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Dictionnaire wallon-français (Cambresier)/Section complète - R

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chez J.F. Bassompierre (p. 145-161).

R.

Rabahî rabaiſſer, v. a. Mettre plus bas, ce tableau eſt trop haut, il faut un peu le rabaiſſer.

Rabaiſſer ſignifie auſſi diminuer, rabaiſſer le taux des denrées, rabaiſſer les monnoies.

On dit, fig. prov. rabaiſſer le caquet de quelqu’un, pour dire, réprimer le caquet.

Rabatte rabattre, v. a. Rabaiſſer, faire deſcendre, retrancher de la valeur d’une choſe & du prix qu’on en demande, le vent rabat la fumée, il faut rabattre beaucoup du prix que vous demandez.

Rabattre en parlant des habillemens, ſe dit des plis & des coutures, & ſignifie, les aplatir, rabattre les plis d’un habit.

On dit populairement à un homme qui a un habit neuf, en le frappant par maniere de plaiſanterie, qu’il lui faut rabattre les coutures.

Rabattre dans le ſtyle figuré ſignifie abaiſſer ; & c’eſt dans cette acception qu’on dit, rabattre l’orgueil, la fierté de quelqu’un, il lui a bien rabattu ſon caquet, ce dernier eſt du ſtyle fam.

Effacer, raturer, rayer, biffer, v. a. Ces mots ſignifient l’action de faire diſparoître de deſſus un papier ce qui eſt adhérant à ſa ſurface, les trois derniers ne s’appliquent qu’à ce qui eſt écrit ou imprimé ; le premier peut ſe dire d’autre choſe, comme des taches d’encre, &c. rayer eſt moins fort qu’effacer ; & effacer que raturer.

On raie un mot, en paſſant ſimplement une ligne deſſus ; on l’efface lorſque la ligne paſſée deſſus eſt aſſez forte pour empêcher qu’on ne liſe ce mot aiſément ; on le rature, lorſqu’on l’efface ſi abſolument qu’on ne peut plus lire, ou même lorſqu’on ſe ſert d’un autre moyen que la plume, comme d’un canif, gratoir, &c.

On ſe ſert plus ſouvent du mot rayer que du mot effacer, lorſqu’il eſt queſtion de pluſieurs lignes : on dit auſſi qu’un écrit eſt fort raturé, pour dire qu’il eſt plein de rature, c’eſt-à-dire, de mots effacés.

Le mot rayer s’emploie en parlant des mots ſupprimés dans un acte, ou d’un nom qu’on a ôté d’une liſte, d’un tableau, &c. le mot biffer eſt abſolument du ſtyle d’arrêt ; on ordonne en parlant d’un accuſé, que ſon écrou ſoit biffé, enfin effacer eſt du ſtyle noble & s’emploie en ce cas au figuré : effacer le ſouvenir, &c. Girard.

Rabatte côtiere, ſ. f. Planche de jardinage qui va un peu en talus, &qui eſt ordinairement adoſſée à une muraille, cette côtiere eſt propre pour des pois.

Rabodé, on dit fam. qu’un homme eſt entaſſé, pour dire, qu’il eſt contraint dans ſa taille, qu’il a la tête enfoncée dans les épaules.

Rabreſſî embraſſer, v. a. Serrer, étreindre avec les deux bras, embraſſer une perſonne.

Racovri, on dit fig. gazer un conte, une hiſtoire, pour dire, en adoucir ce qu’il y auroit de trop libre, d’indécent.

Racrampi (s’) ſe retirer, ſe contracter, v. réc. Se raccourcir, ſe reſſerrer, les muſcles ſe contractent, le froid fait retirer les nerfs.

Racrehe accroître, v. a. Rendre plus grand, plus étendu, augmenter, accroître un jardin.

Racrot accroc, ſ. m. Il ſe dit fig. d’une difficulté, d’un embarras qui apporte du reatardement dans une affaire, il eſt ſurvenu un accroc qui retarde leur accommodement.

Racuſſe potaie peſtard, ſ. m. Terme d’écolier, rapporteur.

Radreſſî redreſſer, v. a. Rendre droite une choſe qui l’avoit été auparavant ou qui devoit l’être, redreſſer un bâton.

