d'une famille originaire d'Écosse, mort en 1818,commença sa réputation par une entre-prise des plus hardies : en 1809 il pénétra en Suède en traversant sur la glace le golfe de Botnie. Ministre de la guerre en 1810, il dirigea en 1812 la campagne contre Napoléon, et adopta ce fameux plan de défense qui consistait à attirer les Francais au cœur de la Russie pour les y faire périr par le froid et la disette. Il commença lui-même l'exécution de ce plan comme général en chef; mais, poursuivi par l'envie, il fut au bout de peu de mois supplanté par Koutousof, et se vit forcé de servir sous les ordres de ceux aux-quels il avait d'abord commandé; il n'en rendit pas moins de grands services pendant la campagne, sur-tout à la bataille de la Moskowa. Replacé à la tête des troupes russes en 1813, après la bataille de Bautzen, il battit Vandamme à Kulm (en Bohême), contribua puissamment au gain de la bataille de Leipsick, pénétra en France, où il livra plusieurs combats meurtriers, et fit capituler Paris (30 mars 1814). En récompense de ses services il fut nommé feld-maréchal et fait prince.

BARCOCIIEBAS, imposteur juif qui parut sous le règne d'Adrien. De concert avec le rabbin Akiba, il se fit passer pour le Messie et excita parmi les Juifs une révolte contre les Romains. Il fut vaincu et tué après une longue résistance, avec un nombre immense de Juifs, l'an 135; ceux qui survécurent furent à jamais chassés de Jérusalem.

BARD, vge des États sardes, sur la Doire, à l'entrée de la vallée d'Aoste, à 36 kil. S. E. d'Aoste. On y avait élevé un fort regardé comme imprenable; il fut pris et rasé par les Français en 1800, mais rétabli en 1815. BARDANE, roi des Parthes. V. VARDANE.

BARDANE, empereur d'Orient. V. emmpelQUE. BARDAS, patrice de l'empire d'Orient, était frère de l'impératrice Théodora, femme de Théophile. Nommé par Théophile tuteur de son fils, le jeune empereur Michel (842), il s'empara de l'autorité, chassa du palais Théodora elle-même, à laquelle il devait tout, et garda le pouvoir pendant 24 ans. Michel, fatigué de son joug, s'en délivra en le faisant assassiner par Basile le Macédonien (866). Bardas favorisait les sciences et les lettres. II avait, en 857, nommé patriarche de Constantinople le célèbre Photius, qui était son neveu.

BARDAS PHOCAS et BARDAS SCLÉRUS, deux généraux

de l'empire grec qui se disputèrent le pouvoir sous le règne de Basile II et de Constantin IX. Tous deux prirent et déposèrent plusieurs fois la pourpre. Après de nombreuses vicissitudes, ils se réunirent contre Constantin IX; mais Bardas Phocas mourut empoisonné au moment où il allait livrer bataille; Sclérus fit la paix avec l'empereur et obtint de hautes dignités. Il mourut à la cour en 990.

BARDES, poètes nationaux chez les Celtes. Ils composaient des hymnes en l'honneur Des d'eux, chantaient sur la harpe les exploi ts des héros, accompagnaient les guerriers pendant qu'ils marchaient au combat, pour animer leur courage ou pour recueillir leurs hauts faits et les transmettre à la postérité. C'est en Irlande, en Écosse, en Bretagne, et dans la principauté de Galles que les chants des bardes se sont le plus longtemps conservés; les noms des bardes Fingal et d'Ossian sont devenus à jamais célèbres. -Owen Jones a fait un recueil des poèmes ces Dar-des gallois. On peut encore consulter les Recherches sur les Bardes de David Williams, Dolgelly, 1828, et les Chants populaires de la Bretagne (Bargo% Breiz), de La Villemarqué, Paris, 1845.

BARDESANE, hérésiarque du IIe siècle, né en Syrie, avait été longtemps une des gloires du Christianisme, quand il se laissa entraîner dans les erreurs des Valentiniens. Ayant abandonné cette hérésie, il se fit une doctrine particulière qui se rapproche de celle des Manichéens : il voulait comme ces derniers expliquer l'origine du mal On trouve dans Eusèbe (Prép., VI, x) un beau fragment de Bardesane surle destin.

BARDILI (Christ. Godefroy), professeur de philosophie à Stuttgard, né en 1761, mort en 1808, a publié plusieurs écrits, dans lesquels il a prétendu réformer la logique et déterminer la nature de l'absolu, que Kant avait posé comme condition de toute science, mais qu'il avait déclaré introuvable. Son système, exposé dans sa Logique première (Stuttgard, 1800), fut renversé par Fichte et Schelling.

BARDIN (le général), né à Paris en 1774, mort en 1840, était fils de Jean Bardin, peintre distingué. 11 fit avec distinction, depuis 1792, les campagnes de la République et de l'Empire, devint général de brigade en 1813, se signala à la bataille de Dresde et à. la défense d'Anvers, et quitta le service en 1814, avec le titre de baron. On lui doit un Manuel d'infanterie et un Dictionnaire de l'armée, vaste encyclopédie des sciences militaires, à laquelle il consacra 30 ans de travail. Cet ouvrage, qui forme 4 forts vol. in-8 à deux colonnes, ne fut publié qu'après sa mort (1841-50).

BARI1GES, vge du dép. des Hautes-Pyrénées, à 57 kir. S. E de Tarbes, entre deux chaînes de mont., et sur le gave de Bastan, n'a qu'une seule rue et ne compte que 400 hab. permanents. Eaux thermales sulfureuses, célèbres surtout pour la guérison des plaies d'armes à feu; hôpital militaire. Près de là est la belle cascade de Gavarnie. - Barèges donne son nom à des tissus légers en crêpe, qu'on y porte beaucoup, mais qu'an fabrique plutôt à Bagnères-de-Bigorre.

BAREILY, v. forte de l'Inde anglaise (Calcutta), eh.-l. d'un district cm même nom, à 220 ail. N. E. i'Agrah , pres du confluent de la Dhara et de la Coula ; 67 000 hab. Industrie active, collége.

BARENTIN, joli bourg de la Seine-Inf., à 17 kir. N. O. de Rouen, sur le chemin de fer de Paris au Havre; 2184 hab. Etoffes de coton , siamoises, papeteries. Station.

BARENTIN (Ch. L. Franç. de), magistrat, né en 1739, mort en 1819, fut nommé garde des sceaux en 1788, ouvrit les Etats généraux en 1789, s'efforca vainement de rapprocher les partis, fut chargé de signifier à l'Assemblée le refus fait par Louis XVI d'éloigner les troupes de la capitale, se vit pour ce motif dénoncé par Mirabeau comme ennemi du peuple, émigra, mais revint après le 18 brumaire et vécut depuis dans la retraite.

BARENTON, ch.-1. de cant. (Manche), à. il kil. S. E. de Mortain; 533 hab. Toiles, grains. BARRRE (Bertrand) DE vtEUZac, conventionnel, né à Tarbes en 1755, mort en 1841, avait été d'abord avocat à Toulouse. l:lu député du tiers aux États généraux, il ne se fit guère remarquer dans l'Assemblée Nationale que par d'estimables travaux sur le droit public, sur les finances et l'administration, et fut chargé de prononcer l'oraison funèbre de Mirabeau. A la même époque, il rédigeait un journal politique, le Point c':c Jour, assez modéré. Député à la Convention, il joua dans cette nouvelle assemblée un des principaux rôles, se rallia au parti le plus violent, fut nommé membre du comité de constitution et peu après présidant de la Convention; il dirigea en cette qualité le procès de Louis XVI et vota pour la mort. Membre du Comité de salut public de 1793 à 1795, il remplit les fonctions de rapporteur de cette commission sanguinaire et fit décréter que a la'ferreur était à l'ordre du jour. P Il finit pourtant par se séparer de ses principaux collègues, Robespierre, Couthon et St-Just, et eut une grande part à l'événement du 9 thermidor. Il n'en fut pas moins proscrit et condamné à la déportation comme membre de l'ancien Comité de salut public (12 germinal an In), mais il s'évada. Amnistié après le 18 brumaire, il vécut oublié sous le Consulat et sous l'Empire. Pendant les Cent-Jours, il fut membre de la Chambre des Re-présentants. Exilé par les Bourbons comme régicide,il alla vivre à Bruxelles et ne revint en France qu'a-près la Révolution de .1830. On a de Barère, outre plusieurs écrits politiqués et de nombreux Discours et Rapports aux diversesassemblées législatives, quelques écrits littéraires (Éloges de Louis X11, de l'Hôpital, de Montesquieu, de J. J. Rousseau, Beautés poétiques des Nuits d'Young, les Veillées du Tasse, etc.). Barère était un orateur facile et disert, mais il avait peu de force; il chercha souvent à colorer d'un brillant vernis d'éloquence les motions les plus sanguinaires, ce qui le fit surnommer l'Anacréon de la guillotine. Son nom se trouve associé aux actes les plus violents; cependant il n'était pas cruel : il était plutôt faible et lâche. Ses Mémoires ont été publiés par M. Carnot fils, avec une Notice, Paris, 1834, 2 v. in-8.

BARETOUN (si-), Parmtonium v. d'Égypte, sur la Méditerranée, à 244 O. d'Alexandrie, et sur la frontière du Barca. Ruines antiques.

BARETTI (Jos.), littérateur italien, né à Turin en 1716, mort à Londres en 1789, écrivit avec succès en prose et en vers, et vint en 1751 se fixer à Londres, où il enseigna la langue et la littérature italienne. Il a donné, entre autres-ouvrages, une traduction en vers des tragédies de Corneille, Venise, 1748; un Dictionnaire anglais et italien, Londres, 1760, et une Grammaire italienne et anglaise, ouvrages fort répandus en Angleterre. -

BARFLEUR, Barafletum, petit port de France (Manche), dans l'arr. et à 25 k. N. E. de Valognes; 1200 hab. Vastes hultrières. Beau phare dit de Gatteville. C'était jadis une ville importante. - C'est là, dit-on, que Guillaume le Conquérant prépara son expédition contre l'Angleterre. C'est aussi là que s'emnarqua Henri I en 1120 pour la traversée dans laquelle périren. ses deux fils. Cette ville l'ut ruinée par lidouard III en 1346.

BARGEMONT, vge de Franco (Var), à Il kil. N. E de Draguignan; 1900 hab. Patrie de Moréri.

BARHEBRIEUS. l'. ABOUL-EARADe.

BARI, Barium, v. de l'Italie méridionale, ch.-l. de la Terre de Bari, à 230 kil. N. E. de Naples, sur l'A-driatique; 22000 hab. Archevêché, citadelle, grand arsenal, collége pour les nobles, lycée. Port ensablé. Quelque industrie, un peu de commerce; liqueur renommée dite Sta-Scolastica.Patrie de Piccini. - Quoique soumise aux Romains, Barium conserva ses magistrats. Après la chute de l'empire, elle tomba entre les mains des Sarrasins, leur fut enlevée en 841 par les empereurs grecs; fut prise au xi° siècle par les Normands, qui en firent la capitale de leur principauté, et passa ensuite aux rois de Naples.

BARI (Terre de), partie de l'anc. Apulie, ' entre la Basilicate, la Capitanate, la Terre d'Otrante et l'Adriatique, a 155 kit. sur 48, et 450000 hab., dont beau-coup d'Amantes. Elle est traversée par une chaîne des Apennins et arrosée par l'Ofanto. Le sol est très-fertile; le climat très-chaud. Buffles, doutons à laine très-fine; côtes très-poissonneuses; salines.

BARILLON (N. de) ambassadeur de France près du roi d'Angleterre Charles II, était un homme de plaisir fort propre à traiter avec un tel roi. Ch. Fox a publié sa Correspondance avec Louis %IV de 1684 à 1685 (à la suite de son Histoire de Jacques II).

BARIUSI, v. d'Apulie, auj. Bari.

BARJAC, ch.-l. de cant. (Gard), à 36 kir. N. E d'Alais; 1715 hab. Houille.

B ARJÉSU, faux prophète juif, que S. Paul priva de la vue à Paphos, parce qu'il s'opposait à la prédication de l'Évangile. On le nommait aussi Élymas.

BARJOLS, ch. 1. de cant. (Var), à 36 41. E. d'A-lais; 3004 hab. Chapelle souterraine à stalactites. Huile estimée, distillerie, vermicelle, nougat.

BARJONE (Simon), c.-à-d.Simon, fils deJone on de Jonas, vrai nom re S. Pierre. V. ricana (S.).

BARRER (H.), philologue anglais, 1788-18'39, donna des éditions estimées des classiques grecs et latins et publia à Londres, de 1816 à 1828, une nouvelle édit. du Thesaurus lingua: grwcæ 3e H, Étienne. BARKIAROC, chah de Perse de la dynastie des -ISeldjoucides, fils de Malekchah, monta sur le trône '7 en 1093, et fut contraint de partager ses Etats avec _ses deux frères Mohammed et Sandjar. Lors dela 1°°

Croisade, il envoya contre les chrétiens à Antioche, =sous la conduite de Kerboga, une armée qui fut dé-=faite en 1098. II mourut en-1105.

BARKOK, chef d'une dynastie des Mameloukscircassiens en Égypte, était d'abord esclave. Il s'éleva aux premières dignités de la milice des Mamelouks,

1 et chassa du trône le soudan Hadji (1382), de la dynastie des Baharites. Il eut à combattre plusieurs in-surrections, mais il en triompha. Il rétablit l'ordre dans 1'Etat, fonda un collège au Caire, fit défricher le Fayoum, et laissa 400 000 pièces d'or dans son épargne. II mourut en 1399.

BARLAAM, savant moine de l'ordre de St-Basile, né dans la Calabre ultérieure vers l'an 1300, mort vers 1348. Etant allé en Grèce pour y étudier la langue de ce pays, alors entièrement inconnue en Italie, il y embrassa le schisme grec et jouit d'une grande faveur auprès de l'empereur Andronic le Jeune, qui l'envoya vers 1339 en Occident pour de-mander des secours contre les Turcs et les Bulgares et pour travailler à la réunion des deux églises. Ii s'attira dans la suite une disgrâce pour avoir contredit les moines du mont Athos, qui soutenaient que la lumière du mont Thabor était la gloire incréée de Dieu, et il se vit forcé de quitter Constantinople. Il revint alors en Italie et rentra dans le sein de l'Église catholique. Clément VI le nomma évêque de Gerace. Barlaam a laissé un grand nombre d'écrits, parmi lesquels on distingue : Contra primatum Papæ, en grec, Hanovre,1608; six livres d'Arithmétique algébrique, Paris, 1606; deux livres d'une Éthique selon les Stoïciens, dans la Bibliothèque des Pères. Il est des premiers qui aient fait renaître eu Italie l'étude de la langue et de la philosophie grecques.

BARLIEUS (Gaspard VAN BAERLE, en latin), né en 1584 à Anvers, mort en 1648, fut ministre d'une église réformée, puis professeur de logique à Leyde, 1617; perdit cet emploi pour s'être déclaré en faveur de la secte des Arminiens, et fut nommé en 1631 professeur de philosophie à Amsterdam. On a de lui des poésies latines estimées, recueillies sous le titre de Poentata, Amsterdam, 1645; des discours latins, Orationes, 1632 et quelques écrits historiques.

BARLETTA, Barolum, v. du roy. d'Italie (Terre de Bari), ch.-l. de district, à 40 kil. N. O. de Bari, sur l'Adriatique; 20 000 hab. Port; grande cita-delle, mais presque ruinée; belle cathédrale; col-lège fondé par Ferdinand IV; statue colossale qu'on suppose représenter l'empereur Héraclius. La ville est belle et bien bâtie. Riche saline, pêche active. - Fondée au xi° siècle; agrandie, embellie par Frédéric II en 1250• elle était considérée au xv° siècle comme un des boulevards de ?Italie. Néanmoins, elle fut prise par Gonsalve de Cordoue( 1583).

BARLETTA Fra Gabriele de), prédicateur dominicain du xv° siècle,. jouit à Naples d'une grande réputation; il attirait la foule en mêlant dans ses prédications le burlesque au sérieux. Ses sermons ont eu plus de :30 éditions tant en France qu'en Italie.

BARLOW (Joèl), poète et diplomate américain, né en 1755 dans le Connecticut, prit part dans sa première jeunesse à la guerre de l'indépendance, fut à la fois ministre presbytérien et avocat, fut consul à Alger, à Tripoli, ministre plénipotentiaire à Paris (1811), et mourut en 1812 en Pologne, où il s'était rendu pour négocier avec Napoléon. Il s'est fait un nom par un poème en 10 chants, la Vision de Colomb ou la Colornbiade, qu'il publia en 1781 (réimprimé avec luxe en 1807 à Philadelphie).

BARMÉCIDES, c.-à-dire fils de Barmek, famille célèbre en Orient par son élévation et par ses mal-heurs, joua un rôle important sous les premiers califes abbassides. Le premier qui soit connu dans l'histoire est Khaled, fils de Barmek noble du Khoraçanil fut promu vers 750 à la dignité de grand v'.ztr par Aboul-Abbas, qu'il avait contribué à placer sur le trône, et conserva quelque temps cette charge sous Almanzor, dont le règne glorieux fut en grande partie son ouvrage. Il devint ensuite gouverneur de Mossoul (765), et fut chargé d'élever l'héritier du trône, Haroun-al-Raschid (778); il mourut peu après, avec une grande réputation de sagesse.-Son fils Yahia, porta au plus haut point la fortune et la gloire des Barmécides. Il contribua beaucoup à assurer la couronne à Haroun qui en reconnaissance lui donna la charge de vizir dès qu'il fut sur le trône (786) : c'est à lui qu'est dit l'éclat du règne d'Haroun-al-Raschid.-Yahia eut plusieurs fils, dont les plus connus sont : Fadhl et Djafar (le Giafar des Mille et une Nuits) qui tous deux partagèrent la fortune et la faveur de leur père; on les nommait les Petits Vizirs. Fadhl eut l'administration de la justice, et Djafar, la surintendance du palais du calife : il était le compagnon et le confident du prince. Haroun lui confia en outre l'éducation de son fils Al-Mamoun. Au bout, de 17 ans d'une prospérité sans égale, cette famille se vit tout d'un coup renversée du faite des grandeurs et frappée de la manière la plus cruelle, par ce même Haroun-al-Raschid qui lui devait tant (803). Djafar fut décapité à Anbar, à peine âgé de 37 ans; Yahia fut, ainsi que son fils Fadhl, envoyé dans une prison lointaine; tous les parents ou amis des Barmécides, enveloppés de la même disgrâce, furent massacrés ou emli'risonnés, et dépouillés de leurs biens. On ne connaît pas bien la cause de cette étrange révolution : selon les uns, Haroun était jaloux des Barmécides qui avaient usurpé tout le pouvoir et ne lui laissaient que le vain nom de calife; selon d'autres, Djafar avait désobéi au calife en mettant en liberté un descendant d'Ali qu'il lui avait ordonné de mettre à mort; selon d'autres enfin, Djafar avait séduit une soeur du prince, la belle Abbassa, pour laquelle Haroun avait lui-même une vive passion. Les mal-heurs des Barmécides ont été chantés par les poètes orientaux; ils ont aussi fourni le sujet de plusieurs tragédies, de celle entre autres que La Harpe fit représenter en 1778.

BARMEN, v. de la province rhénane (régence de Dusseldorf), sur la Wüpper, est contiguê àElberfeid; 43 000 hab. Industrie florissante. Tissage du coton, métiers à toile, rubans, velours, quincaillerie. Cette ville a été formée tout récemment par la réunion de 8 villages compris dans la vallée de la Wüpper.

BARNABÉ (S.), undes premiers disciples des apôtres, cousin de S. Marc, était Juif et établi en Chypre. Il se convertit peu après S. Paul qui avait été son condisciple, alla avec lui prêcher la foi aux Gentils, parcourut l'Asie-Mineure, la Syrie, la Grèce, et souffrit, à ce qu'on croit, le martyre à Salamine en Chypre, vers l'an 63. On a sous son nom un Évangile et ses Actes, qui sont apocryphes, et une Épître dont l'authenticité est plus vraisemblable (dans les collections des Pères). On le fête le 11 juin. L'église de Milan le reconnalt pour son apôtre.

BARNABITES, ordre religieux de clercs réguliers, institué à Milan, en 1530, par Antoine-Marie Zaccaria, tire son nom d'une église dédiée à S. Barnabé, dans laquelle cet ordre s'établit d'abord. Ces religieux se vouent aux missions, aux prédications et à l'instruction de la jeunesse, et font veau de ne pas rechercher les dignités de l'Eglise. Ils fondèrent en Italie, en Espagne, en Autriche, en Bohème et en France, où ils furent appelés en 1608, des collèges qui ont fourni un grand nombre d'hommes célèbres, tels que J. Morigia, A. Torniel, Côme d'Ossène, le P. Niceron. Les Barnabites n'existent plus qu'en Italie et en Espagne.

BARNAOUL, v. de la Russie d'Asie (Tomsk), sur le Barnaoul, à 380 kil. S. de Tomsk, 10 000 h. Siège de la direction des mines de l'Altaï. Fonderie ; manu-facture de glaces; fours à chaux. Lav. doit son origine à des usines fondées en 1730 par Nikita Demidoff. BARNAVE (Pierre-Joseph-Marie), né en 1761 à Grenoble, était déjà célèbre dans cette ville comme avocat lorsqu'éclata la Révolution. Partisan des idées nouvelles, Il fut nommé député du tiers état aux États généraux par le Dauphiné, et bientôt il s'acquit;. par son éloquence et son ardent amour pour la liberté, une très-haute influence et une grande popularité. Il parla dans toutes les discussions importantes, et souvent il osa lutter contre Mirabeau. Barnave, qui avait combattu avec énergie la royauté tant qu'il s'agissait de faire reconnaître les droits du peuple, voulut combattre pour laa. royauté lorsqu'il fut question de lui enlever à elle-même ses. droits légitimes. Dès ce moment, sa popularité chancela, et il la perdit bientôt entièrement. Ayant été envoyé comme commissaire à Varennes, après l'arrestation de Louis XVI dans cette ville, il revint dans la voiture même du roi pour mieux assurer son retour, mais il lui témoigna les plus grands égards, ainsi qu'à la reine. Cette noble conduite le fit regarder comme un déserteur de la cause du peuple. Après la session, il se retira à Grenoble : il y exerçait les fonctions de maire lorsque l'ouverture de l'armoire de fer vint, après la journée du 10 août, découvrir une corresondance qu'il avait entretenue avec la cour dans res derniers temps; il fut arrêté le .19 août 1792, resta 15 mois dans les prisons de Grenoble, et fut ensuite conduit à Paris, où il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire. Il n'avait que 32 ans. Un de ses plus éloquents discours est celui qu'il prononça devant ses juges. Il laissait de nombreux manuscrits, qui ont été publiés en 1843 par les soins. de M. Bérenger, sous le titre d'OEuvres de Barnave.

BARNES (Josué), savant helléniste, né à Londres en 1654, mort en 1712, fut professeur de grec à Cambridge. Il a laissé, outre plusieurs ouvrages originaux des éditions estiméesd'Euripide, Cambridge, 1694; d'Anacréon, 1705; et'd'Homère, 1710. Il avait beaucoup d'érudition, mais peu de jugement et de goût, ce qui fit dire au spirituel Bentley que Barnes savait le grec aussi bien qu'un savetier d'Athènes.

BARNET, b. d'Angleterre (Hertford), à 16 k. N. O. de Londres; 2400 hab. Warwick, alors général de Henri VI, y fut battu et tué par Édouard d'York, 1471.

BARNEVELDT (Jean oLDEN-), grand pensionnaire de Hollande, magistrat intègre, négociateur habile, et ardent ami de la liberté de son pays, naquit en 1549 à Amersfoort, remplit diverses missions près d'Élisabeth, de Jacques I et de Henri IV, et eut la gloire de conclure avec l'Espagne en 1609 le traité

i assurait l'indépendance des Provinces-Unies. A etête du parti républicain, il s'opposa de tout son pouvoir à l'ambition du stathouder Maurice de Nassau, qui menaçait la liberté de la Hollande; il se vit par là exposé aux attaques les plus violentes. Deux fois il voulut se retirer des affaires; il ne fut retenu que par les instances des députés des États. Maurice, ayant enfin pris le dessus, le fit condamner comme hérétique en 1618 par le synode calviniste de Dordrecht, parce qu'il avait embrassé la doctrine des Arminiens, et 1 année suivante il le fit juger par une commission et condamner à mourir sur l'échafaud l'accusant d'avoir livré son pays aux Espagnols. l'll subit le supplice avec la plus grande fermeté. Barneveldt était âgé de 70 ans. Sa mort a fourni à Lemierre le sujet d'une tragédie. - Il laissa deux fils, René et Guillaume. Le deuxième avait conçu le projet.d'assassiner Maurice pour venger son père, et avait communiqué son dessein à René qui., sans l'approuver, n'avait cependant pas voulu le énoncer. Le complot ayant été découvert , Guillaume échappa par la fuite; René fut pris, et, quoiqu'innocent, il fut mis à mort (1623).

BARNEVILLE, ch. 1. de c. (Manche), à 25 kil. S. O. de Valognes; 604 hab. Église romane.

BAEOCIIE (Frederico aaaoccr, dit le), célèbre peintre italien, né à Urbin en 1528, d'une famille qui avait déjà produit plusieurs artistes distingués, seforma d'abord par l'étude des tableaux de Rapbaëi et du Titien; puis, quittant le sublime pour le gracieux, prit le Corrégepour - modèle. Appelé à Rome -par Pie IV, il exécuté. pour ce pape plusieurs grands ou- - vrages de peinture au palais du Belvédère. Pendant son séjour à-Rome, quelques peintres, jaloux de ses succès, tentèrent de. l'empoisonner; il m'avait alors que 32 ans; les soins qu'il reçut aussitôt l'arrachèrent à la mort, mais sa santé en fut profondément altérée pour le reste de ses jours. Il vécut cependant = encore longtemps et put produire de nouveaux chefs d'o;uvre. Il mourut à Urbin à 1612, à 84 ans. Ceui - de ses tableaux qu'on estime le plus sont une Déposition decroie, le Pardon, l'Annonciation, le Mar Lyre de S. Vital. Le Louvre possède de ce' maître un S. Antoine, une Ste Lucie et une Jfdone. Il se distingue par la noblesse dit style et la« pureté 'du goût.

BARODE, v. de -l'Inde anglaise (Bombay), ch. I. de district, dans le Guzzerat, à 130 kil, N. de Su-rate; 100 000 hab. Beau port, vastes citernes, pagodes, hôpitaux, quelques beaux monuments, restes de la puissance des Mogols. La v. a beaucoup souffert d'un tremblement de terre en 1819.

BAROEUL,.petit pays de l'ans. Flandre, donne son - nom à Marc-en-Barceul et à Mons-en-Barœul (Nord). BARON, fission mi varois (dérivé du viol]. ail. bar, libre, ou selon d'autres du lat. tir, homme). Ce titre n'était guère employé.; avant le vs° siècle. A. cette époque on nommait communément hauts barons tous les grands- du royaume, tous ceux qui. exerçaient dans leur plénitude • les droits féodaux qu'ils fus-sent ducs, comtes ou. évêques. Lettre ide baron eut beaucoup d'éclat aux xi°, xn et xni° siècles. Les pria- - ces du sang et lés fils du roi le préférèrent souvent à celui de.cointe_ou de duc.. Lés Montmorency se qualifiaient de premiers barons de France, de premiers barons chrétiens. De nos jours, le titre de baron n'est plus qu'un titre de noblesse conféré par le roi ou l'empereur et inférieur à celui de comte.

BARON (MichelTaovuoN ,. dit) , célèbre acteur, né à Paris ' en 1653, fut l'élève et l'ami de Molière. Doué par la nature. des plus heureux dons, il sut encore les perfectionner par l'art, et mérita d'être appelé le Roscius de son siècle. Après avoir par-couru quelque temps la province, il vint à Paris et s'engagea dans la' troupe de Molière. A la mort de son ami, il passa à l'hôtel de Bourgogne. Il quitta le théâtre dans la force de l'âge et du talent, à 39 ans (1691). Cependant il reparut sur la scène après une absence de près de trente ans, à l'âge de 67 ans (1720); il semblait n'avoir rien perdu. Il mourut en 1729. A la fois grand comique et grand tragédien, il créa plusieurs des plus beaux rôles des pièces de Molière et de Racine, Baron a composé lui-même qquuelques. comédies : la plus connue est' l'Homme d bonzes fortunes. On a dit qu'il était non seulement l'auteur et l'acteur principal mais aussi le héros de cette pièce. Il a aussi traduit i'Andrienne de Térence. Son théàtre.a été imprimé à Paris, 1759, 3 v. in-12.

BARONI.JS (César), cardinal, né en 1538-à Sera, dans le roy. de Naples, mort en 1607, devint, en 1593, général de la congrégation de _l'Oratoire en Italie. Clément VIII le choisit pour coofesseur et le nomma en .1596 cardinal et bibliothéqaire du Vatican. Il fut deux fois sur le point d'être lui-même nommé pape. Il a composé des Annales ecclésiastiques, 12 vol. in-fol., Rome' 1.588-1593 elles embrassent toute l'histoire de l'Église e depuis les premiers temps jusqu'en 1108. Malgré quelques erreurs de détail, surtout dans la partie chronologique, ce grand ouvrage, entrepris pour rectifier ce qu'il y avait d'inexact dans les Centuries de Magdebourg est resté classique en son genre. Il a été continué par Rainaldi, Laderchi et Theiner. L'ouvrage entier a été réimprimé à Lucques, en38vol. in-fol., 1738-57.

BARONNET, titre de noblesse créé en Angleterre en 1611, par Jacques I, vient après celui de baron et est héréditaire. Ce titre, qui donne droit de placer le mot Sir devant son nom, se vendit d'abord; depuis, il a été conféré gratuitement et réservé aux illustrations 'le tout genre.

BARONNEtS(les),petit pays duH: Dauphiné,auS., répond auj. à une partie du dép. de la Drôme. On y distinguait les deux baronnies de Mévoillon et de Montauban, d'où le pays tira son nom. Toutes deux furent réunies au Dauphiné par Humbert I et ses fils vers la fin du un« siècle. - On donnait aussi ce nom à une partie du B.-Armagnac, qui avait pour ch.-1. Castelmayran (Hte-Garonne).

BARONS (conjuration des), formée, après la mort d'Alphonse le Magnanime, roi de Naples et d'Aragon, contre Ferdinand, son fils, par les barons napolitains, qui lui opposaient Jean I, duc de Calabre, fils de René d'Anjou (1461). Celui-ci, d'abord vainqueur, fut bientôt abandonné de ses alliés, et Ferdinand reçut, en 1464, la soumission de tous les barons napolita.ins. Vingt ans après, impatients du joug, les barons se soulevèrent de nouveau; mais la conjuration fut découverte, et Ferdinand, les ayant attirés dans son palais, les y fit mettre à mort. San-Se-Gerino, prince de Salerne, échappa seul au piége : il s'enfuit en France à la cour de Chprles VIII, et fut un des plus ardents promoteurs de la guerre qui, quelques années plus tard, détrôna Ferdinand.

BAROUTCI3 on BROACH, Barygaza, v. de l'Inde anglaise (Bombay), ch.-1. de district, sur la Nerbudda, àl00kil. N. de Surate; 33 000 h. Citadelle. Mousselines; grand commerce en riz, huile, grains coton. -Cédée en 1782 par les Mahrattes aux Anglais.

BAROZZIO, architecte. V. VIGNOLE.

BARQUISIMETO, v. du Vénézuela, à 145 kil. O. S. O. de Valencia, ch. 1. (depuis 1830) d'une prou. qui prend son nom; 10000 hab.-Fondée en 1552, ruinée en 1812 par un tremblement de terre.

BARR, v. d'Alsace-Lorraine, à 14 kil. N. de Schelestadt; 3976 h. Industrieuse et commerçante. Aux environs, grande forêt, dite Forêt de Barr; source minérale tiède, dite de St-Ulrich, et chapelle de Ste-Odile, but de pèlerinage.

BARRA, Etat de la Nigritie occid., au N. de la Gambie; 200 000 hab.; tapit. Barra-Inding. BARRABAS. V. BARABBAS.

BARRAL (l'abbé), littérateur, né à Grenoble vers 1700, mort en 1772, vint à Paris où il se voua à l'éducation de la jeunesse, et où Il se fit estimer par ses qualités. Il était zélé janséniste. Il est surtout connu par un Dictionnaire historique, littéraire et critique des hommes célèbres, 6 vol. in-8, Paris, 1758, où il donne une grande place aux hommes de son parti : on a dit que c'était le martyrologe des Jansénistes fait par un convulsionnaire. On a aussi de 'lui : Dictionnaire portatif, historique, géographique et moral de la Bible, 175G; Dictionnaire des antiquités romaines, extrait de Pitiscus, 1766.

BARRAS (Paul Fr. J. Nie., comte de), l'un des directeurs de la république francaise, né en 1755 à Fos-Emphoux (Var), d'une famille ancienne, entra de bonne heure au service, fut envoyé à l'Ile de France, puis dans l'Inde, où il concourut à la défense de Pondichéry; se retira avec le grade de capitaine; vint à Paris, où il mena quelque temps une rie fort dissipée, se jeta dans le parti de la Révoution et prit part, en 1789, à l'attaque de la Bastille. (.lu député à la Convention par le département du var en 1792, il siégea avec les Montagnards; l'an-née suivante il fut envoyé dans le Midi, en qualité de commissaire de la Convention, pour réprimer les mouvements des fédéralistes et des royalistes, pressa le siège de Toulon et distingua pendant ce siége le jeune Bonaparte, qui n'était encore que capitaine. Nommé au 9 thermidor (27 juillet 1794) commandant de la force armée de Paris, il s'empara de la personne de Robespierre et délivra la France du règne de la Terreur. Chargé quelque temps après de défendre la Convention contre les Insurgés, il dirigea la journée du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), et,secondé par le général Bonaparte, dispersa le peuple par la mitraille. Lors de la création du Directoire, il en fut nommé membre; il fut longtemps un des directeurs les plus influents, et forma avec Rewbell et La Réveillère une espèce de triumvirat. Pour assurer leur puissance, ces trois directeurs firent le fameux coup d'État du 18 fructidor (4 septembre 1797), et proscrivirent un grand nombre de membres des deux Conseils, accusés de tendances royalistes. Mais bientôt après, le gouvernement du Directoire tomba dans le discrédit; il fut renversé au 18 brumaire (9 nov. 1799) par le général Bonaparte. On assure qu'au moment où éclata cette révolution, Barras négociait pour replacer les Bourbons sur le trône. Il se retira dans son château de Gros-Bois, puis à Bruxelles, rentra en France sous la Restauration, et mourut oublié à Chaillot en 1829, accablé d'infirmités. Barras était un homme de moeurs dissolues; il était en outre avide d'argent. On l'accuse d'avoir dilapide les finances et introduit dans, l'administration la corruption et la vénalité.

BARRAUX, vge du dép. de l'Isère, à 34 kit. N. E. de Grenoble, et à 2 kil. des frontières de Savoie; 1800 hab. Fort construit en 1596 par Charles-Emmanuel, duc de Savoie, pris en 1597 par les Français, qui l'ont gardé par le traité de Vervins (1598).

BARRE, ch. 1. de tant. (Lozère), à 10 kil. S. Et de Florac; 421 hab. Église calviniste.

BARRÉ (Yves), vaudevilliste, né à Paris en 1750, mort en 1832 , fut d'abord avocat au parlement, puis greffier à Pau. De concert avec Piis, Radet et Desfontaines, il fonda en 1792 le théâtre du Vaudeville, alors rue de Chartres. Il en eut la direction jus-qu'en 1815, et enrichit d'un grand nombre de Charmants vaudevilles le répertoire de ce théâtre. Il a aussi composé de joyeuses et spirituelles chansons.

BARREME, ch: 1. de c. (B.-Alpes), dans une vallée de même nom, à 36 kil. S. E. de Digne; 760 h. BARRÉME (Fr.), calculateur dont le nom est de-venu proverbial, né à Lyon vers 1640, mort à Paris en 1703, donna longtemps à Paris des leçons de te-nue de livres et jouit de la protection de Colbert. II a publié le Livre des Comptes faits, plus communément appelé de son nom le Barrême, 1670, et sou-vent réimprimé; le Livre nécessaire, contenant le cal-cul des intérêts 1674; le Livre du grand commerce, contenant les changes, 1691.

BARRÈRE. V. BARÈRE.

BARRETT (J. J. de), laborieux traducteur, né à Condom en 1717, mort à Paris en 1792, était fils d'un Anglais qui avait suivi le roi Jacques II en France. Il fut nommé en 1762 professeur de langue latine à l'École militaire, et trois ans après inspecteur des études dans cet établissement. Il a traduit les Offices de Cicéron, 1759, les traités de l'Amitié de la Vieillesse et le Songe de Scipion, 1760, les Métamorphoses d'Ovide, 1778, les OEuvres de Virgile, 1782 (d'après la traduction de Catrou), l'Histoire de Tacite ouvrage posthume publié en 1811 par Deialain; l'Histoire de Florence, de Machiavel, 1784; l'Éloge de la Folie, d'Erasme, 1789; le Select,x e profanis scriptoribus sous le titre d'Histoires et Maxi-mes morales, etc., 1781.

BARRIA ou BAHR-ABAD, partie centrale de l'Arabie, comprend le Nedjed et les vastes déserts qui s'étendent entre l'Euphrate à l'E. et la Syrie au N. O. Ces déserts sont parcourus en tous sens par un grand nombre de tribus nomades.

BARRICADES (Journée des). Le 12 mai 1588, le duc Henri de Guise, chef des Ligueurs, étant venu à Paris malgré la défense du roi Henri III, ce prince fit entrer des Suisses dans la ville, afin de l'expulser; mais le peuple, animé par les Seize, barricada les rues avec des barriques ou tonneaux et avec des chaînes afin de s'opposer à la marche des troupes, et les força par ses attaques à reculer. Henri III effrayé•quitta sa capitale le lendemain. -Le 5 août 1648, le peuple de Paris, irrité de l'arrestatlrn de Blancmesnil, Charton et Broussel, conseillers aul tugais sur la côte de Guinée, puis trésorier et enfin parlement, éleva aussi des Barricades : ce fut le agent général des colonies. Profitant des lumières commencement de la Fronde. - On connaît encore

les Barricades de juillet 1830 et de février 1848.

V. JUILLET et FÉVRIER.

BARRIÈRE (P.), régicide, né à Orléans, avait été d'abord batelier, puis soldat. Ayant conçu le projet d'assassiner Henri IV, il s'en ouvrit au P. Ban-chi, dominicain, qui révéla son coupable projet : il fut arrêté à Melun au moment où il allait exécuter l'attentat. Il fut rompu vif (1593). Le parlement accusa le P. Varade, recteur des Jésuites, de l'avoir poussé au crime, mais Henri IV prit lui-même la défense de ce père.

BARRIÈRE (J. de La), instituteur de la congrégation des Feuillants, né en 1544 à St-Céré en Quercy, mort à Rome en 1600, fut nommé en 1562 abbé de Feuillant, au diocèse de Rieux. Il réforma cette aboaye et imposa à ses moines des austérités excessives; la nouvelle règle fut approuvée par Sixte-Quint en 1586. Pendant la guerre de la Ligue, il resta fidèle à Henri III, ce qui lui attira des persécutions. Sixte-Quint, trompé par les ennemis de ce saint homme, le dépouilla de son abbaye et le manda à Rome; mais il fut rétabli peu après par le pape Clément VIII, et mourut àRome en odeur de sainteté.

BARRIÈRES (traité des) ou DE LA BARRIÈRE, traité particulier signé entre la France et la,Hollande, le 29 janvier 1713, quelques mois avant le traité d'U-trecht, et par lequel Louis XIV accordait aux Hollandais, comme barrières, les villes de Tournai, Ypres, Menin, Furnes, Warneton, Comines et le fort de Knock. -On connaît aussi sous le même nom un traité conclu le 15 novembre 1715 entre les Hollandais et l'Empereur, devenu possesseur des Pays-Bas espagnols : ce traité, confirmatif du précédent, accordait aux Hollandais le droit de tenir garnison dans un certain nombre de places des Pays-Bas (les mêmes que celles qui sont nommées ci-dessus).

BARROTS, anc. prov. de France, faisait partie du grand gouvernement de Lorraine, et s'étendait sur les deux rives de la Meuse, ayant pour bornes au N. la Lorraine proprement dite et une partie de l'évêché de Verdun, au S. la Champagne et les Vosges. Il forme auj. à peu près tout le dép. de la Meuse et une partie de celui des Vosges; capit., Bar-le-Duc. Il dépendait pour le spirituel en partie de l'évêché de Verdun, en partie de l'évêché de Toul. On le divisait en Barrois royal ou mouvant et Barois ducal ou non mouvant. Le 100, situé sur la riv. g. dela Meuse, dépendait du parlement de Paris; le 20, situé sur la rïv. dr., dépendait du parlement de Nancy. - Ce pays, connu dès le v0 siècle sous le nom de pagus Barrensis, fut enclavé dans le roy. d'Austrasie, puis, au ix' siècle, compris dans le duché de Haute-Lorraine ou de Mosellane. Il eut une suite de comtes peu connus. L'affaiblissement des Carlovingiens per-mit aux comtes de Bar de se rendre indépendants; ils le furent en effet depuis 958 jusqu'en 1302. A cette époque, Henri III, comte de Bar, s'étant allié aux Anglais contre la France, fut battu et fait prisonnier par Philippe le Bel. Pour obtenir sa liberté, il fut obligé de faire hommage au roi deFrante de tout ce qu'il possédait sur la rive de la Meuse. C'est de ce moment que date la distinction du Barrois mouvant (c. -à-d. relevant de la couronne) et du Barrois non mouvant. En 1354, le comté de Bar fut érigé en duché en faveur de Robert, qui épousa Marie de France, fille du roi Jean. Le cardinal de Bar, resté seul des 4 enfants de ce prince, hérita du duché; mais il en céda la propriété, en 1419, à son petit-neveu René, duc de Guise, qui devenu en 1431, duc de Lorraine, réunit les deux États. Depuis, le Barrois, tout en conservant ses droits, ses coutumes et sa juridiction particulière, suivit les destinées de la Lorraine.

BARROS (J. de), célèbre historien portugais, né à Viseu en 1496, mort en 1571, fut, sous le règne de han III, gouverneur général des établissements per

que lui fournissait sa position, il rédigea, sous le titre d'Asie portugaise, Lisbonne,1552 et années sui-vantes, une histoire des Portugais dans l'Inde (de 1412 à 1526) en 4 décades ou 40 livres, ouvrage classique pour le style autant que pour l'exactitude des faits, et qui a beaucoup contribué à fixer la langue. Cette histoire lui a valu. le titre de Tite-Live portugais. Elle a été augmentée de 8 décades nouvelles par D. de Conte. Les ux ouvrages ont été réunis à Lisbonne, 1778-88,'24-vol. in-8.

BABROW (Isaac), gavant anglais, -né à Londres en 1630, mort en 1677, était philologue, mathématicien et théologien. Il obtint en 1660 une chaire de grec à Cambridge; en 1662, il fut chargé d'une chaire de mathématiques et eut la gloire de compter Newton au nombre de ses élèves; il fut reçu en 1662 à la Société royale. En 1669, il résigna sa-chaire de mathématiques en faveur de Newton. Depuis, il se livra tout entier à la théologie et devint chapelain de Charles II. Il fut nommé, en 1675, chancelier de l'Université de Cambridge. Barrow a traduit et éclairci les traités des géomètres grecs, a fait lui-`-même un assez grand nombre de découvertes en géométrie et a mis sur la voie de la découverte du calcul différentiel. Ses ouvrages mathématiques sont : des Leçons d'Optique et de Géométrie, Londres, 1674, en latin, où Il exposa les découvertes quilui sont propres; une traduction latine d'Archimède, d'dpollonius, Londres, 1675• une Exposition des admets d'Euclide, 1659 et 1698. On a aussi de lui des DEuvres théologiques, morales et poétiques, que Tillotson a recueillies,à Londres :en 1682, en,3 vol. in-fol., et qui ont été réimprimées en 1859, en 9 vol.

BARROW (J.), voyageur et administrateur anglais, 1764-1849, accompagna lord Macartney en Chine et au Cap, fut après son retoursecrétaire général de l'Amirauté, seconda Ies expéditions scientifiques de Ross et de Franklin, et devint président de la Société géographique de Londres. On a de lui : Voyages dans le Sud de l'Afrique et à la Cochinchine, la Vie d'Anson, celle de Drake, etc.

BARROW (détroit de), au N. de l'Amérique, entre le détroit de Lancastre à Vii, et celui du Prince-régent à l'O., par 74e lat. N.

BARRUEL (l'abbé Augustin), jésuite, né en 1741, à Villeneuve de Berg, mort en 1820, avait été membre de la Société de Jésus. II rédigea le Journal ecclésiastique depuis 1787, émigra en 1792, rentra en France après le 18 brumaire, et publia l'apologie du Concordat de 1801 dans le livre Du Pape et de ses droits. Ses ouvrages principaux sont : les Hel-viennes, 1781, lettres où il combat la philosophie du xviu0 s.; Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme? 1797, écrits avec diffusion et qu'on accuse de partialité.

BARRUEL-BEAUVERT (Ant. JOS., comte de), écrivain royaliste, né en 1756, au château de Beeuvert près Bagnols, mort en 1817, servit jusqu'à la Révolution dans les troupes roy., s'offrit pour otage de Louis XVI après le voyage de Varennes, rédigea en 1795 les ales des Apôtres, feuille monarchique, fut-condamné à la déportation, mais échappa à la peine en se cachant, et finit par se rallier à l'Empire. On a de lui quelques écrits de circonstance, justement oubliés.

BARRY (Gérald), Giraldus Cambrensis, vieil écrivain anglais, né vers 1146 à Mainarpir près de Pembroke, dans le pays de Galles obtint de riches bénéfices sous Henri II et Richardl; administra l'évêché de St-David, qu'il tenta vainement d'obtenir pour lui-même; fut chargé par Richard I (Cœur de Lion), qui partait pour la croisade, de gouverner le royaume en son absence, et mourut vers 1220. On a de lui TopographiaHibernim, l'tinerariules Gambrice, De rebus a se gestis (journal, de sa vie, remarquable` surtout par la vanité de l'auteur); Ecclesia; speculum, où il censure sévèrement les mœurs des Moines. Ses ouvrages ont été publiés par Camden, dans sa Collection d'anciens historiens, Francfort, 1602, in-fol. BARS ou BREMSEMBQRG, v. de Hongrie, dans le comitat de même nom et dans le cercle en deçà du Danube, surie Gran, à 6 kil. N. O. de Lewenz. Jadis forteresse importante. - Le comitat compte 142 000 hab. (Hongrois, Slaves, Allemands), et a

? pour ch: 1. Kremnitz.

- BARSAC, bourg de France (Gironde), sur la ria. g. de la Garonne, à 35 kil. S. E. de Bordeaux, à 13 kil. N. O. de Langon; 1364 hab. Vins blancs. Station. BARSINE, veuve de Memnon , général perse, était fille d'Artahaze, etfut prise à Damas, avec les autres femmes de la suite du roi de Perse. Alexandre en fit sa concubine, et en eut un fils nommé Hercule. Cassandre les fit mourir tous deux.

BART (Jean), intrépide marin français, né à Dunkerque en 1650, mort en 1702, était fils d'un pècheur. Après avoir servi quelque temps sous Ruyter, dans la marine hollandaise, il revint en France quand la guerre éclata avec la Hollande, et équipa un corsaire avec lequel il fit beaucoup de mal à l'ennemi. Instruit de ses exploits, Louis XIV l'appela dans la marine militaire, quoiqu'on n'y admît d'ordinaire que des nobles. Nommé en 1691 chef d'escadre, Jean Bart rendit les plus grands services : étant parvenu à sortir avec sept frégates du port de Dunkerque que bloquaient étroitement les Anglais, il brûla plus de 80 bâtiments ennemis, fit une descente à Newcastle, et revint avec un immense butin. En 1694, il préserva son pays de la disette en faisant entrer à Dunkerque, malgré le blocus, une flotte considérable chargée de grains, et en reprenant un convoi important dont les Anglais s'étaient emparés : dans ce dernier combat, il attaqua à l'abordage une flotte beaucoup plus considérable que la sienne, et tua de sa propre main le contre-amiral. Il ne se reposa qu'à la paix de Ryswick (1697). Louis XIV lui donna des titres de noblesse et voulut le voir : comme sa brusque franchise et ses manières gauches prêtaient à rire aux courtisans, le roi prit plus d'une fois la peine de le défendre lui-même contre leurs sarcasmes. Sa Vie a été publiée en 1780. Statue à Dunkerque.

BARTENSTEIN, v. de Wurtemberg, à. 12 kil. rr. O. de Gerabronn; 1100 habitants.

BARTHE (Nic. Thomas), auteur dramatique, né à Marseille en 1734, m. en 1785. La meilleure de ses pièces est la comédie des Fausses infidélités (1768).

BARTHE (Félix), jurisconsulte et homme d'État, né à Narbonne en 1795, m. en 1863; se fit remarquer de bonne heure par son talent comme avocat et par l'ardeur de son opposition contre la Restauration; défendit les quatre sergent¢ de la Rochelle; prit part aux protestations provoquées par les ordonnances du 26 juillet 1830; fut nommé député de Paris; devint ministre de l'instruction publique (1830), de la justice (1831-34) , puis premier président de la Cour des comptes (1834); fut de nouveau ministre de la justice (1837-39), reprit alors son poste à la Cour des comptes, fut révoqué en 1848 et rétabli en 1849; fut nommé sénateur en 1852.

BARTHÉLEMITES, clercs séculiers vivant en commun, ainsi nommés de Barthélemy Holzhauser qui fonda cet ordre à Saltzbourg en 1640 pour l'éducation des jeunes gens et des ecclésiastiques. Malgré la protection de l'empereur Léopold et du pape Innocent XI, cet ordre avait cessé d'exister dès 1795.

BARTHÉLEMY (S.), l'un des douze apôtres. On croit qu'il prêcha l'Évangile dans les Indes et en Éthiopie. Il souffrit le martyre en Arménie vers 71. On le fête le 24 août. Quélques-uns l'identifient avec Nathanaêl, un des 72 disciples. On lui a attribué un Évangile qui est rangé parmi les livres apocryphes.

BARTHÉLEMY (Pierre), prêtre de Marseille, se croisa en 1096, anima l'ardeur des Croisés, au siége d'Antioche, en leur persuadant qu'il avait trouvé miraculeusement la lance qui avait percé le flanc du Sauveur et que cette arme divine allait mettre en fuiteles infidèles. Sa prétendue découverte ayant rencontré des incrédules, il subit l'épreuve du feu pour la confirmer, mais il succomba peu après, 1099.

BARTHÉLEMY DES MARTYRS, évêque portugais, né en

1514 à Lisbonne, fut baptisé dans l'église de Notre-Dame des Martyrs, d'où lui vient son nom, et entra chez les Dominicains. II fut précepteur de don Antonio, neveu du roi Jean III, fut nommé en 1559 archevêque de Braga, se démit de son évêché pour s'enfermer dans un couvent, et mourut en 1590, en odeur de sainteté. Il a laissé des écrits parmi lesquels on remarque : un Compendium spiritualis doctrinre, trad. en 1699 par Godeau sous le titre de Maxi-mes de la vie spirituelle; et le Stimulus pastorum ou Devoirs et Vertus des évêques, trad. en francais par Melle, 1672. Lemaistre de Sacy a écrit sa Vie.

BARTHÉLEMY (l'abbé J. J.), savant archéologue, né en 1716 à Cassis près d'Aubagne en Provence, mort en 1795, vint à Paris en 1744, après avoir étudié, outre les langues classiques, l'hébreu, le syriaque, le chaldéen et l'arabe. Attaché au cabinet des médailles par Gros de Boze, garde de ce cabinet, il le remplaça à sa mort, en 1753. Il enrichit le cabinet de nombreuses acquisitions : dans ce but il parcourut l'Italie et visita les ruines de Pompéies, de Pzestum et d'Herculanum. Pendant son séjour à Rome il connut le duc de Choiseul. L'abbé Barthélemy, qui ne s'était d'abord fait connaître que par des travaux d'érudition , publia en 1788 un ouvrage qui lui fit prendre rang dans les lettres, le Voyage du jeune Anacharsis. Au moyen d'un cadre simple et ingénieux, il y présentait, dans un style élé§ant, le tableau fidèle de la Grèce au siècle de Périclès et de Philippe; il avait employé 30 années à élever ce monument; on estime surtout l'Introduction de l'ouvrage. La Révolution dépouilla Barthélemy de la plu-part de ses places ; il fut même un instant emprisonné, en 93; cependant on lui rendit bientôt la liberté et sa place de garde du cabinet des médailles. Il la conserva jusqu'à sa mort. Il avait été reçu en 1747 à l'Académie des inscriptions, et en 1789 à l'Académie française. Outre le Voyage d'Anacharsis (souvent réimprimé), Barthélemy a donné un grand nombre de dissertations savantes, insérées dans les Mémoires de l'Acad. des inscriptions ou publiées à part. On remarque surtout les Réflexions sur l'alphabetet la langue de Palmyre,1754; les Réflexions sur quelques monuments phéniciens, 1758; l'Explication de l a mosaïque de Palestrine, 1760. Sainte-Croixa donné en 1798 ses Œuvres diverses. Villeneuve a publié en 1821 la meilleure édition de ses Œuvres complètes , 4 vol. in-8. Barthélemy avait rédigé en 1792 et 93 des Mémoires sur sa vie qui se trouvent entête de plusieurs éditions du Voyaged'Anacharsis.

BARTHÉLEMY (le marquis François), l'un des directeurs de la république française, né en 1750, à Au-bagne en Provence, mort à Paris en 1830, était neveu du précédent. Protégé par le duc de Choiseul, ami de son oncle, il suivit avec succès la carrière de la diplomatie. Nommé ministre de France en Suisse pendant la Révolution, il conclut à Bâle, en 1795, deux traités, l'un avec la Prusse, l'autre avec l'Espagne, qui commencèrent à mettre un terme à la guerre européenne. Sa réputation de modération le fit porter au Directoire (20 mai 1797); mais cette modération même, et les dispositions royalistes qu'on lui supposait, l'en firent exclure au 18 fructidor, Déporté à Cayenne, il fut bientôt après tranféré avec ses compagnons d'infortune dans les déserts pestilentiels de Sinnamari; mais il parvint à s'échapper et fut accueilli dans la Guyane hollandaise, où on lui fournit les moyens de se rendre en Angleterre. Il rentra en France après le 18 brumaire, et devint membre du sénat conservateur. S'étant rallié à la Restauration, il fut un des commissaires chargés par Louis XVIII de rédiger la Charte, puis nommé pair et marquis. Il fit en 1819 une proposition célèbre, qui avait cour but de restreindre les droits électoraux. - Son nom et son titre de marquis passèrent, après sa mort, àson petit-neveu, M. Sauvaire-Barthélemy, qui siéga en 1848 à l'Assemblée-constituante.

BARTIIIILEMY (la sAINT-). On nomme ainsi le massacre des Protestants ordonné dans toute la France par Catherine de Médicis et Charles IX, et qui eut lieu le 24 août 1572, jour de la St-Barthélemy. On a émis les opinions les plus contradictoires sur le nombre des victimes, les uns l'élevant jusqu'à 60 000, les autres l'évaluant à 3000 à peine. Coligny, le jeune La Rochefoucauld, Caumont de La Force, de Guerchy, Antoine de Clermont le marquis de Renel, Pardaillan, le capitaine de Piles, furent les principales victimes de cette horrible boucherie. Beaucoup de Catholiques périrent eux-mêmes assassinés par leurs ennemis personnels. Dans plusieurs provinces cependant, les gouverneurs refusèrent d'obéir aux ordres sanguinaires de Charles IX. On connaît la réponse attribuée au comte d'Orthes, gouverneur de Bayonne : «Sire, je n'ai trouvé parmi les gens de guerre de la garnison que bons citoyens et braves soldats, mais pas un bourreau. n Loin de mettre un terme aux luttes intestines, comme le prétendaient les instigateurs, la St-Barthélemy ne fit que les rendre plus violentes et devint le signal d'une nouvelle guerre de religion.

IIARTHE'L.(Paul Jos.), célèbre médecin français, né à Montpellier en 1734, mort en 1806, était fils d'un ingénieur des ponts et chaussées. Ii étudia â Montpellier, fut reçu docteur à 20 ans, puis vint à Paris, fut deux fois couronné par l'Académie des inscriptions, et se lia avec les savants les plus distingués, entre autres d'Alembert, qui le fit travailler à l'Encyclopédie. Il fut en 1756 nommé médecin d'un hôpital militaire, puis envoyé comme officier de santé à l'armée de Westphalie. Il obtint en 1759, à la suite d'un brillant concours, une chaire de médecine à Montpellier, se voua désormais tout entier à l'enseignement, et y eut pendant plus de 20 ans les plus éclatants succès. Appelé à Paris en 1780, il fut nommé médecin consultant du roi, médecin du duc d'Orléans et conseiller d'État. En 1801 il devint médecin du premier consul et fut élu correspondant de l'Institut. Ses principaux ouvrages sont : Oratio de principio vitali homcnix, Montpellier, 1773 ; Nova Doctrina de functionibus corporis humani, 1774; Nouveaux Éléments de la science de l'homme, 1778, le plus important de tous ses écrits • Nouvelle ltlécanique des mouvements de l'homme et desanimaux,1802; Histoire des maladies goutteuses, 1802; Traité du Beau, posthume, 1807. A une étude profonde du corps humain, au talent de généraliser, Barthez joignait une érudition prodigieuse : il possédait presque toutes les langues de l'Europe. En médecine, il renonça aux explications purement chimiques ou mécaniques, et reconnut la nécessité d'admettre, pour expliquer les phénomènes physiologiques , une force spéciale, distincte des propriétés générales de la matière, et qui même peut quelquefois les combattre : c'est ce qu'il appelait principe vital.

BARTELLUS (Gaspard DE BARTn, en latin), savant critique allemand, né en 1587 à Custrin, mort en 1658, était fils d'un professeur de droit et se fit remarquer par sa précocité. Il a laissé des commentaires estimés sur Claudien, Francfort, 1650, sur Stace, 1664, sur Juvénal (publ. seulement en 1827), un poème latin, en 12 chants, Zodiacus vite christiania, 1623, et des mélanges sous le titre d'Adversaria,.1624. = Fréd. Gottlieb Barth de Wittemberg, 1138-94, est auteur d'une édition de Properce, Leipsick, 1777.

BARTIIOLE, célèbre jurisconsulte, né en 1313 à Sasso-Ferrato en Ombrie, enseigna le droit à Pise et à Pérouse, et fut député par cette dernière ville au-près de l'empereur Charles IV, dont il se concilia la bienveillance, et qui leemomma conseiller. II abrégea sa vie par sa trop grande assiduité à l'étude, et mourut en 1356, à 44 ans. Jusqu'à lui, on s'était contenté de faire, sous le titre de Gloses, des notesfort courtes sur Ies passages obscurs du Corpus juris; Barthole est le premier qui ait fait des cQmmentaires'suivis su toutes les parties du texte : il y réussit si bien, que les jurisconsultes qui l'ont suivi l'ont, d'un comrnun accord, regardé comme leur maître. Dumoulin l'appelle le coryphée des interprètes du droit. Le principal ouvrage de Barthole est intitulé : Lectura, in ires librgc Codicxs,Naples, 1471, in-fol. Toutes'ses ceueiës ont été imprimées en 10 vol. in-fol., Venise; 1590. Onyremarque un écrit bizarre

Processus Satan x contra Virginem coram jtidiceJesu. On lui attribue la rédaction de la fameuse bulle d'Or. Il a paru à Munich une nouvellë édition complète de ses OFuvres,1845-46, 8 vol. in-4. On doit il M. Vidalin une Étude sur Barthole, 1856.

BARTHOLIN, savante famille danoise, qui a pro-duit plusieurs -médecins distingués. Le plus connu, Thomas Bartholin; né à. Copenhague en 1616, mort en 1680, fut professeur de médecine à Copenhague. Ses principaux ouvrages sont : Anatomia, 1641 ; De luce Animaliuln, 1641; Dé monstris in natura et medicina; Àôte medica et philesophica Ilafniensia, année 1672; De veterùin puerperio, 1676: Bartholin a fait plusieurs découvertes- anatomiques, particulièrement sur les vaisseaux lactés, thoraciques, et lymphatiques.

BARTOLE., Y. BARmuOLE.

BARTOLI (Daniel), jésuite, né à Ferrare en 1608, mort à Rome en 1685, remplit -d'abord avec succès le ministère de la prédication dans les principales villes d'Italie, et se livra ensuite au travail de cabinet. On lui, doit mie Histoire de la Compagnie de Jésus, Rome, 1653-73 en italien, en partie trad. en latin, par M. L. Janin, -Lyon, 1666-71 •.1'Uomo di lettere, traduit en latin et en français; l'Ortografia italiana, 1672. Ses -ouvrages ont- été plusieurs fois imprimés, notamment à Turin, 1825, 12 vol. in-8.

BARTOLI (Pietro Santi), peintre et graveur à Peau-forte, élève du Poussin, né à Pérouse en 1635, mort en 1700, a gravé, un grand nombre de monuments an-tiques d'après ses propres dessins. Ses principaux ouvrages sont: Adrniranda Romanarum aniiquitatum vestigia, Rome, 1693, in-fol.; - Colonna Trajana, en italien; Colonna Antonina, Gli antichi sepolcri,1697, in-fol.; Jfusæum Odescalcum, 1747 et 1751, in-fol. On a publié à Paris, de 1757 à 1783, un Recueil de peintures antiques d'aprèsP. S. Bartoli, avec la description par Mariette et Caylus. Comme graveurs -sa manière manque de correction. - -

BARTOLINI (Lorenzo), sculpteur florentin, 1776-1850, vint étudier à Paris sous Lemot, futé sur la recommandation de Denon, chargé par Napoléon de fonder une école de sculpture à Carrare, devint professeur à l'Académie -des beaux - arts de Florence et correspondant de l'Institut de France. Parmi ses ouvrages; on- remanie des bustes de Napoléon (au Louvre), de Méhul, Denon, Cherubini, Mme de Staël, Byron, C. Delavigne, Rossini, le monument de lady-Stratt£ord Canning, à Lausanne, et un. des bas-reliefs de la place Vendôme, à Paris. Il est un des artistes modernes qui ont le plus approché de la` simplicité et de la pureté de 1 antique. - ' -

BARTOLOMEO (Fra). F.'BACCIO.

BARTON (Élisabeth), dite la sainte de Sent, femme fanatique, née -vers 1500, dans le comté dp Kant en Angleterre, entra comme religieuse au couvent du St-Sépulcre à. Cantorbéry et se donna peur prophétesse. Des hommes- graves, entre autres l'évêque Fisher, crurent à sa bonne foi. S'étants avisée de prédire à Henri VIII que s'il divorçait pour épouser Anne de Boulera il perdrait sa couronne et périrait un mois agrès, le roi la fit juger comme criminelle d'État, et lui fit trancher la tête, ainsi qu'à quelques fanatiques dont elle était l'instrument (1534).

BARUCII, un des douze petits prophètes, de la tribu de. Juda, prophétisait vers l'an 606 av. J'.;-C. H fut disciple et compagnon de Jérémie, qu'il, suivit en Égypte lors de la prise de Jérusalem par Nabue,bndonosor. Après ,a mort du prophète il rejoignit les Juifs captifs à Babylone. C'est là qu'il publia ses prophéties, dans lesquelles on trouve une éloquence qui enthousiasmait La Fontaine. Les Juifs et les Protestants ne reconnaissent point comme canonique le

livre de Baruch, qui n'existe plus qu'en grec.

BARUFF'ALDI (Jérôme), littérateur ferrarais, né en 1675, mort en 1755, fut professeur de belles-lettres et grand vicaire à Ferrare, et forma chez lui-même une petite académie, sous le titre de la Vigna. Il a composé un grand nombre d'ouvrages en prose et en vers. Les principaux sont : Les Poétes de Ferrare, en latin; l'Histoire de Ferrare, de 1555 à 1700; Il Grille, poéme en 10 chants, 1738: Il Canapaio (le Chanvre), en 8 chants.

BARYGAZA, auj. Baroutch? gr. v. de l'Inde anc., sur le Lamnée, Nerbudda, près de son embouchure.

BAS, petite île de la Manche sur la côte sept. du dép. du Finistère, dont elle dépend, au N. de St-Pol-de-Léon, 5100 hab. Rade de refuge.

BAS-EN-BASSET, ch.-l. de tant. (Haute-Loire) à 18 kil. N. d'Yssengeaux; 4500 hab. Dentelles et rubans.

BAS-EMPIRE. On désigne sous ce nom significatif l'empire romain à son temps de décadence, époque que les uns font commencer, pour l'empire entier, au règne de Constantin, et pour Pempire d'Orient, après Théodose. L'Histoire du Bas-Empire a été écrite par Le Beau et Ameilhon. Paris, 1757, 29 vo..

in-12. V. ORIENT (empire d'). Les Ilomelies et les Lettres ont été trad. en français

BASAN, contrée de la Judée. V. BATANÉE. s par l'abbé de Bellegarde, 1691 ; l'Il examéron, par BASAN (Fr.),graveur et marchand d'estampes,né l'abbé Auger, 1788; les Ascétiques, par Hermant à Paris en 1723, mort en 1797, a fait plusieurs col

lections de gravures très-estimées. Son OEuvre se compose de 650 estampes et forme 6 vol. in-fol, Pa-ris, 1762-79. On a aussi de lui un Dictionnaire des graveurs, 1767, 3 vol. in-12, réimprimé en 1809.

BASEDOW (J. Bernard), né $Hambourg en1723, mort à Magdebourg en 1790, enseignala morale et les belles-lettres à Soroê et àAltona en Danemark, et se livra en même temps avec ardeur à la théologie; mais, s'étant attiré des persécutions à cause de la hardiesse de ses opinions, il renonça à l'enseigne-ment et à la théologie pour s'occuper de pédagogie. Il tenta de réformer l'éducation et proposa dans di-vers écrits un système nouveau dont il avait puisé l'idée dans l'Émile de Rousseau, et par lequel il voulait exercer les forces physiques autant que les facultés de l'âme. Il trouva de nombreux approbateurs, et, aidé par le prince d'Anhalt-Dessau, il fonda, en 1774, à Dessau, sous le titre de Philanthropinon, une école-modèle où il devait appliquer ses principes. Cet établissement eut peu de succès, sans doute parce que Basedow, quoique plein de zèle pour le bien, était grossier dans ses manières et même en-clin à l'intempérance. Ses principaux ouvrages sont : Philosophie pratique pour toutes les conditions, 1758 ; De l' éducation des princes, trad. parBourgoing, 1777; Philaléthie ou Considérations sur les vérités de la religion et de la raison, 1764, où il prêchait une religion purement naturelle , ce qui fut la source des difficultés qu'il éprouva; Recueil des connaissances nécessaires à l'instruction de la jeunesse (avec 100 gravures), 1774, où il résume tout ce qu'il avait écrit sur l'éducation.

BASEILIIAC. V. co'SME (Frère).

BASIENTO, Casuentus, riv. du territoire napolitain (Basilicate), nuit près de Potenza et tombe dans le golfe de Tarente apres un cours de 80 kil. Méta-ponte (auj. détruite) était à son embouchure.

BASILAN, île de l'archipel Soulou, au S. O. de Mindanao, a env. 90 kil. de tour. Repaire de pirates, qui furent châtiés en 1845 par les Français. L'île a été occupée en 1853 par les Espagnols.

BASILE (S.), surnommé le Grand, Père de l'église grecque, né en 329 à Césarée en Cappadoce, de parents chrétiens, mort en 379, étudia les lettres à Constantinople et à Athènes où il se lia avec S. Grégoire de Nazianze et avec le prince Julien (alors

fonda sur les bords de l'Iris, un monastère qui fut

catholique, et depuis apostat); professa la rhétorique à Césarée, et y exerça quelque temps avec distinction la profession d'avocat. En 357, il renonça au monde, se retira dans une solitude du Pont, et y

le moikèle de presque tous ceux qui s'établirent de-nuis en Orient (V. ci-après Ordre de St-Basile.) En 370, il fut nommé archevêque de Césarée; il s'occupa avec zèle d'initr4lire son peuple, cherchaà rétablir la paix dans l'Eglise, et combattit plusieurs hérésies. Il résista à l'empereur Valens, qui voulait le forcer à embrasser l'Arianisme, mais qui ne put cependant se décider à signer l'arrêt de son exil. On le fête le 14 juin. S. Basile a laissé des Homélies, des traités de Morale et d'Ascétisme, des Commentaires sur diverses parties de l'Écriture, et un grand nombre de Lettres. Partout on y admire, avec l'onction du pieux évêque, une éloquence gracieuse et fleurie, unie à une dialectique rigoureuse et à des connaissances profondes : il possédait les lettres profanes aussi bien que la science sacrée. Le plus estimé de ses ouvrages est 1'Hexaméron ou Les six jours de la création. On remarque aussi son traité de la Lecture des auteurs pro-fanes. Ses oeuvres ont été réunies en 3 vol. fol., gr.-lat., par dom Garnier et dom ?bran, Paris, 1721-1730, et réimprimées par les frères, Gaume, 1835-1840. et dans la collection de l'abbé M gne.

1661; un des traités de Morale, par l'abbé Leroy, 1663; le Discours sur l'utilité des livres profanes, par Frémion, 1819. M. Roustan a publié une traduction complète de S. Basile, 12 vol. in-8, 1846 et suiv. Hermant a donné sa Vie, 1674; M. Fialon une Étude histor. et lift. sur S. Basile , suivie de 1'Hexaméron trad. en français, 1865.

BASILE I, le Macédonien, empereur grec de 867 à 886, né en Macédoine de parents pauvres, était d'a-bord simple écuyer et obtint la faveur de l'empereur Michel III, par son adresse à dresser les chevaux. Michel se l'associa en 866, en reconnaissance de ce qu'il l'avait délivré du patrice Bardas (V. ce nom); peu de mois après, Basile, sachant que Michel méditait sa perte, se plaça seul sur le trône en lui donnant la mort. Il se montra digne de la couronne, fit avec succès la guerre en Orient, repoussa les Sarrasins de la Sicile, fit fleurir la justice et réforma les abus. Il chassa Photius du siége de Constantinople pour y replacer Ignace, mais il l'y rappela après la mort de ce patriarche. On a de lui un traité de l'Art de régner, adressé à son fils Léon (publié à Palerme, 1584, grec-latin, et trad. en français par dom Porcheron, 1590). Il avait commencé en 877 un recueil de lois en 60 liv., que son fils termina et qui est connu sous le titre de Basiliques: c'est une traduction grec-que des Institutes, du Digeste et du Code Justinien, avec des compléments. Ce recueil a été publié en 1647 à Paris par Fabrot, 7 vol. in-fol., et à Leipsick, par Heimbach, 1831-49, 5 vol. in-4.

BASILE II, le Jeune, empereur grec, fils de Ro-main II, né en 955, devait régner dès 963, à la mort de son père, mais ne fut reconnu qu'en 969, après la_ mort de Zimiscès, et régna conjointement avec son frère Constantin. Il étouffa les révoltes de Bardas Sclérus et de Bardas Phocas, battit les Bulgares, 1013, et les Khazars, 1016, et réunit la Bulgarie à l'empire d'Orient. Ayant fait 15 000 prisonniers bulgares, il eut la cruauté de leur faire crever'les yeux, n'en épargnant qu'un par centaine, pour reconduire les autres dans leur pays. Il mourut en 1025, au moment où il allait attaquer les Sarrasins.

BASILE, grand-duc de Russie. V. vASsILI.

BASILE (Ordre de St-), le plus ancien des ordres religieux, a tiré son nom de S. Basile, évêque de Césarée, qui l'institua vers l'an 357, en fondant un monastère dans one solitude du Pont, sur les bords de l'Iris, et qui lui donna une règle. Cet ordre, auquel appartiennent presque tous les monastères de l'Orient se voue surtout à la prière et à la contemplation. Ii ne passa en Occident que vers l'an 1057, et eut en Italie plusieurs établissements importants, dans les-quels se conserva la culture des lettres grecques. Barlaam et Bessarion appartenaient à cet ordre. Le pape Grégoire Xlit le réforma en 1579.

BASILIA, v. de la Grande Séquanaise, chez les Rauraci, est auj. Bille.

BASILICATE (partie de Pane. Lucanie), prov. du roy. d'Italie, entre la Capitanate, la Calabre Citérieure, la Terre de Bari, les Principautés Ultérieure et Citérieure, est baignée par le golfe de Tarente et la Méditerranée. Elle compte 420 000 h. etapour ch: 1. Potenza. Elle est arrosée par l'Agri, le Basiento, le Bradano. Climat tempéré; fréquents tremblements de terre; sol fertile, mais l'agriculture est arriérée.

BASILIDE, hérésiarque gnostique, né à Alexandrie dans le I" siècle de notre ère, mort vers l'an 130. Pour expliquer le mal, il imaginait 365 cieux habités par des intelligences de différents degrés, et prétendait que notre monde avait été créé par des intelligences du dernier ordre. Il admettait deux âmes dans Li même homme pour expliquer les combats de la raison et des passions, et croyait à la métempsycose. Il créa le fameux Abraxas, symbole ou talisman formé des lettres qui exprimaient le nombre 365, le nombre le plus agréable à la Divinité. Il avait rédigé un Évangile qui s'est perdu. Il eut un grand nombre de disciples qu'on nomma Basilidiens. Le plus célèbre est Marcion.

BASILIQUES (les), code grec. V. BASILE I.

BASILISQUE, Basiliscus, frère deV érine, femme de l'emp. Léon I. Après la mort de Léon II (474), il disputa le trône à Zénon l'Isaurien qui avait été reconnu empereur, et resta quelque temps maître de Constantinople; mais il se rendit si odieux que ses partisans l'abandonnèrent, et que Zénon put se replacer sur le trône sans coup férir (477). Pris et enfermé dans une tour en Cappadoce, il y mourut de faim.

BASIN (Thomas), ev. de Lisieux, né en 1412 à Caudebec, mort en 1491, était membre du Conseil privé de Charles VII et fit partie de la commission chargée de reviser le procès de Jeanne d'Arc. Il encourut la disgrâce de Louis XI, pour avoir accédé à la Ligue du Bien public, et fut contraint de résigner son évêché, mais fut nommé par le pape archevêque de Césarée (in partibus). On a de lui un précieux mémoire en faveur de Jeanne d'Arc, publié par J. Quicherat sous le titre de Procès de la Pucelle (1841-49), et une chronique des règnes de Charles VII et Louis XI, longtemps attribuée par erreur à un certain Amelgard, et publ. également par J. Quicherat, 1856-57. - V. BASIN.

BASINE, femme de Childéric, roi des Francs, et mère de Clovis, avait d'abord été mariée à Basin, roi de Thuringe, qui avait donné asile à Childéric; mais elle quitta ce prince pour suivre Childéric quand celui-ci revint dans ses États.

BASKERVILLE (John), Imprimeur anglais, né en 1706, à Wolverley (Worcester), mort en 1775, avait d'abord été maître d'écriture. Il consuma beaucoup de temps et de dépenses pour améliorer les caractères d'imprimerie, et il fut lui-même le dessinateur, le graveur et le fondeur de ceux qu'il employait. Il perfectionna aussi le papier et inventa, dit-on, le vélin. Il donna de I756 à 17 75 un grand nombred'éditions, parmi lesquelles on remarque celles de Virgile et de plusieurs autres classiques latins, ainsi que celles de la Bible, de l'Arioste, du Paradis perdu. Aprèssamort, Beaumarchais fit l'acquisition de ses caractères, et les employa à sa belle édition de Voltaire (1785), con-nue sous le nom d'édition de Kehl, du lieu où elle fut imprimée. Baskerville avait une haine profonde pour le Christianisme il ne voulut pas être inhumé en terre consacrée.

BASKIRS, peuplade de race mêlée, turque etmongole, habite auj. en Russie, entre les fleuves Kama.

Belala, Oural et Volga, dans lés gouvernements de Perm et d'Orenbourg, au nombre de 25 000 familles environ. Les Baskirs vivent sous des tentes et s'occuent de l'élève des chevaux, des bestiaux et des abeilles. Ils sont braves, agiles,, et fournissent de bons cavaliers aux armées russes.

BASNAGE DE BEAUVAL (Jacques), ministre protes-tant, né à Rouen en 1653, mort en 1723; était pasteur à Rouen lors de la révocation de l'édit de Nantes. Il se réfugia en Hollande, exerça son ministère à Rotterdam, puis à La Haye, obtint la faveur du Brand pensionnaire Heinsius, et en profita pour renare des services à son pays s il contribua puissamment à faire conclure le traité d'alliance avec la Hollande, que signa en 1717 l'abbé Dubois. On lui doit, entre autres ouvrages : Hist. 4es Églisesyéformdes, 1690; Hist. de l'Église, 1699; Hist. des Juifs depuis J.-C., 1706 et 1716 ; Dissertations sur les Duels et les Ordres de Chevalerie, 1720; tous ouvrages qui attestent un savoir étendu.

BASNAGE DE BEMJVXL (H.), frère dupréc., né en 1656, m. en 1710, se réfugia aussi en Hollande, "et y rédigea, de 1687 h. 1709, l'Histoire des ouvrages des Sas-vante, recueil périodique qui fait suite aux Nouvelles de la République des lettres de Bayle. On lui doit une édit. augmentée du Dictionnaire de Furetière.

BASOCHE, du mot latin basilica, palais royal. Lorsque les rois de France habitaient le Palais de Justice, les juges, les avocats, les procureurs et tous les gens de justice furent désignés sous le nom de clercs de la basoche (c. -à-d. clercs du Palais). Il se forma plus tard entre les clercs du Palais et les clercs du Châtelet une association qui fut reconnue en 1303 par Philippe le Bel'et qui obtint des privilèges particuliers. Associés pour le plaisir, les basochiens élisaient un chef qui prenait le titre pompeux de roi de la basoche, avait une cour, des grands officiers, une monnaie , des armoiries (trois écritoires d'or sur champ d'azur) ; te roi faisait la revue de ses-sujets tous les ans au pré au Clercs, et il leur rendait la justice deux fois par semaine. Les basochiens jouèrent long-temps des soties, des farces et des moralités; mais leur licence obligea François I à défendre. ces représentations (1540). Henri III supprima le titre de roi de la basoche et transmit au chancelier tous les droits et privilèges qui avaient été concédés à ce roi pour rire. On doit à M. Ad. Fabre d'intéressantes Études historiques sur les Clercs de la Basoche, 1856.

BASQUES, en leur propre langue Escualdunac, peuple de la famille ibérienne, habite en France et en Espagne sur les deux versants des Pyrénées, et forme presque toute la population des provinces bas

es en Espagne (V. ci-après), une grande partie g celle de la Navarre tant espagnole que française, du Béarn, ainsi que du Labourd et de la Soule : on en compte env. 650000. Les Vascones ou_Gascons,

i vinrent se fixer en France au vit siècle, étaient es Basques. Les Basques parlent une langue parti-culière, dont on ne c_onnatt pas bien l'origine, mais qui paraît être l'ancien ibérien, et qui a sa littérature à part. Pour l'histoire, V. BISCAYE et BÉARN.

BASQUES (les provinces), contrée d'Espagne qui comprend les trois provinces de Guipuscoa, Biscaye et Alava. Elles jouissent de priviléges particuliers.

BASS, Îlot fortifié d'Écosse(Haddington), à l'entrée du détroit de Forth. Château fort qui tint jusqu'en 1745 pour le Prétendant.

BASS (détroit de), entre la Nouv.-Hollandee et la Diéménie. Découvert en 1798 par un chirurgien anglais du nom de Bass.

BASSAIII (Grand-), v. de Guinée, sur la côte d'I-voire, à l'emb. de l'Assinie, est la tapit, d'un État dépendant des Achantis. Comptoir français depuis 1843; exportation de poudre d'or.

BASSAN (Jaeq. DA PONTE, °dit le), célèbre peintre italien, né en 1510 à Bassano (d'où son nom), mort en 1592, eut pour maître son père, Franco is da Ponte, dit aussi le Bossait, peintre distingué. II peignit successivement dans le style du Titien et du Corrége, et excella surtout à faire les intérieurs ou à représenter les fêtes champêtres, avec des troupeaux. Il imitait la réalité avec une telle perfection qu'un jour Annibal Carrache, étant allé le voir, s'avança pour prendre un livre qui était peint chez lui sur une toile. Il fut choisi, concurremment avec le Tintoret et Paul Véronèse, pour peindre le palais de St-Marc à Venise. Parmi ceux de ses tableaux qu'on estime le plus on cite : Moise frappant le rocher, l'Adoration des Bergers, Joseph d'Arimathie, tous au Louvre. On lui reproche peu de vigueur et peu de variété dans ses sujets.- On le surnomma le Vieux, pour le distinguer de ses fils qui se distinguèrent aussi dans la peinture, surtout François, auteur de Jésus chez Marthe et Marie, et Léandre, auteur d'une Résurrection de Lazare, qu'on voit au Louvre.

BASSANO, v. de Vénétie, sur la Brenta, à 28 k. N. E. de Vicence; 11 760 hab. Bien bâtie, trottoirs en marbre; beau pont. Draps, soieries, etc. Aux environs, vins estimés. Patrie du Bassan, peintre célèbre. Bonaparte y battit les Autrichiens le 7 septembre 1796.

BASSANO (marquis de). V. SANTA-CRUZ.

BASSANO (due de). V. MARET.

BASSARABA. V. BESSARABA.

BASSEIN, ville de l'Hindoustan anglais, sur la mer des Indes, à 35 kil. N. de Bombay; environ 13 000 hab. Prise en 1750 par les Mahrattes, et en 1802 par les Anglais; ceux-ci y conclurent un traité qui anéantissait la confédération des Mahrattes.

BASSELIN (Olivier), poète populaire, était propriétaire d'un moulin à foulon dans le Val-de-Vire en Normandie. On place sa mort vers 1418. Il composait pour ses amis et ses voisins des chansons bachiques et des rondes, que l'on nomma des vaux-devire, du lieu de sa résidence, nom d'où quelques-uns ont voulu faire dériver celui de vaudeville. Ces poésies ont été publiées longtemps après sa mort, en 1610, par Lehoux, un de ses compatriotes, et réimprimées d'une manière plus complète à Avranches, par J. Travers, en 1833, et par Lacroix, Paris, 1859.

BASSE-TERRE (la), ch.-1. de l'île de la Guadeloupe, sur la côte S. O. de Pile; 13 000 hab. Rade peu sûre. Évêché (créé en 1850), cour impériale. Arsenal, fort Richepance qui le défend du côté de la campagne, palais de justice, vaste hôpital.-La ville fut fondée en 1635.

BASSE-TERRE, ch.-I. de l'île St-Christophe, une des Antilles anglaises, sur la côte S. 0.; 9000 hab.

BASSEVILLE (N. J. xuGON de), secrétaire de la légation française à Naples, sous la Convention. Se trouvant à Rome, le 13 janvier 1793, chargé d'une mission particulière, il y fut assailli à coups de pierres par un attroupement populaire pour avoir fait porter à ses gens la cocarde tricolore, et fut frappé dans sa maison même d'un coup de rasoir, dont il mourut peu d'heures après. La Convention ordonna qu'on tirât une vengeance éclatante de cet attentat et adopta son fils au nom de la République. Basse-ville avait écrit une Vie de François Lefort, 1786, ainsi que des Mémoires sur la Révolution, 1790, et avait coopéré à divers journaux politiques.

BASSIEN. V. CARACALLA et HÉLIOGABALE.

BASSIGNY, petit pays de France, compris auj. dans le dép. de la H.-Marne, appartenait, partie à la Champagne, partie à la Lorraine. Il a environ 80 k. du N. au S. et 70 de l'E. à l'O. Chaumont était le ch.-l. du Bassigy champenois ;Vaucouleurs et Bourmont étaient les lieux principaux du Bassigy lorrain.

BASSOMPIERRE ( François de) , maréchal de France, né au château d'Haroué, en Lorraine, en 1579. Après avoir voyagé en Italie et dans le de Naples il se fixa à la cour de Henri IV, ou les avantages de sa personne et de son esprit, ainsi que son goût pour le faste, le jeu et la galanterie, le firent rechercher, et où il obtint des succès de tout genre. Il figura avec distinction dans la plupart des guerres que Henri IV et Louis XIII eurent à soutenir, futnommé en 1614 colonel général des Suisses et en 1622 maréchal de France. Louis XIII l'employa dans diverses ambassades. Malgré ses services, le cardinal de Richelieu, irrité de ce qu'il avait pris part à quelques intrigues contre lui, le fit arrêter et conduire à la Bastille (1631) : il y resta 12 ans, et n'en sortit qu'à la mort du cardinal, en 1643; il mourut en 1646. I1 a laissé des Mémoires, Cologne, 1665, et le récit de ses Ambassades en Espagne, en Suisse et en Angle-terre, 1668, 4 vol. in-12. De Nouveaux Mémoires ont été publiés sous son nom par Serieys, Paris, 1802, mais l'authenticité en est douteuse.

BASSORA, v. de la Turquie d'Asie (Bagdad), sur le Chat-el-Arab (Euphrate), à 88 kil. N. du golfe Persique, à 420 kil. S. E. de Bagdad; 60 000 hab. Bazars immenses; rues irrégulières, étroites et sales; les inondations du Chat-el-Arab rendent la ville très-malsaine. Grande culture de roses, d'où l'on tire une essence estimée; excellentes dattes. Bassora est une des villes les plus commerçantes de l'Asie; toutes les nations de l'Europe y ont des comptoirs. Elle était encore plus grande et plus florissante autrefois; elle est en partie inhabitée aujourd'hui,-Fondée en 636 par Omar, qui en fit la capitale d'un pachalik particulier. Les Perses, puis les Turcs (1638) s'en emparèrent successivement. Reprise en 1773 par les Perses, qui l'occupèrent jusqu'en 1779, elle est retombée auj. entre les mains de la Turquie.

BASSUS (Cassianus). V. CASSIANUS.

BAST (Fréd. Jacques), savant helléniste, né en 1771, mort à Paris en 1811, était secrétaire de la légation de Hesse-Darmstadt au congrès de Rastadt. Unissant les lettres à la diplomatie, il a donné un Commentaire sur le Banquet de Platon, et une Lettre critique sur Antoninus Liberalis, Parthenius et Aristénète, 1805, adressée à Boissonade, dont il était l'ami.-Un autre Bast, de Gand, 1753-1825, a laissé un recueil d'Antiquités romaines et gauloises, 1804, et des Recherches sur les Langues celtique, gauloise et tudesque, 1815.

BASTAN, Bithynium chez les anc., puis Claudia-polis, v. d'Anatolie (Boli), à 44 k. S. O. d'Amasieh.

BASTAN, vallée d'Espagne, dans la Navarre (Pampelune), sur le versant mérid. des Pyrénées, au S. du dép. des B.-Pyrénées; 40 kil. sur 20; 8000 hab. ; ch.-i., Elizondo. Elle est traversée par le Gave de Bas-tan. Cette vallée est régie par un alcade élu pour 3 ans. Tous les habitants se disent nobles. Moncey battit les Espagnols en 1794 dans la vallée de Bastan.

BASTARNES, me. peuple de l'Europe barbare, occupaient la Podolie et une partie de la Transylvanie et de la Moldavie. Ils vivaient de pillage et servaient comme-mercenaires. Persée, roi de Macédoine, les appela pour combattre les Romains (168 av. J.-C.). A la fin du IIe siècle de J.-C., chassés de leur pays par les Goths , ils se jetèrent sur la Dacie. - On appelle Alpes bastarniques la moitié orient. des monts Kra-packs, qui traverse le pays des anc. Bastarnes.

BASTELICA, ch.-l. de tant. (Corse), à 23 kil, N. E. d'Ajaccio; 3003 hab.

BASTIA, ch.-l. d'arr. (Corse), sur la côte E., 151 kil. N. E. d'Ajaccio• 19304 hab. Place de guerre de lie classe, ch: 1. de la 17' division militaire; part créé en 1845. La ville est bâtie en amphithéâtre. Cour d'appel; lycée Napoléon; statue de Napoléon. Distilleries; vins, huiles, cuirs, corail.-Bastia, l'ancienne Mantinum, était jadis la capitale de l'île. Quand la Corse formait deux départements, elle était le chef-lieu de celui du Golo. Prise par les Anglais en 1745 et 1794; les Autrichiens et les Piémontais l'assiégèrent vainement en 1748.

BASTIAT (Frédéric), économiste, né en 1801 à Bayonne mort en 1850, était fils d'un négociant aisé. Après avoir médité les écrits de Smith, de Say, de Tracy, de Ch. Comte, il débuta par des articles remarquables dans le Journal des Économistes de-vint en 1846 rédacteur en chef d'un journal libre échangiste publié à Paris, et fit paraître plusieurs ouvrages dans lesquels il combattait à là fois le sys- établissements hollandais dans l'Inde, sue. la côte tème prohibitif et le socialisme. Il fut: élu en 1848 à l'Assemblée constituante, et en 1849 à l'Assemblée législative. Ses principaux écrits sont : Cobden et la Ligue, 1845; Sophismes économiques, 1846; Harmonies économiques, 1850 et 1851.

BASTIDE, nom qui en provençal veut dire maison de campagne, est donné dans le Midi à un grand nombre de lieux. V. LA BASTIDE.

BASTIEN (J. Fr.), libraire-éditeur, né à Paris en 1747, mort en 1824, cultivait- les lettres. On 'a de lui une traduction nouvelle des Lettresd'Héloïse et d'Abélard, 1782; la Nouvelle Maison" rustique, 1798; le Nouveau Manuel du Jardinier; 1827, et un assez grand nombre d'éditions, dont les plus estimées sont celles d'Apulée, Montaigne, Charron, Scarron, Rabelais, Boileau, La Bruyère, Buffon., d'Alembert, Plutarque (traduction d'Amyôt), Lucien (traduction de Belin de Ballu).

BASTILLE, nom que portaient autrefois tous les châteaux fortifiés, mais que dans la suite on donna spécialement à un château fort construit à Paris sous Charles VI ét Charles VII, et situé sur Laplace qui se-pare la rue St-Antoine du faubourg; il servait bila fois de forteresse pour défendre ou pour commander la ville et de prison d'État. Commencée en 1369 par Aubriot, prévôt de Paris, elle ne fut achevée qu'en 1383. Elle fut prise et détruite par le peuple de Paris les 14 et 15 juillet 1789. L'Histoire de la Bastille a été écrite par Delort (1827), et par Arnold, Pujol et Maquet (1844). Parmi ceux qui y furent enfermés, on cite J. Aubriot, son fondateur, J. d'Armagnac, Anne Dubourg, Biron, Bassompierre, Bussy-Rabutin, Fouquet, Pélisson, Voltaire, La Bourdonnais, Latude, Linguet.

BASTION-DE-FRANCE (LE), un des forts que la Franceavait dans l'État d'Alger_avant le xix' siècle, était situé sur la côte, au N. E. de Bene et près de La Calte. Il est auj. détruit.

BASTITANI, peuple de l'Hispanie (Bétique), vers l'E., entre le Tuder et le mont Orospéda, avait pour ch.-l. Basti, auj. Basa (Grenade).

BASTOGNE, v. du Luxembourg belge, à 60 kil. N. O. de Luxembourg et à 30 k. N. E. de Neufchâteau ; 2 300 hab. Commerce de grains et bestiaux. La v. appartint aux Français de 1684 à 1697.

BASTULI POENI, peuple d'Hispanie (Bétique), au S., le long de la Méditerranée, avait peur capa. Halaea.

BASVILLE, seigneurie du pays Chartrain, à 26 k. S. O. de Paris, appartenait aux Lamoignon.

BATALHA, bourg de rEstramadure portugaise, à 26 k. de Santarem, est remarquable par un" magnifique couvent de Dominicains, fondé en 1385 par Jean I, roi de Portugal, en mémoire de la bataille d'Aljubarrota, qu'il gagna sur le roi de-Castille.

BATANÉE, auparavant Basan, petite région de la Palestine, à l'E. du Jourdain entre ce fleuve et les mont. Galaad. Josué tua le géant 0g, roi de Basan, et comprit ce pays dans la tribu orient. de Manassé.

BATARDS (Guerre des). V. CHARLES IV «France).

BATAVA CASTRA, v. de Vindélicie, auj. Passais.

BATAVES, Bat avi, peuple d'origine germaine, habitait, entre le Rhin et le Wahal, le pays qu'on nomma file des Bataves (Batavorum. insula). Leur nom s'étend vulgairement à toute la Hollande actuelle. Ils furent d'abord mêlés aux Caftes; mais, chassés par ce peuple, ils vinrent dans le pays qui a conservé leur nom. Ils furent tantôt alliés, auxiliaires ou même tributaires des Romains, tantôt én guerre avec eux. Ils étaient très-braves.'Larévolte de Civilis, qui éclata en 69 et se prolongea sous Vitellius et Vespasien, est le fait le plus remarquable de l'histoire des Bataves. Les Francs Saliens envahirent leur pays à la fin du ni' siècle. Aux vi' et vue siècles, le nom de Bataves s'efface et fait place à celui de Frisons; cependant il en reste une trace dans celui de Betuwe que garde un district de l'ans. île des Bataves.

BATAVES (île des), auj. Bommeler-Waard.V. cenom.

BATAVIA, cap t. de file de Java et de tous les

N. 0., à l'emh. du Jaca.tra; env. 60 000 h. rt grand et commode, mais peu profond; superbe radel • beaux canaux, monuments nambreux; hôtel de vile, magasins de la marine, hôtel du gouverneur général, palais, hôpital militaire, théâtre, etc. Société des arts et des sciences, écoles diverses, commerce immense. - Fondée par les- Hollandais en 1619, sur l'emplacement dal'anc. ville doJacatra; prise en 1811 par les Anglais, qui l'occupèrent jusqu'en 1816. Batavia a longtemps été un séjour fort malsain. Au commencement de ce siècle, le général Dændels voulut l'abandonner pour Sourabaya, et sa destruction fut commencée; mais Van Capellen a fait renaître cette ville en prenant des mesures efficaces pour l'assainir et y diminuer la mortalité.

BATH (c.-à-d. Bains), A:qu e Salis, A que Calida' , v. d'Angleterre, un des ch: 1. du comté de Somerset, sur «'Avon; à 17 kil. E. de Bristol, à 160 kil. S. O. de Londres; 50 800 hab. Elle donne son nom à l'évêché de: Bath-et-WVeâis, dont le siège est à Wells. Cathédrale gothique, belle salle de spectacle. C'est une des plus jolies villes de l'Europe. Gymnase, société d'agriculture,.société des lettres et_des sciences, société philosophique, société musicale de Bath. Bains chauds très-fréquentés : le beau monde s'y rend de toutes lès parties de l'Angleterre. Vestiges d'antiquités, ruines :d'un temple de Minerve élevé par Agricola. - On gompte aux États-Uni`s plusieurs villes et comtés du nom de Bath. La principale est dans le Maine, sur le Kennebeck, à 40 kit. N. E. de Portland; 12000hab. Chantiers de construction-, chemin de fer.

BATITILDE (Ste), -épouse de Clovis II, née en Angleterre, avait été enlevée et réduite en esclavage par des_ pirates. Après la mort de son mari, qui mourut à 2a ans «650, elle gouverna sagement pendant la minorité de son fils Clotaire TII. En 665, elle se retira dans le monastère de Chelles, qu'elle avait fondé, et y vécut saintement jusqu'à sa mort, en 680. On la fête le 30 janvier.

BATHNA, peste militaire établi par les Français en 1844 dans la. prov. de Constantine, entre Constantine et Biskara, à, 120 k. S. de Constantine et à 11 k. de Lambessa; ch. 1. de subdivisionmilitaire; 2500 h.

BATIIblif; vge de Hongrie, dans le comftat de Szabolcs, est le berceau de la famille des Bathori qui a donné à la Transylvanie cinq ' princes, ét à la Pologne un de ses pifs glands rois, Étienne Bathori.

BATHOBI (Étienne), roi de Pologne, né en 1532, d'une des familles les plus nobles et les plus anciennes de la Hongrie, fut élu prince de Transylvanie en 1571, et succéda en 1575 à Henri de Valois sur le trône de Pologne, par l'influence d'Amurat III, qui le soutint contre sen compétiteur Maximilien d'Autriche. Il reprit Dantziek sur ce dernier, força les Russes à lui céder la Courlande et une partie de la Livonie, apporta de sages réformes dans le gouvernement civil et fonda l'Université de Vilna. 11 pensait à'faire de la Pologne un royaume héréditaire lorsqu'il mourut en 1586, d'un accès de colère. - Ii fut remplacé en Transylvanie par son frère aîné, Christophe Bathori, qui régna de 1576 à 1581 et s'allia aveo les Tures:=Sigismond Bathori, fils de Christophe, lui succéda; en Transylvanie en 1581. Ce prince belliqueux, mais bizarre nt capricieux, s'allia successivement avec les Turcs et avec liAutriche. Il

uitta et reprit trois fois la couronne; il la céda dénitivement â l'empereur Rodolpheen 1602, et se 'retira àPrague, où il mourut dans l'obscurité en 1603.

Gabriel Bathori, frère de Sigismond, (ut élu prince de Transylvaanie en 1608. Il se rendit tellement odieux que ses sujetsle déposèrent (1613); il mourut peu après, assassiné. Après Gabriel, la principauté sortit de cette famille.