Il ſignifie auſſi, remettre dans le droit chemin, je m’étois égaré, j’ai rencontré un payſan qui m’a redreſſé.

Rafiî (s’), on dit fig. être affamé de quelque choſe, pour dire, avoir de l’avidité pour quelque choſe, ſouhaiter quelque choſe avec ardeur, je ſuis affamé de le voir.

Tarder s’emploie imperſonnellement pour marquer que l’on a impatience de quelque choſe & que le temps ſemble long dans l’attente de ce que l’on ſouhaite, il me tarde bien que je ne ſois hors d’affaire, il lui tardoit fort de ſortir de priſon.

On dit auſſi reſpirer après quelque choſe, pour dire, ſouhaiter quelque choſe avec paſſion, avec ardeur, elle reſpire après le retour de ſon fils.

Rafoirci enforcir, v. a. Rendre plus fort, enforcir un mur, la bonne nourriture a enforci ce cheval, il eſt de peu d’uſage en parlant des perſonnes.

Il eſt auſſi neutre & réc. & ſignifie devenir plus fort, ce cheval enforcit tous les jours, cet enfant a enforci de moitié, il s’enforcira.

Conforter, v. a. Fortifier, corroborer, cela conforte l’eſtomac, le cerveau.

Rafrécî gréſiller, v. a. Faire que quelque choſe ſe fronce, ſe rétréciſſe, ſe raccorniſſe, ſe retire, le feu a gréſillé ce parchemin.

Rafrécî (s’) ſe gripper, v. réc. Il ſe dit des étoffes qui ſe retirent en ſe fronçant, ce taffetas eſt tout grippé, ces étoffes ſe grippent aiſément.

Se ratatiner, v. réc. Se raccourcir, ſe reſſerrer, le parchemin ſe ratatine au feu.

Se récroqueviller, v. réc. Se retirer, ſe replier par la chaleur du feu ou du ſoleil, la couverture de ce livre s’eſt toute récroquevillée, ces feuilles commencent à ſe récroqueviller.

Ragoſté ragoûter, v. a. Remettre en appétit, ragoûter un malade, il a perdu l’appétit, il faut eſſayer de le ragoûter.

Il eſt auſſi réc. il fait tout ce qu’il peut pour ſe ragoûter.

Ragoûter ſignifie fig. réveiller le deſir, il n’eſt plus ſenſible à ce qui avoit accoutumé de le toucher le plus, il lui faut quelque choſe de nouveau pour le ragoûter.

Ragrawî (s’) revenir, v. n. Se rétablir, être remis dans le même état où l’on étoit auparavant, revenir en ſanté, revenir en ſon premier état.

On dit auſſi, recouvrer ſa ſanté, ſes biens.

Raheuv’men balayures, ſ. f. pl. Les ordures qui ont été amaſſées avec le balai.

Rahoppé butter, v. a. En termes de jardinage, il ſignifie entourer de terre, butter des cardes d’artichauts, butter du céleri.

On dit butter un arbre ou rechauffer un arbre, pour dire, remettre de la terre au pied d’un arbre.

Rainâ borne, ſ. f. Pierre ou autre marque qui ſert à ſéparer un champ d’avec un autre, aſſeoir des bornes.

Raivioûl rougeole, ſ. f. Sorte de maladie épidémique, qui vient communément aux enfants, & cauſe des rougeurs au viſage & par tout le corps, il a eu la rougeole, il y a bien de la rougeole en notre quartier.

Rakeuſe recoudre, v. a. Coudre une choſe qui eſt découſue ou déchirée, recouſez cela bien proprement, qu’il n’y paroiſſe pas, il y avoit la moitié de la joue abattue d’un coup d’épée, le chirurgien la lui recouſit.

Ralonge alonge, ſubſt. f. Piece qu’on met à un habit, à un meuble pour l’alonger, il faut mettre une alonge à ces rideaux.

Ramaïe ramilles, ſ. f. pl. Menus bois qu’on met en bourrées.