BATHURST (comtes de). Cette famille anglaise rats' tache son origine à la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. Un de ses membres, Ralph Bathurst, ne en 1620, mort en 1704, se distingua à la fois comme médecin, poète, théologien et physicien, et fut vice-chancelier de l'Université d'Oxford. - Allen, comte de Bathurst, né en 1684, mort en 1775, fut, sous la reine Anne, un des membres les plus distingués du parti tory et l'adversaire du ministre Horace Walpole. Il fut nommé pair et baron en 1711, et fait comte en 1772. Il était lié avec Pope et Swift. - Lord Henri Bathurst, son petit-fils, 1762-1834, fut ministre sous Georges IV, et l'un des tories les plus exaltés. Nommé en 1809 secrétaire d'État pour les colonies, il fonda plusieurs établissements, qui portent encore son nom. Président du conseil en 1828, il fut renversé en 1830 par le contre-coup de la révolution francaise de Juillet.

BATIIURST. Ce nom a été donné à plusieurs établissements anglais en l'honneur de la noble famille des Bathurst. Le principal est une v. de la Sénégambie, située dans l'île Sainte-Marie, à l'embouch. de la Gambie : c'est le ch.-l. des établissements anglais sur la Gambie. Fondé en 1816.

BATHYLLE, jeune homme de Samos, remarquable par sa beauté, fut aimé de Polycrate, qui lui éleva une statue, et d'Anacréon, qui le chanta dans ses vers.-Célèbre pantomime , natif d'Alexandrie, -vint à 'Rome sous lè ~~b d'Auguste et fut le rival de Pylade. Il excellait surtout dans le g: 7d et dans les sujets voluptueux. Il avait été l'esclave de Mécène,

ri l'affranchit.- Mauvais poète latin, contemporain Virgile, s'attribuait les vers du cygne de Mantoue : c'est pour le confondre que Virgile composa cet hémistiche célèbre en le défiant de l'achever :

Sic vos non vobis, etc.

BATIGNOLLES-MONCEAUX (les), anc. commune du dép. de la Seine, au N. des murs de Paris, près de la barrière Clichy. Sa population, insignifiante il y a peu d'années, s'élevait en 1856 à 43 302 âmes. Cette commune est depuis 1860 presque tout entière englobée dans le nouveau Paris. Le chemin de fer de Paris à St-Germain passe sous les Batignolles.

BATNES, Batnæ, v. de l'ans. Syrie (Cyrrhestique), au S. O. d'Hiérapolis, était un des plus grands entrepôts de l'Orient. - Ville de Mésopotamie (Osrhoène), à l'E. de l'Euphrate, et au S. d'Edesse; entrepôt entre l'Inde et la Syrie. Fondée par les Macédon iens. C'est auj. Saroudj ou Sérug.

BÂTON-ROUGE, nouv. capitale de la Louisiane, sur la r. g. du Mississipi; à 130 k. N. O. de la Nouv.-Orléans; env. 5000 h. Remarquable par sa salubrité, ce qui y a fait transporter en 1847 le siége du gouvernement. On prétend que son nom vient de ce que les premiers colons remarquèrent sur son emplacement un énorme cyprès, arbre de couleue rouge, qui était droit et dépouillé comme un bdton; selon d'autres, on y trouva des bâtons rougis de sang.

BATOUM, v. de la Turquie d'Asie, ch-1. de la Gourie, à l'emb. du Batoumi dans la mer Noire, età 150 kil. O. d'Akhaltsiké. Port fréquenté.

BATOURINE, v. de la Russie d'Europe (Tchernigov), à l'E. de Tchernigov; 9250 hab. Anc. résidence de l'hetman des Cosaques. Prise et saccagée par les Russes en 1708. Donnée par l'impératrice Élisabeth à l'hetman Razoumovski, qui la rebâtit.

BATTERSEA, v. d'Angleterre (Surrey), à 4 kil. S. O. de Londres en face de Chelsea. Asperges renommées. Mausolée de lord Bolingbroke.

BATTEUX, littérateur. V. LE BATTEUR.

BATTHYANI, anc. maison de Hongrie, dont les membres furent faits barons de l'Empire en 1585, et princes en 1764, a produit : Franç. de Batthyani, qui commandait en chef à la bataille de Mohacz,1526; -Charles de Batthyani, qui battit les Français et les Bavarois à Pfaffenhofen, 1745; -Louis de Batthyani, qui figura en 1848 dans l'insurrection hongroise contre l'Autriche, et qui, malgré ses efforts pour rapprocher les deux partis, fut condamné à mort et fusillé en 1849 par le général autrichien.

BATTISTA SPAGNUOLI,. dit le Mantouan, poète la-tin du xve siècle, né à Mantoue vers 1436, mort en 1516, entra chez les Carmes, devint général de son ordre et entreprit de le réformer- n'ayant pu y réussir, il abdiqua et consacra aux lettres le reste de sa vie. Ses poésies, qui se composent d'églogues, d'élégies, de sylves ou mélanges, et d'un poème sur tous les saints du calendrier, ont été réunies en 3 vol. in-fol., Paris, 1513. Ce poète, trop fécond, jouit de son temps d'une telle réputation que quelques-uns l'égalaient à son compatriote Virgile. - Un autre Battista (Jos.), Napolitain, né vers 1620, mort en 1675, a laissé des épigrammes latines (Venise, 1653), des poésies lyriques en italien, et une poétique (1676).

BATTLE, (c.-à-d. Bataille),. bourg d'Angleterre (Sussex), à 9 kil. N. O. d'Hastings et à 69 kil. de Londres; 3000 hab. Poudrerie. C'est là qu'eut lieu la bataille dite d'Hastings (1066). On y voit les ruines de l'abbaye de St-Martin, bâtie par Guillaume en mémoire de sa victoire.

BATTUS, berger de Pylos, fut changé par Mercure' en pierre de touche, pour avoir révélé l'endroit où ce dieu avait caché les troupeaux dérobés à Apollon.

BATTUS, de Théra, l'une des Cyclades, conduisit une colonie en Afrique par l'ordre de l'oracle de Delphes, bâtit Cyrène vers 630 av. J.-C., et y régna 40 ans.

BATUECAS (Las), vallée d'Espagne (Estramadure), à 62 kil. S. O. de Salamanque. Petite et entourée de mont. si hautes et si escarpées que le soleil y pénètre à peine. Onaprétendu à tort que cette vallée était restée inconnue jusqu'au siècle dernier : elle était connue dès le temps des Romains.

BATU-KHAN, fils de Touchi et l'un des petits-fils de Gengis-Khan reçut en partage, après la mort de ce dernier (1227) , le Kaptchak, la Russie mérid. et la Bulgarie. Il envahit la Pologne et la Silésie (1241), conquit la Moldavie et la Hongrie sur Béla IV (1242), ravagea la Dalmatie et répandit la terreur par toute l'Europe. Cependant, à la suite de quelques échecs, il regagna son palais de Seraï, près du Volga (1243). Il aida ensuite son parent Man

pu à s'emparer de la Perse et à faire la conquête de la Chine. Il mourut en 1256. BATZ, petit port du dép. de la Loire-Inf., arrond. de Savenay, à 8 kil. S. de Guérande; 1164 iab. Exploitation de marais salants.

BAUCIS, femme pauvre de Phrygie, épouse de Philémon. Jupiter et Mercure, pour récompenser ces époux du bon accueil qu'ils en avaient reçu, quoiqu'ils n'eussent pas fait. connaître leur divinité, les préservèrent d'un déluge qui inonda la contrée, et changèrent leur cabane en un temple dont ils les firent ministres. Philémon et Baucis vécurent jus-qu'à la dernière vieillesse et moururent en même temps. Ils furent changés en arbres, Philémon, en chêne et Baucis en tilleul. Ovide (Met., liv. VIII )et La Fontaine ont raconté cette métamorphose.

BAUD , ch.-1. de cent. (Morbihan), à 23 kil. B. de Napoléonville; 1326 hab. Antiquités romaines.

BAUDELOCQUE (Jean-Louis), célèbre accoucheur, né à Heilly en Picardie en 1746, mort en 1810, vint de bonne heure à Paris, où il s'appliqua surtout à l'art des accouchements, fut nommé chirurgien en chef de l'hospice de la Maternité, et professeur d'accouchements à l'école de médecine. Ses écrits principaux sont : Principes des accouchements, 1775, et l'Art des accouchements, 1781, souvent réimprimés.

BAUDELOT DE DAIRVAL (Ch. César), antiquaire, né à Paris en 1648, mort en 1722, quitta le barreau, où il avait du succès, pour se livrer à l'étude de l'antiquité , fit de précieuses découvertes, et devint membre de l'Académie des inscriptions et garde du cabinet des médailles de Madame. On a de lui : De l'Utilité des voyages, 1686; Hist. de Ptolémée-Aulète, 1698; et de savantes dissertations : Sur des pierres gravées; Sur la guerre des Athéniens contre les peuples de l'île Atlantide, etc. Il légua à l'Académie les Marbres de iyointel (auj. au musée du Louvre). BAUDIER (Michel), historiographe de France sous Louis XIII, né en Languedoc vers 1589, mort en 1645, a écrit : Hist. de la guerre de Flandre, 1618; hist. générale de la religion des Turcs, avec la vie de 3fahomet et des quatre premiers califes, 1626; Hist. du cardinal d'Amn.boise, 1634; --du maréchal de Thoiras, 1644; - de Suger, - de Ximenès, 1645, etc.

BAUDIN (Charles), amiral, né en 1784, à Sedan, mort en 1854, était fils du conventionnel Baudin, dit des Ardennes. Il se distingua en 1808 dans la mer des Indes, eut le bras droit emporté en combattant les Anglais, mais n'en continua•pas moins à servir; gagna, en 1812, le grade de capitaine de frégate, en luttant dans la Méditerranée contre un brick anglais de force supérieure; quitta le service à la rentrée des Bourbons et fonda au Havre une maison de commerce que ruina la révolution de 1830, rentra alors dans la marine et fut bientôt nommé contre-amiral. Chargé en 1838 de tirer vengeance d'actes de violence commis au Mexique contre des négociants français, il attaqua et détruisit, avec quatre vaisseaux seulement, le fort de St-Jean d'Ulloa, réputé imprenable, et, par ce coup hardi, termina glorieusement la guerre. il venait d'être élevé par Napoléon III à la dignité d'amiral lorsqu'il mourut. Baudin était protestant : il fut élu par ses coreligionnaires président du conseil central des églises réformées.

BAUDIUS (Dominique), poëte latin moderne, et professeur d'éloquence, né en 1561 à Lille, mort en 1613, exerça quelque temps la profession d'avocat à La Haye; fut chargé par les Etats généraux de Hollande de plusieurs missions diplomatiques à Londres et à Paris (ou il resta 10 ans); fut nommé en 1606 professeur d'éloquence à Leyde, puis enseigna l'histoire et le droit. Il était lié avec Sully, Mornay, de Thou. Achille de Harlay, Phil. Sidney, et leur adressa des Lettres et des Discours qu'on a recueillis, Amsterdam, 1654 et 1662, ainsi que des Poésies estimées, publ. à Leyde sous le titre de Baudii Amores.

BAUDOT DE JULLY (Nicolas), né à Paris en 1678, mort en 1759, était fils d'un receveur des tailles de Vendôme, et fut lui-même délégué de n'attendant à Saris t. Il a publié, étant encore fort jeune, plusieurs ouvrages, écrits pour la plupart avec assez d'art, mais d'un style négligé : Hist. de Catherine de France, reine d'Angleterre, 1696; Hist. secrète du connétable de Bourbon, 1696; Relation historique et gdlante de l'invasion d'Espagne par les Maures, 1699; Hist. de la conquête d'Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, 1701; Hist. de Philippe-Auguste, 1702, etc. Il fit aussi paraître quelques autres écrits sous le pseudonyme de Mlle de Lussan.

BAUDOUIN. Ce nom aété porté par plusieurscomtes de Flandre, dont voici les plus connus : Baudoin I Bras de fer, fils d'un gouverneur de la Flandre : il épousa en 863 Judith fille de Charles le Chauve, qu'il avait enlevée, obtint la Flandre avec le titre de comte, et mourut en 879.-Baudouin V, qui épousa une fille de Robert, roi de France. Il ajouta te Hainaut à ses États. Après la mort du roi de France Henri I, il fut chargé de la régence pendant la minorité de Phi-lippe I (1060) , et se montra digne de la confiance qu avait eue en lui la nation. Il mourut en 1067. Sa fille Mathilde avait épousé, en 1050, Guillaume le Conquérant.- Baudouin IX, qui devint empereur de Constantinople sous le nom de Baudoin I. Y. l'art. suivant.

BAUDOUIN i, 1°' empereur latin de Constantinople, né en 1171, était d'abord comte de Hainaut et de Flandre sous le nom de Baudouin IX et se croisa en 1200. Il établit sur le trône de Constantinople Alexis IV, fils d'Isaac-l'Ange; ces deux princes étant morts, il se fit proclamer lui-même empereur, en 1204. Il indisposa les Grecs par ses mépris; les mécontents appelèrent à leur secours Joannice, roi des Bulares, qui vint l'attaquer pendant qu'il assiégeait Andrinople révoltée, le battit, le prit et le fit mourir dans les tortures, 1206. Cependant on douta de samort, et 20 ans plus tard, un faux Baudouin parut en Flandre. V. HAINAUT (Jeanne de).

BAUDOUIN II, dernier empereur latin deConstantinople (1228-1261), était fils de Pierre de Courtenay, - et n'avait que il ans quand il monta sur le trône. - Le gouvernement fût confié pendant sa "minorité à Jean de Brienne. Pressé par deux puissants ennemis, Asan, roi des Bulgares, et J. Ducas Vatace, empereur grec de Nicée, ce prince faible, au lieu de résister par lui-même, vint plusieurs foison Europe pour mendier des secours, mais sans succès. En 1261, Michel Paléologue s'empara de Constantinople, et Baudouin se retira en Italie', où il mourut en 1273, âgé de 56 ans. C'est ce prince qui fit don à S. Louis de la couronne d'épines pour laquelle fut construite la Ste-Chapelle.

BAUDOUIN I, roi 'de Jérusalem (1100-1118), frère et successeur de Godefroy de Bouillon, était fils d'Eus tache, comte de Boulogne. Il avait pris la croix en 1095, et s'était emparé pour son propre compté de la principauté d'Edesse (1097). Devenu roi, il fit perpétuellement la guerre aux Sarrasins, rebattu par eux à, Rama, mailles vainquit à Jaffa &leur enleva Tripoli, Ptolémaïs, Béryte et Sidon.

BAUDouIN II, cousin du préc., lui succéda d'abord dans sa principauté d' Édesse (1100), puis sur le trône de Jérusalem (1118-1131). Après avoir obtenu quelques succès et avoir battu les Musulmans devant Antioche, il fut fait prisonnier par eux en 1124, et ne fut délivré que plusieurs années après,' par Josselin de Courtenay, comte d'Edesse. Il eut pour successeur Foulques, comted'Anjou, son gendre.

BAUDOUIN Ili, fils de Foulques, régna de 1144 à 1162, perdit Édesse, et sollicita une nouvelle croisade, qui fut dirigée par Louis Vif et Conrad III, mais qui eut peuderésultats: cependant, il prit Ascalon , 1153. Il eut Amaury pote successeur.

BAUDOUIN Iv, fils et successeur d'Amaury (1174-1185), était mineur à la mort de son père Accablé d'infirmités et affligé de la lèpre, ce. Jeune prince fut battu par Saladin, près de Sidon, -en 1178; in-capable

'de gouverner par lui-même, il' confia le gouvernement de ses États à Guy de Lusignan, puis à Raymond III, comte de Tripoli.

BAUDOUIN v, fils de Guillaume de Montferrat et de Sibylle, et neveu de Baudoin IV, fut désigné par ce prince pour lui succéder, quoiqu'en bas âge. Il ne régna que de nom (1185), et mourut au bout de 7 mois. Un an après, Jérusalem tombait au pouvoirde Saladin.

BAUDOUIN (J.), fécond traducteur, membre de l'A-cadémie française, né en 1590 dans le Vivarais, mort en 1650, était lecteur de la reine Marguerite. Il a traduit Tacite, Suétone, Xiphilin; le Tasse et les oeuvres morales de Bacon, et a publié une Iconologie, 1636, et des Emblèmes, 1638._

BAUDBA.ND (Mich. Ant.), géographe, né à Paris en 1633, mort en 1700, fut secrétaire du cardinal Barberini, qu'il accompagna aux conclaves de 1655 et 1667, et fit plusieurs voyages qui étendirent ses connaissances. On lui doit Geographia ordine litterarum disposita, 2 vol. in-fol., 1681-82 (c'est un des plus anciens recueils de ce genre); Dictionnaire géographique et historique, en partie traduit du précédent, et achevé par dom Gelé, 2 vol. in-fol., 1705.

BAUDRAND (Henri comte), général, 1774-1848, fit avec distinction les campagnes de la République et de l'Empire, figura comme chef d'état-major à la bat. de Mont-St-Jean (1815), comme _aide de camp du duc d'Orléans au siége d'Anvers (1832), et fut nommé en 1837 gouverneur du comte de Paris.

BAUDRICOURT (Robert, sire de), gouverneur de Vaucouleurs, accueillit Jeanne d'Arc et l'envoya à Charles VIL V. JEANNE D'Anc.

BAUDRILLART (Jos.) , savant forestier, né en 1774 à Givron (Ardennes) mort en 1832, fut dans sa jeunesse employé aux htpitaux ambulants, profita de ses voyages pour étudier l'aména&ement des-forats en Allemagne, acquit sur cette partie de préI rieuses connaissances qui lui donnèrent entrée dans in-4 : c'est un Index des ouvrages de Théophraste, l'administration forestière, et y devint, en 1819, chef Dioscoride, Pline, etc., avec la synonymie des plan-- de division. Outre des traductions de l'allemand, on tes, rangées dans un ordre méthodique; il mit 40 ans lui doit plusieurs ouvrages qui font autorité, notam- à le composer. On lui doit encore Theatrum anatoment un Traité général des eaux et forêts, chasses et micum, Francfort, 1605, réimprimé avec de grandes pêches (10 vol. in-4, 1821-34), qui renferme, avec un additions en 1621. L'anatomie lui doit quelques dé

-eg chronologique des Règlements forestiers de- couvertes, entre autres celle de la valvule placée

puis 1219, des Dictionnaires des eaux et forêts, des entre l'iléon et le colon (valvule de Bauhin).

chasses et pêches. Il publia le Code forestier (1827), le BAUMANN (grotte de), dans le duché de Bruns

'___ Code de la pêche (1829), le Mémorial forestier, l'An- wick, à 8 kil. S. O. de Blankenbourg, se compose nua ire forestier, tous ouvrages d'une utilité pratique. de 6 ou 7 voûtes qui communiquent par de petites

BAUDRY, chroniqueur. V. BALDERIC. ouvertures et où l'on trouve de belles stalactites et

• BAUER (Ad. Félix), général au service de la Rus- des ossements fossiles.

aie, né vers 1667 dans le Holstein, mort vers 1718, BAUME, du mot provençal baoumo, caverne, est contribua en 1702 à la prise de Marienbourg, ou il dans le Midi le nom de plusieurs lieux, dont le plus prit sous sa protection une pauvre orpheline du nom connu est la montagne de Ste-Baume. V. STE-BAUME.

de Catherine (V. CATHERINE I), battit les Suédois à BAUME-LES-DAMES, ch.-l. d'arr. (Doubs), sur le

Xalisch, 1706, et eut une grande part à la victoire Doubs, à 28 kil. N. E. de Besançon; 2519 h. Trib.,

1 de Pultava, où il commandait l'aile gauche. La Rus- collége. Forges, taillanderies, tanneries, papeteries, sic lui doit le perfectionnement de sa cavalerie. Aux environs, fer, houille, marbre, ardoise, gypse

BAUFFREMONT, vge de France (Vosges), à I1 k. en abondance. Baume-les-Dames a dû son nom à une de Neufchâteau, a donné son nom aux barons de célèbre abbaye de chanoinesses ou dames nobles. Bauffremont, famille française très-ancienne, qui BAUMÉ (Antoine), pharmacien et chimiste, né à longtemps releva de l'empire d'Allemagne et des Senlis en 1728, mort en 1804, s'établit à Paris, où il ducs de Bourgogne, auxquels elle s'allia par maria- consacra au progrès de la science une fortune acges. Au xiue siècle, cette maison se divisa en deux quise par son travail, et devint membre de l'Acadébranches. L'alitée ne tarda pas à s'éteindre; la bran- mie des sciences. Il a fait en commun avec Macquer che cadette acquit successivement la principauté plusieurs ouvrages de chimie qui ne sont plus au de Listenais, le duché de Pont-de-Vaux, le marqui- courant de la science, des Éléments de pharmacie,

' sat de Marnay-la-Ville, et hérita des possessions des 1773, un grand nombre d'articles dans le Diction

'_- Gorrevod et des Courtenay. -Nit. de BAUFFREMONT, Haire des Arts et Métiers et de Mémoires sur divers grand prévôt sous Charles IX, prit part aux massa- points importants de chimie. On lui doit plusieurs ores de la St-Barthélemy, aux batailles de Jarnac et inventions utiles aux arts, plusieurs procédés de tein

t de Moncontour, et fut orateur de la noblesse aux ture et de dorure; il parvint à rendre les thermomè-Etats de Blois, 1576. -Henri de BAUFFREMONT, son tres comparables, et inventa l'aréomètre qui porte petit-fils, fut gouverneur d'Auxonne et président•de son nom. Il était grand partisan des doctrines chi-la noblesse aux États généraux de 1614: on a con-, miques de Stahl et se montra opposé à la révolution servé de lui quelques harangues.-Roger de BAUF- opérée dans la science par Lavoisier.

FREMONT, frère de Henri, fut évêque de Troyes, ce BAUMEISTER (Fréd. Christ.), recteur du gymnase qui ne l'empêcha pas d'embrasser publiquement la de Gmrlitz né en 1708. dans la Saxe-Gotha, mort en religion protestante.-En 1757, l'empereur François I 1785 , a publié des ouvrages empreints ue "esprit de conféra le titre de prince du St-Empire à Louis, fils de Wolf : Philosophia definitive,1735 ; Institutiones de L. Bénigne de Bauffremont et d'Hélène de Cour- philosophix methodo wolfiana conscriptre, 1738; tenay, ainsi qu'à tous les membres de sa famille. - Historia doctrinx de optimo mundo, 1741.

Alexandre Emmanuel, petit-fils de ce dernier, 1773- BAUMGARTEN (Alex. Gottlieb), philosophe aile

_ 1833, émigra à Coblentz, mais depuis il se rallia à Na- mand, né à Berlin en 1714, mort en 1762, enseigna poléon etaccepta le titre de comte de l'Empire fran- la philosophie et les belles-lettres, mais s'occupa surçais; il fut nommé pair en 1815 par Louis XVIII. tout des beaux-arts; il est un des premiers qui en

BAUGÉ, Balgium, ch.-l. d'arr. (Maine-et-Loire), aient présenté une théorie générale. Son principal sur le Couesnon, à 39 kil. N. E. d'Angers; 3189 hab. ouvrage est intitulé : .sEsthetica (Francfort-sur-Tribunal, collége. Etoffesde laine, toiles communes, l'Oder, 1750, 1758); sous ce nom, dont il fut le ouvrages en corne; bestiaux, bois de charpente, etc. créateur, il exposa sa théorie du beau. -Son frère, Les Français, commandés par le maréchal de La Jacques Sigismond, 1706-1757. théologien luthé-Fayette, y battirent les Anglais en 1421. - Près de rien, publia un Abrégé de l'histoire ecclésiastique, Baugé se voit Baugé le Vieil, village où sont les Halle, 1742, et commença l' Histoire universelle, dite restes d'un château bâti par le comte d'Anjou, Foul-de Halle, que continuèrent Semler, Schlcezer, etc. ques Nerra, et autour duquel se forma la ville. BAUMHOLDER, principauté. V. LICHTENBERG.

BAUGY, ch.-1. de tant. (Cher), à 25 kil. E. de BAUR (Ferd.-Chrétien), théologien protestant al

Bourges; 799 hab. Ancien château fort_ pris par lemand, né en 1792, m. en 1860, a public. un grand

Charles VI en 1412. nombre d'ouvrages de critique religieuse presque

BAUHIN (Jean), célèbre botaniste français, né à aussi hardis que ceux du D' Strauss, son disciple : Bâle en 1541, mort en 1613, était fils d'un médecin, la Gnose chrétienne (1835); S. Paul, sa vie et ses qui fut obligé de quitter la France pour avoir em- doctrines (1845); Recherches critiques sur les Évanbrassé la religion réformée. Il enseigna d'abord la giles canoniques (1847); le Christianisme aux trou rhétorique à Bâle, puis fut nommé médecin d'Ul- premiers siècles (1853) , ouvrage complété depuis; rich, duc de Wurtemberg-Montbéliard (1570), et par une Hist. du Christianisme jusqu'au via siecle. vint séjourner auprès de ce prince à Montbéliard. BAUSCH (J. Laurent), Bauschius, médecin alle-Son principal ouvrage est l'Historia universalis plan- mand, 1605-1665, fonda en 1652, à Leipsick, l'Acatarum, publiée après sa mort, à Yverdun, en 1650, lémie des curieux de la nature (Naturæ curioso-3 vol. in-fol., et qui fit longtemps autorité. On a en- rues), qui a publié des mémoires importants.

cure de lui un Traité des animaux ayant ailes qui


BAUSSET (L. F. de) , cardinal, né à Pondichéry nuisent par leurs piqûres, etc., 1593, et plusieurs en 1748, mort en 1824; fut d'abord grand viopuscules de botanique. Il était lié avec les principaux taire de M. de Boisgelin, archevêque d'Aix; il devint botanistes de son temps, Conrad Gesner, Fuchs, Da- évêque d'Alais en 1784, et fut député à l'assemblée lechamp, etc.-Gaspard, son frère, né à Bâle en 1550, des notables en 1787. L'Assemblée constituante supmort.en 1624, fut professeur de langue grecque, puis prima son évêché en 1790, et il réclama inutilement. de botanique et d'anatomie à Bâle. Son principal Incarcéré pendant la Terreur , il fut rendu à la liberté ouvrage est le Pinax theatri botanici, Bâle, 1671, après le 9 thermidor. Jl oublia en 1808 une histoire de Fénelon, qui eut beaucoup de succès (3 vol. in-8, portés à 4 dans l'édition de 1817). Il la fit suivre bientôt après d'une Histoire de Bossuet (4 vol. in-8, I814), qui ne fut pas aussi bien accueillie. Lors de la formation de l'Université, Napoléon le créa conseiller titulaire (1810). En février 1815, il fut nommé par Louis XVIII président du conseil de l'instruction publique; mais les évènements des Cent-Jours l'empêchèrent d'exercer ses fonctions. Au retour des Bourbons, il fut fait pair et reçut le chapeau de cardinal (1817). Il avait été admis à l'Académie française en 1816. M. Tabaraud a publié en 1822 un Supplément aux deux histoires de Jf. de Bausset, ouvrage rédigé dans un esprit tout autre que celui de l'auteur.


BAUTRU (Guill.), bel esprit, né à Angers en 1588, mort en 1665, se fit une. grande réputation par ses bons mots, se concilia la faveur de Richelieu et de Mazarin, et fut nommé comte de Séran et. ambassadeur en Flandre, puis en Espagne et en Angleterre. Il fut un des premiers membres de l'Académie française, quoiqu'il n'eût guères écrit que des épigrammes.

BAUTZEN ou Bunissis, V. du. roy. de Saxe (Hte-Lusace), sur la Sprée, à 52 kil, N. E. de Dresde; 12 000 hab. Cour d'appel, consistoire. Eglise St-Pierre, hôtel de ville, salle de spectacle, château d'Ortenburg, gymnase, 2 bibliothèques publiques. Draps, toiles, linge de table, futaines, etc. Jadis ville impériale. Patrie du poète Meissner. Napoléon y vain-quit les Russes et les Prussiens, 21 mai 1813. *BAUX (ors), bourg des Bouches-du-Rhône, à 15 k. N. E. d'Arles, à 7 kil. S. de St-Remy; 1600 hab. - Il a donné son nom à la maison de Baux, une des plus anc. de la Provence, et qui prétendait descendre des Baltes, famille royale chez les Visigoths. Les barons de Baux ont été seigneurs de Marseille et princes d'Orange. Ils ont prétendu aux titres de rois d'Arles et de comtes de Provence, et ont soutenu leurs pré-tentions à main armée. Le plus ancien baron de Baux dont l'histoire fasse mention est. Guillaume-Hugues, qui vivait au milieu du xi' siècle. En 1393, Marie de Baux porta dans la maison de Chalon la principauté d'Orange, qui passa plus tard dans celle de Nassau. Depuis la fin du xiv' siècle jusqu'en 1641, la baronnie 3e Baux fut réunie au comté de Provence. Louis XIII en fit don au prince de Monaco, Honoré de Grimaldi, qui avait secoué le joug de l'Espagne et s'était mis sous la protection de la France. On voit encore Ies ruines du château des comtes de Baux. *BAVAI', Bagacum, ch. -L de tant. (Nord), à 25 k. N. O. d'Avesnes; 1519 h. Fonderie de. fer et de cuivre, fabrication d'instruments aratoires, etc. Anc. capit. des Nerviens, jadis florissante. Ruines d'un cirque, d'un aqueduc; pyramide à 7 faces d'où partaient 7 routes dites chaussées de Brunehaut, parce qu'on les attribuait à cette reine d'Austrasie.

BAVIÈRE, Noricum, puis Boiaria ou Bajuvaria en latin , Baiern en allemand • royaume de l'Allemagne du Sud, est composé de deux parties séparées par Je roy. de Wurtemberg et le grand-duché de Bade, et situées, l'une à l'E., sur le Danube, l'autre à 1'0., sur la rive gauche du Rhin. La 1`•, qui forme la presque totalité du roy., a pour bornes, au N. les principautés de Reuss, les duchés et le roy. de Saxe; à l'O. la Hesse électorale, les grands-duchés de Hesse-Darmstadt et de Bade et le roy. de Wurtemberg; au S. et à 111, le Vorarlberg, la Bohème et l'Inn. La 2°, beaucoup plus petite, est comprise entre le grand-duché de Bade à l'E., le grand-duché de Darmstadt au N. E., celui du Bas-Rhin à l'0., et la France au S.; 79 800 kil. carrés ; population, 6 600000 h., dont les deux tiers catholiques; capit. , Munich. Le royaume actuel de Bavière est formé de l'ancien cercle de Bae (moins l'archevêché de Saltzbourg et le pays de Berchtesgaden, cédés à l'Autriche en 1802), de presque tout le cercle de Franconie, de la partie orientale du cercle de Souabe; des évêchés de Fulde, Spire, Worms; du duché de Deux-Ponts; d'une partie de l'électorat de Mayence. et du Bas-Palatinat,avec Aschaffembourg; enfin d'une.fractiôn de l'Alsace, et de la forterés8e de Landau. Elle se divise en 8 cercles qui, depuis 1837, portent les noms suivants :


  • Noms actuels. - Noms précéd. Chefs-lieux.*Haute-Bavière.... Iser, Munich. Basse-Bavière. .. . -Bas-Danube, Passau.*Palatinat - Rhin, Spire.*Haut-Palatinat.... Regen, Ratisbonne.*Haute-Franconie .. '- Haut-Mein, Bayreuth.*Franconie-Moyenne. Rezat, • . Anspach.*Basse-Franconie:.. Bas-Mein, . Wurtzbourg.*Souabe Haut-Danube, Augsbourg. - La Bavière danubienne est très-montagneuse; sa partie méridionale est hêrlssée des ramifications de l'Arlberg et des Alpes Noriques' à l'E: le.Boehmerwald-, au N. E. l'Erzgebirge et l?e Fichtelberg dessinent ses frontières; enfin elle est traversée du S. 0. jusqu'à la riv. de l'Altmuhl par une branche des Alpes de Souabe. La Bavière rhénane est coupée en deux parties égales par la chaîne des Vosges; au centre est le mont Tonnerre. Les fleuves de la Bavière sont : le Danube, qui la traverse de l'O. à l'E: et qui y reçoit l'Iller, le. Lech, Plser, l'Ion, l'Altm0hl; la Naab et la Regen; le Mein, qui recoit la Regnitz et la Saale de Franconie. Les princip. affluents qu'y reçoit le Rhin sont la Lauter, la Queich, l'Issenach et la Nahe. On trouve aussi en Bavière plusieurs lacs : l'Ammer, le Wurm et le Chiera. Le climat est doux et tempéré; le sol renferme beaucoup de mines et de °carrières; il produit en abondance des grains, des légumes, des fruits, du vin, du lin,, du chanvre. On trouve au N. de vastes plaines et de belles forets, beaucoup de bêtes fauves et de gibier, une grande quantité de bestiaux, d'abeilles et de volailles. Industrie activé et grand commerce. L'instruction est très-avancée : on compte trois universités, celles' de Munich, d'Erian• gen et de Wurtzbourg; il yen. avait une précédemment à Landshut,- elle a été transportée à Munich. La Bavière est une monarchie tonstitutionnelie : le gouvernement est représentatif : il se compose d'un roi et de deux chambres, le sénat et les députés, qui partagent le pouvoir législatif; la couronne se transmet de mâle en mâle par droit de primogéniture. La Bavière occupait le 3* rang dans 'la Confédération germanique; elle avait .4 voix à rassemblée générale, et une dans les assemblées ordinaires.Histoire. Au temps de César, cette contrée paraît avoir été encore déserte; mais sous Auguste on la voit déjà figurer au nombre des provinces romaines : elle était comprise dans la Vindélicie et la Norique. Au v° s., les Bote ou Boioarii, venus de Bohème, étendirent leurs possessions dons le Norique occidental; ces nouveaux conauérants furent eux-memes Sou-mis du temps de Dagobert par les Francs Austrasiens (630-660). A cette époque la Bavière était gouvernée par des ducs de la race des Agilolfinges, dont lefondateur, Agilulf, régnait vers 530. Les ducs agiiolfinges continuèrent à régir la-Bavière aunom des rois francs jusqu'à Odilon, qui en 743 prit le titre de roi. Il essaya, mais en vam, de se soustraire à la suzeraineté ie Charles Martel. Tassillon, son successeur (748-788), imitant son exemple, viola le germent de fidélité qu'il avait pxété.à Pepin et se ligua contre Charlemagne,. d'abord avec Didier, roi' des Lombards, et avec le duc d'Aquitaine, puis avec les Avares ; mais vaincu et ' pris parle roi des Francs, il alla finir ses jours dans un couvent (788). Charlemagne confia le gouvernement du`. duché à Qérold, comte de Souabe. Louis. le Àébonnaire l'érigea er( royaume, 814, et le donna à son fils aîné, Lothaire, qui en 817 le céda L Louis le Germanique. Le roy. de Bavière comprenait alors, outre la Bavière propre, la Carinthie, la Carniole, • 1'Istrie la Frioul, l'ancienne Pannenie, la Moravie et la Bohièm e. Eu 912 la race des Carlovingiens s'étant éteinte en la personne de Louis l'Enfant, les Bavarois se choisirent pour chef le margrave Arnoul, fils-de Luitppold, qui prit le titre de duc. A sa mort (937), le eluché passa successivement dans diverses maisons : il fut possédé par des ducs de la maison de Saxe (947-1004), de celle de Franconie (1004-1070), par les Guelfes ou Wells de la maison d'Este (1070-1139), puis par des ducs autrichiens; en 1180, il tomba entre les mains d'Othon, comte palatin de Bavière, descendant d'Arnoul de Wittelsbach, fils de Luitpold, et chef de la maison qui régna jusqu'à la fin du dernier siècle. Sous les successeurs de ce prince, le duché_ de Bavière, qui avait été considérablement réduit, reprit de nouveaux accroissements. Après la mort d'Othon l'Illustre (1253), ses deux fils, Louis II et Henri XIII, se partagèrent ses Etats : Louis régna sur la Haute-Bavière, et Henri sur la Basse. Louis III, dit le Ba-varois, fils de Louis II, réunit en 1312 la Haute et Basse-Bavière, et fut couronné empereur en 1313. Louis III agrandit' considérablement ses domaines : lorsqu'il mourut (1347) il possédait outre la Bavière, le Brandebourg, la Hollande, la Zélande, le Tyrol, etc. Les fils de Louis se partagèrent ces di-verses provinces, et formèrent un grand nombre de branches qui s'éteignirent rapidement, de sorte qu'en 1507, Albert II de la branche de Munich, réunit de nouveau toute la Bavière. Les successeurs d'Albert s'opposèrent de toutes leurs forces à la réforme et prirent parti pour l'Empereur dans la guerre de Trente ans. En récompense, l'empereur Ferdinand II éleva le duc Maximilien àla dignité d'électeur (1623), et rendit ce titre héréditaire dans sa famille. Cette dignité lui fut confirmée en 1648 par le traité de Westphalie. Son petit-fils, Maximilien-Emmanuel (1679-1726), s'étant déclaré pour la France dans la guerre de la succession d'Espagne, fut, après la bataille d'Hochstoedt (1704), mis au ban de l'Empire et il ne rentra dans ses droits qu'après la paix de Bade (1714). Charles-Albert, qui lui succéda, prétendit à la succession de l'empereur Charles VI, conquit la Bohême et l'Autriche, et se fit même couronner à Francfort en 1742, sous le nom de Charles VII; mais vaincu par François de Lorraine, à la tête des troupes autrichiennes, il se vit forcé non-seulement de renoncer à l'empire, mais d'abandonner la Bavière elle-même à François de Lorraine; il mourut avant la fin de la guerre. Maximilien-Joseph, son fils, fit la paix avec François et recouvra ses Etats parla paix de Fussen (1745). La Bavière jouissait d'un peu de repos lorsque la mort de Maxim.-Joseph, dernier rejeton des Wittelsbach, souleva de nouvelles discordes (1777). Charles-Théodore, électeur palatin, allié à cette famille, parvint cependant à régner en Bavière, malgré l'Autriche ; et après sa mort (1799), son neveu, Maximilien-Joseph, lui succéda. La Bavière eut beau-coup à souffrir pendant les guerres de la Révolution. Par la paix de Lunéville, elle dut céder ses possessions sur la r. g. du Rhin, mais elle reçut d'amples compensations. Longtemps fidèle alliée de laFrance, elle fut obligée de lui fournir de nombreux contingents. Elle signa l'acte de la confédération duRhin, et sous la protection de Napoléon, qui avait considérablement agrandi son territoire, elle fut érigée en royaume dès 1806; néanmoins, après les désastres de 1813, Maximilien tourna ses armes contre la France. Pour prix de cette conduite, il reçut au congrès de Vienne la confirmation de sa royauté et de ses possessions. Il donna'en 1818 à ses États une charte constitutionnelle. Son fils, Louis I, signala son règne par son goût pour les beaux-arts. Il abdiqua en 1848 en faveur de son fils Maximilien II qui, pour maintenir l'importance de la Bavière, s'est constamment opposé à toute tentative de centralisation de l'Allemagne.


Souverains de la Bavière.*(D'abord avec titre de ducs.)*1° Ducs agile, fanges. Theudon II, 680

Agilulf, vers 530 Théodebert et Gri *Caribald I, 554 ' moald, 700*Tassillon I, 593 Hubert ouHugibert, 728*Caribald II, 610 Odilon, 737*Theudon I, 640 Tassillon II, 748

Henri IV, Henri V, Henri VI, Henri VII, Conrad I, de*phen, Henri VIII, Conrad II, Agnès,*Othon II,

817*876*880*882*888*Louis IV, l'Enfant, 900*3° Ducs bavarois.*Arnoul, le Mauvais, 911*Eberhard, 37*Berthold. 938*4° Ducs de Saxe et de*Franconie. Henri I,*Henri II, le Querel *leur, 955-967 et 85-995 Othon I, de Souabe,*974-978 Henri III,, 983*985*1004*I026*1039 Zut *1049 1053 1056 1057*2° Rois francs. Charlemagne,*Louis I et Lothaire, Louis II, le Germa-nique,*Carloman,*Louis III,*Charles le Gros, Arnoul de Carinthie,*948*788 814*1598 1623 1651*1679 1726*Léopold, 1139*Henri XI, 1141*Henri XII, 1156*7° Maison de Wittelsbach.*Othon I, 1180*Louis I, 1183' Othon I, l'illustre, 1231 Henri XIII et Louis*II, 1253*Louis III, 1294*Etienne I, 1347*Jean de Munich, 1378*Ernest et Guillaume, 1397*Albert, 1438*Jean et Sigismond, 1460*Albert II, 1467*Guillaume et Louis, 1508*Albert III, 1550*Guillaume III, 1579*(Électeurs.) Maximilien I,*duc,*électeur, erdinand-Marie, Maximilien II (Em *manuel), Charles-Albert, Maximilien III (Joseph), 1745

8° Maison palatine.*Ch.-Théodore, 1777*1061 (Rois.)*5° Ducs guelfes ou svelte. aximilien-Joseph,*Welf I, 1070 1V commeélecteur,I799*Welf II, 1101 I comme roi, 1806

Henri IX, 1120 Louis I 1825*Henri X, 1126 Maximilien II, 1848*6° Ducs autrichiens. Louis II, 1864


  • BAvIaRE (Cercle de). Il comprenait tout le terrioire qui forme auj. la partie orientale de la Bavière. *BÂVILLE ou BASVILLE. V. BASVILLE et LAMOIGNON. *BAVIIIS, mauvais poète de Rome, ennemi d'Horace et de Virgile.


BAWR (Sophie COURY DE CHAMPGRAND, baronne de), femme (auteur, née à Stuttgart en 1776, d'une famille française ,t m.en 1680; a publié des comédies, dont la plus„estimée est la Suite d'un bal mas= qué (1813), restée au répertoire du Théâtre-Français, des livres d'éducation, des nouvelles, des contes et romans moraux; enfin ses Souvenirs.


  • BAXAS (cap LAS), Noti Cornu, promont. d'Afrique, sur la côte d'Ajan, par 5° lat. N. et 46° long. *E. BAXTER (Richard) , 1615-1691, théologien anglais non-conformiste, prit parti pour Charles I dans la guerre civile, fut chapelain de l'armée du Parle-ment, et contribua par ses prédications au retour de Charles II, mais n'en fut pas moins en butte aux persécutions pour avoir refusé d'accepter le bill d'uniformité. Il a, écrit de nombreux ouvrages dans le but d'unir toutes les églises chrétiennes.

BAXTER (Will.), philologue anglais, 1650-1723.°On a de lui une Grammaire latine, 1679; des édit, d'Anacréon, 1695; et d'Horace, 1701; et un Glossaire des Antiquités britanniques, en latin, :1719 et 1733.

BAXTER (André), écrivain écossais, 1687-1750, est surtout connu par ses Recherches sur la nature de . l'âme, 1737.

BAYADÈRES (corruption du portugais bailadera, danseuse), femmes indiennes qui s'adonnent au chant, à la danse et à la pantomime. Elles se partagent en quatre classes : les dévadachis1 qui habitent les tem pies et animent les fêtes religieuses de leurs chants et de leurs danses; les natchés, qui remplissent les mêmes fonctions, mais sans être attachées à un temple particulier; enfin les vestiatris et les cancenis, qui se consacrent aux divertissements des grands seigneurs de l'Orient. Elles sont choisies parmi les

  • plus jolies filles; leur costume est rihhe et volup- vendre, unafénageearisien, un Château de cartes, co *tueux; leur danse, souple et gracieuse, peint le plus médies en vers, ennn, le Mariage à la campagne, son souvent la passion de l'amour. Dans l'opinion du pays, leur état n'a rien de déshonorant. Cependant a plupart mènent une vie licencieuse. *BAYAN-IiARA, chaîne de mont. de l'empire chinois, fait partie du grand massif du Kouen-Lun; elle commence sous 94° 30' long. E., 35° lat. N., court au S. E., sépare les sources du Hoang-ho de celles du Mouroui-Oussou, se joint vers 1'E. aux mont. Neigeuses, et se lie aux monts du Thibet oriental.

BAYARD (Pierre Du TERRAIL, seigneur de), sur-nommé le Chevalier sans peur et sans reproche, né en 1476 au château de Bayard (près d'Allevard, Isère), réunit en lui les vertus qu'on admire séparé-ment dans les héros de l'antiquité. Il commença à se signaler sous Charles VIII, à la bataille de For-noue (1495). Sous Louis XII, il contribua puissamment à la conquête du Milanais (1499), et tua en combat singulier le capitaine espagnolAlonzo de Sotomayor. II se signala également dans le royaume de Naples pendant la guerre contre les Espagnols (1503) : comme Horatius Coclès, il défendit seul contre les ennemis le pont du Garigliano, ce qui lui fit donner cette devise : Vires agminis unus habet. Il comprima en 1507 la révolte de Gênes, prit la part la plus glorieuse à la victoire d'Agnadel (1509), puis concourut avec succès à la guerre contre le Pape Jules II; mais, non moins loyal que Fabricius, il repoussa avec indignation les propositions d'un traître qui lui offrait d'empoisonner son ennemi. Blessé à la prise de Brescia, il n'en sauva pas moins l'honneur d'une famille qui allait être livrée à la brutalité du soldat, et n'accepta un don de 2500 ducats que pour les partager entre deux jeunes filles dont il venait de protéger la vertu. Sous François I, il fit de nouveau la guerre en Italie et prit à Villafranca, en 1515, un des généraux ennemis, Prosper Colonna. Quelques jours après, à Marignan, placé à côté du roi, il fit des prodiges de valeur et décida la victoire (1515) : pour lui témoigner sa haute estime, François I voulu t être armé par lui chevalier. En 1521, il sauva Mézières, assiégée par une armée de Charles-Quint. Chargé, quelques années agrès, de ramener une armée qu'avait compromise l'impéritie de Bonnivet, il éprouva un échec à Rebec, mais il sauva l'armée en lui faisant passer la Sésia à Romagnano, en présence des Espagnols, quoique ceux-ci fussent bien supérieurs en force ; étant resté le dernier pour couvrir la retraite, il reçut une blessure dont il mou-rut peu d'instants après (1524). Quoique expirant, il exigea qu'on le plaçât en face de l'ennemi, ne vouiant pas, disait-il, lui tourner le dos pour la première fois. Le connétable de Bourbon, qui servait dans les rangs des Espagnols, voyant Bayard à ses derniers moments, déplorait son sort: a Ce n'est pas moi qu'il faut plaindre, lui dit le liédos, mais vous, qui combattez contre votre roi et votre patrie. » La Vie de Bayard a été écrite par S. Champier, 1525; par son secrétaire, dit le Loyal Serviteur, 1527; par Guyard de Berville, 1760; P. Cohen, 1821, et autres.

BAYARD (J. Franç.), auteur dramatique, né en 1796, à Charolles (Saône-et-Loire), mort en 1853, fit de brillantes études à Ste-Barbe, et vécut dans une étroite intimité avec Scribe, dent il fut souvent le collaborateur et dont il épousa la nièce. Composant avec une extrême facilité, il donna aux divers théâtres, soit seul, soit en collaboration, une foule de pièces dont la plupart eurent la vogue. C'étaient le plus souvent des vaudevilles; cependant il aborda,. aussi avec succès le drame et même la. hautecomédie. Le nombre de ses pièces s'élève à plus de 200. On remarque dans le nombre : la Belle'-Mère, Christine ou la Reine de seize ans, les Fées de Pa-ris, Marie Mignot, les Enfants de troupe, les Premières armes de Richelieu, la Manie des places, la Fille de l'avare, Mathilde ou la jalousie, le Gamin de Paris, et, dans un genre plus élevé : Roman à chef-d'oeuvre. Il venait d'achever le Fils de famille, lorsqu'il fut enlevé subitement à la fin d'une fête qu'il donnait. Bayard était de l'école de Dancourt et de Picard, unpengrivois,'mais plein d'esprit, de gaieté, de verve, d'entrain; bien peu d'auteurs ont possédé à un aussi haut degré le talent de l'invention, l'entente du théâtre et toutes les ressources de l'art dramatique. MM. Hachette ont publié son Thédtre choisi, 12 vol. in-12, 1855-1858.

BAYARD, cheval fameux. V. AYMON.

BAYAZID, v. de la Turquie d'Asie (Arménie), à 240 kil. E. d'Erzeroum et 50 kil. S. O. du mont Ararat; 4000 hab. Jadis beaucoup plus peuplée. Citadelle, beau monastère. Commerce assez actif avec la Géorgie et la Perse. La ville fut fondée par Bajazet I, dont elle reçut le nom. Prise parles Russes en 1828.

BAYEN (Pierre), pharmacien et chimiste, né à Châlons-sur-Marne en 1725, mort en 1798, suivit en 1755, comme pharmacien en chef, l'expédition de Minorque, puis passa à l'armée d'Allemagne pendant la guerre de Sept ans, et y rendit les plus grands services en créant pour ainsi dire la pharmacie militaire. Il analysa les-mua minérales de la France, découvrit la propriété fulminante du mercure, reconnut avant Lavoisiei que, dans la combustion, les minéraux enlèvent à L'air un de ses principes, et fit plusieurs autres observations importantes, cgnsignées dans ses Opuscules chimiques, Paris, 1798.

BAYER (J.), astronome, né à Augsbourg auxvi° s., publia en 1603 à Augsbourg, sous le titre d'Uranometria, un recueil de 51 cartes sidérales, longtemps estimé, qui a été reproduit en 1627 sous le titre de Ccelum stellarum christianuïn.

BAYER (Théoph. Sigefroy), antiquaire et-orientaliste, né à Koenigsberg en 1694, mort en 1738, occupa une chaire d'antiquités grecques et romaines à Pétersbourg. On a dit de lui : Museum sinicum, Pétersbourg, 1730 ; Historia osrhoena et edessçina «m-+ mis illustrata, 1734; Hist. repli Bactriane, 1738, et un grand nombre de savants mémoires, dans les actes de l'Académie de'Pétersbourg.

BAYEUX, dregenus ou plutôt Augustodurus, Civ. Baiocassum, ch.-1. d'arr. (Calvados), sur l'Aure, à 28 k. O. N: O. de Caen, à 269 k. de Paris ; 8562 h. Evêché, tribunal, collège. Belle cathédrale gothique, place St-Patrice, hôtel de ville, bibliothèque. Industrie active : dentelles, tulles, blondes, toiles, etc.; grand commerce de bétail, de volailles, de beurre. - Les Druides avaient à Bayeux une école célébre au mont Phaunus. Cette ville fut au moyen âge la tallit. du Pays Bessin; les ducs de Normandie y résidaient quelquefois. On y conserve la célèbre tapisserie attribuée à la reine Mathilde, qui y aurait retracé la conquête de l'Angleterre par Guillaume, son mari. Bayeux a vu naître les deux Chartier, l'abbé Pluquet, le maréchal de Coigny, etc.

BAYLE (Pierre), célèbre écrivain français, né en 1647, au Carlat, dans le comté de Foix, m en 1706, fut élevé dans le Protestantisme, que des jésuites lui firent abjurer dans sa jeunesse, mais auquel il retourna bientôt. Après avoir été quelques années précepteur, il obtint au concours une chaire de philosophie à Sedan, et l'occupa avec distinction jusqu'à la suppression des universités protestantes, en 1681; il fut alors appelé à Rotterdam pour y remplir une chaire semblable. Il publia cette même année ses Pensées sur la comète, 1681, dans lesquelles, à l'occasion d'un de ces météores qui venait de parattre, il attaqua le réjugé vulgaire qui y voyait un présage effrayant. Ilp fit paraître peu après une Critique de l'histoire du Calvinisme du P. Maimbourg, qui éclipsa le livre donné sur le même sujet par Jurieu. Il fonda en 1684 les Nouvelles de la république des lettres, qui obtinrent-dans toute PEurope tin rapide succès. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, il combattit dans ses écrits l'intolérance de Louis XIV; II mais en même temps il compromit par ses attaques toutes les communions chrétiennes : ses ennemis, à la tête desquels était le ministre Jurieu, le firent, our ce motif, priver de sa chaire (1693). Il se mit 1 alors à rédiger l'ouvrage qui a fait sa réputation, le = Dictionnaire historique et critique, dont la 1" édition parut en 1697, en 2 vol. in-fol. Cet ouvrage lui suscita de nouvelles attaques : Jurieu le dénonça au consistoire comme impie, et au prince d'Orange, desTi venu roi d'Angleterre, comme ennemi de l'État et partisan secret de la France; mais, grâce à la pro-s section de lord Shaftesbury, il échappa cette fois aux oups de ses persécuteurs. Il employa le reste de sa vie à étendre son Dictionnaire, dont il donna une ouvelle édition en 1702, 3 vol. in-folio, et à composer plusieurs ouvrages de critique ou de contre-verse, parmi lesquels on remarque les Réponses aux questions d'un provincial, 6 vol. in-8, Rotterdam, 1704-6. Bayle est surtout connu comme sceptique. m Dans son Dictionnaire, il se plaît à exhumer les opi j nions les plus paradoxales et à les fortifier d'arguments nouveaux, sans toutefois les avouer pour son propre compte; par l'incrédulité qui règne dans ses écrits, il a frayé la voie à Voltaire. Ses OEuvres di-verses ont été publiées à La Haye, 4 vol. in-fol. 1727. L'édition la plus récente et la plus complète de son Dictionnaire est celle de Beuchot, 16 vol. in-8, 1820-1824. Sa Vie a été écrite par Desmaizeaux, 1732. On doit à. M. Lenient une savante Étude sur Bayle, 1856.

BAYLE (Gasp. Leur.), médecin, né en 1774 au Ver-= net en Provence, m. à Paris en 1816, était médecin de l'hospice de la Charité. Il apuissamment contribué aux progrès de l'anatomie pathologique. On estime surtout ses Recherches sur la phthisie pulmonaire, Paris,1810. - Son neveu, Ant. Laurent B., né en 1799, mort 1859, professeur agrégé et sous-bibliothécaire de la Faculté de médecine de Paris , fonda en 1824 la Revue médicale et publia lui-même quelques ou vrages estimés, entre autres la Bibliothèque de thérapeutique, 1828-37, 4 v. in-8.

BAYLEN, v. d'Espagne (Jaen), à 23 kil. N. de Jaen, au pied de la Sierra Morena; 4000 hab. Célèbre par la capitulation que le général Dupont, sur-pris entre ce bourg et Andujar, y signale 22 juillet 1808: le vainqueur, Castanos, fut fait duc de Baylen.

BAYON, eh.-1. de cant. (Meurthe-et-Moselle) sur la r. dr. de la Moselle, à 38 kil. S. de Nancy, à 25 k. S. O. de Lunéville; 800 hab. Station.

BAYONNE (du basque (iaia ona, bonne baie). Lapurdum? v. et port du dép. des Basses-Pyrénées, ch.-1, d'arr., sur la Nive et l'Adour, à 79 k. 0. N. 0. de Pau, à 788 k. S. 0. de Paris par la route, 776 par chemin de fer, à 4 kil. de l'Océan Atlantique; 25 611 hab. Bayonne est comme divisée en trois villes : le Grand Bayonne, le Petit Bayonne et le faubourg de St-Esprit, de l'autre côté de l'Adour, dans le dép. des Landes. Évêché, place forte de 1" classe, tribunal, collége, bibliothèque, bourse. Ville généralement bien bâtie; charmantes promenades le long de l'Adour; place Grammont, place d'Armes, belle cathédrale, citadelle, arsenal, théâtre, port, école de navigation; station. Distilleries, chocolats et jambons renommés, etc. Chantiers de construction pour la marine impér. et le commerce. Assez grand commerce avec l'Espagne; armements pour la pêche de la morue et pour l'Amérique. C'est, dit-on, àBayonne qu'a été inventée la baïonnette. Patrie de l'abbé de St-Cyran, de J. Laffite, etc. - Bayonne dépendit longtemps du duché d'Aquitaine; elle passa avec ce duché sous la domination des Anglais, auxquels Charles VII l'en-leva en 1451. Depuis, elle a été 14 fois assiégée, mais toujours inutilement. Aussi se glorifie-t-elle d'être une ville vierge. C'est à Bayonne que Napoléon fit renoncer Charles IV à la couronne d'Espagne.

BAYREUTH, v. de Bavière, jadis ch.-1. de margraviat auj. ch.-l. du cercle du H.-Mein ouHte-Franconie, sur le :Min-Rouge, à. 42 k. E. de Bamberg; 15 000 h. Belle rue de Frédéric, marché, deux châteaux, opéra,

hôtel de ville, statue de Jean-Paul Richter, qui y ré-sida, etc. Étoffes de coton draps, chapeaux, etc.


BAYREUTH (margraviat de), anc. État de l'Allemagne dans le cercle de Franconie, avait pour places principales : Bayreuth (capit.), Culmbach, Pegnitz, Erlang, Neustadt-sur-Aisch, Bayersdorf, Neuhausen. - La principauté de Bayreuth s'est formée lentement à partir de 1248, époque à laquelle Bayreuth, qui dépendait d'abord des bourgeois de Nuremberg, entra dans la maison de Hohenzollern. Elle fut réuni e en 1769 au margraviat d'Anspach et vendue en 1791 par le dernier titulaire au roi de Prusse. Elle fut supprimée en 1806 et réunie à la Bavière. V. ANSPACH.

[[Wilhelmine de BayreuthBAYREUTH (Soph. Wilhelmine, margravine de), fille du roi de Prusse Fréd. Guillaume I, et soeur du grand Frédéric, née en 1709, m. en 1758, eut beau-coup à souffrir dans sa jeunesse, ainsi que son frère, des violences du roi. Elle épousa en 1731 l'héritier du margraviat de Bayreuth et fut mère du trop fameux margrave d'Anspach (Y. ce nom). C'était une princesse distinguée par les qualités de l'esprit et du coeur. Frédéric II la chérissait. Voltaire a écrit une Ode sur sa mort. Elle a laissé de curieux Mémoires, qui vont de 1706 à 1742, et qui n'ont paru qu'en 1810; ils ont été réimprimés à Paris en 1845. Ces Mémoires offrent les plus intéressants détails sur l'intérieur de la cour de Prusse. La Correspondance de cette princesse avec Frédéric II a été imprimée dans les OEuvres du roi (t. XXVII).

BAZA, Basti, v. d'Espagne (Grenade), à 33 kil. N. E. de Guadix; 6900 h. Les Français y battirent les Espagnols et les Anglais en 1810.

BAZADAIS, Yasates, anc. pays de Franco, dans la Guyenne, entre le Bordelais à 00., le Périgord et l'Agénois à l'E., la Gascogne au S. et la Saintonge au N., avait pour v. principales Bazas (ch.-I.), Langon, La Réole, Sauveterre, Captieux, Casteljaloux et Castelmoron. Il fait auj. partie des dép. de la Gironde et de Lot-et-Garonne.

BAZARD (Aman), disciple de St-Simon, né en 1791, mort en 1832, s'était d'abord voué à la politique d'op-position, et avait fondé dans les premières années de la Restauration, la Charbonnerie française. Converti au St-Simonisme en 1825, il prêcha avec ardeur la nouvelle doctrine, rédigea le Producteur et 1' Organisateur, journaux où elle était exposée, et fut un instant reconnu pour chef par les St-Simoniens ; mais il se sépara d'eux en 1831, lorsqu'abandonnant la direction purement philosophique et sociale, ils prétendirent créer une religion nouvelle.

BAZAS, Cossio, Oppidum Vasatum, ch. 1. d'arr. (Gironde), à 60 kil. S. E. de Bordeaux, sur un rocher escarpé, au pied duquel coule la Beuve; 2411 hab. Tribunal. Salpêtrière, verrerie, cuirs, cire, etc. Commerce de grains, bétail, bois de chauffage.-Autrefois capitale des Vasates. Elle fut prise par Crassus, ravagée au ve siècle par les Vandales et les Goths; elle devint au vie siècle le siége d'un évêché. S. Bernard y prêcha la croisade en 1153. Patrie de Jules Ausone, préfet d'Illyrie, père du poète Ausone.

BAZIN DE RAUCOU, né à Paris en 1797, mort en 1850, était fils d'un riche avoué. Garde du corps, puis avocat, il quitta de bonne heure le barreau pour se consacrer aux lettres. Il fut couronné par l'Académie en 1831 pour un Éloge de Malesherbes, publia en 1838 une Histoire de France sous Louis 11II, qui obtint en 1840 le 2e prix Gobert, et compléta ce bel ouvrage par une Hist. de France sous le ministère du cardinal Mazarin, 1842. 11 a laissé des études de moeurs contemporaines sous le titre de L'Époque sans nom, et des Études d'histoire et de biographie.

BAZIN, évêque de Lisieux. V. BASIN.

BAZOCHE (Clercs de la). Y. BASOCHE. BAZOCHE-SUR-DOESNE, ch.-1. de cant. (Orne),à 6 kil. N. 0. de Mortagne; 1300 hab.

BAZOUGES-LA-PEROUSE bourg du dép. d'Ille-et-Vilaine, à 30 kit. de Fougères; 4243 h. Verrerie

BEACHY, cap d'Angleterre (Sussex), sur la Manche, entre Brighton et Pevensey. Tourville y battit en 1690 une flotte anglaise. BÉARN, prov. de l'anc. France, sur les confins de l'Espagne, avait pour bornes à l'O. la Navarre française et la Soule, à PE. le Bigorre, au N. la Chalosse; 60 kil. sur 65. Elle faisait partie du gouvt de Béarn-et-Navarre, se divisait en 5 sénéchaussées, et avait pour capit.Pau.-Cette contrée était jadis habitée par les Beneharni; sous les Romains elle fut comprise dans la Novempopulanie; elle appartint ensuite aux Goths, aux Francs, aux Vascones ou Gascons (600, etc.), qui reconnaissaient toutefois la suprématie des ducs ou rois mérovingiens. Le Béarn fit partiede l'empire des Carlovingiens comme toute l'Aquitaine; il devint, au ix° siècle, une vicomté héréditaire, et eut dès lors pour vicomte Centule I, 2° fils de Loup, duc de Gascogne. Après l'extinction de cette 1" maison, en 1134, il passa aux vicomtes de Gabaret, puis aux Mon-cade (1170), et dans la maison de Foix (1290). Les vicomtés de Béarn et de Gabaret, suivant alors les destins du comté de Foix, finirent par entrer avec lui dans la maison d'Albret (1465), puis dans 'celle de Bourbon (1550). Ils furent réunis à la couronne de France par Henri IV, 1594; l'édit de réunion ne fut publié néanmoins qu'en 1620, sous Louis XIII. En 1790, le Béarn fut enclavé dans les dép. des Basses-Pyrénées et des Landes, où il forme les arr. d'Oloron, d'Orthez et de Pau. Les Basques, habitants du Béarn, ont conservé le costume, les mœurs du moyen âge, ainsi qu'une langue particulière. V. BASQUES.

BÉATES institutrices de village répandues dans plusieurs départements du Midi, surtout dans la Haute-Loire, forment une congrégation dont l'origine remonte au xvn° siècle; mais qui n'a été autorisée comme établissement d'utilité publique qu'en 1843. Leurs écoles sont en même temps des ouvroirs, où les jeunes paysannes se forment aux travaux d'aiguille, surtout à l'industrie de la dentelle.

BEATON (David), archevêque de St-Andrews en Écosse, né en 1494, de la famille des comtes de Fife, était neveu de James Beaton, qui avait été lui-même archevêque de St-Andrews, et qui fut chancelier d'Ecosse, pendant la minorité de Jacques V. David Beaton fut un des plus zélés antagonistes de la Réforme en Ecosse. Jacques V lui confia les sceaux et le chargea de missions importantes : c'est lui qui négocia le mariage de ce prince, d'abord avec Marguerite de France (1533), puis avec Marie de Lorraine (1538). Il fut nommé cardinal la même année. Après la mort du roi (1542), il devint chancelier de la jeune reine Marie Stuart. il exerça sous son nom l'autorité avec beaucoup de rigueur, chassa J. Knox de l'Université de St-Andrews, fit brûler plusieurs hérétiques et s'attira tant de haine qu'il périt assassiné (1547).

BEATRIX (Ste), fut condamnée à mort sous Dioclétien (303) pour avoir donné la sépulture à ses frères, S. Sulpice et S. Faustin, qui avaient subi le martyre. On l'hon., avec ses frères, le 29 juillet.

BEATRIx nom de plusieurs princesses du moyen âge, dont les plus connues sont : Béatrix de Bourgogne, fille de Renaud, comte de Bourgogne ,qui épousa en 1156 l'empereur Frédéric I et lui apporta en dot la Bourgogne Cisjurane et la Provence; - Béatrix de Savoie, qui épousa en 1220 RaymondBérenger, comte de Provence, et qui favorisa les poètes; - Béatr,ix de Provence, fille de la préc. et de Raymond Bérenger IV dernier comte de Provencel elle épousa en 1245 Charles d'Anjou, frère de Louis IX, depuis roi de Naples, union qui prépara l'annexion de la Provence à la France.

BÉATRIX, femme illustrée par le Dante, qui s'éprit d'elle dès son enfance, et lui consacra une place dans tous ses ouvrages, était de Florence et issue de la fa-mille des Portinari : née en 1266. elle mourut en 1290 a peine âgée de 24 ans, dans la fleur de sa beauté.

BEATTIE (James), écrivain écossais, docteur en théologie, né en 1735 à Laurencekirk (Kincardine), mort en 1803, était fils d'un fermier. D'abord maîtred'école, il devint en 1760 professeur de philosophie - au collège Maréchal à Aberdeen. Cultivant à la fois la poésie et la philosophie, il publia le Jugement de Pâris (1765), le Ménestrel (1774-77), l'F,rmite, ainsi que plusieurs autres. poésies qui eurent beaucoup de succès, et composa des essais estimés sur la Poésie et - la Musique 1762), sur le Rire et les ouvrages de plaisanterie 1764), sur la -Nature et l'immutabilité de la Vérité 1770 et 1776); dans ce dernier ouvrage, le plus connu de tous, il combat, comme l'avait déjà fait son compatriote Reid, les sophismes de Berkeley et de Hume. Qu lui doit encore des essais sur les Songes, sur le Langage, sur l'Utilité des études clac-niques, et des Éléments de morale (17$0-93), trad. par M. C. Manet, 1840. W. Forbes a donné à Londres en 1806 une notice sur sa vie et ses écrits.

BEAUCAIRE, Ugernum, Bellum Quadrum en lat. moderne, ch: 1. de tant. (Gard), près de la r. dr. du Rhône, à 25 kil. E. de -Mmes par la route 28 par chemin de fer, vis à. vis de Tarascon, auquel l'unit un beau pont; 9694 hab. permanents. Station. Commerce en grains, farine, vins. Il s'y tient tous les ans une foire célébre, établie en 1217 par Raymond VII, comte de Toulouse. Jadis il y venait des marchands, d'Espagne , d'Italie, et même de-la Grèce, du Levant, de l'Égypte. La foire se tient dans la ville et dans une longue prairie au bord du Rhône; elle corn- - mence le 1" juilletet durejusqu'au 28.-Le Canal de Beaucaire, ouvert en 1773, part du Rhône près de - Beaucairé et se termine à Aigues-Mortes.

BEAUCE (la), ana. pays de,France, compris jadis dans le gouvt de l'Orléanais, embrassait le pays Chartrain, le Dunois, le Vendomois, le Hurepoix. Sou-vent on restreignait le nom de Beauce au pays Char-train. Villes principales : Chartres, ch.-1.; puis Bretigny, Nogent-le-Roi, Gallardon, Épernon, Maintenon, Bonneval. La Beauce propre est toute en plaines; elle produit surtout des blés, et est renommée par sa fertilité. Elle forme env. la moitié du dép. d'Eure-et-Loir etpartie de celui de Loir-et-Cher.

BEAUCHAMP (Alphonse de), Nommé de lettres, né à Monaco en 1767 , d'un père- français, mort en 1832; servit d'abord dans les troupes sardes, revint en France à l'époque de la Révolution occupa un emploi dans les bureaux de la sûreté générale, puis delapolice, où il recueillit de précieux matériaux pour ses ouvrages, et se livra presque tout entier aux lettres. On lui doit une Histoire de la Vendée, qui parut d'abord en 1806, 3 vol. in-8, et qui eut plusieurs édit. On a aussi de lui une Hist. de la captivité de Pie VII, 1814; une Vie du général Moreau,1814; et de nombreux articles dans la Biographie universelle.

BEAUCHAMPS (P. connu de), littérateur, né à Paris en 1689, mort en 1761, a traduit du grec les Amours d'Ismèneetd'Isménias, d'Eustathe,1742; les Amours de Rhodanthe et de Aosicl ès, de Prodrome, 1746, et a publié, outre des romans et lies pièces de théâtre, auj. oubliées, d'intéressantes Recherches sur les théâtres de France, 1735.

BEAUCHÊNE, petit pays du Dauphiné, aux env. de Gap (Hautes-Alpes); dont les lieux principaux étaient St-Julien-erg Beauchêne et St-André-en-Beauchêne, dans les cantons d'Aspres et de La Faurie.

BEAUFORT, ch: 1. de c. (Maine-et-Loire), sur le Couesnon, à 16 k. S. O. de Baugé; 2629 h. Toile à voile, etc. Érigé en comté en 1340, acheté en 1469 par le roi René qui le laissa à sa femme Jeanne de Laval.-Ch.el. de c. (Jura), à 16 k. S. 0. de Lens-le-Saulnier• 787 hab.-Ch.-l. de c. du dép. de Savoie, à 16 k. d'Albertville; 3150 h. Fromages.

BEAUFORT-MONTMORENCY, ana. seigneurie, située en Champagne, à 38 kil. S. de Châlons, fut érigée en duché par Henri IV pour Gabrielle d'Estrées, 1597.

BEAUFORT (Henri), prélat anglais, frère de Henri IV, roi d'Angleterre, fut évêque de Lincoln, puis de Winchester, chancelier :d'Angleterre, cardinal et ambassadeur en France, et couronna roi de France en 1430, à Notre-Dame de Paris, le jeune Henri VI, amené en France par le duc de Bedford. Ce prélat fut membre du tribunal qui condamna au feu Jeanne d'Arc. On l'accuse d'avoir fait assassiner son neveu, le duc de Glocester. Il mourut en 1447.

BEAUFORT (la (iuch. de). Y. ESTRÉES (Gabrielle d'). j

BEAUFORT (François DE VENDÔME, duc de), né à Pa-ris en 1616, étais fils de César, duc de Vendôme, fils 1 naturel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Il se distingua de bonne heure aux siéges de Corbie, de 1 Hesdin et d'Arras. Après avoir joui de la faveur de la régente Anne d'Autriche, il fut disgracié et se jeta dans la cabale des lmportants, ennemie de la cour. Pris et jeté en prison, il réussit à s'échapper. Il joua un rôle dans la guerre de la Fronde et acquit sur la populace une si grande influence qu'on le surnommait le Roi des halles. S'étant soumis, il fut chargé de plusieurs expéditions importantes : en 1665, il battit deux fois sur mer les Algériens; en 1669, il conduisit des secours aux Vénitiens contre les Turcs, et se distingua au siége de Candie; mais il fut tué dans une sortie (1669).

BEAUFORT (Louis de), historien judicieux du XVIII° siècle, mort à Maêstricht en 1795, avait été gouverneur du prince de Hesse-Hombourg. Il a composé une Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de Rome, Utrecht, 1738, qui contient le germe des doutes exprimés depuis par Niebuhr, et une Histoire très-estimée de la République romaine, 1766.

BEAUFREMONT. Y. BAUFFREMONT.

BEAUGENCY, ch.-1. de cant. (Loiret), sur la r. dr. de la Loire, à 26 kil. S. O. d'Orléans; 4002 hab. Beau pont. Station du chemin de fer d'Orléans à 'I ours. Anc. tour dite Tour de César. Vins estimés. château des seigneurs de Beaugency, dont la seigneurie fut réunie à la couronne vers la fin du xtu° siècle. Plusieurs fois prise par les Anglais; reprise par Jeanne d'Arc et le duc d'Alençon en 1429.

BEAUHARNAIS, famille noble de l'Orléanais, honorablement connue dès le xii° siècle, tirait son nom de La Ferté-Beauharnais (Loir-et-Cher). Elle porta d'abord le titre de comte et reçut celui de marquis en 1764, en récompense de ses services.

BEAUHARNAIS (Franç., marquis de), né à La Rochelle en 1756, mort en 1823, représenta la noblesse aux États généraux de 1789, émigra, servit comme major général dans l'armée de Condé, écrivit à Bonaparte pour l'engager à replacer les Bourbons sur le trône, se rallia néanmoins à l'Empire et fut chargé de plusieurs ambassades. Sa fille, Émilie-Louise de Beauharnais, épousa le comte de Lavalette, qu'elle sauva par son noble dévouement (V. LAVALETTE). -Son frère, Alexandre, vicomte de Beauharnais, né en 1760, à la Martinique, fut également député de la noblesse aux États généraux, mais adopta les principes de la Révolution, fut nommé en 1792 général de division et commanda un corps à l'armée du Rhin, mais se vit accusé de trahison pour avoir tardé à secourir Mayence, fut arrêté en 1794 comme suspect dans sa terre de La Ferté-Beauharnais, et périt sur l'échafaud. Il avait épousé Joséphine Tascher de La Pagerie, qui fut depuis l'épouse de Napoléon, et il en avait eu un fils, le célèbre Eugène de Beauharnais, et une fille, Hortense, qui devint reine de Hollande, par son mariage avec Louis Bonaparte.

BEAUHARNAIS (Eugène de), fils du préc. et de Joséphine Tascher de La Pagerie, né à Paris en 1781, se fit remarquer fort jeune de Bonaparte en allant lui réclamer l'épée de son père qui avait été enlevée lors du désarmement de Paris, et fut appelé à jouer un rôle fort important lorsque ce général eut épousé sa mère (1796). Il l'accompagna en qualité d'aide de camp dans les campagnes d'Italie et d'Égypte, se distingua à Marengo, et devint en peu de temps colonel, puis général de brigade (1804). Lors de la création de l'Empire, il fut élevé à la dignité de prince (1804), et bientôt après nommé vice-roi d'Italie (1805). En peu d'années, il rétablit l'ordre et ramena la prospérité dans ce pays. En 1806, Napoléon lui fit épouserla princesse Amélie, fille du roi de Bavière Maximilien-Joseph, l'adopta solennellement et le désigna comme héritier présomptif de la couronne d'Italie. Chargé en 1809 du commandement de l'armée d'Italie contre l'Autriche, il éprouva d'abord un revers à Sacile, mais bientôt il réussit à repousser l'ennemi, opéra sa jonction avec la grande armée aux environs de Vienne, gagna la bataille de Raab, et fut une des principales causes du succès de celle de Wagram. Dans la guerre de Russie il commanda un corps de la grande armée; se signala aux combats d'Ostewno, de Mohilow, à la Moskowa, àViazma et à Krasnoi,. et, après le départ de Napoléon, ramena l'armée jus-qu'à Magdebourg; on admire universellement cette retraite. Pendant nos revers, on lui offrit de lui garantir la couronne d'Italie s'il consentait à séparer sa cause de celle de Napoléon : il repensa avec une généreuse indignation cette honteuse proposition. Après la chute de l'Empire, il se retira avec le titre de duc de Leuchtenberg, auprès du roi de Bavière, son beau-père. Il mourut à Munich en 1824, d'une attaque d'apoplexie. On doit au général Vaudoncourt l'Histoire politique et militaire du prince Eu-gène, Paris, 1828, 2 vol. in-8. M. A. du Casse a publié ses Mémoires et sa Correspondance, 10 v. in-8, 1858-60. Le prince Eugène a laissé 6 enfants : le duc de Leuchtenberg, qui épousa en 1835 la reine de Portugal dona Maria, et mourut la même année; Joséphine, mariée à Oscar Bernadotte, prince héréditaire de Suède; Eugénie, mariée au prince de-Hohenzollern-Hechingen; Amélie, mariée à don Pédro, empereur du Brésil; Théodolinda, mariée à Guillaume, comte de Wurtemberg; et le prince Maximilien, qui prit le titre de duc de Leuchtenberg après - la mort de son frère aîné, et qui épousa en 1839 une fille de l'emp. Nicolas.

BEAUHARNAIS (Fanny, comtesse de), née à Paris en 1738 , morte en 1813, avait épousé, fort jeune, le comte de Beauharnais, oncle de François et d'Alexandre, dont elle fut obligée de se séparer. Elle cultiva la littérature avec passion et admit dans sa familiarité plusieurs gens de lettres, entre autres Dorat et Cubières. Elle a composé des poésies (Paris, 1772) et un assez grand nombre de romans : on trouve dans ses écrits de la sensibilité et de la philosophie,. mais ils ne s'élèvent pas au-dessus du médiocre. - Son fils, Claude, comte de Beauharnais, mort en 1819, fut sous l'Empire chevalier d'honneur de Marie-Louise et sénateur, et devint pair de France sous la Restauration. Il est le père de Stéphanie, fille adoptive de Napoléon I", qui épousa Charles-Louis-Frédéric grand-duc de Bade, et qui mourut en 1859, grande-duchesse douairière.

BEAUJEU, ch.-l. de cant. (Rhône), sur l'Ardière, à 28 kil. N. O. de Villefranche; 269ti hab. Grand comm. de vin du Beaujolais. - Jadis capit. du Beaujolais (Y. ce mot). Restes du château des sires de Beaujeu.

BEAUJEU (la dame de). V. ANNE de France.

BEAUJOLAIS, ancienne contrée de France, faisait-jadis partie du gouvt du Lyonnais, et était située au N. du Lyonnais proprement dit et du Forez; ch.-I., Beaujeu, puis Villefranche. Elle forme auj. une partie des dép. du Rhône et de la Loire. Excellents vignobles.-Le Beaujolais fut d'abord une baronnie, qui était possédée au Ir siècle par Guillaume, comte du Lyonnais et du Forez, mort en 900. A sa mort, la baronnie échut à son fils, Bérard, qui le 1°° porta le titre de Sire de Beaujeu. Cette 1" maison s'éteignit en 1265, en la personne de Guichard V. Isabeau, son héritière, épousa Renaud, comte du Forez, qui devint chef d'une nouvelle maison de sires de Beaujeu, parmi lesquels on remarque Édouard I, maréchal de France sous Philippe de Valois, qui vainquit les Anglais à Ardres, mais périt dans la bataille. La baronnie de Beaujeu passa, vers 1400, dans la maison de Bourbon, par la cession qu'en fit Édouard II à Louis de Bourbon, son oncle. Un des descendants de celui-ci, Pierre II de Bourbon, sire de Beaujeu, épousa Anne de France, fille de Louis XI, connue sous le nom de Dame de Beaujeu. En 1522, le Beaujolais, confisqué sur le connétable de Bourbon, fut donné à Louise de Savoie, mère de François I. Réuni à la couronne en 1531, il fut rendu en 1560, par François II, à Louis de Bourbon, duc de Montpensier. Marie de Montpensier le porta en dot, en 1626, à Gaston d'Orléans, dont la fille, la célèbre Mademoiselle, le légua à Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV. Le Beaujolais, érigé dès lors en comté, resta depuis dans la maison d'Orléans. Le dernier prince qui ait porté le titre de comte de Beaujolais fut le 3° frère du roi Louis-Philippe I, né à Paris en 1779 et mort à Malte en 1808.

BEAUJON (Nicolas), banquier de la cour et fermier général sous Louis XV, né à Bordeaux en 1718, mort à Paris en 1786, fit beaucoup de bien. Il fonda et dota en 1784, dans le faubourg du Roule, à Paris, un hôpital qui porte encore son nom.

BEAUJOUR (Félix), publiciste, né en Provence en 1765, m. en 1836, remplit diverses missions diplomatiques et politiques sous l'Empire et la Restauration, fut élu député par Marseille et élevé à la pairie par Louis-Philippe en 1835. On a de lui, entre autres écrits : le Traité de Lunéville; le Traité d'A-miens; Aperçu des États-Unis; Théorie des Gouvernements, Voyage dans l'empire ottoman. Il fonda en 1832 un prix de 5000 fr. pour le meilleur ouvrage sur le commerce de Marseille, prix qui est décerné chaque année par l'Académie des sciences morales.

BEAULIEU, ch.-l. de cant. (Corrèze) sur la Dordogne, à 30 kil. S. de Brives ; 2042 h. Célèbre abbaye de Bénédictins, fondée en 855, supprimée en 1789. - Bourg du Calvados, près de Caen. Maison centrale de détention. -Village d'Indre-et-Loire, à 30 kil. S. O. de Tours et près de Loches; ane. seigneurie apartenant à Agnès de Sorel, dite la dame de Beaulieu. il y fut signé en 1575 un traité favorable aux Protestants, ce qui fut le prétexte de la Ligue.

BEAULIEU (Séb. PONTAUT de), ingénieur et maréchal de camp sous Louis XIV, mort en 1674, fut un des créateurs de la topographie militaire. Il a publié Les Glorieuses conquêtes de Louis le Grand, recueil de cartes et de plans des siéges, batailles et expéditions depuis 1643, continué après sa mort, jusqu'en 1694.

BEAULIEU (J. P., baron de), général des armées autrichiennes, né dans le Brabant en 1725, m. en 1819, commença sa carrière militaire dans la guerre de Sept Ans (1756-63), réduisit en 1789 le Brabant insurgé, obtint en 1792 et 1794 quelques avantages dans les Pays-Bas sur les Français eux-mêmes et battit Jourdan à Arlon; mais ayant été nommé en 1796 général en chef en Italie, il fut perpétuellement battu par Bonaparte, surtout à Montenotte et à Lodi, et fut obligé de renoncer à son commandement.

BEAUMANOIR (Philippe de), jurisconsulte, né vers 1226 dans le Beauvoisis , m. vers 1295, fut successivement bailli à Senlis, à Clermont (en Beauvoisis), à Tours et dans le Vermandois, et jouit de la confiance de S. Louis et de son fils Robert, comte de Clermont. Il recueillit en 1283, en les accompagnant d'un précieux commentaire, les Coutumes du Beauvoisis, le monument le plus précieux de notre ancien droit. Montesquieu regarde Beaumanoir comme la lumière de son temps. La Coutume de Beauvoisis, publiée pour la 1'° fois en 1690 par La Chan-massière, mais d'une manière fort imparfaite, a été éditée de nouveau et avec beaucoup plus de soin, par M. Beugnot en 184.2.1 On doit à M. Morel une Étude historique sur l'oeuvre de Beaumanoir, 1851.

BEAUMANOIR (Jean de), d'une famille noble de Bretagne , embrassa avec chaleur la cause du duc Char-les de Blois contre Jean de Montfort, qui lui disputait la possession de la Bretagne, et fut un des héros qui se distinguèrent le plus au Combat des Trente, livré en 1351 par trente Bretons contre trente Anglais près de Ploérmel. Il était• dévoré de soif et demandait à boire : Bois ton sang, lui répondit un de seschevaliers. A la bataille d'Auray, il fit en vain des prodiges de valeur et fut fait prisonnier avec Du Guesclin. Il fut un des négociateurs dû traité de Guérande, et, la paix faite, il reçut du vainqueur le titre de maréchal de Bretagne.

BEAUMANOIR (J. de). V. LAVARDIN (le maréchal de). BEAUMARCIIA15 (P. Aug. canots de), né à Paris en 1732, mort en 1799, était fils d'un habile horloger, et se distingua d'abord dans l'état de son père en inventant une nouvelle espèce d'échappement. II avait beaucoup de goût pour la musique, et excellait sur la harpe et la guitare; ce qui le fit admettre à la cour, où il donna des leçons à Mesdames, filles de Louis XV. Profitant de la faveur que lui procurait son talent, il se lia avec le financier de la cour, Pâris Duverney, se lança dans les spéculations commerciales et déploya un tel génie en ce genre qu'en peu d'années il eut acquis une grande fortune : ce fut surtout lors de la guerre de l'indépendance des Etats-Unis qu'il s'enrichit, en approvisionnant les Américains d'armes et de munitions. Il se fit en même temps une grande réputation dans le monde par ses factums, mémoires judiciaires pleins de malice et d'intérêt, qui eurent un succès prodigieux, et par des pièces de théâtre pleines de verve et d'originalité, mais d'une hardiesse inouïe, qui obtinrent une vogue extraordinaire. Il donna la 1"° édition des oeuvres de Voltaire, édition de Kehl, et dépensa dans cette entreprise des sommes considérables. A l'époque de la Révolution, il fut nommé membre provisoire de la commune de Paris, mais il quitta bien-tôt les affaires publiques pour se livrer à de nouvelles spéculations; moins heureux cette fois, il se ruina presque en voulant fournir d'armes les troupes de la République. Emprisonné à l'Abbaye sous la Terreur, il échappa cependant à l'échafaud et se tint quelque temps caché. Il vécut encore plusieurs an-nées. On a de Beaumarchais : Mémoires contre les sieurs de GoJ%man, La Blache, Marin°d'Arnaud, 1774 et 1775; Mémoire en réponse à celui de Guill. Kornmann, 1787; Eugénie, drame représenté en 1767, avec peu de succès; les Deux Amis, drame en 5 actes, 1170; le Bcvrbier de Séville, comédie en 4 actes, 1775, la Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, comédie en 5 actes, 1784, qui ne fut_ représentée qu'avec de grands obstacles (ce sont principalement ces deux pièces qui firent sa réputation); Tarare, opéra en 5 actes, 1787 ; la Mère coupable, drame en 5 actes, 1792; Mes six Époques, mémoires autobiographiques, 1795. On a publié ses OEuvres complètes, Paris 1809, 7 vol. in-8, avec gray., et 1821-1826, 6 vol. in-8. M. L. de Loménie a donné, d'après des documents inédits, Beaumarchais et son temps°, 1856, 2 vol. in-8. Le nom de Beaumarchais est resté à un boulevard de Paris, percé à travers des jardins qui lui avaient appartenu.

BEAUMARIS, v. de l'île d'Anglesey, ch.-1 . du comté d'Anglesey, sur le détroit de Menai; 2500 h. Jolie église paroissiale. Bains de mer.

BEAUMES (les), ch: 1. de c. (Vaucluse), à 17 kil. E. d'Orange; 1100 hab. Vin muscat.

BEAUMESNIL, ch. 1. de carat. (Eure), à 12 kil S. E. de Bernay; 450 hab. BEAUMETZ-LES-LOGES, de cant. (Pas-de-Calais), à 10 kil. S. O. d'Arras; 538 hab. Fabriques de sucre de betterave.

BEAUMONT, petit pays de l'anc. Dauphiné, avait pour lieux principaux St-Laurent-en-Beaumont et St-Michel-en-Beaumont, dans le cana. de Corps (Isère).

BEAUMONT, Ch.-l. de e. (Dordogne), sur la Couse, à 24 kil. E. de Bergerac; 908 hab. Vins rouges.

BEAUMONT-EN-AUGE, bourg du Calvados, à 6 kil. O. de Pont-l'Evéque. Belle terrasse. Patrie du mathématicien Laplace.

BEAUMONT-DE-LÔMAGNE, ch.-l. de carat. (Tarn-et-Garonne), sur la Gimone, à 28 kil. S. O. de Castel-Sarrasin; 3304 hab. Grains. Patrie de Fermat.

BEAUMONT-Le-BOGER, ch.-l. de cant. (Eure), sur la Rille, à 16 k. E. de Bernay; 1300 hab. Draps, molle- jouit, notamment un village à 6 kil. N. E. de Clermont-Ferrand, d'où l'on découvre plus de 100 villes ou villages. Anc. résidence des évêques de Clermont.

BEAUREGARD (J. Nic.) , prédicateur jésuite, né en 1731 à Pont-à-Mousson, mort en 1804, en Souabe, se fit une grande réputation à Paris par son éloquence impétueuse. Dans plusieurs de ses discours, notamment dans un sermon prêché à Notre Dam, en 1789, il prédit tous les excès de la Terreur.

BEAUREPAIRE, ch-1. de cant. (Isère), à 23 kil. S. E; de Vienne; 2245 hab. - Autre ch.-1. de cant. (Saône-et-Loire), à 12 kil. N. E. de`Louhans; 880 h.

BEAUREPAIRE, chef du 1 a, bataillon de Maine-et-Loire, né à Coulommiers en 1740, fut chargé en 1792 du commandement de la place de Verdun. Sommé parle conseil municipal de livrer cette ville aux Prussiens qui l'assiégeaient, il se fit sauter la cervelle plutôt que de se rendre à l'ennemi, comme le voulait son conseil de guerre. La Convention lui décerna les honneurs du Panthéon, et donna son nom à une rue de Paris (quartier Montorgueil).

BEAUSOBRE (Isaac de), savant ministre protes-tant, né à Niort en 1659, mort à Berlin en 1738, exerça d'abord son ministère à Châtillon-sur-Indre. Forcé de quitter la France lorsque Louis XIV eut proscrit la religion réformée, il se réfugia en Hollande, puis à Berlin (1694), où il devint pasteur et fut comblé de faveurs par le roi. On a de lui, outre des Sermons et une trad. du Nouv.-Testcement, une Hist. du Manichéisme (Amst., 1734-39), très-estimée; une Hist. de la Réforme depuis 1517 jusqu'à 1530, ouvrage posthume, publié à Berlin en 1785, 4 v. in-8 : ce n'est qu'un fragment d'une grande histoire du Protestantisme à laquelle il travailla la plus grande partie de sa vie sans pouvoir l'achever. L'Hist. du Manichéisme a été vivement attaquée par le jésuite Alticozzi. - Louis de Beausobre, son fils, a donné Le Pyrrhonisme du Sage, Berlin, 1754.

BEAUSSET (le), ch.-1. de cant. (Var), à 17 kil. N. O. de Toulon; 1886 hab. Huile d'olives, savon, draps, verreries. Patrie des Portalis. - V. BAUSSET.

BEAUTEMPS-BEAUPRÉ (Ch. Franç.), hydrographe, né en 1766 à Neuville-au-Pont (Aisne) , mort en 1854, fit ses premières études d'hydrographie sous la direction le Buache, accompagna le contre-amiral d'Entrecasteaux, envoyé à la recherche de La Pérouse (1791); imagina dès lors une nouvelle méthode hydrographique qu'il exposa dans un appendice au Voyage d'Entrecasteaux; fut nommé en 1798 sous-conservateur du dépôt des cartes et plans de marine; procéda à partir de 1799 à la reconnaissance du littoral de l'Empire français; fut nommé en 1814 ingénieur hydrographe en chef, et dirigea de 1815 à 1838 la rédaction des nouvelles cartes des côtes de la France, dont se compose le Pilote français imprimé en 1844 (6 atlas grand in-fol.). Par la sûreté de sa méthode et l'étendue de ses travaux, Beautemps-Beaupré doit être considéré comme l'un des créateurs de l'hydrographie. Il avait été admis en 1810 à l'Académie des sciences. M. Élie de Beau-mont alu son Éloge devant cette compagnie en 1859.

BEAUTÉ (château de), anc. résidence royale et forteresse, située sur la r. dr. de la Marne, entre No-gent et Vincennes, avait été construite par Charles V et donnée par Charles VII à Agnès Sorel, qui prit de là le nom de Dame de Beauté. Le château avait disparu dès le xvllle siècle. Son emplacement porte encore le nom de Rond de Beauté; près de là est un mou-lin dit aussi Moulin de Beauté.

BEAUVAIS, Bellovaci, Cæsaromagus, ch.-1. du dép. de l'Oise, sur le Thérain, à 72 kil. N. de Paris par la route, 104 par chemin de fer; 15 394 h. Évêché, tribunal, collége bibliothèque. Magnifique cathédrale; hôtel de ville; boulevards, promenade sur les remparts; station. Industrie active : manuf. impériale de tapis et tapisseries (fondée en 1644); draps, toiles peintes, etc. Pat. de Vincent de Beauvais, Villiers de 1'Ile-Adam, Lenglet-Dufresnoy, Dubos, tons, toiles, verrerie.

BEAUMONT-LE-VICOMTE, ch.-1. de cant. (Sarthe) , à 26 k. S. O. de Mamers, et à 29 kil. du Mans; 1827 h. Anc. seigneurie, érigée en 1543 en duché-pairie.

BEAUMONT-SUÉ-OISE, petite v. du dép. de Seine-et-Oise, sur l'Oise , à 34 kil. N. de Paris par la route, 47 par chemin de fer, à 18 kil N. E. de Pontoise; 2070h. Station. Église du xnle siècle. Salpêtrerie, verrerie. Commerce de grains, de volailles, de chevaux.

BEAUMONT ( Francis) , auteur dramatique anglais, né en 1585 à Grâce-Dieu, dans le comté de Leicester, mort en 1615, travailla toujours en commun avec Fletcher. Voy. ce nom.

BEAUMONT (Christophe de), archevêque de Paris, né en 1703 au château de La Roque, en Périgord, m. en 1781 , fut d'abord évêque de Bayonne, puis archevêque de Vienne, et fut élevé en 1746, mal-gré sa résistance, sur le siége de Paris, qu'il occupa jusqu'à sa mort, en 1781. Il fit bénir son épiscopat par son inépuisable charité, soutint avec fermeté l'autorité de la bulle Unigenitus, combattit les Jansénistes ainsi que les philosophes, et publia contre ces derniers plusieurs mandements, dont un provo-qua de la part de J. J. Rousseau la célèbre Lettre à M. de Beaumont. Son courage à résister aux volontés de la cour et aux prétentions du parlement le fit plusieurs fois exiler. Il a laissé 4 vol. d'Instructions.

BEAUMONT (Mad. LEPRINCE de). V. LEPRINCE. BEAUMONT (J. B. ÉLIS de). V. ÉLIE.

BEAUNE ch.-l. d'arr. (Côte-d'Or) , sur la Bouzoise, à 38 k. S. S. O. de Dijon, à 318 kil. S. E. de Paris par route, 352 par chemin de fer; 9700 hab. Ville bien percée et bien bâtie. Collége, tribunal, bibliothèque, célèbre hôpital fondé par Nicolas Roi-lin en 1443. Gros draps, coutellerie, etc. Beaune fut érigé en commune dès 1203. Patrie de Monge. - Les environs produisent des vins excellents, dits vins de Beaune : on en exporte annuellement plus de 100 000 pièces. Presque tous les grands crus de Bourgogne (Beaune, Volnay, Pomard, Corton, Meursault, Montrachet) , sont dans cet arrondissement.

BEAUNE-LA-ROLANDE, Vellaunodunum, ch.-1. de c. (Loiret), à 17 kil. N. E. de Pithiviers; -1034 hab. Combat de l'armée de la Loire contre les Prussiens (28 nov. 1870).

BEAUNE (Jacq. de). V. SAMBLANÇAY.

BEAUNOIR (Alex. ROBINEAU, dit de) , auteur dramatique, né à Paris en 1746, m. en 1823. Il fit pour !es petits théâtres de Paris une foule de pièces, qui eurent une très-grande vogue. A la Révolution, il quitta la France et se retira d'abord en Belgique, puis en Russie, où il dirigea les théâtres de la cour. Il revint à Paris sous l'Empire et obtint une sinécure sous la Restauration. Ses principales pièces sont: l'Amour quéteur,1777; Vénus pèlerine, 1777; Jeannot, 1780; Jérôme Pointu, 1781 ; Fanfan et Colas, 1784.

BEAUPRÉAU, ch.-l. de cant. (Maine-et-Loire), sur l'Evre, à 47 kil. S. O. d'Angers; 2377 hab. Étoffes de laine, toiles, etc. Les Vendéens y obtinrent un avantage sur les Républicains le 29 mars 1793.-Cette ville fut chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1858 : elle fut alors remplacée par Chollet.

BEAURAIN (Jean de), géographe du roi, né en 1696 à Aix-en-Issart (ancien Artois), mort en 1771, se forma sous P. Moulart Sanson. On a de lui : Description topographique militaire de la Flandre, ou Campagnes du maréchal de Luxembourg (1690-94), Paris , 1756, 3 vol. in-fol., et un Atlas de géographie ancienne et moderne en 14 vol. in-fol. - Son fils, nommé aussi Jean, a donné des cartes pour l'Histoire des campagnes de Condé en 1674, et pour celles de Turenne en 1672-75, Paris, 1782, 2 vol. in-fol.

BEAUREGARD,vge du dép. de l'Ain, sur la r. g. de la Saône, à 4 kil. E. de Villefranche; 350 hab. Jadis tapit. de la principauté de Dombes et résidence de son parlement. - Il y a beaucoup d'autres lieux appelés de ce nom à cause de la belle vue dont on y Restant, Vaillant, d'Agincourt, etc. - Anc. capitaine des Bellovaci, dans la Belgique lT°. Elle se rendit à César sans coup férir (57 ans av. J.-C.), fut ravagée par les Normands en 850 et à d'autres époques et se constitua en commune en 1099. Assiégée par les Anglais en 1443, et par Charles le Téméraire en 1472, elle fut sauvée la I'° fois par l'héroïque dévouement de Jean Lignière, et la 2° par le courage de Jeanne Hachette, à qui une statue a été érigée sur la principale place en 1851. La ville fut ravagée par un fort Incendie en 1810.

BEAUVAIS (J. B. Ch. Marie de), prédicateur, né en 1731 à Cherbourg, mort en 1790, prêcha avec un grand succès à la ville et devant la cour ; fut nommé évêque de Senez, se démit de son siège en 1783, et revint vivre à Paris, où il fut député aux États généraux de 1789. On a de lui des sermons, ainsi que des oraisons funèbres, qui occupent un rang honorable après les chefs-d'œuvre des grands maîtres : on remarque surtout celle de Louis XIV. Ses sermons ont été imprimés à Paris en 1806, 4 vol. in-12, par l'abbé Galard. Par la figure comme par le genre de talent, ce prédicateur rappelait Fénelon.

BEAUVAIS (Vincent de). V. VINCENT.

BEAUVARLET (Jacques-Firmin), graveur né à Abbeville en 1731, mort en 1797, grava d'après Luc Jordaens, Carle Vanloo et de Troy, eut une grande vogue de son vivant et fut admis à l'Académie dès 1765. Il avait un talent aimable et visait surtout au gracieux. On recherche encore ses gravures.

BEAUVAU, vge du dép. de Maine-et-Loire, à 26 k. S. E. d'Angers, dans une belle vallée, a donné son nom à une seigneurie qui devint marquisat en 1664.

BEAUVAU (maison de), anc. et noble famille de l'Anjou, naturalisée depuis en Lorraine, et dont l'illustration remonte au x° siècle. Elle compte parmi ses membres des maréchaux, des dignitaires de l'ordre de Malte, des ambassadeurs, des ministres des prélats, des écrivains, etc. Nous citerons : René de Beauvau, qui accompagna Charles d'Anjou en 1226 à la conquête du ro y. de Naples et devint son connétable. - Henri, baron de B., qui, àla fin du xvi° siècle, combattit en Allemagne pour l'électeur de Bavière, puis contre les Turcs, et fut ambassadeur du duc de Lorraine à la cour de Rome : il a écrit une relation de ses campagnes, Nancy, 1619. - Marc de B., prince de Craon et du Saint-Empire, grand d'Espagne, né en 1679, mort en 1754. Il fut gouverneur du duc François de Lorraine, depuis empereur, et administra pour ce prince, avec titre de vice-roi, le grand duché de Toscane. - Charles-Juste, duc de B., maréchal de France, né à Lunéville en 1720, mort en 1793. Entré comme volontaire au service de la France, il se distingua sous le maréchal de Belle-Isle au siége de Prague en 1741, commanda en chef les troupes envoyées en Espagne en 1762, fut en 1783 gouverneur du Languedoc, puis de la Provence, où il fit bénir son administration, reçut en 1783 le bâton de maréchal, et entra en 1789 au ministère, où il ne resta que cinq mois. Il était de l'Académie française et de celle della Crusca. - Marc-Étienne-Gabriel de B., prince du St-Empire, 1773-1849, se rallia à Napoléon, fut un de ses chambellans, et fut élevé à la pairie par Louis-Philippe en 1831.-Son fils, Charles-Juste-Victor (1793-1864), fit avec honneur les campagnes de l'Empire et fut appelé au sénat en 1852.-René-François de B. d'une branche cadette, né en 1664, m. en 1739, archevêque de Toulouse et de Narbonne présida vingt ans les États de Languedoc. On doit à ses encouragements la Description du Languedoc par les Bénédictins de St-Maur, 5 vol. in-fol.

BEAUVILLE, ch.-1. de cent. (Lot-et-Garonne), à 22 kil. N. E. d'Agen; 462 hab.

BEAUVILLIERS (François-Honorat de), duc de St-Aignan, 1607-1687, suivit la carrière militaire, se signala aux siéges de Dôle et de Landrecies (1637), combattit la Fronde (1653) et devint gouverneur de la Touraine. Il jouit d'une grande faveur auprès de Louis XIV et s'en servit pour protéger les gens de de lettres. Il était de l'Académie française.

BEAUVILLIERS (Paul, duc de), fils du prés., né en 1648, mort en 1714, servit quelque temps dans les armées et se concilia l'estime de Louis XIV par ses vertus austères. Le roi le nomma en 1685 président du conseil des finances, et lui confia l'éducation du jeune dauphin, duc de Bourgogne, puis celle du duc d'Anjou (Philippe V), et du duc de Berri. Beauvilliers s'adjoignit Fénelon, dont il devint l'ami; et lorsque l'archevêque de Cambray eut été disgracié, il ne craignit point de lui rester fidèle. Nommé en 1691 ministre d'État, il donna au roi de sages conseils et fut d'avis de ne point accepter pour son élève le trône d'Espagne. Il eut la douleur de voir expirer le duc de Bourgogne à la fleur de l'âge (1712), et survécut peu à un coup si cruel.

BEAUVOIR, ch.-1. de cant. (Vendée), à 50 kil. N. O. des Sables-d'Olonne, à 4 kil. de la mer; 459 hab. Petit port, joint à la mer par un canal de 4 k. Jadis la ville était sur la côte même.

BEAUVOIR-SUR-NIORT, ch.-1. de cant. (Deux-Sèvres), à 15 k. S. de Niort; 1074 hab.

BEAUVOISIS, Bellovaci, petit pays'de l'ancienne France, au S. de la Picardie et au N. du Vexin français, avait pour ch.-l. Beauvais, et pour villes principales Clermont, Liancourt, Fitzjames, Gerberoy, Boufflers, Beaumont. Il appartint d'abord au gouvt de Picardie, pris à celui de l'Ile-de-France; il fait auj. partie du dép. de l'Oise.

BEAUZÉE (Nie.), grammairien, né à Verdun en 1717, mort à Paris en 1789, fut professeur de gram-maire à l'École militaire, et devint membre de l'A-cadémie française. Il fut chargé, après la mort de Dumarsais, de rédiger les articles de grammaire dans l'Encyclopédie. Ses principaux ouvrages sont : une Grammaire générale, 1767, ouvrage profond, mais dans lequel on trouve une métaphysique quelquefois obscure et trop subtile; une édition augmentée des Synonymes de l'abbé Girard, enfin des traductions de Salluste, 1770, et de Quinte-Ctrce, 1789, estimées pour l'exactitude.

BÉBÉ, célèbre nain, dont le vrai nom était Nicolas Ferry, naquit dans les Vosges en 1739, et fut élevé à la cour du roi de Lorraine Stanislas, dont il faisait l'amusement. Quand il naquit, il n'avait que 24 centimètres; et lorsqu'il eut atteint toute sa croissance, à 15 ails, il n'en dépassa pas 70. Il mou-rut à 25 ans, avec taus les signes de la vieillesse. Son intelligence était fort peu développée.

BEBEL ou BEBELIUS (H.), poète latin et érudit, professeur de belles-lettres à Tubingue, né en Souabe vers 1475, mort en 1516, cultiva dans sa jeunesse la poésie latine avec un tel succès que l'empereur Maximilien I lui décerna la couronne de poète lauréat; il s'occupa ensuite de recherches sur les antiquités et l'histoire de l'Allemagne. On a de lui : Trtumphus Veneris, petit poème souvent réimprimé, 1503; Ars condendi carmina, 1506; un recueil de Facéties (en lat.) et un grand nombre de dissertations savantes, réunies sous le titre d'Opuscula, 1516,

BEBRYCIS, peuple très-ancien de la Bithynie, ,à l'E. du cap Posidium, ainsi nommé, dit-on, de Bébryxyx, un de ses premiers rois. - D'autres Bébryces habitalent fort anciennement les côtes méridionales de la Gaule, à 1'0. du Rhône. Ils sont les mêmes que les Helysices. V. ce nom.

BEC, qu'on dérive du scandinave bekk, ruisseau, termine un grand nombre de noms géographiques, surtout en Normandie : Bolbec, Caudebec, etc:

BEC (LE), bourg du dép. de l'Eure, sur la Rille, à 17 kil. N. N: E. de Bernay, à 43 kil. N. O. d'Évreux; 700 hab. Il y exista jadis une cél. abbaye de Bénédictins, fondée en 1077. par Herluin, qui en fut le premier abbé et y eut pour disciples Lanfranc et Anselme de Cantorbéry. Le cloître sert auj. de haras. L'histoire de l'abbaye a été écrite par dom Bourget.

BEC-D'AMBEZ. Y. AMBEZ. BECCARIA, famille de Pavie, était à la tête du parti gibelin dans cette ville aux xui' et xvie siècles, et avait pour antagonistes les comtes de Langusco, chefs du parti guelfe. Après de longues luttes, les Beccaria furent exterminés par le duc de Milan (1418).

BECCARIA (César BONESANA, marquis de), célèbre publiciste, né à Milan en 1738, mort en 1794, étudia avec passion les philosophes français du xviiie siècle et se modela sur eux. II publia, en 1764, un'petit ouvrage qui a changé la face du droit criminel en Europe, le Traité des délits et des peines : il y établissait les bases et les limites du droit de punir, et recommandait de proportionner la peine au délit, de supprimer les supplices barbares et de prévenir le crime plutôt que de le réprimer. En 1768: on créa pour lui à Milan une chaire d'économie politique où il professa avec distinction jusqu'à la fin de sa vie. Il s'était proposé de rédiger un grand ouvrage sur la législation en général; mais, découragé par les attaques violentes dont son premier écrit avait été l'objet, il renonça à rien publier désormais. Ses levons n'ont été imprimées qu'après sa mort, en 1804. Beccaria avait participé en 1764 et 1765 à une publication périodique analogue au Spectateur, le Cafte (1764-65.), où étaient traités divers sujets de littérature et de philosophie. Ses oeuvres ont été publiées en. 1821 à Milan, 2 vol. in-8. Le Traité des délits et des peines a obtenu un grand nombre d'éditions; il a été traduit par Morellet, 1766; Chaillou de Lisy, 1773; Dufey, 1810; Faustin Haie, 1856. Il a été commenté par Voltaire, Diderot, Brissot, Servan, dont les commentaires se trouvent dans l'édition donnée par Ed. Gauthier, Paris, 1823.

BECHER (J. Joseph), médecin et chimiste allemand, né à Spire en 1628, mort à Londres en 1685, est le premier qui ait tenté de créer une théorie scientifique en chimie : il chercha un acide primitif dont tous les autres ne fussent que des modifications, s'occupa beaucoup d'expliquer les transformations que subissent les métaux quand on les chauffe, et préluda ainsi à la doctrine du phlogistique de Stahl. Il résuma la science de son temps dans le Tripus hermeticus, pandens oracula chemiea, Francf., 1689.On estime surtout sa Physica subterranea, Francfort, 1669, réimprimée, avec un supplément de Stahl, à Leipsick, 1735. Becher s'était aussi occupé des langues, et avait publié en 1661 Character pro notitia linguarum universali, espèce de pasigraphie.

BÉCHEREL, ch.-l. de tant. (Ille-et-Vilaine), à 30 kil. N. O. de Rennes; 706 h. Anc. place forte. Près de là commence la lande d'Evran.

BÉCHIN, v. de Bohême, à 16 kil. S. O. de Tabor, 1966 hab. Elle était autrefois le ch.-l. du cercle de Tabor.

BECHSTEIN (J. Math.), naturaliste, né en 1757 dans le comté de Saxe-Gotha, mort en 1822, s'occupa surtout des forêts et des chasses, fonda une école forestière à ses frais, et publia plusieurs ouvrages utiles, entre autres l'Histoire naturelle de l'Allemagne, 1801-9 (ail.), et une grande collection de Figures d'objets d'histoire naturelle.

BECH-TAMAK (c.-à-d. les cinq embouchures), contrée de la Grande Kabardah, est arrosée par 5 ri-rivières, la Malkha, le Bakzan, le Tchéghem, le Tchérek, qui s'y unissent au Térek.

BECH-TAU (c.-à-d. les cinq montagnes), les monts Hippiques de Ptolémée, portion N. du Caucase, se rattache par une chaîne de collines à la base de l'Elbourz, qui est à 110 k. au S. On en tire d'excellents chevaux (d'où le nom de monts Hippiques, du grec hippos, cheval). Eaux thermales sulfureuses.

BECK (Chrét. Daniel), philologue, né à Leipsick, en 1757, mort en 1832, professa les langues grec-que et latine, puis l'histoire, à l'université de Leipsick, et devint doyen et recteur de cet établissement. On a de lui des éditions estimées de Pindare, d'A-pollonius, d'Aristophane, d'Euripide, une Histoire générale du monde, 1787-1810, et un Répertoire général de bibliographie, 1819-1832, un des plus étendus qui existent.


BECKER, nom de plusieurs savants et écrivains allemands, dont le plus connu est l'historien Charles Fréd. B., né à Berlin en 1777, mort en 1806, auteur d'une Histoire universelle pour les enfants et pour leurs maîtres (9 vol. in-8, Berlin, 1801-1805), qui eut un succès populaire et obtint rapidement plusieurs éditions. Cet ouvrage a servi de base au cours d'histoire moderne de Schoell. - Il ne faut pas confondre ce nom avec celui de BEKKER, illustré par un professeur de l'Université de Berlin, à qui l'on doit une savante édition d'Aristote.

BECKET (S. Thomas), archevêque de Cantorbéry, né à Londres en 1117 d'une famille normande, jouit longtemps des bonnes grâces du roi Henri II, qui le nomma d'abord grand chancelier et précepteur de son fils, et qui l'éleva ensuite (1162) au siége de Cantorbéry, auquel était joint le titre de primat d'Angleterre. Mais Becket eut bientôt de violents démêlés avec Henri II, et résista énergiquement à ce prince, qui, par les statuts de Clarendon, voulait violer les prérogatives de l'Église. Condamné à la prison sous un faux prétexte par le Parlement (1164), il se réfugia en France auprès de Louis VII. Rappelé en 1170, il eut bientôt de nouveaux démêlés avec Henri, et, peu de mois après son retour, il fut tué dans son église même, au pied de l'autel, par quatre gentilshommes qui croyaient en cela se rendre agréables au roi, mais qui furent désavoués. Le pape Alexandre III le canonisa comme martyr : on l'honore le 29 décembre sous le nom de S. Thomas de Cantorbéry. Lorsque Henri VIII se fut séparé de l'Église, il raya son nom du calendrier. Sa Vie a été écrite plusieurs fois, notamment par l'abbé Mignot, Paris, 1756, par Bataille, 1843, par J. A. Giles, Londres, 1846, avec ses Lettres, et par l'abbé Darboy, Paris, 1858. M. Hippeau a édité en 1860 une Vie de Th. Becket, en vers, composée au xu' siècle par Garnier de Pont-Ste-Maxence. J. A. Giles a publié ses Opera omnia, 8 vol. in-8, Oxford, 1844-18'16.

BECKMANN (J.), professeur à l'université de Goettingue, né dans le Hanovre en 1739, mort en 1811, a donné des manuels estimés sur l'Économie rurale, 1769; sur la Technologie, 1777; et des Notices pour une Histoire des découvertes dans les arts et métiers, 5 vol., 1786-1805, ouvrage fort estimé.

BECLARD (P.-Aug.), professeur d'anatomie à la faculté de Paris et chirurgien en chef de la Charité, né à Angers en 1785, mort en 1825, appliqua avec succès l'anatomie à la chirurgie, et se distingua par l'éclat de son enseignement. Il donna en 1821 une édition de l'Anatomie générale de Bichat, avec no-tes et additions, 1821, et publia lui-même, en 1823, des Éléments d'Anatomie, longtemps classiques.

BECULE ou BÉTULE, v. d'Hispanie. V. BLT!LE.

BÉDARIEUX, ch.-l. de c. (Hérault), sur l'Orbe, à 31 kil. N. de Béziers; 9170 hab. Colège. Draps, étoffes de filoselle et laine, etc. Troublé en 1851 par une violente insurrection.

BÉDARRIDES, Biturit e, ch.-l. de c. (Vaucluse), sur l'Ouvèze, à 13 kil. N. E. d'Avignon; 2131 hab.

BÈDE (S.), dit le Vénérable, né en 672 à Wearmouth; dans le comté de Durham, mort en 735, embrassa toutes les sciences de son temps, et fut l'homme le plus distingué de son siècle. Il passa sa vie dans le monastère de Jarrow, près de Durham, et refusa les propositions du pape Sergius qui l'appelait à Rome. Il a laissé une foule d'écrits sur l'histoire, la rhétorique, la théologie et la philosophie. Les principaux sont une Histoire ecclésiastique de l'Angleterre ( jusqu'en 731), et un Manuel de Dialectique, qui fut une des bases de la scolastique. Ses oeuvres ont été publiées, à Paris, 1544, 3 vol. in-fol., et à Londres, 1844, 6 vol. in-8. Son surnom lui fut donné à cause de la vénération due à sa science et à ses vertus. On l'honore le 27 mai.

BEDFORD, v. d'Angleterre, ch.-1. du comté de Bedford, sur l'Ouse, à 80 k. N. O. de Londres, à 100 k. par chemin de fer ; 12 000 hab.. Belle égalise gothique, beau pont; hôpital d'aliénés, pénitencier. manufactures de flanelle, dentelles. Commerce de blé, houille, fer. — Le comtéÏ presqu'au centre de l'Angleterre, est entre ceux d'Huntingdon, Cambridge, Hertford, Buckingham, Northampton; 57 k. sur 35; 125000 h. — Les premiers ducs.de Bedford ont appartenu à la famille rovale des 'Plantagenets : l'un d'eux, Jean, duc de Bedford, fut régent de France pour Henri VI. Dans la suite, le titre de duc de Bedford passa dans la maison de Russell. V. RUSSELL.

EDFORD (J. PLANTAGENET , duc de), frère puîné du roi Henri V, né en 1389, mort en 1435, aida puissamment son frère à conquérir la France, fut nommé régent de ce royaume à la mort de ce prince, dont il proclama le fils (Henri VI) -roi de France et d'Angleterre à la fois (1422), vainquit à Cravant (1423), à Verneuil (t424), et fut un moment maître de presque tout le royaume ; mais la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc (1429), puis la défection du duc de Bourgogne (1434), mirent un terme à ses succès, et il se vit bientôt enlever la plus grande partie de ses conquêtes. C'était un des princes les plus accomplis de son temps ; mais il ternit sa gloire par le supplice de Jeanne d'Arc.

BEDJAPOUR, vulgairement VISAPOUR, v. de l'Inde anglaise (Bombay), dans le Decan, ch.-l. du district de Bedjapour et jadis du roy. de ce nom, à 370 k. S. O. de Bombay. Autrefois très-grande et très-riche, elle comptait près d'un million de maisons; auj. ce n'est plus qu'un immense amas de ruines, parmi lesquelles on remarque quelques beaux monuments : les mausolées des sultans Mohammed-chah et Ibrahim, la Djema mesdjid, superbe mosquée. Par l'étendue et la beauté de ses ruines elle a mérité d'être surnommée la Palmyre de l'Inde. — Le Bedjapour est borné au N. par l'Aurengabad, au S. par le Balaghat, le Maïssour, le Kanara; à l'E. par le Bider et l'Haïderabad, et baigné à l'O. par l'Océan Indien; 570 k. sur 300; 7 000 000 hab. Ce pays formait jadis un roy. mahométan important. Il fut soumis au XVIIe siècle par Aureng-Zeyb qui s'empara de la capitale en 1689, puis fut envahi parles Mahrattes; il a été au dernier s. conquis par les Européens. Il se divise aujourd'hui en Bedjapour anglais, Bedjapour tributaire des Anglais, et Bedjapour portugais. Le Bedjapour anglais, acquis en 1818, forme 5 districts, dits Konkan septentrional, Konkan méridional, Bedjapour, Anagoundi, Darouar. Le Bedjapour portugais ne consiste que dans Goa et le territoire environnant.

BEDLAM (corruption de Bethléem), hospice d'a-Ménés, situé h.ors des murs de Londres, au S. de la ville. Comme notre Bi"ce'tre, il sert aussi de prison. Créé sous Henri VIII, rebâti en 1812.

BEDMAR (Alph. DE LA CUEVA, marquis de), prélat espagnol, né en 1572. Étant ambassadeur de Philippe III à Venise en 1618, il conspira contre cette république avec le gouverneur de Milan et le vice-roi de Naples, et forma le projet d'y anéantir le gouvernement républicain et de s'emparer de la ville au profit de l'Espagne. La conspiration ayant été déjouée, il s'éloigna précipitamment. Il fut depuis gouverneur de Flandre, éveque de Malaga et d'Oviédo ; le pape le nomma cardinal en 1722. Il mourut en 1655. L'Histoire de la conspiration de Venise a été écrite par St-Réal. Le fait de la conspiration, longtemps contesté, a été mis hors de doute par les documents publiés par L. Ranke à Berlin, en 1831.

BEDNOR, v. de l'Inde anglaise (présid. de Madras), dans le Kanara, sur le Cheravotty, à 230 k. N. O. de Seringapatnam ; 15 000 h. Jadis ch.-l. .de toul le Kanara. Prise et reprise plusieurs fois; ravagée en 1763 par Haïder-Ali.

BÉDOUIN, bourg de France (Vaucluse), à 13 MI. E. de Carpentras; 2548 hab. Brûlé en 1794 par le représentant Maignet, comme repaire d'aristocrates.

BÉDOUINS, Arabes répandus dans les déserts de l'Arabie, de la Syrie, de l’Égypte, du Maghreb, mènent une vie nomade. Comme les autres Arabes, les Bédouins se- divisent en tribus, qui obéissent à des cheiks, lesquels eux-mêmes reconnaissent un chef suprême ou émir. Ils sont, dans certains cas, aussi hospitaliers, que voleurs.

BÉDRIAC, v, de la Gaule Cisalpine, chez les Cénomans, entre Mantoue et. Crémone. Les troupes d'Othon y furent vaincues en 69 par celles de Vitellius ; la même année, Vitellius y fut vaincu à son tour par Antonius Primus, lieutenant de Vespasieîi. On a cru en retrouver l'emplacement à San-Lorengo, à Beverara ou à Cividale.

BËELPHÉGOR. V. BELPHEGOR,

BÉELZÉBUTH. V. BELZÉBUTH,

BEER (Guill.), astronome, né à Berlin en 1797, mort en 1850, était fils d'un riche banquier Israélite. Tout en vaquant aux affaires, il cultivait les sciences : il construisit près de Berlin un observatoire où il travailla en commun avec Maedler, fit paraître en 1830 de savantes Observations sur Mars, et donna en 1836 une excellente Happa selenographica, qu'il fit suivre en 1837 de la Selenographie générale. — Son frère, Michel Beêr, né en 1800, enlevé dès 1833, s'était déjà distingué comme poète. On a de lui, outre des poésies lyriques, plusieurs tragédies qui ont été représentées avec succès à Munich : Clytemnestre, les Fiancées d'Aragon (1823), le Paria (1826), Struensée, son chef-d'œuvre (1827), l'Épée et lallain (1832). Ses Œuvres ont été réunies à Leipsick en 1835. — Le compositeur MeyerBeer, né en 1794, le célèbre auteur de Robert le Diable, des Huguenots, du Prophète, est le frère aîné des deux précédents.

BEETHOVEN (Louis), célèbre compositeur, né en 1770 à Bonn, mort en 1827, était fils d'un ténor de la chapelle de l'électeur de Cologne. Il alla à Vienne se former sous Mozart et Haydn, et devint l'égal de ses maîtres. Invité par le roi de Westphalie (Jérôme Bonaparte) à venir prendre la direction de sa chapelle, il fut retenu à Vienne par les libéralités de trois princes qui s'unirent pour lui assurer une pension de 4000 florins. Cet artiste fut de bonne heure affligé d'une surdité qui le rendit morose. On lui doit la musique de Fidelio, de Coriolan, d'Egmont, de Prométhée; il excella surtout dans la musique instrumentale, et composa un grand nombre de symphonies, de sonates, de concertos, etc. On y admire un génie hardi et original, et une instrumentation des plus riches. Il a laissé un Traité d'harmonie et de composition, qui a été traduit par Fétis, 1833. M. Schindler a donné la Vie de Beethoven,. Leipsick, 1860.

BEFFROY DE REIGNY (Louis Abel), dit le Cousin Jacques, né à Laon en 1757, mort à Paris en 1811, se fit d'abord connaître par des compositions bizarres et originales, qui eurent une grande vogue, entre autres les Lunes du Cousin Jacques, 1785-1791 ; le Testament du Cousin Jacques, 1795 ; et commença en 1800 la publication d'un Dictionnaire des hommes et des choses, dont la police empêcha la continuation. Il n'eut pas moins de succès comme écrivain dramatique : il fit représenter Nicodème dans la Lune, Nicodème aux Enfers, la Révolution pacifique, 1790 ; le Club des bonnes gens, 1791, la petite Nanette, 1797, pièces pleines d'allusions aux événements du temps. Il composait lui-même la musique de ses pièces.

BÉFORX, v. d'Alsace. V. BBLFORT.


BEG ou BEY, mot turc qui signifie prince ou seigneur. Ce titre avait jadis la plus haute importance; c'était le seul titre d'un grand nombre de souverains turcomans et de khans tartares, et entre autres de Tamerlan; il n'est guère usité auj. qu'après les noms propres comme titre honorifique et se donne aux chefs de distinction, aux fils de pachas, et même à des étrangers: dans l'armée, il répond à notre grade de colonel. Il n'y a plus de beys souverains que dans les États barbaresques : tels sont les beys de Tunis, de Tripoli. Dans la régence d'Alger, il y avait avant l'occupation française un bey de Titterie, un ; r,ey d'Oran et un bey de "Constantine, qui étaient soumis au dey.

BEGARD, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), à 13k. j N. O. de Gumgamp; 482 hab. Ane abbaye.

BEGARDS (de beg, prier, mendier?), hérétiques qui se répandirent au XII* siècle en France et en Allemagne, surtout sur les bords du Rhin. Ils enseignaient que Dieu est tout, qu'il n'y a aucune différence entre Dieu et la créature, que la destinée de l'homme est de s'unir à Dieu, que par cette union l'homme devient Dieu lui-même; que dès lors il est au-dessus des prescriptions de la loi humaine ou de la loi divine. Ces erreurs^ qu'on retrouve chez les Turlupinset chez les mystiques allemands duxrv's., Eckart, Tauler, Suso, Ruysorock, paraissent se rattacher aux doctrines orientales, accueillies et propagées par Jean Scott Érigène. Elles furent condamnées en 1311 par le concile de Vienne.

BEG-CHEHER, ch.-l. d'un livah de même nom § (Turquie d'Asie), à 93 kil. S'. 0. de Konieh, sur le 1 bord 0. du lac Beg-Cheher, qui a 48 kil. détour.

BEGER (Laurent), archéologue, né en 1653 à Heidelberg, mort à Berlin en 1705, bibliothécaire de 1 Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg, apu-| blié, entre autres savants ouvrages : Bellum troja-1 num, 1679 (d'après la Table iliaque); Spicilegium antiquitatis, Heidelberg, 1692 ; Thésaurus ex thesauro s Palatino selectus, seu Gemmse, Heidelberg, 1685; Thésaurus Brandenburgicus, 1696 et 1701 ; Numismata pontificum romanorum, 1703; Regum et impe-' ralorum romanorum Numismata, 1710, etc.

BEGLERBEG, c-à-d. beg des begt, titre sous lequel on désigne en Turquie les gouverneurs généraux des provinces. Ce sont des pachas à trois queues; : ils ont sous leur dépendance les gouverneurs des livahs ou sandjakats, qui ne sont que pachas à -- deux queues ou à une seule queue.

BÉGUELIN (Nicolas de), physicien, né en 1714 à Courtelary près de Bienne en Suisse, mort à Berlin en 1789, étudia sous Bernouilli, fut professeur au collège de Joachimstahl, puis sous-précepteur de Frédéric-Guillaume, qui fut roi de Prusse, et de-vintmembre, puis directeur de l'Académie de Berlin. Outre de savants mémoiressurdes questions de physique et de philosophie, lus à l'Académie de Berlin, on a de lui un poème de Wilhelmine ou la Révolution de Hollande, Berlin, 1787. —V. WEGELIN.

BEGUILLET (Edme), avocat et notaire à Dijon, mort en 1786, s'est surtout occupé d'agriculture. On a de lui : Principes delà végétation et de l'agriculture, 1769; OEnologie ou Traité de la vigne et des vins, 1770; De la connaissance des grains, 1775; et une Hist. des guerres des deux Bourgognes, 1772. BÉGUINES. On donnait ce nom à des filles ou veuves qui, sans faire de vœux, se réunissaient pour vivre dans la dévotion. Ces communautés, qui remontent au XII0 siècle, ont été ainsi nommées, sui-, vant Moréri, de Lambert Begg ou Le Bègue, prêtre liégeois, qui les aurait fondées en 1170 ; suivant d'autres, de Ste Bègue ou Begga, sœur de Ste' Gertrude, qui aurait fondé la communauté dès 692. On a fait en fin dériver ce nom du vieil allemand beggen, demander, prier. Il y a encore en Allemagne, et surtout en Belgique, des maisons appelées béguinages, où vivent ces religieuses. LesBéguines furent supprimées en France par Louis XI, et remplacées, pour les soins à donner aux malades , par des sœurs du tiers ordre de St-François, auxquelles le vulgaire appliqua aussi le nom de Béguines.

BÉGUM, titre donné dans l'Indoustan à l'épouse favorite du sultan, équivaut à celui de reine. On a vu des Begums commander des armées.

BEHADERou BEHADOUR-KHAN, sultan delà dynastie mogole, descendant deGengis-Khan, né en 1292, mort en 1335, monta sur le trône de Perse en 1317. 11 se laissa gouverner par ses femmes et ses favoris; cependant, il combattit les Usbeks. En lui finit la dynastie mogole en Perse. —

BEHADER-CHAH, fils d'Aureng-Zeyb, régna sur les Mogols de 1707 à 1712. Il eut continuellement à se défendre contre ses frères; à la faveur de ces dissensions, les Mahrattes, les Radjepoutes, les Sikes, etc., envahirent l'empire et commencèrent àl'ébranler.-HUSSEIN. V. HUSSEIN.

BEHAIM (Marin), cosmographe et navigateur, né à Nuremberg en 1436, mort en 1506, était d'abord négociant. lise mit au service du Portugal, et accompagna en 1484 et 1485 Diego Cam, qui faisait un voyage de découvertes autour de l'Afrique. De retour à Nuremberg (1492), il fit un globe terrestre qui représentait l'état des connaissances à cette époque. De Murr a donné la description du globe de Behaim (trad. en franc, par Jansen, à la suite du voyage de Pigafetta, Paris, 1802). Ghillany, de Nuremberg, a donné saFie.Leips., 1853. Onaprétendu, mais à tort, que Behaim avait eu connaissance du Nouveau-Monde avant Colomb.

BEHAR, prov. de l'Inde. V. BAHAR.

BÉHÉMOTH, animal mystérieux dont parle Job (XL, 10), est, selon les Pères, le symbole du démon et du mal : les uns en font un taureau énorme, les autres un hippopotame ou un rhinocéros. Les rabbins prétendent que le Béhémoth est réservépour le festin des élus, qui aura lieu à la fin du monde.

BEHN (Aphara), femme poète,, née à Cantorbéry vers 1640, morte en 1689, suivit son père à Surinam, où il se rendait en qualité de gouverneur, et inspira une vive passion à un prince indigène nommé Oronoko, dont elle raconta depuis les aventures dans un roman qui porte ce nom. De retour en Angleterre, elle épousa unnégocianthollandaisnommé Behn; dans un séjour qu'elle fit à Anvers, elle découvrit le projet formé nar les Hollandais de brûler la flotte anglaise dans la Tamise et .elle le révéla, mais sans être écoutée. Elle finit par se fixer à Londres, où elle cultiva la poésie et travailla pour le théâtre. Elle prenait le nom d'Astrée dans ses compositions poétiques. On lui reproche une grande licence dans ses écrits comme dans sa conduite. Son Théâtre, publié à Londres, obtint plusieurs éditions,

BÉHOBIE, village frontière de France (B.-Pyré-nées), commune d'Urrugne, près de la Bidassoa; 200 hab. C'est un des ports (passages) de France en Espagne.

BEHRING (Vital), navigateur danois, au service delà Russie, né dans le Jutland en 1680. Chargé par Pierre le Grand en 1725 d'un voyage de découvertes sur les côtes de Kamtchatka (1728), il découvrit le détroit qui porte son nom, et s'assura ainsi que l'Asie et l'Amérique forment deux continents séparés. Il entreprit en 1741 une nouvelle expédition, et mourut près des côtes du Kamtchatka, dans une petite île qui a reçu son nom.

BEHRING (détroit de), à l'extrémité N. E. de l'Asie, sépare ce continent de l'Amérique, et joint l'Océan Glacial arctique à l'Océan Pacifique; il a 88 k. de large. Découvert en 1728 parBehring.—On appelle mer de BEHRING la partie de l'Océan Pacifique qui s'étend entre le Kamtchatka àl'O.,l'Amériqueàl'E. Biles îles Aléoutes au S.; 2600 kil. de long. — L'île de BEHRING est dans l'Océan Glacial arctique, par 162" 30' - 164° long. O., 54° 4' - 55° 38' lat. N. Env. 120 kil. de long, et 40 de large; stérile et déserte.

BEINE, ch.-l. de cant. (Marne), à 12 kil. E. de Reims; 1089 hab.Filatures de laine, draps.

BEIRA, prov. du Portugal, bornée à 10. par l'Atlantique, à l'E. par l'Espagne, au N. par les prov. portugaises de Tra-Douro-le-Minho, Tras-os-Montes, au S. par l'Alentejo et l'Estramadure portugaise; 240 kil. sur 135; 1 200000 bab.; capit., Coïmbre. Riv., le Tage, le Douro, la Vouga, le Mondego. Salines importantes. Sol fertile; bons fruits.

BEIRAKTAR (Mustapha), grand vizir de Turquie en 1808, voulut introduire dans l'armée turque l'organisation et la discipline européenne, ce qui donna lieu aune insurrection terrible. Se voyant au moment de tomber entre les mains des insurgés, il se fit sauter avec la partie du palais qu'il habitait.

BEIRAM. On nomme ainsi deux fêtes des Musulmans : le Grand Beïram, qui se célèbre le 10° jour du dernier mois de l'année, en commémoration du pèlerinage de la Mèque que tout Musulman doit faire dans ce mois, et le Petit Beïram, qui tombe le 1" de la lune de Chaval et met fin au jeûne du Ramazan. La 1™ de ces fêtes dure quatre jours et la 2* trois. Pendant le Beïram, on cesse tout travail et l'on se fait des visites et des cadeaux. L'année mahométane étant lunaire et beaucoup plus courte que la nôtre, il est impossible d'assigner d'une manière fixe l'époque correspondante de ces deux fêtes.

BEIT-EL-FAKIH, v. forte de l'Arabie (Yémen), dans l'État de Sana, à 30 k. S. O. de Sana, à 150 k. N. de Moka; 7000 hab. Entrepôt du café des environs. Plusieurs puissances y ont des résidents.

BÉJA, Fax Julia, puis Fax Augusta, v. de Portugal (Alentejo), à 130 k. S. E. de Lisbonne: 5500 h. Évêché. Fort, bâti par le roi Denis; cathédrale, antiquités. Environs délicieux; plantations d'oliviers.

BÉJAR, v. d'Espagne (Salamanque), à 70 kil. S. de Salamanque, sur le versant E. des montagnes du même nom. Eaux minérales. Ancien duché.

BÉJART, famille de comédiens qui faisait partie de la troupe de Molière, a fourni Jactr. Béjart, qui joua avec succès dans les Précieuses ridicules; Louis Béjart, qui créa le rôle de La Flèche dans l'Avare et y obtint un succès prodigieux; Madeleine et Armande Béjart, qui réussirent surtout dans les rôles de soubrettes. Armande épousa Molière en 1662, et empoisonna ses dernières années par sa coquetterie.

BEKES, v. de Hongrie, dans le comitat de même nom, à 16 k. N. O. de G-yula; 17 000 h. Ville grande, commerçante, et jadis forte. — Le comitat, situé entre ceux de Bihar, Arad, Csanad, Csongrad, HeveschetlaGrandeCumanie, al55 000h. Ilapour ch.-l. Gvula, et non la ville qui lui donne son nom.

BEKKER (Balthazar), né dans la "Westfrise, en 1634, mort à Amsterdam en 1698, fut pasteur dans différentes églises de Hollande. Partisan de Descartes et suspect de Socinianisme, il fut inquiété pour ses opinions philosophiques et religieuses. Ses principaux ouvrages sont : le Monde ensorcelé, 1691, traduit en français dès 1694, dans lequel il réfute l'opinion vulgaire sur l'influence du démon; Recherches sur les comètes, 1683, où il combat le préjugé relatif à l'influence maligne de ces astres.

BEKKER (Elisabeth), femme auteur, née à Fles-singue en 1738, morte en 1804, a donné en hollandais plusieurs romans qui se distinguent par l'intérêt et par la vérité des mœurs et des caractères : Cornélie Wildschut et Abraham Blanlcaart sont devenus populaires. — V. BECKER.

BEL. V. BAAL et BÉLUS.

BELA I, roi de Hongrie de 1061 à 1063, affermit la religion chrétienne récemment introduite en Hongrie (V. ETIENNE I). — il, dit l'Aveugle, parce que le roi Coloman, son oncle, lui avait fait crever les yeux dans sa jeunesse, fut appelé à la ceuronne en 1131, àla mort d'Etienne II, son cousin germain. Il s'abandonna aux excès du vin, et mourut en 1141. —ni, succéda à son père Étienne III en 1173, et mourut en 1196. Il se signala par sa justice. Il avait épousé une sœur de Philippe-Auguste, roi de France. — 1Y, fils d'André II, lui succéda en 1235, et mourut en 1270. LesTartares ayant ravagé ses États, il se réfugia en Dalmatie; il "fut rétabli sur le trône en 1244, par les chevaliers de Rhodes. Il employa le reste de son règne à rebâtir les villes et les églises.

BELABRE, ch.-l. de canton (Indre), à 11 k. S. E. •du Blanc. Grandes forges aux environs; 1238 hab.

BELAD-EL-DJERID. V. BILÉDULGÉRID.

BELASPOUR, v. de l'Inde anglaise (Bengale), à 290 k.N. de Delhi; 15 000 h. Autrefois capit. d'un État indépendant ; appartient aux Anglais depuis 1822.

BELBEYS, Ramsès, v. de Basse-Egypte, à 48 k. N.E.du Caire, sur la r. dr. de l'ancienne branche pêlu-siaque du Nil; 5000 hab. Jadis fortifiée. Bonaparte en fit réparer les fortifications.

BELCAIRE, ch.-I. de cant. (Aude), à 33 k. S. O. de Limoux; 830 lab. Bâti en amphithéâtre.

BELEM, v. de Portugal, surladr. du Tage, à 8 k. O. de Lisbonne, dont elle est comme un faubourg; 6000 hab. Beau palais des rois de Portugal; tour célèbre; ane. couvent d'Hiéronymites, dont l'église possède les tombeaux de plusieurs rois du pays.

BELEM, v. du Brésil. F. PARA.

BELENUS, divinM principale de quelques pays germains, surtout de l'Illyrie, de la Pannonie et au Noricum; on croit que c'est le Soleil ou Apollon.

BÉLÊSIS, prêtre chaldéen, se révolta en Babylonie contre Sardanapale, roi d'Assyrie, vers 759 av. J.-C. et détrôna ce prince, de concert avec Arbace, gouverneur de la Médie. Il se fit nommer roi de Baby-lone et régna jusqu'en 747.

BELESTA, bourg de l'Ariége, sur le Lers, à 28 k. S. E. de Foixj 1248 hab. Forges, marbreries. Près de là, source intermittente de Fontestorbe.

BELFAST, V. et port d'Irlande (Antrim), capit. de la province d'Olster, à l'emb. duLagan, à 22 kil. S. E. d'Antrimetà 135 k. N. de Dublin; 120000 h. Évêché catholique. Ville belle et bien bâtie. Grandes manuf. de toiles de lin et de coton, verreries, vitriol, etc. — Ville et port des États-Unis (Maine), à l'entrée de la baie de Penobscot; 6000 h.

BELFORT ou BEFORT, v. forte de France, ch.-l. d'arr., sur la r. g. déjà Savoureuse, à 78 k. S. O. de Colmar, à 424 kil. E. de Paris par l'a route, 503 par chemin de fer; 5285 hab. Belfort (c-à-d. beau fort) est à la base d'un roc fortifié par Vauban et que couronne un château, plus ancien que la ville. A quelque distance estla tour de la Miotte. Tribunal, lycée. Industrie active; papeterie, chapellerie, brasseries, tanneries, horlogeries, forges, etc. Comm.Tle grains, vins, eaux-de-vie, mé.taux. etc.— Lav. deBelfortfit longtemps partie du comté Ferrette, qui appartenait à l'Autriche; plusieurs fois prise et reprise, elle fut cédéeàla Francepar l'Autriche enl648. Belle défense contre les Allemands (2nov. 1870-16 février 1871).

BELFORT (territoire de Belfort), division administrative formée, après la guerre de 1870-71, des débris de l'ancien arrondissement de Belfort, et comprenant Belfort Délie, Fontaine et Giromagny.

BELGES, Beigm, peuple ancien, qui a aonnè son nom à la Gaule Belgique, paraît avoir la même origine que les Celtes, mais être arrivé en Gaule après eux. Cependant ils différaient des Celtes par le ca^ ractère et par la langue. On a remarqué que Belgœ ou Bolgm est le même mot que l'allemand Volk. Ce nom se retrouve dans celui des Volces Arécomiques et Tectosages, delà Gaule, ainsi que dans* Venta Belgarum (Winchester), v. de la Bretagne ancienne.

BELGIOJOSO, bg de Lombardie, à 16 kil. E. de Pa-vie; 2700h. ; a donné sonnomà une famille célèbre.

BELGIQUE, roy. d'Europe, situé entre 49° et 52° lat. N., entre 0° 15' et 3° 46' long. E., est borné an N. et au N. O. par la mer du Nord et la Manche, au N. E. par la Hollande, à l'E. par le grand-duché de Luxembourg et la prov. Rhénane de Prusse, au S. par la France ; env. 270 k. sur 200 ; 4 548 507 h. Capit., Bruxelles. La Belgique est divisée en 9 prov., savoir :

Provinces,

Chefs-lieux,

Anvers,

Anvers.

Brabant,

Bruxelles.

Flandre occidentale,

Bruges.

Flandre orientale,

Gand.

Hainaut,

Mons.

Liège,

Liège.

Namur,

Namur.

Limbourg belge,

Hasselt.

Luxembourg belge,

Arlon.

Le pays est généralement plat, excepté dans le Hainaut et la prov. de Namur, où les Ardennes étendent leurs ramifications; on y trouve beaucoup de marais; une partie des côtes est même au-dessous du niveau de la mer, ce qui exige d'immenses digues. Un grand nombre de rivières arrosent la Belgique : l'Escaut, dont les principaux affluents sont la Scarpe et la Lys: la Meuse, qui reçoit la Sambre et l'Ourthe; la Dyle, la Senne, la Dendfe, etc. Nombreux canaux, parmi lesquels on distingue ceux de Bruges, d'Anvers, de Louvain, de Malines, de Bruxelles, de Char-leroi. Nombreux chemins de fer : lignes du Nord, conduisant à Anvers; de l'O., à Ostende par Gand et Bruges; du S., continuant notre chemin du N. et conduisant à Bruxelles et Mons; de l'E.. conduisant en Prusse par Louvain, Liège et Verviers. Le sol, maigre dans les prov. de Liège et de Limbourg, est très-fertile dans les Flandres et le Hainaut et bien cultivé; l'industrie bien développée : très-belles toiles, sucre, eau-de-vie, genièvre, tabac, -bière, colle forte^ produits chimiques teintureries, impressions sur tissus, fonderies, machines à vapeur, nombreuses imprimeries et librairies (d'où sortirent, jusqu'au traité de 1854, d'innombrables contrefaçons), immense exploitation de houilles à Mons, Charleroi, Huy, Liège, Namur; fabriques d'armes (surtout à Liège), nombreuses forges et usines de toute espèce. — Le gouvernement est une monarchie héréditaire et constitutionnelle, avec deux assemblées électives (sénat et chambre des représentants). L'enseignement est libre; cependant l'Etat entretient des universités à Gand et à Liège; à côté d'elles s'élèvent les universités libres de Louvain et de Bruxelles. Les habitants vivent en général dans l'aisance, malgré la forte population. Le Belge ressemble beaucoup au Français du Nord. Le flamand est parlé par le peuple ; mais la seule langue de la bonne société est le français. La religion est le Catholicisme.

Histoire. Les Belges, qui paraissent être originaires de la Germanie, vinrent à une époque inconnue occuper la partie N. E. des Gaules, précédemment habitée par les Celtes. Lors de la conquête des Gaules, ce furent les Belges, et parmi eux les Nerviens, qui opposèrent à César la plus vive résistance (57-54 av. J.-C.). Drusus, Germanicus, Caligula furent plusieurs fois obligés de conduire leurs armées en Belgique pour maintenir dans la soumission ce peuple indocile et remuant. Ce fut par la Belgique que les Francs, sous Clodion, commencèrent la conquête des Gaules ; leur première capitale fut Tournay. Au vi" siècle, la Belgique faisait partie du royaume d'Austrasie; au vm% la famille des Héristal, sortie des pays belges de Liège et de Namur, y fonda la puissance des Carlovingiens. Vers le même temps, du viie au vin0 siècle, le Christianisme y fut établi par les efforts de S. Amand, S. Remacle, S. Bavon, etc. Après la mort de Louis le Débonnaire, la Belgique fut comprise dans le royaume de Lotharingie ; et quand celui-ci, devenu duché de l'empire germanique, eut été partagé en Haute et Basse-Lorraine, la Belgique entra presque tout entière dans cette dernière, dont elle forma la partie principale (la Flandre seule jusqu'à l'Escaut était au royaume de France). Le duché de Basse-Lorraine se morcela ensuite en Bra-bant, Hainaut, Luxembourg, Limbourg, Artois, Flandre, Malines, Anvers, évêché de Liège, etc., tous fiefs de l'Empire. Au xv siècle, la plus grande partie de ces fiefs fut réunie dans les mains des ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Le mariage de Marie de Bourgogne, fille de ce dernier, avec Maximilien d'Autriche, les fit passer dans la maison d'Autriche. Charles-Quint, en y joignant de nouvelles acquisitions, en composa les dix-sept provinces qui furent nommées Cercle de Bourgogne, et qui relevèrent de l'Empire, tout en appartenant, depuis 1556, à la ligne espagnole de .a maison d'Autriche. Lors de l'insurrection qui enleva sept de ces provinces à l'Espagne et à l'Empire ainsi qu'au Catholicisme [T. PAYS-BAS et HOLLANDE), et qui donna naissance à la République des Provin-ces-Unies (1566-1609), les provinces qui répondaientà la Belgique actuelle restèrent fidèles à la maison espagnole. Elles furent gouvernées successivement au nom de l'Espagne par le duc d'Albe, par Requesens, don Juan d'Autriche, Alexandre Farnèse, le comte da Mansfeld, les archiducs Ernest et Albert. Elles passèrent à la maison d'Autriche en 1714 par les traités de Rastadt et de Bade. Elles se soulevèrent en 1789 contre l'Autriche, qui avait violé leurs privilèges, mais furent aussitôt comprimées. En 1792 la France, ayant déclaré la guerre à l'empereur François II, envahit la Belgique : dès 1795, cette contrée était totalement conquise. Déclarée possession française en 1801, elle forma alors 9 départements (Dyle, Escaut, Forêts, Jemmapes, Lys, Meuse-Inférieure, Deux-Nèthes, Ourthe et Sambre-et-Meuse). Après la chute de Napoléon, en 1814, la Belgique, conjointement avec les provinces hollandaises, fut érigée en royaume particulier sous le nom de Royaume des Pays-Bas, et donnée à Guillaume, prince d'Orange-Nassau, fils du dernier stathouder, qui prit le nom de Guillaume I. Enfin, en 1830, les provinces hollandaises et belges se séparèrent d'une manière violente, et les deux peuples se battirent avec acharnement. Après de longues conférences tenues à Londres, et grâce à l'intervention de la France (juillet 1831), la Belgique fut reconnue indépendante. La même année, les deux chambres, par un votre libre, décernèrent à Léopold I, prince de Saxe-Cobourg, la couronne, qu'elles avaient d'abord offerte au duc de Nemours, 2e fils de Louis-Philippe. Ce n'est néanmoins qu'en 1839, après le traité de paix conclu entre la Hollande et la Belgique et le partage du Luxembourg et du Limbourg, que ce royaume a été définitivement reconnu par toutes les puissances de l'Europe. Il a été en même temps déclaré état neutre.


BELGIQUE ANCIENNE, Belgica. Les limites de la Belgique sous les Romains ne coïncidaient point avec celles de la Belgique actuelle. Cette contrée, la plus septentrionale des quatre grandes divisions de la Gaule Transalpine, comprenait au temps de Césa> tous les pays qui se trouvent entre le Rhin, lamerdi Nord, la Seine et la Marne. Sous Adrien, on y adjoignit même les Sequani, les Hélmetii et les Lingones. On la divisa alors en 4 provinces : Belgique 1" au N. O. et Belgique 2e au centre, Germanie l" au N et Germanie 2° à l'E.—LaBelgique 1", entre la Germanie 2° au N., la Germanie 1™ à l'JE., la Belgique 2° à l'O., la Lyonnaise et la Séquanaise au S., était divisée en 4 territoires : Leuci, Veroduni, Medioma-trices, Treviri, lesquels répondent aux départements des Vosges, de la Meurthe, delà Moselle, delaMeuse, et une partie de la Prusse rhénane; ch.-l., Civitas Trevirorum (Trêves). —La Belgique 2°, entre la mer (Manche et mer du Nord) et la Belgique 1", comprenait onze peuples principaux : Nervii, SIo-rini, Atrebates, Ambiani, Bellovaci, Teromandui, Sikanectes, Viducasses, Suessiones, Rémi. Cata-launi; ce sont aujourd'hui : la Flandre orientale et occidentale, le Hainaut et les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Oise, de l'Aisne, de la Marne et de l'Aube; ch.-L, Civitas Remorum (Reims). — Pour les 2 Germanies, 7. ces noms.

BELGIUM. César nomme ainsi un district particulier de la Belgique, composé du territoire des Ambiani, des Atrebates, et des Bellovaci. C'est là que s'établit primitivement le peuple belge, qui étendit ensuite son nom à une grande partie de la Gaule.

BELGIUS, général gaulois, fit une expédition en Macédoine vers l'an 279 av. J.-C., battit les troupes de Ptolémée Céraunus, fit ce prince prisonnier et le mit à mort. On croit qu'il retourna dans la Gaule après cette victoire. Brennus était un de ses lieutenants.

BELGODÈRK, ch.-l. de cant. (Corse), à 19 kil. E. deCalvi; 1001 hab.

BELGOROD, v. de Russie (Koursk), à 110 kil. S. de Koursk; 11 000 hab. Foires très-fréquentées.

BELGRADE (c-à-d., dans la langue du pays, Tille blanche), Singidunum ou Taurunum desL&l. ? Alba Grxca en latin moderne; v. de la Servie, capit. de cette principauté, à 800 kil. N. O. de Constantinople, surlariv. droite du Danube, prèsdeson confluentavec la Save; 30 000 hab. Port; deux citadelles, et autres ouvrages qui pourraient en faire une des places les plus fortes de l'Europe. Archevêché grec et évêché catholique ; cour d'appel et de cassation. Quelques monuments, mais qui sont en ruines (palais duprince, plusieurs églises et mosquées, arsenal, etc. ). Tapis, armes, étoffes de soie, de coton, tanneries; grand commerce.—B. a été plusieurs fois prise et reprise : en 1521, par Soliman II, sous Charles-Quint; en 1688, parle duc de Bavière pour l'Autriche; en 1690, parles Turcs; en 1717, par le prince Eugène (l'année suiv. le traité de Passarovitz la donna à l'Autriche, qui la perdit en 1739); en 1789, par Laudon (elle fut rendue à la Turquie en 1791); en 1806, par Czerni George, qui commandait les Serviens insurgés; elle fut reprise en 1813 par les Turcs, qui la possèdent encore. Ses fortifications étaient alors peu de chose; mais en 1820 elles devinrent plus formidables que jamais.—Il fut signé à Belgrade en 1739 un traité par lequel la Turquie victorieuse se fitrendre les conquêtes faites par l'Autriche et la Russie (Valachie, Moldavie, Servie, etc.) et obligea la Russie à renoncer à la navigation de la mer Noire.

BELIAL, idole des Phéniciens, adorée surtout à Sidon ( et mentionnée dans la Bible [Juges , xix, 22; Koi's, i, 2, 12], est sans doute le même dieu que Baal. On donne souvent ce nom au démon.

BÉLIDES, c-à-d. fils de Bélus, nom patronymique des Danaïdes, de Lyncée, de Palamède, et «te plusieurs rois d'Argos, descendants de princes grecs du nom de Bclus.

BÉLIDOR (Bernard FOREST de), ingénieur français, né en 1697 en Catalogne, mort en 1761, était (ils d'un officier français mort en Espagne. Il servit avec distinction, et fut, après plusieurs campagnes, nommé professeuràl'écoled'artilleriedeLaFere, puis inspecteur général des mineurs de France. On a de lui, outre un Cours de mathématiques à l'usage de l'artillerie, la Science des ingénieurs, 1729; le Bombardier français, 1731; un Traité des fortifications, 1735; l'Architecture hydraulique, 1737 (son meilleur ouvrage, réimprimé avec additions, par Navier. 1819), et un Dictionn. de l'ingénieur, 1758. Ses ouvrages furent longtemps classiques. Bélidor était membre des Académies des sciences de Paris et de Berlin.

BELIN, ch.-I. de cant. (Gironde), à 42 kil. S. O. de Bordeaux; 261 hab. — C'est aussi le nom d'un petit pays de l'anc Maine où se trouvaient Ëcomoy, Lai-gné-en-Belin, Moncé-en-Belin, St-Ouen-en-Belin.

BELIN DE BALLU (Jacq. Nie), savant helléniste, né à Paris en 1753, occupait une charge déconseiller à la Cour des Monnaies. Il fut après la Révolution professeur de langues anciennes à Bordeaux, puis directeur du prytanée de St-Cyr (1800), mais il quitta ces fonctions pour aller occuper une chaire de littérature grecque à Charkov en Russie. Il mourut àPétersbourg en 1815. Il avait été admis en 1787 à l'Académie des inscriptions. Ses principaux ouvrages sont : Oppiani poemata de Yenatione et Pisca-tione, cum interpretatione latina et scholiis, Strasbourg, 1785 (il n'a paru que le De Yenatione) ; la Chasse, poëme d'Oppien, trad. en français, 1788; OEuvres de Lucien, en français, avec no'tes historiques, littéraires et critiques, 1788,6 vol in-8(traduc-tion exacte, mais qui laisse à désirer pour le style); Histoire critique de l'Éloquence chez tes Grecs et les Romains 1803, 2 vol. in-8 (ouvrage estimé).

BÉLISAIRE, général de Justinien, né vers 490, dans la Dardanie, fit d'abord partie de la garde de l'empereur, se signala dans la guerre contre les Perses, qu'il força à faire la paix (532), passa en 533 en Afrique pour combattre les Vandales, vainquit à Tricaméron Gélimer leur roi, leur enleva Carthage et les chassa pour jamais de l'Afrique; se rendit ensuite en Sicile, reprit sur les Goths Catane, Païenne, Syracuse; pénétra en Italie, enleva aux Goths Naples et Rome après un long siège; poursuivit Vi-tigès leur roi jusqu'à Ravenne où il s'était réfugié, le fit prisonnier et l'emmena à Constantinople (540); puis, retournant en Perse, arrêta les progrès de Chos-roès en Asie-Mineure (543). Rappelé de nouveau en Italie par les succès de Totila, il reprit Rome, dont ce conquérant s'était emparé (547) ; mais le manque de troupes le força bientôt à abandonner ses conquêtes. Il reprit les armes après.douze ans pour repousser les Bulgares, qui menaçaient Constantinople (559). Malgré ses services, Bélisaire fut, à la fin de sa vie, accusé de conspiration et disgracié; toutefois l'empereur reconnut son innocence et lui rendit sa faveur. Il mourut en 565. Selon une tradition, fort répandue, et que Marmontel a suivie dans son Bélisaire, ce grand général aurait eu les yeux crevés et aurait été réduit à mendier sa vie; mais il paraît que ses infortunes sont une fable inventée au xn° s. par le conteur Tzetzès. Bélisaire eut le malheur d'avoir pour femme Antonine, amie de l'impératrice Théodora et aussi dissolue qu'elle, dont il fut obligé de châtier les débordements et qui, par ses intrigues, amena sa disgrâce. Procope, qui a écrit l'histoire de ses campagnes, avait servi sous lui.

BÉLÏSE OU BALISE. Y. BALISE.

BELL (André), fondateur de l'enseignement mutuel en Europe, né à St-André en Ecosse en 1753, mort en 1832, était ministre de l'église anglicane et chapelain à Madras. Ayant trouvé dans l'Inde la pra-s tique de l'enseignementmutuel, il en fit l'application avec succès dans une école de Madras, de 17.90àl795. De retour à Londres, il y fit connaître les résultats qu'il avait obtenus, dans un ouvrage intitulé : Expériences sur l'éducation faite à l'école des garçons à Madras, 1798. J. Lancaster, maître d'éc&le à Londres, se hâta d'adopter le nouvel enseignement, et disputa à Bell la priorité de sa découverte.

BELL (John), chirurgien écossais, né àÉdimbourg en 1762, mort à Rome en 1820,enseigna arec éclat l'anatomie à Edimbourg. C'était un des plus habiles praticiens de son temps. Il a donné, avec son frère Charles Bell, plusieurs traités d'anatomie qui ont fait avancer la science; les principaux sont : Ana-tomie du corps humain, Edimbourg, 1792-1802, et Principes de chirurgie, 1801-1803; Anatomie expressive, 1806-1844, à l'usage des artistes. '

BELL (Charles), frère du précéd., 1774^-1842, se distingua d'abord comme chirurgien militaire, professa la physiologie à l'Université de Londres dès sa fondation, et alla en 1836 à Edimbourg pour occuper la chaire d'anatomie qu'avait illustrée son frère. Il coopéra à plusieurs ouvrages de John Bell, et publia lui-même un Système de chirurgie opératoire, 1807. C'est lui qui découvrit que les racines antérieures de la moelle épinière servent au mouvement et les racines postérieures à la sensibilité, découverte capitale, qu'il consigna dans son Exposition of the natural System ofthe nerves, publ. à Londres en 1824, et traduit par J. Genest dès 1825.

BELL (H.), habile mécanicien, né en Ecosse en 1767, mort en 1830, est le premier qui ait appliqué avec succès en Angleterre la vapeur à la navigation. Il fît ses premiers essais en 1812 à. Helensburgh (près de Dumbarton), où il demeurait. Jouffroy, en France, et Fulton, enAmérique, avaient déjà fait en 1807 des expériences du même genre.

BELLAC, ch.-l. d'arrond. (Hte-Vienne), à 37 kil. N. O. de Limoges; 2930 hab. Chapeaux, tanneries.

BELLAMY (miss Anna), tragédienne anglaise, née à Londres en 1731, morte vers 1788, était fille naturelle de lord Tirawley. Elle obtint les plus grands succès sur la scène, en même temps que Garrick et Kean. Forcée par un accident funeste de quitter le théâtre, elle publia ses Mémoires, qui eurent une grande vogue et furent traduits par Benoisî, 1799.

BELLARMIN (Robert), savant théologien-, de l'ordre des Jésuites, né en 1542 à Montepulciano en Toscane, mort en 1621, était neveu du pape Marcel II. Il enseigna la théologie avec un graud succès à Louvain et à Rome; accompagna Caïetan, envoyé en France comme légat par Sixte-Quint, fut fait cardinal par Clément VIII en 1598, archevêque de Ca-' poue en 1601, et se démit de son archevêché en 1605 pour remplir les fonctions de bibliothécaire du Vatican. Il fut plusieurs fois sur le point d'être nommé pape. Bellarmin employa toute sa vie à défendre la doctrine catholique contre les hérétiques : il rédigea dans ce but un célèbre corps de controverse (Dis-pulationes de controversiis fidei, adversus hœreticos, Rome, 1587; Paris, 1688; Prague, 1721). Il écrivit aussi avec force en faveur du p'cuvoir temporel du pape (De poiestate summi Ponlifids in rébus tempo-ralibus, 1610), mais il n'alla pas aussi loin que d'autres théologiens de son temps; de sorte qu'il se vit à la fois regardé à Rome par quelques-uns comme trop modéré, etcondamnéer. France parle parlement comme ultramontain (1610). On a de lui en outre : De scrip-toribus ecclesiasticis (allant jusqu'à 1612), un Catéchisme, qui est très-estimé et très-répandu, et 3 vol. in-fol. a'OEuvres diverses (Cologne, 1619). Ses OEu-vres complètes ont paru à Naples en 1857-60, 7 vol. in-4. Il a laissé lui-même YHisloire de sa vie, adressée au jésuite Eudémon-Jean.

BELLART (Nicolas Fr.), procureur général à la Cour royale de Paris, né à Paris en 1761, mort en 1826, se distingua d'abord comme avocat et défendit pendant la Révolution un grand nombre de victimes : les généraux Menou et Moreaului confièrent également leur défense. Membre du conseil général du département de la Seine, il fut un des premiers en 1814 à provoquer la déchéance de Napoléon. Nommé procureur général, à la Restauration, il dé-, buta par poursuivre le maréchal Ney, et se fit remarquer par ses rigueurs contre la presse. Outre ses plaidoyers, on a de lui un Essai sur la légitimité. Ses œuvres ont été publiées en 1828, 6 vol. in-8.

BELLE-ALLIANCE. V. WATERLOO.

BELLEAU (Rémi), un des poètes de la Pléiade française, néàNogent-le-Rotrouen 1528, mort en 1577, était précepteur de Charles de Lorraine, duc d'El-beuf. Il a traduit en vers les Odes d'Anacréon, les Phénomènes d'Aratus, YEcclésiaste, le Cantique des cantiques, a composé des Bergeries, et un poème sur les Amours et échanges des pierres précieuses, où il décrit cesbrillants minérauxavec les plus vives couleurs. Il jouait dans les pièces de son ami Jodelle, et il a fait lui-même une comédie, intitulée : la Reconnue. En outre, on a de lui un poème macaronique : De bello huguenotico. Ses œuvres ont été réunies à Rouen, 1604, 2 vol. in-12. Ronsard faisait grand cas de Rémi Belleau, et l'appelait le peintre de la nature. Son talent élégant et facile le fit surnommer par ses contemporains le gentil Belleau.

BELLEFOREST (François de), écrivain fécond, mais peu exact, né en 1530 à Sarzan (Gers), mort en 1583, écrivit sur les matières les plus diverses. Il avait été nommé historiographe de France sous Henri III; mais l'infidélité de ses récits lui fit perdre cette place. Il se mit alors aux gages des libraires et inonda Paris de ses écrits. Les moins mauvais sont : Hist. des neuf rois qui ont eu le nom de Charles; Annales ou Hist. générale de France; Histoires tragiques (extraites de Bandello) ; Histoires prodigieuses : dans ces deux derniers ouvrages, il ne fit que continuer l'œuvre de Boaistuau (P. ce nom).

BELLEGARDE, ch.'-l. de cant. (Creuse), à 11 kil. N E.d'Aubusson; 1000 hab. Chevaux, cuirs.—Ch.-I. de cant. (Loiret), à 20 kil. O. de Montargis; 1027 h. Safran, miel. —Hameau du dép. de l'Ain, à 20 kil. E. de Nantua, au confluent du Rhône et de la Valse-rine;522h C'est tout près de là qu'est la fameuse perte du Rhône. Station.—Place forte des Pyrénées orient., à 10 kil. S. E. de Céret, près de la frontière et sur la route de Perpignan à Figueras. Prise par les Espagnols en 1674 et 1793; reprise en 1675 et 1794.

BELLEGARDE (Roger DE ST-LARY de), un des favoris de Henri III, était petit-neveu du maréchal de Thermes. Colonel sous Charles IX, il accompagna en Pologne Henri, alors duc d'Anjou, et fut nommé parlui.àson avènement,maréchal deFrance(1574). Ayant perdu la faveur du roi, il se lia avec le duc de Savoie et agit contre les intérêts de son pays. Il mourut en 1579, empoisonné, à ce qu'on crut, par Catherine de Médicis. — Roger de Bellegarde, de la même famille, duc et pair, grand écuyer de France sous Henri III, seconda vaillamment Henri IV pendant la guerre civile et fut comblé par lui défaveurs. Louis XIII le fit duc et pair en 1620. Il mourut en 1646, à 83 ans, sans postérité. Il avait aimé la belle' Gabrielle avant Henri IV, qui la lui enleva.

BELLEGARDE (H., comte de), général des armées autrichiennes, d'une famille ancienne de Savoie, né à Chambéry en 1755, mort à Vérone en 1831, servit sous l'archiduc Charles dans la guerre d'Italie, signa en 1797, avec Bonaparte, les préliminaires de Léoben, et commanda en chef après Mêlas (1800). Malgré quelques beaux faits d'armes, il ne fut pas plus heureux que son prédécesseur : il se vit enlever Man-toue, Ferrare, etc., et fut forcé de conclure à Tré-vise un armistice (16 janv. 1801), qui fut bientôt suivi de la paix de Lunéville. Président du Conseil aulique en 1805, il fut nommé en 1806 feld-maréchal, et administra de 1814 à 1815 les provinces autrichiennes d'Italie, où il sut se faire aimer.

BELLEGARDE (J. B. MORVAN, abbé de), né en 1648, mort en 1734, a trad. plusieurs ouvrages des Pères de l'Église, les œuvres de Thomas A-Kempis, lejlfa-nuel d'Épictète, la Destruction des Indes, de Las-Casas, et a composé une Histoire d'Espagne, 1716-et une Histoire universelle des voyages, 1707.

BELLE-ISLE ou BELLE-ISLE-EN-MER, Vindilis, île de la France, sur la côte du Morbihan, à 12 la S. O. de la presqu'île de Quiberon; 16 k. sur 8; 8553 h. Place principale, le Palais. Prison politique. Pêche de la sardine.—Llle appartint longtemps aux abbés de Quimperlé, qui, au xvi8s., la cédèrent au maréchal de Retz, amiral de Bretagne. Fouquet l'acheta en 1638; le maréchal de Belle-Isle, son héritier, la céda en 1718 au duc d'Orléans. Elle fut prise par les Hollandais en 1674 et par les Anglais en 1761.

BELLE-ISLE-EN-TERRE , ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), à 19 k. O. de Guingamp; 691 hab. Forges.

BELLE-ISLE (Ch. L. Aug. FOUQUET de), maréchal de France, né en 1684, à Villefranche en Rouergue, mort en 1761, était petit-fils du surintendant Fouquet. Après s'être distingué sous Louis XIV et sous la régence dans les guerres de Flandre et d'Espagne, il fut nommé en 1732 lieutenant général, et servit en 1734 sous le maréchal de Berwick. Habile négociateur, il contribua puissamment à assurer la Lorraine à la France (1736), et à faire élire empereur l'électeur de Bavière sous le «nom de Charles VII. Maréchal depuis 1740, il prit une grande part à la guerre de la succession d'Autriche, commanda en Bohême et s'empara de Prague; mais, entouré par des forces supérieures, il fut forcé de quitter cette place, et fit alors une retraite qui fut universellement admirée (1742). Il alla ensuite défendre le Dauphiné et la Provence que menaçaient les Autrichiens et les Piémontais (1746). Appelé en 1757 au ministère de la guerre, il fit d'utiles réformes.—Son frère, connu sous le nom de chevalier de Belle-Isle, se fit tuer en 1746, en essayant de forcer le col de l'Assiette pour pénétrer en Piémont.

BELLÊME, ch.-l. de cant. (Orne), à 18 k. S. (le Mortagne, 3018 h. Toiles jaunes, étoffes de coton; graines de trèfle, etc. Aux environs, belle forêt et sources minérales de la Herse. — Bellême était jadis une ville forte. Prise en 1114 par Henri Iroi d'Angleterre, elle fut reprise en 1228 par S. Louis. Elle était autrefois la capit. de tout le Perche et en particulier de la vicomte de Bellême, qui appartenait à des seigneurs de la maison de Montgomery BEIXENCOMBRE, ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), à 26 kil. S. E. de Dieppe; 698 hab.

BELLENGER (Fr.), docteur de Sorbonne, né en 1688, mort en 1749, a donné une assez bonne traduction des Antiquités romaines de Denys d'Halicar-uasse, 1723, etapubliédes Essais de critique, 1740, sous le pseudonyme de Van der Meulen.

BELLÉROPHON, héros grec, fils de Glaucus, roi il'Ephyre (Corinthe), ayant tué involontairement son frère à la chasse, se retira à la cour de Prœtus, roi d'Argos. Sthénobée, femme de ce prince, conçut pour le jeune héros une violente passion, et, n'ayant pu le faire condescendre à ses vœux, l'accusa près de son mari d'avoir voulu attenter à son honneur. Prœtus, pour se venger, envoya Bellérophon chez Iobate, roi de Lycie, son beau-père, en priant secrè-' tement celui-ci de le faire périr. Iobate, ne voulant pas souiller ses mains du sang de sonhôte, le chargea des entreprises les plus périlleuses, espérant qu'il y périrait : il l'envoya successivement combattre la Chimère, les Solymes, les Amazones; mais Bellérophon, avec le secours du cheval Pégase que lui avait donné Minerve, triompha toujours, et même à son retour il tua des soldats apostés pour l'assassiner. Iobate, persuadé de son innocence par un bonheur qui prouvait la protection des dieux, lui donna une de ses filles et le nomma son successeur.

BELLESME. V. BELLEMB.

BEIXEVAL (P. RICHER de), médecin et botaniste, né en 1558 à Châlons-sur-Marne, mort en 1623, fut chargé par Henri IV, en 1596, de créer un jardin botanique à Montpellier, et se montra tout dévoué à la science, à laquelle il fit faire d'importants progrès. il publia en 1598, sous le titre à'Onomalologia, la nomenclature des plantes du jardin de Montpellier, et en 1603, Recherches des plantes du Languedoc.

BELLEVILLE, anc. comm. du dép. de la Seine, c de Pantin, à 2 k. N. E. de Paris, sur une éminence, La population, qui n'était guère que de 8000 h. en 1831, s'élevait en 1856 à 56 833 h. Nombreuses fabriques : châles, cuirs vernis, savons, produits chimiques. Sources abondantes, dont les eaux sont portées à Paris par un aqueduc construit au xu* siècle. Des hauteurs de Belleville, l'armée ef la garde nationale opposèrent une vigoureuse résistance aux alliés en mars 1814. Cette commune est depuis 1860 comprise dans le nouveau Paris (xvia arr.).

BELLEVILLE-SUR-SAONE , ch.-l. de c (Rhône), sur la Saône, à 13 k. N. E. de Villefranche ; 1898 h. Station du chemin de fer de Paris à Lyon. Mousselines, toiles de coton. Ane abbaVe d'Augustins, auj. détruite.

BEIXEVUE, vge de Seine-et-Oise, entre Sèvres et Meudon, à 9 k. N. O. de Paris; 1000 hab. Un beau château, auj. détruit, y avait été construit par Mme de Pompadour en 1748; vue magnifique. Station.— Plusieurs autres châteaux ont aussi reçu le nom de Bellevue, même à l'étranger, à cause de la beauté de leur site, notamment près de Berlin, sur la r. g. de la Sprée; — dans la Hesse, près de Cassel; — en Wurtemberg, près de Stuttgaru.

BEIXEY, ch.-l. d'arr. (Ain), à 70 kil. S. E. de Bourg, entre deux coteaux, sur le Furant; 3802 h. Ëvêché, tribunal, école ecclésiastique. Biblioth., musée d'antiquités. Vers à soie; mousselines: pierres lithographiques, les meilleures de France. Jadis ch.-l. du Bugey. Patrie de Brillât-Savarin.

BELLIARD (Aug. Daniel, comte), général de cavalerie, né en 1769 à Fontenay-le-Comte en Vendée, occupait un grade supérieur dans l'armée de Du-mouriez lors de la défection de ce général. Devenu suspect par suite de cet événement, il fut destitué; mais il s'enrôla aussitôt comme simple volontaire et mérita bientôt d'être replacé à son rang. Il suivit le général Hoche en Vendée, combattit héroïquement en Italie, sous Bonaparte, à Castiglione, à Vérone, à Caldiero, et fut après l'affaire d'Arcole fait général sur le champ de bataille. Il prit une grande pmaux exploits d'Egypte; fit comme chef d'état-major général les guerres d'Allemagne, d'Espagne, de Russie, ainsi que la campagne de France, où il se distingua surtout à Craonne, et fut couvert de blessures. Nommé en 183L ambassadeur en Belgique, il organisa l'armée belge et signa le traité qui séparait la Belgique de la Hollande. Il mourut peu après àBruxel-les en 1832. Il a laissé des Méritoires, Paris, 1834

BELLIÈVRE (Pomponne de), négociateur, d'une famille illustre originaire de Lyon, né en 1529, mort en J607, fut envoyé en 1586 par Henri III près d'Elisabeth pour demander la liberté de Marie Stuart, mais sans y réussir, fut chargé ers 1588 de porter au duc de Guise la défense d'entrer dans Paris, et ne fut pas plus heureux en cette occasion, négocia avec Sillery la paix de Venons, 1598, et devint chancelier de France en 1599.

BELLIN (ï. Nie), ingénieur hydrographe, né à Paris en 1703, mort en, 1772, rédigea poulie service de la marine te Neptune français, 1753, et l'Hydrographie française, 1756; ouvrages qui résument les connaissances géographiques de son temps.

BELLINI, nom de deux frères qui sont regardés comme les chefs de l'école des peintres vénitiens. L'aîné, Gentile Bellini, naquit en 1421 et mourut en 1501 ; le 2°, Jean Gentile B., né en 1426, mourut en 1516; tous deux eurent pour maîtres leur père Jacq. Bellini, déjà fort habile. Les deux frères furent chargés de la décoration de la grande salle du conseil à Venise. Jean fut un des premiers à adopter la peinture à l'huile et à mettre en usage tous les procédés de la science moderne. On cite de lui un S. Zacha-rie, la Vierge sur son trône et une Bacchante. C'est lui qui formate Titien et Giorgione.

BELLINI (Laurent), célèbre anatomiste, né à Florence en 1643, mort en 1704, professa pendant 30 ans la médecine et l'anatomie à Pise. Ainsi'ûue Bo-relli, son maître, il appliqua la mécanique efle calcul à la physiologie. On lui doit un mémoire sur la structure et l'usage des reins et la découverte des canaux urinifères dits tubes de Bellini. Ses ouvrages ont été recueillis en 1708 à Venise, 2 vol. m-4.

BELLINI (Vincent), compositeur italien, né à Ca-tane en 1802, mort à Puteaux près Paris en 1835, a fait pour les théâtres de Naples, de Milan et de Paris, plusieurs opéras qui eurent un grand succès : il Pirata, laStraniera, laSonnambula, Norma, iPu-ritani; il promettait de nouveaux chefs-d'œuvre quand il fut enlevé par une mort prématurée. Cet artiste laissait à désirer pour l'harmonie etl'orohes-tration; mais il excellait dans l'expression des sentiments tendres et mélancoliques : ses accents vont au cœur. Norma est regardée comme son triomphe.

BELLINZONA, Baltiona, Bilitio en lat]tt, Bei~ lens en allemand, v. de Suisse, dans le cant. du Tessin, sur la r. g. du Tessin, à 88 kil. S, O. de Coire et à 271 kil. S. E. de Berne, est un des trois ch.-l. du canton; 2000 hab. Trois châteaux forts, cathédrale riche eh marbres; digue de 804 mètres qui préserve la ville des inondations du Tessin. Entrepôt des marchandises qui passent.par le St-Gothard et vont soit en Italie, soit en Suisse. — Cette ville faisait jadis partie du duché de Milan ; elle fut plusieurs fois prise et reprise par les Allemands, les Suisses et les Français. En 1499, elle se soumit volontairement au canton d'Uri, et depuis les Suisses l'ont gardée. Elle fut réunie en 1798 au canton du Tessin.

BELLMANN (Ch. Michel), poète suédois, né en 1740 à Stockholm, mort en 1795, se fit un nom populaire par ses chansons bachiques et erotiques, et gagna la faveur de Gustave III. On l'a surnommé ï'Ânacréon de la Suède, et on lui a élevé une statue dans le parc de Stockholm.

BELLONE, VÉnyo des Grecs, déesse de la guerre, sœur ou femme de Mars, était fille de Phoreys. Elle attelait les chevaux du dieu Mars lorsqu'il partait pour la guerre et conduisait son char. Les poètes la dépeignent courant parmi les combattants, les cheveux épars, le feu dans les yeux, et faisant retentir dans les airs son fouet ensanglanté ; on lui met dans la main une lance, un fléau, ou une verge teinte de sang. Bellone avait des temples célèbres à Comana et à Rome : c'est dans ce dernier que le Sénat donnait audience aux ambassadeurs.

BELLORI (J. P.), antiquaire, néàRomeen 1615, mort en 1696, fut inspecteur de la bibliothèque et du cabinet d'antiquités de la reine Christine à Rome. Ses principaux ouvrages sont : Vite di Pittori, Scultori e Ârchitecti moderni, 1672; Imagines vele-rum philosophorum , 1685; Veteres anus Augusto-rum, 1690, m-fol.; Admiranda Romssantiqux ves-ligia, 1693; Gli antichi sepolcri, 1699; la Colonna Antoniniana, 1704; Pitture antiche délie grotti di Roma e del sepolcro de Nasoni, 1706.

BELLOVACI, peuple de la Gaule (Belgique 2e), entre les Ambiani, les Silvanectes et les Viducasses, occupaient à peu près le Beauvoisis et avaient pour ch.-l. Bellovaci ou Csesaromagus, auj. Beaumis.

BELLOVÈSE, chef gaulois, neveu d'Ambigat,roi des Bituriges, franchit les Alpes vers 587 av. J.-C., s'empara de la contrée qui prit depuis le nom de Gaule Cisalpine, et jeta les fondements de Milan.

BELLOY (P. Laurent BUIRETTE de), auteur tragique, né à St-Flour en 1727, mort à Paris en 1775. Destiné par sa famille au barreau, il le quitta pour se livrer à sa passion pour le théâtre, se fit acteur, et joua avec succès dans les cours du Nord, surtout à Pétersbourg. Il travaillait en même temps pour la scène, et fit représenter, à son retour en France, plusieurs tragédies, dont la principale, le Siége de Calais, 1765, eut un succès prodigieux. Ses autres pièces sont : Titus, Zelmire, imitées de Métastase, Gaston et Bayard, Gabrielle de Vergy, Pierre le Cruel. Ses Œuvres ont été publiées à Paris en 1779, 6 v. in-8. De Belloy est loin d'égaler nos grands maîtres, mais ses pièces offrent du mouvement, de l'intérêt et de nobles sentiments ; en outre, il a le mérite d'avoir un des premiers traité des sujets nationaux. On lui reproche l'abus des coups de théâtre, des scènes d'horreur (surtout dans Gabrielle de Vergy), ainsi que de la déclamation.

BELLOY (J. B. de), cardinal,né à Senlis, en 1709, mort en 1808, fut évêque de Marseille après Bel-zunce, 1756, et ne se montra pas moins charitable. Il devint en 1801 archevêque de Paris, et fut nommé cardinaU'année suivante. D'un esprit modéré, il fut un des évêques qui, parleur désintéressement, facilitèrent la conclusion du Concordat.

BELLOZANNE, anc abbaye de Prémontrés en Normandie (Seine-Inf.), près de Gournay, acompte Vatable, Ronsard et Amyot au nombre de ses abbés.

BELLUNE, Beïunum, v. forte Vénétie, ch.-l. de province , sur la Piave , à 70 kil. N. de Venise; 11000 hab. Aqueduc, biliothèque. Soieries, ouvrages en paille, etc. Commerce de bois, vins, fruits.

BELLUNE (duc de). V. VICTOR (le maréchal).

BELMONT, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 28 kil. S. O. de Ste-Afl'rique;660 hab.—Ch-1, decant. (Loire), à 25 kil. N. E. de Roanne; 2400 hab.

BELOEIL, vge de Belgique (Hainaut), arr. et à 25 k. E. de Toumay;_ 300 hab. Superbe château des princes de Ligne, bâti en 1146, et chanté par Delille.

BELON (P.), naturaliste français du xvi* siècle, né dans le Maine vers 1518, obtint la protection du cardinal de Tournon qui lui fournit les moyens de voyager; visita, outre lesprincipaux États européens, la Grèce, la Palestine, l'Egypte et l'Arabie, et donna à son retour une relation de ses Observations en Grèce, en Asie, etc., Paris, 1553. Il a aussi laissé (en latin) des ouvrages fort estimés sur l'Histoirena-Uirélledes Poissons, 1551; surles Arbres «erts,1553; et sur les Oiseaux, 1555, avec des gravures fidèles. Il périt en 1564, assassiné par des voleurs dans le bois de Boulogne, près de Paris. Belon est un des fondateurs de l'histoire naturelle, et le créateur de l'a-natomie comparée. Buffon en faisait grand cas.

BELOT/Octavie GUICHARD, dame), née en 1719,morte en 1805, a traduit de l'anglais plusieurs romans et l'Histoire des Plantagenets et des Tudors, de Hume. En outre elle a publié des Réflexions d'une-Provinciale, au sujet du discours de J. J. Rousseau Sur l'inégalité des conditions, 1756, et des Observations sur la noblesse et le tiers état, 1758.

BELOUR ou BOLOR, chaîne de montagnes de l'Asie centrale, part de l'Hindou-Kouch vers 35° lat. N. 67° long. E., et joint vers 48° lat. N. l'Ouloug-tag, après avoir séparé le Turkestan indépendant de l'empire chinois. De son versant occidental sort le Djihoun.

BELOUTCHISTAN, Gédrosie et Drangiane, contrée de l'Asie mérid., s'étend de 56° à 66° long. E. et de 25° à 30° lat. N.t et est bornée àl'O. par laPerse, à l'E. par la principauté de Sindhy et le roy. de . Lahore, au N. par le roy. de Kaboul, au S. par la mer d'Oman ; env. 2 700 000 hab. ; capit., Kélat. On le divise en six parties, qui forment une sorte de confédération, Saraouan, Djalaouan, Katch-Gan-dava, Lous, Mekran et Kouhistan ; on peut y joindre la désert de Béloutcbistan, qui s'étend au N. et au N. E. Sol varié; fruits, garance, coton, indigo. Les habitants, nommés Béloutchis, sont à demi barbares. Ils professent l'Islamisme et sont Sunites. Ils parlent une langue dérivée du sanscrit. — Le Béloutcbistan, après avoir fait partie de l'empire de Perse, de l'Inde, puis enfin duroy.de Kaboul, se rendit indépendant en 1758, et forma un Etat fédéral divisé en une foule de khanats, gouverné par des chefs (Serdars), qui reconnaissaient la souveraineté de celui de Kélat Ce lien de vassalité s'est fort relâché depuis 1795.

BELPECH, ch.-l. de cant. (Aude), à 22 kil. S. O. de Castelnaudary; 1139 hab.

BELPHÉGOR (de Bel pour Baal, et Phégor, mont où ce dieu avait un temple), divinité des Moabi-tes et des Madianites, présidait aux plaisirs licencieux et était représenté sous une figure obscène.

BELSUNCE DE CASTEL MORON (H. Fr. Xavier de), célèbre évêque, né en 1671 dans le Périgord, mort en 1755, appartenait à l'ordre des Jésuites. Il fut promu en 1709 au siège de Marseille, qu'il ne voulut jamais quitter, même pour un poste plus élevé. Pendant ta peste qui désolait Marseille en 1720 et 1721 , il se signala par son zèle à secourir les malades et par son courage héroïque. Dans les querelles que suscita le Jansénisme, il se prononça avec force contre la nouvelle secte et s'attira par là de vifs démêlés avec le parlement d'Aix. On a de lui des Instructions pastorales et quelques autres écrits, publiés à Metz en 1822, sous le titre d'OEuwes choisies. — Millevoye a chanté son dévouement dans le poème de Belsunce. M. de Pontchevron a écrit sa Vie, 1854. Marseille lui a érigé une statue (1853).

BELT, nom commun à deux détroits de l'archipel Danois : le Grand Belt, qui sépare les îlesdeFionie et de Seeland; le Petit Belt, entre l'île de Fionie et la côte du Jutland ; tous deux unissent le Cattégat et la mer Baltique. Ils gèlent quelquefois : en 1658, le roi de Suède Charles-Gustave traversa le Grand Belt sur la glace pour aller assiéger Copenhague.

BELUS, roi d'Assyrie, délivra la Babylonie du joug des Arabes, et régna 27 ans, de 1993 à 1966 avant J.-C. Il eut pour fils Ninus, qui le fit mettre au rang des dieux. — Un autre Bélus, père d'Egyptus, de Danails et de Céphée, régnait en Phénicie vers l'an 1500 av. J.-C. —Bélus est aussi le nom d'une riv. de Phénicie, qui sortait du mont Carmel et se jetait dans la Méditerranée près d'Acco (St-Jean d'Acre).

BELVÉDÈRE, c.-à-d. belle vue, v. du roy. deNa-ples (Calabre), à 32 kil. N. O. de Paola; 4600 hab. Mines de sel. Vins, raisins secs. — Pavillon du Vatican, élevé par Bramante, et enrichi par Pie VI des chefs-d'œuvre de l'art. On y admire, entre autres statues antiques, l'Apollon dit du Belvédère.

BELVËS, ch.-l. decant. (Dordogne), à 21 kil. S. O. de Sarlat, sur la Dordogne; 1830 h. Huile denoix.

BELZ, ch.-l. de cant. (Morbihan), à 16 kil. E.de Louent; 204 hab.

BELZÉBUTH, idole des Accaronites, peuple philistin, est qualifié dans la Bible de prince des démons. Son nom veut dire Dieu chasse-mouche, mais on ne connaît pas ses vraies attributions.

BELZONI (J. B.), voyageur italien, né à Padoue en 1778, avait d'abord été destiné à l'état religieux. Il vint en Angleterre en 1803, s'engagea comme acteur au théâtre d'Astley, quitta Londres après un séjour de 9 ans pour se rendre en Égypte, où il exerça d'abord la profession de danseur, gagna la bienveillance du pacha, et parvint à faire ouvrir les pyramides de Gizeh, celle du roi Chéphrem et plusieurs tombeaux à Thèbes. Il fit transporter de cette dernière ville à Alexandrie le fameux buste de Jupiter Ammon, auj. au Musée britannique. Il parcourut ensuite les côtes de la mer Rouge, visita Bérénice, découvrit les mines d'émeraudes de Zabarah et pénétra jusqu'à l'oasis d'Ammon. Il écrivit en anglais la Relation de ce voyage, qui parut à Londres en 1821. En 1823, il entreprit un 2e voyage pour visiter le royaume de Bénin et pénétrer jusqu'à Tombouctou ; mais la mort le surprit à Gata, sur la route de Bénin.

BEMBO (Pierre), cardinal et écrivain, d'une famille patricienne de Venise, né en 1470, mort en 1547, se distingua dès sa jeunesse par son esprit, et jouit de la faveur des princes de Ferrare et d'Urbin, ainsi que de celle du pape Léon X et de ses successeurs. Léon X en fit son secrétaire pour les lettres latines et lui donna de riches bénéfices. A la mort de ce pape, il se retira à Venise où il devint conservateur de la bibliothèque de St-Marc. Paul III le nomma cardinal (1539). Bembo n'est pas moins célèbre par sa galanterie que par son esprit ; il savait unir les plaisirs aux affaires : avant d'être ordonné il avait eu plusieurs enfants d'une femme nommée Morosina, qu'il a célébrée dans ses vers. Ses œuvres ont été publiées à Bâle, 1567, 3 vol. in-8, et plus complètement à Venise en 1729, 4 vol. in-fol. Elles comprennent des poésies diverses en italien et en latin (sonnets, canzone, etc.), dans lesquelles il a imité Pétrarque ; des Dialogues sur l’amour (Gli Asolani, écrits au château d’Azola) : une Histoire de Venise, en latin, et un grand nombre de lettres. Dans ses écrits latins, Bembo s'est surtout attaché à reproduire le style de Cicéron. Les Asolani ont été traduits en français par J. Martin. Paris, 1545.

BEN, mot arabe qui veut dire fils, précède beaucoup de noms propres. Pour les noms qui ne seraient pas ci-après, cherchez le mot qui suit Ben.

BENACUS lacus, lac d'Italie, auj. lac de Garda.

BENADAD, roi de Syrie au xe siècle av. J.-C., fit la guerre aux rois d'Israël Achab et Joram. Achab le battit et le força à une paix avantageuse pour les Israélites. Quant à Joram, il fut d'abord vaincu et Benadad, campé devant Samarie, se croyait déjà sûr de s'emparer de cette ville, quand son armée fut dispersée par une terreur panique. Il mourut l'année suivante à Damas, assassiné par Hazaël, un de ses officiers, vers l'an 800 av. J.-C. — Il y eut deux autres princes du même nom, l'un contemporain d'Asa, roi de Juda, qu'il secourut contre Baasa, roi d'Israël ; l'autre, contemporain de Joas, qui le vainquit.

BENALCAZAR (Sébast.), capitaine espagnol, seconda Pizarre dans la conquête de la Nouv.-Grenade et du Pérou, s'empara de Quito vers 1533, en fut nommé gouverneur, et passa ensuite au gouvt du Popayan, dans lequel il eut à soutenir une longue guerre contre Almagro, et où il fonda Guayaquil. Il mourut vers 1550.

BÉNARÈS, grande v. de l'Inde anglaise (Calcutta), ch.-l. du district de Bénarès, sur le Gange, à 640 k. N. O de Calcutta ; 600 000 h. Les Hindous la regardent comme une ville sainte et y font de fréquents pèlerinages. Elle a une université brahmanique dont les Anglais payent les professeurs, et un observatoire hindou très-ancien. Monuments divers, entre autres superbe mosquée, bâtie par Aureng-Zeyb ; temples fort nombreux, quais et débarcadères le long du Gange. Industrie variée : étoffes de soie, coton, laine. Commerce étendu : marché pour les châles du N., les diamants du S., les mousselines anglaises. Pour le commerce des diamants et pierreries, Bénarès est sans rivale dans toute l'Asie. — Le district de Bénarès était indépendant au xie siècle. Les rois d'Aoude le possédèrent ensuite. Les Anglais se le sont fait céder en 1775.

BÉNAUGES (comté de), partie du Bordelais, avait pour villes principales Cadillac, Cantois, Castelvielh. Il est auj. compris dans le dép. de la Gironde.

BENAVENTE, v. d'Espagne (Zamora), à 31 kil N. de Zamora ; 3000 hab. Titre de duché, porté auj. par la famille d'Ossuna. Monastère d'Hieronymites.

BENCOULEN, v. de l'île de Sumatra, sur la côte O., dans le gouvt de Padang ; 10 000 h. C'est le principal établissement des Hollandais dans l'île. Séjour malsain. Opium, muscade, girofle, houille. — Occupée par les Anglais en 1685, cette ville fut la capit. de leurs possessions dans Sumatra jusqu'en 1824, époque où elle fut cédée au roi des Pays-Bas.

BENDER, en moldave Tigino, v. de Russie (Bessarabie), sur le Dniestr, à 57 kil. S. E. de Kischnau ; 12 000 h. Mosquée, église arménienne ; citadelle. Salpêtrières, forges, tanneries, papeteries. — Bender est fameuse par le séjour qu'y fit Charles XII après la bataille de Pultawa. (1709-13), et par l'espèce de siège qu'il soutint près de là (à Varnitza). Attaqué par les Turcs dans une maison où il s'était retranché avec quelques domestiques, il ne se rendit que lorsque la maison fut réduite en cendres. Les Russes prirent trois fois Bender, en 1770, en 1789 et 1811 ; elle leur fut définitivement assurée avec toute la Bessarabie en 1812, par la paix de Bucharest.

BENDER-ABASSI ou GOMROUN, v. de Perse (Laristan), à 40 k. N.d'Ormus, sur le golfe Persique ; 20 000 h. Grand commerce. — bender-bouchehr. V. abouchehr.

BENE, Augusta Vagiennorum, puis par corruption Baienna, v. des États sardes, à 20 k. N. de Mondovi ; 5000 hab. Prise par les Français en 1796.

BENÉDETTE (J. Bénédette castiglione, dit le), peintre italien, né à Gênes en 1616, m. à Mantoue en 1670, avait pris les leçons de Van Dyck, Titien, Paul Véronèse. Il peignit d'une manière distinguée l'histoire, le paysage, les marchés, mais surtout les vendanges, les campagnes remplies d'ouvriers, de troupeaux, etc ; il excellait également dans la gravure à l'eau-forte. — Son frère Salvatore et son fils François marchèrent sur ses traces.

BÉNÉDICTINS, ordre religieux fondé par S. Benoît, au VIe siècle, mêlait aux exercices de piété la culture des terres, les travaux littéraires et l'enseignement, ce qui l'a rendu à la fois le plus riche et le plus savant de tous. Ils étaient vêtus de noir, ce qui les faisait quelquefois nommer Moines Noirs ; cependant, ceux de Cîteaux et de Clairvaux avaient adopté la robe blanche, ce qui les fit appeler Bénédictins blancs. Tous se rasaient la tête. — Le 1er couvent de Bénédictins fut établi au mont Cassin par S. Benoît lui-même vers 529. Il se répandirent bientôt dans toute l'Europe et donnèrent naissance à plusieurs congrégations devenues célèbres. Les principales sont celles de Cluny, formée vers 910 ; de Cîteaux, fondée en 1098 ; du Mont-Cassin, 1408 ; de St-Vanne, formée à Verdun en Lorraine en 1600, et celle de St-Maur, constituée en 1621, et à laquelle furent subordonnées toutes les autres congrégations de Bénédictins en France (Feuillants, Camaldules, Célestins, etc). Les Bénédictins de St-Maur avaient pour maison mère l'abbaye de St-Germain des Prés à Paris, et possédaient une fort belle résidence à St-Maur, près de Vincennes. Cette congrégation, qui compta parmi ses membres Mabillon, Montfaucon, Ste-Marthe, d'Achéry et une foule d'autres savants laborieux et modestes, a exécuté les travaux les plus précieux pour l'histoire ecclésiastique et civile, entre autres, la Gallia Christiana, les Acta Sanctorum, la Collection des Historiens de France, le Spicilegium, l’Art de vérifier les dates, la Diplomatique, l’Histoire littéraire de la France, les Annales de l'ordre des Bénédictins, et de magnifiques éditions des Pères de l'Église. Elle a été supprimée comme toutes les autres, en 1790, par l'Assemblée constituante. Les Bénédictins portaient le titre de dom (dominus) devant leur nom, en signe de la noblesse de leur ordre. — Les plus célèbres, abbayes de Bénédictins hors de France sont celles de Prum, Ratisbonne, Fulde, Ellwang, Saltzbourg, Reichnau, en Allemagne ; de Cantorbéry, d'York, de Westminster, de St-Alban, en Angleterre. — Quelques religieux réunis depuis peu à Solesmes (Sarthe), sous la direction de dom Guéranger, ont relevé en France l'ordre des Bénédictins et continuent avec succès leurs travaux.

BÉNÉDICTINES, religieuses qui suivaient la règle de St-Benoît, avaient été instituées au vie siècle par Ste Scholastique, sœur de S. Benoit. Elles portaient la robe noire avec un scapulaire de même couleur. C'est à cet ordre qu'appartenaient les Oblates, instituées par Ste Françoise.

BÉNÉFICE, du latin beneficium, bienfait. Ce mot, mis en usage, après l'établissement des Barbares dans l'empire romain, par les rois goths et lombards, s'appliquait aux terres que ces princes donnaient en récompense à ceux de leurs leudes qui s'étaient distingués, qui avaient bien fait à la guerre. Les possesseurs des bénéfices devaient en échange le service militaire et une redevance en argent ou en nature. Les bénéfices, d'abord amovibles, devinrent ensuite pour la plupart viagers, et enfin héréditaires, à partir de 877 (V. kiersky). Au ixe siècle, le nom de bénéfice avait fait place à celui de fief. — Quand les bénéfices militaires eurent cessé d'exister, le nom de bénéfice s'appliqua encore aux fonds de terre ou aux revenus affectés à certaines charges ou dignités ecclésiastiques, et ces sortes de bénéfices se sont conservés en France jusqu'à la révolution de 1789.

BENEHARNUM, v. de la Novempopulanie, chez les Tarbelli, devait être située près de Castelnon, sur la riv. de Lageu, sans doute au lieu où se trouve le village actuel de Benejacq. Son nom s'est aussi conservé dans celui de Béarn.

BÉNÉVENT, Beneventum, ville forte du roy. d'Italie, ch.-l. de province, à 220 kil. S. E. de Rome, sur le Calore ; env. 16 000 hab. Archevêché (érigé en 929). Belle cathédrale, hôtel de ville ; antiquités, parmi lesquelles on remarque un arc de triomphe de Trajan en marbre de Paros. — La ville de Bénévent, dont on attribuait la fondation à Diomède, appartint d'abord aux Samnites. Elle portait alors le nom de Maloeis ou Maleventum ; mais les Romains, s'en étant emparés après y avoir battu Pyrrhus (275), changèrent ce nom, qui semblait de mauvais augure, en celui de Beneventum, nom qui a un sens opposé. Annibal l'assiégea en vain. Elle appartenait encore à l'empire d'Orient, lorsqu'en 545 le Goth Totila la prit et la ruina ; bientôt après, elle fut relevée par le roi lombard Autharis (589), qui l'érigea en duché. Après la chute de l'empire lombard, ce duché fut longtemps gouverné par des ducs et des princes particuliers. En 1047, les Normands s'en emparèrent ; mais ils en furent chassés par l'empereur Henri III, qui en 1053 céda le duché au pape Léon IX, son parent. Depuis ce temps, il est considéré comme domaine de l’Église. Le roi de Naples Ferdinand I posséda cette ville de 1709 à 1774 ; en 1806, Napoléon l'érigea en principauté en faveur de Talleyrand ; elle fut rendue au pape en 1814 et devint le ch.-l. d'une délégation romaine, qui était enclavée dans la Principauté ultérieure du roy. de Naples et ne comptait guère que 25 000 h. Elle a été annexée en 1860 au nouveau roy. d'Italie. — Il se livra près de Bénévent, en 1266, une bataille dans laquelle Mainfroi perdit la couronne et la vie, et par suite de laquelle Charles d'Anjou resta maître de Naples et de la Sicile.

BÉNÉVENT, ch.-l. de cant. (Creuze), à 24 k. N. O. de Bourganeuf ; 1321 hab, Anc. abbaye, où l'on conservait les reliques de S. Barthélémy, apportées en France de Bénévent en Italie.