Ramaſſé ramaſſer, v. a. Faire un aſſemblage, un ramas de pluſieurs choſes, prendre ce qui eſt à terre, aſſembler ce qui eſt épars en pluſieurs endroits ; j’ai ramaſſé tout ce que j’ai pu trouver de mots intéreſſants, ramaſſez vos cartes, les glaneurs vont ramaſſer les épis qui ſont reſtés ſur le champ, après qu’on a enlevé les gerbes.

Accumuler, amaſſer, v. a. On commence par amaſſer enſuite on accumule : c’eſt pourquoi l’on dit amaſſer du bien, accumuler des richeſſes, autant qu’il eſt ſage d’amaſſer pour jouir, autant y a-t-il de ſottiſe à ſe priver de la jouiſſance pour accumuler.

Ramati ramoitir, v. a. Rendre moite, ce brouillard a ramoiti le linge qui étoit déjà ſéché.

Ramechné grappiller, v. n. Cueillir ce qui reſte de raiſin dans une vigne après qu’elle a été vendangée, dès que les vandangeurs ont achevé, il eſt permis d’aller grappiller.

Rameſſieg relevailles, ſ. f. pl. Cérémonie eccléſiaſtique qui ſe fait lorſqu’une femme va la premiere fois à l’égliſe après ſes couches pour ſe faire bénir par le prêtre, aſſiſter à des relevailles.

Ramhî fourgonner, v. n. Il ſignifie fig. fouiller mal-adroitement en brouillant & en mettant tout ſens deſſus deſſous, il eſt fam.

Raminé ramener, v. a. Remettre une perſonne dans le lieu d’où elle étoit partie, je vous le ramene ſain & ſauf.

Il ſe dit auſſi des animaux, ramener un cheval à l’écurie.

Ramon balai, ſ. m. Inſtrument ſervant à nettoyer, à ôter les ordures d’une rue, d’une chambre, &c. balai de bouleau, de jonc, &c.

On dit prov. d’un valet nouveau qui ſert bien les premiers jours, que c’eſt un balai neuf, qu’il fait le balai neuf.

Ramonaſſe rave, ſ. f. Plante dont la racine eſt une ſorte de gros navet.

Rance crêpe, ſ. m. Sorte d’étoffe un peu friſée & fort claire qu’on met au chapeau quand on porte le deuil, il porte un crêpe à ſon chapeau.

Ranci rancir, v. n. Devenir rance, du lard qui commence à rancir.

Rânonbe renoncule, ſ. f. Plante dont il y a grand nombre d’eſpeces, tout le monde connoît celles qu’on cultive dans les jardins pour la beauté de leurs fleurs.

Rap râpe, ſ. f. Certain uſtenſile de ménage qui ſert à mettre en poudre du ſucre, de la muſcade, de la croute de pain & autres choſes ſemblables, une râpe de fer blanc.

On appelle râpe à tabac, une râpe plate dont on ſe ſert pour mettre en poudre du tabac.

Rapâh’té (s’) ſe défâcher, v. réc. S’appaiſer après s’être mis en colere, il n’a guere d’uſage qu’en certaines phraſes proverbiales, s’il eſt fâché, qu’il ſe défâche, s’il ſe fâche, il aura la peine de ſe défâcher, il aura deux peines, de ſe fâcher & de ſe défâcher.

Rapeheû martinet-pêcheur, ſ. m. Eſpece d’oiſeau qui ſe tient ordinairement le long des rivieres & qui y plonge pour prendre de petits poiſſons.

Rapehî pêcher, v. a. Il ſe dit de tout ce qu’on tire de l’eau, pêcher du bois qui eſt emporté par le courant de l’eau.

Repêcher, v. a. Retirer de l’eau, du fond de l’eau ce qui y étoit tombé, il étoit tombé dans le fond de la riviere, on l’a repêché à demi-mort, repêcher des caiſſes de marchandiſes.

Rapenſé repenſer, v. a. Penſer de nouveau, méditer avec plus d’attention.

Rapeſsî & rapetaſſé rapetaſſer, v. a. Raccommoder groſſiérement de vielles hardes, y mettre des pieces, rapetaſſer un vieil habit.

Rapiécer, rapiéceter, v. a. Mettre des pieces à du linge, à des habits, à des meubles, rapiécer du linge, rapiéceter des meubles.

Rapiné léſiner, v. n. Epargner ſordidement juſque dans les moindres choſes, il léſine ſur toutes choſes.