BÉNÉZET (Ant.), philanthrope américain, né en 1713, mort en 1784, était issu d'une famille française de St-Quentin, chassée de France par la révocation de l'édit de Nantes. Il se fixa à Philadelphie, adopta la doctrine des Quakers et fut un des premiers défenseurs de la cause des noirs. Il publia en leur faveur : Relation historique de la Guinée, 1762, où il fait connaître l'origine et les déplorables effets de la traite ; Tableau abrégé de l'état misérable des nègres esclaves, 1767. Il créa à Philadelphie une école pour l'instruction des noirs, et la dirigea lui-même jusqu'à la fin de sa vie. Il a aussi écrit sur l’Origine et l’établissement en Amérique de la Société, des Amis (Quakers), et a laissé des Mémoires, dont une 2e édition a paru en 1859.

BENFELD, ville d'Alsace-Lorraine, sur l'Ill, à 17 kil. N. E. de Schelestadt ; 2911 hab. Station de chemin de fer de Strasbourg à Bâle. Filature de coton, fabrique de tôle ; grains, chanvre, tabac.

BENGALE, anc. prov. de l'Hindoustan, bornée au N. par le Népal et le Boutan, à l'O. par l'Orissa, le Gandouana, le Bahar, est située par 84-90° long. E., 21°-27° lat. N. ; 580 kil. sur 530 ; env. 25 000 000 h. Capit., Calcutta. Le Bengale est arrosé par plusieurs rivières : le Gange, le Brahmapoutre et leurs affluents. Le sol est très-fertile, mais fort humide et malsain ; il produit surtout du riz, du tabac, de l'opium. On y trouve en grand nombre des buffles, des tigres, des éléphants. — Le Bengale forma longtemps un roy. indépendant ; il fut conquis par les Afghans en 1203, puis devint tributaire des Mongols jusqu'en 1340, époque à laquelle Fakher-Addin s'en empara et en fit un État particulier. Conquis en 1338 par Cher-chah, il fut bientôt réuni au Delhi ; Akbar le soumit et en fit une prov. de l'empire du Grand-Mogol ; enfin les Anglais s'en rendirent maîtres de 1757 à 1765 ; néanmoins ils laissèrent son titre à l'ancien souverain et lui firent une forte pension. La prov. du Bengale est auj. comprise dans la Présidence.

BENGALE (Présid. du), la plus grande et la plus orient. des 3 div. de l'Inde anglaise, s'étend à l'O. et à l'E. du Gange, depuis l'Himalaya jusqu'au golfe de Bengale, et est bornée au N. par le Thibet, à l'E. par l'empire Birman, à l'O. et au S. O. par la présidence de Madras. Elle se subdivise administrativement en 3 parties, dont la 1re, sous l'autorité directe du gouverneur général, comprend le Pendjab (Lahore, Djelam, Moultan, Laja, Peychawer, Djallandar), l'État du Cis-Sutledge, l'Aoude, le Nagpour, le Bérar, le Ténassérim ; la 2e, sous l'autorité d'un vice-gouverneur, comprend les États de Patna, Bhaghalpour, Murchidabad, Djacca, Djessore, Sunderbound, Tchittagong, Kattack ; et la 3e formant la vice-présidence d'Agrah ou du Nord-Ouest, comprend les prov. d'Agra, Delhi, Mirout, Rohilcand, Allahabad, Bénarès. Elle compte env. 97 000 000 d'hab.

BENGALE (golfe du), Gangelicus Sinus, grand golfe de l'Océan Indien, sépare les deux presqu'îles de l'Inde. Il est borné au N. par le Bengale, à l'O. par les côtes d'Orissa et de Coromandel, à l'E. par l'empire Birman, où il forme le golfe de Martaban. Il reçoit au N. le Gange, à l'E. le Salouen et l'Iraouaddy ; à l'O. le Godavery et la Krichna. On y trouve l'île Ceylan, ainsi que les îles Andaman et Nicobar.

BENGAZI, autrefois Bérénice, v. de l’État de Tripoli (Barca), sur la côte E. du golfe de la Sidre, à 255 kil. S. O. de Derne ; 5000 hab. Port encombré. Antiquités. Cette v. a été plusieurs fois désolée par peste, notamment en 1858.

BENGUÉLA ou san-felipe, v. d'Afrique, capit. du roy. de Benguéla, par 11° 10' long. E., 12° 28' lat. S., sur l'Atlantique, dans la baie de Las Vacas. Mouillage commode. Air très-malsain. Lieu d'exil pour les criminels portugais. A 20 kil. de là, riche mine de salpêtre. — Le roy. de Benguéla, sur la côte occidentale d'Afrique, s'étend au S. de l'Angola, de 10° 30' à 16° 15' lat. S. Manioc, maïs, coton, indigo, palmiers, piment, ébéniers, etc. Or, ambre, ivoire; jadis fer, cuivre. — Ce pays appartient aux Portugais, mais ne leur est guère soumis que de nom.

BENI, BENY, pluriel de Ben, fils, mot par lequel commence le nom de beaucoup de,tribus arabes, comme Beni-AU, Beni-Amer, tribu d'Ali, d'Amer.

BÉNIGNE (S.), apôtre de la Bourgogne, était, à ce qu'on croit, disciple de S. Polycarpe. il subit le martyre à Dijon, vers l'an 179. Sur l'emplacement de son tombeau fut élevée, au vi" siècle, la célèbre abbaye de St-Bénigne. On l'honore le 1" novembre.

BENIN, v. d'Afrique, capit. du roy. de Bénin, par 3* 25' long. E., 6° 10'lat. N.; 15 000 hab. Fossé d'enceinte; palais du roi, qui ne consiste qu'en une longue suite de huttes en planches. — Le roy. de Bénin, un des plus puissants ÉtatsdelaNigritie maritime,s'étend sur la côteN.du golfe de Guinée, depuis Lagos jusqu'à Bonny, et a de nombreux tributaires. Farouches, belliqueux, les habitants immolent des victimes humaines et vendent comme esclaves ce qu'ils ne tuent pas. Ils regardent Ieurroi comme un dieu, qui subsiste sans se nourrir. Un puits profond sert de sépulture à ce chef ; on précipite sur son corps tous ses favoris. Le Bénin a été découvert en 1484 par le Portugais J.d'Aveiro.—On appelle GolfedeBe-nin la partie du golfe de Guinée qui bai«ae la côte de cet Etat.

BÉNIOWSKI (Maur. Aug., comte de), intrépide aventurier, né en 1741 en Hongrie, d'une famille noble et riche, devint un des chefs de la confédération de Bar formée en 17 08 en Pologne pour résister à la Russie, obtint quelques avantages sur les Russes ; mais fut fait prisonnier et enfermé dans une forteresse du Kamtchatka. Il réussit à s'évader, gagna les établissements français dans l'Inde, vint de là en France, puis s'embarqua pour Madagascar, et y forma un établissement, il méditait de conquérir l'Ile quand il y fut tué dans un engagement, en 1786. Ses Voyages et ses Mémoires, écrits par lui-même en français, ont été publiés à Paris en 1791.

BENISOUEYF, Ilermopolis ou Came, v. de la Moyenne-Egypte, ch.-l. d une prov. du même nom, à 98 kil. S. du Caire , sur la r. g. du Nil. Elle est en ruines et fort triste : aussi sert-elle de lieu d'exil. Entrepôt des produits du Fayoum.

BENJAMIN, le dernier et le plus aimé des fils de Jacob,né en 2096 av. J.-C., avait pour mère Rachel, qui mourut en le mettant au monde. Lorsque les fils de Jacob allèrent chercher du blé en Egypte, il resta près de son père; mais Joseph, s'apercevant de son absence, exigea qu'on le lui amenât; à son arrivée il le reçut avec de grandes démonstrations de joie. Benjamin a donné son nom à une tribu située en tre celles d'Êphraïm au N., de Juda au S., de Dan à l'O., et le Jourdain à l'E. Lesv. principales étaient Jérusalem, Jéricho, Béthel etGabaon.

BENJAMIN (S.), prêcha la foi en Perse sousVaram V, et fut mis à mort en 424 pour n'avoir pas voulu renoncer à la prédication. On l'honore le 31 mars.

BENJAMIN de Tudèle,rabbin, né à TudélaenNavarre, au commencement du xu* siècle, mort en 1173, parcourut toutes les synagogues du monde pour connaître les mœurs et les cérémonies de chacune. On a de lui une Relation de ses voyages, rédigée en hébreu en 1160, imprimée à Constantinople en 1543; trad. en latin, Leyde, 1633, et en français par J.B. Bara-tier, Amsteidam, 1734, et Paris, 1830.

BEN-JONSON. Y. JONSON.

BENKENDORF (Ernest de), général de cavalerie, né à Anspach en 1711, d'une famille russe, mort en 1801, servit avec distinction dans l'armée de l'électeur de Saxe, allié de Marie-Thérèse, pendant la guerre de Sept ans ; décida le gain de la bataille de Kol-lin contre Frédéric II (1757) et eutunepart glorieuse à la prise de Schweidnitz et à l'affaire de Breslau.

— Alexandre de Benkendorf, 1784-1844, servit en Russie. Lors de la rébellion militaire de 1825, il se montra dévoué à l'empereur Nicolas, qui le combla d'honneurs : il le prit pour aide de camp ,1e fit comte, sénateur, chef de la gendarmerie et directeur de la police. Alexandre de B. avait pour sœur la -célèbre princesse de Lieven.


BENNE, petit pays de l'anc. Gascogne, où se trou- ~~ vaient Castets (arrond. de Dax) et Mageso (canton de Soustons),- dans le dép. des Landes.

BENNET(Agnès-Marie), romancière anglaise, née vers 1760, morte en 1808, à Brighton,.est auteur de romans qui ont eu un grand succès, et qui ont été pour la plupart traduits en français. Les principaux sont : Rosa ou la jeune Mendiante, Anna ou l'Hêri- ^ Hère galloise, Agnès de Courcy, Eenti Bennet et Julie Johnson, etc. Elle excellait à tracer les carac- ~ tères et à peindre les passions.

BENNET (Henri), comte d'Arlington. Y. AKLINGTON

BEN-NEVIS, la plus haute mont. d'Ecosse (comté ~ d'Inverness), dans fa chaîne des Grampians, a 1331 ™

BENNINGSEN (le comte Théophile de), général, né en 1745à Brunswick, mort à Banteln en 1826,se mit en 1773 au service de la Russie, obtint de grands , avantages sur les Polonais et lus Perses (1788-96), " et fut comblé de faveurs par Catherine. Disgracié par Paull, il entra dans la conspiration formée contre lui et dirigea les coups, s'il nelesportalui-même. Rentré en faveur sous Alexandre, il obtint en 1805 le commandement de l'armée du Nord dans la guerre contre la France. Il perditla bataille d'Eylau(1807), et n'en prétendit pas moins l'avoir gagnée; cependant il donna sa démission après cet échec Dans la campagne de 1812, il battit Murât à Voronovajil prit une grande part à la bataille de Leipsick (1813).

BENNINGTON, v. des États-Unis (Vermont), à 160 kil. S. O. de Montpellier; 40Q0 hab. Victoire du général américainStark sur les Anglais (16août 1777).

BENOÎT (S.), Benedicius, fondateur de l'ordre qui porte son nom et l'un des premiers instituteurs de la vie monastique en Occident, né en 480 près de'Nursis (Norcia) en Ombrie, mort en 543, se retira jeune encore dans les déserts de Sublaqueum (Subiaco), à 40 milles de Rome, et y mena une vie si sainte qu'un grand nombre de personnes, attirées par sa réputation, voulurent vivre près de lui. Persécuté dans cette retraite, il se transporta avec ses disciples au mont Cassin et y fonda, en 529, un monastère devenu célèbre. Il donna à ses moines une règle qui est regardée comme un modèle de sagesse (Y. BENEDICTINS); cette règle a été imprimée à Paris, 1734, • 2 v. in-4, avec un commentaire de Calmet. Sa Vie a été écrite par D.Mège, Paris, 1690. Onlefêtele21 mars.

BENOIT d'Aniane (S.), réformateur de la discipline monastique en France, né en Languedoc vers 750, mort en 821, était fils d'Aigulphe,-comte de Mague-lone, et occupait un rang distingué à la cour de Pépin et de Charlemagne. Il entra dans l'ordre de St-Benoît, et fonda en 780, sur les bords de l'Aniane, en Languedoc, un monastère où il appliqua une nouvelle règle, dans laquelle étaient combinées celles de S. Benoit, de S. Pacôme et de S. Basile. Louis le Débonnaire l'établit chef de tous les monastères de son empire. Il y réforma un grand nombre d'abus. On a de lui : Codex regularum,Paris, 1663, et Con-cordantia regularum, 1638. On le fête le 12 février.

BENOIT i, pape, surnommé Bonose , élu en 574, mort en 578, soulagea de tout son pouvoir Rome désolée par la peste et la famine. — BENOITÏI, Romain, pape de 684 à 685, répara plusieurs églises, et fut mis au nombre des saints.—BENOIT m, Romain, pape de 855 à 858, fut élu malgré l'oppositiort des empereurs Lothaire et Louis, et eut à repousser les agressions de l'antipape Anastase.il établit en Angleterre le denier de S. Pierre. C'est entre son règne et celui de son prédécesseur Léon IV, que l'on place l'histoire fabuleuse de la papesse Jeanne (F. ce nom)-— BENOIT iv, Romain, pape de 900 à 903, gouverna avec beaucoup de sagesse; mais ne put, malgré ses efforts, corriger la dépravation des mœurs. BENOÎT V, Romain, fut élu en 964, après la mort de Jean XII, parle parti opposé à Léon VIII, qu'avait fait nommer Othon le Grand. L'empereur, irrité de son élection, le fit détenir à Hambourg, où il mourut en 965. — BENOIT VI, Romain, élu en 972, fut enfermé au château St-Ange par l'antipape Boni-face VII; il mourut en 974, empoisonné ou étranglé dans sa prison. — BENOIT vu, parent d'Albéric, seigneur de Rome, régna de 975 à 983. Il eut, comme Benoît VI, à lutter contre l'antipape Boniface VIL

— BENOIT vin, pape de 1012 à 1024, eut pour concurrent un certain Grégoire, qui le força à sortir de Rome ; mais il fut réintégré par l'empereur Henri II. Les Sarrasins étant venus en 1016 envahir ses États, il se mit lui-même à la tête des troupes et extermina l'ennemi. 11 rendit des ordonnances contre le mariage des prêtres. — BENOIT rx, neveu du pape Jean XLX et fils d'Albéric, comte de Tusculum, fut placé sur le Saint-Siège par l'intrigue à l'âge de 12 ans, en 1033, et se livra à toutes sortes d'infamies. On le déposa en 1045, mais il parvint deux fois à se faire réintégrer. Touché enfin de repentir, il résigna lui-même ses fonctions en 1048. Il mourut en 1054. Il avait eu plusieurs compétiteurs. V. GREGOIRE vi.

— BENOIT x, antipape, fut placé en 1058 sur le siège de Rome par une troupe de factieux, et se fit chasser quelques mois après parles Romains, qui élurent Nicolas II; il mourut en 1059. Son nom a été conservé par l'usage, quoique indûment, sur la liste des papes. — BENOIT XI (S.), pape de 1303 à 1304, était fils d'un berger de Trévise et avait été maître d'école. Il devint général des Frères Prêcheurs et fut élu pape à la mort de Boniface VIII. Par amour de la paix, il annula les bulles lancées par son prédécesseur contre Philippe le Bel, rappela les Colonna et leur rendit leurs possessions. On a prétendu, mais sans fondement, qu'il avait été empoisonné dans des figues. Il fut canonisé; on l'honore le 7 juillet. — BENOIT xn, J. de Novelles, dit Fournier, pape de 1334 à 1342, était fils d'un boulanger de Saverdun. Il s'attacha à réformer les mœurs des religieux, à récompenser le mérite, et se porta comme arbitre pour terminer les contestations de plusieurs princes. Il siégeait à Avignon.—BENOIT XIII, Pierre de Lime, antipape, né en Aragon d'une famille distinguée. 11 s'adonna d'abord à la jurisprudence civile et canonique, quitta cette étude pour porter les armes, la reprit ensuite, enseigna le droit dans l'Université de Montpellier, et fut fait cardinal en 1375. A la mort de l'antipape Clément VII (1394), qui siégeait à Avignon, les cardinaux avignonnais l'élurent en même temps que les cardinaux de Rome élisaientBoniface IX; il prit le nom de Benoit XIII. Avant son élection,[il avait promis de se démettre, pour mettre fin au schisme; mais devenu pape, il oublia sa promesse. Il amusa pendant quelque temps par des paroles trompeuses Charles VI, roi de France, ainsi que divers princes de l'Europe, et finit par déclarer qu'il gardait la tiare. Il ne fut plus regardé partout que comme un schismatique : on résolut de s'emparer de sa personne et de le déposer, et Charles VI le fit assiéger dans Avignon; mais il trouva le moyen de s'échapper, et se retira d'abord à Château-Renard, près d'Avignon, puis à Perpignan et enfin dans une petite ville du roy. de Valence, nommée Peniscola, où il conserva son titre jusqu'à la fin de sa vie, et d'où il lançait des foudres sur toute la terre. Il mourut en 1424. On ne le compte pas dans la suite des papes.

— BENOIT xin, pape de 1724 à 1730, né à Rome en 1649, était de la famille des Ursins, appartenait à l'ordre de St-Dominique, et avait occupé successivement les sièges de Manfredonia, de Césène, de Bé-névent. Il assembla en 1725 un concile à Rome pour confirmer la bulle Unigenitus. Ce pape, éminemment charitable, se fit bénir par les Romains.

— BENOIT XIV, Lambertini, pape de 1740 à 1758, né à Bologne en 1675, avait été évêque d'Ancône, puis archevêque de Bologne. Éclairé, conciliant, il tacha de calmer les querelles religieuses, de ramener l'église grecque dans le giron de l'Église, et, tout en confirmant la bulle Unigenitus, adoucit les rigueurs que l'on exerçait à l'occasion de cette bulle. Il réforma les Jésuites de Portugal. Ce pape protégea les arts et l'industrie, ainsi que les lettres, qu'il cultiva lui-même. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, qui ont été publiés à Bassano en 1788,15 vol. in-folio. Les principaux sont les traités de la Béatification, du Sacrifice de la Messe, des Synodes.


BENOIT DE SAINTE-MORE, trouvère normand ou tourangeau (fin du xue siècle), a composé le Roman de Troie, où il s'écarte d'Homère, et suit Darès et Dictys. Ce poème a été publié, avec une Étude, par M. A. Joly (in-4°, 1870). — Benoit de Ste-More est probablement aussi l'auteur d'une Chronique des ducs de Normandie, envers, publiée par M. Francisque Michel (3 vol. in^", 1836-44), et qu'on a crue d'un autre Benoit, qui serait son contemporain.

BENOIT (René), curé de St-Eustache à Paris, né à Savenières, près d'Angers, en 1521, mort en 1609, étai t appelé le pape des Halles, à cause de l'influence qu'il exerçait sur les marchands des halles, au milieu desquels était située son église. En 1588 il fit imprimer une traduction française de la Bible qui fut accusée de Calvinisme. Il fut, en conséquence, exclu de la Faculté de théologie; la censure fut ratifiée par Grégoire XIII. Lorsque les Seize furent maîtres de Paris, il se retira dans le camp de Henri IV. Choisi par ce prince pour confesseur, il travailla à sa conversion. Henri IV lui réservait l'évêché de Troyes, mais les Ligueurs lui firent refuser ses bulles.

BENSERADE (Isaac de), poète et bel esprit du siècle de Louis XIV, né en 1612 à Lyons-la-Forêt (Eure), mort en 1691, fut en faveur à la cour, à cause des agréments de sa personne et de sa conversation, et pour la finesse de ses reparties. Il fit avec succès des vers pour les ballets de la cour, composa-des rondeaux, des sonnets et des chansons. Son sonnet de Job partagea l'admiration publique avec celui de Voiture sur Uranie. On a aussi de lui des pièces de théâtre, médiocres en général (Cléopâtre, la Mort d'Achille, Iphis etIante, Gustave, Méléagre). Il fut nommé membre de l'Académie française en 1674, et obtint de Richelieu, de Mazarin et de plusieurs princes de fortes pensions. Vers la fin de sa vie, il eut la malheureuse idée de mettre en rondeaux les Métamorphoses d'Ovide (1676. in-4). Ses œuvres choisies ont été publ. à Paris, 1697, en 2 y. in-12,

BENTHAM (Jérém.), publiciste anglais, né à Londres en 1747, m. en 1832. Il étudia pour être avocat; mais révolté des vices des lois anglaises et des abus de toute espèce qui régnaient dans les tribunaux, il aima mieux consacrer sa vie à les réformer, et s'efforça de constituer sur de nouvelles bases la législation et la politique. Imbu des doctrines d'Helvétius, il pose comme principe fondamental qu'en législation et en morale on ne doit admettre d'autre règle que l'utilité : ce qui a fait donner à son école le nom d'utilitaire. Il fut fort lié avec le conventionnel Brissot et visita plusieurs fois la.France; la Convention lui conféra le titre de citoyen français. Il ordonna par testament que son corps fût porté aux amphithéâtres d'anatomie pour être disséqué, afin de combattre le préjugé qui règne en Angleterre à cet égard. Les principaux ouvrages de Bentham sont : Introduction aux principes de morale et de jurisprudence; Traités de législation civile et pénale; Théorie des peines et des récompenses; Tactique des assemblées délibérantes ; Des sophismes politiques; Panoptique ou Maison d'inspection, où fut proposé pour la première fois, en 1791, le système pénitentiaire; Défense de l'usure, en forme de lettres ; Code constitutionnel ; Déontologie ou Théorie des devoirs posthume ; Essai sur la nomenclature et la classifition d'art et science, publié par son neveu George Bentham. La plupart des ouvrages de Bentham ont été traduits en français; quelques-uns même n'ont paru qu'en français, rédigés de concert avec lui par Etienne Dumont, ministre calviniste à Genève. Ses Œuvres complètes ont été publ. à Bruxelles en 1840.

BENTHEIM, bourg du Hanovre, à 60 kil. N. O. d'Osnabrûck; 1800 hab. Château fort. Courd'appel. — Jadis ch.-l. d'un comté situé entre l'Over-Yssel etl'évêché de Munster, le long de la Vecbt. Les comtes de Bentheim étaient feudataires immédiats de l'Empire. En 1421, cette maison se divisa en trois branches, Bentheim, Tecklembourg et Steinfurt. Les domaines de cette dernière branche, qui est éteinte aujourd'hui, appartiennentaux comtes de Bentheim; le comté de Tecklembourg a été acquis par la Prusse en 1706. En 1753, le comte de Bentheim fut obligé d'engager ses domaines au Hanovre. Napoléon comprit le comté dans le grand-duché de Berg (1807), puis le réunit à la France (1810). En 1815, le comté rentra dans le territoire de Hanovre, mais le Steinfurt fut donné à la Prusse. Les comtes de Bentheim ont été faits princes en 1817.

BENTINCK (William), premiercomte de Portland, né en Hollande en 1648, mort en 1709, fut d'abord page de Guillaume, stathouderde Hollande, devint son ami dévoué, l'accompagna dans son expédition en Angleterre, et contribua aie mettre sur le trône. Devenu roi, Guillaume le créa comte de Portland (1689), pair d'Angleterre, l'envoya en ambassade en France (1698), et l'employa dans plusieurs négociations importantes.— BENTINCK fWill. H. CAVENDISH), duc de Portland, arrière petit-fils du précédent, né en 1738 à Oxford, mort en 1809, avait pour mère l'héritière des Cavendish. Nommé pair en 1762, il fut d'abord dans l'opposition, puis il accepta diverses charges importantes, fut gouverneur de l'Irlande, et devint en 1783 premier lord de la trésorerie et chef du ministère dit de la coalition; mais il fut renversé la même année et rentra dans l'opposition. Il se rapprocha du ministère en 1792, reçut alors les titres de chancelier de l'Université d'Oxford, de secrétaire d'État de l'intérieur, et devint en 1801 président du conseil, après la retraite de Pitt. Il donna sa démission en 1805. Il est un de ceux auxquels on a fait l'honneur des Lettres de Junius. — BENTINCK (Will. Charles CAVENDISH, lord), V fils du précédent, né en 1774, mort en 1839, était dès l'âge de 20 ans gouverneur de Madras. Il commanda en Sicile les troupes anglaises qui protégeaient cette lie contre les armes de Napoléon, et y introduisit, malgré la reine Caroline, une constitution libérale (1810). En 1814, ayant reçu la mission de soulever l'Italie contre l'empereur, il adressa plusieurs proclamations aux Italiens, et entraîna Gênes par la promesse du rétablissement de la république; mais lord Castlereagh le désavoua, et le congrès de Vienne livra les Génois au roi de Sardaigne. Nommé en 1827 gouverneur général de l'Inde, il montra dans ces hautes fonctions, qu'il remplit jusqu'en 1833, beaucoup détalent et de désintéressement. Il combattit l'usage qui obligeait les veuves à se brûler sur le corps de leur mari. — Son fils, G. Fréd. B., 1802-1848, membre de la Chambre des communes, zélé protectioniste, combattit avec ardeur en 1845, mais sans succès, la proposition faite par Robert Peel d'autoriser la libre importation des grains." Ce lord avait la passion des courses et possédait un magnifique haras.

BENTIVOGLIO, illustre famille de Bologne, qui occupa le pouvoir souverain dans cette ville au xv° siècle, prétendait descendre d'un fils naturel de l'empereur Frédéric II. Les Bentivoglio disputèrent longtemps dans Bologne le pouvoir aux papes; ils finirent par être dépouillés en 1512. Expulsés de Bologne, ils se réfugièrent à Mantoue et à Ferrare. Plusieurs de leurs descendants se sont distingués dans les lettres et la diplomatie. Les plus connus sont :

BENTIVOGLIO (Hercule), né vers 1506 à Bologne, mort en 1573, fils d'Annibal Bentivoglio, qui régna Je dernier sur Bologne. Il vécut à la cour de Fer-rare et fut plusieurs fois employé dans des négociations délicates; mais il est surtout estimé comme. . poète. On a de lui des comédies, des sonnets, des églogues et des satires; dans ce dernier genre, il se plaça près de l'Arioste. Ses œuvres ont été publiées " à Venise, 1633, et à Paris, 1719. — BENTIVOOUO (Gui), cardinal, historien et politique habile, né à Ferrare en 1579, mortenl644. Il jouit de la faveur des papes Clément VIII, Paul V et Urbain VIII; fut envoyé comme nonce en Flandre (1607) et en France -(1617) et plut tellement à Louis XIII qus ce prince le choisit pour défendre les intérêts de Ja France à Rome. Il mourut au moment où il allait être nommé pape. On a de lui une Histoire de la guerre de Flandre, en italien, Cologne, 1632-1639, trad. par l'abbé Loiseau, 1769; un Recueil de lettres, Cologne, 1631, trad. par Biagioli, Paris, 1807; des Mémoires sur sa vie, publiés en 1648, et trad. en français parVayrac, 1713. Ses œuvres ont été réunies à Milan1, 1806-1807, 5 vol. in-8.


BENTLEY (Richard), savant critique anglais, né en 1661 dans le comté d'York, mort en 1742, était fils d'un artisan et fut d'abord maître d'école. II devint ensuite chapelain de l'évêque de Worcester, bibliothécaire de St-James, maître du collège de la Trinité à Cambridge, et archidiacre d'Ely. Il était d'un caractère difficile et eut partout de vifs démêlés; sa querelle avec Ch. Boyle, qui avait contesté sa science, occupa tout le public lettré. On a de lui des Sermons, prononcés en 1692 pour la fon- -dation de aobert Boyle (V. BOYLE); une Dissertation sur les Épitres de Thémistocle, Socrate, Euripide, Phalaris, et sur les Fables d'Ésope, en anglais (1797) : il y prouve que ces ouvrages sont apocryphes; des Observations sur Aristophane, Ménandre et PhiUmon (1710); des éditions estimées d'Horace (1711 et 1728), de Tèrence et de Phèdrg (1726), ainsi que de Manilius (1739); une édition de Milton (1732); des Remarques sur le Discours delà liberté de penser de Collins (1713), qu'il publia sous le nom de Phileleutherus lipsiensis (trad. sous le titre de Friponnerie des esprits forts, par Armand La Chapelle, 1738); enfin des lettres fort instructi- . ves, plusieurs fois réimprimées, notamment à Londres en 1842, 2 v. in-8. On reproche à ce savant une trop grande hardiesse dans ses corrections.

BÉNUÉ ou BINUÉ, riv. d'Afrique centrale, la même que la Tchadda, un des affluents du Niger. V. TCHAD.

BENVENUTO CELLINI. Y. CELLINI.

BENY-BOGAGE, ch.-l. de cant. (Calvados), à 3 k. de Vire; 303 hab.


BÉOTIE, Bceotia, contrée de l'anc Grèce, avait pour bornes au N. la Phocide et la Loeride, à l'O. l'Ëtolie, auS.E l'Attique, et n'était séparée de l'Eubée, au N. E., que par un canal étroit. Thèbes en était la ville principale. La partie septent/dela Béotie est froide, âpre, montueuse et peu fertile; la partie mérid., au contraire, est riche en fruits et en vins, mais l'atmosphère y est plus lourde et plus malsaine. C'est en Béotie qu'on trouvait l'Helicon, le Cithéron, montagnes si célèbres dans la Fable. Elle était arrosée par l'Asope, le Permesse et le Céphise, et contenait les deux lacs Copaïs et Hylice, dont le débordement, qui eut lieu vers 1862 av. J.-C., est connu sous le nom de déluge d'Ogygès. Les Béotiens furent ,d'abord presque tous pasteurs.(de là sans doute leur nom : Boôtai, bouviers), lis avaient dans la Grèce une réputation de stupidité que démentent les grands hommes qui sont nés parmi eux, tels qu'Hésiode, Corinne, Pindare, Epaminondas, Pé-lopidas, Plutarque, etc. —' La Béotie eut pour premiers habitants les Aones et les Hyantes, de race pélasgique, et forma d'abord avec l'Attique une seule et même contrée ; toutes deux étaient réunies sous le nom commun d'Ogygie ou domaine d'Ogygès. Plus tard, elle eut une existence à part, lorsque vinrent s'y établir d'abord Cadmus (1580) avec des . Phéniciens, puis des Minyens : il y eut alors deux villes principales en Béotie : Thèbes et Orchomène, chefs-lieux de deux États différents. Orchomène déchut de bonne heure ; Thèbes, au contraire, fut longtemps florissante. Elle fut régie par des rois ; mais la monarchie y fut abolie au xiie s., et les villes de la contrée formèrent une ligue dite Pambéotique, à la tête de laquelle étaient des chefs annuels nommés Béotarques. Platée, Haliarte, Orchomène, Thespies, Tanagre, Anthédon, Coronée, Chéronée, sont les villes les plus importantes de cette confédération. Dans les guerres médiques, deux villes de Béotie, Thespies et Platée, se signalèrent par leur dévouement à la cause nationale. Pendant la lutte de Sparte et d’Athènes, les Béotiens secondèrent les projets ambitieux de Sparte. Néanmoins, peu après la prise d’Athènes, les Lacédémoniens vainqueurs soumirent aussi la Béotie, à la suite de la bataille de Coronée (394). Thèbes, la capitale, secoua cependant leur joug (378), et devint un instant la puissance prépondérante ; mais son despotisme envers ses alliés souleva une haine générale et amena sa ruine (v. Thèbes). Depuis, la Béotie ne joue plus aucun rôle dans l’histoire. — La Béotie, qui sous les Turcs faisait partie de la Livadie, forme auj. avec l’Attique une des 10 Nomarchies du roy. de Grèce et comprend les deux Éparchies de Thèbes et Livadie.

BÉRANGER (Pierre Jean de), chansonnier national, né à Paris en 1780, mort en 1857, avait pour père un agent d’affaires, ardent royaliste, qui se compromit dans la Révolution et qui fut obligé de se cacher. Recueilli par une tante, aubergiste à Péronne, il suivit quelque temps dans cette ville l’Institut patriotique organisé d’après les idées de J. J. Rousseau, et y puisa quelque instruction, mais sans s’initier aux lettres anciennes, entra à 14 ans comme appprenti chez un imprimeur de Péronne, qui faisait des vers et lui en donna le goût, revint à 16 ans à Paris pour être commis chez son père, qui faisait alors la banque, se livra en même temps à la poésie, s’essayant successivement dans l’épopée, l’idylle, le dithyrambe, la comédie, et ne s’attacha qu’assez tard au genre qui devait l’immortaliser. Il luttait contre la gêne lorsqu’en 1803 Lucien Bonaparte, à qui il avait adressé ses poésies manuscrites, apprécia son talent naissant et assura son existence en lui abandonnant son traitement de l’Institut. En 1809, sur la recommandation d’Arnault, il fut attaché comme expéditionnaire aux bureaux de l’Université. Tout en s’acquittant de sa besogne de copiste, il faisait de joyeuses et piquantes chansons, qui le firent admettre en 1813 au Caveau moderne, où il devint le rival de Désaugiers. Sous la Restauration, qui blessait tous ses sentiments, il composa des chansons d’un genre nouveau, où il combattait les tendances antinationales du gouvernement, frondait les ridicules du jour et célébrait les gloires de la République et de l’Empire. Il fut en 1821 privé de son modeste emploi, poursuivi et condamné à 3 mois de prison et 500 fr. d’amende ; en 1828, il se vit condamné de nouveau, mais cette fois à 9 mois de prison et 10 000 fr. d’amende. Ces condamnations ne firent que rendre son nom plus populaire : l’amende fut acquittée par souscription. La révolution de 1830 ayant en grande partie donné satisfaction à ses vœux, il renonça à la chanson politique, et ne traita plus guère que des sujets philosophiques ou humanitaires. Ses amis, arrivés au pouvoir, le pressaient d’accepter un emploi avantageux : il refusa constamment, ne voulant pas aliéner son indépendance. Élu en 1848 à l’Assemblée nationale, il refusa également de siéger ; jamais non plus il ne voulut se mettre sur les rangs pour l’Académie française. Aussi bienfaisant que désintéressé, il n’usa de son crédit que pour Lire service. Il mourut pauvre : le gouvernement impérial fit les frais de ses funérailles. Après avoir débuté par des chansons bachiques, licencieuses et mêmes impies, qui l’auraient laissé confondu dans la foule, Béranger sut se créer un genre à part : il éleva la chanson à la hauteur de l’ode. Dans les pièces où il traite des sujets patriotiques ou philosophiques, il sait le plus souvent unir à la noblesse des sentiments l’harmonie du rhythme, la hardiesse des figures, la vivacité et l’intérêt du drame. On remarque surtout la Sainte Alliance des peuples, le Vieux Drapeau, le Vieux Sergent, les Enfants de la France, l’Orage, le Cinq mai, les Souvenirs du Peuple, le Champ d’Asile, les Adieux à la Gloire, le Dieu des Bonnes gens, le Bon Vieillard, les Hirondelles, les Quatre âges, le Déluge. — Béranger avait publié son premier recueil en 1815 sous le titre malicieux de Chansons morales et autres ; il en publia trois nouveaux en 1821, 1825 et 1833. Ce dernier, qui parut sous le titre de Chansons nouvelles et dernières, est dédié à Lucien Bonaparte, pour lequel il avait conservé une vive reconnaissance. Il a laissé une centaine de chansons inédites, qui forment une sorte de romancero napoléonien ; sa propre Biographie, et une Correspondance : Béranger a été apprécié dans le Cours familier de littérature de Lamartine et dans les Causeries du lundi de Sainte-Beuve. On a de J. Janin Béranger et son temps, 1865.

BÉRAR, prov. de l’Inde anglaise, dans le roy. du Decan, au centre de la presqu’île ; bornée par le Kandeich et le Malouah au N. ; l’Aurengabad et le Bider au S., le désert de Gandouana à l’E. ; 420 kil. sur 220 ; 3000 000 hab. Villes princ., Nagpour et Ellitchpour. Sol très fertile ; moutons d’espèce particulière ; beau bois de tek. — Le Bérar fut longtemps un État indépendant ; les Anglais s’en emparèrent en 1817, en s’engageant à faire une riche pension au radjah titulaire ; à la mort du dernier héritier de ce prince, ils ont annexé le pays à leurs possessions.

BÉRARD (Fréd.), médecin, né en 1789 à Montpellier, y fut reçu docteur à 20 ans, y publia en 1821 la Doctrine médicale de l’école de Montpellier, puis vint à Paris, y donna en 1823 sa Doctrine du physique et du moral, où il combattait Cabanis, fit paraître en même temps une Lettre sur les causes premières, écrit inédit de Cabanis où ce philosophe lui-même se rétractait en partie, fut nommé en 1825 professeur d’hygiène à Montpellier, et mourut dans cette ville en 1828, à peine âgé de 39 ans.

BERARD (Aug.), habile chirurgien, fils d’un médecin militaire, était né en 1802, et mourut en 1846. Il se fit remarquer de bonne heure par de savants mémoires autant que par la dextérité de sa main, et fut nommé en 1842, à la suite d’un brillant concours, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de Paris. Il entreprit (avec M. Denonvil-liers) un Compendium de chirurgie pratique, qui est resté classique.— Son frère aîné, Pierre-HonoréB., 1797-1858, fut nommé en 1831 professeur de physiologie à la Faculté de Paris, devint doyen en 1848 et inspecteur général en 1854. Il avait commencé la publication d’un Cours de physiologie, vaste et important ouvrage que la mort l’empêcha d’achever.

BÉRARDIER (l’abbé), né à Quimper vers 1730, mort en 1794, fut professeur d’éloquence, puis grand maître du Collège Louis-le-Grand, et se fit chérir de ses élèves. Nommé en 1789 député du clergé aux États généraux, il siégea au côté droit. Incarcéré en 1792, il échappa au massacre de septembre par la protection de Camille Desmoulins, qni avait été son élève. On a de lui un Essai sur le Récit, 1776 ;, un Précis d’Histoire universelle, 1776 ; une trad. en vers français de VAnti-Lucrèce, 1786 ; et les Principes de la foi sur le gouvernement de l’Église, 1791, écrit où il combat la constitution civile du clergé.

BÉRAT, v. de Turquie (Albanie), à 46 k. N. E. d’Avlone ; 8000 h. Citadelle. Archevêché grec.

BÉRAUD (Laurent), jésuite, né à Lyon en 1703, mort en 1777, fut nommé en 1740 directeur de l’observatoire de sa ville natale, fit quelques observations astronomiques, et forma Montucla, Lalande et Bossut. 11 a donné la Physique des corps animés, 1755, et de savants Mémoires sur la cause de l’augmentation de poids que certaines matières acquièrent dans la calcination; sur la cause et les effets de l'aimant, du tonnerre et de l'électricité, etc.


BÉRAULT-BERCASTEL (Ant. Henri), jésuite, né en 1722àBriey (Moselle), mort vers 1795, fut curé d'Omerville, au diocèse de Rouen, et chanoine de Noyon. Il a composé des poèmes, oubliés auj. (le Serin des Canaries, 1754, ta Terre promise, 1766), et a trad. de l'espagnol les Voyages récréatifs du chevalier de Quévedo ; mais il est surtout connu par son Histoire de l'Église (24 vol. in-12, 1778 et années suiv.). Cet ouvrage, écrit avec méthode et pré-Jsion, eut un légitime succès; cependant les derniers volumes sont moins soignés. Il a été réimprimé et complété en 1844 par Henrion.

BERAUN, v. de Bohême, à 26 k. S. O. de Prague: 12 200 h.; ch.-l. d'un cercle de même nom, situé entre ceux de Pilsen, Rakonitz, Kaurzim, et qui compte 140000 h.

BERBERS, peuple qui occupe les hautes vallées de l'Atlas et une partie des plaines voisines, dans l'empire de Maroc, l'Algérie et l'Etat de Tunis, est partagé en une foule de tribus dont beaucoup vivent indépendantes. Ce sont les vrais indigènes de la région atlantique. Le nom de Barbarie semble n'être qu'une altération du leur. On distingue plusieurs rameaux dans la famille berbère : les Kabyles, dans l'Algérie et l'État de Tunis; les Amagigs, dans le Maroc; les Tibbous et les Touaregs, dans le Sahara. Les Berbères ont en général des habitations fixes, surtout ceux de l'Atlas. Ils sont très-belliqueux.

BERBICE, riv. de la Guyane anglaise, naît dans les mont, des Guacanayas et tombe dans l'Océan Atlantique par 59° 50° long. O., 6° 35' lat. N., après un cours de 186 k. Elle donne son nom à l'un des deux gouvts de la Guyane anglaise; 25000 h. (dont 800 blancs seulement); ch.-l., Nouvel-Amsterdam. — Ce pays faisait jadis partie de la Guyane hollandaise; il a été pris par les Anglais en 1796.

BERCHEM, peintre hollandais. V. BERGHEIM.

BERCHOUX (Joseph), poète français, né en 1765 à. St-Symphorien près de Lyon, mort en 1839, était juge de paix quand éclata la Révolution. Il s'enrôla pour échapper à la proscription, et quitta le service après les orages de la Révolution pour se livrer aux lettres. Il débuta par une Epître qui est une boutade contre les anciens et commence par ce vers célèbre :


Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ? Il publia en 1800 la Gastronomie, poème badin, qui obtint un grand succès. Il donna en 1806 la Danse ou les Dieux de l'Opéra; en 1814, Voltaire ou le Triomphe de la philosophie moderne, espèce d'in-vective contre le xvnr s.; ces deux derniers poèmes eurent peu de succès. D'un caractère doux et aimable, Berchoux eut partout des amis.


BERCHTESGADEN, v. de la Hte-Bavière, ch^-1. d'une anc principauté, surl'Aehen, à 100 k. E. de Munich, à 20 k. S. O. de Salzbourg; 1450 h. Chat. royal. Grandes salines, plomb, zinc. Ane prieuré, fondé en 1106, supprimé en 1803. — Cette v. appartint à l'Autriche de 1805 à 1810.

BERCY, anc bourg important du dép. de la Seine, sur la r. dr. de la Seine, à l'E. de Paris, auquel il tenait immédiatement et auquel il a été réuni en 1860 (ix'arr1), comptait 14 239 h. en 1856. Immense entrepôt de vins, vinaigres, huiles, eaux-de-vie. destinés à la consommation de Paris. A l'extrémité E., beau château avec parc, démoli en 1860.

BERDITCHEV, v. de la Russie d'Europe (Volhy-nie), à 44 kil. S. de Jitomir, 20 000 hab. On y révère une image de la Vierge, à laquelle le peuple attribue le don de faire des miracles.

BERDOUAN.v.del'Inde anglaise (Calcutta),ch.-l. de district, à 95 kil. N. O. de Calcutta; 54000 hab. Citadelle; quelques monuments, entre autres le tombeau de Sukka, saint mahométan. Chemin de fer.

BÉRÊCYNTHE, montagne dePhrygie, sur la frontière de la Carie et de la Lydie, où Cybèle était née et avait un temple : d'où la déesse prit le surnom de Bêrêcynthie.— La Crète avait aussi Un montBé-récynthe, séjour des Dactyles idéens.

BËRËE OUBEROË, Bercea chez les anciens, Terre ou Veria au moyen âge, Karaferja en turc, v. de Macédoine (Émathie), au S. O. de Pella et âft pied du montBermius. Prise par les Athéniens dans la guerre du Péloponèse; elle se rendit aux Romains après la bat. de Pydna. S. Paul y prêcha l'Évangile. Ruinée en 904 par un tremblement de terre; occupée par les Turcs en 1397. — V. de Syrie, dans ta Cyrrhes-tique, était aussi appelée Chalybon: c'est auj. Alep.

BÉflEGH, comitat de Hongrie, dans le cercle en deçàdelaTheiss,entreceuxde Marmaroscli, Ugotsch, Szathmar, Zemplin, Onghvar; env. 135000 hab.; ch.-l. Béregh-Szasz, v. de 4000 h., sur la Borsova.

BÉRENGERI, roid'Italie, fils d'Éberhard, duc de Frioul, et de Gisèle, fille de Louis le Débonnaire, se fit déclarer roi par les États duroy. en 888, après la déposition de Charles le Gros. Il eut pour compétiteurs Guy, duc de Spolète, Arnoul, roi de Germanie, Louis, fils de Boson, roi d'Arles; mais il se défit de tous ses rivaux, et fut couronné empereur en 915. Après 36 ans de règne, les grands, jaloux de son autorité croissante, lui suscitèrent un nouveau compétiteur, Rodolphe II, roi de la Bourgogne Transjurane. Celui-ci le vainquit en 923 avec le secours du comte Boniface, et l'enferma dans Vérone, où il/ut assassiné, l'an 924. . BERENGER H; roi d'Italie, fils d'Adalbert, marquis d'Ivrée, et petit-fils du préo. par sa mère. Forcé par la tyrannie de Hugues, roi d'Italie, de se réfugier en Allemagne, il implora la protection d'Othon le Grand, s'empara avec son secours d'une partie de l'Italie, et s'en fit déclarer roi en 950. Othon ayant voulu faire de ses États un fief relevant de l'Allemagne, Bérenger se révolta, maisilneput résister longtemps à l'empereur, et fut obligé, dès 952, de se reconnaître son vassal. S'étant révolté de nouveau, il tomba, en 961, entre les mains d'Othon, qui l'envoya dans les prisons de Bamberg, où il mourut en 966.

BERENGER de Tours, théologien, né à Tqu.Tsen998, mort en 1088, fut nommé en 1030 scotastiipie ou maître d'une école dans sa ville natale, et,devint, en 1039, archidiacre d'Angers. Il eut pendant quelque temps beaucoup de succès dans son enseignement; mais ensuite, voyant son école abandonnée pour celle deLanfranc, il imagina, pour rappeler la foule, de se distinguer par des opinions singulières, et attaqua les mystères de l'eucharistie et de la transsubstantiation. Il fut réfuté par Abbon et Lanfranc, dénoncé en 1050 au concile de Tours, et condamné par plusieurs conciles. Il se vit forcé d'abjurer ses erreurs et de brûler ses livres; mais il ne tarda pas à dogmatiser de nouveau. Enfin il reconnut de bonne foi ses torts dans le concile de Rome (1079), et se retira dans l'île de St-Côine près de Tours, où. il mourut à 90 ans. La plupart de ses ouvrages sont perdus; ce qui en reste se trouve, avec les écrits de Lanfranc, dans les Collections des PP. d'Achéry et Martenne. Lessing a retrouvé à Wolfenbùttel sa Défense contre Lanfranc, ainsi que quelques autres écrits, qui ont été publiés par Fr. Vischer, Berlin, 1834. Sudendorf a publié à Hambourg, en 1850, un recueil de ses Lettres.

BERENGER (Laur. Pierre), oratorien, n§ à Riez en Provence en 1749, mort en 1822, professa la rhétorique au, collège d'Orléans avant la Révolution; fut nommé professeur à l'École centrale et au lycée de Lyon, puis inspecteur d'académie, en 1816. Il est auteur d'ouvrages moraux très-répandus : Je Mentor vertueux, la Morale en action, la ..Morale en exemples, le Fablier de la jeunesse, etc.


BERENGER, chansonnier. V. BERANGER.


BÉRENGERE-, reine de Léon et de Castûle, était fille de Raymond IV" et femme d'Alphonse V11I, roi deCastille. S'étant renfermée dans Tolède en 1139, pour défendre cette ville contre les Maures, elle parut sur les remparts pendant le siège et traita de taches des hommes qui venaient ainsi attaquer une femme, tandis que la gloire les appelait sous les murs d'Oréia, ville dont le roi de Castille, son époux, faisait alors le siège en personne. Les chevaliers maures, par un esprit de galanterie qui donne une idée des mœurs de ce temps-là, ordonnèrent la retraite, et l'armée défila devant la reine en célébrant sa vertu et sa beauté. Elle mourut en 1149.


BERENGERE, fille aînée d'Alphonse IV, roi de Castille, épousa Alphonse IX, roi de Léon, qui la répudia en 1209 sous prétexte de parenté. Les Etats de Castille l'ayant déclarée régente pendant la minorité de son frère Henri I, elle abdiqua en faveur du comte de Lara, qui néanmoins la bannit du royaume dans la suite. Elle y rentra après la mort de son frère, auquel elle succéda en 1217, remit la couronne à son fils aîné Ferdinand, et mourut en 1244.

BÉRÉNICE, fille de Ptoiémée Philadelphe, roi d'Egypte, épousa son frère Ptoiémée Ëvergète, et occupa le trône avec lui (247-222 av. J.-C.). Après la mort de son époux, eDe fut mise à mort par son propre fils, Ptoiémée Philopator. Cette princesse avait, en exécution d'un vœu, consacré sa chevelure à Vénus : cette chevelure ayant disparu du temple où elle était placée, l'astronome Conon publia par flatterie qu'elle avait été changée en astre, et donna le nom de Chevelure de Bérénice à une constellation récemment découverte. Callimaque chanta cette métamorphose dans un poëme, que Catulle a imité.— Une autre Bérénice, fille aussi de Ptoiémée Philadelphe , épousa Antiochus Théos, roi de Syrie, et fut assassinée avec son époux par Laodice, sa rivale, eu 216 av. J.-C.

BERENICE, princesse juive, fille d'Agrippa, née l'an 28 de J.-C, épousa d'abord un Hérode, roideChal-cis; puis Polémon, roi de Cilicie, et quitta ce prince pour aller vivre auprès d'Agrippa II, son frère. Titus, l'ayant vue lors de la guerre de Judée, conçut pour elle une vive passion, l'emmena à Rome, et voulut même l'épouser; mais l'opposition des Romains l'obligea de renoncer à ce projet et il se décida à éloigner Bérénice. Cette situation est, comme on le sait, le sujet d'une tragédie de Racine, qui fut composée par ce poète pour une situation semblable, à la demande d'Henriette d'Orléans.

BÉRÉNICE, nom commun à diverses villes d'Egypte, ainsi appelées du nom de princesses de la dynastie des Lagides. Les principales étaient : 1° Bérénice de Cyrénaïque, auj. Bernik ou Bengazy,xme des 5 villes de la Pentapole d'Afrique ; — 2° Bérénice de Thébaïde, sur la mer Rouge, à 36 kil. N.du Ras-el-Enf, sous le parallèle de Syène; elle servait d'entrepôt aux marchandises de l'Inde; elle est auj. détruite; —3° Bérénice d'Ethiopie, auj. Ollaki, chez les Troglodytes et sur la mer Rouge, fameuse par ses mines d'or (d'où son surnom Panchrysos, c.-à-d. toute d'or). — 4° Bérénice Épidirès, c-à-d. sur le col, en "Ethiopie, sur le détroit de Bab-el-Mandeb : on l'appelait quelquefois Arsinoé.

BERESFORD (W. CARR, vicomte), général anglais, d'une anç. famille du Straffordshire, né en 1770, s'est distingué au commencement de ce siècle dans la guerre de la Péninsule. Nommé en 1809 généralissime de l'armée portugaise, avec le titre de maréchal du Portugal, il la réorganisa promptement, obtint plusieurs avantages sur les Français, battit Soult en 1811,àAlbuhéra, eteut une grande part aux victoires deVittoria, de Bayonne et de Toulouse. Il reçut pour récompense en Portugal les titres de duc d'Él-vas et de marquis de Campo-Mayor, et dans son pays ceux_ de pair d'Angleterre et de vicomte.

BÉRÉSINA ou BËRÊziNA, riv. de Russie, prend sa source aux env. de Viléika (gouvt de Minsk), passe à Stoudianka, Borisov, Bobrouisk, Gorval, Rechitza, ettombe dans le Dnieper, après un coursde 350 kil. Charles XÏI passa la Bérésina en I708augué de Stoudianka. Mais cette rivière est surtout célèbre par le passage désastreux des Français qui eut lieu près du même gué le 26 novembre 1812.

BERESOV ou BEREZOV, v. de la Russie d'Asie (To-bolsk), sur la Sosva et la Vogoulka, à 570 kil. N.de Tobolsk. Grand commerce de pelleteries; riche mine d'or. Lieu d'exil.


'BERETTINI, peintre. T. CORTONE. BERG, c-à-d. mont en allemand, entre dans beaucoup de noms géographiques, soit comme initiale (Berg-op-zoom), soit comme finale (Kœnigsberg).


BERG (comté, puis duché de), État de l'anc Allemagne, avait pour bornes, avant la Révolution française, à l'O. le Rhin; àl'E. Nassau-Siegen, le duché de Westphaliet le comté de la Mark; auN. le duché-de Clèves ; capitale Dusseldorf. Il appartint d'abord, avec titre de comté, à la maison des comtes d'Al-tena; porté en 1348 à la maison de Juliers par Marguerite, fille du 11e comte, Adolphe VII, il fut érigé en duché en 1389 par l'empereur Wenceslas. En 1423, Adolphe, duc de Berg, devint duc de Juliers, et depuis, Berg suivit les destinées de Juliers; il passa en 1624 à la maison de Neubourg, qui le garda lors du traité de Lunéville (1801). En 1806, Napoléon se le fit céder, y ajouta diverses parties du duché de Clèves e t d'autres pays, et l'érigea en grand-duché pour Murât : il fut ensuite incorporé à l'Empire français et partagé entre les dép. du Rhin, de la Sieg, de la Roer et de l'Ems. En 1815, le duché de Berg fut attribué à la Prusse. Il fait auj. partie de la prov. Rhénane; outre Dusseldorf, on y remarque Elberfeld et Barmen, villes très-industrielles.

BERGA, petite v. d'Espagne (Barcelone), à 80 k. N. O. de Barcelone ; 6500 n. Prise et reprise pendant la guerre civile d'Espagne; définitivement enlevée aux carlistes par ies troupes de la reine en 1840.

BERGAMASC, territoire de Bergame. Outre Berga-me, on y remarque Romano, Martinengo, Somasca.

BERGAME, le Bergomum des anciens, Bergamo en italien, v. de Lombardie, ch.-l. de la délégation de Bergame, à 44 kil. N. E. de Milan, sur une couine, entre le Brembo et le Serio; 38 000 hab. Évêcbé; place forte. Cathédrale, bibliothèque, théâtre, palais-neuf, statue du Tasse. Sociétés savantes. Draps estimés. Commerce de soie, laine, toile, vin, huile, fruits, ustensiles de fer, etc. Grande foire de 14jours. Patrie de Bernardo Tasso (père de l'auteur de la Jérusalem délivrée), du jésuite P. Mafféi, de Tiraboschi et de Donizetti. Après avoir eu des seigneurs particuliers, Bergame se donna aux Vénitiens en 1447. Prise par les Français en 1509 et 1796; ch.-l. du dép. du Serio sous Napoléon.—La délégation de Bergame, dans le gouvt de Milan, sur les frontières de la Suisse et du Tyrol, a 120 k. sur 70, et 350 000 h.


BERGARA, v. d'Espagne. V. VERGARA.


BERGASSE (Nie), avocat de Paris, né à Lyon en 1750, mort en 1832, commença à se faire connaî-trefen 1787 en plaidant contre Beaumarchais pour Kornmann, qui poursuivait sa femme en adultère, fut nommé en 1789 député de Lyon aux Etats généraux, et se montra très-favorable à la royauté; mais ne pouvant faire prévaloir ses plans, il donna sa démission dès 1789. Emprisonne pendant la Terreur, il échappa à la mort par le dévouement de quelques amis et vécut depuis dans la retraite. On a de lui des Discours et Rapports prononcés à l'Assemblée constituante, un Essai sur la loi, la souveraineté et la liberté de la presse (1817),un Essaisur lapropriété (1821), où il attaque la vente des biens nationaux, et un grand nombre de brochures de circonstance. Au commencement de la Révolution on fit paraître plusieurs fois sous son nom des pamphlets odieux. auquels il n'avait eu aucune part. Chaud partisan du Mesmérisme, il publia en 1784 des Considérations sur le Magnétisme animal, et une Théorie du Monde suivant les principes de Mesmer.

BERGEDORF, v. d'Allemagne, à 14 kil. S. E. de Hambourg, sur la Bille ; 2400 hab. ; appartient en commun, ainsi que son territoire, aux villes libres de Hambourg et de Lubeck. C'était un repaire de pirates au xiv° siècle. Enlevée par Hambourg et Lubeck au duc de Saxe-Lauenbourg Eric II en 1376; perdue en 1412; reprise en 1420 par les 2 villes; comprise dans le dép. des Bouches de l'Elbe par Napoléon, et rendue depuis 1814 aux deux Républiques.

BERGEN, v. de Norvège, ch.-l. de la prov. deNOr-denfiels, à 290 k. N. O. de Christiania, au milieu d'une longue baie nommée Waag; 26 000 hab. Evêché luthérien, cour d'appel. Place forte; port sûr, mais d'un accès dangereux. Chantiers de construction; école de navigation. Bergen est l'entrepôt de tout ce qui se pêche dans les mersenvironnantes. C'était jadis une ville anséatique. Patrie de Holberg. Fondée vers 1070, et longtemps la capitale de la Norvège. —La prov. de Bergen compte 180 000 h.

BERGEN, v. du district de Cassel (Prusse), à 4 kil. N. E. de Francfort: 5600 hab. Les Français, commandés par le duc de Broglie, y battirent les Prussiens commandés par Fréd. de Brunswick, 1759.

BERGERAC, ch.-l. d'arr.(Dordogne),sur laDor-dogne, à 49kil.S.O.dePérigueux; 12ll6hab. Trib., collège, église calviniste. Vins, eaux-de-vie, truffes, pierres meulières, etc. Patrie de Cyrano et du maréchal de Biron, décapité par ordre de Henri IV. — Après avoir longtemps appartenu aux Anglais, Bergerac fut définitivement reprise en 1450. C'était, au xvi° siècle, une des places fortes des Calvinistes : elle fut démantelée par Louis XIII en 1621. Il y avait été signé en 1577 une célèbre paix de religion.

BERGERAC (SaviniencYRANode), auteur comique, né vers 1620, au château de Bergerac en Périgord, mort en 1655, mena une jeunesse fort dissipée, entra comme cadet dans le régiment des gardes, s'y distingua par sa bravoure, et eut de nombreux duels. Ayant reçu deux blessures graves à la guerre, il quitta le service et se livra aux lettres. On a de lui : Agrippine, tragédie: le Pédant joué, comédie'en* prose; Voyage dans la lune, et Histoire comique des États et empires du soleil. Molière, dans plusieurs de ses comédies, Fontenelle, dans les mondés, Voltaire, dans i!f!-cromégas, et Swift, dans Gulliver, n'ont pas dédaigné de faire des emprunts à cet auteur. Ses œuvres ont été plusieurs fois réimprimées, notamment à Paris, en 1741, en 1851 par M. Leblanc Duvernet, et en 1858 par le bibliophile Jacob.

BERGÈRE DE CREST (Isabeau VINCENT, dite la), fanatique du Dauphiné, née vers 1670 de parents pauvres.de la religion réformée, gardait les troupeaux au bourg de Crest, lorsqu'elle se sentit, disait-elle, inspirée, et se mit à faire la prophétesse. Elle eut du succès auprès des gens superstitieux de son parti, jusqu'au moment où l'intendant du Dauphiné la fit arrêter (1686); elle avoua, dit-on, sa supercherie et tomba promptement dans l'oubli.

BERGEKON (Pierre), géographe, était fils de Nicolas Bergeron, jurisconsulte et historien du xvr" s., auteur du Valois royal (histoire de la maison royale de Valois, 1583). Pierre Bergeron, né vers 1580, abandonna le barreau pour voyager, et mourut en 1637. Il a donné un traité estimé De la Navigation et des voyagesmodernes, 1620, une Hist. de la découverte des Canaries, 1630; un Traité des Tartares et un Abrégé de l'histoire des Sarrasins, joints à sa trad. des Voyages en Tartarie de Rubruquiset autres, Paris, 1634. On retrouve ces ouvrages dans la collection de Van der Aa, intitulée : Recueil de voyages curieux en Tartarie, Leyde, 1729.

BERGHEM ou BERCHEM (Nie), peintre hollandais, né à Harlem en 1624, mort en 1683, fut d'abord élève de son père, artiste médiocre, et ensuite de J. Van Goyen. Il réussissait également dans l'histoire, le portrait et le paysage : reproduisant avec une exactitude frappante la feuillée, les animaux et les figures, il en formait unensemble parfait. Le Musée possède 9 tableaux de lui, parmi lesquels une Vue des côtes de Nice et une Vente d'animaux dans les ruines du Coliisée. — Ville. V. BERGEN.

BERGIER (Nic),antiquaire,néà. Reims en 1567, mort en 1623, a publié, en 1622, \me:Histoire des -grands chemins de l'empire romain, ouvrage estimé qui se joint à la Carie itinérairede Peutïnger, et dont -l'édition la plus complète a paru à Bruxelles, 1736

BEROIER (Nie Silv.), théologien, né. en 1718 *à -Darney en Lorraine, mort à Paris en 1790, professa la théologie à Besançon, puis devint principal du collège de cette ville", et enfin chanoine de Notre-Dame de Paris. H fut un des adversaires les plus redoutables des philosophes du xvm'siècle, et écrivit contre eux de nombreux ouvrages, entre autres : le Déisme réfuté par lui-même, 1768 (contre 3. J. Rousseau) ; Certitude des preuves du Christianisme (contre l'Examen des apologistes de la religion chrétienne, attribué à Burigny), 17C8; Apologie de la religion chrétienne (contre le Christianisme dévoilé, de d'Holbach), 1769; Réfutation'du Système de la nature (de d'Holbach), ou Examen du matérialisme, 1771; Traité historique et dogmatique de la vraie religion, 1780. On a aussi de lui un Dictionnaire Ihéologique, faisant partie de l'Encyclopédie méthodique, et plusieurs fois réimpr., notamment en 1854 parles frères Gaame, en 7 vol. in-8, avec additions du cardinal Gousset, et en 1858, avec des augmentations par Mgr Doney. Bergier était associé de l'Académie des inscriptions.

BERGMANN (Torhern), chimiste suédois, né en 1735, dans la "Westrogothïe, mort en 1784, cultiva avec une égale ardeur toutes les branches des sciences , et devint, en 1766 , professeur de chimie à Upsal. On lui doit une foule de découvertes importan- -tes, entre autres celle de l'air fixe (acide carbonique) , de l'acide oxalique, du gaz hépatique (hydrogène sulfuré) ; il réforma la minéralogie en la fondant sur la composition chimique des corps, et observa le premier le rapport constant des formes géométriques des cristaux avec la nature de chaque substance. Il recommandait l'usage du chalumeau, dont il avait lui-même usé pour ses découvertes. Exempt de jalousie, il s'empressa de proclamer le mérite de Scheele. On a de lui : Description physique de la terre, 1770; Analyse du fer. trad. en franc. parGrignon, 1783; Manuel du minéralogiste, trad. par Mongez, 1784; Traité des affinités, 1788; Opuscula physica et chimica, 1779-1790, trad. en partie par Guyton-Morveau, 1780. Condorcet et Vicq d'Azyr ont prononcé son Éloge.

BERGOMUM (de oerg, montagne, et home, demeure), v. de la Gaule Cisalpine, capit. des Ordbii, peuple iigure ou montagnard, est auj. Bergame.

BERG-OP-ZOOM (ç.-à-d. mont-sur-le-Zoom), v. du roy. de Hollande (Brabant septent.), sur le Zoom, à 31 kil. N. d'Anvers; 10 000 hab. Place forte. Pêche et salaison des anchois. —Fondée en 1287; assiégée par les Espagnols en 1588 et 1622; fortifiée depuis par Cohorn; prise par les Français sous les ordres du maréchal de Lowendhal en 1747, après un siège célèbre. Assiégée vainement en 1814 parles Anglais; rendue par la France à la paix.

BERGOU ou BORGOU, État peu connu de la Nigritie centrale, dit aussi Ouadaï; à l'O. du Nil et à l'E. du lac Tchad, entre le Baghermé à l'O. et le Darfour à l'E., a pour v. principales Ouarra et Konka. Comm. d'esclaves et de cuirs. Contrée inhospitalière.

BERGUES, ch.-l. de cant. (Nord), à 10 kil. S. E. de Dunkerque, au pied d'une montagne (Berg), d'où l'on a une vue magnifique; 5455 h. Place forte. Petit port; station du chemin de fer; canal. Ane abbaye de St-Winoc Construction- de bateaux; raffineries, distilleries;dentelles; entrepôt de fromages estimés. —Fondée au V siècle. Prise etreprise plusieurs fois; assurée à la France par la paix des Pyrénées (1659). Assiégée en vain par les Anglais en 1793-

BERIGARD OU BEAUREGARD (Cl. GUILLERMET de), philosophe du xvr siècle, né à Moulins vers 1578, m. vers 1663, professa la philosophie à. Pise et à Padoue, combattit à la fois l'enseignement scolastique et le système de Galilée, et adopta une doctrine empruntée aux Ioniens et aux Épicuriens. Son principal ouvrage a pour titre Circuli Pisani, seu de veterum et peripatetica philosaphia dialogi, Udine, 1643.


BERING. V. BEHRING.

BERINGTON (Joseph), historien anglais, né vers 1760, morten 1827, était catholique et fut longtemps curé en France. Il est auteur d'une Histoire littéraire du moyen âge, Londres, 1814-1816, ouvrage estimé, trad. par Boulard; d'une Histoire de Henri II, et d'une Vie d'Héloïse et d'A bélard.

BERKELEY, bourg d'Angleterre (Glocester), à 22 kil. S. E. de Glocester, près de la Severn. Ane château fort. Patrie de Jenner.

BERKELEY, célèbre métaphysicien irlandais, né à Kilkrin en 1684, mort en 1753, fit ses études au collège de la Trinité à Dublin, et devint associé de ce collège. Le comte de Peterborough l'emmena en qualité de secrétaire dans son ambassade en Sicile et en Italie. Il obtint à son retour le doyenné de Derry, et résigna bientôt ce riche bénéfice pour se rendre aux îles Bermudes, où il voulait établir un collège pour l'instruction et la conversion des sauvages; mais, le gouvernement ne lui envoyant point les fonds nécessaires, il revint en Irlande et fut nommé à l'évêché de Cloyne, qu'il garda jusqu'à sa mort. On a de lui : Théorie de la vision, 1709 ; Principes delà connaissancehumaine, 1710 ; Dialogues d'Bylas etdePhi7onoiis,1713,trad.parl'abbéduGuadeMalves, 1750 ; Âlciphron,ou Apologie de lareligion chrétienne, trad. par Joncourt, La Haye, 1734; Siris ou Réflexions sur l'eau de goudron, 1744; quelques écrits politiques-ou tbéologiques, et des poésies estimées. Ses OEuvres ont été réunies en 2 vol. in-4, avec une Vie de l'auteur, par Arbuthnot, Londres, 1784. Berkeley soutenait que nous ne connaissons que nos propres idées, que les corps extérieursn'existent pas, et que c'est par une illusion mensongère que nous leur accordons de la réalité : c'est dans les Principes de la connaissance et dans les Dialogues d'Hylas (le matérialiste) et Philonoûs (le spiritualiste) qu'il a exposé ce système d'idéalisme.

BERK.EN (Louis de), né à Bruges au xV s., découvrit en 1476 l'art de tailler et de polir le diamant, au moyen d'une roue et de la poudre de diamant.

BERKS, comté d'Angleterre, vers le centre, entre ceux de Buckingham, Oxford, Surrey, Hamp, Wilt;75k. sur 44; 162 000 h.; ch.-l., Reading. Climat très-sain. La forêt de "Windsor occupe la partie E. de ce comté; beaucoup de grains dans l'O.

BERLÀLUONT, ch.-l. de cant. (Nord), sur laSam-bre, à 13 kil. N. O. d'Avesnes; 1505 hab. Poterie.

BERLICHINGEN (Gœtz ou Godefroi de), surnommé Main de fer, brave chevalier allemand, né à Iaxthau-sen, dans le Wurtemberg, vers 1480, morten 1562, prit une part glorieuse aux guerres que se livrèrent les électeurs de Brandebourg et de Bavière au commencement du xvi° siècle. Ayant perdu une main, il s'en fit faire une en fer, d'où le surnom sous lequel il est connu. Il a écrit lui-même l'histoire de ses aventures (publiée en 1731 et 1858). Gœthe l'a pris pour héros d'un de ses drames.

BERLIN, Berolinum, capit. des États prussiens, dans la province de Brandebourg (gouvt de Pots-dam), sur laSprée, à 890 kil. E. N. E. de Paris; 470 000 hab. (on n'en comptait que 10 000 en 1651 et 103 000 en 1803). La v. se divise en 5 quartiers : Berlin proprement dit, Cologne (Kœln), Friedrichs-werder, INeustadt ou Dorotheenstadt, Friederich-stadt. On y compte 34 ponts, 19 hôpitaux, 21 églises, dont une seule catholique; cheminsde fer pour Stettin, Hambourg, Cologne; Leipsick, etc. On remarque les rues Frédéric-Guillaume et des Tilleuls, les places Guillaume, de Leipsick et de la Belle-Alliance; le parcouThiergarten, la cathédrale, laporte de Brandebourg, le château royal, celui de Belle-vue, le palais de Monbijou, la statue de Frédéric II, celles de Schiller et de Gœthe. Université célèbre, qui compta parmi ses professeurs Fichte, Schelling ; Hegel, Wolf, Ritter, Schleiermacher, Gans, Savigny ; école militaire, institut de sourds-muets, Académie royale des sciences (fondée en 1700 par Leibnitz), Académie des beaux-arts ; Académie des sciences mécaniques et d'architecture; sociétés savantes et littéraires; cabinets d'histoire naturelle, de médailles, galerie de tableaux, statues, musée égyptien; observatoire, bibliothèque royale. Industrie active : draps, porcelaines, derrtelles, galons d'or et d'argent, étoffes de soie, velours de coton, laine, toile, tapisserie, horlogerie, ouvrages d'acier et bronze, bougies, cartes à jouer, produits chimiques (notamment bleu de Prusse), berlines et autres voitures, etc. Patrie du grand Frédéric, de Baumgarten, de Fr. Aricillon, des poètes Canitz et Tieck, de Humboldt, de Meyer-Beer, etc. —On croit que cette ville fut fondée vers 1142 par Albert l'Ours, margrave de Brandebourg, ou seulement en 1200 par Albert II. Elle fut la résidence des margraves depuis 1495; mais elle ne prit d'importance que sous Frédéric-Guillaume, le grand-électeur (1650). Berlin fut occupée par les Autrichiens en 1757, par les Russes en 1760, et par les Français en 1806, après la bataille d'Iéna.

BERLINGUES, petit groupe d'Iles de l'Océan Atlantique, sur la cote de Portugal (Estramadure), à 80 kil. N. de Lisbonne, à 9 kil. du cap Carvoeiro.

BERMUDE I, roi de Léon et des Asturies (788-791), fut élevé sur le trône au préjudice d'Alphonse II, fils de Froïla; mais restitua la couronne à ce jeune prince au bout de3ans.—n, régna de 982 à 999. Il ne put d'abord résister aux Arabes, qui étaient venus envahir ses États sous la conduite d'Almanzor; mais ayant ensuite réuni ses armes à celles des rois de Navarre et de Castille, il repoussa le conquérant et contribua puissamment à la victoire de Calatanazor, 998. — m, régna de 1027 à 1037, eut à combattre Sanche le Grand, roi de Navarre, qui le dépouilla d'une partie de ses États, voulut les reprendre à la mort de ce prince (1035), mais périt dans une bataille. En lui finit la dynastie des rois de Léon.

BERMUDES, groupe d'îles de l'Océan Atlantique, au N. E. des Antilles, par 64° 19'-64° 43' long. O., 31° 53'-32" 18'lat. N., forme un gouvt des possessions anglaises. Elles sont au nombre d'environ 300, dont les principales sont: Bermude, St-George, avec une v. de ce nom, St-David, Cooper, Somerset, Long-Island, etc.; environ 10000hab., dont 5000 nègres. Hamilton, dans l'Ile Bermude, est le ch.-l. de l'archipel. Ce ne sont généralement que des rocs ou des bancs de sable, mais quelques-unes offrent la plus brillante végétation : arrow-root, café, coton, sucre. Climat sain et agréable, mais d'une chaleur accablante. Fréquents et violents ouragans. — Découvertes par l'Espagnol don Juan Bermudezenl522; l'Anglais George Somers, qui y fit naufrage en 1609, s'y établit, les colonisa et en assura la possession à son pays. Elles forment un gouvernement de l'Amérique anglaise et sont une station maritime et commerciale très-importante pour la Grande-Bretagne. Une division des pontons avec un grand nombre de condamnés y est établie.

BERMUDEZ (Jean), médecin portugais, suivit en 1520 l'ambassadeur du roi Emmanuel en Abyssinie, et s'insinua tellement dans l'esprit du roi de ce pays, alors catholique, que ce prince lui donna le titre de patriarche d'Abyssinie. Il résida dans cette contrée pendant trente ans, et revint mourir à Lisbonne vers 1575. Il a laissé une relation de son voyage, dédiée au roi Sébastien, et conservée manuscrite aux archives de Lisbonne.

BERMUOEZ (Jérôme), poète espagnol du xvr= siècle, était dominicain et professa ta théologie à Sala-manque. On a de lui deux tragédies : Nise (Inès) malheureuse, et Nise couronnée, qu'il publia sous le nom d'Antonio Silva (1577), et un poème intitulé l'Hesperodia (1589), dont le duc d'Albe est le héros.

BERNADOTTE. V. CHARLES xiv, roi de Suède. BERNARD (S.) de Menthon, fondateur de l'hospice du mont St-Bernard, né en 923, au château de Menthon, près d'Annecy, en Savoie, mort en 1008, fut archidiacre d'Aoste. Témoin des dangers qu'offrait le passage des Alpes, il fit construire, en 962, sur le sommet ries deux montagnes qui ont depuis conservé les noms de Grand et de Petit St-Bernard, deux hospices consacrés à recueillir les voyageurs et à rechercher les malheureux qui auraient perdu leur route ou qui seraient engloutis par les neiges, et il en confia le soin à des religieux de l'ordre de St-Augustln. Ces généreux hospitaliers se font aider dans leurs recherches par des chiens intelligents dressés à ce service. On le fête le 15 juin.

BERNARD (S.), fondateur de l'ordre des Bernardins, né en 1091, à Fontaine-lès-Dijon, d'une famille noble, mort en 1153, entra dans l'ordre de Cîteaux, réforma cette communauté dont les religieux prirent de lui le nom de Bernardins, et fut le premier abbé de Clairvaux (1115). Il se fit une telle réputation par sa piété et son éloquence, qu'il attira autour de lui une foule de novices, dont plusieurs devinrent par la suite des hommes éminents, et que les évêques, les rois et les papes le prenaient pour arbitre de leurs différends. Lorsque Innocent II et Anaclet se disputèrent la tiare (1130),on s'en remit à sa décision. Il prêcha en 1146 la 2° croisade à Vézelay; il le fit avec un tel succès que le roi Louis le Jeune et l'empereur Conrad III prirent eux-mêmes la croix. Plein de zèle pour l'orthodoxie, il combattit les erreurs d'Abélaru, de Pierre de Bruys, d'Arnaud de Brescia, de Gilbert de la Porée, mais il s'opposa aux excès du moine Raoul, qui voulait qu'on massacrât tous les Juifs. S. Bernard fonda jusqu'à 72 monastères, répandus dans toutes les parties de l'Europe. Ses œuvres, écrites en latin, ont été plusieurs fois imprimées : l'édition la plus estimée est celle de Mabillon, 1690, 2 vol. in-fol., réimprimée à Paris par les frères Gaume, 1835-40, 4 vol. in-8, et à Milan, 1852, 3 vol. in-4. Elles renferment des traités thëologiques, des lettres et des sermons, dont quelques-uns, notamment les harangues pour la croisade, ont été prononcés en langue romane. On le fête le 20 août. M. de Montalembert a donné l'Histoire de S. Bernard. Ses OEuvres ont été trad. par abbé Charpentier, 1867.

BERNARD, roi d'Italie, fils de Pepm et petit-fils de Charlemagne, fut placé en 812 sur le trône d'Aquitaine qu'avait occupé son père. Après la mort de Charlemagne , il eut des démêlés avec Louis le Débonnaire, son oncle, qui voulait le dépouiller au profit de son fils Lothaire, associé à l'empire, et il prit les armes contre eux; maisil fut battu et fait prisonnier, en818. Louis eut la barbarie de lui faire arracher les yeux; Bernard mourut de ce supplice.

BERNARD, duc de Septimanie, fut investi de ce duché en 820 par Louis le Débonnaire, et jouit d'une telle faveur à la cour de ce prince qu'on l'accusa d'adultère avec l'impératrice Judith. Louis le dépouilla de son duché en 832, mais il le lui rendit l'année suivante, parce qu'il l'avait secouru contre ses fils révoltés. Ayant plus tard favorisé la rébellion de Pépin II d'Aquitaine, il fut mis à mort par Charles le Chauve (844).

BERNARD del CARPIO, héros castillan du ix° siècle, vainqueur de Roland. V. CARPIO.

BERNARD, duc de Saxe-Weimar, général célèbre, né à Weimar en 1604, fut un des principaux soutiens du parti protestant pendant la guerre de Trente ans. Il fit ses premières armes sous le roi de Bohême et se signala au combat de "Wimpfen, 1622; puis servit sous Christian de Brunswick, et enfin sous Gustave-Adolphe; il chassa les Impériaux du Landgraviat de Hesse-Cassel, aida à la prise de Wurtzbaurg, 1631, passa le Rhin à Oppenheim, surprit Manheim, et remporta plusieurs avantages sur Wallenstein. Il prit le commandement de l'armée après la mort de Gustave à la bataille de Lut-zen. et acheva la victoire, 1632. Privé par Oxenstiern d'une moitié de l'armée et mis sous les ordres de Horn, il n'en fit pas moins capituler Ratisbonne; mais il perditla batâilledéoisive de Nordlingen contre les Impériaux, 1634. Ecarté parles Suédois à la suite de ce revers, il se mit au service de la France, qui était entrée dans la ligue protestante, délivra ou prit diverses villes, entre autres May ence, opéra une admirable retraite en Lorraine, 1635, seconda les manœuvres de Condé en Bourgogne, 1636, conquit l'Alsaca sur les Impériaux, les battit en 1637 à Rhemfeld, et prit Fribourg et Brisach, 1638. Il mourut au milieu de ses succès, près d'Huningue, en 1639, enlevé par la fièvre, ou, selon d'autres, par le poison.

BERNAHD (Claude), dit le Pauvre Prêtre, et le Père Bernard, fils d'Etienne Bernard, avocat et magistrat distingué du temps de Henri IV, naquit à Dijon en 1588, et mourut à Paris en 1641. Après nue jeunesse dissipée, il se convertit, reçut les ordres et se consacra tout entier au service dès pauvres, des malades et des condamnés. Il exerça ces fonctions pénibles pendant 20 ans à l'Hôtel-Dieu de Paris, puis à la Charité, et employa en aumônes un héritage de 400 000 fr. II fut l'émule et l'ami de S. Vincent de Paul.

BERNARD (Catherine), née à Rouen en 1662, morte à Paris en 1722, était parente de Corneille. Elle se distingua par son talent pour la poésie dramatique, obtint plusieurs couronnes à l'Académie française et à celle: des Jeux-Floraux, et fut membre de l'Académie des Ricovrati de Padoue. Elle a donné au ^Théâtre Laodamie, 1689, Brutus, 1690, Inès de Cordoue, 1,696, et a fait quelques romans.

BERNARD (Samuel), riche financier, né en 1651 à Paris, mort en 1739, âgé de 88 ans, était fils d'un artiste distingué, nommé aussi Samuel, qui fu* nommé en 1655 professeur à. l'Académie de peinture. Il s'enrichit dans le métier de traitant sous le ministère Chamillard, et amassa une fortune d'environ 60 millions, dont il fit, dureste, un noble usage. Deux fois il vint au secours de l'État et prêta des sommes considérables à Louis XIV et à Louis -XV, qui ne dédaignèrent point de venir les lui demander en personne. Il fut fait chevalier, et il allia ses'enfants aux plus nobles familles du royaume.

BERNARD (Jâcq.), laborieux écrivain, né en 1658 à Nyons en Dauphiné, mort en 1708, était calviniste. Chassé de France par la révocation de i'édit de Nantes, il alla s'établir à La Haye, y fonda une école pour les lettres et la philosophie, y continua la Bibliothèque universelle de Leclerc et les Nouvelles de la République des Lettres deBayle, travailla au Supplément de Moréri, et donna un Recueil des Traités de paix, La Haye, 1700, 4 vol.. in-fol.

BERNARD (J. Fréd.), libraire et compilateur d'Amsterdam, s'établit dans cette ville en 1711 et y mourut en 1752. Oh a de lui un grand nombre de publications , dont les plus importantes sont : Recueil de Voyages au Nord, 1715-38, 10 vol. in-12, Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples, représentées par des figures dessinées par Bernard Picart, 1723-43, 9 vol. in-fol., suivies des Superstitions anciennes et modernes, 1733-36. Ce grand ouvrage a été reproduit avec quelques modifications par Banier, Paris, 1741, et réimpr. avec additions, par Prudhomme, en 13 v. in-f., 1807-1810.

BERNARD (P. Jos.), poète connu sous, le nom de Gentil Bernard, que lui donna Voltaire, né à Grenoble en 1710, mort en 1775, montra de bonne heure pour la poésie un goût que les circonstances ne lui permirent pas toujours de satisfaire. Il fut d'abord clerc de procureur, puis s'enrôla et devint, secrétaire du maréchal de Coigny, qui commandait l'armée d'Italie. Il obtint après la mort du maréchal une place lucrative, et put alors suivre son goût pour la poésie et pour les plaisirs; mais ayant commis un excès dans un âge déjà avancé, il perdit tout d'un coup la mémoire (1771), et resta jusqu'à la fin de sa vie dans un état d'enfance. On a de lui Castor et Pollux, opéra qui eut un .grand f succès ; l'Art d'aimer, poëme galant, ou plutôt | licencieux, qui ne fut publié qu'au bout de 30 ans, j et qui jouit d'une grande réputation tant qu'il ne | fut pas publié; Phrosine et Èélidore, poëme; des ; épîtres, des odes et des chansons. Ses œuvres ont 1 été recueillies en 1776, 1 v. in-8, et réimprimées | avec additions en 1803, 2 vol. in-8. | BERNARD (Charles de), écrivain dont le vrai nom | est Ch. Bernard Dugrail de La Viïîette, d'une famille ; noble et légitimiste, né en 1804 à Besançon, mort j en 1850, débuta par des poésies (Plus deuil que | joie, 1832), puis composa des nouvelles et des ro-| mans qui, pour la plupart, .parurent dans les revues 1 du temps, et qui se font remarquer par la grâce et | l'élégance, mais dont le style n'est pas exempt d'af-j féterie. Parmi ses nouvelles on remarque la Femme 1 de quarante ans, qui fait le pendant de la Femme j de trente ans de Balzac; l'Anneau d'argent, le Per-" sécuteur, l'Arbre de science, le Pied d'argile ; parmi s ses romans, Gerfaut, 1838; les Ailes d'Icare, 1840; » la Peau de Lion et la Chasse aux amants, 1841; le Beau-Père, 1845; le Gentilhomme campagnard, 1846; le Veau d'or, 1847. Ses OEuvres complètes ont été publiées par Michel Lévy, 1854, 12 vol. in-18, avec une Notice de Pontmartin. BERNARD (GRANn et PETIT ST-). V. ST-BERNARD. BERNARDËS (Diego), poète portugais, né vers 1540, mort en 1596, fut secrétaire d'ambassade à Madrid, suivit le roi Sébastien en Afrique et fut pris à la bataille d'Alcaçar. Il a surtout réussi dans l'idylle, et est regardé comme le Théocrite du Portugal. Il a intitulé le recueil de ses églogues le Lyma, du nom d'un ruisseau qu'il a chanté. BERNARDI (Jos. Dominique), écrivain, né en " 1751, mort en 1824, avait été membre du conseil des Cinq-Cents, puis chef de division au ministère de la justice. Il a composé plusieurs ouvrages de jurisprudence, mais est surtout connu pour avoir publié, avant la découverte des nouveaux fragments de la République de Cicéron, un ouvrage composé des fragments conservés de cet ouvrage et de cen-tons pris dans les autres écrits de l'auteur, 1800.


BERNARDIN (S.), d'une famille illustre de Sienne, né en 1380, mort en 1444, se consacra au service des malades et montra un dévouement admirable pendant la peste qui désola Sienne en 1400. Il entra chez les Franciscains de l'Ëtroite-Observance, devint vicaire général de cet ordre et y porta la réforme. Plein d'humilité, il refusa plusieurs évê-chés. Il a laissé des oeuvres spirituelles, imprimées à Venise, en 1591, et à Paris en 1636, 5 vol. in-fol. On l'honore le 20 mai.


BERNARDIN DE ST-PIERRE. V. ST-PIERRE.


BERNARDIN (le), ou le BERNARDINO, montagne des Alpes, dans le canton des Grisons, offre un passage situé à 2191° au-dessus du niveau de la mer, qui unit Coire à Bellinzona, par une route carrossable, construite de 1819 à 1823, et fait communiquer Turin avec la Suisse et l'Allemagne occid. Le général Lecourbe traversa ce passage en 1799 pour aller attaquer les Autrichiens.

BERNARDINS, nom que prirent les religieux de Clteaux lorsque S. Bernard, qui était entré dans leur ordre, l'eut réformé et étendu. Ils avaient en France un grand nombre de couvents, notamment celui de Paris, où se tinrent souvent les assemblées de l'Université et qui sert auj. d'entrepôt pour les huiles (rue des Bernardins). Y. CITEAUX (ordre de).

On connaissait sous le nom de Bernardines une congrégation de femmes qui suivait la règle de S. Bernard , et qui se consacrait surtout à l'éducation des jeunes filles. Leurs principales maisons étaient celles de Port-Royal et du faubourg St-Antoine.

BERNAVILLE, ch.-l. de cant. (Somme), à 13 kil. S. O. de Doulens; 1109 hab.

BERNA Y, Bernacum, ch.-l. d'arr. (Eure), à 48 kil. N. O. d'Êvreux, à 153 k. de Paris, sur la Charentonne; 7237 h. Trib., collège. Toiles, draps, papier, cuirs, bougies, etc. Grande foire aux chevaux dite la Foire fleurie parce qu'elle se tient à Pâques fleuries (Rameaux). Ane abbaye de femmes, fondée au xi" s., et dont il ne reste que l'église.

BERNBOURG, ch.-l. du duché d'Anhalt-Bern-bourg, sur la Saale, à 32 k. O. de Dessau; 10 000 h. Château fort, bâti sur un rocher élevé; station de chemin de fer. Faïence, poterie de grès, verrerie, haut fourneau, etc. V. ANHALT.

BERNE, dite en lat mod. Arctopolis, c-à-d. ville de l'Ours, parce que l'étendard des Bernois portait un ours (en ail. bxr), v. de Suisse, ch.-l. du cant. de Berne, sur l'Aar, à 425 k. S. E. de Paris; 27 560 h. Siège des autorités fédérales et des représentants des puissances étrangères. Université, fondée en 1834. Belle cathédrale, hôtel de ville, monnaie, arsenal, porte de Morat, beau pont de laNydeck (1844), belle promenade de la Plate-forme d'où l'on a une vue magnifique, chemin de fer. Riche biblioth., cabinet de médailles, musée. Industries : beaux chapeaux de paille, soieries, ouvrages en or et en argent. Patrie de Haller, de Bonstetten, etc. — Fondée ou rebâtie par le duc Berthold V de Zaehringen en 1191; ville impériale en 1218; inutilement assiégée par l'empereur Rodolphe de Habsbourg, 1288.

BERNE (Canton de), le plus grand de tous les cantons helvétiques, entre ceux de Baie, Soleure, Ar-govie, Lucerne, Underwald, Uri, Valais,. Vaud, Fri-bourg, Neuchâtel; 120 k. sur 84; 459000 h., dont 40 000 cathol. Mont, au S. (Alpes bernoises); riv. principale, l'Aar; plusieurs lacs, Bienne, Thunn, Brienz; sol varié, fertile en beaucoup d'endroits; fruits, grains, prairies. Le gouv. est représentatif et se compose d'un Grand Conseil et d'un Conseil exécutif. Berne alterna jusqu'en 1848 avec Zurich et Lucernepourlaprésidence de la Confédération suisse. — Le cant. de Berne entra en 1353 dans la ligue helvétique, qui jusqu'alors n'avait été que de 7 cant. ; il adopta en 1528 la religion réformée. Avant 1798, ce canton n'avait pas les mêmes limites qu'aujourd'hui : il possédait en plus les cantons actuels d'Argovie et de Vaud presque en entier; en moins, tout ce qu'il a auj.de l'ancien évêché de Bâle. C'est en 1415 qu'avait eu lieu la conquête de l'Argovie; c'est en 1536 que fut soumis le pays de Vaud. La constitution actuelle du canton date de 1846.

BERNI (François), poète burlesque italien, né en 1490 à Lamporecchio en Toscane, mort en 1536, prit l'habit ecclésiastique, fut longtemps secrétaire de Ghiberti, évêque de Vérone, et devint chanoine de la cathédrale de Florence. On dit qu'il fut empoisonné par Alexandre de Médicis, duc de Florence, pour avoir refusé d'empoisonner lui-même le jeune cardinal Hippolyte de Médicis. Berni excella dans le genre burlesque, ou plutôt dans ce genre plaisant et badin dont Puloi était le créateur, mais que, depuis lui, on a nommé en Italie genre bernesque. Il est à regretter qu'il règne dans ses vers une licence extrême. On a de lui : Rime Burlesche, poésies badines recueillies après sa mort avec celles de quelques autres poètes, Venise, 1538; Orlando ina-morato, Venise, 1541, poème héroï-comique, dans lequel il a refait avec succès le Roland amoureux de Boiardo; et des• Poésies latines, Florence, 1562.

BERNICIE, anc division de la Grande-Bretagne, au N. du mur de Septime Sévère, dans la partie appelée depuis Northumberland, s'étendait jusqu'àl'em-bouchure de la Tweed. Elle formait, avec la Déirie, un des 7 royaumes de l'Heptarchie saxonne.

BERNIER (François), célèbre voyageur et philosophe épicurien, né à Angers vers'1625, vint de bonne heure à Paris, où il embrassa la philosophie de Gassendi, puis alla se faire recevoir docteur en médecine à Montpellier. Il partit en 1654 pour voyager en Orient, visita la Syrie, l'Egypte, l'Inde, et séjourna 12 ans dans les États du Grand Mogoi Aureng-Zeyb, dont il devint le médecin. A son retour en France (1668), il publia ses écrits; puis il alla visiter l'Angleterre (1685), et mourut à Paris en 1688. Ses Voyages parurent pour la 1" fois eu 1670-1671 : ils sont regardés comme un modèle d'exactitude. On a de lui un Abrégé de la philosophie de Gassendi, 1678, auquel il joignit en 1682 des jDoutes sur quelques chapitres de l'Abrégé. Ber-nier était d'un caractère enjoué et aimable; il fut lié avec Gassendi, Molière, Chapelle, Ninon de Len-elos. St-Evremond l'appelait le Joli Philosophe.


BERNIER (l'abbé), né en 1764 à Baon (Mayenne), mort en 1806, était curé de St-Laud à Angers quand éclata la Révolution. Il refusa en 1790 de prêter serment à la constitution civile du clergé, se rendit en 1793 à l'armée vendéenne, et fut quelque temps, avec Stofflet. l'âme de l'insurrection. Quand tout espoir raisonnable fut perdu, il négocia avec Hoche et travailla à pacifier le pays; il seconda également les efforts faits dans ce sens par Bonaparte, auprès de qui il était comme l'ambassadeur de la Vendée. Il fut un des plénipotentiaires qui négocièrent le Concordat, et fut, en récompense, promu à l'évêché d'Orléans (1802).


BERNIK., pour BERENICE. V. BENGAZY.


BERNINA, montagne de Suisse (Grisons), à 44 k. S. E. de Coire, dans les Alpes Rhétiques; 4052". Passage très-fréquenté entre la Haute-Engaddine et la Valteline. Glacier magnifique.

BERNINI (J. Laurent), dit le Cavalier Bernin, artiste célèbre, né àNaples en 1598, mort en 1680, se distingua à la fois comme peintre, comme statuaire et comme architecte, et mérita d'être surnommé le second Michel-Ange. Amené de bonne heure à Rome, il se concilia par son talent précoce la faveur du pape Paul V, et fut employé sans interruption par "les pontifes qui suivirent. Grégoire XV le créa chevalier ; Urbain VIII le combla de richesses. Charles I; roi d'Angleterrj, fit faire sa statue par lui; Louis XIV l'appela ~en France (1665) pour prendre ses conseils sur la restauration du Louvre, lui fit faire sa statue équestre, et le garda cinq mois près de lui, le comblant d honneurs. A Rome, Bernini avait été chargé des embellissements de la basilique de St-Pierre : il exécuta le baldaquin et la chaire que l'on admire dans ce monument, ainsi que la place circulaire qui précède le temple. Parmi ses ouvrages de sculpture on remarque la statue de Constantin, à St-Pierre de Rome, les groupes d'Apollon et Daphné, d'Énée et Anchise, et la statue équestre de Louis XIV, à Versailles. On reproche à cet artiste peu d'élévation et un style maniéré, que ses contemporains exagérèrent encore, et qui influa d'une manière fâcheuse sur l'art.

BERNIS, vge du dép. du Gard, à 9 kil. S. O. de Nîmes; 1200 hab. Station duchemindefer de Cette.

BERNIS (Franc. Joachim DE PIERRES de), cardinal et poète, né en 1*715, àSt-Marcel (Ardèche), d'une famille noble, mais pauvre, mort à Rome en 1794, reçut les ordres, et vint de bonne heure à Paris, où il se fit avantageusement connaître par des vers galants, ainsi que par les grâces de son esprit et de sa personne. Il plut à Mme de Pompadour, qui lui fit obtenir une pension du roi, et il fut reçu à l'Académie française dès l'âge de 29 ans. Après la mort du cardinal de Fleury, qui n'avait pas voulu l'employer, Bernis fit une fortune rapide : il fut nommé ambassadeur à Venise et devint cardinal. Chargé en 1756 du ministère des affairesétrangères, il signa en cette qualité le traité d'alliance avec l'Autriche; mais pendant la guerre de Sept ans, il fut disgracié pour avoir conseillé la paix contre l'avis de Mme de,,Pompadour (1758). Cependant il fut nommé en 1764 archevêque d'Alby, et cinq ans après ambassadeur à Rome. Révoqué à l'époque de la Révolution, et dépouillé de toute sa fortune, il resta néanmoins à Rome, subsistant des libéralités que lui fit obtenir de la cour d'Espagne le chevalier 'Azara, son ami. Les poésies qui avaient fait la réputation de Bernis consistent en épîtres, madrigaux, odes anacréontiques, etc.; on y trouve de ~ l'afféterie e]t une grande profusion de figures et de fleurs de rhétorique : aussi Voltaire avait-il surnommé l'auteur -Babet la Bouquetière. On a en outre de Bernis un _ poème sérieux, la Religion vengée, publié après sa mort; une correspondance avec Voltaire, et uneau-tre avec Pâris-Duverney. On a réuni ses poésies en 1 vol. in-8, Paris 1797 et 1825.

BERNON, noblaiourguignon, mort en 927, fut le _ premier abbé de Cluny et réforma plusieurs autres monastères. Il prit l'habit religieux dans l'abbaye de La Baume, dont il devint prieur, donna sa démission en 926, et partagea ses abbayes entre Vidon, son parent, et Odon, son disciple.

BERNOUILLI et mieux BERNOULLI, famille suisse, originaire d'Anvers, a produit dans les xvu" et xvm° siècles une suite de savants, dont les plus connus sont Jacques, Jean, son frère, et Daniel, fils de Jean.

BERNOUILLI (Jacques), savant mathématicien, né à Bâle en 1654, mort en 1705, professa les mathématiques à l'Université de Bâle, et mérita par ses travaux et ses découvertes d'être nommé associé de l'Académie des sciences de Paris (1699) et de celle de Berlin (170i). Il fut un des premiers à. comprendre et à appliquer le calcul différentiel et intégral, proposé par Leibnitz, découvrit les propriétés des nombres dits depuis nombres de Bernouilli, et donna lasolu- : tion de problèmes regardés jusque-là comme insolubles. On a de lui Ars conjectandi, publié après sa mortpar son neveu Nie Bernouilli, Bâle, 1713. trad. par Vastel, Paris,'1801, ouvragés où sont posées les bases du calcul des probabilités, et une foule de mémoires, recueillis sous le titre de Jacobi Bernoulh Opéra, Genève, 1744,2 vol. in-4.

BERNOUILLI (Jean), frère du préc, et comme lui profond géomètre, né à Bâle en 1667, mort en 1748, professa les mathématiques à Gronhrgue (1695), puis à Bâle, après la mort de Jacques (1705), et devint associé des Académies de Paris et de Londres, de Berlin et.de St-Pétersbourg. Formé par son frère, il avait longtemps travaiïlé de concert avec lui à développer les conséquences du nouveau calcul inventé par Leibnitz; mais il s'établit ensuite entre eux, à l'occasion de la solution de quelques problèmes, une rivalité qui dégénéra en inimitié. Jean B. eut aussi des démêlés assez vifs avec Hartzoeker sur la physique , et avec quelques savants anglais au sujet de l'accusation de plagiat lntentée à Leibnitz. Il vint à Paris en 1690, et se lia aveo les savants les plus distingués de l'époque, particulièrement avec L'HÔpital.Il découvrit le calcul exponentiel et fournit un grand nombre de mémoires aux Académies dont il était membre; on les a réunis sous le titre d'Opéra omnia, Lausanne, 1742, 4. vol. in-4. Il faut y joindre son Commenium philosophicum et mathematicum avec Leibnitz, 2 v. in-4, Lausanne, 1745.11 eut la gloire de former Euler.

BERNOUILLI (Daniel), 2* fils de Jean, né à Gronin-gue en 1700, mort à Bâle en 1782, cultiva à la fois les sciences mathématiques et les sciences naturelles; se fit recevoir médecin, puis alla enseigner les mathématiques à Pétersbourg, et revint en 1733 dans sa patrie, où il remplit une chaire d'anatomie et de botanique, puis une chaire de physique. Il fut le rival d'Euler. et remporta un si grand nombre de prix à l'Académie des sciences de Paris qu'il s'en fit une sorte de revenu. Il fut comme son père membre des Académies de Paris, de Berlin, de Londres et de St-Pétersbourg. L'Hydrodynamica (Strasbourg, 1738, in-4) est le plus important de ses ouvrages.— Un 2° Jean Bernouilli, sonneveu(1744-1807), s'est distingué comme mathématicien et astronome.

BERNSTORF (Jean Ernest HARTWIG, comte de), l'un des plus grands hommes d'État du xvme siècle, né à Hanovre en 1712, se fixa 'de bonne heure en Danemark. Après avoir été employé* dans diverses ambassades, il fut placé par Frédéric V à la tête des affaires étrangères II assura la paix au Danemark , négocia le traité de commerce de 1756 avec la Porte, attira dans le pays des artistes étrangers, favorisale commerce maritime, créa presque la marine marchande, et protégea les arts et les sciences. A la mort du roi, Struensée ayant été mis à la tête du conseil, Bemstorf se retira à Hambourg. Après la chute de Struensée. il fut rappelé : il allait se rendre à Copenhague, lorsqu'il mourut, en 1772.


BÉROALDE de VERVILLE (Franc.), écrivain, né à Paris en 1558, mort en 1612, était fils de Mathieu Béroalde, qui, après avoir été evêque, avait embrassé le calvinisme et était devenu ministre de l'Evangile à Genève. Élevé dans la religion calviniste, François se convertit, reçut les ordres et obtint en 1593 un bon canonicat à Tours. Savant presque universel, il a laissé un grandnombre d'ouvrages dans les genres les plus divers; mais il est surtout connu par le Moyen deparvenir.saùve piquante de la vie humaine, écrite dans le style de Rabelais. Puhlié pour la première fois en le 10, ce livre a été plusieurs fois réimprimé, notamment en 1844 par le bibliophile Jacob (P. Lacroix), avec commentaires.

BEROALDO (Phil.), littérateur italien , né à Bologne en 1453, mort en 1505, professa les belles lettres à Bologne, et vint enseigner à l'Université de Paris, où il fit goûter la littérature ancienne. Il a donné des éditions annotées de plusieurs auteurs latins, de Pline, Apulée, Aulu-Gelle, Suétone, Catulle, Properce; mais il est surtout connu par un duvrage curieux,intitulé : Declanïatio ebriosi,scor-tatoris et aleatoris, Bologne, 1499, fiction spirituelle dans laquelle trois mauvais sujets débattent lequel sera privé de la succession de leur père. —Cet auteur est quelquefois nommé l'Ancien, pour le distinguer d'un autre Philippe Beroaldo, dit le Jeune, son neveu, né en 1472, mort en 1518, auteur d'Odes et Epigrammes latines qui eurent un grand succès, et d'une édition des Annales de Tacite.


BËROË, nom de plusieurs villes anc V. BEREE. BEROLINUM, nom de Berlin en latin moderne.


BÉROSE, historien chaldéen, né à Babylone, était prêtre de Bélus et vivait au iv* siècle av. J.-C., vers le temps d'Alexandre et de Ptolémée Philadel-phe. Il avait écrit une Histoire de la Chaldéej dont Josèphe a cité quelques fragments, et dans laquelle il remontait jusqu'à la naissance du monde, et parlait d'un déluge universel. Il se distingua aussi dans l'astronomie fit fitconnattre une nouvelle espèce de cadran solaire. Il quitta sa patrie pour visiter la Grèce, et se fit tellement admirer des Athéniens qu'ils lui élevèrent une statue. Quelques savants font de l'astronome et de l'historien deux personnages différents. Fabricius a réuni dans le XIV0 vol. de sa Bibliothèque grecque les fragments de Bérose; on les trouve également dans les Fragmenta historié, grxco-rum de Didot, 1848. Richter les a publiés à part'àLeip-sick, en 1825, avec une Notice sur la vie de l'auteur. Annius de Viterbe avait en 1498 publié une histoire en 5 livres sous le nom de Bérose; mais on ne tarda point à reconnaître la fausseté de cet écrit.

BERQUIN (Arnaud), l'ami de l'enfance, né en 1749 à Langoiranprès de Bordeaux, mort en 1791 à Paris, commença à se faire connaître par des idylles etdes romances, puis consacra tous ses travaux à instruire et à distraire les enfants. Il publia successivement l'Ami des enfants, ouvrage imité de Weisse et qui fut couronné par l'Académie en 1784; Lecture pour les enfants; l'Ami de l'adolescence ; Sandfort et ilerton; le Petit Grandisson ; Bibliothèque des villages, le Livre de famille. Il travailla en outre au Moniteur et à la Feuille villageoise. Tous ses ouvrages respirent une saine morale et sont écrits dans un style simple et facile, à la portée de l'enfance. Ses œuvres complètes ont été publiées par Renouard, 1803, 20 vol. in-18, et fréquemment réimprimées.

BERRIAT-SAINT-PRIX (Jacq.), jurisconsulte, né en 1769 à Grenoble, mort en 1845, devint en 1805 professeur de procédure à l'Académie de Grenoble,


publia de 1808 à 1810 un Cours de procédure, qui attira sur lui l'attention, et fut appelé en 1819 à la Faculté de Paris, où il enseigna jusqu'à sa mort. Outre le Cours de procédure, on lui doit un Cours de droit criminel, 1817, une .Histoire de droit romain, suivie d'une Hist. de Cujas, 1821. Non moins habile philologue, il a donné une bonne édition critique des OEuvres de Boileau, 1830, 4 vol. in-8. Membre de l'Académie de Grenoble depuis 1796, de la Société des Antiquaires de France depuis 1820, il fut admis en 1840 à l'Académie des sciences morales.


BERRE, autrefois Cadarose, ch.-l. de caiit (Bou-ches-du-Rhône), sur l'étang de Berre,à 24 kil. S. O. d'Aix, à 23 kil. N. O. de Marseille; 1454 hab. Marais, air malsain. Amandes, figues, huile excellente. — L'étang de Berre, à l'E. du Rhône, est une grande lagune de la Méditerranée ; il forme plusieurs baies : les étangs de St-Chamas au N.; de Vains et de Marignane à l'E. L'Arc et le canal de Craponne se rendent dans cet étang. Pêche abondante, salines.

BERRUGUETE (Alph.), artiste espagnol, né près de Valladolid vers 1480, mort en 1561, fut àlafois, comme son maître Michel-Ange, peintre, sculpteur et architecte distingué. Charles-Quint le chargea de nombreux travaux pour l'Alcazar de Madrid, le palais de Grenade et la cathédrale de Tolède, où il exécuta toutes les sculptures du chœur. Il excellait surtout dans la statuaire, réunissant la correction du dessin, la noblesse des poses, avec un habile emploi des draperies et des détails anatomiques.

BERRUYER (Jos. Isaac), jésuite, né à Rouen en 1681, mort enl758, publia en 1728 et annéessuiv. une Histoire du peuple de Dieu (en 3 parties formant ensemble 14 vol. in-4), qui causa de grands scandales dans l'Eglise à cause de la manière légère et profane dont les événements sacrés y étaient racontés. Cet ouvrage, condamné par plusieurs évêques et même par le pape, n'en obtint pas moins un succès populaire.— Les passages incriminés ont été retranchés dans l'édition des frères Gauthier (Besançon, 1840).

BERRUYER (Jean Franc.), général (1737-1804), commanda en 1793 les troupes rassemblées par la Convention près de Paris, puis fut envoyédans la Vendée, y éprouva quelques échecs, et fut suspendu après sa défaite à Saumur. Il servit depuis en Suisse et en Italie, il fut nommé en 1796 gouverneur des Invalides.

BERRV, une des anciennes provinces de France, presque au centre, répondait a la plus grande partie du pays des Bituriges Cubi, et avait pour bornes au N.l'Orléanais, au S. la Marche, àl'O. laTouraine, à l'E. le Nivernais; ch.-l., Bourges. 11 se divisait en H. et B.-Berry. On remarquait dans le H.-Berry, outre Bourges : Dun-le-Roi, Chàteauneuf, Vierzon, Sancerre; dans le B.-Berry : Issoudun, Charost, La Châtre, Chateauroux, Argenton, Aigurande, Valen-çay, St-Aignan. Le petit Etat de Bois-Belle bu Hen-richemont était une enclave du H.-Berry. Auj. le Berry formeles dép. de l'Indre et du Cher, et quelques fractions de ceux de Loir-et-Cher, et de la Creuse. Fertilité assez grande : vins, céréales, lin, chanvre. Moutons renommés. Fer, ocre, etc. — Les Bituriges, qui avaient pour capitale Avaricum, opposèrent une vive résistance à César. Après la conquête, leur pays fut paisiblement possédé par les Romains jusque vers 475, époque où il fut envahi par Euric, roi des Vi-sigoths. Clovis s'en empara en 507.Le Berry fut alors gouverné par des chefs militaires ou comtes, qui finirent par se rendre indépendants, et qui sous Charles le Chauve érigèrent cette province en comté héréditaire. Vers 1100, Arpin, vicomte de Bourges, vendit son fief à Philippe I, roi de France, pour prendre la croix, et depuis ce moment ce fief ne fut détaché de la couronne que pour servir d'apanage aux princes du sang. Érigé en duché-pairie par le roi Jean (1360), il fut d'abord possédé par son 3° fils, Jean de France (dont l'art, suit), et ensuite par Charles (Charles VII), 2e fils de Charles VI : par Charles, frère de Louis XI (1461) ; par Jeanne de France, qui épousa Louis XII (1499); par Marguerite de Navarre, sœur de François I ; par Marguerite de Savoie, sœur de Henri II ; par le duc d'Anjou(Henri III) en 1570, et par la veuve de ce prince, la reine Louise. Après la mort de cette princesse (1601), le Berry fut définitivement réuni à la couronne. Depuis ce temps, letitrededucde Berry, devenu purement nominal, a été porté par un petit-filsdeLouis XIV, puispar Louis de France (LouisXVI) et enfin par Ferdinand, fils de Charles X.—L. Ray-nal a donné une Histoire du Berry, 1844-47.


BERRY (Canal du), fait communiquer le canal latéral à la Loire avec le Cher en traversant l'ancien Berry ; u commence un peu au-dessous de Nevers et passe à Bourges et àVierzon.


ISERRY (Jean DE FRANCE, duc de), 3" fils de Jean Je Bon, né en 1340 à Vincennes, mort en 1416, assista à la désastreuse bataille de Poitiers, où son père fut fait prisonnier (1356), et fut donné en otage aux Anglais lorsque le roi revint en France (1360). A la mort de son frère Charles V (1380), il fut nommé un des tuteurs du jeune roi Charles VI, conjointement avec les ducs d'Anjou et de Bourgogne; mais il ne se signala que par son avarice et sa rapacité. Les dissensions de ces princes firent le malheur de la France pendant la démence de Charles VI. Toutefois le duc de Berry fut celui qui eut le moins de Eart au pouvoir; il se contenta du gouvernement du anguedoc, où il exery1 toutes sortes de vexations et d'exactions. Charles V, , dès qu'il put gouverner, lui retira son gouvernerne* t et fit périr sur le bûcher Béthisac, le principal agei.t de sa tyrannie (1389). Le duc de Berry se vengea plus tard en promettant aux Anglais de leur livrer la Guyenne (1412).


BERRY (Charles, duc de), petit fils de Louis XIV, et 3° fils du grand Dauphin, né en 1686, m. en 1714, à 28 ans, ne joua aucun rôle politique et n'est guère connu que pour avoir épousé la fille du duc d'Orléans, si célèbre pour ses déportements (F. l'art, suiv.).

BERRY (Marie Louise Elisabeth D'ORLEANS, duchesse de), fille de Philippe d'Orléans, depuis régent, néeenl695, morte enl719, épousa en 1710 le duc de Berry, petit-fils de Louis XIV, et devint veuve dès 1714. Cette jeune princesse, qui avait reçu une très-mauvaise éducation et pour laquelle son père avait une faiblesse extrême, se livra avec une telle fureur à son goût pour le plaisir qu'elle succomba à l'âge de 24 ans. La malveillance l'a accusée de crimes qui ne .sont nullement prouvés.

BERRY (Ch. Ferd., duc de), 2° fils du comte d'Artois (Charles X), né à Versailles en 1778, suivit sa famille dans l'émigration, fit partie de l'armée de Oondé, revint en France en 1814 avec son père, et épousa, en 1816, la princesse Caroline, de la maison de Naples.Ilfut assassiné le 13 février 1820, en sortant de l'Opéra, parle fanatique Louvel, qui voulait éteindre en lui la race des Bourbons, et dont il eut en mourant la générosité de demander la grâce. Il laissa une fille, Louise Marie Thérèse (1819-1864), mariée en 1845 au duc de Parme, m. en 1864, et un fils posthume , le duc de Bordeaux, né le 29 septembre 1820, marié en 1846 à une princesse de Modène, et resté sans enfants. La duch. de Berry est morte en 1870.

RERRÏER (P. Ant ), avocat et homme politique français, né à Paris en 1790, m. en 1868; était fils d'un"avocat distingué, P. N. Berryer (1757-1841); se fit remarquer surtout dans des causes politiques (maréchal Ney, 1815, Lamennais, 1826, Chateaubriand, 1833, le prince Louis Napoléon, 1840, Mon-talembert, 1858), et aussi dans plusieurs procès civils et criminels importants ; fit partie, depuis 1839, de toutes les législatures, et s'y fit un grand nom comme soutien de la cause légitimiste et des opinions libérales ; fut ua des membres de l'Assemblée Législative qui, après le coup d'État de déc 1851,


?


réclamèrent la déchéance du Président; fut, en 854, élu membre de l'Académie française. A ses qualités oratoires il joignait une prestance majestueuse et un magnifique organe, oui donnaient à


ses discours un effet puissant à l'audition, mais en partie détruit à la lecture.


BERSABËE, v. de Palestine, à l'extrémité S., îut attribuée d'abord à la tribu de Juda, puis à celle de Siméon. Abraham y fit alliance avec Abimélech.

BERTAUT (Jean), poète, né à Caen en 1552, m. en 1611, était prêtre. 11 fut sucessivement précepteur duduc d'Angoulême, lecteur du roi,-évêque de Séez, aumônier de Marie de Médicis, et dut à son talent poétique ces postes éminents. H imita Ronsard, mais fut moins ampoulé et plus élégant, ce qui a fait dire à Boileau, dans l'Art poétique .


Ce poète orgueilleux (Ronsard), trébuché de si haut, Rendit plus retenus Desportes et Bertaut. Il a écrit des vers purs, pleins de sentiment et a contribué à perfectionner la langue. On a recueilli ses OEu-nres poétiques en 1vol. in-8, 1620 et 1623. Il a aussi laissé des Sermons pour toutes les fêtes de l'année.


BERTAUX (PUPLESSIS), dessinateur et graveur au burin, mort en 1815, adonné les Scènes de la Révolution (auxquelles il avait pris lui-même quelque part), les Métiers de Paris et les Cris de Paris, et les Campagnes de Napoléon en Italie, d'après Carie Ver-net, estampes qui eurent la vogue.

BERTHAULD (Pierre), oratorien, né à.Reims vers 1600, mort en 1681, professeur au collège de Marseille, est auteur du Florus Gatticus et du Florus Francicus, abrégés de notre histoire fort estimés, et d'un traité De Ara, plein d'érudition.—Un autre Berthauld, abbé, est auteur du Quadrille des Enfants ou Système nouveau de lecture, publié en 1743, in-8, souvent réimprimé. Dans ce système, on apprend à l'enfant à énoncer le son des lettres et des syllabes en lui mettant sous les yeux la figure d'objets dont le nom finit par ces lettres ou ces syllabes.

BERTHE (Ste), abbesse de Blangy en Artois, fille d'un seigneur de la cour de Clovis.II, épousa un prince du nom de Sigefroy, se retira après la mort de son époux au couvent de Blangy, qu'il avait fondé, et y mourut en 725. On l'honore le 4 juillet. — BERTHE , dite au grand pied (elle avait un pied plus grand que l'autre), fille d'un comte de Laon, épousa Pépin le Bref, roi de France, et fut mère de Cnarlemagne. Elle mourut à Choisy en 783, et fut enterrée à St-Denis. Elle est l'héroïne d'un poème composé par Adenêz au xm* siècle. — BERTHE, fille de Lothaire et de "Waldrade, épousa d'abord Thibaut, comte d'Arles, puis Adalbert, marquis de Toscane, et mourut en 925. A la beauté elle unissait l'esprit et le courage; mais par son ambition et ses intrigues, elle entraîna son mari dans. un grand nombre de guerres. — BERTHE, fille de Conrad, roi de Bourgogne, fut la 1" femme de Robert, roi de France (996), qui l'aima tendrement. Son mariage fut cassé par le pape pour .cause de parenté (Y. ROBERT). — BERTHE est aussïle nom delà 1™ femme de Philippe I, qui fut répudiée pour Berftade.

BERTHELIER (Philibert), brave Genevois, né en 1470. Lorsque Charles III, duc de Savoie, entreprit de soumettre Genève" à son pouvoir (1517), Berthe-iier, membre du conseil de cette ville, lui résista courageusement, et fît conclure à ses concitoyens un traité d'alliance avec Fribourg. Le duo s'étant emparé de Genève, ilfut pris et décapité (1519).

BERTHEREAU (George François), savant bénédictin, né à Bellême en 1732," fut professeur de grec et d'hébreu à l'abbaye de St-Lucien de Beau-vais, quitta l'enseignement pour s'associer aux travaux des religieux de sa congrégation sur l'histoire de France et fit d'amples extraits des manuscrits arabes se rattachant à 1 histoire des croisades : ces extraits n'avaient plus besoin que d'être revus lorsqu'il" mourut, en 1794. Ce savant a laissé en manuscrit : Histoire générale des Croisades, trad. de l'arabe, Hist. délai" Croisade; Bibliographie des Croisades Ses travaux ont été repris et continués de nos jours par l'Académie des inscriptions. BERTHEZÈNE (Pierre), général, né en 1775 à j Vendargues (Hérault), mort en 1847, s'enrôla en J 1793, fut nommé général de brigade en récompense i de sa belle conduite à "Wagram (1809), prit une | grande part aux victoires de Lutzen et de Bautzen jj (1813),aprèslesquelles il devint général de division, | seconda Napoléon pendant les Cent-Jours, et se dis-j tingua à Fleurus: fut exilé au retour des Bourbons, § mais rappelé au bout de peu d'années, eut un des | commandements les plus importants dans l'expédi-?| tion d'Alger, et gagna la bataille de Staouéli (1830); | fut nommé gouverneur général de l'Algérie en 1831 j et élevé à la pairie en 1832. Il a laissé des Souvenirs 1 militaires, publiés par son fils, Paris, 1855. | BERTHIER (Guill. François), jésuite, né à Issou-j dun en 1704, mort en 1782,' professa les humanités à i Blois, la philosophie à Rennes et à Rouen, puis la | théologie à Paris, et rédigea de 1745 à 1763 le Jour-| nal de Trévoux. Il eut de vifs démêlés avec Voltaire i et avec les encyclopédistes, dont il avait hardiment


? censuré les écrits. A la fin de 1762, le Dauphin le fit | nommer garde de la Bibliothèque royale, et adjoint i à l'éducation du duc de Berry (Louis XVI) et de


Monsieur. Après la dissolution de la Société des Jé-

suites, il alla se fixer à Offenbourg, rentra en France


1 au bout de 10 ans et se fixa à Bourges. Il a continué ! l'Histoire de l'Église gallicane commencée par le 1 P. Longueval, et a composé une Réfutation duCon- ? trat social, ainsi que des œuvres théologiques esti mées, notamment un Commentaire sur les Psaumes.


BERTHIER (L. Bénigne François), intendant de Paris en 1 789, fut une des premières victimes de la Révolution. Après la prise de la Bastille, il tomba entre les mains de forcenés qui le pendirent à une lanterne, après lui avoir fait baiser la tête de Foullon, son beau-père, qui venait d'éprouver le même sort.

BERTHIER (Alexandre) ,maréchal de l'Empire, né à Versailles en 1753, était fils d'un officier distingué du génie, et fit ses premières armes dans la guerre d'Amérique,d'où il revint colonel(1778). En 1789 il commandait la garde nationale de Versailles, et protégea la cour. Après avoir servi dans divers corps d'armée, il fut fait en 1796 général de division et envoyé en Italie : il y rendit les plus grands services au général en chef Bonaparte,, et se lia avec lui d'une étroite amitié. Chargé lui-même du commandement à la fin de 1797, ils'empara de Rome (lOfév. 1798), où il renversa le gouvernement papal et fit proclamer la république. Il accompagna Bonaparte en Egypte. Celui-ci, devenu premier consul, le choisit pour ministre de la guerre. Pendant les campagnes de Marengo, d'Austerlitz et d'Iéna, Berthier remplit avec le plus grand zèle les importantes fonctions de chef d'état-major. En 1809, il contribua puissamment à la victoire de "Wagram. Napoléon , satisfait de ses services, le combla de faveurs : il le nomma maréchal (1804), lui donna la principauté de Neuchâ-tel (1806), le créa vice-connétable, enfin prince de Wagram (1809), et lui fit épouser une nièce du roi de Bavière. Berthier prit part à l'expédition de Russie ; mais il désapprouvait cette entreprise et soupirait après le repos. Aussi fut-il des premiers à se soumettre aux Bourbons. Lors du retour de l'empereur, il voulut rester neutre et se retira à Bamberg auprès de son beau-père : il y périt peu après son arrivée (1er juin 1815) : selon les uns, il tomba du haut d'un balcon pendant un accès de fièvre chaude; selon d'autres, il en fut précipité par des hommes masqués qui restèrent inconnus. Berthier était plus propre à exécuter les ordres d'un autre qu'à commander en chef. Il a donné des relations de la Campagne d'Egypte, 1800, de la Bataille de Marengo, 1804, et a laissé des Mémoires, publiés en 1826. — Son fils, Napoléon Alexandre, né en 1810, pair de France par hérédité dès 1815, a été nommé en 1852 sénateur.


BERTHOLD, duc de Zaehringen. V. ZAEHRINGEN.


BERTHOLLET (Claude Louis), célèbre chimiste, né en 1748, à Talloire en Savoie, d'une famille


originaire de France, mort en 1822, étudia d'abord en médecine et vint de bonne heure à Paris où il fut nommé médecin du duc d'Orléans. Il abandonna sa profession pour se livrer tout entier à l'étude de la chimie, se fit connaître par d'excellents mémoires, et fut successivement nommé membre de l'Académie des sciences (1780), commissaire pour la direction des teintures (1784), membre de la commission des monnaies (1792), professeur aux écoles normales et à l'École polytechnique (1794); il entra à l'Institut dès sa fondation (1795). Il accompagna Bonaparte en Egypte, et fit dans ce pays d'importantes recherches sur le natron. Il fut nommé membre du sénat dès 1805, et devint pair sous la Restauration. Il passa ses dernières années dans sa maison d'Arcueil, où il avait formé une Société chimique devenue célèbre. Cuvier et Pariset ont prononcé son Éloge. Outre une foule de mémoires lus à l'Institut, à la société d'Arcueil ou dans d'autres sociétés savantes, il a donné : Éléments de l'art de la teinture, 1791'et 18Û4; Recherches sur les lois de l'affinité, 1801, Statique chimique, 1803, son œuvre capitale : il y pose les lois des doubles décompositions connues depuis sous le nom de lois de Berthollet. On lui doit la découverte des propriétés décolorantes du chlore et l'application de ces propriétés au blanchiment des toile?, l'emploi du charbon pour purifier l'eau, la fabrication de plusieurs poudres fulminantes. Il fut, avec Lavoisier et Guyton, un de ceux qui contribuèreut le plus à opérer en chimie une révolution salutaire. Il fut aussi, avec Monge, un de ceux qui furent chargés pendant les guerres de la Révolution de diriger la fabrication de la poudre et de multiplier les moyens de défense. BERTHOUD, ville de Suisse. T. BURGDORF.


BERTHOUD (Ferdinand), habile horloger, né en 1725 dans le comté de Neuchâtel, en Suisse, mort en 1807, vint se fixer à Paris en 1745, y fit les premières horloges marines destinées à faire connaître la longitude en mer et mérita d'être choisi pour horloger-mécanicien de la marine. Il fut nommé dès la création membre de l'Institut (1795). Ses horloges marines ont beaucoup servi au perfectionnement de la géographie. On a de lui : l'Art de conduire et de régler les pendules, 1759; Essai sur l'horlogerie, 1763 et 1786; Traites des horloges marines, 1787; Traité des montres à longitude, 1792; Histoire de la Mesure du temps, 1802. — Son neveu, Louis Bérthoud, mort en 1813, s'est aussi distingué comme horloger. On lui doit le châssis de compensation.


BERTIER. V. BERTHIER.


BERTIN (S.), moine de St-Colomban, né vers 610 à Constance en Suisse, mort en 709, dirigea longtemps comme abbé le monastère de Sithieu, qui avait été fondé par S. Orner, mais qui reçut depuis ensonhonneurle nomdeSt-Bertin.Onl'hon.le 5sept.

BERTIN (Nie), peintre, né à Paris en 1667, mort en 1736, élève de Jouvenet et de Boullongne, fut admis à l'Académie de peinture en 1703. Il avait un dessin ferme, expressif et correct. On estime de lui un Hercule délivrant Prométhée et S. Philippe baptisant l'eunuque de Candace. — Un autre peintre de ce nom, Jean Victor, natif aussi de Paris, 1775-1842, s'est livré au paysage historique. Il se distingue par la correction du dessin et l'harmonie du coloris, mais on lui reproche quelque monotonie. On cite de lui : une FèU de Bacchus, une Fête du dieu Pan, une Offrande à Vénus, Cicéron à son retour d'exil. Il forma d'excellents élèves, entre autres Michallon et Coignet.

BERTIN (Antoine), poète, né à l'Ile Bourbon en 1752, vint étudier à Paris, embrassa la carrière des armes et devint capitaine de cavalerie. 11 avait publie en 1773, dès l'âge de21 ans, un recueil depoésies diverses; il donna en 1782 un volume d'élégies, les Amours, qui eut un grand succès. Ses vers sont pleins de grâce et de sentiment; il imite souvent Tibulle, Properce ou Ovide. II mourut en 17 90 à St-Domingue, au moment où il se rendait à l'autel pour épouser une jeune créole. Bertin était l'ami de Parny, son compatriote. Ses OEuwes complètes ont été réunies à Paris on 1802 et en 1824, 1 vol. in-8.


BERTIN (Théod. Pierre), traducteur, né àDonne-raarie, en 1751, mort à Paris en 1819, introduisit «nFranee, en 1792, l'art de la sténographie, inventé par Taylor en Angleterre, et le perfectionna. Il a traduit de l'anglais : la Vie de Bacon de Mallet, 1788; les Satires d'Young, 1798, et le Système de Sténographie de. Taylor, 1792 et 1803.

BERTIN (L. Franc.), dit Bertin l'Aîné, écrivain politique, né à Pans en 1766, mort en 1841, était fils d'un secrétaire du duc de Choiseuï. Il fonda en 1799, dans le but de défendre les idées conservatrices, le Journal des Débats, qui, sous son habile direction, et grâce au concours d'hommes tels que Fiévée, Geoffroy, Dussault, Chateaubriand,1 Féletz, Bois-sonade, Malte-Brun, Hoffmann, Ch. Nodier, obtint bientôt un immen'se succès et jouit d'une grande autorité, surtout en littérature. Suspect de royalisme, il 'ut emprisonné au Temple en 1800,-puis exilé, et ne put rentrer en France qu'en 1805. En 1811 il se vit dépouillé, par décret impérial, de sa propriété. En 1814 il en reprit la direction et y soutint chaudement la cause de la Restauration. En 1815, il accompagna Louis XVIII en Belgique, et fut un des rédacteurs du Moniteur dit de Gand. En 1824, il se sépara, avec Chateaubriand, d'une politique devenue impopulaire, et îles lors le Journal des Débats prit la défense des doctrines constitutionnelles. Après 1830, Bertin l'aîné se rallia promptement à Louis-Philippe, et fut, ainsi que son frère, un des plus fermes appuis de la nouvelle monarchie. — Son frère, Pierre Louis Bertin de Vaux, 1771-1842, le seconda dans la rédaction du Journal des Débats, tout en dirigeant une maison de banque, qu'il avait fondée en 1801. Député dès 1815, secrétaire général du ministère de la police sous M. Decazes, conseiller d'État en 1827, il donna sa démission à l'avènement du ministère Po-lignac (1829). Le roi Louis-Philippe le rappela au conseil d'État, le nomma ambassadeur près du roi des Pays-Bas, et l'éleva en 1832 à la pairie. Après la mort de Bertin l'alné, le Journal des Débats a été dirigé successivement par ses deux fils, Armand Bertin, mort en 1854, et Ed. Bertin, mort en 1871. — Mlle Bertin, sœur d'Armand Berlin, s'est distinguée à la fois dans la poésie et la composition musicale; on lui doit la musique de quelques opéras (le Loup-Garou, opéra-comique, 1827; Fausto, opéra italien, 1831; Esméralda, donné au grand Opéra, 1836), et un recueil de poésies, les Glanes, œuvre remarquable par la délicatesse du sentiment et la pureté de la forme, qui fut couronnée par l'Académie en 1832.

BERTINAZZI (Cnarles), acteur célèbre, connu au théâtre sous le nom de Carlin, né à Turin en 1713, mort à Paris en 1783, a rempli au Théâtre-Italien de Paris depuis 1742 jusqu'à sa retraite le rôle d'Arlequin avec un succès continu. Il fit les délices des spectateurs par son jeu vrai, naturel, comique, et par la gaieté de ses lazzi. On a de lui les Métamorphoses d'Arlequin, comédie en 5 actes, 1763. Sa Correspondance avec Ganganelliest une pure invention.

BEUTINCOURT, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 10 k. E. de Bapaume: 1535 h.

BERTÏNORO, v. de l'État ecclésiastique, à 11 k. S. E. de Forli; 3000 hab. Evêché. Bons vins.

BERTON (Pierre MONTAN), habile musicien et compositeur, surintendant de la musique du roi et directeur de l'Opéra, né à Paris en 1727, mort en 1780. Sous son administration il s'opéra une véritable révolution musicale, due aux chefs-d'œuvre de Gluck et de Piccini. On lui doit à lui-même Érosine, opéra représenté en 1764, et le divertissement de Cythère assiégée, 1775. — Son fils, Henri Berton, né à Paris en 1766, mort en 1844, le surpassa comme compositeur. Il reçut les leçons de Sacchini, fit représenter à 20 ans, en 1787, son premier opéra comique, la Promesse de mariage, donna successivement plus de 40 autres ouvrages, dont plusieurs de circonstance (le Nouveau d'Assas, 1791 ; Viola, 93 ; Tyrtée, 97), fut professeur d'harmonie au Conservatoire dès la création (1796), devint en 1806 directeur de l'Opéra italien, en 1811 chef de chant à l'Académie de musique, et entra en 1815 à l'Institut. Il en fut arbitrairement exclu pour opinion politique en 1816, mais fut réélu en 1817. Parmi ses_nombreu-ses productions, on remarque Ponce de Léon, opéra bouffon, dont il fit les paroles aussi bien que lamu-sique (1798); Montano et Stéphanie (1798); le Délire (1801); Aline, reine de Golconde (1803); la Romance (1804); les Maris garçons (1806). Ses compositions se distinguent par l'originalité, l'élégance, la pureté du style et la vérité dramatique. Berton a laissé un Traite de l'harmonie, suivi d'un Dictionnaire des accords, 1815, 4 vol. in-4, et des Mémoires ppsthumes.—Son fils, nommé aussi Henri Berton, compositeur distingué, auteur daNinette à la cour, fut enlevé prématurément en 1832 par le. choléra.

BERTON (J. B.), général, né en 1769 près de Sedan, fit avec distinction les campagnes de la République et de l'Empire, pritMalaga, dont il fut nommé gouverneur, fut promu général en 1.813 et eut un commandement à la bataille de Toulouse ainsi qu'à Waterloo. Rayé des contrôles sous la Restauration à cause de son attachement à l'Empire, il en tra dans un complot contre les Bourbons ,et marcha sur Saumur à la tête de quelques insurgés; mais il fut pris, condamné à mort et aussitôt exécuté, 1822. On a de lui un Précis historique de la bataille de Waterloo, Paris, 1818- .:

BERTRADE, femme d'une grande beauté, fille d'un comte de Montfort et épouse de. Foulques le Réchin, comte d'Anjou, inspira une passion violente à Philippe I, roi de France, qui la fit divorcer pour l'épouser (1092), malgré l'opposition d'Yves,évêque de Chartres, et l'excommunication prononcée contre iui par le pape. Il promit bien de s'en séparer, mais il ne put jamais s'y résoudre.

BERTRAND (S.), archidiacre dePariset évêque du Mans, né en 553, mort en 623, était issu des comtes d'Aquitaine et vivait sous le règne de Clo-tairé. On l'honore le 3 juillet. — Êvèque. et patron de Comminges, 1073-1126, est honoré le 15 octob. BERTRAND-MOLLEVILLE (Ant. Franc., marquis de), ministre d'État, né à Toulouse enl7441 mortàPa-ris en 1818, fut nommé par le chancelierMaupeou intendant de Bretagne, reçut la mission'de dissoudre le parlement de Rennes, fut appelé en 1791 par Louis XVI au ministère de la manne, eut de vifs démêlés avec l'Assemblée constituante, surtout à l'occasion des désastres de St-Dominguéj et se vit bientôt obligé de se retirer. Décrété d'accusation en 1792, il se réfugia en Angleterre, où'H rédigea plusieurs écrits politiques et historiques. "Lès principaux sont une histoire 'de la révolution de France, en 14 vol. in-8, Paris, 1800-3, qui passe pour fort partiale, et des Mémoires particuliers sur le règne de LouisXVI, 2 vol. in-8, 1816.

BERTRANU (H. Gratien, comte), le fidèle ami de Napoléon, né en 1773 à Châteauroux, di son père était maître des eaux, et forêts, mort en, 1844, servit dans le génje, fit la campagne d'Egypte, contribua au gain de la bataille d'Aboukir (1799), après laquelle Bonaparte le choisit pour-aide, de camp, et revint en Europe avec le grade de général _ de brigade. H eut une part glorieuse aux victoires d'Austerlitz, deFriedland, de Wagrain, fut en récompense nommé général de division, comte de l'Empire, et devint" grand maréchal du palais à la mort de Duroc (1813). Il protégea la retraite de nos troupes en Allemagne, sauva les débris jle l'armée après le désastre de Leipsi,ck, défendit intrépidement le territoire français en 1814, surtout à Mont-mi™) suivit l'Empereur à l'île d'Elbe, puis à S'tsHélène, où il fut son plus intime confident et son i secrétaire, et ne le quitta qu'après lui avoir fermé . les yeux. Il avait été condamné à mort par contu-; tumace en 1816 : à son retour de Ste-Hélène (1821), ? Louis XVIII annula la peine et lui rendit ses gra-fdes. Elu en 1830 député deChâteauroux, il se mon-| tra le zélé défenseur de l'ancienne armée et en même | temps de la liberté illimitée de la presse. Il accompa-| gna en 1840 le prince de Joinville à Ste-Hélène et ï rapporta en France avec lui les restes de l'Empereur. | Ses propres restes ont été déposés aux Invalides, auprès de ceux de Napoléon ; Châteauroux lui a élevé une statue (1854). Ses fils ont publié en 1847 les Campagnes d'Egypte et de Syrie (2 v. in-8 et atlas), qu'il avait écrites à Ste-Hélène. sous la dictée de Napoléon. BERTRAND (le Dr Alexandre), né à Rennes en 1795, mort en 1831, étudia la médecine à Paris après avoir | passé par l'École polytechnique. Observant en phi-i iosophe les curieux phénomènes du magnétisme et | du somnambulisme, il les rapporta à un état parti-I culier qu'il nqmmait extase, et tenta d'expliquer | avec leur secours des faits extraordinaires attribués | jusque-là soit à une intervention surnaturelle, divine | ou diabolique, soit à la jonglerie. Il écrivit dans ce | but plusieurs ouvrages : Traité du somnambulisme, I 1823; du Magnétisme enFrance, 1826; de l'Extase, - 1829. On a aussi de lui des Lettres sur les révolu- - lions du globe, 1824, et des Lettres sur la physi-~ que, 1825, où il s'attache à mettre les résultats delà science à la portée des gens du monde. Bertrand avait été un des fondateurs du Globe.


BERTUCH (Fréd. Justin), compilateur allemand, né à Weimarenl748, morten 1822, fut d'abord précepteur chez le baron d'Echt, puis secrétaire, et en-


fin conseiller de légation du duc de Saxe-Weimar. On lui doit de bonnes traductions d'ouvrages fran-

çais et espagnols, notamment du Don Quichotte; la publication de la Bibliothèque bleue ( 1790-1800), recueil de contes de fées, qui obtint une im-


- mense popularité; le Bilderbuch ou livre d'images,


(1790-1815), vaste collection d'estampes avec un texte instructif à l'usage des enfants (ce livre a été mis en latin sous le titre de Novus orbispictus). Bertuch fonda avec Wieland le Journal général de littérature, 1784; avec Kraus, le Journal, du luxe et des modes, 1786; et avec le baron de Zach, l'Institut géographique de Weimar.


BÉRULLJE (Pierre de), cardinal, né en 1574 au château de Sôrilly près de Troyes. mort en 1629, établit en France, eh 1611, l'ordre des Carmélites et la congrégation de l'Oratoire, malgré les obstacles de toute espèce qui lui furent opposés. Jouissant de toute la confiance de Louis XIII et de la reine mère, il fut chargé de plusieurs négociations importantes, notamment de solliciter à Rome une dispense pour le mariage d'Henriette de France avec le prince de Galles, qui était anglican. Il mourut subitement en célébrant la messe. Il avait été nommé cardinal 2 ans auparavant. Protecteur des lettres, il encouragea Descartes et favorisa la publication de la Bible polyglotte de Lejay; il a lui-même laissé d'excellents écrits (publ. parle P. Bourgoing, 1644, 2 vol. in-fol. et à Montrouge, 1856). M. Nourrisson a donné le Cardinal %e Bérulle, sa Vie et ses Écrits, 1856.

BERVIC (Charles Clément BALVAY, dit), graveur en taille-douce, né à Paris en 1756, morten 1822, a relevé, par la pureté de son goût et la sévérité de son dessin, l'art de la gravure, qui depuis un siècle était tombée en décadence. On estime surtout de lui S. Jean dans le désert, d'après Raphaël ;l'j^-ducation d'Achille, de Regnault; l'Enlèvement de Déjanire, du Guide, qui obtint en 1810 le prix décennal. Il fut admis à l'Institut en 1803.

BERWICK, comté d'Ecosse, entre ceux d'Had-dington, Roxburgh, Edimbourg, Selkirk; 53 kil. 9-u 31; 34 7S0 hab. ; ch.-l. Greenlaw. Ce comté répond en partie à l'anc. prov. romaine de Yalentia.


BERWICK, autrefois Tuesis, v. et port d'Angleterre \ \ ' \


(Northumberland), à 90 kil. S. E. d'Edimbourg, à l'emb. de la Tweed, ce quil'afait nommer Berwipk-sur-Tweed; 15 000 hab. Grande et bien bâtie. Beau pont de six arches', hôtel de ville, casernes, chemin de fer. Grande pêcherie de saumons, importation de bois de construction de la Norvège. Après, avoir longtemps appartenu à l'Ecosse et avoir subi plusieurs sièges cette v. fut cédée à l'Angleterre enl502.


BERWICK (NORD-), v. d'Ecosse (Haddington), à il kil. N. E. d'Haddington, à 50kil. N. O. de Berwick -sur-Tweed; 1800 hab. Station de chemin de fer.

BERWICK (Jacques FITZ-JAMES, duc de), maréchal de France, né en 1670, mort en 1734, était fils naturel du duc d'York (depuis Jacques II). Il fit ses premières armes en Hongrie, et assistaau siège de Bude en 1686. Il prit après la révolution de 1688 une part très-active à toutes les tentatives qui furent faites pour replacer son père sur le trône, se fit naturaliser Français quand sa cause fut désespérée, servit sous Luxembourg et Villeroi, et développa de grands talents militaires. Louis XIV lui confia en 1704 le commandement des troupes françaises ?et. Espagne ; l'année suivante il l'envoya contre les Ca-misards du Languedoc. Créé maréchal en 1706 et envoyé de nouveau en Espagne, il gagna en 170r la bataille d'Almanza, qui rendit à Philippe V k royaume de Valence ; en 1714, il prit Barcelone. La guerre s'étant rallumée en 1719, il enleva aux Espagnols Fontarabie, Urgel et St-Sébastien. En 1733, il reçut le commandement de l'armée du Rhin, et fit le siège de Philipsbourg : il y fut tué d'un boulet de canon. Berwick est placé comme général . à côté de Villars et de Catinat. Margon avait publié en 1737, sous le titre de Mémoires du marécha1 de Berwick, un ouvrage informe ; mais le duo de Fitz-James, petit-fils du maréchal, a donné ses véritables Mémoires, revus par l'abbé Hook, 1778.

BÉRYTE, Berytus, auj. Baïrout ou Beyrouth, v. de Phénicie, sur la côte, auN. de Sidon. Colonisée sous Auguste , elle reçut le nom de Julia Augusta Félix. A partir du m* siècle elle eut une école de droit fameuse qui subsista jusqu'au vr> siècle. Dévastée en 384 et 554 par des tremblements de terre. Patrie de l'historien Sanchoniathon. — Pour la v. actuelle, V. BEYROUTH.

BERZÉLIUS (Jacq.), célèbre chimiste suédois, ne en 1779 près de Linkœping (Ostrogothie), mort eu 1848, était fils d'un maître d'école. Il étudia d'abord la médecine, fréquenta en même temps le laboratoire de chimie d Afzelius et y prit un goût décidé pour la chimie; se fit connaître dès 1800 par des observations sur les eaux minérales de Medevi (1800), publia bientôt après des Recherches sur les effets du galvanisme (1802), fut en 1804 nommé professeur à l'Ecole de médecine de Stockholm, commença en 1806, avec Hisinger, la publication de Mémoires relatifs à la physique, à la chimie et à la minéralogie; fut en 1808 admis à l'Académie de Stockholm, devint en 1818 le secrétaire perpétuel de cette compagnie, et reçut du roi Charles-Jean (Bernadotte) des titres de noblesse en récompense des services qu'il avait rendus à la science. Désirant se livrer tout entier à ses recherches expérimentales, il renonça en 1832 aux fonctions de l'enseignement. Berzélius fut le premier analyste du siècle : outre un nombre immense d'analyses faites avec la plus grande précision, on lui doit la découverte de plusieurs corps simples (cerium, sélénium, sirconium, thorinium), la connaissance des combinaisons du soufre avec le phosphore, l'étude du fluor et des fluorures, la détermination d'un grand nombre d'équivalents chimiques. II fut presque le créateur de la chimie organique. Philosophe aussi bien qu'expérimentateur, il consolida la théorie atomistique ainsi que celle des proportions chimiques; il inventa et fit admettre universellement, pour exprimer la composition des corps, des for-I mules chimiques analogues aux formules algébriques; enfin il adopta, pour expliquer les phénomènes, la célèbre théorie du dualisme électro-chimique, et fit au moyen de cette théorie de nombreuses reformes dans la nomenclature et la classification. II fut aussi un des premiers à fonder la minéralogie sur la connaissance des éléments chimiques des corps : ses vues sur ce sujet sont exposées dans son Nouveau système de mi'ndralogie (Paris, 1819,in-8). Outre un nombre infini de mémoires, Berzélius a rédigé un grand Traité de chimie, qui est un des ouvrages les plus complets sur la matière: la 1™ édition en fut publiée à Stockholm de 1808 à 1818 en 3 v.in-8. Ce traité a été traduit et refondu, avec le concours de l'auteur, en 1840 et années suivantes;parMM. Ess-linger et Hœfer, 8 vol. in-8 (chez Dmot). On doit encore à Berzélius un Traité des proportions chimiques , ainsi qu'un Traité du chalumeau : ces deux ouvrages ont aussi été traduits en français (le 1" en 1812 et 1835, le 2* en 1821). Enfin, il publia, à partir de 1822, un Compte rendu annuel des progrès de la chimie et de la minéralogie, recueil précieux qui contient l'exposition et l'appréciation, souvent sévère, des travatix faits dans tous les pays; il le continua jusqu'à sa mort. Berzélius était depuis 1832 associé de l'Institut de France.

BESANÇON. Vesontio, ch.-l. du dép. du Doubs, sur le Doubs, a 350 kil. S. E. de Paris (399 par Dijon); 46756 hab. Archevêché, église consistoriale calviniste; cour d'appel; tribunal de 1™ instance et de commerce; académie universitaire, facultés des lettres et des sciences, lycée. Ch.-l. de la 7* division militaire ; place forte, citadelle (ouvrage de Vauban) ; école d'artillerie. Beau pont, belle cathédrale gothique, églises diverses; anc palais de Granvelle; riche bibliothèque, musée Paris et musée d'antiquités, sociétés savantes. Restes d'antiquités. Fabriques de bas, tapis de pied, bleu de Prusse et bleu céleste ; horlogerie, chapellerie, distillerie; raffinerie impériale de poudre et salpêtres, etc. Commerce actif, surtout avec la Suisse, l'Alsace et le midi de la France. Patrie de Dunod, J. B. Bullet, Màiret, Paris, Chifflet, Nonotte. Suard, Ch. Nodier, V. Hugo.— Vesontio, l'une des plus importantes cités des Sé-quanais, se soumit à César l'an 58 av. J. C. Métropole de la Grande Séquanaise sous l'empire romain; dévastée en 456 par les Burgundes, en 937 par les Hongrois; ville impériale de 1184 à 1648; réunie à l'Espagne en 1648 et depuis lors, capit. de la Franche-Comté. Prise par Louis XIV en 1668, elle appartient à la France depuis 1674, ainsi que toute la province. Un parlement y avait été établi en 1668 et une université en 1676. Besançon fut vainement assiégée par les Autrichiens en 1814.

BESENSTADT, v. des Etats prussiens (Saxe), sur l'Elster, entre Halle et "Wettin. Les fils de Henri l'Illustre y vainquirent Albert de Brunsvnck en 1263, et assurèrent ainsi à leur maison le margraviat de Misnie, qui lui avait été conféré en 1247.

BESENVAL ( Pierre Victor, baron de), officier suisse au service de la France, né à Soleure en 1722, mort en 1791, était en 17 89 lieutenant général et inspecteur général des Suisses et Grisons. Chargé de commander des troupes réunies autour de Paris, il ne prit que des mesures timides, et finit par s'éloi-«neravec des passe-ports qu'il s'était ménagés. Arrêté dans sa fuite et traduit au tribunal du Châtelet, il fut déclaré innocent et resta depuis oublié. On a publié des Mémoires de Besenval, 1805-1807, 4 vol. in-8; mais cette publication, pleine d'anecdotes scandaleuses, a été désavouée par sa famille.

BF.SIKA (baie de), à l'entrée des Dardanelles, côte orientale, à 48 heures de Constantinbple, et en vue de l'ancienne Troie, offre un bon mouillage.

BESME ou BÊ11E (Ch. DAIIOWITZ, dit), ainsi appelé parce qu'il était natif de Bohême, fut élevé par les Guise, et eut la principale part au meurtre de Co-ligny : c'est lui qui jeta le corps de la victime par les fenêtres, 11 tomba dans la suite entre les mains des protestants de la Samtonge : il était parvenu à s'ê- _ chapper de leurs mains; mais Bertauville, gouveiv" neurde la place où il avait été détenu, l'atteignit, -et le perça-de son épée, 1575.

BESSAJPARA, auj. BaSardjik, v. de Thrace, chss" les Besses, dont elle était la principale place. , -

BESSARABA, famille qui a joué un rôle historique dans les contrées situées entre le Dniester et le Prath, prétendait descendre de la famille impériale ~ des Cantacuzène. Elle a fourni à la Valachie plusieurs voïvodes et a laissé sonnom àla Bessarabie, qui long» temps fut sous sa dépendance. On connaît surtout : Rodolphe Bessaraba, dit le Noir, mort en 1265 : il fonda la principauté de Valachie aux dépens des Hongrois, pendant l'invasion de Batou-Khan et bâtit Bu-charest;— Mirce Bessaraba, voïvode de 1382 à 1418 i il prit part à la bataille de Cassova, et futcontrainide =, signer, en 1393, un.traité qui le constituait vassal " de Bajazet ï; — Michel Bessaraba, dit le Brave, voïvode de 1592 à 1601 : il s'allia, afin d'affranchir son pays de la domination c ottomane^. avec Sigismbnd Bathoiï, voïvode de Transylvanie, et avec l'emp. Rodolphe II; il voulut ensuite s'emparer de la Transylvanie, mais il succomba devant une coalition de l'Autriche et de la Pologne;—Mathieu Bessaraba, de 1633 à 1654 : il s'efforça de rendre son pays indépen dantde la Turquie, mais sansyréussir complètement ; —Constantin Branjoovan. Bessaraba, voïvode de 1688 à 1714 : recherchant et trahissant tour £ tour les Russes, les Autrichiens et les Turcs, il se perdit par cette conduite équivoque: il fut étranglé, à Constantinople comme trattre, ayec ses quatre fils. Avec lui finit lé rôle historique de cette famille.

BESSARABIE, gou'vt frontière de la Russie d'Europe, borné au N. par celui de la Podolie, à l'E. pai celui de Kherson, au S: parla mer, à l'O. parla Moldavie, dont le Pruth la sépare; 400 k. sur 164; 600000h.; ch.-l., Kichenev; autres villes, Bendér, Ismaïl, Cnotim ou Choczim, Kilia, Aktermann. Rivières : Danube, Çruth, Dniester, Kagalnik. Pays de plaines, fertile en" grains, fruits, raisins; 'excellents pâturages.—La Bessarabie faisait jadis partie de Is Dacie Trajane; elle fut successivement comprise dans les empires des Goths, des Huns, des Avares, des Petchenègues, fut affranchie au XIH8 s. par Rodolr phe Bessaraba, dont elle prit le nom, fit dès lors partie de la Valachie, fut réunie à la Moldavie auxiv" s., fut conquise par les Ottomans en 1484, et cédée a la Russie en 1812. Par le traitéÀe Paris de 1856,. la partie mérid., qui côtoie le Danube, a été restituée à la Moldavie.

BESSARION (Jean), cardinal, né à_ Trébizonde en 1395, mort à Ravenneènl472, était un simple religieux de l'ordre, de St-BasEe, dans un monastère du Péloponèse. En 1438, lorsque l'empereur Jean Paléologue eut formé le projet de réunir l'église grecque, à l'église, latine, il.tira Bessarion de sa retraite, ie fit évoque de Nicée, et l'amena en Italie avec plusieurs autres savants. L'union ayant été prononcée au concile de Ferrare, le pape Eugène IV, pour récompenser le zèle de Bessarion, le fit cardinal (1439). Dès lors, les Grecs schismatiques conçurent une telle aversion pour lui qu'il ne voulut plus retourner aumilieu d'eux. Il fixa son sèjop àRome, où sa maison devint le. rendez-vous de tous ceux qui cultivaient les lettres. Pie II lui conféra le titre de patriarche de Constantinople (1463). A la mort de Nicolas V et de Paul II, il eut un grand nombre de voix pour obtenir la tiare. La cour de Rome lui confia plusieurs, missions importantes. Les écrits de ce cardinal tiennent un rang distingué parmi ceux qui marquèrent la renaissance des lettres; ils contribuèrent surtout à faire revivie en Italie le goût de la philosophie jplatonicienne. On a imprimé de lui 4 livres, enlatm, Contre les calomniateurs de Platon, Rome, 1469i (circa), in-fol.; Orationes de Vella Turcis inferendo, Paris, 1471; une trad. latine des 4 livres de Xénophon sur Socrate, Louvain, 1533; une trad. latine de la Métaphysique d'Aristote, Paris, 1516. Il avait aussi composé beaucoup d'ouvrages de théologie, qui sont restes manuscrits.

BESSE, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), à 24 k. O. d'Issoire; 927 h. Aux environs, eau minérale, lac Pavin, qui occupe le cratère d'un volcan. — Ch.-l. de cant. (Var),à llk.S.E.de Brignolles: 1560 h.

BESSÈGE, vge du dép. du Gard, arr. d'Alais, cant. de St-Ambroix; 4500 h. Mines de nouille, hauts fourneaux. Chemin de fer conduisant à la Grand'Combe.

BESSEL (Fréd. Guill.), astronome, né à Minden en 1784, mort en 1846, fut l'élève d'Olbers qui le fit attacher à l'université de Gœttingue, fut appelé en 1810 à une chaire d'astronomie à Kœnigsberg, dirigea la construction de l'observatoire de cette ville, et y fit une foule d'observations et de découvertes, dont il publia le recueil. Comme Arago, il chercha, dans ses lectures populaires, à rendre la science accessible à tous. Dès 1840, il avait conjecturé qu'il devait exister une grande planète au delà d'Uranus, préludant ainsi à la découverte de Neptune, que M. Leverrier accomplit en 1846.

BESSES, Bessi, peuple de la Thrace, au S. O., habitait les monts Rhodopes, à l'O. du Strymon. Ils étaient féroces, sauvages et voleurs. On nommait leur pays Bessique; il avait pour ch.-l. Bessapara.

BESSIÈRES (J. B.), duc d'Istrie, maréchal de l'Empire, né à Preissac en Quercy, en 1768, d'une famille pauvre, mort en 1813, servit d'abord comme simple soldat dans la garde constitutionnelle de Louis XVI. Dans les guerres de la République, il se distingua surtout à Roveredo et à Rivoli; Bonaparte, témoin de sa bravoure, l'attacha à sa personne en le nommant commandant de ses guides et l'emmena en Egypte avec le titre de général de brigade; il lui confia un commandement important dans sa 2° campagne d'Italie : à Marengo, c'est Bessières qui décida la victoire par une dernière charge de cavalerie. Il fut créé maréchal lors de l'établissement de l'empire. Après avoir pris une part glorieuse aux batailles d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eyiau, de Friedland, il passa en Espagne en 1808, et y gagna les bat. de Medina-del-Rio-SecOj de Burgos, de Somo-Sierra; il fut en récompense fait duc d'Istrie. Il commandait la cavalerie de la garde impériale dans la campagne de 1813, en Saxe : il y fut tué, le 1" mai, au combat qui précéda la bataille de Lutzen. La ville de Preissac lui a élevé une statue en 1846.

BESSIN fie), Bajocasses, petit pays de la B.-Nor-mandie, entre la mer, la campagne de Caen, le Bocage, le Cotentin, a pour villes principales : Bayeux, St-LÔ, Isigny, Port-en-Bessin. Il est auj. réparti entre les dép. du Calvados et de la Manche.

BESSINES, ch.-l. de cant. (H.-Yienne), à 24 kil. E. deBellac; 2000 hab.

BESSUS, satrape de la Bactriane sous Darius III, trahit ce prince, l'assassina après la bat. d'Arbèles, et prit le titre de roi de la Bactriane. Alexandre le poursuivit, le prit; et le livra à un frère de Darius, qui le fit périr dans les plus cruels tourments.

BESTUCHEFF-RIUMIN (Alexis, comte de), chancelier de Russie et sénateur, né à Moscou en 1693, mort en 1766, fut chargé de plusieurs ambassades en Angleterre, en Suède, etc., par Pierre I et Anne, s'attacha à Biren, devint chancelier sous Elisabeth (1741), négocia la paix d'Abo, renversa le favori Lestocq, fut exilé en 1758 sous l'inculpation de trahison, supporta noblement cette injuste disgrâce et rentra en faveur sous Catherine II en 1762. — Michel Bestucheff, lieutenant d'artillerie, entra en 1825 dans une conspiration contre l'Empereur Nicolas, et fut mis à mort, en 1826, à l'âge de 30 ans.—Alexandre Bestucheff, né en 1795, également impliqué dans la conspiration contre l'empereur Nicolas, fut exilé en Sibérie, puis enrôlé dans l'armée du Caucase, où il fut tué en 1837. Il s'est l'ait connaître comme romancier : il excelle surtout à décrire la vie du soldat.

BÊTAU ou BETUWE, pays de '.a Hollande (Gueldre), dans le S. O. de l'île que forment le Wahal et le Rhin. On retrouve dans son nom celui des Batavet.

BÉTHANIE, bourg de la tribu de Benjamin, près de Jérusalem, au pied du mont des Oliviers. C'est là. qu'habitaient Lazare et ses sœurs Marthe et Marie, et qu'eut lieu le miracle de la résurrection de Lazare.

BÉTHEL, v. de la tribu de Benjamin, sur les confins de celle d'Ephraïm. Dieu y apparut à Jacob et lui promit la terre de Chanaan : c'est en mémoire de cet événement que Jacob donna à ce lieu le nom de Béthel, qui veut dire maison de Dieu.

BÉTHENCOURT (Jean de), gentilhomme normand, chambellan de Charles VI, se fit céder les droits du roi de Castille sur les Canaries, partit de La Rochelle en 1402 pour aller former un établissement dans une de ces îles, puis réussit, avec le secours qu'il obtint du roi d'Aragon et du roi de France, à les soumettre toutes. En 1406, il laissa le gouvernement des Canaries à son neveu Maciot de Béthen-court, et revint dans son pays pour y passer le reste de ses jours. I! mourut à Granville en 2425.

BÉTHISAC (J.), conseiller et favori du duc de Berry, frère de Charles V, opprimait cruellement les habitants du Languedoc, dont le duc était gouverneur. Charles VI le fit arrêter et juger : impliqué en même temps dans une accusation d'hérésie, il fut condamné à être brûlé vil, 1389.

BÉTHISY (Eug. de), marquis de Mézières,_ général de cavalerie, 1656-1721, servit avec distinction sous Luxembourg et Catinat, se signala surtout à Steinkerque, à la Marsaille et couvrit la retraitée la malheureuse affaire de Ramillies. — Eustache-comte deB., de la même famille,. 1737-1823, servit vaillamment sous le duc de Richelieu à Minorque, contribua au gain de la bataille de Johannisberg en 1762, émigra en 1791, eut un commandement dans l'armée de Condé et devint, à la Restauration, gouverneur des Tuileries.

BETHLÉEM, d'abord Éphrata, auj. Beit-él-Làhm, vge de Judée, dans la tribu de Juda, auj. en Syrie (Damas), à 10 kil. S. de Jérusalem; 3000 familles. Ce lieu est célèbre par la naissance du Sauveur. Il fut pris par les Croisés en 1099. On y voit un vaste couvent enclos de hautes murailles, et une église élevée sur le lieu même où naquit Jésus. On y vend des croix de bois incrustées de nacre. — Il y avait en Judée un autre Bethléem, à 40 kil. N. O. de Géné-sareth. — Plusieurs villes des États-Unis ont reçu le même nom, une entre autres dans la Pensylvanie, à 80 kil. N. O. de Philadelphie; 3000 hab. Fondée en 1741 par les frères Moraves.

BETHLEM-GABOR, fils d'un gentilhomme pauvre de Transylvanie, chassa avec l'aide des Turcs le prince Gabriel Bathori, qui avait été son bienfaiteur, et se fit proclamer à sa place prince de Transylvanie, en 1613. Ayant fait ensuite plusieurs conquêtes en Hongrie, il prit le titre de roi de ce pays en 1618. Dans la guerre de Trente ans, il soutint la Bohême, révoltée contre l'Autriche, et menaça Vienne. L'emp. Ferdinand II envoya contre luiTilîy et Wallstein, ce qui le força à demander la paix et à renoncer au titre de roi de Hongrie. Il mourut en 1629, au moment où il allait reprendre les armes.

BÉTHORON.villelévitique de Palestine (Ëphraïm), au N. E. de Jérusalem. Josué y battit les rois cha-nanéens; le général Nicanor, envoyé contre Judas Machabée, y périt.

BETHSABÉE, femme d'Urie, lui fut enlevée par David, qui la rendit mère de Salomon. Y. URIE.

BÉTHULIE, v. delatribudeZabulon, à l'O. du lac Génésareth, est célèbre parle siège qu'elle soutint contre Holoferne, et que fit lever Judith, l'an 659 av. J.-C. C'est auj. Safet.

BÉTHUNE, ch.-l. d'arrond. (Pas-de-Calais), sur la Brette et sur les canaux de Lavr et d'Aire, à 30 k. N. O. d'Arras; 7273 hab. Ville forte. Trib., collège. Jolie église; chemin de fer. Huile, savon, genièvre. raffineries de sel et de sucre, draps, toiles, salaisons, etc. . atrie de Buridan. C'est à Béthune qu'ont été percés les premiers puits artésiens. — Cette v., qui eut des seigneurs particuliers des le si" s., a suivi le sort de l'Artois. Enlevée aux Espagnols par Gaston d'Orléans en 1645. reprise en 1710 par le prince Eugène, elle fut réunie définitivement à la France parle traité d'Utrecht (1713).


BÉTHUNE (maison de), noble maison de l'Artois, qui remonte au xi° siècle, se divisait en plusieurs branches, dont les principales sont celles i'Orval, de Sully, de Charost et de Selles. Elle s'est éteinte au commencement de notre siècle. Les membres les plus célèbres de cette famille sont :

BETHUNE (Maximilien de), ministre de Henri IV, plus connu sous le nom de Sully. V. SULLT.

BETHUNE (Phil. de), comte de Selles et de Charost, frère puîné du célèbre Sully. Il fut ambassadeur en Ecosse, à Rome, en Savoie et en Allemagne sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII, et gouverneur de Gaston, duc d'Orléans. Il mourut en 1649, à 88 ans. On a de lui Observations et Maximes politiques pouvant servir au maniement des affaires publiques, à la suite de l'Ambassade de Mgr le duc d'Angoulême, publiée par Henri, comte de Béthune, en 1677. - Son fils, Hipp. de Béthune, né en 1603, m. en 1665, servit avec distinction sous Louis XIII. il légua à Louis XIV 2500 manuscrits, dont 1200 regardent l'histoire de France. Ils furent tous déposés à la Bibliothèque royale, où ils forment le Fonds de Béthune.—Armand Joseph de Béthune, duc de Charost, né à Versailles en 1728, mort en 1800, s'est fait un nom par sa philanthropie et par son zèle pour les progrès de l'agriculture et de l'industrie. A l'Assemblée des notables en 1788, il se prononça pour l'égale répartition des impôts sur toutes les classes. Maire du. 12" arrondissement de Paris en 1793, il périt victime de son dévouement en soignant des malades atteints de la petite vérole. Il créa plusieurs institutions charitables.

BÉTIQUE, Bxtica, à peu près l'Andalousie et le roy de Grenade des modernes, prov.de l'Hispanie, la plus méridionale de toutes, bornée au S. par la Méditerranée, au N. et à l'O. par l'Anas (Guadiana), qui la sépare de la Tarraconaise, était ainsi nommée du Bxtis (Guadalquivir) qui la traversait. On y remarquait : au N. les Turduli, au S. les Basluli Pœni, à l'E. les Baslitani, au N. O. les Bœturiani, au S. O. les Turdetani. Places principales : Corduba, Ilalica, Hispalis, Cades, Astigis, Barbesula, Carteia, Ma-laca, Munda, etc. Plusieurs villes de la Bétique étaient des colonies phéniciennes et carthaginoises. C'était un des pays les plus beaux, les plus fertiles et les plus commerçants de l'Hispanie.—Pour l'histoire de cette contrée, V. ANDALOUSIE.

BÉTIS, gouverneur de Gaza pour Darius III, défendit avec courage pendant deux mois cette ville contre Alexandre, mais finit par être vaincu et pris. Le conquérant, irrité de sa résistance, le fit attacher à un char et traîner autour de la ville, à l'imitation de la conduite d'Achille envers Hector.

BETJOUANAS, peuple de la famille cafre, habite les déserts de l'Afrique méridionale, entre 19" et 27° jat. S., dans la Cafrerie intérieure; ils élèvent des bêtes a cornes, préparent les peaux et l'ivoire. Leur pays a été vu pour la première fois en 1801 par les Anglais Trutter et Somerville.


BETLIS, v. d'Arménie. V. BIMJS.


BETTINELLI (Xavier), littérateur italien, né à Mantoue en 1718, mort en 1808, entra chez les Jésuites, et enseigna les belles-lettres à Brescia, puis à Venise, où il se lia avec les hommes les plus illustres. Il dirigea quelque temps le collège des nobles àParme, puis voyagea en Italie, en Allemagne, en France, alla en Lorraine à la cour du roi Stanislas, et visita Voltaire aux Délices. A la fin de sa vie il donna une édit. complète de ses propres OEuwres, Venise, 1801, 24 vol. in-12; elles contiennent des Discours philosophiques, formant un cours de morale religieuse,un Discours sur l'enthousiasme pour les beauox-arts, des Dialoguessur l'Amour, des morceaux d'histoire littéraire, des Lettres de Virgile aux Arcades, où il parla du Dante avec une grande liberté; des Poésies diverses, des tragédies qui ne manquent pas d'intérêt, surtout Jonathas (1771). Les Lettres de Virgile ont été trad. par M. de Pommereul. Comme Voltaire, qu'il avait pris pour modèle, Bettinelli se montra lort libéral et grand partisan de la tolérance.

BÉTULE ou BECULE , Bxtula ou Bxcnla, v. de l'Hispanie Tarragonaise, au N., chez .les Ausetani. Scipion y battit en 209 Asdrubal et en 206 Magon et Masinissa. Ces victoires lui soumirent l'Espagne. '

BÉTUR1E, partie N. O. de la Bétique. V. BETIQUE.

BÉTUWE. V. SÉTAU.

BÉTYLES, pierres révérées des anciens païens. V. ce mot au Dict. univ. des Sciences.

BETZ, ch.-l. de cant. (Oise), à 33 kil. S. E. de Senlis, 452 hab. ,

BEUCHOT (Adr. J. Quentin), bibliographe, né en 1773 à Paris, mort en 1851, était fils d'un avocat. Il quitta le notariat pour se iivrer à ses goûts littéraires, prit part à la rédaction du Noupel Almanach des Muses et de la Décade philosophique, fut l'un des principaux collaborateurs de la Biographie universelle, et rédigea, de 1811 à 1847, la Biographie de la France, journal général de l'imprimerie et de la librairie : il sut donner de l'intérêt à^cette publication par les précieuses informations qu'il y insérait. Il fut élu en 1834 bibliothécaire de la Chambre des Députés. On lui doit plusieurs grandes éditions, qui se recommandent par la bonne distribution des matières et par des recherches qui prouvent autant de goût que d'érudition : on estime surtout ses éditions de Bayle (16 vol. in-8, 1820-24) et de Voltaire (72 vol. in-8, dont 2 de tables, 1831-41).,

BEUDANT (Franc. Sulpice), minéralogiste, né à Paris en 1787, m. en 1850, entra à l'Ecole normale dès sa îondationTprofessa aux lycées. d'Avignon et de Marseille, fut la 1814 chargé par LouisXVHI de ramener d'Angleterre son cabinet de, minéralogie, fit en 1818 un "voyage d'exploration scientifique en Hongrie, obtînt en 1822', à la mort d'Haùy, son ancien maître, la chaire de minéralogie de la Faculté de Paris, fut en 1824 admis à l'Institut et devint en 1840 inspecteur général de l'Université. On lui doit de savantes recherches sur les rappoits d« la composition chimique des minéraux avec la cristallisation, d'après lesquelles il réforma la classification et la nomenclature minéralogiêues. Outre un grand nombre de mémoires (dans le Recueil de l'Académie des Sciences, les Annales de chimie, etc.), il a publié un Cours des sciences physiques, 1821-1824, o ù se trouve exposé son système de classification, et a rédigé la partie minéralogique :dans le Cours élémentaire d'histoire naturelle, publié en société avec A. de Jussieu et Milne Edwards. Il avait dès 1822 fait paraître son Voyage minéralogique et géologique en Hongrie; 4 vol. in-4.

BEUGNOT (J. Claude, comte), ancien ministre, né en 1761 à Bar-sur-Aube, mort en. 1835, fut élu en 1790 procureur général syndic de l'Aube, puis, député à la Législative (1791),_ soutint dans cette assemblée la monarchie constitutionnelle, fit décréter d'accusation Marat pour ses provocations incendiaires, fut emprisonné sous la Terreur, devint après le 18 brumaire préfet de la Seine-Inférieure, puis conseiller d'État, organisa en 1807 le nouveau roy. de Westphalie et en 1808 le grând-duché de Berg et obtint en récompense le titre de comte; se rallia de bonne heure aux Bourbons, reçut en 1814 du gouvernement provisoire le portefeuille de l'intérieur, et de Louis XVIII celui de la marine, accompagna le roi à Gand, mais fut écarté par le parti extrême après la 2° restauration, et ne reçut que le vain titre de ministre d'État. Député de la Hte-Marne dès 1815, il siégea au centre gauche. Il fut élevé à la pairie en 1830. BEUGNÔT (Arthur), érudit et h. politique, fils du précédent, 1797-1865, aécritune Histoire de la destruction du paganisme en Occident (1835, 2 vol. 8°), et publié les Olim, ou registre des anciens arrêts royaux (1840-48, 3 vol. 8°), les Coutumes du Beau-voisis (1842, 2 vol. 8°), et les Assises de Jérusalem, (1848, 2 vol. f°); était membre de l'Académie des inscriptions; fut un des plus ardents défenseurs de la cause catholique à la Chambre des Pairs, où il entra en 1841, et à l'Assemblée législative {(1849), où il fut le rapporteur de la loi sur l'instruction publique. BEUKELS (Guill.), pêcheur hollandais, néàBier-vliet (Zélande) vers 1340, mort en 1397, inventa, ou plutôt importa l'art de saler et d'encaquer les harengs, art qui enrichit la Hollande.

BEURNONVILLE (Pierre RIEL de), maréchal de France, né en 1752 à Champignoles (Bourgogne), m. en 1821, fit ses premières armes dans l'Inde, adopta les idées de la Révolution, servit avec distinc-tinction sous Luckneret Dumouriez, devint général en 1792; prit une part glorieuse aux batailles de Valmy et de Jemmapes; devint ministre de la guerre (1792) ; fut envoyé en 93 avec 4 commissaires à l'armée du Nord pour arrêter Dumouriez, qui la fit arrêter lui-même avec ses collègues et les livra aux Autrichiens ; passa près de trois ans dans les cachots d'Olmutz; fut à son retour (1795) mis à la tête de l'armée de Sambre-et-Meuse; fut, sous le Consulat et l'Empire, ambassadeur à Berlin et à Madrid, comte et sénateur; fut un des 5 membres du gouvernement provisoire (1814), et s'opposa à la proclamation de Napoléon II; devint sous Louis XVIII pair, ministre d'État, et maréchal de France.

BEUVROX, riv. de France, naît dans le dép. du Loiret, et s'unit à la Loire dans celui de Loir-et-Cher; 50 kil. de cours. —Autre riv., qui se jatte dans l'Yonne à Clamecy, a 40 kil. de cours.

BEUZEVILLE, ch.-i. de canton (Eure), à 14 kil. O. de Pont-Audemer ; 765 hab.


REVELAND (NORD-), île du roy. de Hollande (Zélande) , à l'emb. de l'Escaut, est bornée à l'O. par l'île de Walcheren, au N. par celle de Schouwen, au S. par celle de Woifertsdyk; 13kil. sur 6. En 1532, Bile fut entièrement submergée. —ZUTD-BEVELAND, île de la prov. de Zélande, au S. delà préc ; 40 kil.sur 13. BEVEREN, bourg de Belgique (Flandre orient.), en -1. de cant., à 22 kil. N. N. E. de Termonde; (5000 hab. Dentelles, tabac, brasseries, tanneries.— Bourg du duché de Brunswick, à 60 kil. S. O. de Hanovre; 1050 hab. Une branche de la maison de Brunswick, éteinte en 1809, en tirait son nom.


BÉVERLEY, V. d'Angleterre (York), à 44 kil. S. E. d'York, sur l'Hull; 8000 hab. Ancien monastère fondé au vmesiècle par Jean de Eéverley, archev. d'York; magnifique église gothique.

BEVERNINCK (Jérôme VAN), le Pacificateur, né à Gouda en 1614, mort en 1690, négociateur habile, représenta les Etats généraux aux traités de Bréda, 1667, d'Aix-la-Chapelle, 1668, etdeNimègue, 1678. Use retira près de Leyde, et s'appliqua avec ardeur à l'étude de la botanique, dont il aida puissamment les progrès : on lui doit l'introduction en Europe de la capucine à grandes feuilles, et un livre estimé sur les Plantes rares, Dantzick, 1678.

BEX, Baccium, bourg de Suisse (Vaud), sur l'A-vençon, à 40 kil. S. de Lausanne; 3700 hab. Sites pittoresques; aux environs plusieurs glaciers, riches mines de sel gemme, découvertes en 1554; neuf sources sulfureuses; marbre et soufre.

BEXON (Gabriel), naturaliste, né en 1748 à Re-miremont, mort en 1784, était prêtre et fut, après un long séjour à Nancy, nommé chanoine de la Ste-Chapelle à Paris. D'un caractère doux et modeste, il eut beaucoup d'amis , entre autres François de Neucbateau, Lebrun, Daubenton, Buffon, dont il fut un des plus utiles collaborateurs. Il coopéra à l'histoire des minéraux et surtout à celle des oiseaux : son style offre tant de ressemblance avec celui de Buffon que souvent les meilleurs connaisseurs les confondaient. Bexon a publié sous son propre nom un Catéchisme d'Agriculture et le Système de la fertilisation. — Son frère, Scipion Jérôme Bexon, 1753-1822, est un de nos meilleurs criminalistes. BEY. V. BEG.

BEYAH ou BIAS, Hyphasis, riv. de l'Hindoustan, descend des monts Himalaya, par 34° 4'lat. N., se dirige au S. O., passe à Nadone, à Rayghat, et tombe dans le Setledje après un cours de 220 kil BEYLE (Henri). V. STENDHAL. BEYNAT, ch.-l. de cant. (Corrèze), à 14 kil. E S. E. de Brives; 2000 hab.

BEYROUTH, l'anc Béryte, v. et port de Syrie (pachalik de Saïda), sur la Méditerranée, à l'emb. d'une petite riv.de même nom, à 50 kil. N. de Saïda, env. 15 000 h., Druses, Maronites, Turcs, Arabes et Grecs. Êvêchés maronite et grec, consuls étrangers. C'est le principal port de commerce de la Syrie : soieries, mousselines et étoffes de coton, noix de galle, huile, garance, etc.—Ville très-ancienne (V. BERYTE), détruite plusieurs fois par des tremblements de terre; bombardée en 1840 par- une escadre anglo-autrichienne qui la reprit sur Méhémet-Ali. BÈZE, commune de la Côte-d'Or, à 25 kil. N. E. de Dijon; 1200 hab. Source d'une riv. de même nom. Forges importantes.

BÈZE (Théodore de), l'un des principaux chefs des Réformés, né à Vézelay en 1519, mort en 1605, st fitd'abord connaître par des poésies latines élégantes, mais licencieuses, et eut une jeunesse assez dissipée. En 1548, il renonça à ce genre de vie et se rendit à Genève, où il se lia étroitement avec Calvin, et embrassa sa doctrine. Il professa avec succès pendant dix ans les lettres grecques à Lausanne, puis revint se fixer à Genève, où il reçut le titre de citoyen et fut nommé recteur de l'Académie que l'on venait d'y fonder (1559). Il prêcha avec succès les nouvelles doctrines en France, y attira le roi de Navarre, assista au colloque de Poissy (1561) et à la bataille de Dreux, et fut, à la mort de Calvin (1564), regardé universellement comme le chef de la Réforme. Il présida le synode de La Rochelle, auquel assistaient les délégués de toutes les églises réformées de France, et ne cessa jusqu'à sa mort de travailler à la propagation de ses doctrines. Th. de Bèze porta dans la controverse une violence excessive ; on l'a accusé d'avoir excité la guerre civile en France et même d'avoir été l'instigateur du meurtre du duc de Guise. Intolérant tout en réclamant la tolérance, il écrivit pour justifier le supplice de Servet. Ses principaux écrits, outre sesPoematajuvenilia, sontune traduction en vers français des Psaumes de David, qui complète cellede Ma'rot, 1563; une Histoire des églises réformées de France de 1521 à 1563 , Anvers (Genève), 1580, 3 vol. in-8, et une traduction du Nouveau Testament, 1556.

BÉZIERS, Bilerra et Biterrœ, ch.-I. d'arr. (Hérault), à 56 kil. S. O. de Montpellier, à 756 S. deParis, sur l'Orbe, à l'endroit où elle reçoit le canal de Languedoc ; 24 270 hab. Trib., collège, biblioth. ; station. Ane. évêché (supprimé en 1789). Murailles, tours antiques. Agueduc, casernes, restes d'un amphithéâtre romain; statue de Riquet. Vin estimé, eau-de-vieet esprit de vin, confitures. Patrie de Pellisson, Riquet, Vanière, Mairan, J. Bouillet. — Conquise par les Romains vers 120 av. J. C. ; colonisée en 52 par Jules César, d'où elle reçut le nom de Julia Bilerra. Prise et saccagée : 1° par les Visigoths en 450; 2° par Charles Martelquil'enlevaauxArabesd'Espagne, 73-5; 3°dans la guerre des Albigeois, par Simon deMontfort, qui y passa près de 60 000 hommes au fil del'épée, 1209. Plusieurs conciles se sont tenus à Béziers.

BEZOUT (Étienne), mathématicien , né à Nemours en 1730, m. en 1783, fut placé par M. de Choiseul en 1763 à la tête de l'instruction de la marine royale, fut chargé en 1768 de l'enseignement des élèves du corps de l'artillerie, et rédigea pour ses élèves des cours qui eurent un grand succès. Les principaux sont : Cours de mathématiques à l'usage de l'artillerie ; Cours de Mathématiques à l'usage de la marine, 1764 ; Théorie des équations algébriques, 1779. Bezout est simple, clair, et sait se mettre à la portée des jeunes esprits : aussi, ses ouvrages sont-ils restés classiques.

BHAGAVAD ou BAHGAVAT, c.-à-d. Bienheureux, titre sous lequel Çakyamouni est souvent désigné dans les livres sanscrits. V. BOUDDA-GOUTAMA.

BHAGAVAD-GITA, épisode du Mahabarata. V. ce mot.

BHAVANI, c.-à-d. qui donne l'existence, ou PARVATI, déesse des monts, épouse de Siva ou Mahadeva, dans la mythologie indienne. Elle est la déesse de la vengeance, qui punit le mal et détruit les méchants. On la représente avec huit ou seize bras armés. Dans les fêtes de la déesse, les dévots se font écraser sous les roues du char sur lequel est porté le colosse qui la représente. La vache, animal qui lui est consacré, est souvent aussi son image symbolique.

BHERTPOUR ou BHURPOUR, v. de l'Inde, capit. de l'État de Bhertpour, à 51 kil. O. d'Agrah. En vain assiégée par les Anglais dans la guerre contre les Mahrattes. — L'État de Bhertpour est situé dans l'Inde sept. (anc. province d'Agrah). Sol plat, qu'inonde souvent le Ramganga; grande fertilité. Le radjah, longtemps indépendant, est sous la protection de l'Angleterre depuis 1826.

BIAFRA, roy. de l'Afrique occid., sur le golfe de Guinée, limitrophe de la côte de Gabon et de l’État d'Ouari. — Le golfe de Biafra occupe le fond du grand golfe de Guinée, entre les caps Formose et Lopez.

BIAGIOLI (Nic. Jos.), grammairien, né en 1768 à Vezzano près de Gênes, mort à Paris en 1830, avait pris parti pour les Français lors de la conquête de l'Italie et fut forcé parles événements de chercher un asile en France. Il enseigna avec succès la langue et la littérature italiennes à Paris. On a de lui une Grammaire italienne, 1805, souvent réimprimée; un Traité de la poésie italienne, 1808, et des éditions estimées d'ouvrages italiens avec notes.

BIAGRASSO, pour Abbiategrasso, v. de Lombardie, sur la Ticinella, à 16 kil. S. O. de Milan, et à 30 kil. N. O. de Parie. Les Français y furent vaincus par les Impériaux en 1524, malgré les efforts du chevalier Bayard.

BIALA, v. des États autrichiens (Galicie), sur la Biala, affluent de la Vistule, et à 30 k. S. O. de Wadovice; 6000 hab. Fab. de toiles et de draps. Ville libre depuis 1789. — Biala, qui veut dire blanche, est un nom commun à beaucoup de villes et de rivières, en Pologne, en Hongrie et en Russie,

BIALYSTOK, v. de Russie, ch.-l. de prov., sur le Bialy, à 70 kil. S. O. de Grodno, et à 800 kil. S. O. de St-Pétersbourg; 6000 hab. Château des comtes Potecki. — La prov. est bornée au N., à l'O. et au S. par la Pologne, à l'E. par le gouvt de Grodno; 155 kil. sur 88; 230 000 hab. Réunie à la Russie en 1807 par le traité de Tilsitt; avant cette époque, elle appartenait à la Pologne.

BIANCHI (J. B.), anatomiste, né à Turin en 1681, mort en 1761, fut reçu docteur à 17 ans, et devint professeur d'anatomie dans sa ville natale. Il avança l'anatomie pathologique. Ses ouvrages sont : Ductus lacrymales novi; De Lacteorum vasorum positionibus et fabrica; Storia del monstro di due corpi; Lettera sull' insensibilità; De naturali in humano corpore, vitiosa, morbosaque generatione historia; Historia hepatica. — Jean Bianchi, naturaliste, né à Rimini en l693, mort en 1775, plus connu par le nom latin de Janus Plancus, sous lequel il a publié plusieurs ouvrages, se fit recevoir docteur en médecine, se dévoua au service des pauvres, et publia d'utiles écrits de médecine et d'anatomie, un notamment sur les Monstruosités (1749). Il fit revivre l'Académie des Lincei à Rimini.

BIANCHINI (François), astronome et antiquaire de Vérone, 1662-1729, vint de bonne heure à Rome, et jouit de la faveur d'Alexandre VIII et de ses successeurs, qui lui confièrent plusieurs missions scientifiques importantes. Il fut bibliothécaire d'Alexandre VIII, secrétaire d'une commission chargée de la réforme du calendrier, dressa un gnomon sur une grande échelle dans l'église de Ste-Marie-des-Anges, tira une ligne méridienne à travers l'Italie, perfectionna plusieurs instruments d'astronomie, et découvrit les taches de Vénus. On a de lui : Astronomicæ observationes, Vérone, 1737; Palazzo dei Cesari, 1738; Iscrizioni sepolcrali della casa d'Augusto, Rome, 1727; Istoria universale provata con monumenti, Rome, 1697, etc.

BIARMIE. V. PERMIE.

BIARRITZ, bourg du dép. des B.-Pyrénées, sur la côte, à 6 k. S. O. de Bayonne; 1928 h. Bains de mer fréquentés. Grottes curieuses.

BIAS, philosophe grec, l'un des sept sages, naquit à Priène vers l'an 570 av. J.-C. Il avait fait une étude particulière des lois de sa patrie, et consacrait ses connaissances en ce genre à plaider pour ses amis, mais sans vouloir jamais défendre une cause injuste. Il mourut en plaidant. Priène, sa patrie, ayant été prise par Cyrus, tous les habitants emportèrent dans leur fuite ce qu'ils avaient de plus précieux; Bias seul n'emportait rien. On lui en demanda la raison : « C'est, dit-il, que je porte tout avec moi. Omnia mea mecum porto. »

BIBANS ou PORTES DE FER, défilé dangereux de l'Atlas, dans le Djurjura, entre Alger et Constantine, par 2° 10' long. E. et 36° lat. N. Il est traversé par plusieurs, torrents, et entre autres, par l'Oued-Mailah, tributaire de l'Adouse. Les Français, conduits par le duc d'Orléans et le maréchal Valée, le franchirent en 1839.

BIBARS, sultan de la dynastie des Mamelouks Baharites en Égypte, fut proclamé par la milice en 1260, après avoir assassiné son prédécesseur. Il donna une forme stable à l'empire des Mamelouks, enleva aux califes toute autorité politique, repoussa les Tartares, rétablit la puissance des Musulmans, combattit avec un grand succès les Francs établis en Syrie, leur enleva un grand nombre de places et de postes importants, et détruisit leurs églises; mais il échoua à deux reprises devant St-Jean d'Acre. Il mourut de poison en 1277. — Un autre Bibars s'insurgea contre le sultan Nasser-Mohammed en 1309 et régna quelques mois; mais il fût dès l'année suivante renversé et mis à mort.

BIBBIENA (Bernard DOVIZI de), cardinal et littérateur, né en 1470, de parents obscurs, à Bibbiena en Toscane, fut secrétaire de Jean de Médicis, qui, devenu pape sous le nom de Léon X, le fit cardinal (1513), et le chargea de plusieurs nuisions importantes. Au retour d'une ambassade en France, il fut enlevé par une mort imprévue, en 1520 : on prétendit qu'il avait été empoisonné et on accusa, mais sans aucun fondement, le pape même qui avait été son protecteur, mais qui le soupçonnait d'aspirer à la tiare. Bibbiena avait composé plusieurs poésies, auxquelles on reproche trop de licence, et une comédie écrite en prose, la Calandria, qui contribua à restaurer le théâtre en Italie.

BIBERACH, v. du roy. de Wurtemberg (prov. du Danube), sur le Riess, à 37 k. S. O. d'Ulm, sur le chemin de fer de Stuttgard à Constance; 5000 h Murailles flanquées de tours. Aux env. bains très-fréquentés. Moreau battit les Autrichiens près de Biberach en 1796. — Cette v. faisait jadis partie de l'Argovie. En 1803, elle passa au Wurtemberg. Patrie de Wieland.

BIBERICH, v. de Prusse (Hesse-Nassau), à 3 kil. S. de Wiesbaden; 2500 hab.

BIBIANE (Ste) ou STE VIVIENNE, vierge qui subit le martyre à Rome sous Julien, 363, est hon. le 2déc. On érigea sur son tombeau une chapelle qui est devenue la belle église de Ste-Marie-Majeure.

BIBLE (biblos, biblion, livre), nom donné par excellence au livre qui contient les saintes Écritures. On le divise en deux parties, l'Ancien et le Nouveau Testament. La 1re partie comprend l'histoire des plus anciens temps du monde et du peuple de Dieu jusqu'à la naissance de J.-C., et se compose d'écrits historiques, de prophéties, d'ouvrages lyriques ou moraux. Voici, d'après le concile de Trente, l'ordre et la division des livres de l'Ancien Testament : les 5 livres de la Loi ou le Pentateuque, écrits par Moïse, et comprenant la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome; Josué; les Juges, avec Ruth; les quatre livres des Rois; les Paralipomènes; Esdras et Néhémie; Tobie; Judith; Esther; Job; les Psaumes; les Proverbes; l'Ecclésiaste; le Cantique des Cantiques; la Sagesse; l'Ecclésiastique; les Prophéties d'Isaïe, de Jérémie, et de Baruch, d’Ézéchiel, de Daniel; le livre des 12 petits Prophètes, et les 2 premiers livres des Machabées. Les Juifs et les Protestants rejettent comme apocryphes les livres de Tobie et de Judith, la Sagesse, l'Ecclésiastique, plusieurs parties du livre d'Esther, le livre de Baruch, le cantique des trois jeunes Hébreux, l'histoire de Suzanne, celles des idoles de Bel et du Dragon, les 2 premiers livres des Machabées. Les livres de l'Anc. Testament que les Catholiques et les Protestants s'accordent à rejeter comme apocryphes sont : le livre d'Hénoch, les IIIe et IVe livre d'Esdras, les IIIe et IVe liv. des Machabées, l'oraison ou prière de Manassé. — Le Nouveau Testament se compose : des 4 Évangiles de S. Matthieu, de S. Marc, de S. Luc et de S. Jean; des Actes des Apôtres; des 14 Épîtres de S. Paul, et de 7 autres Épîtres; enfin de l’Apocalypse. On y a joint quelquefois les Épîtres de S. Barnabé, les Épîtres de S. Paul aux Laodicéens et à Sénèque, plusieurs faux Évangiles, le Pasteur, la lettre de J.-C. à Abgar, etc. ; mais aucun de ces livres n'est admis comme canonique. — L'Ancien Testament a été écrit en hébreu, et le Nouveau presque tout entier en grec. Les Septante (V. ce mot) traduisirent en grec tout l'Ancien Testament, sous le règne de Ptolémée Philadelphe. S. Jérôme, au IVe s., traduisit en latin la Bible tout entière; sa traduction, connue sous le nom de Vulgate, est la seule qui soit reconnue par l'Église. Après les Septante, le Juif Aquila donna de la Bible une nouvelle traduction grecque, littéralement calquée sur l'hébreu. Les modernes ont traduit la Bible dans toutes les langues. V. LUTHER, SACY, ULPHILAS, VENCE.

BIBLIANDER (Théod.), dont le vrai nom est BUCHMANN, théologien suisse, de St-Gall, né en 1500, mort en 1564, embrassa la Réforme, succéda à Zwingle dans la chaire de théologie de Zurich, mais fut suspendu parce qu'il différait de la doctrine reçue sur la grâce. Il laissa un grand nombre de savants écrits sur l'histoire ecclésiastique, donna une édition de trad. latine de l'Alcoran de J. Fabricius, qu'il fit suivre de la Vie de Mahomet (Bâle, 1543), et composa un traité fort curieux De ratione communi omnium linguarum et litterarum, Zurich, 1548. On lui doit le recueil des Epistolæ doctorum virorum, Bâle, 1548.

BIBRACTE ou AUGUSTODUNUM, v. de la Gaule, capitale des Éduens, est auj. Autun.

BIBRAX, nom donné par César à un oppidum des Remi que l'on croit être Bébrieux près de Laon.

BIBULUS (M. Calpurnius), consul l'an 59 av. J.-C., en même temps que César. Il s'opposa d'abord de tout son pouvoir aux mesures démocratiques proposées par son collègue; mais, voyant toute résistance inutile, il s'enferma dans sa maison et y passa les huit derniers mois de son consulat sans prendre aucune part aux affaires : ainsi son consulat fut de fait entièrement nul. Les plaisants de Rome désignèrent cette année sous le nom des consuls Caïus et Julius César, faisant allusion aux 2 prénoms de César.

BICÊTRE, vge du dép. de la Seine, arr. de Sceaux, sur la' route de Fontainebleau, à 2 k. S. de Paris; 6500 h. Vaste hospice qui compte env. 4000 individus. Bicêtre est ainsi nommé d'un château situé autrefois sur le même emplacement et qui fut construit en 1290 par Jean, évêque de Winchester, dont le nom corrompu a fait Bicêtre. Sous Charles V, Jean, duc de Berry, y fit construire un hôpital qui fut détruit pendant les guerres qui désolèrent le règne de Charles VI. Rétabli sous Louis XIII, il servit d'asile aux soldats infirmes jusqu'à l'établissement de l'hôtel des Invalides; aujourd'hui il contient des vieillards, des infirmes et des aliénés. Pendant longtemps il servit aussi de prison pour les vagabons et les condamnés. On voit à Bicêtre un très-beau puits, construit en 1733, et un grand réservoir. Un fort y a été construit en 1842.

BICHAT (Marie Franç. Xav.), célèbre physiologiste, né en 1771 à Thoirette près de Bourg, commença ses études médicales à Lyon, sous Ant. Petit, et vint, lors du siège de cette ville (1793), les terminer à Paris. Desault, dont il suivait assidûment les leçons, ne tarda pas à le distinguer; Bichat devint son ami, l'aida dans ses travaux et après sa mort (1795), publia et acheva ses œuvres. Il entra en 1797 dans la carrière du professorat et fut bientôt entouré d'auditeurs. En 1800, il fut nommé médecin de l'Hôtel-Dieu, quoiqu'à peine âgé de 29 ans. En même temps qu'il remplissait ces doubles fonctions, il faisait d'immenses recherches anatomiques et publia de grands ouvrages. Tous ces travaux avaient déjà fortement altéré sa santé lorsqu'il fit, sur l'escalier de l'Hôtel-Dieu, une chute violente qui détermina sa mort (1802). Il n'avait que 31 ans. Ses principaux ouvrages sont : Recherches physiologiques sur la vie et la mort, 1800; Anatomie générale appliquée à la physiologie et à la médecine, 4 vol. in-8; 1801; Anatomie descriptive, 1801-1803, 5 vol. in-8, dont les trois derniers furent publiés après sa mort par Buisson et Roux. Il a en outre laissé des manuscrits dont l'Académie de médecine a fait l'acquisition en 1833. Bichat adopta les idées de Bordeu et de Barthez sur la force vitale, mais en distinguant la vie animale et la vie organique : il plaça spécialement cette dernière dans les tissus qui enveloppent les viscères, et rechercha le mode de vitalité propre à chaque tissu. On lui a érigé une statue à Bourg et à l'École de méd. de Paris. Magendie a recueilli ses Opuscules, 1827.

BICHNAGAR (ville de la science), v. de l'Inde anglaise (Madras), sur la Toumbedrah, à 190 k. S. E. de Bedjapour, par 74° 14' long. E., 15° 14' lat. N. Fondée en 1336. Elle était jadis grande et riche et était la capit. d'une souveraineté importante ; elle fut détruite en 1564 par les princes mahométans voisins : il n'en reste plus qu'un quartier qui forme la ville auj. nommée Anagoundi.

BICOQUE (LA), Bicocca, vge de Lombardie, à 7 k. N. E. de Milan. Lautrec y fut battu par les Impériaux le 29 avril 1522 : cette défaite entraîna la perte du Milanais.

BIDACHE, ch.-l. de cant. (B.-Pyrén.), à 33 k. E. de Bayonne, sur la Bidouze ; 2250 h. Pierre de taille.

BIDASSOA, Vidassus ou Magrada, pet. riv. qui sépare la France de l'Espagne, prend sa source dans la Navarre espagnole, puis coule entre les deux pays et se jette, après un cours de 60 kil., dans la baie de Biscaye près de Fontarabie. Près de son emb. elle forme l'île des Faisans, où fut conclu le traité des Pyrénées en 1659. Les Français effectuèrent en 1823 le passage de la Bidassoa.

BIDEFORT, v. et port d'Angleterre (Devon), à 57 kil. N. O. d'Exeter, sur le Torridge et le Taw, près de la mer ; 6000 h. Pont de 24 arches sur le Taw. Chantier de construction.

BIDER ou BAYDER, v. forte de l'Inde en deçà du Gange, par 17° 49' lat. à 115 k. N. O. d'Hayder-Abad. Grande ville, renommée pour les armes et le placage en argent. — Elle était jadis la cap. d'un État indépendant du même nom, borné au N. par le Bérar, au S. par le Bedjapour et l'Hayder-Abad, à l'E. par la Gandouana, et arrosé par le Godaveri. Villes principales : Bider, Kalberga et Nandere.

BIDLIS ou BETLIS, v. de la Turquie d'Asie (Arménie), à 130 kil. O. de Van; 12 000 hab., moitié Kourdes, moitié Arméniens. Place très-forte. Grand commerce de tabac. — Suivant les Arméniens, cette ville aurait été fondée par Alexandre le Grand; elle a été longtemps le siège d'un khan indépendant : aujourd'hui elle est régie par un bey. Les Turcs y furent battus par les Perses en 1554.

BIDOUZE, riv. de France, sort des Pyrénées à 20 kil. S. O. de Mauléon, passe à Ostabat, St-Palais, Bidache, et se perd dans l'Adour (r. g.).

BIDPAY, fabuliste indien. V. PILPAY.

BIDSCHOW, v. de Bohême, dans le cercle de Bidschow dont elle fut le ch.-l. jusqu'en 1784, à 70 k. E. N. E. de Prague ; 3900 hab. — Le cercle de B., entre ceux de Kœnigsgratz et de Bunzlau, compte 255 000 h. et a pour ch.-l. Gitschin.

BIEL. Ce mot, qui entre dans la composition d'un grand nombre de noms géographiques, veut dire blanc dans les langues slaves.

BIÉLAIA, c.-à-d. blanche, riv. de la Russie d'Europe (Orenbourg), naît dans les monts Ourals, coule au S., puis au N.; reçoit l'Oufa, puis tombe dans la Kama après un cours de 930 k.

BIELEFELD, v. de Prusse (Westphalie), régence de Minden, sur le Lutterbach, à 62 k. E. de Munster; 10 000 hab. Chemin de fer. Fabriques de toiles, Blanchisseries. Jadis ville hanséatique.

BIELGOROD. V. BELGOROD et AKKERMAN.

BIELLA, Bugella, ville d'Italie (Piémont), sur le Cervo, à 64 kil. N. E. de Turin par chemin de 1er; 9000 h. Évêché, colléges. Vin estimé.

BIELO-OSERO, c.-à-d. lac blanc, lac de Russie (Novogorod), par 60° lat. N. et 35° long. E., reçoit la Kovja et la Kéma et donne naissance à la Cheksna.

BIELSK, v. de Russie (Bialystok), à 13 k. N. E. de Plock ; 2600 h. Là se tint le congrès qui amena l'union de la Lithuanie et de la Pologne, 1564.

BIEN PUBLIC (Ligue du). V. LIGUE.

BIENNE, en allem. Biel, en lat. Petinesca ? v. de Suisse (Berne), à 27 k. N. O. de Berne, au pied du Jura et près du lac de Bienne; 1360 h. Cette ville, mentionnée dès 814 dans les actes, appartint successivement au prieur de Moutiers, aux comtes de Neuchâtel, aux évêques de Bâle. Elle s'allia en 1279 avec Berne, fut incendiée par l'évêque de Bâle en 1367, embrassa la réforme en 1528, devint alors alliée des Suisses tout en restant sous la suzeraineté de l'évêque de Bâle ; forma de 1797 à 1814 un canton du dép. français du H.-Rhin, et fut réunie au canton de Berne en 1815. — Au S. O. de la ville est le lac de Bienne, qui reçoit les eaux du lac de Neuchâtel par la Thiele, et au milieu duquel est la jolie île St-Pierre, séjour de J. J. Rousseau en 1765.

BIERLING (Fréd. Guill.), théologien, né en 1676 à Magdebourg, mort en 1728, professa la théologie à Rinteln, se distingua par son talent pour la prédication, ainsi que par l'étendue de ses connaissances et fut en correspondance avec Leibnitz. Il est auteur de beaucoup de dissertations savantes, entre autres : De Pyrrhonismo historico, Leipsick, 1724.

BIERNÉ, ch.-l. de cant. (Mayenne), à l2k. E. de Château-Gontier ; 950 h.

BIERVLIET, vge de Hollande (Zélande), sur la r. g. de l'Escaut, à 18 k. E. de Sluis. Patrie de Beukels, inventeur du moyen d'encaquer le hareng.

BIÈVRE, riv. de France, naît à 4 kil. S. O. de Versailles, passe au village de Bièvre et à la manufacture de tapisseries des Gobelins (d'où elle prend aussi le nom de rivière des Gobelins), et tombe dans la Seine à Paris même, près du pont d'Austerlitz, après un cours de 31 k. Jadis elle se jetait beaucoup plus bas dans la Seine; mais on a détourné son cours toutes les fois qu'on a reculé l'enceinte de Paris. Eau excellente pour la teinturerie ; il y a sur ses rives beaucoup d'établissements de teinturiers et de tanneurs. Assainie et canalisée de 1846 à 1848. — Le village de Bièvre (Seine-et-Oise) est à 8 k. S. de Versailles, à 24 k. S. O. de Paris; 1200 h.

BIÈVRE (N. MARÉCHAL, marquis de), né en 1747, mort en 1789, était petit-fils de G. Maréchal, 1er chirurgien de Louis XIV et servit d'abord dans les mousquetaires. Il acquit bientôt de la célébrité par ses reparties et ses calembours, qui devinrent à la mode. Outre plusieurs facéties, qui ne sont en quelque sorte que des recueils de calembours, telles que Lettre à la comtesse Talion (contestation) par le sieur (scieur) de Bois (flotté), étudiant en droit (fil), 1770; l’Almanach des calembours, 1771; les Amours de l'ange Lure (engelure), 1772, on a de lui une comédie en 5 actes et en vers qui eut du succès, le Séducteur, 1783. Le marq. de Bièvre avait inutilement tenté de se faire admettre à l'Académie : l'abbé Maury l'ayant emporté sur lui, il se consola de cet échec par un calembour, en parodiant ce vers connu :

Omnia vincit amor, et nos cedamus amori (à Maury).

On a publié en 1800, sous le titre de Bievriana, un recueil de ses calembours.

BIGA, v. de la Turquie d'Asie (Anatolie), à 99 kil. E. S. E. de Gallipoli; 2000 h.; ch.-l. d'un livah de même nom, situé entre ceux de Kodavenkiar et de Karassi, sur la mer de Marmara et l'Archipel, et qui répond à une portion de l'anc. Mysie. On y trouve les ruines de Troie, d'Abydos, de Lampsaque.

BIGERRONES, peuple de la Novempopulanie, entre les Osquidates à l'O. et les Convenæ à l'E. Ch.-l., Turba (Tarbes). Leur pays a formé le Bigorre

BIGLAND (John), historien anglais, 1750-1832, fut d'abord maître d'école, puis se voua aux lettres. Ses principaux ouvrages sont une Histoire d'Espagne (jusqu'en 1809), trad. par le gén. Mathieu Dumas, et un Précis de l'histoire de l'Europe depuis 1783, trad. et continué par Maccarthy, 1819.

BIGNON (Jérôme), célèbre magistrat, né à Paris en 1589, mort 1656, se fit remarquer par une érudition aussi précoce que vaste, et publia dès l'âge de 10 ans une Chorographie de la terre sainte. D'abord précepteur du Dauphin, il entra ensuite au barreau, fut nommé en 1620 avocat général au grand conseil, puis conseiller d'État et avocat général au parlement de Paris (1626). Ayant résigné sa charge en 1641, il devint l'année suivante bibliothécaire du roi. Ses principaux ouvrages sont des traités De l'élection des papes, 1604 ; De l'excellence des rois de France, 1610 ; et une édition des Marculphi monachi formulæ,1613. Il mérita d'être surnommé le Varron français; — Son petit-fils, J. P. Bignon, oratorien, 1661-1743, fut aussi bibliothécaire du roi, et se distingua également par une grande instruction. On lui doit l’Explication historique des médailles dit règne de Louis XIV. Il était de l'Académie française. Il légua à la bibliothèque royale 50 000 volumes.

BIGNON (L. Pierre Édouard), diplomate, né en 1771 à La Meilleraye (Seine-Inf.), mort en 1841, était fils d'un teinturier de Rouen. Engagé volontaire en 1792, il fut remarqué de son général, qui le prit pour secrétaire, devint en 1798 secrétaire de légation, remplit avec succès de nombreuses missions sous l'empire (en Suisse, en Piémont, à Berlin, à Cassel, à Carlsruhe, à Vienne, enfin a Varsovie, où il dirigea les affaires pendant 4 ans), administra avec autant de modération que d'intégrité plusieurs des pays conquis, reçut en récompense le titre de baron, et fut un des plénipotentiaires à Dresde (1813). Sous-secrétaire d'État aux affaires étrangères pendant les Cent-Jours, il se vit en cette qualité forcé de signer la capitulation de Paris (3 juillet 1815). Député depuis 1817, il fut un des plus constants et des plus redoutables adversaires du gouvernement de la Restauration. Après la révolution de 1830, il tint quelques instants le portefeuille des affaires étrangères ; il fut élevé à la pairie en 1837. Napoléon lui avait légué 100 000 fr., en l'invitant à écrire une Histoire de la diplomatie française depuis le 18 brumaire (1799) jusqu’en 1815 (14 vol. in-8°). On a de lui, outre de nombreux écrits de circonstance, des Discours et opinions politiques, aussi remarquables par la lucidité que par la force de l’argumentation. Bignon entra à l’Académie des sciences morales dès son rétablissement (1832). M. Mignet a lu à cette académie une Notice historique sur ce diplomate.

BIGNAN (Anne), littérateur, né à Lyon en 1795, m. en 1861, obtint plusieurs prix dans les concours de poésie de l’Acad. française, et a donné d’estimables traductions en vers de l’Iliade (1830), de l’Odyssée (1840), des Beautés de la Pharsale (1859).

BIGORRE, Bigerrones, province de la Gascogne, au S. O., entre le Béarn et le Nébouzan ; ch.-l. Tarbes. Il se divisait en 3 parties : 1° la plaine ; 2° les montagnes, comprenant les 3 vallées de Lavedan, de Campan, de Barèges ; 3° le Rustan. Villes principales : Tarbes, Vic-Bigorre, Ibos, Antin, Lourdes, Luz, Campan, Bagnères, Barèges, Saint-Sever. Il forme auj. la majeure partie du dép. des Htes-Pyrénées. — Le Bigorre, érigé en comté en 819, dépendait du duché d’Aquitaine ; il fut réuni à la couronne en 1284, par le mariage de Philippe le Bel avec Jeanne, héritière du comté de Bigorre ; le Prince Noir s’en empara en 1369, mais il fut reconquis par Charles V. Cédé en 1425 par Charles VII au comte de Foix, il passa ensuite à la maison d’Albret. Henri IV, héritier de cette maison, le réunit définitivement à la couronne en 1589.

Bigot de préameneu (Félix), ministre des cultes sous l’Empire, né à Rennes en 1747, mort en 1825, était avocat au parlement de Paris avant la Révolution, et fut député en 1791 à l’Assemblée législative. Il y professa des opinions très-modérées et s’éloigna des affaires après le 10 août pour ne reparaître que sous le consulat. Nommé en 1802 président de la section de législation au conseil d’État, il concourut de la manière la plus active, avec Portalis et Tronchet, à la rédaction du nouveau code. En 1804 il fut fait comte ; en 1807 il remplaça Portalis comme ministre des cultes ; il conserva ces fonctions jusqu’à la Restauration. Il était membre de l’Académie française.

bigot de morogues (P. M. Sébastien), minéralogiste et agronome, né à Orléans en 1776, mort en 1840, a publié un grand nombre d’ouvrages utiles sur les sciences naturelles et agricoles, entre autres : Mémoire sur les aérolithes, 1812 ; Essai sur le moyen d’améliorer l’agriculture, 1822 ; et a dirigé la publication du Cours complet d’agriculture. Il a aussi écrit sur la politique des livres empreints d’un sage libéralisme : Politique religieuse et philosophique, 1827 ; Politique basée sur la morale, 1834. Il fut nommé pair en 1835.

BIHAR, comitat de Hongrie, à l’O. de la Transylvanie, a pour ch.-l. Gros-Varadin et Debreczin, et compte 445 000 h. Il tire son nom d’un anc. bourg de Bihar, à 20 k. N. O. de Gros-Varadin. Ce comitat renferme des montagnes à l’E. et des marais à l’O. Métaux précieux, beaux marbres.

BIKANIR, v. de l’Inde anglaise, à 23 kil. N. O. d’Adjmir, dans le désert ; capit. d’un État de même nom, jadis indépendant, soumis aux Anglais depuis 1818. Murs flanqués de tours, citadelle.

BIKEND, bourg de la Grande-Boukharie, à 44 k. S. O. de Boukhara, fut capitale avant Boukhara.

BILBAO, Amanes portus ou Flaviobriga, v. d’Espagne, capit. de la prov. de Biscaye, sur l’Ansa, près de la mer, à 290 k. N. E. de Madrid ; 15 000 h. Portugalète en est le port. Air très-sain ; rues très-propres, belles maisons, quelques fresques au dehors. Belle place, superbe quai, hôtel de ville, pont en bois d’une seule arche. Commerce considérable, entrepôt de toutes les laines d’Espagne qui s’expédient à l’étranger, etc. — Agrandie et presque créée en 1300 par Diégo Lopez de Haro. Prise et reprise dans les guerres de la France et de l’Espagne, notamment en 1795, 1808 et 1809 ; vainement assiégée par les carlistes en 1835 et 1836.

BILBILIS, auj. Calatayud ou Baubola, v. de l’Hispanie (Tarraconaise), sur le Salo (Xalon). Patrie de Martial. — Le fleuve Xalon, qui arrose cette ville, portait aussi le nom de Bilbilis.

Bilderyck (Guill.), poëte hollandais, que ses compatriotes placent à côté de Goethe et de Byron, né à Amsterdam en 1756, mort à Harlem en 1831. On a de lui une traduction d’Ossian, 1802 et 1806 ; une imitation de l’Homme des champs de Delille, 1804 ; des tragédies, imitées de Corneille et de Racine, un poëme didactique, l’Astronomie, un poëme épique, la Destruction du premier monde, et une Grammaire hollandaise estimée, 1824.

Biledulgérid ou mieux belad-el-djérid, c.-à-d. pays des dattes, contrée de l’Afrique sept., au S. de l’Atlas et au N. du Sahara, se compose de plusieurs portions appartenant à des États divers, savoir : 1° à l’O. les 3 pays de Sous, Tafilet, Sedjelmesse, dans le Maroc ; 2° au N. ceux de Tegorarin et de Zab, situés au S. de l’Algérie ; 3° le Bilédulgérid proprement dit, dans l’État de Tunis ; 4° le Fezzan, l’Audjélah et le Siouâh, à l’E. des précédents. Vastes déserts coupés par quelques oasis, et arrosés par des ruisseaux d’eau saumâtre ; on y récolte surtout des dattes et autres fruits tropicaux. Les habitants sont Maures, Kabaïls, Touaregs et Tibbous.

Bilfinger (G. Bernard), savant allemand, né en 1693, dans le Wurtemberg, mort en 1750 ; enseigna à Tubingue, où il jouit d’un grand crédit ; devint conseiller privé, président du consistoire, et contribua à la prospérité du Wurtemberg. Ses principaux ouvrages sont : De harmonia præstabilita, Tub., 1721 et 1735 ; De origine et permissione mali, 1724 ; De Deo, anima et mundo, 1725. On lui doit aussi un nouveau genre de fortifications, qui porte son nom. Il remporta le prix proposé par l’Académie des sciences de Paris sur la Cause de la pesanteur.

Billaud-Varenne (J. Nic), conventionnel, né à La Rochelle en 1762, fut d’abord oratorien, puis avocat ; embrassa avec ardeur les idées révolutionnaires, et se lia avec Danton, Marat et Robespierre ; fut après le 10 août substitut du procureur de la commune, et dirigea de concert avec Danton les sanglantes journées de septembre (1792). Député de Paris à la Convention, il poursuivit avec acharnement Louis XVI, puis les Girondins. Membre du comité de salut public, il organisa avec Robespierre le système de la Terreur et pressa le supplice de Marie-Antoinette ; puis se sépara de son collègue, et contribua puissamment à la journée du 9 thermidor. Il n’en fut pas moins, peu après, déporté à Cayenne avec Collot-d’Herbois (1795). Il refusa sa grâce après le 18 brumaire, et mourut à St-Domingue en 1819. Ses ouvrages, tous de circonstance, sont oubliés aujourd’hui. On a publié sous son nom en 1821 des Mémoires qui sont apocryphes.

BILLAUT (Adam), poëte.V, adam (Maître).

BILLAUT (Aug.-Ad.-Marie), avocat et homme d’État, né à Vannes en 1805, mort en 1863, se fit un nom comme avocat à Nantes ; fut nommé député (1837) par trois collèges électoraux, et siégea dans l’opposition jusqu’en 1840, où il devint sous-secrétaire d’État sous le ministère de M. Thiers, rentra dans l’opposition et y demeura jusqu’en 1848 ; fut représentant à la Constituante, où il vota avec le parti démocratique modéré ; ne fut pas réélu à la Législative ; devint, après le 2 décembre 1851, député puis président du Corps législatif ; contribua au rétablissement de l’Empire ; fut à deux reprises (1854 et 1859) ministre de l’intérieur ; puis (1860-63), comme ministre sans portefeuille, défendit avec un grand éclat de parole la politique impériale.

BILLITON, une des îles de la Sonde, au S. O. de Bornéo ; 100 kil sur 80. Possession hollandaise depuis 1822.

BILLOM, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), à 50 kil. S.E. de Clermont ; 3519 hab. Collége. Une université, fondée en 1455 ; anc. maison de Jésuites, fondée en 1555. Basalte, poterie en terre rouge, dite terre de Billom. — Billom était considérée comme la capit. de la Limagne ; elle joua un rôle dans la Réforme. Il s'y tint en 1589 des États provinciaux.

BILLUART (Ch. René), théologien, né en 1685 à Revin (Ardennes), mort en 1757, était dominicain et devint provincial de son ordre. Il enseigna longtemps la théologie à Douai, et rédigea pour l'usage des écoles un Cours de théologie d'après S. Thomas (Summa S. Thomæ hodiernis academiarum moribus accommadata), 19 vol. in-8, Liége, 1746-51, ouvrage immense, qui fit si longtemps autorité.

BILLY, petit pays de l'anc. Bourbonnais (Allier), où se trouvait un bourg du même nom, à 16 kil. O. de La Palisse. Ancienne seigneurie. — Bourg de la Marne, au S. E. de Reims ; grand souterrain traversé par le canal de l'Aisne à la Marne.

BILSTON, V. d'Angleterre (Stafford), à 17 k. N. O. de Birmingham ; 20 000 h. Houille, fer aux env. Hauts fourneaux, fonderies. La ville communique avec Londres par un canal.

BINASCO, v. de Lombardie (Milan), sur un canal qui joint l'Adda au Tésin ; 4300 hab. Brûlée en 1796 par les Français.

BINCHE, v. de Belgique (Hainaut), sur la Haine, à 14 kil. S. E. de Mons ; 5000 hab. Broderie sur tulle.

BINET (René), né en 1732, près de Beauvais, mort à Paris en 1812, fut professeur de rhétorique au Plessis, puis recteur de l'Université de Paris (1792), et enfin proviseur du lycée Bonaparte, poste qu'il conserva jusqu'à sa mort. On a de lui des traductions en prose d’Horace,1833 ; de Valère-Maxime, 1796 ; de Virgile, 1805, et de quelques Discours de Cicéron, ainsi qu'une Histoire de la décadence des mœurs chez les Romains, 1795.

BINGEN, Bingium, v. du grand-duché de Hesse-Darmstadt, au confluent du Rhin et de la Nahe, à 25 kil. O. de Mayence ; 6000 h. Sur une hauteur voisine, on voit les ruines d'un ancien château. Cataracte du Rhin, dite Bingenloch (trou de Bingen), qui longtemps entrava la navigation du fleuve : des travaux achevés en 1833 y ont obvié. — La v. fut fondée par Drusus et embellie par Julien.

BINGLEY, v. d'Angleterre (York), sur l'Aire, et près du canal de Liverpool, Leeds et Bradford, à 19 kil. N. O. de Leeds ; 12 000 hab.

BINIC, bourg des Côtes-du-Nord, à 12 kil. N. O. de St-Brieuc ; 2800 hab. Port sur la Manche ; pêche de la morue et de la baleine.

BINTANG, île de l'archipel de la Sonde, au S. de la presqu'île de Malacca, a 28 kil. sur 15, et compte env. 20 000 hab. Elle appartient aux Hollandais. Poivre, terre japonique, poudre d'or.

BINUÉ, fleuve d'Afrique. V. BÉNUÉ.

BION, poëte bucolique grec, natif de Smyrne, contemporain de Théocrite, florissait en Sicile vers 290 av. J.-C., et mourut, dit-on, empoisonné. Il nous reste de lui plusieurs idylles d'un goût exquis, en dialecte dorien, parmi lesquelles on distingue l’Amour fugitif et le Chant funèbre d’Adonis. Il eut pour disciple Moschus. Ses poésies sont réunies à celles de Théocrite et de Moschus. Elles ont été trad. en français par Gail, 1795. — BION le Borysthénite, philosophe scythe, d'Olbia sur le Borysthène, était de la secte des Cyniques. Il se distingua aussi comme poëte et comme musicien, excella surtout dans la satire, et n'épargna point les superstitions de son temps ; ce qui fut cause qu'on l'accusa d'être athée. Il mourut très-vieux, 241 ans av. J.-C. Stobée a conservé de lui quelques fragments.

BIONDO (flavio), savant italien, né à Forli en 1388, mort en 1463, découvrit à Milan l'exemplaire unique du dialogue de Cicéron De claris oratoribus, dont toute l'Italie posséda bientôt des copies, devint secrétaire des papes Eugène IV, Nicolas V, Calixte III et Pie II. Il s'occupa un des premiers de recherches sur l'ancienne Rome. (Roma instaurata, 1842 ; Roma triumphans, 1482 ; Italia illustrata, 1531.)

BIORN I, l'un des 4 fils de Ragnar Lodbrok, régna à Upsal de 860 à 880, fit de fréquentes expéditions contre la France et l'Angleterre et laissa prêcher le Christianisme dans ses États. — BIORN II, 873-885, périt dans une invasion en France.

BIOT (J.-B.), savant célèbre, né à Paris en 1774, m. en 1862 ; entra à l'École polytechnique dès sa fondation, fut appelé en 1800 à la chaire de physique au Collége de France ; fit en 1804 une périlleuse ascension aérostatique avec Gay-Lussac ; accompagna en 1806 Arago en Espagne, pour y terminer la triangulation de la méridienne ; était membre de l'Académie des sciences, de l'Académie des inscriptions et de l'Académie française. Il consacra la plus grande partie de ses travaux à l'optique et à l'astronomie. Outre de nombreux mémoires insérés dans le recueil de l'Académie des sciences ou dans le Journal des Savants, on a de lui un Essai sur l’Hist. des sciences pendant la Révolution (1803), des Traités d'Astronomie (1805), de Physique expérimentique et mathématique (1816), et des Recherches sur l’astronomie égyptienne (1823), qui ont servi à fixer plusieurs points de chronologie ; des Mélanges scientifiques et littéraires (1858).

BIOT (le), ch.-l. de c. (Hte-Savoie), à 10 kil. S. E. de Thonon ; 1000 hab. Fabr. de poteries et creusets.

BIPONTIUM, nom latin de la v. de Deux-Ponts.

BIR, Birtha, v. de la Turquie d'Asie (Syrie), à 100 kil. N. E. d'Alep et à 55 kil. S. O. d'Orfa, sur l'Euphrate ; env. 3000 hab. Jadis très-commerçante ; ruinée par Tamerlan. Résidence d'un primat jacobite.

BIRAGUE (René de), né à Milan en 1507, m. en 1583, sortait d'une maison noble et ancienne, attachée à la France, et se retira en France pour échapper à la vengeance de Louis Sforce, duo de Milan ; devint conseiller au parlement de Paris, surintendant de la justice, puis garde des sceaux ; prit une part active au complot de la St-Barthélemy, et en fut récompensé par la dignité de chancelier ; embrassa sur la fin de sa vie l'état ecclésiastique et devint év. de Lavaur, puis cardinal, 1578. On l'a accusé de plusieurs empoisonnements ; il est du moins un de ceux qui introduisirent en France la politique machiavélique.

BIRAN (MAINE de). V. MAINE DE BIRAN.

BIRCH (Thomas), théologien et historien anglais, né en 1705, m. en 1766, publia entre autres ouvrages un Dictionnaire général, historique et critique, traduit de Bayle et considérablement augmenté, 10 vol. in-fol., 1734-1745.

BIREN (J. Ernest), duc de Courlande, né en 1687, mort en 1772, était fils d'un paysan courlandais. Chambellan et favori d'Anne, duchesse de Courlande, il devint tout-puissant lorsque cette princesse monta sur le trône de Russie (1730), exila ou fit périr tous ceux qui lui faisaient ombrage, et se fit élire duc de Courlande, malgré l'opposition de la noblesse de cette province. A la mort de l'impératrice, il s'empara de la régence (1740), mais fut bientôt renversé et envoyé en Sibérie. Élisabeth le rappela dès l'année suivante, et Catherine II lui rendit son duché de Courlande, qu'il résigna à son fils en 1766. Biren, était cruel, mais habile. Il avait la vanité de se faire appeler Biron, pour faire croire qu'il appartenait à l'illustre famille française de ce nom.

BIRGER DE BIELBO, comte du palais et régent de Suède, de la famille des Folkungiens, né vers 1210, mort en 1266, épousa Ingeburge sœur du roi Éric le Bègue sauva la ville de Lubeck, assiégée par les Danois (1236), obtint en 1248 la dignité de comte du palais, soumit la Finlande, dont les pirateries désolaient la Suède, et y introduisit le Christianisme. Nommé régent à la mort d'Éric (1250), il gouverna glorieusement jusqu'à sa mort. C'est lui qui fonda Stockholm et la cathédrale d'Upsal. — BIRGER II, son petit-fils, fut reconnu roi en 1284, fut sans cesse en guerre avec ses frères, finit par être détrôné et se réfugia en Danemark, où il mourut en 1321.

BIRKADEM, vge d'Algérie, sur la route d'Alger à Blidah, à 10 kil. E. d'Alger, dans un site charmant ; 2000 hab. Créé en 1835 et organisé en 1842.

BIRKENFELD, v. du grand-duché d'Oldenbourg, sur la Nahe, à 35 kil. E. de Trêves : 1800 h. Ch.-l. d'une principauté qui, avant la Révolution française, appartenait à la maison de Wittelsbach et qui comptait 18 000 hab. Elle fut incorporée au dép. français de la Sarre de 1796 à 1814, donnée à la Prusse en 1814, puis cédée au grand-duc d'Oldenbourg en 1815.

BIRKENHEAD, v. manufacturière d'Angleterre (Lancastre), à l'emb. et sur la riv. g. de la Mersey, en face de Liverpool, dont elle est comme un faubourg, n'avait guère en 1821 que 200 h. ; elle en compte auj. plus de 40 000, presque tous occupés à fabriquer les articles de Liverpool. La compagnie des Docks y a construit des habitations modèles pour les ouvriers.

BIRKET-EL-HADGI, c.-à-d. lac des Pèlerins, lac de la B.-Égypte, à 15 kil. N. O. du Caire ; 45 kil. sur 10. Rendez-vous des pèlerins qui d'Afrique vont en Arabie. — BIRKET-EL-KEROUN, lac de la Moyenne-Égypte, communique par un canal avec le Nil. C'était jadis le lac Mœris. V. MŒRIS.

BIRMAN (empire), État de l'Inde transgangétique, dans la partie occid., entre 91°-99° long. E. et 19° 30'-27° 7' lat. N., a pour bornes au N. le Thibet ; à l'E. la Chine et la riv. Salouen ; à l'O. l'Aracan et le Kassaï ; au S. les golfes de Martaban et de Bengale ; 2000 kil. sur 500 ; env. 8 000 000 hab. (bouddhistes). Capit., jadis Ava, dite aussi Ratna-Poura (la ville des joyaux), puis Amarapoura et Montschobo. L'empire Birman se compose auj. de 4 parties : le Birman propre ou Ava, le Laos, le Martaban et divers pays tributaires. Sol montueux, traversé par les ramifications des monts du Thibet, longues vallées. Riv. principales : l'Iraouaddy, le Zittang, le Salouen. Chaleur excessive ; fertilité extraordinaire : canne à sucre, riz, indigo, thé, etc. Bois de tek et autres bois de construction. Or, étain, fer, plomb, antimoine, soufre, jaspe, marbres admirables, pierres précieuses. Éléphants superbes et autres animaux de l'Inde Transgangétique. — Les Birmans furent longtemps assujettis au Pégou ; ils se révoltèrent à l'instigation des Portugais, mais les Pégouans les vainquirent en 1752. Dès l'année suivante, Alompra, sorti d'un rang obscur, expulsa l'étranger ; puis, il soumit les contrées voisines et même le Pégou, et fonda ainsi l'empire Birman, dont il fut le premier monarque. En 1826, à la suite d'une guerre heureuse, les Anglais se sont fait céder par les Birmans l'Assam, le Ténasserim, l'Aracan, et quelques autres territoires ; dans une 2e guerre, qui eut lieu en 1852 et 1853, ils leur enlevèrent en outre le Pégou. Le gouvt. est une monarchie héréditaire et absolue.

BIRMINGHAM, v. d'Angleterre (Warwick), sur la Rea, à 176 k. N. O. de Londres ; 220 000 h. (4000 en 1690). On distingue la ville haute, qui offre de beaux monuments, la ville basse, qui est laide et vieille, et le faubourg de Soho, où sont les vastes fabriques de Bolton et de Watt. Collége, bibliothèques, hôtel des monnaies, etc. Chemins de fer pour Londres, Liverpool, etc. Immense industrie : fonderies, machines à vapeur, armes blanches et à feu, ouvrages de toute espèce en fer et en acier, coutellerie, harnacherie, instruments de physique et autres, peinture sur verre. Commerce très-actif, favorisé par plusieurs canaux, dont les principaux sont le canal de Fazeley et le Vieux-Canal. — Birmingham existait, à ce qu'on croit, dès le temps des Romains sous le nom de Bremenium; elle figure dans le Domesday book sous le nom de Bermengeham; mais sa prospérité ne date guère que de ce siècle : elle est due surtout à son immense bassin houiller et à ses riches mines de fer.

BIRNBAUM, v. de Prusse (Posen), sur la Warta à 70 kil. N. C. de Posen ; 3000 h. Ch.-l. de cercle.

BIRON, bourg de l'anc. Périgord (Dordogne), à 40 k. S. E. de Bergerac ; 12 000 hab. Il a donné son nom à l'illustre famille des Biron : c'était d'abord une simple baronnie ; elle fut érigée en duché-pairie en 1598, par Henri IV, pour Ch. de Biron.

BIRON (Armand de GONTAUT, baron de), maréchal de France, né en 1524, d'une famille ancienne du Périgord, servit d'abord en Piémont sous le maréchal de Brissac ; prit part, dans l'armée catholique, aux batailles de Dreux, de St-Denis et de Moncontour, quoiqu'il fût secrètement porté pour les Huguenots ; fut nommé en 1569 grand maître de l'artillerie, et fut chargé, ainsi que de Mesmes, seigneur de Malassise, de conclure avec les Huguenots la paix dite de St-Germain ; reçut en 1577 le bâton de maréchal, et commanda successivement en Guyenne, dans les Pays-Bas et en Saintonge ; fut, à la mort de Henri III, l'un des premiers à reconnaître Henri IV, rendit les plus grands services à ce prince à la bataille d'Arques et à l'attaque de Paris, et fut tué au siège d'Épernay en 1592. C'était un des plus grands capitaines de son temps.

BIRON (Charles de GONTAUT, duc de), fils du préc., célèbre par l'amitié de Henri IV et par sa trahison, né en 1561, fit ses premières armes sous le maréchal, son père, servit pendant longtemps Henri IV avec autant de dévouement que d'intrépidité, et se couvrit de gloire aux batailles d'Arques et d'Ivry, aux siéges de Paris, de Rouen, et au combat d'Aumale. En récompense, le roi le combla d'honneurs : il le nomma amiral de France (1592), maréchal (1594), gouverneur de la Bourgogne, le fit duc et pair (1598), et l'envoya en ambassade auprès de la reine Élisabeth ; en outre, Henri lui avait sauvé la vie au combat de Fontaine-Française (1595). Malgré tant de bienfaits, Biron, égaré par l'orgueil, l'ambition et la cupidité, conspira contre son roi, traita avec l'Espagne et la Savoie, et s'engagea à prendre les armes contre son pays. Le complot fut révélé par Lafin, qui en avait été l'instigateur. Biron voulut tout nier, mais il fut convaincu par ses écrits. Henri IV, qui déjà lui avait pardonné une première fois, essaya à plusieurs reprises, mais inutilement, d'obtenir l'aveu de son nouveau crime et de son repentir, afin de lui pardonner. Il eut la tête tranchée en 1602 ; il n'avait que 40 ans.

Ch.-Armand, duc de Biron, petit-fils d'Armand, 1663-1756, servit avec distinction sous Louis XIV et Louis XV, et fut fait maréchal par ce dernier. — L. Ant, duc de B., 4e fils du précéd., 1700-1788, fut aussi fait maréchal, après avoir fait la guerre en Italie, en Bohême et en Flandre. — Armand-Louis, duc de B., neveu du précéd., né en 1747, fut longtemps connu sous le nom de Lauzun. Après une jeunesse orageuse, il entra au service, et alla combattre en Amérique en faveur de l'indépendance (1780). Député aux États généraux en 1789 par la noblesse du Quercy, il entra dans le parti du duc d'Orléans ; il fut nommé en 1792 général en chef de l'armée du Rhin, commanda en 1793 l'armée des côtes de La Rochelle, prit Saumur sur les Vendéens et les battit à Parthenay. Il n'en fut pas moins accusé de trahison par le Comité de salut public pour avoir offert sa démission ; traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort et exécuté le 31 décembre 1793. Ses Mémoires, qui vont de 1747 à 1783, ont été publiés en 1822, et depuis, en 1858, avec Biographie par L. Lacour.

BISACCIA, v. du roy. d'Italie (Princip. Ultérieure), à 36 kil. N. E. de Naples ; 6000 h. Évêché.

BISCAYE, en espagnol Vizcaya, prov. d'Espagne, bornée au N. par la baie de Biscaye, à l'E. par le Guipuscoa, au S. par l'Alava, à l'O. par l'intendance de Burgos, 60 kil. sur 200 ; 200 000 hab., Basques pour la plupart ; ch.-l., Bilbao. Montagnes, forêts ; riv. nombreuses, mais sans importance ; climat humide, mais salubre. Peu de céréales, vin médiocre, bons fruits, châtaignes. Côtes poissonneuses. Assez d'industrie et de commerce. — Du temps des Romains les Cantabri, les Autrigones, les Caristi occupaient cette contrée ; elle ne fut appelée Biscaye que depuis Alphonse le Grand (866). Vers le xie s., Inigo Lopez, gouverneur de cette province, s'y rendit presque indépendant ; 19 de ses successeurs la gouvernèrent après lui jusqu'à la réunion de la Biscaye à la couronne de Castille, qui eut lieu en 1379. Malgré cette réunion, les Biscayens conservèrent leurs coutumes et privilèges dits fueros. Ce n'est que dans ces derniers temps que des modifications y furent apportées après une longue guerre civile (1833-39).

BISCAYE (golfe de). V. GASCOGNE (golfe de).

BISCEGLIA, ville du roy. d'Italie (Terre de Bari), à 22 k. E. de Barletta : 15 000 hab. Évêché. Beau palais épiscopal. Un célèbre combat y fut soutenu en 1503 par Bayard et 12 Français contre 13 Espagnols.

BISCHWILLER, Episcopi villa, v. d'Alsace-Lorraine, sur la Moder, à 23 kil. N. de Strasbourg ; 6946 h. Fabriques de gants, de draps, filature de laine.

BISERTE. V. BIZERTE.

BISIGNANO, Besidiæ, v. du roy. d'Italie (Calabre Citér.), à 24 k. N. de Cosenza ; 8000 h. Évêché.

BISKARA ou BISKRA, v. et oasis d'Algérie (Constantine), dans les Ziban, à 236 kil. S. O. de Constantine et à l'entrée du grand désert ; 1000 h. Occupée en 1844. C'est un de nos postes les plus avancés. Très-haute température ; palmiers, oliviers, grenadiers, figuiers. Beaucoup d'habitants émigrent dans les villes où ils font le métier de portefaix.

BISSAGOS ou BISSAOS (archipel des), sur la côte occidentale de l'Afrique, entre la Gambie et la Sierra Leone, près de l'emb. du Rio Grande, par l6° 50'-19° 30' long. O., 10° 12' lat. N. Iles d'un abord dangereux. Les Français fondèrent en 1685 dans la principale de ces îles un établissement, qui a été abandonné. L'archipel appartient auj. aux Portugais. Il fut longtemps un grand entrepôt d'esclaves.

BISSON (H.), lieutenant de vaisseau, né en 1795, à Guéméné. Chargé, dans l'expédition de Grèce, de commander un brick qui avait été pris sur les Turcs par la flotte de l'amiral de Rigny et qui allait être repris, il se fit sauter avec l'équipage plutôt que de de se rendre (6 nov. 1827). Une pension fut décernée à sa sœur, à titre de récompense nationale.

BISTONES, peuple de Thrace, habitait au S. du mont Rhodope et sur les côtes de la mer Égée. Dans leur territoire et près d'Abdère se trouvait le Bistonis lacus, auj. Lagos Bourou.

BISTRICA, riv. de Galicie, sort des Carpathes au mont Biszt, passe à Stanislavov, et tombe dans le Dniester entre Mariempol et Sesapol ; 70 k.

BISTRITZ, v. de Transylvanie (Pays des Saxons), ch.-l. de district, sur le Bistritz, affluent du Szamos, au N. E. de Karlsbourg ; 7000 h.

BISTRITZA, v. de Moldavie, ch.-l. de district, sur la Bistritza, affluent du Sereth, à 80 k. S. O. d'Iassy. — La Bistritza charrie de l'or.

BITAUBÉ (P. Jérémie), écrivain, né à Kœnigsberg en 1732, d'une famille de réfugiés français, mort en 1808, exerça le ministère évangélique et cultiva la littérature. Il vint vers 1770 se fixer à Paris, où il passa le reste de ses jours, et y fut nommé membre associé de l'Académie des inscriptions. On a de lui deux poëmes en prose, Joseph (1767) et les Bataves (1790), ainsi que des traductions libres de l’Iliade (1780) et de l'’Odyssée (1785), qui obtinrent du succès, grâce à un certain parfum d'antiquité. Ses œuvres ont été publiées en 9 vol. in-8, Paris, 1804.

BITCHE, Bidiscum ou Bicina, v. d'Alsace-Lorraine, à 24 k. S. E. de Sarreguemines, 3077 h. Place forte, assiégée par les Autrichiens en 1793 et par les Prussiens en 1797 ; prise par les Allemands le 6 mars 1871, après 6 mois de siége. Forges, faïences, etc.

BITERRÆ, v. des Volcæ Tectosages, auj. Béziers.

BITETTO, v. épiscopale du roy. d'Italie (Terre de Bari), à 16 k. S. O. de Bari ; 4350 h. Marquisat.

BITHYNIE, partie N. O. de l’Anatolie, contrée de l'Asie-Mineure, bornée au N. par le Pont-Euxin, au S. par la Galatie et la Phrygie, à l'O. par la Propontide, à l'E. par la Paphlagonie. Villes principales : Pruse, Nicée, Nicomédie, Héraclée, Chalcédoine. — On suppose que la Bithynie fut peuplée originairement par des Thraces : elle était habitée par les Bebryces, les Thyni, les Mariandyni, les Mygdones, les Caucones. Soumise par Crésus, puis par Cyrus, elle formait, lors de l'invasion d'Alexandre, un petit roy. indépendant de la Perse, dont le roi était Zypétès (328). Ce dernier reconnut la suprématie macédonienne. Après sa mort (281), Nicomède I secoua le joug, et la Bithynie redevint libre. Mais, dans le siècle suivant (vers l'an 183), elle subit l'influence romaine. Elle eut pour rois, depuis Nicomède, Zélas (250), Prusias I (231), Prusias II (192), qui livra Annibal aux Romains, Nicomède II (148), Nicomède III (90). Ce dernier mourut 75 av. J.-C., léguant son roy. aux Romains. Au iiie siècle de l'empire, la Bithynie fut une prov. du diocèse de Pont. Au ve, on en fit deux provinces, qui étaient séparées par le Sangarius : la Bithynie propre, à l'O. (B. occident.), et l'Honorie, à l'E. (B. orient.). Au xie siècle, les Seldjoucides s'emparèrent de cette contrée ; les Grecs la reprirent dans le siècle suivant et établirent le siége de leur empire à Nicée ; mais en 1298 les Ottomans l'envahirent de nouveau : ils firent de Brousse (Prusa) la capitale de leur empire de 1325 à 1453.

BITHYNIUM, puis Claudiopolis, v. de Bithynie, auj. Bastan, était la patrie d'Antinoüs. Elle devint sous Théodose II la capitale de l'Honorie.

BITON. V. cléobis.

BITONTO, Butuntum ou Biaruntum, v. du territoire napolitain, à 15 k. S. O. de Bari : 16 500 h. Évêché. Aux environs, vin de Zagarello, fort renommé. Les Espagnols y battirent les Impériaux en 1734 (V. charles iii d'Espagne).

BITTERFELD, v. des États prussiens (Saxe), sur la Mulde, à 37 k. N. E. de Merseburg ; 4000 hab. Draps, bonneterie, etc. Fondée au xiie siècle par une colonie flamande, dont les membres font valoir leurs terres en commun.

BITUIT, roi des Arvernes, se fit battre, près de l'Isère, ainsi que les Allobroges, ses alliés, par le consul romain Q. Fabius Maximus, 121 av. J.-C.

BITURIGES, peuple de la Gaule, se divisait en deux grandes branches : les Bituriges Cubi et les B. Vivisci. Les 1ers étaient au N. des Lemovices, au S. des Aureliani, et avaient pour ch.-l., Avaricum (Bourges), qu'on nomme aussi Bituriges. Leur territoire forma depuis le Berry et une partie du Bourbonnais. — Les B. Vivisci, colonie des B. Cubi, étaient à l'O. des Petrocorii, et au S. des Santones ; ch.-l., Burdigala (Bordeaux). Leur territoire représente auj. les arrond. de Bordeaux, Blaye, Libourne (Gironde).

BITURITÆ, auj. Bédarrides, v. des Allobroges, aux environs de laquelle ce peuple fut complètement défait par Domitius Ænobarbus (122 av. J.-C.).

BIVAR (Rodrigue de). V. Cid (le).

BIZERTE, Hippo Zarytos, v. et port de la régence de Tunis, à 55 k. N. O. de Tunis ; 10 000 hab. Ce port fut jadis un des meilleurs et des plus commerçants de l'Afrique. Bizerte fut longtemps fameuse par ses pirateries.

BIZY, vge et parc. V. vernon.

BLACAS D'AULPS, maison française très-ancienne, ainsi nommée du château d'Aulps en Provence. Dès le xiie siècle, un Blacas, dit le Grand Guerrier, mort en 1235, se distingua parmi les plus vaillants chevaliers de la cour de Raymond Bérenger, comte de Provence. — A cette famille appartient Casimir, duc de Blacas d'Aulps, pair de France, né en 1770 à Aulps (Var), mort en 1839. Il émigra en 1790, s'attacha dans l'exil à la personne du comte de Provence (Louis XVIII), qui le chargea de diverses missions et qui, devenu roi, le nomma en 1814 secrétaire d'État et ministre de sa maison. Il l'accompagna à Gand, fut nommé pair à son retour, puis ambassadeur à Naples, où il négocia le mariage du duc de Berry avec la fille du prince royal ; et à Rome, où il fit signer le concordat de 1817. En 1830, il suivit les Bourbons dans l'exil. Pendant son administration, il avait favorisé Champollion et créé le Musée égyptien du Louvre. M. de Blacas avait formé un riche cabinet d'antiquités que M. Reinaud a décrit en partie sous le titre de Description des monuments musulmans du cabinet du duc de Blacas, 1828. Il était associé à l'Académie des inscriptions.

BLACK (Joseph), chimiste, né en 1728 à Bordeaux, de parents écossais, mort en 1799, enseigna avec distinction la médecine et la chimie à Glasgow, puis à Édimbourg, et enrichit la science d'importantes découvertes. Il soupçonna le premier l'existence de l'acide carbonique, qu'il appelait air fixe, et montra sa présence dans les alcalis, dans la chaux et la magnésie. On lui doit aussi la connaissance de la chaleur latente. Ses Leçons de chimie ont été publiées en 1803, 2 vol. in-8. il était associé de l'Institut.

BLACKBURN. v. d'Angleterre (Lancastre), sur le Derwent, à 37 k. S. E. de Lancastre ; 72 000 h. On n'en comptait que 11 000 en 1800. Grandes fabriques de calicot et autres tissus de coton. C'est à Blackburn que fut inventée en 1697 la Spinning-Jenny, métier à filer.

BLACKMORE (sir Richard), médecin et poëte, né vers 1658, mort en 1729, fut médecin de Guillaume III et de la reine Anne. Il composa plusieurs grands poëmes : le Prince Arthur, en 10 chants ; le Roi Arthur, en 12 chants ; la Création, en 7 chants ; ces poëmes sont fort médiocres. On le compare à notre Chapelain. Whig ardent, il encourut les sarcasmes des tories Swift, Pope et Arbuthnot.

BLACK-RIVER, c.-à-d. rivière-noire, nom commun à plusieurs riv. de l'Amérique septentrionale. La principale, la Big-Black-River, sort des monts Ozark, au S. de Jefferson (Missouri), et tombe dans la White-River (riv. blanche), au N. E. de Little-Rock, après 380 k. de cours.

BLACKSTONE (Will.), jurisconsulte, né à Londres en 1723, mort en 1780, exerça d'abord avec peu de succès la profession d'avocat à Londres ; puis ouvrit à Oxford, en 1753, un cours de droit civil et politique ; ce cours, qui manquait à l'université, fut très-suivi. Blackstone fut quelques années après nommé juge au tribunal des plaids-communs et élu député à la Chambre des communes (1761). Il a publié, sous le titre de Commentaires sur les lois d'Angleterre (4 vol., 1765 et ann. suiv.), les leçons qu'il avait faites à Oxford : cet ouvrage, dans lequel il avait pris Montesquieu pour modèle, l'a placé auprès de ce grand homme. Ses Commentaires ont été trad. par Gomicourt, Bruxelles, 1774, et par Chompré, Paris, 1823. Sam. Warrens en a donné en 1855 une nouv. édit., en indiquant les changements survenus depuis 1765 dans la constitution.

BLACKWELL (Thomas), écrivain écossais, né à Aberdeen en 1701, mort en 1757, était professeur de langue grecque. On a de lui : Lettres sur la Mythologie, 1748, trad. en 1779 ; Mémoires de la cour d'Auguste, 1752-1757, trad. par Feutry, 1781,3 vol. in-12 ; Recherches sur Homère, 1757, trad. par Quatremère de Roissy, Paris, 1799. On trouve dans ses écrits de l'érudition et de l'esprit, mais du désordre.

BLÆSUS (Junius), général romain, parent de Séjan, commandait les trois légions qui se révoltèrent dans la Pannonie au commencement du règne de Tibère (14 de J.-C.), et fit d'inutiles efforts pour arrêter le désordre. Nommé gouverneur d'Afrique, il battit Tacfarinas (22), reçut de ses soldats le titre d’Imperator, et obtint à Rome les honneurs du triomphe, honneurs qui, depuis, ne furent accordés à aucun particulier. Enveloppé dans la disgrâce de Séjan, il se donna la mort.

BLAEUW (Guill.), savant géographe, disciple et ami de Tycho-Brahé, né en 1571, à Alkmaar, mort en 1638, a publié des atlas et des globes d'une exactitude remarquable pour l'époque. On a de lui : Theatrum urbium, Amsterd., 1619 ; et Usage des globes et sphères célestes et terrestres, 1642. Il était à la fois auteur, imprimeur et éditeur de ses cartes. — Son fils, J. Blaeuw, fut son collaborateur et termina un grand atlas commencé par lui sous le titre de Theatrum mundi, 1663-67, 14 vol. in-f°. On a de Jean les Théâtres de Belgique, d’Italie, et du Piémont.

BLAIN, ch.-l. de cant. (Loire-Inf.), à 17 k. N.E. de Savenay, sur l'Isac et le canal de Redon à Nantes ; 1177 h. V. jadis forte, assiégée par le duc de Mercœur en 1589 et 1591, et prise au second siége.

BLAINVILLE (H. M. ducrotay de), zoologiste, né en 1777 à Arques, près de Dieppe, d'une famille noble, mort en 1850, étudiait la peinture quand il sentit naître subitement en lui, à 27 ans, le goût de l'histoire naturelle en assistant par hasard à une leçon de Cuvier : il s'attacha à ce grand naturaliste, qui bientôt le choisit pour son suppléant ; obtint en 1812 la chaire de zoologie à la Faculté des sciences de Paris, fut admis à l'Académie des sciences en 1825, et succéda en 1832 à Cuvier dans sa chaire d'anatomie comparée au Muséum. Comme professeur, il brillait moins par le talent de l'élocution que par la verve, l'abondance et l'originalité des idées. Blainville s'attacha surtout à introduire dans la zoologie une classification : il publia dès 1816 le Prodrome d'une nouvelle distribution du règne animal, distribution qu'il fondait principalement sur la structure comparée du squelette. Outre une foule de Mémoires et d'articles (dans les recueils de l'Académie et autres sociétés savantes et dans le Dictionnaire d'histoire naturelle), on a de lui plusieurs traités capitaux : de l'Organisation des animaux, 1822, resté incomplet ; Cours de physiologie générale et comparée, recueilli par le Dr Hollard, 1829 ; Manuel de Malacologie et de Conchyliologie, 1825 ; Manuel d'Actinologie et de Zoologie, 1834 ; Ostéographie ou Description comparée du squelette des 5 classes d'animaux vertébrés, ouvrage destiné à guider les anatomistes et paléontologistes, et dont la publication, commencée en 1839, a été terminée en 1864, après la mort de l'auteur. MM. Hollard et Maupied ont rédigé ses leçons sur les Principes fondamentaux de la Physiologie et de la Zoologie. Auteur d'idées neuves, mais contestées, Blainville eut à soutenir pour les défendre les luttes les plus vives ; il ne tarda pas à se séparer de Cuvier. Dans l'exposition de ses doctrines, il affectionnait la méthode a priori. M. Flourens a prononcé son Éloge à l'Académie des sciences (1854).

BLAIR (John), savant chronologiste, né en Écosse vers 1720, mort vers 1783, était simple maître d'étude dans une école de Londres, lorsqu'il publia en 1754 ses Tables chronologiques. Cet ouvrage, qui obtint un grand succès, le fit admettre à la Société royale de Londres et à la Société des antiquaires ; il fut en outre nommé chapelain de la princesse de Galles, et maître de mathématiques du duc d'York. Ses Tables chronologiques ont été trad. par Chantreau, Paris, 1795, in-4, et refondues par H. Ellis, Londres, 1852. J. Blair a laissé une Histoire de la géographie, qui a été publiée après sa mort.

BLAIR (Hugh), prédicateur et critique écossais, né en 1718 à Édimbourg, mort en 1800. Après avoir exercé pendant plusieurs années le ministère évangélique et s'être distingué par ses prédications, il fut nommé professeur de belles-lettres à l'Université de St-André, puis à celle d’Édimbourg, chaire qui fut créée pour lui en 1762, et il exerça ses fonctions jusqu'en 1783. On a de lui un recueil de Sermons et un ouvrage intitulé Leçons de littérature ou Cours de belles-lettres. Ses sermons, dirigés vers l'instruction morale plutôt que vers les discussions métaphysiques ou théologiques, opérèrent une révolution dans l'éloquence de la chaire. Dans son Cours de littérature, qui fait encore autorité, il traita en philosophe des principes du beau et des règles de la composition, et se distingua par la justesse et la pureté de son goût. Ses sermons ont été traduits par Frossard, 1784, et par l'abbé de Tressan, 1807 ; son Cours de littérature par Cantwell, 1797 ; par Prévost, Genève, 1808, et par Quénot, 1830. H. Blair fut le fondateur de la Revue d’Édimbourg.

BLAISE (S.), évêque de Sébaste, en Arménie, fut martyrisé sous Licinius, en 316, par l'ordre d'Agricola, gouverneur de Cappadoce. Les bourreaux lui déchirèrent les côtes avec des peignes de fer; en mémoire de ce fait les cardeurs l'ont pris pour patron. On l'honore le 3 février. Ce saint était très-vénéré dans l'église grecque : on lui attribuait le pouvoir de guérir les maladies des enfants et celles des bestiaux. Il est d'usage dans beaucoup de pays de bénir le pain et le sel le jour de la fête de ce saint : c'est ce qu'on appelle la bénédiction de S. Blaise.

BLAISOIS ou BLÉSOIS, petit pays qui avait Blois pour capitale, faisait partie de l'ancien Orléanais, et était situé entre le Vendomois, la Beauce, l'Orléanais propre, la Sologne, le Berry et la Touraine. Auj. compris dans le dép. de Loir-et-Cher.

BLAKE (Robert), amiral anglais, né à Bridgewater en 1599, mort en 1658. Dans la guerre civile, il prit parti contre Charles I. Néanmoins il désapprouvait la condamnation du roi : Cromwell, pour l'éloigner, le chargea du commandement d'une escadre, quoiqu'il ne connût pas la mer; il n'en obtint pas moins d'éclatants succès : il poursuivit jusque sur les côtes du Portugal la flotte royale, que commandaient les princes Rupert et Maurice ; fit des prises importantes; brûla presque tous les vaisseau du prince Rupert à Carthagène et à Malaga ; réduisit les îles de Scilly et de Guernesey ; résista en 1652 aux forces supérieures de Tromp et de Ruyter, dans la rade de Douvres et près des sables de Godwin, et les chassa de Portland en 1653. Envoyé par Cromwell, en 1654, dans la Méditerranée pour protéger le commerce anglais, il força les États de Tripoli, de Tunis, d'Alger à demander la paix. Dans une guerre avec l'Espagne (1656), il bloqua Cadix, s'empara, avec l'amiral Montague, de deux flottes espagnoles chargées de trésors, et les conduisit triomphant en Angleterre ; mais il mourut en arrivant à Piymouth.

BLAMONT, ch.-l. de cant. (Doubs), sur le Glou, à 14 k. S. E. de Montbéliard; 601 h. Château fort. Église consistoriale protestante. — Ch.-l. de cant. (Meurthe-et-Moselle, sur la Vézouse, à 30 k. de Lunéville, 2381 h. Patrie de Régnier, duc de Massa. Blamont appartenait jadis aux princes de Salm-Salm.

BLANC (Cap-) On nomme ainsi trois caps d'Afrique : le 1er sur la côte N., dans l'État de Tunis, par 7° 28' long. E., 37° 20' lat. N.; les 2e et 3e sur la côte O., l'un par 11° long. O., 33° 10' lat. N., dans l'empire de Maroc; l'autre par 19° 21' long. O., 20° 54' lat. N., sur la côte du Sahara. Le 1er était connu des Romains sous le nom de Candidum promontorium. Le 3e fut découvert par les Portugais en 1441.

BLANC (Le), Oblincum, ch.-l. d'arr. (Indre), sur la Creuse, a 59 k. S. O. de Châteauroux; 4455 h. Beaucoup de forges aux environs. La route du Blanc à St-Savin s'appelle levée de César.

BLANCHARD (Jacques), peintre, né à Paris en 1600, mort dès 1638, prit pour modèles le Titien, le Tintoret et Paul Véronèse, dont il avait étudié les ouvrages en Italie, et devint ainsi excellent coloriste. Il exécuta un plafond à Versailles et une galerie à l'hôtel Bullion. Ses chefs-d'œuvre sont : la Descente du St-Esprit et S. André à genoux devant sa croix (pour Notre-Dame de Paris). On l'a surnommé le Titien français.

BLANCHARD (l'abbé), né en 1731 à Vouziers (Ardennes), mort en 1797, était entré dans l'ordre des Jésuites. Après la suppression de l'ordre, il se retira en Belgique et y publia des livres destinés à l'éducation, qui eurent longtemps une grande vogue. Le plus connu est l’École des mœurs, qui parut d'abord sous le titre de Le Poëte des mœurs, Namur, 1772.

BLANCHARD (François), aéronaute, né en 1753 aux Andelys, mort en 1809, essaya de diriger les ballons et réussit à traverser la Manche de Douvres à Calais (1785). On lui doit l'invention des parachutes. — Sa femme suivit la même carrière : après 67 ascensions heureuses, elle périt en 1819, au jardin de Tivoli, son ballon, d'où elle lançait des artifices, ayant pris feu dans les airs.

BLANCHE (Mer), vaste golfe de l'Océan Glacial arctique, sur la côte septent. de la Russie d'Europe, s'étend de 32° à 40° long. E. Elle reçoit la Dvrina et l'Oneg au S., la Kandela à l'O., la Mezen à l'E. Elle est gelée 8 mois de l'année, d'octobre à juin. Son principal port est Arkhangel. Elle communique avec la mer Noire par des canaux qui l'unissent au Dnieper, et avec la mer Caspienne par le Volga.

BLANCHE (Rivière), White-River, nom de 2 riv. de l'Amérique sept. L'une tombe dans le Missouri, par 43° lat. N., entre la Chayenne et la Rapide. L'autre, beaucoup plus au S., forme 2 bras : le bras orient. se joint au Mississipi, le bras occid. à l'Arkansas.

BLANCHE. Ce nom a été porté par plusieurs princesses des maisons de Castille et de Navarre.

BLANCHE DE CASTILLE, reine de France, fille d'Alphonse IX, roi de Castille. Elle épousa Louis VIII, fut mère de S. Louis, et l'éleva dans les sentiments de piété qui en ont fait un saint. Elle fut régente du royaume do 1226 à 1236, pendant la minorité de son fils, et, plus tard, pendant les expéditions de ce monarque en Terre-Sainte et en Égypte. Elle sut triompher des ligues formées contre elle et contre l'état par les grands vassaux; gouverna avec la plus grande sagesse, et mit fin à la guerre des Albigeois. Retirée à Melun vers la fin de sa carrière, elle y mourut en 1252, à 65 ans. Blanche était aussi célèbre par sa beauté que par sa sagesse. Elle inspira, dit-on, une vive passion à Thibaut, comte de Champagne, qui la seconda dans sa politique et la chanta dans ses vers.

On connaît encore Blanche de Bourgogne, fille d'Othon IV, comte de Bourgogne, qui épousa en 1308 Charles, alors comte de La Marche, roi depuis sous le nom de Charles le Bel : cette princesse, partagea les désordres de Marguerite de Bourgogne, sa belle-sœur (V. ce nom), fût enfermée en 1314 au Château-Gaillard d'Andely, pour adultère, puis transférée à l'abbaye de Maubuisson, où elle mourut en 1326; — et Blanche de Navarre, qui était fille de Charles III, roi de Navarre, et qui régna après lui (1425-1441) : devenue reine, elle épousa Jean d'Aragon, fils de Ferdinand I, et l'associa au trône; mais elle nomma pour héritier de la couronne de Navarre son fils don Carlos, de préférence à son époux : ce qui amena de vifs démêlés entre le père et le fils.

BLANCHET (Pierre), vieux poëte satirique, né à Poitiers en 1459, mort en 1519, fut d'abord avocat et embrassa l'état ecclésiastique à 40 ans. On lui attribue, mais à tort, la farce de l'Avocat Patelin, qui est plus ancienne que lui.

BLANCHET (l'abbé Franç.), né en 1707 à Angerville près de Chartres, mort en 1784, se livra d'abord avec succès à l'éducation et à la prédication, puis fut attaché à la Bibliothèque du Roi à Versailles. On a de lui : Variétés morales et amusantes, 1784; Apologues et Contes, 1785 (publiés de nouveau en 1840, avec ceux de Caylus). Blanchet excellait dans l'art de narrer : on trouve dans ses contes, avec un style agréable, de l'instruction et de l'esprit.

BLANCMESNIL, magistrat. V. POTIER.

BLANCS (les), épithète sous laquelle on désigna pendant la Révolution française les partisans de la royauté, qui avaient pour emblème le drapeau blanc. On opposait les Blancs aux Bleus.

BLANCS et NOIRS, factions rivales qui se formèrent en Italie au sein du parti guelfe à la fin du XIIIe s. et qui ensanglantèrent Florence pendant les cinq premières années du XIVe. Les noirs étaient le parti de la noblesse et les blancs celui des riches bourgeois. Persécutés par les noirs, les blancs se rapprochèrent des Gibelins et ils finirent par se confondre avec eux. Dante fut exilé comme blanc en 1302. BLANCS-MANTEAUX, nom qu'on donna aux Servites, puis aux Guillemites, à cause du manteau blanc qu'ils portaient. Une rue de Paris a retenu leur nom.

BLANDRATA (George), né dans le marquisat de Saluces vers 1520, fut poursuivi par l'inquisition de Pavie pour avoir embrassé les doctrines d'Arius et de Socin, chercha un asile à Genève, mais y fut persécuté par Calvin; se sauva en Pologne, où il devint médecin du roi Étienne Bathori, 1558, puis en Transylvanie, où il réussit à établir les doctrines unitaires. Il fut étouffé dans son lit par un neveu qui convoitait son héritage, vers 1590.

BLANDUSIE, Blandusiæ, source du pays des Sabins, au N. de Tibur, et près de la maison de campagne d'Horace, qui la chante dans ses Odes (III, 13).

BLANGY, ch.-l. de cant. (Calvados), à 8 k. S. E. de Pont-l'Évêque ; 272 h. — Ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), sur la Bresle, à 28 k. N. E. de Neufchâtel ; 1328 n. Papeteries, filatures, toiles à voiles, savon.

BLANKENBOURG, v. du duché de Brunswick, au pied du mont Blankenstein, à 55 kil. S. E. de Brunswick; 4000 h. Ch.-l. d'une principauté qui dépend du duc de Brunswick et qui compte 11 000 hab.

BLANQUEFORT, ch.-l. de cant. (Gironde), à 9 k. N. O. de Bordeaux; 2037 h. Vins rouges et blancs. Anc. seigneurie, qui comprenait une partie du Médoc.

BLANQUET DU CHAYLA (Armand), vice-amiral, né en 1759 à Marvéjols (Lozère), mort en 1826; se distingua dans la guerre d'Amérique, commanda une division de la flotte française, dans l'expédition d’Égypte, et montra un courage héroïque à la bataille d'Aboukir; mais, ayant vu sa conduite en cette journée mal appréciée, il se retira du service (1803); il reçut de Louis XVIII le titre de comte.

BLANQUI (J. Adolphe), économiste, né en 1798 à Nice, mort en 1854, était fils d'un conventionnel. Il s'attacha de bonne heure à J. B. Say, auquel il succéda dans sa chaire d'économ. polit. (1830), et fut un des rédacteurs du Journal du Commerce, du Courrier français, du Siècle, etc., directeur de l'École du Commerce (1830), membre de l'Académie des sciences morales (1838), député de la Gironde (1848). Ses principaux ouvrages sont : Résumé de l'histoire du commerce et de l'industrie (1826), Précis élémentaire d'économie politique (1826), Histoire de l'économie politique en Europe (1838), Les classes ouvrières en France (1848), Rapport sur l'exposition de Londres (1851). Il admettait les principes de Say sur la liberté du commerce, mais il se séparait de son maître sur d'autres points et professait un sage électisme. — Son frère, Auguste Blanqui, né en 1805, s'est fait un nom fâcheux par ses doctrines démagogiques en 1830 et en 1848.

BLANZAC, ch.-l. de cant. (Charente), sur le Nay, à 19 k. S. O. d'Angoulême; 671 h. Vins rouges.

BLANZY, bourg de Saône-et-Loire, à 30 k. S. S. E. d'Autun ; 4558 h. Riche mine de houille exploitée. — Hameau du dép. de l'Aisne, à 5 k. de Soissons. Antiquités : une belle mosaïque y fut trouvée en 1858.

BLAQUIE-ET-BOUGRIE, nom que donne Geoffroi de Villehardouin au roy. valaque-bulgare.

BLAUBEUREN, Aræ Flaviæ, v. du Wurtemberg, sur le Blau, à 15 k. O. d'Ulm; 2000 b. Jadis château fort (rasé en 1806). Victoire des Français sur les Autrichiens en 1800.

BLAVET, Blabia, riv. de France, naît dans le dép. des Côtes-du-Nord, à l'O. S. O. de Bourbriac, passe à Hennebon, où elle est navigable, et tombe dans la rade de Lorient, à Port-Louis, après un cours de 120 k. Canalisée entre Hennebon et Pontivy.

BLAYE, Blavia, ch.-l. d'arr. (Gironde), sur la riv. dr. de la Gironde, à 50 kil. N. de Bordeaux; 3389 hab. Tribunal, collége, école d'hydrographie. Place de guerre, citadelle très-forte, construite par Vauban (1652-8). De l'autre côté de la Gironde est le fort Médoc, et entre les deux, au milieu du fleuve, le Pâté de Blaye. Petit port, chantier de construction. Vins, esprits, huiles, etc. — Blaye était une station militaire dès le temps des Romains. La duchesse de Berry y fut détenue en 1832.

BLAYMARD (le), ch.-l. de cant. (Lozère), à 18 k. E. de Mende ; 500 hab. Fabriques de serge.

BLEKINGE, prov. mérid. de la Suède, bornée par la Scanie à l'O. et la mer Baltique au S., a pour chef-lieu Carlscrona et compte 99 000 hab. Ce pays a jusqu'en 1658 appartenu au Danemark.

BLEMMYES, peuplade qui au IIIe siècle de J.-C. habitait au S. O.de l’Égypte, soutint le tyran Firmus, puis s'empara de Ptolémaïs et de Coptos au temps de Probus. On finit par les réduire. Suivant les récits populaires, ils étaient sans tête, sans cou, et avaient les yeux et la bouche sur la poitrine.

BLÉNEAU, ch.-l. de cant. (Yonne), sur le Loing, arrond. et à 60 kil. S. O. de Joigny à 47 kil. O. d'Auxerre; 1168 hab. En 1652, Condé, à la tête des Espagnols, y battit l'armée royale; il y fut défait lui-même peu après par Turenne.

BLENHEIM, vge de Bavière (H.-Danube), sur le Danube, à 40 kil. N. O. d'Augsbourg; 2200 hab. Les Français et les Bavarois y furent défaits en 1704 par les Impériaux et les Anglais; cette bataille est plus connue en France sous le nom d'Hochstædt, nom d'un bourg voisin. Le général anglais Marlborough, qui la gagna, reçut on récompense, par un vote du parlement anglais, un superbe château qu'on nomma Blenheim (aux environs de Woodstock).

BLÉRANCOURT, bourg du dép. de l'Aisne, à 42 kil. O. de Laon; 900 hab. Patrie de Le Cat.

BLÉRÉ, ch.-l. de cant. (Indre-et-Loire), sur la r. g. du Cher, à 27 kil. E. S. E. de Tours; 1875 h. Vin rouge.

BLESLE, ch.-l. de cant. (Hte-Loire), à 17 kil. O de Brioude; 1108 hab.

BLESME, vge du dép. de la Marne, à 13 kil. E. de Vitry, sur le chemin de fer de l'Est; 300 hab. Tête de ligne d'un chemin se dirigeant sur Langres.

BLÉSOIS. V. BLAISOIS.

BLESSINGTON (lady), célèbre Irlandaise, née en 1789, morte à Paris en 1849, tint longtemps à Londres le sceptre de la mode. Elle publia eu 1822 des Esquisses de voyage en Belgique; en 1833, les Conversations de Byron, livre ou l'on trouve d'intéressantes révélations sur ce poëte, et donna ensuite plusieurs romans de mœurs où elle attaquait ouvertement la pruderie anglaise : Confessions d'une dame sur le retour, les Victimes de la société, la Loterie de la vie, Pensées décousues. Sa résidence de Gorehouse, à Kensington, était le rendez-vous des étrangers de distinction, mais elle était peu fréquentée par les dames anglaises. Comme écrivain, lady Blessington brillait par la finesse, la grâce et le bon goût.

BLÉSUS. V. BLÆSUS.

BLETTERANS, ch.-l. de c. (Jura), sur la Seille, à 13 kil. N. O. de Lons-le-Saulnier; 1039 hab.

BLEU (fl.).V. BAHR-EL-AZREK et YANG-TSÉ-KIANG.

BLEUES (mont.), chaîne orient. des monts Alleghanys, s'étend de la Géorgie à la pointe S. E. de l'État de New-York, puis forme au N. le petit groupe dit Catts-Hill, et les montagnes Vertes.

BLEUS (les) et les VERTS, en latin Veneti et Prasini. A Byzance, les compagnies de cochers qui se disputaient le prix dans le cirque, et qui se distinguaient par leurs couleurs, avaient partagé la ville en deux factions : les Bleus et les Verts. Justinien s'étant déclaré pour les Bleus, ces divisions prirent bientôt un caractère politique. En 532, les Verts, profitant du mécontentement du peuple, qu'avaient irrité les exactions de Jean, préfet du prétoire, et du questeur Tribonius, se révoltèrent, proclamèrent empereur dans le cirque le prince Hypatius, et assiégèrent Justinien dans son palais. L'empereur eût péri sans le courage de Bélisaire et de Mundus, gouverneur d'Illyrie, qui repoussèrent les rebelles. Plus de 30 000 personnes trouvèrent la mort dans cette sédition ; Hypatius fut pris et décapité, et son corps jeté dans le Bosphore. Cette sédition est connue sous le nom de Nika (triomphe !), du cri de ralliement qu'avaient adopté les insurgés.

BLEUS (les). Dans les guerres de la Vendée, pendant la Révolution française, le nom de Bleus fut donné aux soldats de l'armée républicaine par les royalistes, à cause de la couleur de leur uniforme.

BLIDAH, v. d'Algérie, au pied du petit Atlas, à 50 kil. S. O. d'Alger et à l'entrée de la plaine de la Métidjah : env. 15 000 hab. Excellentes oranges. Prise en 1830 et occupée en 1838.

BLIGNY, ch.-l. de cant. (Côte-d'Or), sur l'Ouche, à 15 kil. N. O. de Beaune; 1181 hab. Toiles.

BLITILDE, reine de France, femme de Childéric II, fut massacrée, ainsi que son époux et l'aîné de ses fils, par un parti de mécontents, en 673.

BLOCH (Marc Éliézer), naturaliste, né à Anspach en 1723, mort en 1799 à Carlsbad, était israélite. Il exerça la médecine à Berlin et fut membre de la société des Curieux de la Nature. On a de lui une Histoire naturelle des poissons, avec 432 planches, en allemand, Berlin, 1781-85, trad. par M. Lavaux, en 12 vol. in-fol., avec 216 planches : c'est un des ouvrages fondamentaux pour cette partie de la science.

BLOCUS CONTINENTAL. V. l'article BLOCUS au Dict. universel des Sciences, des Lettres et des Arts.

BLOEMAERT, famille de peintres et de graveurs flamands qui produisit dans le XVIe et le XVIIe siècle plusieurs artistes distingués. Les plus connus sont Abraham Blœmaert, 1565-1647, qui réussissait dans le paysage et brillait par le coloris ; et son fils, Corneille Blœmaert, né à Utrecht en 1603, mort à Rome en 1680. Ce dernier vint à Paris en 1630, y fit les gravures du Temple des Muses, de Marolles, puis alla à Rome. Son burin se distingue par la diversité des tons et la douceur des transitions. Il est le chef de l'école qui a produit les Natalis et les Rousselet. Ses meilleurs morceaux sont une Sainte Famille, d'après A. Carrache; une Adoration des bergers, d'après le Cortone; Méléagre, d'après Rubens, etc.

BLOIS, Blesæ, ch.-l. du dép. de Loir-et-Cher, sur la r. dr. de la Loire, à 176 kil. S. S. O. de Paris ; 20 331 hab. Évêché, trib. de 1re inst. et de commerce, cour d'assises; collége, séminaire; sociétés savantes, bibliothèque publique; dépôt d'étalons. Station de chemin de fer. Anc. château royal, récemment restauré, et dont une partie sert de caserne; palais épiscopal, hôtel de préfecture, église gothique de St-Nicolas, beau pont, aqueduc romain. Gants, faïence ; vins, eaux-de-vie, vinaigre; céréales. Patrie de D. Papin. — Avant Grégoire de Tours, Blois était déjà un lieu considérable. Ses comtes étaient issus de la famille de Hugues Capet. Thibaut, comte de Chartres, s'en empara sous le règne de Charles le Simple; ses successeurs conservèrent ce comté jusqu'à Guy II, qui, en 1391, vendit ses domaines au duc d'Orléans (Louis XII); ce dernier, en montant sur le trône, le réunit à la couronne. Blois devint alors le séjour favori des Valois : François I, Charles IX, Henri III, y résidèrent. Louis XII y publia, en 1499, une ordonnance sur la manière de rendre la justice. Durant les guerres religieuses, Blois fut deux fois le siége des États généraux, en 1576 et en 1588 (V. ÉTATS GÉNÉRAUX). Le duc H. de Guise y fut assassiné en 1588. Marie de Médicis y fut détenue en 1619. En 1814, l'Impératrice Marie-Louise se retira à Blois ; c'est de là que sont datés ses derniers actes.

V. CHARLES DE BLOIS, CHAMPAGNE, CHATILLON.

BLONDEL, célèbre trouvère du XIIe siècle, natif de Nesle en Picardie, s'attacha à Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, devint son confident et le suivit dans toutes ses expéditions. On cite Blondel comme un modèle de fidélité : on raconte qu'après de longues recherches, il découvrit la prison où Léopold I, duc d'Autriche, avait renfermé le roi anglais, et que ce fut en chantant une romance qu'il avait composée avec ce prince qu'il s'en fit reconnaître. Cette anecdote a fourni à Sedaine le sujet de son charmant opéra de Richard. Malheureusement, rien n'est moins authentique. Prosper Tarbé a publié en 1862, d'après les manuscrits, 34 chansons de Blondel.

BLONDEL (François), architecte, né en 1617 à Ribemont en Picardie, mort en 1686, a élevé la porte St-Denis, à Paris, ainsi que les portes St-Antoine et St-Bernard, auj. détruites, et a rédigé un Cours d'architecture fort estimé, 1698. 2 vol. in-fol. Louis XIV encouragea ses talents, lui confia plusieurs missions importantes et le nomma professeur, puis directeur de l'École d'architecture, et professeur de mathématiques du Dauphin. — Son neveu, Jacq. Fr. Blondel (1705-1774), a aussi écrit sur l'architecture. On estime encore son Architecture française, 1772, et son Architecture civile, 1773.

BLONDEL (Marie Joseph), peintre d'histoire, élève de Regnault, né à Paris en 1781, mort en 1853, obtint en 1803 le grand prix de Rome, fut admis en 1832 à l'Institut et nommé peu après professeur à l’École des beaux-arts. Ce maître, éminemment classique par le choix des sujets comme par sa manière, a donné, entre autres œuvres estimées : la Chute d'Icare, Énée sauvant son père, Zénobie mourant sur les bords de l'Araxe, l’Évanouissement d'Hécube après l'enlèvement de sa fille Polyxène, Sapho rappelée à la vie par le charme de la mélodie, Élisabeth de Hongrie déposant la couronne aux pieds de l'image du Christ, la Reddition de Ptolémaïs (au musée de Versailles), Philippe-Auguste à Bouvines (au Palais-Royal), Philippe le Long recevant la couronne, Louis XII proclamé père du Peuple, les Derniers moments de Louis XII. Il a en outre décoré de peintures la salle des séances du Sénat, plusieurs plafonds du Louvre, la Bourse de Paris, le musée de Versailles, ainsi que la grande galerie de Fontainebleau.

BLOOMFIELD (Robert), poëte anglais, né dans le comté de Suffolk en 1766, mort en 1823, était fils d'un tailleur, et exerça longtemps lui-même à Londres le métier de cordonnier. Au milieu des travaux de son état, il trouvait le temps de se livrer à la poésie, et il composa vers 1798 un poëme qui eut beaucoup de succès, le Garçon de ferme, dans lequel il décrit les travaux de la campagne (il a été trad. par Allard, 1800). On a en outre de lui un recueil de contes, ballades et chansons champêtres, 1802,

BLOUET (G. Abel), architecte, membre de l'Institut, né en 1795 à Passy, mort en 1853, remporta en 1821 le grand prix de Rome, fut adjoint à l'expédition scientifique de Morée, découvrit l'emplacement du temple de Jupiter olympien (1829), termina l'Arc de Triomphe de l'Étoile (1836), donna les plans d'un grand nombre de pénitenciers, devint en 1846 professeur à l'École des beaux-arts, et en 1848 architecte du palais de Fontainebleau. On lui doit une édition revisée et complétée de l’Art de bâtir de Rondelet (1847). Il fonda un prix de 1000 fr. pour l'élève qui aurait obtenu la grande médaille.

BLOUNT (Charles), déiste anglais, né en 1654, mort en 1693, excita de grands scandales par l'impiété de ses écrits. Les principaux sont: Anima mundi ou Exposé des opinions des anciens sur l'âme humaine après la mort, 1679; Vie d'Apollonius de Tyane, trad. de Philostrate, avec des notes, 1680 (trad. par J. de Castillon) ; Origine de l'idolâtrie, 1680 ; Religio laïci, 1683; les Oracles de la Raison, 1693, posthume; Manuel des Déistes, 1705. Devenu veuf, il rechercha la sœur de sa femme, et se tua de désespoir parce qu'il ne pouvait obtenir sa main.

BLUCHER (Gebhard LEBRECHT de), prince de Wahlstadt, général des armées prussiennes, né en 1742 à Rostock dans le Mecklenbourg, mort en 1819, entra en 1760 au service de la Prusse, prit part aux guerres de la Révolution et des premiers temps de l'Empire, éprouva plusieurs échecs, fut même fait prisonnier à Lubeck (1806), n'en fut pas moins chargé en 1813 du commandement des armées prussiennes, se battit courageusement à Lutzen et à Bautzen, remporta sur Macdonald et Sébastiani une victoire à la Katzbach (26 août 1813), contribua à telle de Leipsick, entra un des premiers en France, gagna à La Rothière et à Laon deux batailles qui influèrent puissamment sur le sort de la campagne, et fut en récompense fait prince de Wahlstadt et maréchal. En 1815, il se fit battre à Ligny, mais il décida le gain de la bataille de Waterloo par son arrivée inopinée. Ennemi implacable des Français, Blucher leur fit tout le mal qu'il put : pendant son séjour à Paris, il avait donné l'ordre de faire sauter le pont d'Iéna. Excellent officier de cavalerie, ce général brillait surtout par la rapidité de ses mouvements. Des statues lui ont été élevées à Berlin et à Rostock.

BLUMENBACH (Jean Frédéric), célèbre naturaliste, né à Gotha en 1752, mort en 1840, fut reçu médecin à 21 ans, enseigna de bonne heure les sciences naturelles à Gœttingue et devint bientôt un des savants les plus distingués de l'Allemagne. Il s'est spécialement occupé de l'histoire physique de l'homme, et a publié sur ce sujet : De generis humani varietate nativa, Gœttingue, 1775 et 1794; Decades VIII craniorum diversarum gentium, 1790-1808. Il partage le genre humain, d'après la conformation du crâne, en cinq races distinctes : la caucasienne, la mongole, la nègre, l'américaine et la malaise. On a de lui un Manuel d'histoire naturelle, très-estimé (trad. en français par S. Artaud, Metz, 1803). Il a laissé aussi de nombreux travaux sur l'anatomie comparée : Specimen physiologiæ comparatæ inter animantia calidi ac frigidi sanguinis, vivipara et ovipara, 1787 et 1789, Manuel d'anatomie comparée, 1805 et 1815; et sur la médecine : Introductio ad historiam medicinæ litterariam, 1786; Institutiones physiologicæ et pathologicæ, 1787 et 1798; Bibliothèque médicale, 1793-1795. La gloire de Blumenbach est d'avoir, avant Cuvier, assis l'histoire naturelle sur une base scientifique, l'anatomie comparée. Ce savant était associé de l'Institut : M. Flourens y a prononcé son Éloge en 1847.

BOABDIL ou ABOU-ABDALLAH, dernier roi maure de Grenade, fils de Mulei-Hassem, se révolta contre son père en 1481, et chassa de sa capitale ce malheureux prince, qui en mourut de douleur. Peu après il fut vaincu par les troupes réunies de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille, et fait prisonnier; il n'obtint la liberté qu'en se reconnaissant vassal du vainqueur. La division s'étant mise entre ses sujets par suite de ce traité honteux, Ferdinand profita de cet état de troubles pour assiéger Grenade, et s'en empara bientôt (1492). Boabdil pleura comme une femme en perdant un trône qu'il n'avait pas su défendre. Il passa en Afrique et fut tué en combattant pour le roi de Fez contre celui de Maroc.

BOADICÉE, reine des Icènes, peuple puissant de la Grande-Bretagne, se révolta contre les Romains qui avaient envahi ses États, leur tua près de 80 000 hommes, et s'empara de Camalodunum (Colchester), une de leurs colonies. Vaincue à son tour par le gouverneur Suétonius, elle s'empoisonna, l'an 61 de J.-C.

BOAISTUAU (Pierre), dit LAUNAY, compilateur, né à Nantes vers 1500, mort à Paris en 1566, a publié plusieurs ouvrages qui eurent de son temps une grande vogue : Le Théâtre du monde, discours sur les misères et l'excellence de l'homme, écrit d'abord en latin; les Amants fortunés; Histoires prodigieuses, extraites de divers auteurs; Histoires tragiques, traduites de Bandello. Ces deux derniers ouvrages ont été continués et augmentés par Belleforest. La Fontaine a emprunté aux Histoires prodigieuses le sujet du paysan du Danube; Shakspeare a tiré des Histoires tragiques plusieurs des sujets de ses tragédies entre autres Roméo et Hamlet.

BOA-VISTA (île), c.-à-dire Bonne Vue, la plus orientale des îles du Cap-Vert. Elle a 80 kil. de tour et compte 8000 hab. Coton, indigo Elle fut vue la première lors de la découverte de l'Archipel, en 1450.

BOBBIO, Bobium, v. du roy. d'Italie sur la Trebbia à 60 kil. N. O. de Gênes; 4000 hab. Ch.-l. d'intendance; évêché — Bobbio doit son origine à un célèbre monastère qui y fut fondé en 612 par S. Colomban. Cette v. fut cédée par l'Autriche au roi de Sardaigne en 1743.

BOCAGE (le), nom donné vulgairement à deux petits pays de l'anc. France, à cause des bois et taillis qui les couvrent : 1° Pays de l'anc. Poitou, qui avait pour v. principales Clisson, Maulevrier, Les Herbiers, Tiffauges. Ce pays, qui est sur les limites des dép. de la Vendée, de la Loire-Inf., de Maine-et-Loire, est célèbre par la part que ses habitants prirent aux guerres de la Vendée. Les taillis qui protégeaient les Chouans ont disparu et tout le pays est auj. sillonné de routes stratégiques. — 2° Pays de l'anc. Normandie, qui fait auj. partie des dép. de la Manche, de l'Orne, du Calvados, avait pour v. principales Vire, Tinchebray, Thorigny, Condé-sur-Noireau. On y fait du linge ouvré dit bocage, du nom du pays.

V. BOCCAGE et BARBIÉ du BOCAGE.

BOCCACE (Jean), Giovanni Boccaccio, célèbre auteur italien, fils d'un marchand de Florence, né en 1313, à Paris ou, selon d'autres, à Certaldo, près de Florence, d'une union illégitime, mort en 1375. Son père le destinait au commerce et le plaça pour l'y former dans différentes maisons de Florence, de Paris et de Naples; mais il n'avait de goût que pour les lettres, et dès qu'il fut libre, il s'y livra exclusivement. Pendant son séjour à Naples, il devint l'amant d'une fille naturelle du roi Robert, nommée Marie, qu'il désigne dans ses écrits sous le nom de Fiammetta, et fut admis auprès de la reine Jeanne; c'est, dit-on, pour complaire à ces deux princesses qu'il composa le Décaméron (les Dix jours), recueil de cent nouvelles, ouvrage qui l'a placé à la tête des prosateurs italiens et qui a contribué à fixer la langue. Ces nouvelles offrent un vif intérêt et sont pleines de gaieté; malheureusement, la décence y est trop souvent offensée. Après la mort de son père, Boccace se fixa à Florence, où il se lia étroitement avec Pétrarque, et il obtint auprès de ses concitoyens une telle considération qu'il fut chargé de plusieurs missions importantes. Boccace, qui n'est aujourd'hui connu que comme un conteur admirable, était en même temps un érudit. On lui doit de savants traités : De genealogia Deorum; De montium, sylcarum, etc., nominibus; De casibus virorum et mulierum illustrium; De claris mulieribus, etc. Il s'exerça aussi dans la poésie; mais quand il eut lu Pétrarque, il jeta au feu la plus grande partie de ce qu'il avait fait; cependant il reste de lui quelques poëmes (la Théséide, il Filostrato, la Vision amoureuse). Boccace avait une grande admiration pour Homère; il fut, dit-on, le premier qui fit venir de Grèce en Italie des copies de l’Iliade et de l’Odyssée; en outre, il fit copier à grands frais nombre de manuscrits grecs et latins. Il était aussi très-passionné pour le Dante : il écrivit la Vie de ce poëte, et il avait entrepris un commentaire de la Divine Comédie, que la mort l'empêcha d'achever. On a donné des principaux ouvrages de Boccace et surtout du Décaméron une foule d'éditions; la plus complète est celle de Florence, 18 vol. in-8, 1827 et années suivantes. Le Décaméron a été fréquemment traduit en français : une des traductions les plus estimées est celle d'Antoine Le Maçon, dédiée à la reine de Navarre, Marguerite de Valois, Paris, 1545. On doit des traductions plus récentes à Sabatier de Castres, 1779, et au célèbre Mirabeau, 1802 (posthume). La Fontaine a imité quelques contes de Boccace; il est à regretter qu'il ait choisi les plus licencieux et qu'il ait encore ajouté à la licence de l'original.

BOCCAGE (Mme du), femme poëte, née à Rouen en 1710, morte à Paris en 1802, avait épousé un receveur de Dieppe qui la laissa veuve encore jeune; elle vint alors se fixer à Paris, où elle se fit remarquer à la fois par ses talents et par les agréments de sa personne. Elle a composé plusieurs poëmes: le Paradis perdu, en 6 chants, faible imitation de Milton; la Mort d'Abel, imitée de Gessner; la Colombiade, en 10 chants, le meilleur de ses ouvrages. On a aussi d'elle une tragédie, les Amazones, quelques romans et des Lettres intéressantes. Mme du Boccage excita de son temps un grand enthousiasme; Fontenelle et Voltaire furent au nombre de ses prôneurs.

BOCCAGE (Manoel-Barbosa du), poëte portugais, originaire de France, né en 1771 à Sétuval, mort à Lisbonne en 1806, eut un talent extraordinaire pour l'improvisation. Il s'exerça dans des genres divers : odes, sonnets, cantates, idylles, élégies, épigrammes, tragédies, et traduisit plusieurs poëmes français en vogue de son temps, ceux de Delille, Rosset, Castel, Mme du Boccage. Il avait aussi un grand penchant pour la satire et s'attira par là plusieurs mésaventures. On a recueilli une partie de ses ouvrages à Lisbonne, en 6 vol. in-12, 1798-1805.

BOCCALINI (Trajan), auteur satirique italien, né en 1556 à Lorette, mort en 1613, fut pendant quelque temps chargé d'un gouvernement dans les États de l'Église; mais se fit tant d'ennemis qu'il fut obligé de se démettre de ses fonctions; il se retira à Rome, puis à Venise, où il mourut. Son principal ouvrage est Ragguagli di Parnasso ou Nouvelles du Parnasse, 1612 (trad. par Fougasse, Paris, 1615) : il y attaque les princes, les guerriers et les auteurs contemporains. On a encore de lui la Pierre de touche politique, 1615, où il attaque l'Espagne, et des Commentaires sur Tacite.

BOCCANERA (Guillaume), d'une famille illustre de Gênes. Bien que patricien il se fit le chef du parti démocratique, aida le peuple à secouer le joug de la noblesse, en 1257, et fut mis à la tête du gouvernement. Son orgueil l'ayant ensuite rendu odieux aux Génois, il fut déposé, en 1202. — Son petit-fils, Simon Boccanera, fut le 1er doge de Gênes. Il fut élu en 1339, en remplacement des tribuns du peuple (Abbati). Il eut à combattre les Doria, les Spinola, les Grimaldi et les Fieschi, chefs du parti guelfe, fut assiégé par eux dans Gênes et forcé de se démettre du pouvoir, 1347; il se retira à Pise, d'où il revint bientôt pour armer son parti, et réussit en 1356 à rétablir sa puissance. Il mourut empoisonné, en 1362. Sous son administration, les Génois firent la conquête du l'île de Chio, et défirent les Tartares qui avaient mis le siége devant Caffa. — Gilles Boccanera, frère du préc., fut envoyé par lui, en 1340, au secours d'Alphonse XI, roi de Castille, contre les Maures. Il l'aida à gagner plusieurs batailles, contribua à la prise d'Algésiras et rendit de si grands services qu'Alphonse le fit amiral de Castille et lui donna le comté de Palma. En 1372, il vainquit, pour la France, les Anglais près de La Rochelle. — Baptiste Boccanera, fils de Simon, chercha à soulever les Génois, ses compatriotes, contre les Français, et fut décapité par ordre de Boucicaut, 1401.

BOCCHERINI (Louis), célèbre compositeur, né à Lucques en 1740, mort à Paris en 1806, excella dans les symphonies et fut le précurseur de Haydn. Le roi d'Espagne l'attira auprès de lui et le fixa à Madrid. Ses compositions ont un caractère tellement religieux que l'on a dit que si Dieu voulait entendre de la musique, il choisirait celle de Boccherini. On admire surtout son Stabat à 3 voix.

BOCCHETTA (la), défilé de l'Apennin septentrional, est la clef de la route qui conduit de Novi à Gênes : il est à 22 kil. de chacune. Vue magnifique. Redoutes élevées par les Impériaux en 1746. Les Français franchirent ce défilé en 1796.

BOCCHORIS, roi d’Égypte, fut le législateur de son pays, favorisa le commerce, et laissa une grande réputation de justice. Cependant, le peuple superstitieux l'accusa d'avoir insulté le taureau sacré, et engagea Sabacon, roi d’Éthiopie, à venger cette impiété; celui-ci vint combattre Bocchoris, qui fut fait prisonnier et aussitôt livré aux flammes (771-765). Quelques-uns voient dans Bocchoris le Pharaon qui permit aux Israélites de quitter l’Égypte sons la conduite de Moïse; il aurait vécu par conséquent vers le XVIIe siècle av. J.-C. D'autres prétendent que ce roi est le même qu’Anysis, et le font régner dans le VIIIe siècle, tandis qu'ils placent sous Aménophis, père de Sésostris, le départ des Hébreux.

BOCCHUS, roi de Mauritanie, prit les armes arec Jugurtha, son gendre, contre les Romains. Vaincu deux fois par Marius, il se rapprocha des Romains traita avec Sylla, alors questeur sous Marius, et consentit à lui livrer son gendre (106 av. J.-C.); il reçut en récompense le pays des Massésyliens.

BOCHART (Samuel), orientaliste, né à Rouen en 1599, mort en 1667, était fils d'un ministre protestant et fut lui-même ministre à Caen. Il possédait la plupart des langues orientales, l'hébreu, le syriaque, le chaldéen, l'arabe, l'éthiopien, etc. Christine, reine de Suède, l'engagea, en 1652, à faire le voyage de Stockholm, et le reçut avec les plus grands honneurs. De retour à Caen, il y mourut subitement en disputant contre Huet dans l'académie de cette ville. Ses principaux ouvrages sont : une Géographie sacrée en latin, qu'il publia sous le titre de Phaleg et Chanaan; Hierozoicon, ou Histoire des animaux de l'Écriture; Traité des minéraux, des plantes, des pierreries, dont la Bible fait mention; Traité du Paradis terrestre. Ses ouvrages ont été réimprimés à Leyde en 1712, 3 vol. in-fol. Ce savant, comme tous les érudits qui s'enthousiasment pour l'objet de leurs études, ne voyait qu'hébreu partout et donnait à la plupart des mots des autres langues les étymologies hébraïques les plus chimériques.

BOCHART DE SARON. V. SARON.

BOCHNIA, v. des États autrichiens (Galicie occid.), à 38 kil. S. E. de Cracovie, à 28 k. E. de Wiélicza; 5000 hab. Ch.-l. de cercle. Immenses mines de sel.

BOCK (Jérôme), qu'on nomme aussi Le Bouc et Tragos, en traduisant son nom en français et en grec; l'un des pères de la botanique, né en 1498 à Heidelbach, près de Deux-Ponts, mort à Hornbach en 1554, fut à la fois médecin et ministre protestant. Il tenta le premier une classification naturelle des végétaux et chercha à retrouver sous leurs noms modernes les plantes mentionnées par les anciens. Il publia en allemand un Nouvel Herbier des plantes qui croissent en Allemagne, Strasb. , 1539, in-fol., trad. en latin par David Kyber, Strasb., 1552.

BOCOGNANO, ch.-l. de cant. (Corse), à 28 k. N. E. d'Ajaccio; 2351 h.

BOCTHOR (Ellious), orientaliste, de race copte, né à Syout dans la H.-Égypte, en 1784, mort a Paris en 1821, fut attaché fort jeune à l'armée d’Égypte, vint en France après l'expédition, et fut nommé en 1819 professeur d'arabe vulgaire à l'école des langues orientales. Il a laissé un excellent Dictionnaire arabe et français, qui a été imprimé en 1828, par les soins d'A. Caussin de Perceval, 2 v. in-4.

BODE (J. Elert), astronome, né à Hambourg en 1747, mort en 1826; fut nommé en 1772 astronome pratique à Berlin, et dirigea pendant 50 ans l'observatoire de cette ville. Il avait été admis en 1782 à l'Académie de Berlin. Outre un excellent Manuel d'Astronomie, publié dès 1768, on lui doit une Uranographie (Berlin, 1801, in-fol.), où sont marquées les positions de 17 240 étoiles. En outre, il a publié, chaque année, depuis 1774 jusqu'à sa mort, les Éphémérides astronomiques. Bode a découvert plusieurs comètes et un grand nombre d'étoiles. Son nom est resté attaché à une loi selon laquelle les intervalles des orbites des planètes iraient à peu près en doublant à mesure que l'on s'éloigne du soleil, loi déjà soupçonnée par Kepler et par J. Daniel Titius.

BODEL (Jean), trouvère français du XIIIe s. On a de lui la Chanson des Saxons, édité par Fr. Michel, 2 vol. in-8, 1839, et un drame (Vie de S. Nicolas), édité par le même dans le Théâtre français au moyen âge.

BODENSÉE, nom allemand du lac de Constance.

BODILLON. V. CHILDÉRIC II.

BODIN (J.), publiciste, né à Angers vers 1530, mort en 1596, exerça d'abord la profession d'avocat à Paris; n'ayant point réussi, il quitta le barreau et se mit à écrire. Il obtint bientôt une réputation qui lui valut la faveur de Henri III et qui le fit choisir pour député aux États de Blois (1576) par le tiers-état du Vermandois. Il ne craignit point de s'opposer aux projets du roi qui voulait révoquer les édits de pacification, et fut disgracié. Il s'attacha alors au duc d'Alençon, depuis duc d'Anjou, qui le combla de ses faveurs. A la mort de ce prince (1584), il se retira à Laon, et y exerça les fonctions de procureur du roi. En 1589, il fit déclarer cette ville pour les Ligueurs; mais bientôt après, il en détermina les habitants à reconnaître Henri IV. Il y mourut de la peste. Bodin est surtout connu par an traité de politique intitulé: De la République, (c.-à-d. de la Chose publique, du Gouvernement), en 6 livres, Paris, 1577, qu'il traduisit lui-même en latin : il y traite son sujet assez complètement, mais d'une manière confuse et peu originale; il se prononce pour une monarchie tempérée. On a voulu à tort égaler cet ouvrage à l’Esprit des lois de Montesquieu. On a encore de Bodin une Méthode pour étudier l'histoire (1566, en lat.); la Démonomanie (1581, en franç.), où il soutient l'existence des sorciers; Universæ naturæ theatrum (1596), et un ouvrage longtemps resté manuscrit, Colloquium heptaplomeron, dialogue où il discute les diverses religions et paraît donner la préférence au Déisme; cet ouvrage n'a été publié qu'en 1858, à Leipsick, par Noack. Ses Œuvres sont à l’Index à Rome. M. H. Baudrillart a donné : Bodin et son temps, 1853.

BODIN (Félix), écrivain politique, né à Saumur en 1795, mort en 1837, était fils de Franç. Bodin (1776-1629), antiquaire distingué, et ancien conventionnel. F. Bodin écrivit de bonne heure dans les journaux de l'opposition, publia en 1821 un Résumé de l'histoire de France, conçu dans un esprit libéral, et qui eut beaucoup de succès, le fit suivre en 1823 d'un Résumé de l'histoire d'Angleterre, fut élu député après la révolution de 1830 et soutint la nouvelle royauté. Ami de M. Thiers, il lui fit confier la rédaction de l’Histoire de la Révolution.

BODINCOMAGUS, auj. Casal, v. importante de la Gaule Cisalpine, en Ligurie, sur le Pô. On l'a confondre à tort avec Industria.

BODINCUS, nom primitif du Pô. V. PÔ.

BODLEY (Thomas), gentilhomme anglais, né en 1644 à Exeter, mort à Oxford en 1612, fut chargé par la reine Élisabeth de plusieurs négociations diplomatiques; mais ayant éprouvé une disgrâce en 1597, il quitta la cour et se retira à Oxford où il s'occupa du rétablissement de la bibliothèque publique; il légua à cet établissement, qui prit le nom de Bibliothèque Bodléienne, une immense quantité de livres, ainsi que tous ses biens. Hearne a recueilli quelques écrits de Bodley sons le titre de Reliquiæ Bodleiaæ, Londres, 1703, in-8.

BODMER (J. J.), écrivain suisse, né à Greifensee près de Zurich en 1698, mort en 1783, était fils d'un pasteur. Il fut nommé en 1725 professeur d'histoire suisse au collége de Zurich, et devint membre du grand conseil de cette ville. Il contribua puissamment, avec Gottsched et Breitinger, à réformer le goût littéraire de l'Allemagne par ses critiques et par ses exemples : combattant l'imitation servile de la France, il recommanda les traditions nationales. Parmi ses nombreux ouvrages, on remarque Bibliothèque helvétique, 1735; Lettres critiques, 1746; la Noachide, poëme en 12 chants, Zurich, 1752. On lui doit aussi le recueil des Minnesinger, 1758-1759, et des traductions d'Homère et de Milton.

BODMIN, v. d'Angleterre (Cornouailles), à 10 k. S. de Camelford; 3300 h. Grand commerce de laines. Florissante sous les Saxons, elle eut jadis un évêché, qui fut transféré en 905 à Exeter.

BODONI (J. B.), typographe, né en 1740 à Saluces, mort a Padoue en 1813, fut chargé par le duc de Parme de créer et de diriger l'imprimerie ducale de Parme et obtint en même temps l'autorisation de former pour son compte un établissement particulier. Il porta l'art au plus haut degré de perfection, et publia des éditions des classiques latins, grecs, italiens et français, que l'on regarde comme es chefs-d'œuvre de typographie. On estime surtout son Anacréon, son Horace, son Homère, son Aminte et son Télémaque. On lui doit aussi un excellent Manuel typographique, 1788, réimprimé en 1818 avec améliorations.

BODONITSA, bourg de l'État de Grèce (Béotie), à 40 k. N. de Livadie, et à 8 k. S. O. de l'anc. Thronium ou Oponte, dans un défilé. C'était un marquisat lorsque la Morée appartenait aux Français.

BODOTRIA, V. FORTH et MUR D'ADRIEN.

BODROG, riv. de Hongrie, passe à Zemplin et à Bodrog-Keresztur, puis se perd dans la Theiss à Tokay. Elle donnait son nom à un comitat qui auj. est compris dans celui de Bacs. — Bodrog-Keresztur est à 5 k. N. O. de Tokay; 4500 h. Vins exquis, vendus sous le nom de Tokay.

BODROUN ou BOUDROUM, Halicarnasse, v. de la Turquie d'Asie, sur la côte, à 150 k. S. de Smyrne; 11 000 h. Petit port, château ayant appartenu aux chevaliers de Rhodes. Antiquités. — Autre v. de Turq. d'A., à 25 k. S. O. de Smyrne, est l'anc. Téos.

BOEBEIS Lacus, lac de Thessalie, dans la Pélasgiotide, tirait son nom d'une v. de Bœbe, située sur sa rive occid., au S. E. de Larisse.

BOËCE, Anicius Manlius Torquatus Severinus Boetius, homme d'État et philosophe, né à Rome vers 470, issu d'une des plus illustres familles de l'empire; alla, à ce qu'on croit, étudier à Athènes, sous Proclus, et cultiva avec le plus grand succès les lettres et la philosophie grecques. Pendant longtemps il jouit de toute la confiance de Théodoric, qui régnait sur Rome; il fut nommé par lui maître du palais et des offices, et fut plusieurs fois élevé au consulat (510, 511). Il ne se servit jamais de son pouvoir que pour faire le bien. Néanmoins, ses ennemis ayant réussi à le rendre suspect au roi goth en l'accusant d'intelligences avec l'empereur grec Justin, il fut, sur la fin de sa vie, jeté dans une prison à Pavie, et bientôt après mis à mort au milieu des plus cruels supplices, 524. Dans sa prison, Boëce composa un petit livre qui l'a immortalisé, le traité De Consolatione philosophica, dialogue mêlé de prose et de vers, où il traite de la Providence. Il avait déjà beaucoup écrit sur la philosophie : on a de lui des traductions de plusieurs des Traités de dialectique d'Aristote avec des commentaires. Ces ouvrages ont longtemps servi de base à l'enseignement du moyen âge. Les œuvres de Boëce ont été réunies à Venise, 1491; à Bâle, 1570; à Glascow, 1751, et à Iéna, 1843. La Consolation a été souvent publiée à part; elle a eu l'honneur d'être commentée par S. Thomas et trad. par Alfred le Grand, et a plusieurs fois été trad. en français : par Jean de Meung, Paris, 1483; Colesse, 1770; Judicis, 1861. D. Gervaise a écrit sa Vie, 1715. — On a cru que Boëce était chrétien, parce qu'on a sous son nom des écrits théologiques; on en a même fait un martyre : c'est qu'on l'a confondu avec un autre Boëce, évêque en Afrique au VIe s.

BOÉDROMION, 3e mois des Athéniens, correspondait à la fin d'août et au commencement de sept. Le 6e jour de ce mois, on célébrait les Boédromies en l'honneur de la vict. de Thésée sur les Amazones.

BOEHM ou BOEHME (Jacob), théosophe ou illuminé, né en 1575 près de Gœrlitz (Haute-Lusace), mort en 1624, était fils d'un paysan, et exerçait le métier de cordonnier. Il eut dès son enfance des visions, et écrivit sous la dictée d'une prétendue inspiration un grand nombre d'ouvrages mystiques, le plus souvent inintelligibles; les opinions hétérodoxes qu'il y professait lui attirèrent plusieurs démêlés avec les théologiens du temps. Ses principaux ouvrages, tous rédigés en allemand, sont : ' Aurora, les Principes de l'essence divine, la Triple Vie, tous trois trad. par St-Martin; le Miroir de l'éternité, qui fut trad. dès 1669. Tous ses écrits ont été réunis en 10 vol. par Abraham de Frankenberg, avec une notice sur sa vie, Amsterdam, 1682, et réimp. en 1847 à Leipsick, par W. Schiebler.

BOEHMER (George Rodolphe), professeur de botanique et d'anatomie à Wittemberg, né en 1723, mort en 1803, fut disciple de Ludwig. On lui doit : Bibliotheca scriptorum historiæ naturalis, œconomiæ aliarumque artium ac scientiarum, Leipsick, 1785 et ann. suiv., 9 vol. in-8; Histoire technique des plantes qui sont employées dans les métiers, les arts et les manufactures (en allemand), 1794. — La famille des Boehmer a fourni en outre un grand nombre de médecins et de jurisconsultes distingués, entre autres J. Boehmer, 1664-1749, auteur d'ouv. estimés sur le droit public et le droit canonique.

BOEHMERWALD, c.-à-d. forêt de Bohême, chaîne de montagnes qui s'étend entre la Bavière et la Bohême, et sépare le bassin de l'Elbe de celui du Danube : sa direction générale est du N. O. au S. E. De ce dernier côté elle se réunit aux monts Moraves par 45° lat. N., 12° 55' long. E. ; de l'autre elle se rattache à l'extrémité de l'Erzgebirge, près des sources de l'Eger, par 50° lat. N., 9° 35' long. E. Elle est couverte de vastes forêts, d'où elle tire son nom. On y trouve des ours et des lynx. L'Eger, la Moldau, la Nab, la Regen, l'Ilz en descendent. Ses principales cimes sont : l’Haydelberg, 1407m, l’Arber, 1403m; le Rachel, 1390m, etc. Cette chaîne est auj. traversée par un chemin de fer.

BOÉMOND, V. BOHÉMOND.

BOEN, ch.-l. de cant. (Loire), sur le Lignon, à 17 k. N. 0. de Montbrison; 1703 h. Patrie de Terray. Papeteries. Bons vins rouges.

BOEO, Lilybæum, cap de Sicile, à la pointe O.

BOERHAAVE (Hermann), célèbre médecin, né en 1668 à Woorhout près de Leyde, mort de la goutte en 1738, fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique par son père, qui était ministre; mais, se sentant plus de goût pour les sciences naturelles, il se fit recevoir médecin (1693). L'Université de Leyde lui confia successivement quatre chaires différentes, celles de médecine théorique, de médecine pratique, de botanique et de chimie, et pendant longtemps il les remplit toutes à la fois avec une même supériorité. Il fut en outre nommé recteur en 1714 et en 1730. Boerhaave a exercé par son enseignement et ses écrits une influence toute-puissante sur son siècle. Après avoir préconisé à son début la méthode d'Hippocrate, il s'en écarta peu à peu et joignit à la philosophie toute vitaliste du médecin grec des explications chimiques et mécaniques qui furent contestées; cependant, il a fait, en chimie, une foule d'observations exactes, et a réussi à décomposer le sang, le lait et tous les fluides animaux. Il a aussi puissamment contribué à l'avancement de la botanique, soit par ses propres travaux, soit par les encouragements qu'il donna au célèbre Linné. Ses principaux ouvrages sont : Institutiones medicæ, Leyde, 1708; Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis, 1709 (ces deux traités, qui embrassent la médecine tout entière, out été trad. par Lamettrie) ; Elementa chimiæ, Leyde, 1732, trad. par Lamettrie, 1741. Ses élèves ont en outre publié sous son nom : Methodus discendi medicinam, revu par Haller, 1751. Enfin on lui doit un grand nombre d'éditions d'ouvrages anciens ou nouveaux, entre autres les éd. d’Arétée, Leyde, 1731, et de l’Historia insectorum de Swammerdam, 1737. Toutes ses œuvres ont été réunies à Venise, 1766, in-4. Boerhaave avait acquis une réputation universelle ; on raconte qu'un savant de la Chine lui ayant écrit : A M. Boerhaave, en Europe, la lettre lui parvint exactement. Il fut comblé d'honneurs par la ville de Leyde, et fut agrégé à l'Académie des sciences de Paris, à la Société royale de Londres.

BOËRS, c.-à-d. bouviers, paysans, nom donné dans l'Afrique australe aux habitants d'origine hollandaise. Fuyant la domination anglaise après la cession de la colonie du Cap faite aux Anglais par les Hollandais en 1814, ils s'établirent d'abord à Port-Natal, mais ils en furent chassés en 1840 et ils allèrent occuper le pays situé entre le fleuve Orange et le Vaal, où ils vivent auj. en république, sous une constitution qui date de 1854. Ils sont sans cesse en guerre, soit avec les naturels, soit avec les Anglais.

BOETTCHER (J. Fréd.), chimiste, né vers 1681 à Schleiz dans le Voigtland, mort en 1719, chercha d'abord la pierre philosophale et fit de nombreuses dupes, entre autres l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste. Ayant ensuite tourné ses vues vers des recherches plus utiles, il découvrit en 1709, dans les environs de Meissen en Saxe, une terre propre à faire des poteries analogues à la porcelaine de Chine (le kaolin), et réussit le 1er en Europe à fabriquer la porcelaine. Il fut mis à la tête de la manufacture de porcelaine créée à Meissen par l'Électeur; malheureusement, étourdi par une fortune trop rapide, il se livra à des excès qui abrégèrent sa vie.

BOETTIGER (H. Aug.), littérateur saxon, 17601835, dirigea le gymnase de Weimar de 1791 à 1804, puis fut nommé inspecteur des musées d'antiques. Lié avec Wieland, Schiller, Goethe, Bertuch, il rédigea avec eux plusieurs feuilles littéraires qui eurent beaucoup d'influence, et publia divers ouvrages qui attestent une grande érudition : l’Archéologie de la peinture, la Mythologie de l'art, la Galerie des Antiques de Dresde, les Noces aldobrandines, Sabine ou la matinée d'une dame romaine à sa toilette, etc. Il était associé de l'Institut.

BOFFRAND (Germ.), architecte, né à Nantes en 1667, mort en 1754, était ingénieur des ponts et chaussées, et devint inspecteur général de ce corps et membre de l'Académie d'architecture (1719). Outre une foule de travaux d'art (ponts, canaux, écluses, etc.), qu'il eut à diriger, il construisit à Paris plusieurs grands hôtels, ceux de Guerchy, des Vosges, de Duras, restaura le Petit-Bourbon (auj. Petit-Luxembourg), décora l'hôtel Soubise (auj. les Archives), creusa le puits de Bicêtre, et éleva les palais de Nancy et de Lunéville, ainsi que la Favorite près de Mayence. En outre, il publia plusieurs ouvrages sur son art, entre autres le Livre d'Architecture, 1745, in-fol. Bien qu'élève de Mansard, Boffrand se laissa entraîner au mauvais goût du XVIIIe siècle.

BOG ou BOUG, fleuve. V. BOUG.

BOGDAN, princes moldaves. V. MOLDAVIE.

BOGHAR, lieu d'Algérie (prov. d'Alger), à 150 k. S. d'Alger; env. 1000 hab. Fortifié par Abd-el-Kader en 1839, pris et incendié en 1841 par les Français et relevé depuis. C'est auj. un ch.-l. de cercle militaire.

BOGOMILES, hérétiques de Bulgarie, sortis de l'église grecque schismatique, et ainsi nommés de deux mots esclavons: Bog, Dieu, et milotii, ayez pitié de nous. Ils niaient la Trinité, la résurrection, l'institution des sacrements et celle des prêtres, et ne voulaient d'autre prière que le Pater. Ils parurent pour la 1re fois dans le XIIe siècle à Constantinople, où l'empereur Alexis Comnène fit brûler leur chef, le médecin Basile (1118). On trouve encore de ces hérétiques en Russie où ils ont été introduits, vers 1150, par le moine Martin. Ils se dispensent de tout travail et se livrent à toutes sortes d'excès. L. Œder a donné leur Histoire (en latin), Groningue, 1743.

BOGORIS, roi des Bulgares, voulut faire la guerre à l'impératrice Théodora, régente a Constantinople pour son fils Michel; mais cette princesse réussit à le détourner de ce projet par la persuasion, et lui envoya un évêque qui le convertit au Christianisme. Il fut baptisé en 861 sous le nom de Michel, mais il adopta le schisme de Photius. Ce prince mourut en 896.

BOGOTA ou SANTA-FÉ DE BOGOTA, capitale de la Nouvelle-Grenade et du dép. de Cundimarca, sur le Bogota, a 2700m, au-dessus de la mer; 50 000 hab. Archevêché, université. Beaucoup de belles rues et quelques monuments, entre autres la cathédrale. Bibliothèque, musée, observatoire. — Fondée en 1538 par les Espagnols, elle fut en 1811 le siége du Congrès et la même année proclama la république. Prise par les Espagnols en 1816, elle fut délivrée par Bolivar en 1819 et fut jusqu'en 1831 la capitale de toute la Colombie. Un tremblement de terre l'a presque détruite en 1827.

BOHAIN, ch.-l. de cant. (Aisne), à 20 kil. N. E. de St-Quentin ; 4212 hab. Châles façon cachemire. Prise par les Impériaux en 1537; mais bientôt reprise.

BOHÊME (Roy. de), Boiohemum en latin, Bœhm en allem., grande contrée de l'Europe, située par 9° 59' 14° 26' long. E. et 48° 34'-51° 2' lat. N., a pour bornes au N. O. la Saxe, au N. E. les États prussiens, à l'E. la Moravie, au S. l'Autriche propre et compte 4 500 000 d'hab.; capitale, Prague. Longtemps indépendante, elle forme auj. un des grands gouvernements des États autrichiens. Elle se divise en 13 cercles, qui prennent les noms de leurs chefs-lieux : Prague, Budweiss, Pisek, Pilsen, Eger, Saaz, Leitmentz, Jungbunzlau, Gitschin, Kœnigsgratz, Chrudim, Czaslaw, Tabor. Elle comprend en outre le capitanat de Prague; ch.-l., Prague. L'ancien roy. de Bohême formait 4 prov. : Bohême propre, Moravie, Lusace et Silésie. — De hautes montagnes entourent la Bohème : l'Erzgebirge au N., le Bœhmerwald à l'O., les monts de la Moravie au S. E. et au S., les Sudètes et le Riesengebirge à l'E. Elle est arrosée par l'Elbe et la Moldau, qui y reçoivent l'Iser, l'Eger, la Bila; elle a des sources minérales renommées à Calsbad, Marienbad, Tœplitz, Seddlitz, et est sillonnée par plusieurs chemins de fer, conduisant de Prague à Vienne, à Dresde, à Pilsen, etc. Climat froid et âpre dans les montagnes, mais plus doux ailleurs. Mines nombreuses; argent, étain, mercure, fer, cobalt, antimoine, pierres précieuses, marbres, albâtre, porphyre, terre à porcelaine, sable à verre, etc. Sol fertile, agriculture arriérée. Industrie active : lainages, cuirs, glaces, verreries très-estimées, grenats, alun, poudre à tirer. Commerce important. Beaucoup de gibier, surtout de faisans; beaucoup de poissons. Les Bohêmes sont de race slave : ils se nomment en leur langue Czech (prononcez Tchèque), et ont un idiome particulier. Le Christianisme ne s'introduisit chez eux qu'au VIIIe siècle. Le Catholicisme est le culte dominant; cependant on y compte un grand nombre de Frères moraves, que l'on connaît même sous le nom de Frère bohêmes.

La Bohême doit son nom aux Boii, nation gauloise qui, à ce qu'on croit, vint s'y fixer sous Sigovèse, en 587 av. J.-C., mais qui en fut chassée, sous Auguste, par les Marcomans, lesquels eux-mêmes furent expulsés ou subjugués au VIIe siècle par les Tchèques, peuple slave, conduits par Samo. Ceux-ci y fondèrent divers États, dont le principal fut celui de Prague. Tous ces États furent réunis au commencement du VIIIe siècle, sous un chef nommé Croc ou Crac. Przémysl, qui avait épousé Libussa, fille de ce prince, régna après lui et commença en 722 une dynastie qui ne s'éteignit qu'en 1306, et qui, après avoir porté la couronne ducale jusqu'à Wratislas II, devint royale sous ce prince (1086), par un décret de l'empereur d'Allemagne Henri IV. Spitignew I avait, dès le Xe siècle, reconnu la suzeraineté de l'empire germanique. A la mort de Wencelas II en 1306, le royaume passa d'abord à Rodolphe d'Autriche, puis à Henri de Carinthie, et enfin à la maison de Luxembourg, qui lui donna quatre rois, de 1309 à 1437. Ce fut sous le règne de Wenceslas IV, un des princes de cette maison, que Jean Huss et ses disciples répandirent en Bohême ces nouvelles doctrines religieuses qui embrasèrent l'Allemagne et suscitèrent, même après le supplice de J. Huss et Jér. de Prague condamnés en 1415 par le concile de Constance, une guerre civile qui désola ce pays plus de 16 ans. La Bohême fut ensuite dévolue par mariage à Albert d'Autriche (1437-1439), dont le fils, Ladislas I, mourut en 1457, sans postérité. Georges Podiebrad, simple gentilhomme bohémien, fut alors élu : il se maintint jusqu'en 1471, malgré les foudres du Vatican, la trahison de son gendre Mathias, roi de Hongrie, et la rébellion des plus puissants vassaux. Ladislas II et Louis, de la race des Jagellons de Pologne, occupèrent le trône après lui. En 1526, Ferdinand I, frère de Charles-Quint, fut élu roi, et avec lui commença définitivement la maison autrichienne de Bohême, élective jusqu'en 1547, héréditaire depuis ce temps. La Bohême ne cessa plus dès lors d'appartenir à l'Autriche que pendant quelques instants, en 1619 et 1629. Toutefois, ce pays porte encore le titre de royaume et conserve quelques priviléges. L'empereur d'Autriche porte le titre de roi de Bohême; en cas d'extinction de la dynastie autrichienne, les États ont le droit de se choisir un souverain. Le roi de Bohême était un des sept électeurs.

Souverains de la Bohême.
Premiers ducs
Wenceslas II, 1191
Samo, vers 650 Henri (évêque), 1193
Croc, vers 700 Wladislas III, 1196
Maison de Przémysl.
abdique en 1107
(Ducs.)
(Rois héréditaires)
Przémysl, mari de Libussa, fille de Croc, 722 Ottokar I, 1197
Wenceslas I ou III, 1230
Ottokar II, 1253
Borsiwog I, 894 Wenceslas II, 1278
Spitignew I, 902 Interrègne (1278-1283)
Wratislas I, 936 Wenceslas III, 1305
Wenceslas I, 907 Rodolphe d'Autriche, 1306
Boleslas I, 916 Henri de Carinthie, 1307
Boleslas II, 967
Maison de Luxembourg.
Boleslas III, 999 Jean, 1310
Jaromir, 1002 Charles IV, emp., 1346
Udalrich, 1012 Wenceslas IV, emp., 1378
Brzétislas I, 1037 Sigismond, 1419
Spitignew II, 1055
(Rois électifs.)
Albert d’Autriche, 1437
Wratislas II, duc, 1061 Ladislas I, fils d'Albert, 1440
roi en 1092
Conrad I, 1092 Georges Podiebrad, 1458
Brzétislas II, 1093 Ladislas II, de Pologne, 1471
Borsiwog II, 1100
Swatopulck, 1107 Louis, fils Ladislas, 1516
Wladislas I, 1109 Ferdinand I, d'Autriche, 1526
Sobieslas I, 1125
Wladislas II, 1140 Les empereurs d'Allemagne, de la maison d'Autriche, sont en même temps rois de Bohême depuis 1556
Frédéric (1re fois), 1173
Sobieslas II, 1174
Frédéric (2e fois), 1178
Conrad II, 1190


BOHÈMES (monts. de). V. BŒHMERWALD.

BOHÈMES (les Frères). V. MORAVES (Frères).

BOHÉMIENS, nom que l'on donne vulgairement en France à des bandes nomades d'aventuriers qui parcourent les villes et les villages, en faisant des tours d'adresse, ou en disant la bonne aventure. Les Anglais les appellent Égyptiens (Gypsies), les Suédois et les Danois Tartares, les Espagnols Gitanos, les Allemands Zigeunes, les Italiens et les Turcs Zingari, etc. Eux-mêmes ils se nomment Pharaons. Les premières bandes qui parurent en France étaient sorties de la Bohême : de là, le nom qu'on leur a donné parmi nous. On ne connaît point d'une manière certaine l'origine de cette population exceptionnelle qui se trouve dans tous les pays, et n'a point de patrie, et l'on a fait à leur sujet les contes les plus absurdes. Les Bohémiens se prétendent sortis de l’Égypte; mais, selon l'opinion la plus probable, ils sont originaires de l'Inde : on voit en eux les descendants des anciens Tchinganes ou Zingaris, peuple mahratte,qui habitaient sur les bords de l'Indus et qui furent expulsés au XVIe siècle par l'invasion de Tamerlan. Ils parurent vers l'an 1417 en Moldavie et en Valachie, se répandirent en 1418 en Allemagne et en Suisse et pénétrèrent en France en 1427. On évalue le nombre des Bohémiens répandus sur le globe à 3 ou 4 millions. La France en est presque tout à fait délivrée, c'est en Norvége, en Hongrie, en Turquie et dans les contrées méridionales de la Russie qu'ils se trouvent en plus grand nombre. Les Bohémiens sont de haute taille et basanés; ils se font remarquer par la blancheur de leurs dents; du reste ils sont en général d'une laideur repoussante. Ils ont une sorte d'argot qu'ils parlent entre eux. On ne sait pas trop quelle religion ils professent; leur morale est fort relâchée et le vol très-commun parmi ces vagabonds. En France, les États généraux de 1560 ont prononcé contre eux un bannissement perpétuel. L’Histoire des Bohémiens a été écrite en allemand par Grellmann, (trad. par J. Paris, 1810), et par A. F. Pott, Hall, 1845.

BOHÉMOND (Marc), prince d'Antioche, était fils du célèbre Robert Guiscard. Après la mort de son père (1085), il obtint en partage la principauté de Tarente; mais, voulant augmenter ses domaines, il se joignit aux Croisés (1096), et alla mettre le siége devant Antioche. Il s'empara de cette ville par ruse, s'en fit reconnaître prince (1098), et y établit un petit empire, qui subsista environ 190 ans. Étant tombé dans un combat au pouvoir des Turcs, il se racheta en payant une forte rançon. A peine fut-il libre, qu'il tenta de nouvelles aventures : il réussit a agrandir ses États, et alla faire la guerre à l'empereur Alexis. Voulant traverser la flotte des Grecs pour venir en Europe chercher de nouvelles troupes, il se fit passer pour mort, et revint bientôt à la tête d'une armée formidable. Mais la peste et la famine le forcèrent à faire la paix. Il mourut dans la Pouille en 1111, pendant qu'il préparait une nouvelle expédition contre Alexis. — Plusieurs autres princes du nom de Bohémond possédèrent après lui la principauté d'Antioche; le dernier, Bohémond VII, fut dépouillé en 1288.

BOIANO, BOIADOR. V. BOJANO, BOJADOR.

BOIARD, titre que portent les grands ou nobles de Russie, de Valachie, etc., vient de boï, bataille, parce que ce titre fut donné dans l'origine aux chefs qui entouraient le prince dans les combats. Il fut ensuite étendu à tous les premiers dignitaires de l’État. Jadis le corps de boïards était toujours consulté par le czar dans les affaires importantes. Pierre le Grand a fort réduit leur influence.

BOÏARDO (Matteo Maria), comte de Scandiano, célèbre poëte italien, d'une famille noble de Ferrare, né à Scandiano, près de Reggio, dans le duché de Modène en 1430, mort en 1494, s'attacha aux ducs de Ferrare qui lui confièrent le gouvernement de Reggio. Il composa pour le duc Hercule plusieurs poëmes dont le plus célèbre est le Roland amoureux, Orlando inamorato, épopée romanesque en 3 parties et 79 chants, tirée de la chronique de Turpin, et où l'on voit figurer les Agramant, les Astolphe, les Gradasse, les Rodomont, qui sont devenus des types immortels. Ce poëme n'était pas achevé quand l'auteur mourut; il fut imprimé en 1495 dans l'état où Boïardo l'avait laissé; en 1626, un poète médiocre, Agostini, y ajouta trois livres; quelques années après, Domenichi le retoucha et en reforma le style; enfin Berni le refondit entièrement (1541), et depuis on n'a plus guère lu que l'ouvrage ainsi refondu. On sait que le Roland furieux de l'Arioste n'est que la contre-partie de ce poëme héroï-comique. L’Orlando inamorato a été plusieurs fois traduit en français; la traduction la plus répandue est celle de Lesage, 1717, 2 vol. in-12. On a en outre de Boïardo des Sonetti e Canzoni, des poësies latines, des trad. de l’Ane d'or de Lucien et de celui d'Apulée.

BOIELDIEU (Fr. Adrien), un de nos grands compositeurs, né à Rouen en 1775, mort en 1834, commença par des romances délicieuses que Garat chantait dans les salons, fut nommé vers 1799 professeur de piano au Conservatoire, quitta Paris en 1803 par suite de chagrins domestiques, et alla en Russie où l'empereur Alexandre le nomma son maître de chapelle. Il revint en France en 1812, fut élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1817, et passa ses dernières années à Jarcy en Brie. Ses principaux opéras sont : le Calife de Bagdad, 1799; Ma Tante Aurore, 1802; Jean de Paris, 1812; le Nouveau Seigneur du village, 1813 ; le Chaperon Rouge, 1818; la Dame Blanche, son chef-d'œuvre, 1825. Sa musique, ornée et gracieuse, est pleine de mélodie; son instrumentation est savante, mais sans vacarme, Boïeldieu forma, entre autres élèves, Zimmermann, Fétis et Adolphe Adam.

BOIENS, Boii, nation gauloise disséminée en Gaule, en Italie et en Germanie. 1° En Gaule, il faut distinguer les Boii de la Lyonnaise 1re, entre l’Elaver (Allier) et le Liger (Loire), dont le territoire répond à une partie du Bourbonnais, et les Boii de la Novempopulanie, dont le territoire est le ci-devant pays de Buch en Guyenne. Les Boii de la Lyonnaise 1re y furent placés par César. Ils descendaient d'une fraction des soldats de Sigovèse qui s'étaient établis sur le Danube et qui étaient revenus en Gaule avec les Helvetii. 2° En Italie, les Boii avaient au N. les Lingones, au S. l'Apennin qui les séparait de l’Étrurie : Bononia était leur capitale. Ils furent soumis par les Romains en 193 av. J.-C. 3° En Germanie, les Boii habitèrent la Bohème (Boiohemum), d'où ils furent chassés par les Marcomans; puis ils vinrent occuper la Bavière (Boioaria). Ces deux faits pourtant ont été contestés. — Les Tolistoboii de Galatie étaient sans doute aussi des Boii.

BOIGNE (LEBORGNE, comte de), né à Chambéry en 1751, mort en 1830, était fils d'un marchand de pelleteries. Après avoir servi en France, il passa dans l'Inde, se mit, à partir de 1786, au service du prince mahratte Sindhyah, obtint toute la confiance de ce prince, fut nommé par lui général en chef, disciplina son armée, lui assura par là de faciles victoires, et l'aida à fonder un vaste empire; il reçut en récompense les plus grands honneurs et d'immenses richesses. Il quitta l'Inde après la mort de Sindhyah et vint se fixer dans sa ville natale, où il consacra plus de 4 millions à des actes de bienfaisance et à la fondation d'établissements utiles. La Société académique de Savoie a publié à Chambéry des Mémoires sur la carrière politique et militaire du général Boigne, 1828.

BOILEAU (Nic.), surnommé Despréaux, célèbre poëte français, né en 1636 à Paris, mort en 1711, était fils de Gilles Boileau, greffier de la grand'chambre du parlement de Paris, et fut destiné au barreau. Il étudia d'abord en droit, puis en théologie; mais ces sortes d'études ne lui plaisant pas, il résolut enfin de suivre son goût et se consacra à la poésie. Il débuta par des Satires, 1660, et obtint un succès prodigieux qu'il dut à la perfection de ses vers, tout autant qu'à la malignité de ses critiques; il fit suivre les satires d’Épîtres, dans lesquelles il s'élevait encore au-dessus de ses premiers écrits ; il publia enfin l'Art poétique et le Lutrin (1672-1683), qui mirent le sceau à sa réputation et le placèrent au premier rang des poëtes modernes. Il s'essaya également, mais avec moins de bonheur, dans l'ode et l'épigramme. On a aussi de lui quelques écrits en prose, (la traduction du Traité du Sublime de Longin, les Héros de roman, Réflexions critiques), mais ils sont peu importants. Louis XIV, appréciant son mérite, l'admettait souvent auprès de lui ; il le nomma son historiographe avec Racine et lui assura une pension. L'Académie française le reçut dans son sein en 1684. Dans ses dernières années, il quitta la cour et se retira à sa campagne d'Auteuil; il mourut d'une hydropisie de poitrine. Quoique mordant dans ses écrits, Boileau était indulgent dans sa conversation et avait le cœur excellent : on cite de lui plusieurs traits de générosité. Il fut l'ami des plus grands hommes de son siècle, particulièrement de Molière et de Racine. On lui reproche d'avoir gardé le silence à l'égard de La Fontaine, dans la crainte de déplaire à Louis XIV, et d'avoir été injuste envers Quinault. Boileau a été à juste titre appelé le '
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Législateur du Parnasse. On l’a aussi surnommé le Poëte de la raison, ce qui a fait croire bien à tort qu’il manquait de sentiment et d’imagination. Quoique riche de son propre fonds, ce poëte a fréquemment imité Horace et Juvénal. Il a rendu d’immenses services à notre littérature, en dégoûtant son siècle des mauvais ouvrages qui étaient en vogue, en lui apprenant à goûter Corneille, Molière et Racine, et en offrant lui-même les plus beaux modèles de la poésie pure et parfaite. On a donné une foule d’éditions de ses œuvres. Les principales sont celles de Brossette, Amsterdam, 1718 ; de St-Marc, Paris, 1741 ; du Dauphin, 1789 ; de Daunou, 1809 et 1825 ; d’Auger, 1815 ; de St-Surin, 1821 ; de Berriat-St-Prix, 1830, 4 vol. in-8 ; de Gidel, 1869, 4 vol. in-8. Sa Correspondance avec Brossette n’a été publiée complétement qu’en 1858, par A. Laverdet.

boileau (Gilles), frère aîné du précéd., né à Paris en 1631, mort en 1669, occupait l’emploi lucratif de contrôleur de l’argenterie. Il traduisit du grec le Tableau de Cébès, 1653 ; le Manuel d’Épictète, 1655 ; Diogène Laërce, 1668, et fit quelques poésies qui eurent peu de succès. Il fut cependant de l’Académie française. Gilles était jaloux de son frère et ne vécut jamais en bonne intelligence avec lui.

boileau (Jacques), frère des préc., 1635-1716, docteur en Sorbonne, composa plusieurs écrits fort curieux sur la discipline de l’Église. Les plus connus sont : Historia confessionis auricularis, 1683, où il prouve la nécessité de la confession : Historia flagellantium, 1700, où il démontre l’abus de la flagellation ; et les Panégyriques des Saints, 1719. Plusieurs de ses écrits parurent sous le voile du pseudonyme.

boileau (Ét.), prévôt des marchands. V. boyleaux.

BOINDIN (Nic.), né à Paris en 1675, mort en 1751, était fils d’un procureur du roi au bureau des finances. Il entra d’abord dans les mousquetaires ; mais il en sortit bientôt pour se livrer tout entier à la littérature. Il se lia étroitement avec Saurin et Lamotte et composa plusieurs comédies en société avec ce dernier. Il fut admis à l’Académie des inscriptions en 1706, mais l’athéisme dont il faisait profession lui ferma les portes de l’Académie française. Maltraité dans les fameux couplets de 1710, attribués à J. B. Rousseau, il accusa Saurin et Lamotte, ses anciens amis, et rompit dès lors avec eux. Boindin avait la manie de disputer et de contredire : le café Procope était son champ de bataille habituel. Ses œuvres, publiées à Paris en 1753, 2 vol. in-12; contiennent des pièces de théâtre (les Trois Garçons; le Bal d’Auteuil; le Port de mer, etc.), des Dissertations académiques, parmi lesquelles on remarque la dissertation Sur les sons de la langue française, et un Mémoire sur sa propre vie et sur ses ouvrages.

BOINEBOURG (J. Christ. de), conseiller intime de l’électeur de Mayence, né à Eisenach en 1622, m. en 1672, tirait son nom d’un château de la Hesse appartenant à sa famille. Il acquit par sa haute capacité diplomatique une grande influence en Allemagne. Il fut le premier protecteur de Leibnitz, qu’il prit pour secrétaire. On a de lui un grand nombre de lettres, dans le Commercium epistolicum Leibnitianum de Gruber, 1745, qui prouvent sa vaste instruction. — Son fils, Phil. Guill., gouverneur d’Erfurdt fonda dans cette ville une chaire d’histoire et de politique.

BOINVILLIERS (J. Étien.), grammairien, né à Versailles en 1764, mort en 1830, fut professeur à Beauvais, censeur aux lycées de Rouen et d’Orléans, inspecteur de l’Académie de Douai et correspondant de l’Institut. Il a publié un grand nombre de livres classiques, tels que Dictionnaires, Grammaires françaises, Grammaire latine, Cacographie, et des trad. estimées d’auteurs latins. — Son fils, Ernest Boinvilliers, né en 1799, a été un de nos avocats les plus distingués et est auj. conseiller d’État.

BOIOARII, nom latin des Bavarois, qu’on prétend avoir été originairement les Boii du Boïohemum, forcés de fuir ce pays devant les Marcomans.


BOIODURUM, v. de Norique, est auj. Innstadt.

BOIOHEMUM, nom latin de la Bohême.

BOISARD (J. F. M.), fécond fabuliste, né à Caen en 1743, m. dans la même ville en 1831, était avant 1789 secrétaire de Monsieur (Louis XVIII); il perdit tout à la Révolution. Il a fait plus de 1000 fables (publiées en divers recueils de 1773 à 1805), qui lui assurent un rang honorable parmi les fabulistes du second ordre : la plupart des sujets sont de son invention ; la narration est simple, facile et naïve. Souvent l’auteur n’exprime pas la moralité de ses fables, ce qui les rend quelquefois obscures. - Son neveu, J. F. Boisard, peintre et poëte, né à Caen vers 1762, a publié aussi des Fables (1817 et 1822), mais il est resté fort au-dessous de lui.

BOIS-BELLE. V. henrichemont.

BOIS-D’OINGT, ch.-l. de canton (Rhône), à l4 k. S.O. de Villefranche ; 758 hab.

BOISGELIN de cucé (Jean de Dieu Raimond de), archevêque, né à Rennes en 1732, mort en 1804, fut d’abord évêque de Lavaur, puis archevêque d’Aix (1770), se signala par sa charité lors d’une disette dont Aix eut à souffrir, et créa dans son diocèse plusieurs institutions utiles ; fut élu en 1787 membre de l’Assemblée des notables, en 1789 député du clergé aux États généraux, vota l’abolition des privilèges et l’égale répartition de l’impôt, présida l’assemblée en 1790, et proposa de la part du clergé un sacrifice de 400 millions, mais combattit de tout son pouvoir, par ses écrits comme par ses discours, la constitution civile du clergé, et émigra quand elle eut été promulguée. Il fut, après le Concordat, nommé archevêque de Tours et enfin cardinal. Il cultivait les lettres avec succès. Outre quelques écrits de circonstance, on lui doit une trad. en vers des Héroïdes d’Ovide (1786), le Psalmiste, traduction des psaumes (1799), et des Oraisons funèbres de Stanislas, du Dauphin, fils de Louis XV, etc., qui se distinguent par une éloquence simple et touchante. Il avait été admis dès 1776 à l’Académie française. — Son frère, Louis de Boisgelin, 1758-1816, émigra, séjourna quelques temps à Malte et publia à Londres, en 1804, sous le titre d’Ancient and modern Malta, 3 vol. in-8, une histoire estimée de l’île, trad. par Fortia de Piles, Paris, 1809. On lui doit aussi la continuation des Révolutions de Portugal, de Vertot.

BOIS-GUILLEBERT (P. le pesant, sieur de), magistrat et écrivain français du xviie, m. en 1714, était cousin de Vauban et remplit les fonctions de lieutenant général au bailliage de Rouen. C’est un de nos plus anciens économistes : il publia en 1695 le Détail de la France sous Louis XIV (réimprimé en 1712 sous le titre de Testament politique de Vauban), et en 1707 le Factum de la France. Ces deux ouvrages, où il proposait d’utiles réformes, n’aboutirent qu’à le faire exiler (on les trouve dans les Économistes français de Dain, 1843). On lui doit en outre des trad. françaises de Dion Cassius, 1674, et d’Hérodien, 1675.

BOIS-LE-DUC, Sylva ducis, S’ Hertogen Bosch en hollandais, v. forte de Hollande ch.-l. du Brabant septent., à 80 kil. S.E. d’Amsterdam, sur le Dommel et l’Aa ; 22 000 hab. Anc. évêché catholique, rétabli en 1853. Ville bien bâtie, entrecoupée de canaux que l’on peut passer sur 20 ponts. Belle église de St-Jean, hôtel de ville, hôtel du gouverneur, etc. Plusieurs établissements philanthropiques. Industrie (instruments de musique, épingles, toiles de Hollande) : commerce de transit très-actif. Patrie du philosophe ’S Gravesande. — Fondée en 1184, occupée par les Français de 1794 à 1814.

BOISMONT (Nicolas thyrel de), prédicateur du roi, né près de Rouen en 1715, m. en 1786, se fit connaître par des sermons et des panégyriques où l’on trouve des passages éloquents, et fut admis à l’Académie française en 1755. Le sermon qui lui fit le plus d’honneur est celui qu’il prononça en 1782, dans une assemblée de charité, dans le but de favoriser l’établissement d’un hospice pour les militaires et les ecclésiastiques délaissés : la quête rapporta 150 000 l., et l'hospice fut immédiatement fondé (à Montrouge). Il a prononcé les Oraisons funèbres du Dauphin, de la reine Marie Leczinska, de Louis XV, de Marie Thérèse. On a publié ses Œuvres, Paris, 1805, in-8.

BOISMORAND (l'abbé CHÉRON de), fils d'un avocat de Quimper, né en 1680, mort en 1740 à Paris, a rédigé des factums pour les Jésuites dans l'affaire de La Cadière et du P. Girard, etc.; et a publié : Histoire amoureuse et tragique des princesses de Bourgogne, 1120; Anecdotes de la cour de Philippe Auguste, 1733; Vie de Crillon, 1757, qu'on attribue à Mlle de Lussan. Cet abbé avait des habitudes très peu convenables pour son état.

BOISBOBERT (Franç. LE MÉTEL, sieur de), abbé et poëte, né à Caen en 1592, mort en 1662, est célèbre par ses bons mots et par le talent avec lequel il savait conter. Il gagna les bonnes grâces du cardinal de Richelieu, qui l'employa à composer les pièces qu'il se laissait attribuer à lui-même, et obtint de lui plusieurs bénéfices, mais il les perdit presque tous au jeu. Il fut un des fondateurs de l'Académie française, dont les séances se tinrent longtemps chez lui. Il a travaillé au Dictionnaire de l'Académie.

BOISSARD (J. J.), antiquaire et poëte, né à Besançon en 1528, mort en 1602, fit plusieurs voyages en Italie, en Grèce, en Allemagne, dans le but de faire des recherches sur les anciens monuments, puis se fixa à Metz. Il avait déposé à Montbéliard beaucoup d'antiquités; mais le fruit de ses travaux fut perdu lors de l'invasion des Lorrains en Franche Comté. On a de lui : Habitus variarum gentium, Metz; 1581, avec fig. ; Emblemata latina, Francfort, 1593, avec fig.; Theatrum vitæ humanæ, Metz, 1596, Topographia urbis Romæ, Francfort, 1597-1602; De Divinatione et magicis præstigiis, Oppenheim ,1615, ouvrage posthume, et des Poésies latines.

BOISSERÉE (Melchior), artiste, né en 1786 à Cologne, mort en 1851, forma, avec son frère Sulpice, une belle collection des anciens maîtres allemands (auj. à la Pinacothèque de Munich), puis lithographia ces tableaux et en publia le recueil en 1838. Il réussit à peindre sur verre avec le pinceau seul. — Sulpice, né 1783, a donné les Monuments du Bas Rhin, Munich, 1830-33, et la description de la cathédrale de Cologne, Paris et Munich, 1823-32.

BOISSONADE (Jean François), savant helléniste, né en 1774, à Paris, d'une famille originaire de Gascogne, mort à Passy en 1857, étudia au collége d'Harcourt, s'adonna d'abord à la critique littéraire, et fournit au Magasin encyclopédique de Millin, au Journal des Débats, au Mercure, des articles qui furent remarqués. Il débuta comme helléniste en 1806, par une excellente édition des Héroïques de Philostrate, fut nommé en 1809 professeur de littérature grecque à la Faculté de Paris, et joignit à cette chaire en 1828 celle du Collége de France. Il avait été reçu dès 1813 à l'Académie des inscriptions. Travailleur infatigable, Boissonade a donné jusqu'à la fin de sa vie, et souvent à ses propres frais, une foule d'éditions d'ouvrages rares, curieux, et pour la plupart inédits. Outre les Héroïques, on lui doit des éditions de la Vie de Proclus, par Marinus, 1814 ; des Partitions d'Herodianus et du roman de Nïcetas Eugenianus, 1619; des Lettres d'Aristénète, des Vies d'Eunape, 1822; six volumes d’Anecdota græca, 1829-1844, riche mine de morceaux inédits; plusieurs écrits, inconnus jusque-là, de Théophylacte Simocatta (1835), de Michel Psellus (1838); les Lettres de Philostrate (1842); la 1re édition de Babrius (1844); les Allégories de l'Iliade de Tzetsès, ainsi qu'une jolie collection de poëtes grecs en 24 vol. in-32 (1823-26). Boissonade a fourni au recueil des Notices des manuscrits de la Bibliothèque impériale plusieurs morceaux précieux, et à la Biographie universelle un grand nombre de ses meilleurs articles. La littérature française lui doit un recueil inédit de Lettres de Voltaire à Frédéric (1802), des éditions des Œuvres choisies de Bertin (1824), de Parny (1827), une éd. du Télémaque (1844), où sont indiqués les emprunts faits par Fénelon à l'antiquité, et d'excellents articles littéraires, recueillis en 1862 par Colincamp. A une érudition profonde, ce savant joignait l'esprit, le goût et l'élégance du style. Ph. Lebas et Naudet ont donné des Notices historiques sur Boissonade.

BOISSY (Louis de), auteur fécond, mais médiocre, né en 1694 au Vic en Auvergne, mort en 1758, a composé des satires et plusieurs comédies, entre autres : le Babillard, le Français à Londres, le Sage étourdi, l'Homme du jour ou les Dehors trompeurs, en 5 actes et en vers : c'est la meilleure. Il fut reçu à l'Académie en 1754. Après avoir longtemps lutté contre la misère, il obtint le privilège du Mercure de France, ce qui le mit dans l'aisance, mais il abrégea sa vie par des excès. Ses œuvres forment 9 vol. in-8, Paris, 1766. — Son fils, Louis-Michel de B., né vers 1725, mort en 1788, a donné un Supplément à l'Histoire des Juifs, de Basnage, 1784, 2 vol. in-12.

BOISSY D'ANGLAS (François Antoine, comte de), homme d’État, né en 1756 à St-Jean-la-Chambre (Ardèche), d'une famille protestante, mort en 1826, se fit recevoir avocat, fut élu député du tiers état pour la sénéchaussée d'Annonay (1789) ; devint, après l'Assemblée constituante, procureur-syndic de l'Ardèche, et fut en 1792 envoyé par ce département à la Convention. Il se signala dans cette assemblée par la modération de ses opinions, par la multiplicité de ses travaux, et surtout par une fermeté héroïque. Dans, la fameuse journée du 1er prairial an III (20 mai 1795), il avait la présidence; le peuple des faubourgs insurgés, ayant envahi la salle des séances, voulait forcer la Convention à rétablir le régime de la Terreur; on insulte, on menace le président, et, pour l'effrayer, on place devant lui la tête du représentant Féraud. qui venait d'être assassiné sous ses yeux. A la vue de cette tête, Boissy d'Anglas se découvre respectueusement et salue son infortuné collègue; puis il se rassied, reste impassible au milieu de cette scène de désordre et d'horreur, et force par son courage la populace à s'éloigner sans avoir pu accomplir ses criminels projets. Il fut un des principaux auteurs de la constitution de l'an III, et fut élu par 72 départements député au conseil des Cinq-Cents; il devint bientôt secrétaire, puis président de l'assemblée. Il n'en fut pas moins proscrit par le Directoire au 18 fructidor, et n'échappa à la déportation que par la fuite. Après le 18 brumaire, il fut élu membre du tribunat; sous l'Empire, il devint sénateur, comte, et, à la Restauration, pair de France. Il défendit jusqu'au dernier moment les doctrines libérales. On a de lui, outre une foule d’Opinions et de Rapports, un Essai sur la vie de Malesberbes, 1819, et des Études littéraires et poétiques d'un vieillard, 1825, qui renferment plusieurs notices intéressantes.

BOISSY (Ét.-Octave ROUILLÉ, marquis de), h. politique français, né en 1798, m. en 1871; fut pair de France sous Louis-Philippe, sénateur sous Napoléon III, et se fit remarquer par l'indépendance et la singularité de son caractère. Il avait épousé la comtesse Guiccioli. V. GUICCIOLI (Supplément).

BOISSY SAINT-LÉGER, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), à 21 kil. N. de Corbeil, 17 kil. S. E. de Paris; 570 hab.

BOISTE (Pierre Claude Victor), lexicographe, né à Paris en 1765, mort en 1824, est connu par un Dictionnaire universel de la langue française, 1809 : une espèce d'encyclopédie grammaticale, qui contient, outre des mots, la grammaire, les synonymes, les tropes, les règles de la versification.

BOISTUAU. V. BOAISTUAU.

BOIVIN (Jean), dit de Villeneuve, né en 1663, m. en 1726, fut membre de l'Académie française, de celle des inscriptions, professeur de grec au Collége royal (Coll. de France) et garde de la bibliothèque du Roi. Il y découvrit, sous les homélies de S. Ephrem, un manuscrit palimpseste de la Bible ayant douze ou treize siècles d'antiquité. Il a publié : Mathematici veteres, 1693, Histoire byzantine de Nicéphore Grégoras, 1702; Vie de Pierre Pithou (en latin); des traductions du grec (l’Œdipe roi de Sophocle, les Oiseaux d'Aristophane), et quelques poésies médiocres. — Son frère aîné, Louis Boivin (1649-1724), membre aussi de l'Académie des inscriptions, a laissé des Mémoires sur la Chronologie, qui prouvent une érudition rare, mais où il se livre trop facilement à des suppositions gratuites.

BOIZOT (L.), sculpteur, né à Paris en 1748, m. en 1809, professeur à l'École des beaux-arts, membre de l'Institut, a exécuté, entre autres ouvrages : une statue à pied de Louis XV, à Brest, le Baptême de Jésus, à St-Sulpice, Racine, à l'Institut, la Victoire qui surmonte la colonne du Châtelet à Paris, et plusieurs des bas-reliefs de la colonne de la place Vendôme. On lui reproche quelque incorrection.

BOJADOR (cap), Atlas major, sur la côte occid. de l'Afrique (Sahara), sur l'Atlantique, par 16° 49' long. O., 26° 48' lat. N. Les anciens le regardaient comme l'extrémité du monde. Il fut doublé pour la 1re fois en 1433 par le Portugais Gillianez.

BOJANO, Bovianum, v. du roy. d'Italie (Molise), à 27 kil. E. S. E. d'Isernia; 3000 hab. Évêché suffragant de Bénévent. Tremblements de terre.

BOKHARA, BOKHARIE. V. BOUKHARA, etc.

BOLBEC, ch.-l. de cant. (Seine-Infér.), près de la riv. de Bolbec, à 30 kil. N. E. du Havre; 2664 h. Calicots, indiennes, mouchoirs, teintureries.

BOLBITINE, petite v. de la Basse-Égypte, sur la branche occid. du Nil, qui prenait de là le nom de Bolbitinum ostium, occupait l'emplacement de la r. actuelle de Rosette.

BOLERIUM PROM., auj. cap Land's-end.

BOLESLAS I, dit le Grand et l'Intrépide, roi de Pologne, fils de Miécislas, monta sur le trône en 992 et mourut en 1025. Jusqu'à lui les souverains de ce pays n'avaient porté que le titre de duc : l'empereur Othon III lui donna celui de roi (1001), en affranchissant la Pologne de la dépendance de l'Empire. Boleslas vainquit les Moscovites, conquit la Moravie et autres pays, protégea les sciences et les arts, et répandit l'instruction. — BOLESLAS II, le Hardi, monta sur le trône en 1058, à l'âge de 16 ans, se rendit odieux par ses vices et ses cruautés; fut excommunié par le pape Grégoire VII pour avoir fait périr un évêque en 1081, puis fut déposé. Il s'enfuit en Hongrie, et de là en Carinthie, et se cacha dans le couvent de Villach, où il fut, dit-on, réduit à se faire cuisinier. Il y mourut en 1090. Ce ne fut qu'à sa mort qu'il révéla le secret de sa naissance et de ses malheurs. Quelques historiens disent qu'il se tua. — BOLESLAS III, fils de Vladislas I, régna avec son frère Zbignev de 1102 en 1107, puis seul, et mourut en 1138. Il ne prit que le titre de duc pour ne pas déplaire au pape, qui, depuis l'excommunication de Boleslas II, avait interdit le titre de roi en Pologne. Il remporta en 1109 une victoire sur l'empereur Henri V à Glogau. Après avoir battu les Russes en plusieurs rencontres, il vit son armée complètement défaite par eux et fut forcé de prendre la fuite. — BOLESLAS IV, duc de Pologne, 2e fils du précéd., parvint au trône en 1146, après la déposition de son frère Vladislas, et mourut en 1173 à Cracovie. — BOLESLAS V, le Chaste, fils de Lech ou Lesko V, fut reconnu en 1227, n'ayant encore que 7 ans, mais ne monta sur le trône qu'en 1237, à 17 ans. Il mourut en 1289, méprisé de la noblesse, et détesté du peuple pour n'avoir pas su repousser l'invasion des Tartares.

BOLESLAS, rois de Bohême. V. BOHÈME.

BOLEYN (Anne), femme de Henri VIII. Elle passa a première jeunesse en France, où elle avait accompagné Marie d'Angleterre, qui épousa Louis XII, et mena à la cour de ce prince et à celle de François I une vie assez licencieuse. Elle retourna vers 1525 en Angleterre, se fit attachera la personne de Catherine d'Aragon, femme de Henri VIII, parvint à faire répudier cette princesse, et se fit épouser par le roi (1533) : c'est afin d'accomplir ce mariage, que le pape ne voulait pas sanctionner, que Henri VIII abandonna la religion catholique. Anne Boleyn devint bientôt mère et donna le jour à la célèbre Élisabeth. Son règne fut de courte durée : supplantée bientôt elle-même par une de ses dames d'honneur, Jane Seymour, elle fut accusée d'adultère et même d'inceste avec son frère, et fut décapitée en 1536. — Son frère, George Boleyn, qui avait été fait lord Rochefort, partagea son supplice.

BOLGARY, vge de Russie (Kazan), à 145 k. S. de Kasan et près du Volga; 100 maisons. C'était l'anc. capitale des Bulgares.

BOLGRAD, bourg de Bessarabie, près du Pruth, au fond du lac Yalpuck, et à 25 k. d'Ismaïl; env. 500 h. Disputé en 1856 entre la Russie et la Turquie; adjugé à la Turquie et compris dans la Moldavie.

BOLI, v. de la Turquie d'Asie (Anatolie), ch.-l. de sandjak, à 135 k. N. O. d'Angora; 6000 h. Eaux thermales. Près de là, ruines d’Hadrianopolis.

BOLINGBROKE (Henri SAINT-JEAN, vicomte de), politique et philosophe, né en 1678 à Battersea (Surrey), mort en 1750. Après avoir mené une jeunesse dissipée, il entra aux affaires, et y montra bientôt une supériorité qu'on n'avait pas soupçonnée. Nommé en 1700 membre de la Chambre des Communes, il se déclara pour les tories, quoique toute se famille fût whig. Il attira l'attention du roi Guillaume, puis de la reine Anne, et fut nommé secrétaire d'État en 1704. Renversé en 1708, il revint au pouvoir 2 ans après, fut chargé du ministère des affaires étrangères et conclut la paix d'Utrecht (1713). Pendant sa faveur, il fut créé pair avec le titre de comte de Bolingbroke. A la mort de la reine Anne (1714), il perdit tout son crédit et fut même proscrit par le Parlement et dépouillé de tous ses biens. Il se réfugia en France, et offrit ses services au prétendant Jacques III; mais bientôt, mécontent de ce prince, il s'en détacha et sollicita auprès du nouveau roi, Georges I, son retour en Angleterre; il ne put l'obtenir qu'en 1723. Il vécut d'abord à la campagne, étranger aux affaires; mais en 1725 il reparut sur la scène, et pendant dix ans il fut par ses écrits le plus redoutable antagoniste du ministère Walpole. Désespérant enfin du succès de ses efforts, il se retira de nouveau en France (1735), pour y passer le reste de ses jours; mais, incapable de se fixer, il retourna dès 1738 en Angleterre, où il mourut sans avoir pu ressaisir le pouvoir. Il avait épousé en 2espagnol noces une Française, la marquise de Villette, nièce de Mme de Maintenon. Bolingbroke a écrit pendant sa retraite un grand nombre d'ouvrages : les uns politiques, tels que Lettre au chevalier Wyndham sur le patriotisme, Idée d'un roi patriote, Des partis; les autres littéraires ou philosophiques, tels que Réflexions sur l'exil, Lettres sur l'étude de l'histoire, Lettres à M. de Pouilly (en français). Dans ces derniers écrits, il se montre déiste et attaque ouvertement la révélation; il fut en cela le précurseur de Voltaire, qui plus d'une fois emprunta son nom. Tous les écrits de Bolingbroke ont été réunis à Londres par Mallet, 1754, 5 v. in-4; ils ont été réimprimés en 1800, 8 vol. in-8. Plusieurs ont été traduits eu français, notamment les Lettres sur l'Histoire, par Barbeu Dubourg, 1752. Bolingbroke fut lié avec les plus grands écrivains de son temps, Prior, Swift et Pope : c'est lui qui donna à ce dernier le sujet et le fond de l’Essai sur l'homme, qui est son chef-d’œuvre. Il fut lui-même un bon écrivain : son style est vif, orné et brillant.

BOLIVAR (Simon), le libérateur de l'Amérique espagnole, né en 1783, à Caracas, mort en 1830. Après avoir étudié en Espagne et avoir visité la France, l'Italie, les États-Unis, il retourna dans son pays pour prendre part à la guerre de l'indépendance; servit d'abord sous Miianda (1811), battit les généraux espagnols Monteverde et Morillo, remporta une victoire décisive à Boyaca (1819) et affranchit le Vénézuela et la Nouvelle-Grenade qu'il réunit en une seule république sans le nom de Colombie (1819); proclama peu après l'indépendance du Pérou (1822), fonda au sud de ce pays un nouvel État qui prit le nom de Bolivie, assura son existence par les victoires de Junin et d'Ayacucho (1824), et lui donna une constitution en 1826. Nommé à différentes reprises président des États qu'il avait affranchis, Bolivar fut soupçonné d'aspirer à la tyrannie; pour détruire ces soupçons injustes, il abdiqua plusieurs fois le pouvoir. Il mourut peu de mois après une dernière abdication, et lorsqu'il se disposait à se retirer en Europe pour échapper aux injustes défiances dont il était l'objet. On a une Histoire de Bolivar par le général Ducoudray-Holstein, continuée par Viollet. — Son nom a été donné a la ville d’Angostura, dans le Vénézuéla (V. ANGOSTORA), ainsi qu'à un des États de la Nouvelle-Grenade, situé entre ceux de Magdalena au N. et de Cundimarca au S., et ayant 4 millions d'hectares et 200 000 h. C'est aussi en son honneur que le Ht-Pérou a reçu le nom de Bolivie.

BOLIVIE, État de l'Amérique du S., entre le Pérou à l'O. et au N., le Brésil à l'E., les Prov.-Uhies de Rio-de-la-Plata et le Paraguay au S., et l'Océan Pacifique au S. O., se confond avec ce qu'on appelait précédemment Haut-Pérou; 1500 kil. sur 1600; env. 1 500 000 h., dont beaucoup d'Indiens (les autres, créoles, nègres ou de sang mixte); capitale, Chuquisaca. Il se divise en 6 départements : Chuquisaca, La Paz, Oruro, Potosi, Cochabamba, Santa-Cruz; et comprend en outre les prov. d'Otequis, de Tarija et de Lamar. Montagnes très-hautes (5000m et plus), vallées, pampas immenses, vastes déserts. Climat varié, tempéré en général. Métaux précieux en abondance; plantes et animaux des parties froides du Pérou. Le gouvernement est républicain. — Ce pays, sous le nom de Haut-Pérou, fit partie d'abord de la vice-royauté espagnole de Lima, puis de celle de Rio-de-la-Plata. Il s'insurgea contre l'Espagne des 1808, mais ne fut constitué comme État particulier qu'en 1825, après la victoire d'Ayacucho (V. ce nom), par le congrès de Chuquisaca. Il a reçu son nom actuel en l'honneur de Bolivar. En 1836, la Bolivie forma avec le Bas-Pérou une confédération, dont le général Santa-Cruz fut le président, mais qui ne dura que 3 ans. Depuis, la Bolivie a été longtemps déchirée par des dissensions intestines et par les luttes des prétendants à la présidence.

BOLLAND (Jean), Bollandus, Jésuite d'Anvers, né en 1596 à Tirlemont, mort en 1665, commença le recueil des vies des saints distribuées selon les jours de l'année, connu sous le nom d’Acta sanctorum. Il fit paraître en 1643 les saints de janvier, en 1658 ceux de février, et mourut avant d'avoir terminé ceux de mars. Ce travail a été depuis continué par les PP. G. Henschen, D. Papebroch et par plusieurs autres jésuites, que l'on désigne collectivement sous le nom de Bollandistes. En 1794, lors de l'invasion des Français en Belgique, on interrompit le travail, qui n'allait encore que jusqu'au 14 octobre. Depuis, le gouvernement belge l'a fait reprendre et s'est chargé de l'achever. Les Acta sanctorum, publiés à Anvers jusqu'en 1794, formaient dès cette époque 53 vol. in-fol.; 4 nouveaux volumes ont paru a Bruxelles depuis la reprise des travaux (1845 et ann. suiv.). On en a réimprimé une partie à Venise, 42 vol. 1734 et années suivantes, mais cette collection ne va que jusqu'au 15 septembre.

BOLLANDISTES. V. BOLLAND.

BOLLÈNE, ch.-l. de cant. (Vaucluse), à 8 kil. E. de Pont-Saint-Esprit, à 20 k. N. d'Orange; 2812 h.

BOLLWILLER, vge du Haut Rhin, entre Soulz et Ensisheim, à 7 kil. de celle-ci; 900 hab. Belle pépinière d'arbres, d'arbustes et de fleurs. Station.

BOLOGNE, Bononia des anciens, Bologna en italien, v. forte d'Italie, la plus importante de la Romagne, à 300 k. N. de Rome, à 175 k. E. de Milan, sur un canal, entre le Reno et la Savena; 110 000 h. Archevêché, université célèbre. Chemin de fer. Monuments nombreux, cathédrale, église de St Pétrone, théâtre, riches palais, tours des Asinelli, de Garisendi, fontaine de Neptune, etc. Plusieurs académies, musée, riche bibliothèque, beau jardin botanique, lycée philharmonique. Manufactures de soieries, gazes, fleurs artificielles, liqueurs, etc. Patrie de Benoît XIV, de Manfredi, du Guide, du Dominiquin, de l'Albane, des trois Carraches, d'Aldrovandi, Marsigli, J. B. Beccari, J. Monti, Galvani.etc. — Fondée par les Étrusques sous le nom de Felsina, puis occupée par les Boii (d'où son 2e nom), colonisée par les Romains en 189 av. J. C., elle s'érigea en République au moyen âge. Elle se soumit en 1278 à l'autorité du pape Nicolas II; mais elle ne fut annexée aux États romains que par Jules II, en 1513. Il y éclata en 1831 un mouvement libéral mais il fut aussitôt comprimé par les Autrichiens, qui depuis y ont tenu garnison, et qui bombardèrent la ville lors des troubles de 1848. En 1859, la ville et la prov. de Bologne se sont soustraites à l'autorité du pape et ont reconnu le roi de Sardaigne. — La prov. (anc. légation) de Bologne est située au S. de celle de Ferrare, au N. de la Toscane, à l'E. du duché de Modène et compte env. 410 000 hab. Elle a formé sous Napoléon le dép. du Reno et une partie de celui du Panaro.

BOLOGNESE (le), peintre. V. Grimaldi (J. Fr.).

BOLONAIS, territoire de Bologne, réuni à l’État ecclésiastique par Jules II, en 1513, a formé depuis la légation de Bologne. V. BOLOGNE.

BOLOR, monts d'Asie. V. BELOUR.

BOLSENA, Vulsinii, v. de l’État ecclésiastique, sur le bord du lac de même nom, à 26 k. N. O. de Viterbe; 2000 h. Ruines du temple de la déesse Nursia, etc. Prise par les Romains en 266 av. J. C. Patrie de Séjan. — Le lac de Bolsena (Vulsuniensis lacus) a 13 k. de long, sur 10 de large. Il se décharge dans la Méditerranée par la Marta.

BOLTON-LE-MOOR, v. d'Angleterre (Lancastre), à 64 k. S. E. de Lancastre et à 15 k. N. O. de Manchester, près d'un canal qui conduit à Manchester et à Bury; 55 000h. Industrie active : futaines, mousselines, velours; usines pour machines à vapeur.

BOLZANO. V. BOZEN.

BOMARE (VALMONT de). V. VALMONT.

BOMARSUND, forteresse russe, située dans l'île d'Aland, au milieu de la côte orientale. Cette forteresse, dont la construction avait demandé plus de 20 ans, venait à peine d'être achevée, lorsqu'elle fut bombardée et détruite en 1854 par la flotte anglo-française.

BOMBAY (corruption du portugais Boa bahia, bonne baie), v. de l'Inde anglaise, ch.-l. de la présid. de Bombay, sur la mer d'Oman, dans une petite île de même nom, par 69° 47' long. E., 18° 56' lat. N.; env. 700 000 hab. Les marais qui l'environnent en rendent le séjour très-malsain, surtout pour les Européens. Port, la meilleur de toute la côte occid. de l'Inde; chemin de fer; vaste citadelle; grands établissements de marine militaire; beaux monuments; superbe temple guèbre, tout récent; église anglicane, palais du gouverneur, bazar, casernes, bassins, docks, arsenal. Immense commerce avec la Chine, la mer Rouge, le golfe Persique, etc. — L'île de Bombay fut donnée aux Portugais par le radjah de Sourah en 1530; ceux-ci la cédèrent en 1661 au roi d'Angleterre Charles II, comme partie de la dot que l'infante Catherine apportait à ce prince. La compagnie des Indes l'acheta en 1666, et y plaça en 1686 le siége de son gouvernement. — La présidence de Bombay, une des trois grandes divisions de l'Inde anglaise, en forme la partie S. O. et compte env. 9 000 000 d'h. Elle comprend le Kandeich et de fortes portions de l'Aurengabad, du Bedjapour, du Guzzerat et de l'Adjmyr.

BOMILCAR, général carthaginois, s'empara de la souveraineté dans sa patrie lors de l'invasion d' Agatocle (308 av. J.-C.); mais fut bientôt renversé, condamné et périt sur la croix. — Favori de Jugurtha, assassina par ses ordres Massiva dans Rome même, 110 av J.-C. puis trahit son maître pour les Romains, et fut mis à mort par lui, 107.

BOMMEL, v. de Hollande (Gueldre), dans le Bommeler-Waard, à 13 kil. N. de Bois-le-Duc; 2000 h. Grande église protestante. V. jadis importante par le commerce. auj. déchue. Prise par les Fr. eu 1672.

BOMMELER WAARD, Insula Batavorum, île que forment le Wahal et la Meuse, près de leur embouchure, à 22 kil. sur 9, et renferme beaucoup de beaux villages et la ville de Bommel. On croit que ce fut la demeure primitive des Bataves.

BON (cap), ou Hermæum prom., Ras Addar en arabe, cap d'Afrique sept., forme la pointe N. E. de la régence de Tunis, par 8° 44' long. E. et 37° 4' lat. N.

BONA (J.), écrivain ascétique, né à Mondovi en 1609, mort en 1674, entra chez les Feuillants, et devint général de l'ordre en 1651. Clément IX le fit cardinal en 1669. Ses ouvrages ont été recueillis à Turin, 1747, 4 vol. in-fol. Les principaux sont: Manuductio ad cœlum, trad. par Lambert et Leduc; Horologium asceticum; De principiis vitæ christianæ, trad. par le président Cousin et l'abbé Goujat; le Phénix ou la Rénovation de l'âme par la retraite, ouvrage posthume, trad. en 1858, par J. Travers. Les Principes de la vie chrétienne et le Chemin du ciel ont été reproduits dans le Panthéon littéraire, Paris, 1835. On a surnommé Bona le Fénelon de l'Italie.

BONACOSSI (Pinamonte), d'une famille puissante de Mantoue, parvint à la souveraineté en 1272, quitta les Guelfes pour les Gibelins, s'allia avec les maisons de Vérone et della Scala, vainquit les Padouans, les Vicentins, et se maintint au pouvoir jusqu'en 1293, malgré plusieurs séditions. — Son fils, Bardellone Bonacossi, se déclara pour les Guelfes, s'empara du palais, emprisonna son père ainsi que Taino, son frère, et se fit proclamer par le peuple en 1293; il fut renversé en 1299 par Bottesilla, son neveu. — Passerino Bonacossi, frère de Bottesilla, le remplaça au pouvoir en 1310, et fut vicaire impérial. Après avoir joui paisiblement de l'autorité pendant 18 ans, il fut tué dans une sédition.

BONAFOUS (Mathieu), agronome, correspondant de l'Institut, né à Lyon en 1793, mort eu 1852, appartenait à une famille de riches négociants piémontais, originaire de France. Il étudia surtout les cultures répandues dans le midi de la France, le maïs, le riz, la vigne, la soie, et écrivit sur ces divers sujets, soit en français, soit en italien, des ouvrages estimés : De l'éducation des vers à soie, 1821; l'Art de cultiver le mûrier, 1822; Traité du maïs, 1833; Hist. naturelle du maïs, 1836; Ampélographie subalpine, etc. Il a aussi trad. les Principes d'économie portique appliques à l'agriculture de Beccaria, et mis eu vers français le poëme de Vida sur le Ver à soie. Il consacra sa fortune à des fondations philanthropiques : il concourut à la création de la colonie de Mettray et des instituts agronomiques de Grignon et de Roville. Son Éloge, par M. Cap, a été couronné par l'Académie de Lyon en 1854.

BONAIR, une des Antilles hollandaises, sur la côte de la Colombie, au S. E. de Curaçao, a 30 kil. sur 6, et a pour ch.-l. une ville de même nom; 1500 hab.

BONALD (le vicomte de), célèbre écrivain, né en 1753 près de Milhau (Aveyron), mort en 1840, émigra en 1791, et ne revint que sous le Directoire. Il concourut à partir de 1806 à la rédaction du Mercure, accepta en 1810 la place de conseiller de l'Université, accueillit la Restauration avec joie, fut élu député en 1815, et nommé pair en 1823. Après 1830, il vécut dans la retraite. Il était depuis 1816 membre de l'Académie française. On a de lui : Théorie du pouvoir politique et religieux, 1796; Législation primitive, 1802; Recherches philosophiques, 1818. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 15 vol. in-8, 1840-43, et réimp. en 1859, 7 vol. in-8. Attaché aux doctrines religieuses et monarchiques, Bonald attribuait à une révélation primitive l'origine de nos connaissances, du langage, des arts; en politique, il assimilait le pouvoir social à l'autorité du père de famille. Malgré l'exagération de ses doctrines, cet écrivain a contribué avec Chateaubriand à la restauration des idées religieuses et des doctrines spiritualistes : c'est lui qui définit l'homme une intelligence sertie par des organes. — Le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, né en 1787, est son fils.

BONAMY (P. Nic.), érudit, né en 1694, mort en 1770, était bibliothécaire de St-Victor, historiographe de la ville de Paris, et fut élu dès 1727 membre de l'Académie des inscriptions. Il a publié des dissertations estimées, notamment sur l'introduction de la langue latine dans les Gaules, sur la langue tudesque, sur les antiquités et la topographie de Paris, etc. Il rédigea le Journal de Verdun depuis 1749 jusqu'à sa mort. D'Aguesseau l'honorait de son amitié.

BONAPARTE (les), famille noble, originaire d'Italie, et dont l'illustration remonte au XIIe siècle. A cette époque, on en distingue 3 branches. La 1re, résidant à Trévise, fournit des podestats à Vérone et à Padoue, et s'éteignit en 1397 dans la personne de Servadius Bonaparte, prieur des chevaliers Gaudens; la 2e, qui donna naissance à un rameau moins connu, les Bonaparte de San-Miniato, eut, vers 1570, pour dernier représentant Jean Bonaparte, gentilhomme attaché aux Orsini. La 3e, la seule existant aujourd'hui et la plus illustre, résidait primitivement à Sarzana, dans Le territoire de Gênes, et était inscrite à Venise sur le Livre d'Or. Un membre de cette 3e branche, L. Marie Fortuné Bonaparte, vint se fixer à Ajaccio en Corse en 1612. Charles Marie Bonaparte, son petit-fils, né en 1746, à Ajaccio, mort à Montpellier en 1785, assesseur (juge) à la juridiction d'Ajaccio, épousa en 1767 Letizia Ramolino, née en 1750, morte en 1836, et en eut 5 fils et 3 filles, dont le tableau suit :

1. JOSEPH, 1768-1844, roi de Naples, puis d'Espagne, dit comte de Survilliers depuis 1814, père de : Zénaïde Julie, née en 1801, mariée en 1822 à son cousin Charles Lucien, fils de Lucien, morte eu 1854;

Charlotte, née en 1802, mariée à son cousin Charles Louis Napoléon, fils aîné du roi Louis; morte en 1839.

2. NAPOLÉON, 1769-1821, empereur des Français, marié à Joséphine, puis à Marie-Louise, père de : Napoléon François Charles Joseph, né en 1811 de Marie-Louise d'Autriche, proclamé roi de Rome en naissant, mort à Schœnnbrunn en 1832. duc de Reichstadt.
3. ÉLISA, 1773-1820, princesse de Lucques et Piombino, puis grande-duchesse de Toscane, mariée en 1797 au Corse Baciocchi; mère de : Napoléone Élisa Baciocchi, née en 1806, mariée en 1824 au comte Camerata;

Jérôme Charles Baciocchi, né en 1810, mort en 1830; Napoléon Frédéric Baciocchi, né en 1815, mort en 1833.

4. LUCIEN, 1775-1840, prince de Canino, marié deux fois; père de 11 enfants, dont les plus connus sont : Charles Lucien, prince de Canino et Musignano, 1803-1857, marié en 1822, à Zénaïde, fille de Joseph, dont il a eu 10 enfants;

Louis Lucien, né en 1813; Pierre Napoléon, né en 1815, Antoine, né en 1816.

5. LOUIS, 1778-1846, roi de Hollande, dit comte de St-Leu depuis 1814, marié en 1802 à Hortense de Beauharnais, père de : Napoléon Charles, 1802-1807, Charles Napoléon Louis, né en 1804, marié à Charlotte, fille de Joseph, mort sans postérité à Forli en 1831;

Louis Napoléon, né en 1808, élu président de la République le l0 déc. 1848, proclamé empereur en 1852.

6. PAULINE, 1780-1825, mariée au général Leclerc, puis au prince Borghese; duchesse de Guastalla en 1806, mère de: Napoléon Leclerc, mort à Rome en 1804;

N'a pas laissé d'enfants de son second mariage.

7. CAROLINE, 1782-1839, reine de Naples, mariée en 1800 à Murat; mère de: Napoléon Achille Murat, né en 1801, mort en 1847 aux États-Unis;

Lucien Napoléon Murat, né en 1803.

8. JÉRÔME, 1784-1860, roi de Westphalie de 1807 à 1813, marié en 1807 à une princesse de Wurtemberg, morte en 1836; père de: Jérôme Napoléon, né en 1814, mort en 1847, capitaine au service du Wurtemberg;

Mathilde, née en 1820, mariée en 1841 au prince Anatole Demidoff; Napoléon Joseph, né en 1822, marié en 1859 à la princesse Clotilde de Sardaigne.

Aux termes des sénatus-consultes des 28 floréal an XII et 5 frimaire an XIII, l'hérédité de la dignité impériale, à défaut de descendance mâle de Napoléon, devait être dans la famille de son frère Joseph, et subsidiairement dans celle de Louis. C'est en vertu de ces dispositions que le prince Louis Napoléon est le légitime héritier de Napoléon 1.

L’Histoire de la famille Bonaparte a été écrite par M. Wouthers, Paris, 1850, et par MM. Ambrosini et Huart, 1860.

BONAPARTE (Joseph), frère aîné de Napoléon, né en 1768 à Ajaccio, mort en 1844 à Florence, était destiné au barreau quand l'élévation de son frère l'appela aux affaires publiques. Il fut, en 1796, nommé par la Corse député au conseil des Cinq-Cents, puis envoyé en ambassade à Home (1797); mais il quitta cette ville après le meurtre du général Duphot, son aide de camp. Il signa la paix de Lunéville (1801) et celle d'Amiens (1802), reçut le titre de prince impérial quand son frère eut été couronné, fut placé par lui en 1806 sur le trône de Naples, où il se fit aimer du peuple, mais sans pouvoir rallier les nobles; échangea en 1808, quoique à regret, la couronne de Naples contre celle d'Espagne, eut sans cesse à lutter contre ses nouveaux sujets, se vit deux fois forcé de quitter sa capitale, et fut réduit à rentrer en France en 1813, après la défaite de Vittoria. Lieutenant général de l'Empire en 1814 et aux Cent-Jours, il ne put maîtriser les événements, quitta Paris à l'approche des alliés, et accompagna l'impératrice à Blois. Après Waterloo, il se réfugia aux États-Unis, où il vécut 11 ans sous le nom de comte de Survilliers, s'occupant d'agronomie, puis il revint en Europe, où il habita successivement l'Angleterre et l'Italie. Homme sage, bon, simple dans ses manières, Joseph n'avait pas les qualités propres au rôle élevé que son frère lui fit jouer. Il aimait et cultivait les lettres; cependant c'est à tort qu'on lui a attribué un poëme en 10 chants intitulé Napoléon, et consacré au héros de sa famille (ce poëme est de M. H. L. Lorquet, professeur à l'Ile de France, qui le publia dans cette île en 1822). Le roi Joseph a laissé des Mémoires et une Correspondance, qui ont été publiés par M. du Casse de 1852 à 1854 Paris, 10 vol. in-8), et qui jettent un grand jour sur l'histoire de l'Empire. Il avait épousé Julie Clary, fille d'un négociant de Marseille. Il laissa deux filles (V. le tableau ci-dessus).

BONAPARTE (Napoléon). V. NAPOLÉON.

BONAPARTE (Élisa). V. BACIOCCHI (princesse).

BONAPARTE (Lucien), prince de Canino, né en 1775 à Ajaccio, mort en 1840, vint en 1793 habiter la Provence avec sa famille, exilée de Corse, et remplit d'abord des fonctions subalternes dans l'intendance militaire. Nommé en 1797 membre du conseil des Cinq-Cents, il se fit remarquer par son éloquence, et devint président de l'assemblée. Il prépara avec son frère le renversement du Directoire, et assura le succès du 18 brumaire. Napoléon, devenu premier consul, l'appela au ministère de l'intérieur (1799); mais, d'un caractère trop entier, Lucien ne tarda pas à tomber en disgrâce. Il fut néanmoins envoyé comme ambassadeur en Espagne : il y fit prévaloir l'influence française contre le parti anglais, et regagna par là les bonnes grâces du premier consul; mais, s'étant marié contre la volonté de son frère (il avait épousé Mme Jouberthon, veuve d'un agent de change), il fut de nouveau disgracié (1804). Il se retira à Rome auprès du pape Pie VII, dont il s'était concilié l'amitié dès 1801 en soutenant le Concordat; puis se fixa près de Viterbe, dans la terre de Canino, que le pape érigea pour lui en principauté; plus tard (1810), voulant éviter tout contact avec Napoléon, il s'embarqua pour les États-Unis, mais il fut pris en mer par les Anglais, qui le détinrent jusqu'en 1814. Dans les Cent-Jours, il revint en France pour solliciter l'évacuation des États du Pape, que Murat avait envahis, et fut retenu par son frère. Il fut un des premiers à proposer l'abdication de l'Empereur en faveur du roi de Rome. Après le départ de Napoléon pour Ste-Hélène, il retourna en Italie, où il vécut en simple particulier. Il cultivait les lettres et composa deux poëmes épiques : Charlemagne et la Cyrnéïde ou la Corse sauvée. Il avait été admis à l'Institut dès 1803. Il fut un des premiers protecteurs de Béranger. — Son fils aîné, Ch. Lucien Bonaparte, prince de Canino et Musignano, né en 1803, mort en 1857, fut élevé à Rome, épousa en 1822 une fille de Joseph, se rendit avec elle aux États-Unis, où résidait son beau-père, publia dans ce pays plusieurs ouvrages d'ornithologie estimés (American Ornithology, Philadelphia, 1825; Ornithology of the North America, 1826), fit paraître, après son retour en Italie, l’Ornithologie comparée de Rome et de Philadelphie, Rome, 1828; Classification des animaux vertébrés, 1831; la Faune italienne, 1833-41, tous écrits en italien; organisa en Italie les congrès scientifiques et mérita par son zèle pour la science d'être admis dans la plupart des sociétés savantes de l'Europe et d'être nommé correspondant de l'Institut. Élu en 1848 membre de l'Assemblée constituante de Rome, il en était président en 1849 et il ne put s'opposer aux excès qui amenèrent la chute de la nouvelle république. Rendu à la vie privée, il vint résider à Paris et reprit les travaux qui l'ont placé dans les premiers rangs des zoologistes.

BONAPARTE (Louis), né en 1778 à Ajaccio, mort en 1846 à Florence, fut dès l'âge de 16 ans aide de camp de son frère à l'armée d'Italie, le suivit en Égypte, fut marié en 1802, presque malgré lui, à la fille de Joséphine, Hortense de Beauharnais, avec laquelle il ne sympathisait pas et dont il finit par se séparer (V. HORTENSE); reçut, à la création de l'Empire, le titre de grand connétable; occupa en 1805, à la tête de l'armée du Nord, le territoire de la République batave; quitta loyalement le pays aux premières nouvelles de la paix, ce qui lui concilia l'estime des habitants; fut élevé en 1806 sur le trône de Hollande, et sut s'y faire aimer, mais abdiqua en 1810, quand il connut les projets de Napoléon qui, en effet, ne tarda pas à réunir la Hollande à l'Empire. Ce prince philosophe vécut depuis dans la retraite sous le nom de comte de Saint-Leu, et resta étranger au retour de Napoléon en 1815. Il a publié des Documents historiques sur le gouvernement de la Hollande (3 vol. in-8, Paris, 1820), ouvrage précieux pour l'histoire, mais où Napoléon n'est pas épargné. Comme Lucien et Joseph, il cultiva les lettres. Il avait en 1814, dans un Essai sur la versification, proposé de substituer le rhythme à la rime en scandant les vers français suivant l'accent prosodique; il voulut même appliquer ce système et composa quelques poésies en vers rhythmiques (Lucrèce, tragédie, Ruth et Noémi, opéra-comique); mais cette tentative n'eut aucun succès. On a encore de lui des Odes (Vienne, 1813) et des Poésies diverses (Florence, 1828), où l'on trouve, avec une philosophie douce, de nobles sentiments exprimés en beaux vers; un roman, Marie ou les Peines de l'amour (publié dès 1800, réimprimé en 1814 sous le titre de Marie ou les Hollandaises), roman qui paraît être sa propre histoire. — De trois enfants qu'il avait eus d'Hortense (V. le tableau ci-dessus), un seul a survécu. C'est le prince Louis Napoléon, aujourd'hui empereur.

BONAPARTE (Pauline), princesse Borghèse, 2e sœur de Napoléon, née en 1780 à Ajaccio, morte en 1825, fut mariée en 1797 au général Leclerc, qu'elle accompagna dans l'expédition de St-Domingue, et qui la laissa veuve au bout de peu de temps. Faite duchesse de Guastalla, elle épousa en 2e noces le prince Camille Borghèse (1803), dont elle se sépara bientôt, et vint habiter le château de Neuilly, où elle tint une espèce de cour. En 1814 elle se montra dévouée à son frère, avec lequel elle avait eu jusque-là quelques brouilleries; elle le suivit à l'île d'Elbe, et mit à sa disposition ses diamants (qui furent pris à Waterloo dans la voiture de l'Empereur). Dans ses dernières années elle se rapprocha du prince Borghèse, et vécut avec lui à Florence. Pauline était une des plus belles femmes de son temps. Canova reproduisit sous ses traits la Vénus de Praxitèle.

BONAPARTE (Caroline), 3e sœur de Napoléon, née en 1782, morte en 1839, fut mariée en 1800 à Murat. Devenue grande-duchesse de Berg, puis reine de Naples, elle se montra digne de ce haut rang : elle favorisa les arts et les artistes, encouragea les fouilles de Pompéies, et créa à Naples des établissements utiles, dont plusieurs subsistent encore. Déclarée régente quand Murat eut quitté Naples, elle assura la tranquillité publique, ne s'éloigna qu'après avoir stipulé avec le commodore anglais pour les intérêts de ses anciens sujets, puis se retira au château de Baimbourg près de Vienne, où elle s'occupa exclusivement de l'éducation de ses enfants. Après 1830, elle se réunit à sa famille en Italie; elle mourut à Florence. Elle avait pris le titre de comtesse de Lipona (anagramme de Napoli, nom italien de Naples).

BONAPARTE (Jérôme), le plus jeune des frères de Napoléon, né en 1784 à Ajaccio, mort en 1860, servit d'abord dans la marine, prit part à l'expédition de St-Domingue et remplit avec succès plusieurs missions, notamment celle de réclamer au dey d'Alger 250 Génois retenus en esclavage ; quitta en 1806 1e service de mer avec le grade de contre-amiral, et fut aussitôt mis à la tête d'un corps d'armée de Wurtembergeois et de Bavarois, avec lequel il enleva la Silésie au roi de Prusse (1807). La même année, il épousa la fille du roi de Wurtemberg et fut placé sur le trône de Westphalie, créé pour lui. Il établit sa résidence à Cassel, introduisit dans son royaume les institutions françaises et abolit de nombreux abus. Placé en 1812 à la tête d'un corps de troupes allemandes, il prit part à la campagne de Russie et se distingua aux combats d'Ostrowno et de Mohilev, mais, à la suite d'un fâcheux conflit avec le maréchal Davoust, il retourna à Cassel. Il refusa de conserver le trône après les événements de 1814, s'empressa de revenir en France pendant les Cent-Jours, commanda un corps d'armée en Belgique, fut blessé au combat de Hougoumont, et n'en prit pas moins une part fort active à la bataille de Waterloo, où il fit des prodiges de valeur. Après la chute de Napoléon, il se retira près de son beau-père, qui lui conféra en 1816 le litre de comte de Montfort, sous lequel il a été longtemps connu. Rentré en France en 1848, il contribua à préparer l'élection à la présidence de son neveu, le prince Napoléon, et fut nommé successivement gouverneur des Invalides (1848), maréchal de France (1850), président du sénat (1851), et fut réintégré, après le rétablissement de l'Empire, dans le titre et les honneurs de prince impérial (1852). Son corps a été déposé aux Invalides auprès de celui de Napoléon. Ses Mémoires et sa Correspondance ont été publ. en 1863. — Le prince Jérôme avait conservé deux enfants de son mariage avec la princesse Frédérique de Wurtemberg : le prince Napoléon et la princesse Mathilde. Il avait eu un autre fils d'un 1er mariage, contracté en 1803 à New-York avec miss Paterson, mais sans l'aveu de Napoléon.

BONAVENTURE (Jean FIDANZA, connu sous le nom de S.), célèbre docteur de l'Église, né en 1221 à Bagnarea en Toscane, mort en 1274, fut reçu dans l'ordre de St-François en 1243, enseigna la théologie à Paris, 1253, devint général de son ordre en 1256, et se concilia tellement la confiance générale qu'après la mort de Clément IV, les cardinaux s'engagèrent à élire pape celui qu'il désignerait : il prononça pour Thibaut, depuis Grégoire X, qui, en reconnaissance, le nomma cardinal en 1272. On a de S. Bonaventure des Commentaires sur l’Imitation de J.-C. et sur le Maître des sentences de Pierre Lombard, des Méditations sur la vie de J.-C., plusieurs fois trad. en franç., des livres d'exégèse (Breviloquium, Centiloquium), des livres populaires (Biblia pauperum), et des cantiques célèbres. La piété mystique qui règne dans ses écrits lui a valu le surnom de Docteur séraphique. Ses Œuvres ont été publiées à Rome, 1586-96, 8 vol. in-f.. et à Venise, 1751, 14 v. in-4. Ses Œuvres spirituelles ont été trad. par l'abbé Berthaumier, 1865. On le fête le 14 juillet. — V. GIRAUDEAU.

BONCHAMP (Artus, marquis de), général vendéen, né en 1759 dans l'Anjou, servit en Amérique, fut choisi en 1793 avec d'Elbée pour commander les Vendéens insurgés, obtint d'abord quelques succès dans l'Anjou et contribua à la prise de Bressuire et de Thouars; mais fut mortellement blessé en combattant devant Cholet, le 17 oct. 1793. Avant d'expirer, il fit rendre la vie à 5000 prisonniers républicains qu'on allait massacrer. Sa veuve, morte en 1845, a laissé des Mémoires.

BONCONICA, v. de la Belgique ancienne (Germanie 1re), sur la r. g. du Rhin, est auj. Oppenheim.

BOND (Jean), philologue anglais, né en 1550, dans le Somerset, mort en 1612, fut 20 ans recteur d'une école à Taunton, puis exerça la médecine. Il donna en 1614, à Londres, une édition des Œuvres d'Horace, accompagnée de notes marginales fort brèves, qui a obtenu une multitude de réimpressions. Il a fait sur Perse le même travail, mais avec moins de succès.

BONDO (Clément), poëte italien, né en 1742 à Mezzano (Parme), mort à Vienne en 1821, avait été jésuite. Il devint vers 1795 bibliothécaire de l'archiduc Ferdinand à Brunn, et fit l'éducation du fils de ce prince (duc de Modène depuis). On lui doit des traductions estimées de Virgile et d’Ovide en vers italiens, ce qui l'a fait surnommer le Delille de l'Italie. Il a aussi composé quelques poésies originales (la Journée champêtre, la Conversation, des poëmes badins, épithalames, canzone, etc.). Ses Œuvres ont été publiées en 1808 à Vienne, 3 v. in-8.

BONDOU (roy. de), État de la Nigritie occid., dans la Sénégambie, au N. O. du Bambouk; 160 k. sur 110; villes principales, Fattéconda et Boulébané. La France y a un comptoir, à Sénou-Debou. Ce pays fut vu pour la 1re fois par Mungo-Park.

BONDY, vge du dêp. de la Seine, à 12 k. E, de Paris, sur le canal de l'Ourcq et la route d'Allemagne; 800 hab. Château. — Près de là est la forêt de Bondy, qui fut longtemps un repaire de voleurs.

BONE, l'anc. Hippone, Hippo regius, en arabe Beled-el-Aneb (la ville des jujubes), v. forte de l'Algérie (prov. de Constantine), à 156 k. N. E. de Constantine, sur la côte; 8000 hab. Ch.-l. d'arr. et de subdivision militaire, tribunal. Deux ports, fréquentés pour la pêche du corail; belles jetées (construites eu 1858), étoffes de laine dites constantines, bournous, tapis, selles, peaux, cire, grains, etc. Bone fut occupée par Charles-Quint en 1535. La compagnie française d'Afrique y eut un établissement depuis Louis XIV jusqu'à la Révolution. Bone est
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occupée depuis 1832 par les Français, qui ont assaini cette ville et en ont changé la face. V. hippone.

BONFINIUS (Antoine), historien, né à Ascoli en 1427, mort en 1502, fut quelque temps professeur de belles-lettres à Ricanati. Matthias Corvin, roi de Hongrie, l’appela à sa cour pour écrire l’Histoire de la Hongrie jusqu’à son règne. Il rédigea cet ouvrage en latin et conduisit son récit jusqu’en 1445. Sambuc en donna en 1568 une nouvelle édition, avec de fidélité et continuation; elle a été reproduite à Leipsick, 1771.

BONGARS (Jacq.), savant critique, né en 1546, à Orléans, mort en 1612, était calviniste. Il fut conseiller et maître d’hôtel de Henri IV, et fut très-utile à ce prince par ses négociations avec les cours d’Allemagne. On lui doit le recueil des historiens des croisades intitulé : Gesta Dei per Francos, Hanau, 1611 ; une édition de Justin, 1581, et des Epistolæ, que MM. de Port-Royal ne dédaignèrent pas de traduire (1668), sous le pseudonyme de Brianville.

BONHOMME (col du), défilé des Alpes Grecques, au S. O. du Mont-Blanc, à 4510m au-dessus du niveau de la mer, met la vallée de l’Arve en communication avec celle de l’Isère. — V. jacquerie.

BONIFACE (le comte), général de l’empire d’Occident, né en Thrace, gouverna l’Afrique sous Honorius et sous Placidia, et jouit longtemps de toute la faveur de cette princesse ; mais ayant été injustement disgracié, par l’effet des intrigues d’Aétius, il se vengea en appelant en Afrique Genseric et les Vandales (429); il voulut ensuite s’opposer à leur établissement, mais ce fut sans succès. Rappelé à la cour, il fut envoyé par l’impératrice contre l’ambitieux Aétius : il le vainquit, mais il périt de sa main dans un combat acharné (432).

boniface (S.), nommé d’abord Winfrid, né vers 680 dans le Devonshire en Angleterre, alla prêcher l’Évangile aux nations barbares ; parcourut, vers 716, la Thuringe, la Hesse, la Frise, la Saxe; y fit un grand nombre de conversions; vint à Rome, où il fut sacré évêque par Grégoire II, en 723; retourna en Allemagne vers 751 avec le titre d’archevêque de Mayence, organisa les évêchés de Passau, Freisingen, Ratisbonne, Salzbourg, Erfurt, Wurzbourg et sacra Pepin le Bref. Victime de son zèle, il fut massacré par les barbares en 755, près d’Utrecht. Ses os furent portés à Fulda, dans une abbaye qu’il avait fondée. On a de ce saint des Sermons et des Lettres, recueillis par Serrarius, 1605, in-4, et réimp. par Giles, Lond., 1814. Sa fête se célèbre le 5 juin. Son disciple Willibald a écrit sa Vie en latin.

boniface i (S.), pape, élu en 418, mort en 422, succéda à Zozime et eut pour compétiteur Eulalius. S. Augustin lui dédia ses quatre livres contre les erreurs des Pélagiens. On l’hon. le 25 oct.

boniface ii, Romain, élu en 530, mort en 532, succéda à Félix IV. On a de lui une Lettre à S. Césaire d’Arles, dans les Epistolæ rom. pontificum.

boniface iii, Romain, élu en 607, mort peu de temps après, obtint de l’empereur grec Phocas que le patriarche de Constantinople n’aurait plus le titre d’évêque universel, qu’il avait usurpé, et que ce titre serait porté seulement par l’évêque de Rome.

boniface iv, succéda au précédent en 608 et mourut en 614. L’empereur Phocas lui ayant fait don de l’ancien Panthéon de Rome, il le consacra à la Vierge, sous le nom de Ste-Marie-de-la-Rotonde.

boniface v, Napolitain, 617-625, défendit aux juges de poursuivre ceux qui se mettraient sous la protection des églises.

boniface vi, élu en 896, mourut au bout de 15 j.

boniface vii, nommé d’abord Francon, antipape, se fit élire irrégulièrement en 974, du vivant de Benoît VI, et fut accusé de la mort de Benoît VI et de Jean XIV, ses compétiteurs. A sa mort, son corps fut traîné par les pieds et aband. sur une place, 985.

boniface viii, Benoît Caïetan, né à Anagni, fut d’abord avocat et notaire du pape à Rome. Il obtint le chapeau de cardinal en 1281, et fut élu pape

en 1294, à la suite de l’abdication de Célestin V. De même que Grégoire VII, ce pontife voulait élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle, et prétendait disposer des trônes; il eut de vifs démêlés avec les Colonna, qui soutenaient les droits de la maison d’Aragon, avec l’empereur d’Allemagne, mais surtout avec Philippe le Bel. Il délia les sujets de ce prince de leur serment de fidélité et fulmina contre lui les fameuses bulles Clericis laicos et Ausculta, fili, que Philippe le Bel fit brûler. Il fut, en 1303, arrêté dans Anagni par Nogaret, d’après les ordres de Philippe, qui voulait l’amener en France et le faire juger par un concile, et il se vit lâchement maltraiter par Sciarra Colonna. Il fut, quatre jours après, délivré par le peuple, mais il tomba malade par suite des mauvais traitements qu’il avait subis, et mourut au bout d’un mois. C’est sous son pontificat que S. Louis fut canonisé. Le P. L. Tosti a donné en 1846 une Histoire de Boniface VIII, trad. par l’abbé M. Duclos.

boniface ix, P. Tomacelli, noble napolitain, élu pape en 1389, mort en 1404, établit des annnates perpétuelles. On lui reproche son avarice et sa complaisance pour les déréglements de sa famille.

boniface i, le premier duc de Toscane connu, était, à ce qu’on croit, d’origine bavaroise. Il régna de 813 à 823. — boniface ii, son fils, lui succéda, défendit la Corse contre les Sarrasins, et fit une descente sur les côtes d'Afrique. Ayant irrité Lothaire, en faisant rendre la liberté à Judith, femme de Louis le Débonnaire, il fut obligé de se retirer en France auprès de ce prince. — boniface iii, fils du marquis Théodebald, soumit la Toscane en 1027, et y régna jusqu’en 1052. La comtesse Mathilde, sa fille, recueillit son héritage.

boniface, marquis de Montferrat. V. montferrat.

BONIFACIO, Marianum ? v. de Corse ch.-l. de cant., au S. de l’île et en face de la Sardaigne, sur le détroit, dit Bocca di Bonifacio, à 78 kil. S. E. d’Ajaccio ; 2823 hab. Forte citadelle. Port bon et commode. Pêche du corail. Cette v. fut fondée en 820 par un seigneur de Pise nommé Boniface; elle fut prise en 1195 par les Génois. — Le détroit de Bonifacio sépare la Corse de la Sardaigne. Dans sa partie la plus étroite, il n’a que 12 kil.

BONJOUR (Casimir), homme de lettres, né en 1795 à Clermont en Argonne, fut admis à l’École normale, professa quelque temps, puis entra dans les bureaux des finances; mais fut au bout de quelques années destitué par M. de Villèle comme libéral. Il se livra dès lors tout entier à ses goûts littéraires et donna au Théâtre-Français plusieurs comédies de mœurs qui réussirent. En 1830, il refusa une préfecture; il fut nommé depuis bibliothécaire à Ste-Geneviève. On a de lui : la Mère rivale (1821), les Deux Cousines (1823), le Mari à bonnes fortunes (1824), l’Argent (1826), le Protecteur et le Mari (1829), le Presbytère (1833), le Bachelier de Ségovie (1844), toutes comédies en vers : les trois premières sont les meilleures. C. Bonjour est un de ceux qui luttèrent contre l’invasion du mauvais goût : si ses œuvres n’ont pas une grande force comique, elles sont pleines d’esprit et de finesse et ont toujours un but louable; en outre, le style en est pur et châtié. Il est mort en 1856.

BONN, Bonna ad Rhenum, v. des États prussiens (prov. Rhénane), dans la régence de Cologne, sur la r. g. du Rhin, à 25 kil. S. E. de Cologne ; 18 000 h. Évêché catholique, université florissante, fondée en 1785, changée en lycée sous l’Empire, rétablie en 1818 ; académie Léopoldine. Ancien palais de l’électeur de Cologne; cathédrale, hôtel de ville; bibliothèque. Soieries, faïences, huile de vitriol. Anc. place forte. Patrie de Beethoven. — Bonn doit son origine à un château fort, élevé par les Romains; détruite au ive siècle, elle fut relevée par Julien. Elle appartint longtemps aux électeurs de Cologne, qui y résidèrent à partir de 1273 ; elle fut prise par les Français dans les guerres de la Révolution et cédée en 1814 à la Prusse.

BONNARD (Bernard, chevalier de), poëte, né à Semur en 1744, mort à Paris en 1784, fut d'abord officier d'artillerie, puis colonel de dragons, et enfin sous-gouverneur des enfants du duc d'Orléans. On a de lui des Poésies diverses, publiées en 1791, et remarquables par la grâce et la pureté. On y remarque l’Épître à Boufflers.

BONNAT, ch.-l. de cant. (Creuse), à 17 kil. N. de Guéret, 387 hab.

BONNE, maison noble du Dauphiné, originaire de Bonne en Savoie, bourg de la prov. de Faucigny, à 20 kil. N. E. de St-Julien. Cette maison se fondit dans celle de Lesdiguières. V. ce nom.

BONNECORSE (Balthasar de), poëte médiocre du temps de Boileau, fut consul de France en Asie. On a de lui la Montre d'amour, Paris, 1666, et le Lutrigot, mauvaise parodie du Lutrin, Marseille, 1686.

BONNE DÉESSE, déesse adorée à Rome et que l'on croit la même que Cybèle, était représentée avec une couronne murale. On appliquait aussi ce nom à Ops, à Vesta et à Rhéa. On célébrait en son honneur, pendant la nuit, des fêtes secrètes, dont les hommes étaient exclus; cependant Clodius osa s'y introdnire. Dans les derniers siècles du paganisme, il s'y commit des désordres affreux.

BONNE-ESPÉRANCE (Cap de). V. CAP (le).

BONNET (Théophile), médecin de Genève, 1620- 1689, fut un des créateurs de l'anatomie pathologique. Dans son traité intitulé : Sepulchretum seu anatomia practica (Genève, 1679, 2 vol. in-fol.), il rend compte de beaucoup d'ouvertures de cadavres; cet ouvrage traça la route à Morgagni. On lui doit aussi le Phare des Médecins, où il indique les écueils, et un des premiers dictionnaires de médecine, sous le titre de Mercurius compilatus, 1682.

BONNET (Charles), philosophe et naturaliste, né à Genève en 1720, d'une famille riche et distinguée, mort en 1793. Dès sa première jeunesse, la lecture du Spectacle de la nature de Pluche lui inspira un goût très-vif pour l'histoire naturelle et décida de sa carrière. A vingt ans il avait fait l'importante découverte du mode de reproduction des pucerons; il fit aussi de bonne heure un grand nombre d'observations neuves sur les insectes, sur les plantes, sur l'usage des feuilles; mais sa vue s'étant affa1blie par l'usage du microscope, il renonça à ce genre de recherches pour se livrer aux travaux de pure méditation, et composa plusieurs écrits philosophiques, qui ont immortalisé son nom. Ses œuvres sont : Traité d'insectologie, 1745; Recherches sur l'usage des feuilles, 1754; Essai de psychologie, 1754; Essai analytique sur les facultés de l'âme, 1760; Considérations sur les corps organisés, 1762, Contemplation de la nature, 1764; Palingénésie philosophique, 1769; Recherches philosophiques sur les preuves du Christianisme, 1770. Dans ses traités sur la nature, il s'attache à montrer que tous les êtres forment une échelle non interrompue; que tous proviennent de germes préexistants, etc. Dans ses traités de métaphysique, il accorde une grande part au cerveau et à l'organisation, mais sans tomber, comme on l'en a accusé, dans le matérialisme et le fatalisme. Tout au contraire, Bonnet était profondément religieux : il a tâché d'établir dans sa Palingénésie la nécessité d'une autre vie, non-seulement pour l'homme, mais aussi pour les animaux mêmes. Il a cherché, dans son Essai analytique, à tracer l'histoire de nos premières idées, et s'est rencontré avec Condillac pour faire l'hypothèse d'une statue qui recevrait successivement les différents sens. Ses œuvres ont été réunies à Neufchâtel, 1779, 8 vol. in-4, ou 18 vol. in-8. On doit à M. A. Lemoine une Étude sur Bonnet (1850), et au duc de Caraman : Ch. Bonnet, sa vie et ses œuvres (1859).

BONNET ROUGE, sorte de bonnet dont on coiffait pendant la Révolution l'image de la Liberté, et que prirent comme insigne les partisans les plus exaltés de la République. Selon les uns, c'est un souvenir du bonnet phrygien, que portaient en Grèce et à Rome les esclaves affranchis, ou un emprunt fait aux montagnards catalans des Pyrénées orientales par les premières bandes marseillaises qui vinrent à Paris. Voici, selon d'autres, quelle en serait l'origine : des soldats suisses s'étant révoltés contre leurs officiers avaient été envoyés aux galères; mais, leur grâce leur ayant été accordée par l'Assemblée nationale, ils revinrent à Paris coiffés du bonnet rouge des galériens et furent reçus en triomphe par la populace qui adopta ce bonnet pour insigne. Le 20 juin 1792, le peuple de Paris, qui s'était emparé des Tuileries, força Louis XVI à se couvrir du bonnet rouge.

BONNÉTABLE, ch.-l. de cant. (Sarthe), à 23 kil. S. de Mamers; 3343 hab. Château gothique.

BONNETS (les), faction populaire en Suède sous Frédéric I et Adolphe-Frédéric (1720-1771}, était opposée à la faction aristocratique des Chapeaux. La France favorisait la 2e, tandis que l'Angleterre et la Russie protégeaient la 1re. Pendant les dissensions des deux partis, qui étaient oppresseurs et opprimés tour à tour, on vit les rois de Suède, réduits à une dépendance absolue, essuyer de la part des uns et des autres les affronts les plus humiliants.

BONNEUIL, nom de plusieurs lieux de France; le plus connu est Bonneuil-sur-Marne (Seine), à 4 kil. de St-Maur; env. 250 h. Auc. résidence royale sous les rois de la 1re et de la 2e race. Beau parc.

BONNEVAL, ch.-l. de cant. (Eure-et-Loir), à 14 k. N. E. de Châteaudun; 1768 hab. Hôpital d’Aligre.

BONNEVAL (Cl. Alex., comte de), célèbre général, né en 1675 d'une famille noble du Limousin, m. en l745 à Constantinople, servit d'abord avec distinction dans la marine française sous Tourville, et dans l'armée de terre sous Catinat et Vendôme. Disgracié par Chamillard pour avoir offensé Mme de Maintenon, il passa au service de l'Autriche et combattit contre sa patrie en Provence, en Dauphiné, à Turin, à Malplaquet. S'étant encore fait disgracier pour avoir insulté le prince Eugène, il se réfugia en Turquie, prit le turban (1730), fut fait pacha sous le nom d'Achmet et combattit les Autrichiens. On a publié sous son nom des Mémoires qui ne sont pas authentiques.

BONNEVILLE, v. de France (Haute-Savoie), ch.-l. d'arr., sur l'Arve, à 40 k. N. d'Annecy, à 30 k. S. E. de Genève, et à 654 k. E. S. E. de Paris; 1500 h.

BONNIER (Ant.), conventionnel, né en 1750 à Montpellier. Envoyé à Rastadt comme plénipotentiaire, il y fut assassiné, avec son collègue Roberjot, par des hussards autrichiens, au moment où il sortait de la ville, 28 avril 1799.

BONNIÈRES, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), sur la r. g. de la Seine, à 12 kil. N. O. de Mantes; 560h. Station. Près de là est le tunnel de Rolleboise.

BONNIEUX, ch.-l. de cant. (Vaucluse), sur un versant du mont Léberon, à 13 kil. S. O. d'Apt; 1149 h.

BONNINGTON (Richard Parkes), peintre anglais, né près de Nottingham en 1801, mourut en 1828, laissant une grande réputation comme peintre de marine et de paysages. Ses aquarelles et ses lithographies sont également très-estimées. Ses modèles étaient les maîtres hollandais et vénitiens.

BONNIVARD (Franç. de), patriote génevois, né en 1496, mort en 1571, a été illustré par Byron dans le Prisonnier de Chillon. S'étant opposé de tout son pouvoir aux entreprises du duc de Savoie Charles III contre l'indépendance de Genève, il fut arrêté par ordre de ce prince, dépouillé de ses biens et jeté en 1530 dans la prison de Chillon, d'où il ne fut tiré qu'au bout de 6 ans par les Bernois. Il rédigea la Chronique de Genève jusqu'en 1530 (imprimée de 1825 à 1831) et quelques écrits de polémique assez piquants, où il attaque à la fois l'Église romaine et les Réformateurs. Cependant il avait embrassé le Protestantisme. Il institua Genève son héritière et lui laissa une collection de livres, qui fut la base de la bibliothèque actuelle de cette ville.

BONNIVET (Guill. Gouffier de), général français, favori de François I, se concilia la faveur de ce prince par le courage qu'il déploya au siège de Gênes (1507) et à la journée des Éperons (1513). Il fut envoyé en ambassade en Angleterre, puis en Allemagne, ou il travailla sans succès à faire élire François 1 empereur; il n'en fut pas moins créé amiral de France, puis placé à la tête de l'armée de Guyenne qui envahit l'Espagne ( 1521 ). Il prit Fontarabie, et, enflé de ce succès, refusa une paix avantageuse. Chargé en 1523 du commandement de l'armée dans le Milanais, il ne fit que des fautes, se vit contraint de fuir précipitamment, et confia le soin de la retraite à Bayard, qui y périt. L'année suivante il conseilla la désastreuse Bataille de Pavie; voyant tout perdu, il se jeta au milieu de la mêlée et se fit tuer, 1525. Bonnivet était l'esclave de la reine mère et l'ennemi du connétable de Bourbon; cette inimitié contribua beaucoup à la défection du prince.

BONONIA, non latin de Bologne dans l'État ecclésiastique, et de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

BONOSUS (Q.), fils d un rhéteur, né en Espagne, devint lieutenant de l'empereur Probus dans les Gaules. Il se fit proclamer César en 280, mais il fut défait et se pendit de désespoir, 281.

BONPLAND (Aimé), médecin naturaliste, né à La Rochelle en 1773, mort en 1858, accompagna en 1799 Alex. de Humboldt dans son voyage en Amérique et en publia avec lui la relation; rapporta une riche collection de plantes inconnues dont il fit don au Muséum d'histoire naturelle, fut chargé par Joséphine de la direction de son jardin botanique de Malmaison, repartit en 1816 pour le Nouveau-Monde, occupa une chaire d'histoire naturelle à Buénos-Ayres, parcourut à pied une grande partie de l'Amérique du Sud, créa à Santa-Anna près de San-Borja (Corrientes) une plantation où il naturalisa, entre autres plantes, le maté, dont le Paraguay avait jusque-là le monopole, fut enlevé pour ce fait en 1821, pendant une de ses explorations scientifiques, par le dictateur du Paraguay, le Dr Francia, qui feignit de le prendre pour un espion; ne recouvra sa liberté qu'au bout de 10 ans; retourna après sa libération à sa plantation, ou il reprit ses expériences agricoles, et se fit chérir de tous, Indiens comme Européens. Outre le Voyage en Amérique, dont il rédigea la partie botanique, on lui doit : Description des plantes rares de la Malmaison (1813) et Vue des Cordillères et monuments indigènes de l’Amérique (1819). Il a laissé de précieux manuscrits, qui ont été acquis par la France.

BONS-FILS ou BONS-FRÈRES, congrégation de religieux, fondée en 1615 à Armentières, se vouait au service des malades et des aliénés. Ils se rattachèrent en 1626 au tiers ordre de St-François. Ils ne portaient pas de linge et couchaient tout habillés sur la paille.

BONS-HOMMES. Ce nom a été donné, en France à des Minimes établis à Chaillot sur une colline qui a conservé d'eux le nom de montagne des Bons-Hommes, et en Angleterre à des religieux Augustins qui s'y établirent en 1259.

BONSTETTEN (Ch. Victor de), littérateur, né à Berne en 1745, mort à Genève en 1832, fut le disciple et l'ami de Bonnet. Chargé de quelques fonctions politiques dans sa patrie, il fut obligé de s'exiler lors des troubles qui agitèrent Berne (1798) et voyagea en Italie. Parmi ses écrits, on remarque l'Hermite, histoire alpine, 1792; Voyage sur la scène des six derniers livres de l'Énéide, 1804; Recherches sur l'Imagination, 1807; Études de l'homme, 1821. Il a aussi écrit en allemand. Ses ouvrages philosophiques sont en général médiocres.

BONTEMPS (Pierre), habile sculpteur français, qui florissait au commencement du XVIe s. C'est à lui qu'on doit la plus grande partie des admirables bas-reliefs qui ornent le tombeau de François I à St-Denis, et qui sont auj. au musée du Louvre : ils représentent les victoires de Marignan et de Cérisoles. On lui doit aussi les statues du roi, de la reine Claude et du Dauphin, ainsi que celles de Louis XII et d'Anne de Bretagne, au tombeau de Louis XII.

BONZES, nom que donnent les Européens aux prêtres de la Chine et du Japon. Ils sont divisés en plusieurs sectes. Ceux de Foë recommandent les libéralités, surtout envers leurs monastères, et pratiquent, dit-on, de rudes austérités. Les bonzes de Lao observent le célibat. Il y en a qui vivent en communauté. Les bonzes de Foë président aux cérémonies funèbres; ceux de Lao prédisent l'avenir et exorcisent les démons. Tous ont la tête rasée.

BOOM, v. de Belgique, sur le Ruppel, à 20 k. S. d'Anvers; 6223 h. Magnifique pont. Briqueteries, tuileries, constructions maritimes.

BOOS, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), à 10 kil. S. E. de Rouen; 742 h.

BOOTHIA, presqu'île à l'extrémité N. de l'Amérique, dans l'Océan Glacial, est toujours couverte de glaces et de neiges. Habitée par les Esquimaux.

BOOZ, riche habitant de Bethléem, épousa Ruth sa parente; il fut le bisaïeul de David. Son histoire est racontée dans le livre biblique de Ruth et Booz.

BORBETOMAGUS, v. de Germanie, auj. Worms.

BORBONIÆ AQUÆ, auj. Bourbon l'Archambault.

BORCETTE, en allemand Burtscheid, ville des États prussiens (prov. Rhénane), est un faubourg d'Aix-la-Chapelle; 4650 h. Ancienne abbaye de Cisterciens, supprimée en 1802. Manuf. d'aiguilles; draps; teintureries. Eaux thermales.

BORDA (J. Ch.), savant français, membre de l'Académie des sciences, né à Dax en 1733, mort à Paris en 1799, fut employé d'abord dans l'administration de la marine, fit un grand nombre de recherches relatives à l'art nautique, et fut chargé de diverses missions scientifiques; commanda ensuite plusieurs bâtiments comme capitaine, et se distingua autant par sa bravoure que par sa science. Borda sut appliquer avec le plus grand succès les mathématiques à la physique, à l'astronomie et à la géodésie. On lui doit de savants mémoires sur la résistance des fluides ; il inventa le Cercle à réflexion qui a conservé son nom, la méthode des doubles pesées, et dressa une Carte des Canaries, remarquable par son exactitude. On a de lui : Voyage fait en 1771; Description du cercle de réflexion, 1787, etc.

BORDEAUX, Burdigala, ch.-l. du dép. de la Gironde, sur la Garonne (r. g.), à 560 k. S. O. de Paris par la route et 578 par ch. de fer; 162 750 h. Archevêché, cour impériale, trib. de 1re instance et de commerce; académie univ.; facultés de théologie, des sciences et des lettres, école secondaire de médecine; lycée impérial; division militaire. Beau port, superbe pont de Bordeaux, pont du chemin de fer; magnifiques quartiers du Chapeau-Rouge, des Chartrons; cathédrale, palais archiépiscopal, trois théâtres (le Grand théâtre est un des plus beaux de l'Europe); bourse; places Dauphine, Impériale, d'Armes et autres; on y remarquait aussi jadis le château Trompette, auj. détruit, et le fort du Hâ, qui n'existe plus qu'en partie. Promenades remarquables, plusieurs chemins de fer. Écoles d'architecture, d'hydrographie, et de navigation, de botanique, de dessin et de peinture, de sourds-muets, etc.; académies et sociétés savantes; observatoire, bibliothèque, galerie de tableaux, etc. Banque; industrie active : tabac, savon, raffinerie de sucre, chocolat, chapeaux, eaux-de-vie, anisette et autres liqueurs; vins renommés (tous les vins du dép. de la Gironde et des départements voisins sont dits vins de Bordeaux). Commerce immense avec l'étranger, les îles, les Indes; ligne de bateaux à vapeur communiquant avec l'Amérique; entrepôt de denrées coloniales et d'articles du Nord; armements pour la baleine. — Burdigala était sous les Romains la capit. de la 2e Aquitaine, et au moyen âge, celle du duché de Guyenne. Elle fut la capitale des possessions des Anglais en France depuis 1204, et ne fut réunie qu'en 1453. Elle devint depuis la capit. du grand gouvernement de Guyenne et Gascogne. Insurgée en 1548 et 1630, elle fut bientôt réduite. Elle se déclara la 1re pour les Bourbons en 1814. Bordeaux eut dès le temps des Romains des écoles florissantes. Cette ville est la patrie de S. Paulin, Ausone, Montesquieu, Berquin, Gensonné, Boyer-Fonfrède, Desèze, Martignac, etc.

BORDELAIS, subdivision de la prov. de Guyenne, avait à l'O. l'Océan Atlantique, et à l'E. le Bazadais, au S. la Gascogne, au N. la Saintonge, et se divisait en 13 parties : le Bordelais propre (qui avait pour places principales Bordeaux, St-Macaire, Rions, Ambarez), le Médoc, le Captalat de Buch, les Landes de Bordeaux, le pays de Born, le comté de Benauge; le pays d'Entre-deux-Mers, le pays de Libourne, le Fronsadais, le Bourgès, le Blayès, le Cubzaguès, le Vitrezay. Ch.-l. Bordeaux.

BORDÈRES, ch.-l. de cant. (H.-Pyrénées), sur la Neste, à 36 k. S. E. de Bagnères; 476 hab.

BORDES (Ch.), poëte et philosophe, né à Lyon vers 1720, mort en 1781, publia une réfutation du discours de J. J. Rousseau contre les sciences, composa de petites Épîtres en vers et plusieurs écrits philosophiques, dont quelques-uns purent être attribués à Voltaire. On a encore de lui une Tragédie (Blanche de Bourbon), des Comédies, des Proverbes, etc. Ses œuvres ont été recueillies en 4 v. in-8, Lyon, 1783.

BORDESOULE (Ét. Tardif de), général de division, né en 1771 à Luzeret (Indre), mort en 1837, fit toutes les campagnes de la Révolution et de l'Empire, contribua puissamment à la vict. de Médellin en 1809, prit Mohilev en 1812, fit des prodiges de valeur à Lutzen, Bautzen, Leipsick, et dans la campagne de France, se rallia aux Bourbons en 1814, commanda la garde royale dans la guerre d'Espagne, et fut élevé à la pairie en 1823. Il s'opposa vainement en 1830 aux fatales ordonnances de Charles X.

BORDEU (Théophile), célèbre médecin, né en 1722 à Iseste (Béarn), mort à Paris en 1776, exerça d'abord à Montpellier, où il se signala dès le début par son opposition aux doctrines de Boerhaave qui dominaient alors; puis vint se faire recevoir docteur à Paris, et se fixa dans cette ville. Propagateur zélé d'idées nouvelles, il eut de vifs démêlés avec plusieurs de ses confrères, et fut quelque temps interdit. Bordeu s'est surtout attaché à prouver que tout ne s'explique pas dans les fonctions vitales par les simples lois de la mécanique ou de la chimie, et qu'il faut admettre une force spéciale pour en rendre compte; il la nomme sensibilité, et il attribue à chaque organe une sensibilité qui lui est propre. On lui doit en anatomie d'importantes découvertes sur l'usage des glandes, sur la structure des tissus, découvertes qui ont ouvert la voie à Bichat. Dans la médecine pratique, il insista sur l'utilité des eaux minérales pour la guérison des écrouelles, sur la nécessité do consulter le pouls et d'en distinguer les espèces, sur les avantages de l'inoculation. Outre de savants mémoires sur ces diverses questions, et d'excellents articles dans l’Encyclopédie, on a de lui : Recherches sur les glandes, 1752; Sur le tissu muqueux et l'organe cellulaire, 1767. Il avait commencé à publier des Recherches sur les maladies chroniques, qu'il n'a pu achever. Ses Œuvres ont été réunies par Richerand, 2 vol. in-8, Paris, 1818.

BORDONE (Pâris), peintre de l'école vénitienne, né en 1500 à Trévise, mort en 1570, fut l'élève de Titien, dont il excita, dit-on, la jalousie par son talent, et se fixa à Venise. Il fut appelé en France en 1528 par François I, fit le portrait de ce prince et de plusieurs dames de sa cour, et revint comblé de richesses. Son chef-d'œuvre est l’Anneau de St-Marc, qui figura au Louvre sous l'Empire, et fut rendu à Venise en 1815. Son coloris est riant et varié, son dessin délicat, sa manière de composer judicieuse.

BORE (Catherine de), femme de Luther, née en Saxe en 1499, morte en 1552, était religieuse dans un couvent près de Wittemberg: mais, dès qu'elle eut lu les écrits du réformateur, elle embrassa sa doctrine, avec plusieurs de ses compagnes. Luther l'enleva de son couvent en 1522 et l'épousa en 1525.

BORÉAL (OCÉAN). V. Arctique (Océan).

BORÉE, Boréas, dieu du vent du Nord, était fils d'Astræus, l'un des Titans, et de l'Aurore, et habitait le Thrace. Il enleva Chloris, fille d'Arcture, et Orithyie, fille d'Érechthée, roi d'Athènes. On le représentait sous les traits d'un vieillard dont la chevelure et la barbe sont pleines de flocons de neige.

BOREL (Pierre), savant médecin français, né à Castres en 1620, mort en 1689, exerça d'abord dans sa ville natale, vint en 1653 s'établir à Paris, fut nommé médecin du roi et entra en 1674 à l'Académie des sciences. On a de lui : Les Antiquités de Castres, 1649; Bibliotheca chimica, 1654 ; Trésor de recherches et d'antiquités gauloises et françaises, 1665 (c'est son principal titre); Historiarum et observationum medico-physicarum centuriæ II; De vero Telescopii inventore; Discours prouvant la pluralité des mondes; Auctarium ad Vitam Peirescii; Vita Renati Cartesii, etc.

BORELLI (J. Alphonse), médecin et physiologiste, né à Naples en 1608, mort en 1679, enseigna la médecine à Pise et a Florence, et essaya d'appliquer aux phénomènes de la vie les mathématiques et la mécanique; il y réussit fort bien pour le système musculaire et le mouvement des os, mais il échoua pour tout le reste. Son principal ouvrage est De motu animalium, publié après sa mort en 1680, et trad. en français par Giraud-Teulon en 1857. Il a aussi écrit sur la mécanique, l'astronomie et la physique, et a donné des éditions d’Euclide et d’Apollonius de Perge, 1661, avec trad. latine. Il avait exprimé dès 1666 l'idée de la gravitation universelle, démontrée depuis par Newton.

BORGHÈSE, riche et puissante famille romaine, originaire de Sienne, s'est surtout signalée par son goût pour les arts, et a rassemblé dans le palais qu'elle habitait à Rome, la villa Borghese (près de la Porta del Popolo), une des plus belles collections qui existent. — Cette famille a fourni à l’Église un pape, Paul V, et plusieurs cardinaux. — Son dernier héritier, Camille Borghèse, prince de Sulmone, né à Rome en 1775, mort à Florence en 1832, avait épousé une sœur de Napoléon, Pauline Bonaparte; sous l'Empire, il fut chargé du gouvernement du Piémont. Après la chute de Napoléon, il se retira à Florence. Il avait cédé à la France une grande partie de sa précieuse collection de sculpture antique, entre autres le Gladiateur, qu'on voit encore au Louvre.

BORGHESI (Bartolomeo, comte), épigraphiste et numismate, né en 1781 à Savignano près de Rimini, mort en 1860, reçut de son père un riche cabinet de médailles, qu'il augmenta considérablement, se retira pendant les troubles de l'Italie à St-Marin pour s'y livrer en paix à l'étude, publia sur la numismatique et l'épigraphie de nombreux travaux qui attirèrent sur lui l'attention de l'Europe savante et fut agrégé à l'Institut de France et à l'Académie de Berlin. Son principal titre est la publication de Nouveaux fragments des Fastes capitolins, Milan, 1818-1820. Il a laissé de nombreux manuscrits que Napoléon III fait publier à ses frais (1860 et ann. suiv.).

BORGHETTO, v. de Vénétie, sur le Mincio, à 25 kil. S. O. de Vérone; 2500 hab. Les Français y battirent les Autrichiens en 1796.

BORGHOLM, v. de Suède, sur la côte occid. de l'Ile d'Œland, dont elle est le ch.-l. Bon port.

BORGIA, et mieux BORJA, Belsinum, v. d'Espagne (Saragosse), à 68 kil. O. N. O. de Saragosse; 5000 hab. Berceau de la célèbre famille des Borgia.

BORGIA, célèbre famille romaine, originaire de Borja en Espagne, a fourni deux papes, Calixte III (Alphonse Borgia), et Alexandre VI (Roderic Lenzuoli Borgia), neveu de Calixte, ainsi que plusieurs autres personnages, dont quelques-uns se sont fait une fâcheuse renommée.

BORGIA (César), fils naturel de Roderic Borgia (depuis pape sous le nom d'Alexandre VI) et de Vanozza, s'est rendu fameux par ses crimes et ses perfidies. Son père le eréa cardinal en 1492, puis lui fit déposer la pourpre pour prendre l'épée. Envoyéen France auprès de Louis XII, César Borgia gagna la faveur de ce prince, auquel il apportait une bulle de divorce, fut nomme par lui duc de Valentinois(1498), et obtint la main d'une fille de Jean d'Albret, roi de Navarre. A son retour en Italie, il entreprit, de concert avec son père, de reprendre la Romagne aux feudataires du St-Siége qui s'y étaient rendus indépendants, fit périr par le fer, fa corde ou le poison, la plupart des petits princes qui régnaient dans ce pays, et se fit investir en 1501 du titre de duc de la Romagne. Aleiandre VI étant mort peu après (1503), César Borgia vit aussitôt renverser toute sa puissance : le pape Jules II le fit arrêter, et le força a livrer toutes ses forteresses; à peine sorti de prison , il fut arrêté de nouveau par Gonsalve de Cordoue, et envoyé au roi d'Espagne, qui avait des griefs contre lui. Etant parvenu à s'échapper, il se réfugia auprès du roi de Navarre, son beau-frère, et l'accompagna dans une expédition contre l'Espagne; il futtuéau siège de Viana,en 1507.Machiavel présente Borgia comme le modèle du tyran. Outre les crimes politiques, dont il se faisait un jeu, on l'accuse d'avoir fait assassiner son frère atné, le duc de Gandie, dont il était jaloux, et d'avoir entretenu tin commerce incestueux arec Lucrèce Borgia, sa soeur.

Borgia (Lucrèce), sœur du précéd., femme célèbre par sa beauté et par son esprit, l'est encore plus par ses désordres. Elle fut mariée trois fois : à J. STorze, seigneur de Pesaro; à Alphonse, fils d'un roi d'Aragon, et enfin à Alphonse d'Esté, fils du duc de Ferrare. Lesdésordres qu'on lui attribue ont été contestés : Arioste et Bembo ne parlent d'elle qu'avec honneur. Victor Hugo a fait de Lucrèce Borgia le sujet d'un de ses plus beaux drames.

BORGIA (S. François), duc de Gandie, grand d'Espagne, et 3e général des Jésuites, né à Gandie (Valence) en 1510, mort en 1572, était issu d'une branche de la famille Borgia qui était restée en Espagne. Il vécut d'abord dans le monde, et jouit de toute la faveur de Charles-Quint, qui le nomma vice-roi de la Catalogne. Ayant perdu sa femme, dont il avait eu 8 enfants, il renonça au monde et entra dans l'ordre des Jésuites; il en fut nommé général, malgré sa résistance, en 1565, et donna l'exemple des vertus religieuses. Il fut canonisé par Clément IX : on l'honore le 10 octobre. Le célèbre duc de Lerme, ministre de Philippe III, était son petit-fils.

BORGIA (François), prince de Squillace, écrivain espagnol, descendait du pape Alexandre VI. Établi en Espagne, il devint un des plus puissants seigneurs de ce pays, et fut nommé en 1614 vice-roi du Pérou. Il mourut en 1658. On a de loi des Poésies, trop vantées par ses contemporains, et un poëme de Naples reconquise, assez médiocre.

BORGO, bourg de Corse, ch.-l. de cant., à25 k. S. de Bastia; 684 hab.

Borgo ou borga, v. et port de Russie (Finlande), ch.-I. de district, sur le golfe de Finlande, à 44 k. N. E. de Helsingfors; env. 4000 h. Evêché luthérien; collège.

BOBGO-SAN-DONNINO, Julia Chysopolis ou Fidentia, T. forte de l'anc. duché de Parme, à 33 kil. S. E.de Plaisance; 5000 hab. Evêché, cathédrale, ancien collège des Jésuites. Étoffes de soie et lin.

BORGO-SAN-SEPoicRO, Y.de Toscane, presdu Tibre, à 19 kil. N. E. d'Arezzo; 3300 hab. Evêché.

BORIES, sergent-major au 45" de ligne, entra, avec trois autres sergents du même régiment, Pommier, Raoulx et Goubin, dans un complot dirigé contre les Bourbons, et connu sous le nom de conspiration de La Rochelle. Arrêtés à La Rochelle, où le régiment était en garnison, les quatre sergents furent amenés & Paris, condamnés à mort et immédiatement exécutés, quoiqu'il n'y eût eu aucun commencement d'exécution (1822).

BORINAGE, petit pays de Belgique (Hainaut), où se trouve Mons, Jctmnapes, Quarégnon, 'Wasmes, Frameries; 32 000 h. Riche bassin houiller.

BORISSOV, petite v. de Russie (Minsk), 455 kO. N. E. de Minsk; 2700 hab. C'est aux env. qu'eotlieu en 1812 le désastreux passage de la Berésina.

BORKUM, Byrchanis ou Fabaria, Ilot de la mer du Nord, sur la côte du Hanovre, auquel elle appartient, et à l'cmb. de l'Ems; 600 hab. Il a 17 kfl. de tour. Phare fort élevé.

BORMIDA, riv. des États sardes, se forme à Bistagno de la réunion de 2 branches (la Bormida orient, et la Bormida occid.), baigne Acqui, reçoit l'Orna, et tombe dans le Tanaro, par la r. dr., après 50 ko. de cours. 11 se livra plusieurs combats sur ses bords à la fin du rvni's., pendant les guerres d'Italie.

BORMIO, v. de la Lombardie (Valteline), à 46 kiL N. E. de Sondrio, sur l'Adda; 3000 hab. Eaux thermales. Dessoles y vainquit les Autrichiens en 1799.

BORMONIS Aquje, auj. Bourbonne-les-Bains.

BORN (pays de), anc. subdivision du Bordelais; ch.-l. St-Pol-en-Born. Beaucoup de pms.

BORN (Bertrand de), comte de Hautefort en Périgord, troubadour et guerrier du xu* siècle, fut sans cesse en guerre avec ses voisins. Ayant voulu lutter même avec le roi d'Angleterre Henri II, qui possédait alors la Guyenne, il fut pris dans son château, avec toute sa garnison; mais Henri eut la générosité de lui rendre la liberté. Il vécut depuis en repos et mourut dans un cloître. On a de Bertrand de Born et de son fils quelques sirventes qui peignent leur caractère et les mœurs du temps.

Born (Ignace, baron de), minéralogiste, né e» 1742 à Carlsbourg en Transylvanie, mort en 1791, parcourut l'Allemagne, la France, la Hollande et la Hongrie, acquit de grandes connaissances en histoire naturelle, fut nommé en 1770 assesseur à la direction des mines et des monnaies à Prague, et fut appelé en 1776 à Vienne par Marie-Thérèse pour classer et décrire le cabinet impérial d'histoire naturelle. Il publia cette description sous le titre de Lithopkylacium bornianum, index fossilium, etc., Prague, 1772. On a encore de lui : Sur les amalgames des minéraux qui contiennent de l'or et de l'argent, Vienne, 1786; Voyage minéralogique de Hongrie et de Transylvanie, Leipsick, 1774. Il introduisit en Europe la méthode d'extraire les métaux précieux, qui était déjà appliquée en Amérique.

BORNÉO, grande île de la mer des Indes, entre 106* 25' et 116-5' long E., 7" 7' lat. N. et 4° 12' iat. S.; 1280 kil. sur 1200; c'est la plus grande île du globe après la Nouvelle-Hollande; 3 000 000 d'hab. Ville principale, Bornéo. On y trouve plusieurs riv. assez fortes : le Bornéo, le Banjermassing, la Lara ou Pontiana, etc. Climat varié, grandes pluies dans l'Ouest, brises de mer sur les côtes, beaucoup d'endroits malsains. Riches mines d'or, de cuivre, de fer, d'ètain et de plomb; diamants, perles. Bois immenses, épices, sandal, plantes tropicales, etc. Bornéo est habitée par des Javanais, des Malais (réroces et presque tous pirates), des Biadjous, des Chinois, des Hollandais, des Anglais. L'intérieur est peu connu; les côtes seules sont bien peuplées et offrent des villes. L'île Bornéo se divise en partie dépendante des Européens et partie indépendante. La partie dépendante est aux Hollandais et forme 2 provinces, dites Résidence de la côte occident, (ch-1. Pontianak), et Résidence de la côte orient, (ch.-l. Banjermassing). La partie indépendante contient plusieurs roy. particuliers, dont les principaux sont ceux de Bornéo, Cotti, Soulou, et le territoire des Biadjous. —Les Portugais découvrirent Bornéo en 1521, et tentèrent en vain d'y fonder des établissements. Les Hollandais y ont pris pied depuis 1604; ils ont conclu en 1843 un traité de commerce avec les indigènes et se sont fait céder en 1787 la souveraineté de la côte S.

Bornêo, capit. du roy. indépendant de Bornéo, sur la côte N. O. de l'île, à l'embouch. du fleuve Bornéo dans la mer; env. 30 000 bah. Beaucoup de maisons bâties sur pilotis, petits canaux au lieu de rues; commerce actif, surtout avec Singapour. Bombardée en 1846 par les Anglais, en punition des pirateries commises par les habitants.

BORNHOLM. Boringia, île du Danemark, dans iamer Baltique, à la pointe S. 0. de la Suède, sur la côte 0; 36 kil. sur 17; 20 000 hab. Ch.-l., Rœnne. Houille, marbre, chaux, terre à porcelaine etc. Pêche de saumons et autres poissons.

BORNOU (roy.de), dans la Nigritie centrale, à al'O. du lac Tchad, s'étend de 12°àl5°lat.N.. et de 7' à 13* long. E. ; 2 000 000 d'hab., tous mahométans; capit., Kouka. Cet Etal a été longtemps la puissance prépondérante du Soudan. Climat brûlant; sol fertile, mais imparfaitement cultivé; buffles, chameaux, volaille exquise, abeilles innombrables, etc.— On y trouve 2 v. du nom de Boraou ou Bimi : l'une le Yieux-Bornou, sur le Yeou, jadis capit., a eu, dit-on,200000h.; ses ruines couvrent un vaste espace; l'autre, le Nouveau-Bomou, auj. capit. titulaire, est près du lac Tchad, et a 10 000 hab. Elle sert de résidence au roi et est murée.

BORODCS'O, vge de Russie (Moscou), à 115 kil. S. O. de Moscou, sur la Kologa et près de la Moskowa. Les Russes donnent le nom de Borodino à la bataille que nous désignons sous celui de la Moskowa.

BORRI (Christophe), jésuite milanais, fut un des premiers missionnaires qui pénétrèrent en Cochinchine. Revenu en Europe, il publia en italien une Relation de son voyage, Rome, 1631, in-8, qui fut traduite en plusieurs langues. Il alla ensuite enseigner les mathématiques à Lisbonne et fut bien accueilli à la cour d'Espagne. Les Jésuites, le soupçonnant de les trahir ou de s'occuper de matières étrangères à sa profession, le rappelèrent à Rome, puis l'exclurent de l'ordre. Il mourut peu après et presque subitement (1632).

BORRI (Joseph François), autrement dit Burrhus, chimiste et sectaire, né à Milan en 1627, mort en 1685, voulut se faire passer pour inspiré, dogmatisa sur la religion, et réunit quelques disciples. Poursuivi comme hérétique, et condamné au feu par l'inquisition de Milan, il s'enfuit en Suède, où la reine Christine l'employa a chercher la pierre philosophale, puis en Danemark et en Hongrie. Le nonce du pape ayant obtenu de l'empereur son extradition, il fut enfermé au château St-Ange, où il mourut. Son ouvrage le plus important est : La Chiave del gabinetto del cavagliere G. F. Borri (la Clef du cabinet de Borri), Cologne, 1681, in-12.

BORRICUIVS (Olaus), savant danois, né en 1626 ï Borthen (d'où le nom sous lequel il est connu), mort en 1690, voyagea par toute l'Europe pour s'instruire, euseignala médecine et la chimie à Copenhague, et fut nommé dans ses dernières années conseiller de chancellerie. Parmi ses nombreux écrits, on remarque : De ortu et progressu Chemix, 1668; Hermetis, /Egyptiorum et Chemicorum sapientia, 1674; Conspectus chemicorum scriptorum 1696 (posthume). Il suivait les principes de Paracelse. BORROMÊE, illustre famille de Lombardie, dont un membre a été canonisé. V. s. Chaules Bokromee. BOBJtOMÉES (Iles), Ilots situés dans le lac Majeur (États sardes), sont au nombre de trois : Isola iJella, Jso.'ade'Piscaton. Isola Madré. Ce n'étaient que des rochers arides, lorsqu'on 1671 le prince Vitaliano Borromée entreprit de les embellir. Ces îles offrent *uj. des points de vue délicieux.

BORROMINI (François), architecte italien, né en 1599 à Bissone dans le Milanais, mort en 1667, fut élève de Maderno et lui succéda dans la place d'architecte de St-Pierre de Rome. Il renchérit sur le mauvais goût introduit par ce maître, donna dans les formes bizarres et entortillées, et créa un genre vicieux, qui de son nom a été appelé borrominesco. Cependant on estime encore sa façade de l'église de Ste-Agnès, sur la place Navone, a Rome, et le collège de la Propagande. Jaloux du Bernin et des autres architectes en réputation, il se livra, pour les surpasser, à des travaux excessifs, ce qui le fit tomber dans des accès d'hypocondrie au milieu desquels il se tua, 1667. Son Œuvre a été publiée à Rome en 1727.

BORSCHOD, un des comitats de Hongrie en deçà delaTlieiss, entre ceux deGomor, Torna, Zemplin, Abaûjvar, Szabolsch, Hevesch; 230 000 hab. Ch.-l. Miskolz. H est arrosé par le Sajo. Mines de cuivre.

BORSIPPA, anc. v. de Babylonie, au S. de Babylone, est auj. Koufa.

BORT, ch.-l. de cant. (Corrèze), à 29 kil. S. E. d'Ussel; 1758 h. Patrie de Marmontel. Plomb argentifère aux environs.

BORCSSI, peuple de la Sarmatie, habitait la Prusse actuelle, qui a retenu son nom.

BORVON1S AQUiE, nom latin de Bourbon-l'Archambault et de Bourbonne-les-Bains.

BORY De Saint-Vincent (le colonel), membre libre de l'Académie des sciences, né en 1780 à Agen, mort en 1846, fut attaché en 1800 comme naturaliste à l'expédition du capitaine Baudin, publia à son rntour un Voyage dans les Mes d'Afrique, puis servit comme officier d'état-maior. Il se signala par son patriotisme dans la Chambre des Cent-Jours, fut exilé de 1815 à 1820, dirigea en 1829 l'expédition scientifique de Morée, présida en 1838 la commission explorative de l'Algérie, et fut 16 ans chef du bureau historique au Dépôt de la guerre. Travailleur infatigable, il a écrit sur plusieurs branches de l'histoire naturelle, notamment sur les reptiles, les animaux microscopiques, les cryptogames, etc.: il a été le principal rédacteur de la Bibliothèque physico-économique, du Dictionnaire classique d'histoire naturelle, de la partie scientifique de l'Expédition de Morée (1832 et années suiv.), a rédigé de bons résumés géographiques, notamment celui d'Espagne, et a donné à l'Encyclopédie moderne de nombreux articles, remarquables par l'originalité des idées.

BORYSTHÈNE, fleuve de Sarmatie, auj. le Dniepr

BOS (Lambert), savant critique, né a Workum en 1670, mort en 1717, fut professeur de grec à l'Université de Franeker. On lui doit : Ellipses grxcx, Franeker, 1702, ouvrage devenu classique et dont la meilleure édit. est celle de Leipsick, 1808; une édit. delà Version grecque dés Septante, Franeker, 1709, avec variantes et prolégomènes ; une édit. de la Grammaire grecque de Veller; les Antiquités de la Grèce (en latin), Franeker, 1714, tcad. en français avec les commentaires de Leisner, par La Grange, 1769; Begulxprxcipux accentuum, 1715, etdesavantes remarques sur plusieurs auteurs grecs.

BOSA. v. de Sardaigne, sur la côte O., à 7 kil. S. de Cagliari, près de l'embouch. du Terno; 6000 hab. Evêché. Lieu malsain. Pêche de corail.

BOSC d'Antic (Paul), né en 1726 en Languedoc, m. en 1784, exerça d'abord la médecine avec succès, quitta cette profession en 1755 pour se livrer à l'industrie, perfectionna la fabrication des glaces et du verre, releva la manufacture de St-Gobain, et fonda lui-même plusieurs établissements nouveaux. Il a laissé de précieux écrits sur l'art de la verrerie, Paris, 1780, 2 vol. in-12. — Son fils, Louis Auguste Guillaume Bosc, né en 1759 à Paris, mort en 1828, s'est distingué comme naturaliste, tout en occupant des places importantes dans l'administration. Lié avec le ministre Roland et avec sa femme, il fut, après leur condamnation, obligé de se cacher. Sous le Directoire, il fut nommé consul aux États-Unis; à son retour, il devint inspecteur des pépinières (1803), puis professeur de culture au Jardin des Plantes (1825). Il avait été admis en 1806 à l'Académie des sciences. On lui doit, outre une foule de mémoires, l’Histoire naturelle des Coquilles, 1801; — des Vers, 1801; des Crustacés, 1802, faisant partie des suites à Buffon, et un Cours d'agriculture, 1809. Il a été un des principaux collaborateurs du Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, de Déterville, et du Dictionnaire d'agriculture de l’Encyclopédie méthodique.

BOSCAN-ALMOGA VER (Juan), écrivain espagnol, né à Barcelone vers 1485,. mort en 1543, servit en Italie, jouit de la faveur de Charles-Quint et eut part à l'éducation du duc d'Albe. Il prit pour modèle les poètes italiens, surtout Pétrarque, introduisit dans la poésie espagnole une douceur, une harmonie inconnues avant lui, et employa le premier le vers endécasyllabique. Il était étroitement lié avec Garcilasso. Ses poésies, réunies àcelles de ce dernier, ont été publiées à Venise, 1553.

BOSCHIMANS, peuple hottentot. Y. Bosjejians.

BOSCO, v. des États sardes, à 13 k. S. E. d'Alexandrie; 2600 h. Patrie de Pie V.

BOSCOVICH (Roger Jos.), savant jésuite, né à Raguse en 1711, mort en 1787, fut élevé à Rome, enseigna la philosophie et les mathématiques au Collège romain, et fut chargé par le pape de plusieurs missions scientifiques et diplomatiques. II voyagea en Angleterre et en France, se mit en relation avec les savants de ces deux pays, fut admis dans leurs académies, et propagea en Italie la philosophie de Newton. Après la suppression de l'ordre des Jésuites, il alla professer à Pavie, puis fut appelé à Paris comme directeur des travaux d'optique pour la marine; il mourut à Milan, pendant qu'il y dirigeait la mesure d'un degré du méridien. On lui doit plusieurs découvertes en astronomie et en optique, consignées dans ses Opéra ad opticam et astronomiam periinentia, Bassano, 5 vol. in-4,1785. Il est en outre auteur d'une théorie de la nature, Philosophiœ naturalis theoria ad unicmn legem redacta, Vienne, 1759, dans laquelle il explique tous les phénomènes par des points simples doués de forces attractives et répulsives, essayant de concilier ainsi Leibnitz et Newton. Boscovich fut aussi bon poète latin; on a de lui un poème estimé : De solis ac lunx defeclibus, Rome, 1767.

BOSIO (Ant.), antiquaire, né vers 1570, mort en 1629, était agent de l'ordre de Malte à Rome. 11 employa 35 ans à étudier et à décrire les catacombes de Rome et mourut avant d'avoir terminé ce grand travail. L'ouvrage a été publié en 1637, par le chevalier Aldobrandino, sous le titre de lloma sotterranea, infol., et a été complété depuis par Aringhi (1651) et Bottari (1737-53).

Bosio (Jos.), sculpteur, membre de l'Institut, né en 17fi7 à Monaco, mort en 1845à Paris, fut élève de Pajou, attira par ses premiers essais l'attention de Denon, fit plusieurs des bas-reliefs de la colonne de la place Vendôme, les bustes de l'Empereur et de plusieurs membres de la famille impériale, et fut chargé, sous la Restauration, de la statue équestre de Louis XIV pour la place des Victoires, ainsi que des ouvrages de sculpture du monument expiatoire de Louis XVI. Parmi ses autres ouvrages on remarque la Jeune Indienne, l'Hercule au serpent (aux Tuileries), la statue colossale de Napoléon (pour la colonne de Boulogne), Henri IV enfant, le buste de Montijon. C'est lui qui forma Marochetti, Raggi, Dantan, Durey.

BOSJKMANS (homme des bois, en hollandais), peuple de la famille hottentote, est le plus sauvage et le plus abruti que l'on connaisse. Il erre sur les frontières septent. de la colonie du Cap, sur les bords du haut Orange.

BOSNA , riv. qui donne son nom à la Bosnie, naît au S. 0. de Bosna-Séraï et tombe dans la Save, à 35 k. E. de Brod, après un cours d'env. 170 k.

Bosna-sérai, v. de Bosnie, sur la Migliaska, à900 kil. 0. N. 0. de Constantinople, est la plus importante de la Bosnie, quoique le pacha n'y réside pas; 70000 h. (dont les deux tiers Turcs), Palais ou serai bâti par Mahomet II; 80 mosquées, médressées ou collèges, bains publics, etc. Fabrique d'armes à feu

et autres; tanneries. Cette ville fut brûlée en 1697 par les Impériaux.

BOSNIE, gouvtou eyalet de la Turquie d'Europe, a pour bornes au N. l'Esclavonie, à l'E. la Servie, à l'O. la Croatie, au S. l'Albanie; 333 k. sur 200; 1100000 h., dont 400 000 seulement sont mahométans; v. princip. Bosna-Séraï; le pacha réside à Travnik. Division : 5 livahs, Kiliss-Bosna, Viddin, Zvornik, Ada-i-Kébir,Trébigne; ce dernier livah comprend l'Herzégovine ou Hte-Bosnie. Riv. : Danube, Save,Bosna, Drina. Pays montagneux au S.; sol fertile, bétail, chevaux, buffles, porcs, abeilles; argent et fer. — Après avoir fait partie delà Pannoniesous les Romains, et du roy. d'Esclavonie au moyen âge, la Bosnie devint province hongroise en 1127, puis forma un État indépendant sous le ban Twartko, 1370. Elle fut en 1401 soumise au tribut par les Turcs. Les Hongrois la leur reprirent pour quelques années; mais en 1528, elle fut définitivement conquise par les Turcs, à qui la paix de Carlowitz l'assura (1699).

BOSON, comte d'Autun, puis roi de Provence, était beau-frère de Charles le Chauve, qui le créa duc de Milan lorsqu'il eut été reconnu lui-même roi d'Italie. Peu satisfait de ce titre, l'ambitieux Boson enleva Hermengarde, fille de l'empereur Louis II, la plus riche héritière de l'Europe, et se fit proclamer roi de Provence en 879, dans une assemblée tenue à Mantaille. Par son habileté et son courage, il se maintint indépendant jusqu'à sa mort, en 888 où 889. Le roy. qu'il avait formé est quelquefois appelé Bourgogne cis-jurane.—Deux autres princes du nom de Boson portèrent le titre de comtes de Provence, savoir : Boson I, neveu du précédent, de 926 à 948, et Boson II, de 948 à 968. Gingis a donné l'Histoire de la dynastie Bosonide, Lausanne, 1851.

BOSPHORE, d'un mot grec qui signifie passage ou traversée d un bœuf, et par suite détroit. Ce nom se donne surtout à deux détroits : le Bosphore Cimmérien, auj. détroit de Zabache ou d'Itnikalch, entre le Palus Méotide et le Pont-Euxin, et le Bosphore de Thrace, auj. détroit de Constantinople, entre le Pont-Euxin et la Propontide.

Bosphore (Roy. du), petit État gui s'étendait sur l'une et l'autre rive du Bosphore Cimmérien, répond en partie aui gouvernements russes actuels de Tauride (Crimée), de Kherson, d'Iékaterinoslav, des Cosaques du Don et des Cosaques de la mer Noire. Il avait pour ch.-l. Panticapée, nommée aussi Bosphore, et pour autres villes principales Tanaïs, Olbia, Phanagorie, Cherson, Théodosie, colonies de Milet. Ileut après le v* s. av. J.-C. des rois particuliers. Auui's., les Goths le saccagèrent et l'occupèrent, et son nom disparut pour jamais.

BOSQUET (le maréchal), né en 1810 à Mont de Marsan, mort en 1861; entra à l'Ecole polytechnique, servit pendant vingt ans en Afrique, et y conquit ses grades; devint en 1853 général de division; fut, lors de l'expédition de Crimée (1854), mis à la tête de la 2" division d'infanterie, se fit remarquer par d'habiles manœuvres à la bataille de l'Aima, décida la victoire d'Inkermann, et prit une part glorieuse à la prise de Sébastopol: fut, à son retour, nommé sénateur, puis maréchal de France (1856).

BOSRA ou Bostra, v. de Hdumée. V. Bostra.

BOSSUET (Jacq. Bénigne), né à Dijon en 1627, d'une famille de magistrats, mort en 1704, fut d'abord placé chez les Jésuites de Dijon et vint achever ses études à Paris, au collége de Navarre, où il eut pour maître Cornet, qui devina son génie. Il reçut les ordres sacrés en 1652, après avoir subi des épreuves publiques qui attirèrent sur lui l'attention générale et lui concilièrent l'amitié du grand Condé. Il quitta néanmoins la capitale pour aller se fixer à Metz, où son père était conseiller au parlement, et où il avait obtenu un canonicat. Appelé souvent à Paris pour les affaires de son diocèse, il commença à s'y faire une grande réputation par ses sermons et ses panégyriques des saints, prêcha devant le roi et la reine mère, et opéra parmi les Protestants un prend nombre de conversions, entre lesquelles on cite celles de Turenne, de Dangeau, de Mlle de Duras : c'est pour aider à ces conversions qu'il rédigea son Exposition de la doctrine de l'Église. En 1669, il fut fait évêque de Condom. Cette même année et les suivantes il prononça ces Oraisons funèbres dans lesquelles il fait sentir avec tant d'éloquence le néant des grandeurs humaines. En 1610, il fut nommé précepteur du Dauphin; il composa pour son royal élève, entre autres ouvrages, le Discours sur l'histoire universelle, dans lequel, après avoir présenté un résumé rapide des événements, il en cherche la raison dans les desseins de Dieu sur son Église; et le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, dans lequel il suit en général la doctrine de Descartes, et se montre aussi profond philosophe que grand écrivain. L'Académie s'empressa de l'admettre dans son sein (1671), et quand l'éducation du Dauphin fut terminée (1681), le roi le nomma à l'évêché de Meaux. Il se livra dès lors tout entier aux soins de l'épiscopat, fit de fréquentes prédications, rédigea le célèbre catéchisme connu sous le nom de Catéchisme de Meaux (1687), et composa pour des religieuses de son diocèse deux de ses plus beaux ouvrages, les Méditations sur l’Évangile et les Élévations sur les Mystères. Dans l'assemblée du clergé qui eut lieu en 1682 à l'occasion des démêlés entre le roi et le pape, Bossuet se montra un des plus zélés défenseurs des libertés gallicanes, et rédigea les quatre fameuses propositions qui ont donné lieu à de si vives discussions (V. ÉGLISE GALLICANE). Il s'occupait en même temps avec ardeur du soin de combattre et de convertir les Protestants, et rédigeait, pour les éclairer, l’Histoire des variations des églises protestantes (1688). En 1690, il travailla de concert avec Leibnitz à la réunion des églises catholique et luthérienne, et entretint à ce sujet, avec le philosophe allemand, une correspondance suivie; mais leurs efforts n'eurent aucun succès. Dans les dernières années de sa vie, Bossuet eut à combattre le quiétisme et les doctrines mystiques de Mme Guyon : il se trouva par là engagé dans une lutte fâcheuse avec Fénelon, qui penchait vers ces doctrines : il poursuivit son adversaire à la fois auprès du roi, qui disgracia et exila l'évêque de Cambray, et auprès du pape, qui condamna les Maximes des saints de ce prélat. On lui reproche d'avoir porté trop d'aigreur dans cette affaire. Bossuet conserva jusqu'à la fin toute la rigueur de son esprit, et mourut, à 77 ans, de la pierre. Outre les ouvrages que nous avons cités, il a composé une foule d'autres écrits soit dogmatiques, soit polémiques, dont quelques-uns, tels que la Logique, n'ont été publiés que depuis peu. Bossuet, qu'on a justement surnommé l’Aigle de Meaux, est à la fois le plus grand orateur et le plus grand écrivain de son temps. Ses Sermons, qui étaient restés longtemps inédits (ils n'ont paru qu'en 1772) et qui n'ont pas d'abord été appréciés à toute leur valeur, ne le cèdent pas à ses Oraisons funèbres. Cependant celles-ci sont encore aux yeux du plus grand nombre son principal titre de gloire : les plus admirées sont celles de la Reine d'Angleterre, du Grand Condé, de la duchesse d'Orléans. On a donné plusieurs éditions complètes de ses œuvres : la 1re est de 1743-53, Paris, 20 vol. in-4. Les plus récentes sont de 1815-19, Versailles, 43 vol. in-8; de 1825, Paris, 60 v. in-12; de 1828-30, 62 v. in-8, et de F. Lichat, 1862, etc. On en a fait plusieurs choix, Nîmes, 1785, 10 vol. in-8; Paris, 1821, 21 vol. in-8. Il a en outre paru une foule d'éditions de ses ouvrages détachés. La Vie de Bossuet a été écrite par M. de Bausset, 4v. in-8, Paris, 1814. Cette vie est complétée par les Études de M. Floquet (1856) et les Mémoires et Journal de l'abbé Le Dieu (1856-57, 4 volumes in-8). On a aussi plusieurs Éloges de ce grand homme, parmi lesquels on remarque ceux de MM. Saint-Marc-Girardin et Patin. On doit à l'abbé Vaillant des Études sur les Sermons de Bossuet, 1851, à M. Nourrisson (1851) et à M. Delondre (1855) de savantes thèses sur sa philosophie. — Bossuet avait un neveu, nommé aussi J. Bénigne Bossuet, qui fut évêque de Troyes, et auquel on doit la publication de plusieurs de ses manuscrits.

BOSSUT (l'abbé Charles), savant géomètre, membre de l'Académie des sciences, né en 1730, àTartaras près de St-Étienne, mort en 1814, obtint de bonne heure par ses travaux la protection de Clairaut, de d'Alembert et de Camus, fut, par l'influence de ce dernier, nommé professeur à l'école du génie de Mézières, puis examinateur des élèves du génie (1786), ce qui le fixa à Paris; perdit cette place à la Révolution, mais fut replacé sous l'Empire. Outre un grand nombre de mémoires qui furent couronnés, on lui doit un Cours de mathématiques, rédigé d'une manière simple et populaire, qui eut beaucoup de vogue (1781), une édition de Pascal, et une Histoire générale des mathématiques, 1810, 2 vol. in-8, qui est son principal titre.

BOSTAN (EL-), Comana de Cappadoce, v. de la Turquie d'Asie (Marach), à 88 kil. N. E. de Marach; 9000 hab. ; 4 mosquées, dont l'une passe pour être l'ancien temple de Bellone.

BOSTANDJI, c.-à-d. jardinier, du mot turc boslan, potager; gardes du sérail qui ont pour fonctions particulières de surveiller les jardins et qui en outre servent de rameurs au Grand Seigneur quand il se promène sur le détroit. Leur chef, appelé bostandjibachi, tient le gouvernail.

BOSTON, v. et port d'Angleterre (Lincoln), à 44 kil. S. E. de Lincoln, près de l'emb. du Witham; 15 000 hab. Canaux. Belle église gothique de St-Botolph, qui a donné son nom à la ville (Botolph'stnwn) : la tour a 95" et sert de phare. Etablissements d'instruction et de bienfaisance. Goudron, chanvre, bois de construction.

Boston, v. et port des État-Unis, ch.-l. de l'Etat de Massachussets, sur la baie de Massachussets, à l'emb. du Charles-River; 180 000 hab. Evêché catholique, port excellent, qui peut contenir 500 navires; 80 quais j 2 ponts en bois, l'un de 500", l'autre de 1125, qui font communiquer Boston avec Cambridge et Charlestown. Chemins de fer, service de paquebots pour l'Angleterre. Place Franklin, palais, théâtre, hôtel de ville, salle de concerts, douane, nouveau marché, athénée, etc. Académie des sciences et arts, société historique de Massachussets. société de médecine, société linnéenne : bibliothèques, musées et riches collections; écoles élémentaires et supérieures. Industrie et commerce considérables : c'est la seconde place commerciale des États-Unis. Grande exportation de coton j de café, de sucre, de blé, de bois, de glace. Patrie de Franklin.—Boston fut fondée en 1630 par une colonie anglaise, composée principalement d'habitants de la Boston d'Angleterre. C'est à Boston qu'eurent lieu, en 1768, les premières luttes qui amenèrent l'indépendance des États-Unis: Washington s'empara de cette ville en 1776.

BOSTRA ou Bosra , v. de Turquie d'Asie (Syrie), à 90 kil. S. de Damas, à 130 N. E. de Jérusalem. Jadis capitale de l'Idumée, elle devint sous Trajanla capitale de la province romaine d'Arabie. Depuis le règne de l'empereur Philippe, qui y était né, elle porta le titre de métropole. Elle fut ensuite siège d'un évêché, puis d'un archevêché. Ruinée en 1180 pendant les croisades, elle offre encore de magnifiques restes. Cette v. compta, à partir de l'an 105 de J.-C, les années d'après une ère particulière.

BOSWORTH, v. d'Angleterre (Leicester), à 20 k. 0. de Leicester; 1200 hab. En 1485, Richard III, meurtrier des enfants d'Edouard IV, y fut battu et tué par Henri Tudor de Richmond, ce qui mit fin à la guerre des Deux-Roses et à la dynastie des Plantagenets, qui fut remplacée par les Tudors.

BOTAL ou Botalli (Léonard), médecin de Charles IX et de Henri III, natif d'Asti en Piémont, mit la saignée à la mode en France, et écrivit sur les avantages de cette pratique. On a appelé de son nom trou de llntiil l'ouverture qui fait communiquer les deux oreillettes du cœur dans le fœtus, nonqu'uTait découverte (car elle était connue de Galien), mais parce qu'il rappela l'attention sur ce point d'anatomie.

BOTANY-BAY, baie de la Nouvelle-Hollande, sur la côte S. E., dans la Nouvelle-Galles du Sud, a été ainsi nommée à cause de sa puissance végétation observée sur ses bords. Elle fut découverte par Cook en 1770. Les Anglais y fondèrent en 1787 une colonie pour la déportation des malfaiteurs, colonie que bientôt ils transportèrent au port Jackson (à 26 kil. au N.). Y. GALLES DU SUD (NOUVELLE-).

BOTHNIE. F. Botnie.

BOTHWELL, vge d'Ecosse (Glasgow), sur la Clyde, à 14 kil. S. E. de Glasgow; 4000 hab. ; est célèbre par la bataille qu'y gagna Monmouth, général durai Charles II, sur les Covenantaires écossais, en 1679, au passage du pont de la Clyde.


BOTHWELL (J. Hephburn, comte de), seigneur écossais, est accusé d'être l'auteur du meurtre de Henri Darnley, époux de Marie Stuart. Après le meurtre, il enleva la reine et la força à. l'épouser (1567). Ce mariage coupable ayant excité un soulèvement, Bothwell fut obligé de prendre la fuite. Il se réfugia dans les Orcades, puis en Norvège, et y mourut misérablement en 1577.

BOTNIE, région de la péninsule Scandinave, 1 droite et à gauche d'un golfe de la Baltique dit golfe de Botnie, au N. de la Suède propre et de la Finlande, et au S. de la Laponie suédoise, appartenait tout entière à la Suède avant 1809. Depuis cette époque elle est divisée en Botnie russe, située à l'E. de la riv. de Tornéa et du golfe de Botnie, et comprise dans le grand-duché de Finlande; et Botnie suédoise, à l'O. de la Tornéa et du golfe de Botnie : celle-ci, réunie à l'ancienne Laponie suédoise, forme deux gouvts cm Norrland, la Botnie occidentale ou Westerbolten, et la Botnie orientale ou Norrbotten. — Le golfe de Botnie, formé de la partie sept, de la Baltique, s'étend entre la Finlande et la Suède, du 60° au 66" lat. N. ; il a env. 600 kil. sur 200.

BOTTA (Ch.), historien, né en 1766 à St-Georges en Piémont, mort à Paris en 1837, étudia d'abord la médecine et fut employé comme médecin à l'armée d'Italie. Envoyé à Paris en 1806 à la tête d'une députation piémontaise, il se fixa en France et fut élu membre du Corps législatif par le département de la Doire. Pendant les Cent-jours, Botta futnommé recteur de l'Académie de Nancy. Il remplit les mêmes fonctions àliouen jusqu'en 1822. Sesprincipauxouvrages sont : Histoire de la guerre de l'indépendance des Etals-Unis; Histoire de l'Italie depuis 1789 jusqu'en 1814;Histoire de l'Italie continuée depuis la jtnde l'Histoire de Guichardin jusqu'en 1789, 10vol.in-8: ce dernier est son principal titre. Ses ouvrages, écrits en italien, ont été trad. en français. Comme historien, Botta est l'émule de Guichardin, dont il a complété l'œuvre.—Son fils, Paul Emile Botta, consul à Mossoul et archéologue distingué, s'est fait un nom en découvrant à Khorsabad les ruines de Ninive.

BOTTARI(J. Gaétan), savant florentin, 1689-1775, garde de la bibliothèque du Vatican, a complété le grand ouvrage de Bosio sur la Rome souterraine.

BOTTIÊE, partie de l'anc. Macédoine, sur la r. d. de l'Axius. C'est 11 que se trouvait Pella.

BOTZARIS (Marcos). l'un des héros de la Grèce moderne, né en 1789 dans les montagnes de Souli (Albanie). Il fut un des principaux acteurs de l'insurrection de 1820, et futnommé stratarque ou général de la Grèce occidentale. Après s'être signalé dans un grand nombre de combats, il s'enferma dans les mors de Missolonghi: voyant cette place près de succomber, il tenta de la sauver par un acte de dévouement semblalile a celui de Léonidas : il pénétra de nuit, avec 240 hommes seulement, dans le camp des Turcs et en fit un grand carnage; mais il fut atteint d'une balle à la tête et mourut le lendemain (1823), à Carpenitza.

BOTZEN ou Bolzano, Pons Drusi, v. des Etats autrichiens (Tyrol), sur FAdige, à 83 kil. S. d'Innspruck; 9000 hab. Château fort; maisons très-hautes avec balcons et arcades; cathédrale gothique; théâtre, etc. Soieries, bas, filatures; commerce de transit. Prise d'assaut par les Français en 1809.

BOUAYE, ch.-l. de canton (Loire-inf.), à 13 kil. S. O. de Nantes; 364 hab.

BOUC, île située dans le dép. des Bouches-duRhône, au point où l'étang de Caronte communique avec la Méditerranée. Petit port communiquant par deux canaux avec l'étang de Berre et avec Arles.

BOUÇADA, v. et poste militaire d'Algérie, à l'extrémité mérid. de la prov. de Constantine, à 326 kil. S. E. de cette ville. Palmiers. Prise le 15 nov. 1849.

BOUCANIERS, aventuriers français, normands pour la plupart, qui, vers la fin du xvr* siècle, allèrent s'établir dans l'île de St-Domingue, alors aux Espagnols, et y vécurent pendant longtemps en chassant des bœufs sauvages dont ils préparaient la peau pour la vendre en Europe. On les nommait ainsi du mot boucan, gril ou claie de bois, dont ils se servaient pour sécher et fumer leurs viandes. Les Espagnols ayant exterminé les animaux qui faisaient le principal objet de leur commerce, ils n'en restèrent pas moins dans l'rle, y formèrent des établissements et se livrèrent à la piraterie. La France les reconnut et leur envoya un gouverneur en 1665. V. Flibustiers.

BOUCHAIN, ch.-l. de cant. (Nord), sur l'Escaut, â 17 kil. S. 0. de Valenciennes; 1009 h. Ville forte et qui peut inonder ses approches. Elle fut bâtie dans le vin" siècle par Pépin, et devint capitale du comté d'Ostrevand, qui appartenait aux comtes de Hainaut. Prise par les Français en 1676, elle leur fut assurée par le traité de Nimegue (1678). Marlborough la prit en 1711, mais elle fut reprise dès 1712.

BOUCHARDON (Edme), sculpteur, né en 1698, à Chaumont en Bassigny, mort en 1762, travailla à Paris sous Coustou le jeune, remporta le grand prix, fut envoyé comme pensionnaire à Rome, et; après son retour à Paris, fut nommé sculpteur du roi, 1732, membre de l'Académie, 1744, et professeur, 17*5Ses principaux ouvrages sont les bustes de Clément XII, des cardinaux de Rohan et de Polignac, à Rome; les figures du Christ, de la Vierge, et des six Apôtres, à St-Sulpice; la fontaine de la rue de Grenelle, àParis. Il avait commencé la statue équestre de Louis XV, mais il mourut avant d'àvbir terminé cette œuvre, qui fut détruite par le peuple en 1792. Il a aussi exécuté plusieurs sujets pour les bassins de Versailles. Ses œuvres sont éminemment correctes, mais sévères et froides.

BOUCHER (Jean), un des plus fougueux ligueurs, né à Paris vers 1558, mort en 1646, était cure deStBenoît, et fut successivement recteur de l'Université de Paris et prieur de Sorbonne. Il fut un des premiers à faire sonner le tocsin de son église en septembre 1587, répandit des libelles séditieux pour exciter le peuple à la révolte, applaudit publiquement à l'assassinat de Henri III, et redoubla de fanatisme a l'avènement de Henri IV. Ses sermons furent brûlés par lamaindu bourreau après la reddition de Paris. Il obtint cependant sa liberté de la clémence de Henri IV et se retira à Tournay en Flandre, où il continua â se signaler par de violentes attaques. Son Apologie de Jean Clidtel (qui avait tenté d'assassiner Henri IV) a été imprimée en 1595 et 1620, avec quelques autres de ses libelles.

BOUCHER (François), peintre français, né en 1703 1 Paris, mort en 1770, était élève de Lemoine. IlfutenvoyéàRome,obtint,à son retour, des succès de société, ainsi quela faveur de Mme de Pompadour, et devint le peintre à la mode. Admis à l'Académie en 1734 il succéda à Carie Vanloo dans la place de peintre du roi. 11 travaillait avec une extrême facilité et se vantait d'avoir gagné jusqu'à 50 000fr. par an. Boucher peint avec grâce, mais on l'accuse justement d'avoir corrompu l'art et d'avoir introduit un genre fade et maniéré. Ses tableaux, qui ne représentent que des amours et des bergers ou des scènes de plaisirs, trahissent le mauvais goût et les mœurs relâchées de l'époque. Cependant on estime son Bain de Diane (au Louvre). Boucher D'abgis (Antoine Gaspard), avocat, né en 1"ÛB. mort en 1780, fut conseiller au conseil souverain de Dombes en 1753, puis au Chatelet de Paris. E a laissé un grand nombre de traités de jurisprudence et a publié les Règles pour former un exocat. de Biamoy de Merville, en les retouchant et y joignant une Histoire abrégée de l'ordre des avocats. — Son fils, A. J. Boucher d'Argis, né à Paris m 1 "50, fut aussi conseiller au Chatelet et mourut sur Hehataud révolutionnaire. Il a laissé des Observations sur les lois criminelles, 1781, ouvrage plein de rues philanthropiques, et un Recueil d'ordonnsmses en 18 vol. in-32.

BOCCHERAT (Louis), magistrat, né à Paris en J616, mort en 1699, fut, sous Louis XIV, intendant de Guyenne, de Languedoc, de Picardie, de Champagne, commissaire du roi aux États de Bretagne, membre du conseil des finances, et fut nommé chan-" celier de France à la mort de Letellier, 1685. Il eut à mettre à exécution l'édit sur la révocation de l'édit de Nantes, que son prédécesseur venait de signer. Il laissa du reste une grande réputation d'intégrité. Une me de Paris (au Marais) porte son nom.

BOUCHES. Sous le 1** Empire, on appela -.'Bouchisde-TElbeuaiiép. formé de ta ville et au territoire de Hambourg, et de petites parties du Hanovre, du Brunswick et du Lauenbourg; ch.-l., Hambourg;— Bouches-de-F Escaut un dép. formé de laZélande; ch.-L, liiddelbourg; — Bouches-de-la-Xeuse un dép. comprenant à peu prés le N. de la Zélande et le S. de la Hollande-, ch.-l.. La Haye;—Bouches-du-Rhin un dép. formé du Brabant oriental; ch.-l., Bois-leDuc ; — Bonches-du-Weser un dép. formé de la ville de Brème et de parties du duché de Brème, de l'Oldenbourg et du Hanovre; ch.-l., Brème ; —Bouches-deVTssel un dép. formé de l'Over-Yssel; ch.-l., Zwoll.

BOUCHES-DU-RHÔNE (dép. des), dép. maritime de la France, entre ceux du Gard à l'O. et du Var à l'Est, celui de Vaucluse au N., et la Méditerranée au S.; 6020 kil. carrés; 507112 hab.; ch.-l., Marseille. 11 est formé d'une partie de l'anc. Provence; il comprend le Delta du Rhône ou île de la Camargue, et renferme les étangs de Berre, Galéjon, Ligaenau. Landré, Baux, Mévrane, Valcarès. Sol varié, stérile dans certaines portions (plaine de la Crau), mais en général fertile : forêts, pâturages, beau riz, tabac, garance, fruits en abondance, vins exquis. Houille, albâtre, marbre, plâtre, grès, terre a creusets, à poterie. Mérinos, chèvres, abeilles. Industrie active : huiles fines renommées, soude, savon, soie, eaux-de vie, parfums, essences, préparation de comestibles, saucissons recherchés, etc. Forges, martinets, usines diverses. Grand commerce.— Le dép. comprend 3 arr. (Marseille, Aix, Arles), 27 cantons, 106 communes; il dépend de la 9* division militaire, de la cour impériale et de l'archevêché d'Aix.

BOUCHET (Jean), écrivain du iv' siècle, né à Poitiers en 1476, mort vers 1550, exerçait la profession de procureur. 11 composa un grand nombre d'ouvrages singuliers en vers et en prose, qui sont encore recherchés des bibliographes. Tels sont : 1rs Reowtrdstracersant les toies périlleuses de ce monde; VAmoureux transy, sans espoir; le Labyrinthe de fortunes. On a aussi de lui des ouvrages historiques: Annotes d'Aquitaine, Antiquités du Poitou, Généalogie des rois de France, Panégyrique du Chevalier sans reproche (L. de La Trémoilie). 11 est le 1" qui ait kit alterner les nmes masculines et féminines. BOiTHIK . v. de Perse. V. Abouches. BOIXHOTTE (J- B- Noél); né a Melz an 1754> mort en 1840, était simple colonel lorsque la Convention l'éleva au poste de ministre de la guerre (1793). Il signala son administration par son activité et sa probité; il ne s'en vit pas moins accusé et fut même arrêté en 1794, peu avant le 9 thermidor; mais U fut relâché faute de charges suffisantes. Il so retira à Metz, où il vécut depuis étranger aux affaires.

BOUCHOUX (les), ch.-l. de c. (Jura), à 11 kil. S. 0. de St-Claude; 131 hab. de pop. agglomérée.

BOUCICACT (Jean Le Maincre, sire de), maréchal de France, né à Tours en 1364, mort en 1427, fit ses premières armes sous Duguesclin, combattit à côté de Charles VI àRosebecque (1382),où il fhdes prodiges de valeur, et fut fait maréchal à l'âge de % ans. Il suivit Jean sans Peur, duc de Nevers, dans sa croisade contre Bajazet, et fut pris par les Turc» Ma bataille de Nicopolis (1396), après une résistance héroïque. Délivré de sa captivité, il fut choisi pour gouverneur de Gênes, qui s'était donnée aux Français (1401); il s'y conduisit avec une rare fermeté- mais en son absence la garnison fut surprise et massacrée. Revenu en France, il s'opposa vivement an projet qu'avait le roi Jean de livrer la bataille d'Azincourt. Il y fut fait prisonnier et conduit en Angleterre, où il mourut. On a les Mémoires du sire de Boucicaut, écrits par lui-même ou sous ses yeux.

BOUDDHA, nom que l'on donne dans la religion bouddhique a la raison parfaite, à l'intelligence absolue. Ce nom s'applique aussi aux diverses incarnations de la raison suprême, dont la principale est Chakyamouni, le Dieu actuel des Bouddhistes (Y. l'art, suiv.). Enfin on étend le nom de Bouddha à tous ceux qui professent la science parfaite, aux âmes parvenues à l'état de béatitude, se dégageant des tiens de la matière, et habitant 1» monde immatériel.

BOUDDHA-GA0UTAHA OU CHAKYAMOOKI, sage de l'Inde, né vers l'an 622 av. J.-C., mort vers 542, était dis d'un prince du Bahar, de la race royale des Chakyas, et se nommait d'abord Siddharta. Les Bouddhistes le regardent comme la 4" incarnation de Bouddha ou de la raison suprême. A 29 ans il se retira dans la solitude, ce qui le fit surnommer Chakyamouni (c.-à-d. le Chakya solitaire), et il parvint bientôt à la perfection de la science, ce qui tui valut le nom de Bouddha. Il prêcha sa doctrine dans le Cachemire, et après avoir fait un grand nombre de disciples, il monta sur un arbre, et mourut après y être resté deux mois et demi en méditation. Ses préceptes ont été recueillis par ses disciples. M. Barth. St-Hilaire a donné en 1859 le Bouddha et sa religion (V. Bouddhisme). — Les Chinois placent Bouddha au xi* s. av. J.-C.

BOUDDHISME, une des religions les plus répandues dans le monda, issue du brahmanisme, parai t s'être formée dans l'Inde septentrionale, peut-être dans le Cachemire, à une époque fort ancienne, mais encore incertaine. A la différence du Brahmanisme, elle s'adressait à tous, sans distinction de castes, et admettait les étrangers comme les indigènes. Introduite en Chine dans le i" s. de J.-C., elle envahit successivement la Corée, le Japon, le Thibet; les Mogols enfin l'embrassèrent sous les premiers successeurs de Gengis-Khan, et auj. elle couvre la plus grande partie de l'Asie : elle y compte environ 200 millions de sectateurs. Le Bouddhisme prétend que notre existence actuelle est imparfaite et sans réalité; que le monde matériel (sansara) est une illusion de nos sens, et il enseigne la nécessité de dégager notre âme de ce monde périssable, pour la mener au salut (Nirvana), c.-à-d. pour lui donner entrée dans le monde immatériel et vrai, où elle so confond avec le Bouddha suprême, raison parfaite, qui est située au-dessus de t'espace lumineux, dans une région éternelle et indestructible. Les âmes plus parfaites, les Bouddhas accomplis(r«(/i'iyato»>, peuvent s'incarner et descendre sur la terre afin de dégager les âmes enchaînées dans le monde matériel : Chakyamouni, auteur de la forme actuelle du Bouddhisme, est le 4e des Bouddhas déjà parus; on le fait vivre au vi" s. av. J.-C. (F. Bouddha). Il est visible dans la personne du Dalaï-Lama du Thibet, le grand pontife des Bouddhistes. Après la mort d'un Bouddha incarné, sa représentation reste sur la terre jusqu'à la venue d'un autre Bouddha, et elle est animée par les incarnations successives de Bouddhas moins parfaits. — Cette religion, toute spiritualiste, eut à souffrir des persécutions cruelles de la part des Brahmines et des sectateurs de Shiva, dieu sensuel et sanguinaire. Elle eut le dessus au vu* s. de notre ère; mais au xiv s. le Bouddhisme, après des luttes sanglantes, était entièrement expulsé de l'Inde. La collection des livres sacrés de cette religion, dite Khagiour (Commandements), se compose principalement de deux grands recueils : le Gandjour (108 vol. in-fol.) et le Dandjour (240 vol. in-fol.), que possède la Bibliothèque impériale. On doit à Eugène Burnoufune savante Introduction à l'Histoire du Bouddhisme, 1844, et la trad. de quelques-uns des livres sacrés de cette secte. — F. vo.

BOUDET (J. P.), pharmacien, né à Reims en 1748, mort en 1829, servit comme pharmacien des armées en Egypte, en Allemagne, devint à son retour pharmacien en chef de la Charité et membre de l'Académie de médecine. Il est un des fondateurs de la Société de pharmacie et un des rédacteurs du Code pharmaceutique. On a de lui, entre autres travaux, des Mémoires sur le phosphore, sur la fabrication du bleu de Prusse et sur l'extraction du pastel.

BOUDOT (Jean), imprimeur du roi, est connu par un Dictionnaire latin-français qu'il publia en 1704, in-8, et qui eut une grande vogue dans les classes: c'est l'abrégé d'un grand dictionnaire en 14 vol. laissé ms. par Nie. Blondeau, inspecteur de l'imprimerie de Trévoux.— Il eut deux fils : J. Boudot, libraire, qui se distingua par ses connaissances bibliographiques; et l'abbé P. J. Boudot, censeur royal, auteur d'ouvrages estimés, notamment de la Bibliothèque du Théâtre français (attribuée au duc de La Vallière), et collaborateur du président Hénault. BOUDROUN, l'anc. Halicarnasse. V. Bodroun. BOUFARIK, vge d'Algérie (prov. d'Alger), fondé en 1832, dans la plaine de la Hétidja. à 34 k. S. d'Alger; 2300 h. Pépinière, tabacs excellents.

BOCFFLERS (Louis François, marquis de), maréchal de France, issu d'une des plus anciennes et des plus nobles familles de Picardie, dont l'origine remonte au ni* s., naquit en 1644, et mourut en 1711. Formé a l'école des Condéet desTurenne, il contribua en 1690 à la victoire de Fleurus, prit Furnes en 1693, ce qui lui valut le bâton de maréchal, défendit Namur (1695), commanda l'armée de Flandre en 1702, et se couvrit de gloire par sa belle défense de Lille (1708), à la suite de laquelle il fut fait duc et pair. Après la défaite de Malplaquet, il fut chargé de la retraite, et sauva l'armée. 11 sut se faire aimer du soldat.

Boufflers (Stanislas, chevalier de), célèbre par son esprit, né a Lunéville en 1737, mort en 1815, avait pour mère la marquise de Boufflers (née Beauvais-Craon), femme belle et spirituelle, qui faisait les honneurs de la cour du roi Stanislas. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il y renonça bientôt afin de se livrer à son goût pour le plaisir, et obtint dans le monde les plus grands succès, qu'il dut aux agréments de son esprit et de sa personne. Il entra au service, fut nommé colonel de hussards en 1772, et maréchal de camp en 1784. Ayant épuisé son patrimoine, il se fit nommer gouverneur du Sénégal (1785) et déploya dans l'administration des talents qu'on ne lui soupçonnait pas. Il fut à son retour reçu à l'Académie française (1788). Elu en 1789 député aux Etats généraux, il y brilla peu. Il émigra, et ne revint en France qu'en 1800. Il écrivit depuis quelques ouvrages sérieux, mais ils eurent peu e succès. Boufflers est surtout connu par ses poésies légères et par ses contes; on regrette d'y trouver quelquefois trop de licence. Ses principaux ouvrages sont : Aline, reine de Golconde, conte, 1761; divers poèmes erotiques, 1763; Lettre à sa mère fur ion voyage en Suisse, 1770; Poésies fugitives, 1782; Traité du Libre Arbitre, 1808. Il a donné lui-même ses OEuvres complètes, 1813, 2 vol. in-8. On les a imprimées de nouveau en 1828, 4 vol. in-18.

BOUG ou BOG, Hypanis, riv. de la Russie d'Europe, prend sa source dans la Volhynie, arrose les gouvernements de Podolie et de Kherson, passe à Nicolaïew, et tombe dans le Dniepr vis-à-vis de Fédorovka, après avoir reçu la Siniouka, la Kolima, l'Ingoul, etc., dans un cours de 560 kil. — Affluent de la Vistule, prend sa source dans la partie orient. de la Galicie, coule au N. O. jusqu'à Christianpol, et de là au N.; sépare la Pologne de la Russie, et se joint à la Vistule par la r. dr., à 26 k. N. O. de Varsovie, après un cours de 500 kil.

BOUGAINVILLE (L. Ant., de), navigateur célèbre, né à Paris en 1729, mort en 1814, quitta l'étude du droit, à laquelle sa famille le destinait, pour la carrière militaire; devint aide de camp de Chevert, puis accompagna le marquis de Montcalm au Canada, se signala dans cette expédition, et obtint le grade de colonel (1759). A la paix, il se tourna vers la marine, alla en 1763 occuper les lies Malouines, puis exécuta un voyage autour du monde, le premier de ce genre qu'eût entreprit un Français (1766-69). Il commanda plusieurs vaisseaux dans la guerre d'Amérique, devint chef d'escadre en 1779, fut chargé en 1790 de commander l'armée navale de Brest; mais, n'ayant pu rétablir l'ordre dans cette troupe indisciplinée, {l se retira du service. Il fut appelé en 1796 à l'Institut et devint sous l'Empire comte et sénateur. Bougainville a publié la Relation de son voyage autour du monde (Paris, 1771 et 1775) qui a eu un succès prodigieux. Il a fait un grand nombre de découvertes géographiques dans l'Océan Pacifique, et a laissé son nom à plusieurs des lieux qu'il avait découverts. — Son frère aîné, J. P. de Bougainville, né à Paris en 1722, mort en 1763, fut secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et membre de l'Académie française. On a de lui une traduction en prose de VAnti-Lucrèce du cardinal de Polignac, 1749, un Parallèle de l'expédition d'Alexandre le Grand dans les Indes avec celle de Thamas Kouli-Khan, 1752, et de savants mémoires sur l'antiquité, notamment une dissertation sur les Droite des métropoles grecques sur leurs colonies, 1745.

BOUGAINVILLE (île), lie de l'archipel Salomon, dans la Polynésie, par 152° 30' long. E., 5° 32' lat. S. Elle fut découverte en 1768 par J. P. Bougainville.

BOUGEANT (le P.), jésuite, né à Quimper en 1690, mort à Paris en 1743, professa les humanités à Caen, à Nevers, puis à Paris, au collège Louis le Grand. Il se fit d'abord connaître par un élégant badinage, Amusement philosophique .sur Je langage des bêles, 1739, qui lui attira des censures de la part de ses supérieurs; puis, se livrant à des travaux plus sérieux, il rédigea une Histoire du traité de Westphalie, 1744 et 1751, ouvrage estimé. Il s'exerça aussi dans la comédie et fit quelques pièces assez spirituelles dirigées contre les adversaires de la bulle Unigenitus.

BOUGIE, en arabe Boudjeiah, en latin SalcUe, v. d'Algérie (prov. de Constantine), ch.-l. de cercle, sur la Méditerranée, àl'emb. d'une riv. du même nom, à 220 k. N. O. de Constantine, à 177 k. E. d'Alger; 2000 h. Baie, port spacieux et sûr; 3 châteaux forts. Fabrique d'instruments aratoires; commerce en huile et surtout en cire : c'est du nom de cette ville que vient notre mot bougie.— Bougie futprise en 439 par Genséric, roi des Vandales, qui en fit sa capitale; puis, par les Arabes en 708, par les Espagnols en 1509, parles Turcs en 1555, et enfin par les Français, en 1833.

BOUGIVAL, joli vge du dép. de Seine-et-Oise. sur la r. g. de la Seine, à 7 k. N. de Versailles et à 18 de Pans; 2000 h. Belles maisons de campagne. BOUGLON, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), à 15 k. S. O. de Marmande; 182 h.

BOUGUER (Pierre), professeur d'hydrographie, membre de l'Académie des sciences de Paris, de la Société royale de Londres; né au Croisic en 1698, mort à Paris en 1758. Après avoir remporté plusieurs prix sur des questions scientifiques, il fut choisi avec Godin et La Condamine pour aller au Pérou déterminer la figure de la terre (1736). On a de lui : De la Mâturt des vaisseaux, 1727; De la Gradation de la lumière, 1729; Méthode d'observer sur mer la hauteur des astres, 1729; Manière d'observer en mer la déclinaison de la boussole, 1731 ; La construction du navire, 1746; Traité de la navigation, 1753. L'ouvrage qui lui fit le plus d'honneur est son Traité delà figure de la terre, qu'il publia en commun avec La Condamine, Paris, 1749, in-4. On lui doit l'héliomètre, ainsi que la connaissance des déviations que l'attraction des montagnes fait subir au pendule; il fut le créateur de la photométrie.

BOCH1ER (Jean), président à mortier au parlement de Dijon, membre de l'Académie française, né à Dijon en 1673, mort en 1746, s'est exerce avec succès dans la philologie, la jurisprudence, l'histoire et la poésie. On a de lui une traduction en vers du poème de Pétrone Sur la guerre civile entre César et Pompée; les Amours d'Énée et de Didon; des Remarques sur les Catilinaires et sur le De nalura Deorum de Cicéron; la traduction du 3* et du 5* livre des Tusculanes; des Lettres sur les Thérapeutes; de savantes Dissertations sur Hérodote et Sur le grand pontificat des empereurs romains; la Coutume de Bourgogne, avec des commentaires estimés; de profonds traités sur la Dissolution du mariage, sur les Successions, etc. Ses œuvres de jurisprudence ont été recueillies à Dijon, 2 vol. in-fol., 1787.

BOCHOITRS (le P.), jésuite, habile critique, né à Paris en 1628, mort en 1702, professa les humanités à Paris, puis fut chargé de l'éducation des princes de Longueville, et ensuite de celle du marquis de Seigneïay, fils de Colbert. Ses principaux ouvrages sont: Entretiens d'Ariste et Eugène, 1671, traité de critique littéraire qui eut un grand succès, mais qui fut attaqué vivement par Barbier-d'Aucourt dans ses Sentiments de Cléanthe; Doutes sur la langue française, 1674; que l'on regarde comme supérieur aux Entretiens; Pensées ingénieuses des anciens et des modernes, 1689. On lui doit aussi une version du Xoureau Testament d'après la Vulgate, une Histoire de P. d'Aubusson, grand maître de Rhodes, des Vies de S. Ignace et de S. François Xavier. On reproche au P. Bouhours de courir après le bel esprit et de s'attacher, dans ses ouvrages de critique. à des observations trop minutieuses.

BOLIDES, dynastie musulmane qui régna en Perse et dans l'Irak-Adjémi aux x* et au xi* siècles, était issue de Bouyah, pêcheur de la prov. de Dilem qui vivait vers l'an 900. Bouyah eut trois fils, Imad-Eddaiiia, Bockn-Eddaula, Moez-Eddaula, qui du rang de simples soldats s'élevèrent au souverain pouvoir et qui régnèrent à Bagdad, ainsi que sur la Perse, depuis l'an 932 jusque vers 1055. Ils formèrent deux branches, dont l'une domina sur l'Irak de 932 à 1029, époque à laquelle elle fut remplacée par les GaznéTides, et l'autre sur le Fars (Perse propre) de 933 à 1055. et fut remplacée par les Seldjoucides.

BOUILLÉ (Fr. Claude Amour, marquis de), général, connu par son attachement;'! Louis XVI, né au château de CJuzel, en Auvergne, en 1739, mort à Londres en /800. Gouverneur des lies du Vent lors de /a guerre d'Amérique , il protégea efficacement nos possessions aux Antilles et enleva plusieurs Iles aai Anglais (1778). Nommé en 1790 général en chef de l'armée de Meuse, Sarre-et-Moselle, il fit respecter la discipline à Metz et à Nancy par des acte de vigueur. Louis XVI le choisit en 1791 pour <conder son départ secret de Paris. Ce projet ayant échoué, Bouille se réfugia à Coblentz, puis fit des démarches auprès de différentes cours pour obtenir la délivrance du roi. Voyant ses efforts inutiles, il se retira en Angleterre. 11 publia des Mémoires sur la Révolution, qui eurent un grand succès (Londres, 1797, et Paris, 1801).—Son fils, L. J. de Bouille, né a la Martiniqueen 1769, mort à Paris en 1850, était son aide de camp, et le seconda lorsqu'il réprima l'émeute de Nancy et tenta de sauver le roi. Il émigra avec lui, mais rentra en France dès 1802, s'enrôla dans l'armée républicaine, se distingua en Italie et en Espagne, surtout aux batailles de Ciudad-Real et d'Almonacid, et défit avec 1200 hommes 5000 Espagnols à Baza(1810). Déjà il était général de brigade et avait mérité d'être fait comte de l'Empire lorsqu'une cécité complète le força de quitter le service en 1812. 11 trouva un refuge dans les lettres, et put, grâce au concours d'un secrétaire dévoué, rédiger plusieurs ouvrages importants. On a de lui : Ft'e politique, militaire et privée du prince Henri de Prusse, 1809; Mémoire sur l'évasion de Louis XVI, 1823; Commentaires sur le prince de Machiavel et sur l'AntiMachiavel de Frédéric II, 1827; Pensées et Réflexions, 1826 et 1851. — Le fils de ce dernier, René de Bouille, pair de France, mort en 1853, s'est lui-même fait connaître honorablement par une Histoire des ducs de Guise, ainsi que par un Essai sur la vie du marquis de Rouillé, 1853.

BOUILLET (Marie-Nicolas), auteur de ce livre, né à Paris en 1798, m. en 1864. Après a•·oir été élève de l’école normale, il fut successivement professeur de philosophie, proviseur, inspecteur général de l’instmction publique. Il s’est fait un nom à la fois parmi les savants et les gens du monde. De ses ouvrages, les uns sont pleins d’une érudition profonde, et ont trait à l’histoire des doctrines philosophiques; les autres ont pour objet de populariser la science. Ce sont des éditions des Œuvres philosophiques de Cicéron et de Sénèque (coll. Lemaire) ; une édition fort estimée, même en Angleterre, des Œuvres de Bacon (3 vol. in-8o, 1834); une traduction des Ennéades de Plotin accompagnée d’un important commentaire, et couronnée par l’Académie française (3 vol. in-8°, 1857-61); enfin toute une encyclopédie, remarquable d’exactitude et de précision, et formant 3 grands vol. in-8°, Dictionnaire d’histoire et de géographie (1842), livre qui a été le premier des ouvrages de ce genre et qui est arrivé à sa 22e édition; Dictionnaire des sciences, des lettres et des arts (1854), qui en est à sa 9e; Atlas d’histoire et de géographie. - M . Bouillet appartenaità une famille d’habiles armuriers de St-Etienne auxquels on doit la première idée du mécanisme tournant adapté depuis aux revolvers, et qu’ils appliquaient aux fusils et aux pistolets à vent. L’un de ces fusils, dit fusil de Louis XV, est encore aujourd’hui un des plus beaux ornements du Musée d’artillerie de Paris.

BOUILLET (Jean), médecin, né en 1690 près de Béziers, m. en 1777; il fonda, avec Mairan, l'Académie de Béziers. On a de lui des Éléments de médecine pratique (Béziers, 1744-46).

BOUILLON , Rullio, v. du Luxembourg belge, anc. capit. du duché de Bouillon, sur la Semoy, à 80 k. N. O. de Luxembourg, à 30 k. S. O. de Neuchâteau; 3000 hab. Château fort, dominé par des hauteurs et autrefois habité parles ducs.

Bouillon (seigneurie, ensuite duché de), petit État, entre le Luxembourg, la Champagne et le gouvernement de Metz, était formé de la ville de Bouillon et de son territoire : c'était un démembrement du comté de Boulogne. Godefroy de Bouillon, fils d'Eustache de Boulogne, et héritier de Godefroy le Bossu, duc de Bouillon, son oncle, vendit son domaine en 1095 à l'évèque de Liège, afin de se procurer les moyens de partir pour ia croisade. Les évêques de Liège le gardèrent jusqu'en 1482. A cette époque, Guillaume de La Marck, prince de Sedan, s en empara; mais en 1521, Charles-Quint le rendit à l'évèque de Liège. Cependant, en 1548, Robert de La Marck reprit le château de Bouillon, et ses descendants s'intitulèrent ducs de Bouillon; les seigneurs de la Tour-d'Auvergne, vicomtes de Turenne, subrogés par mariage a leurs droits, portèrent ce titre après eux. Bouillon fut occupé par les Français de 1552 à 1559 : ils reprirent cette place en 1676 et la gardèrent jusqu'en 1814. A cette époque, le duché fut joint au roy. des Pays-Bas. — Louis XIV, en 1678, l'avait donné comme fief au vicomte de Turenne, qui déjà portait le titre de duc de Bouillon. Il est aujourd'hui compris dans le Luxembourg belge.

BOUILLON (godefroy, duc de), premier roi chrétien de Jérusalem, né vers 1058 a Bézy, près de Nivelle en Brabant, était fils d'L'ustache de Boulogne et neveu de Godefroy le Bossu, duc de Bouillon, qui lui laissa ses Etats. Il combattit dans sa jeunesse pour l'empereur Henri IV contre le pape Grégoire VII, et entra dans Rome les armes à la main; mais ayant été gravement malade peu après cette expédition, il fit vœu, pour réparer ses torts, d'aller défendre les Chrétiens en Orient. En effet, il fut un des premiers à prendre la croix lors de la prédication de Pierre l'Ermite. Il vendit son duché de Bouillon, partit pour la Terre-Sainte en 1096, et fut bientôt reconnu pour chef de la croisade. Après avoir triomphé des obstacles qu'opposait aux Croisésl'emporeuT de Constantinople, Alexis, il pénétra en Asie, s'empara de Nicée, vainquit les Turcs à Dorylée, prit d'assaut Antioche et enfin Jérusalem (109*i)- II fat proclamé roi de la ville sainte; mais il se contenta du titre de baron. Il donna à ses nouveaux États un code de lois sages, connu sous le nom d'Assises de Jérusalem. 11 mourut en 1100, en revenant d'une expédition contre le sultan de Damas, qu'il avait battu devant Ascalon; on soupçonna qu'il avai tété empoisonné par des fruits que lui avait offerts l'émir deCésarte. On raconte de lui des exploits extraordinaires, et probablement fabuleux; il joignait au courage la prudence, la modération et la piété la plus vive. Le Tasse l'a choisi pour le héros de son poème. Sa statu' équestre orne la place Royale de Bruxelles.

Bouillon (Henri Delà Todh-d'auvbrgne, vicomte de Turenne, duc de), né en 1555, mort en 1623, embrassa le Calvinisme, s'attacha au roi de Navarre, contribua au gain de la bataille de Coutras (1587), fut créé maréchal par Henri IV (1592). et chargé de missions importantes en Angleterre. Il fut compromis dans la conspiration de Biron, mais il obtint son pardon. Il avait acquis le duché de Bouillon et la principauté de Sedan par son mariage avec Charlotte de La Marck, héritière de ce duché (1591) H épousa en secondes noces une fille de Guillaume, prince d'Orange, et en eut Frédéric Maurice, duc de Bouillon (K. l'art, suivant) et le fameux Turenne (F. Turenne). Il fonda à Sedan une université protestante qui devint célèbre. Il a laissé des Mémoires, Paris, 1666. — Son fils aîné, Frédéric Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, né à Sedan en 1605, mort en 1652, entra en 1635 au service de la France, prit une grande part aux guerres civiles, et livra. avec le comte de Soissons, le combat de la Mariée contre les troupes de Richelieu (1641)- H fut compromis dans la conspiration de Cinq-Mars (1642), et fut longtemps l'âme de la Fronde. Il nefitsa paix avec la cour qu'en cédant sa principauté de Sedan. 11 a laissé des Mémoires, Amsterdam, 1731.

Bouillon (Robert De La Mark, duc de), maréchal de France. F. Marck (La).

Bouillon (la duchesse de). F. Mancihi.

Bouillon (Pierre), peintre d'histoire et graveur habile, né en 1775 à Thiviers (Dordogne), mort en 1831, remporta le grand prix de peinture pour un vaste ouvrage de chalcographie, qui lui coûta 17 ans de travail, le Musée des Antiques, Paris, 1810-27, 3 v. in-f., dont le texte est dû à M. de St-Victor.

Bouilion-lagrangr (J. B.), chimiste et pharmacien, né à Paris en 1764, mort en 1844, organisa en 1793 les hôpitaux de l'armée en qualité de pharmacien-major, professa la chimie à l'Ecole polytechnique , puis à l'Ecole de pharmacie, et devint directeur de cette Ecole. On lui doit l'analyse d'une foule de substances médicales, un Manuel du pharmacien et un Manuel de chimie, devenus classiques.

BOUILLY, ch.-l. de cant. (Aube), à 14 kil. S. 0. de Troyes: 798 hab. Église gothique. Belle vue.

BOUILLY (Jean Nicolas), littérateur, né à Tours on 1763, mort en 1842, était d'abord avocat à Paris,

En 1790, il fit représenter l'opéra de Pierre le Grand, qui dut son succès à quelques allusions aux événements récents. Il remplit à la même époque plusieurs fonctions administratives, et fit partie, après le 9 thermidor , de la commission de l'instruction publique, qui organisa les écoles primaires. A partir de 1800, il se livra tout entier à la littérature; on lui doit un grand nombre de pièces de théâtre dont le succès a été constant et mérité. Telles sont le drame de l'Abbé del'Épée, les opéras-comiques des Deux Journées et de Fanchon la Vielleuse. Il a aussi beaucoup écrit pour l'enfance : tout le monde a lu ses Contes à ma fille, 1809; ses Conseils à ma fille, 1811; les Contes offerts aux enfants de France, etc. On trouve dans tous ses écrits une morale pure, des tableaux gracieux ou touchants, et une sensibilité exquise. Il publia en 1836 Mes récapitulations, qui sont les mémoires de sa vie.

BOUIN (île), sur la côte dudép. de la Vendée, au foûd de la baie de Bourgneuf, à 54 k. N. 0. de Bou* bon-Vendée; 1392h., avec un bourg de même nom; 3000 h. Elle n'a que 26 kil. de circuit. Les Normands y firent la 1TM de leurs descentes en France (820).

BOUK.1IAUA ou Bokhara, c.-à-d. Trésor de Science, une des v. les plus importantes de l'Asie, capit.. dn khanat de Boukhara, par 60° 25' long. E., 39'30'lat N.; env. 100 000 h. Bel aspect; mur d'enceinte élevé. flanqué de tours; quelques monuments; palais du khan; joli minaret de Mirgharab; 360 mosquées; tombeaux de plusieurs saints musulmans, 60 medressées ou collèges; célèbres écoles de théolog