Grimeliner, v. n. Faire quelque petit gain, ménager quelque petit profit dans un marché, dans une affaire, il s’amuſe à grimeliner, il eſt du ſtyle fam.

Raſcrâwé recogner, v. a. Repouſſer, il a voulu faire cette tentative, on l’a bien recogné, il eſt populaire.

Rabrouer, v. a. Rebuter avec rudeſſe & avec mépris, ſi vous lui parlez de cela, il vous rabrouera terriblement, étrangement ; ſon uſage le plus ordinaire eſt quand il s’agit de propoſitions que l’on déſapprouve, que l’on rejette.

Regouler, v. a. Repouſſer avec des paroles dures & fâcheuſes, un homme qui dit quelque choſe, il eſt populaire.

Râskignou roſſignol, ſ. m. Petit oiſeau de paſſage qui vient au printemps & dont le chant eſt fort agréable, j’ai ouï chanter le roſſignol.

Raſkûre ratteindre, rattraper, v. a. Ils ſe diſent ſoit en parlant d’un priſonnier qui s’étoit échappé, ſoit en parlant d’un homme qu’on vient de quitter & qui a pris le devant pour aller au même endroit où l’on veut aller, on envoya des gens après le priſonnier qui s’étoit évadé, mais il étoit déjà ſi loin, qu’ils ne purent le ratteindre, il vient de partir, mais j’eſpere le ratteindre bientôt, allez toujours devant, je vous aurai bientôt rattrapé.

Raſſafté rapétaſſer, rapiécer, voy. Rapeſſî.

Raſſîre ſe raſſeoir, v. réc. Il ſe dit des liqueurs qui s’épurent en ſe repoſant, & des humeurs, des eſprits qui ont été échauffés, émus, il faut laiſſer raſſeoir ce vin, ſa bile eſt émue, il la faut laiſſer raſſeoir.

Raſſucité ratatiné, part. Il ne ſe dit proprement que des perſonnes & ſignifie, raccourcir, rapetiſſé par l’âge ou par quelque maladie, une vielle ratatinée, avoir le viſage ratatiné.

On dit une pomme ratatinée, pour dire, une pomme ridée, flétrie.

Raſtreuti rétrécir, v. a. Rendre plus étroit, il a fait rétrécir ſes habits.

Ratî ratier, ratiere, ſ. Terme populaire qui ſe dit d’une perſonne pleine de bizarreries, de caprices & de fantaiſies, c’eſt un ratier, une ratiere.

Râve rable, ſ. m. Inſtrument pour tirer la braiſe du four, barre de fer en crochet pour remuer des ſubſtances que l’on calcine.

Raviguré raviver, v. a. Rendre plus vif, il ſe dit du feu, jetter de l’eau ſur le feu d’une forge pour le raviver, on dit auſſi, cet élixir ravive les eſprits.

Ravigoter, v. a. Remettre en force, en vigueur une perſonne, un animal qui ſembloit foible & attenué, il ſe ſentoit foible, on lui a fait prendre un doigt de vin qui l’a peu ravigoté, il eſt populaire.

Raviſé reſſembler, v. n. Avoir du rapport, de la conformité avec quelqu’un, avec quelque choſe, ce fils reſſemble à ſon pere, ils ſe reſſemblent de viſage, de façon de faire, &c.

Raviſé (s’) ſe raviſer, v. réc. changer d’avis, il vouloit avoir telle choſe, mais il s’eſt raviſé, vous vous raviſerez.

Rawette ſurcroît, ſ. m. Augmentation, ce qui eſt ajouté à quelque choſe, & qui en accroît le nombre ou la quantité.

Raw’hi aiguiſer, v. a. Rendre le bout de quelque choſe aigu par le marteau ou le tranchant, on aiguiſe un pieu, une épingle.

Affuter, v. a. Terme de menuiſier, aiguiſer du bois, affuter un bâton par les deux bouts.

Rây arracher, v. a. Détacher avec effort ce qui tient à quelque choſe, arracher les cheveux, des herbes, on ne ſauroit arracher une pierre de ce mur qu’à grands coups de pique & de marteau.

Déplanter, v. a. Ôter un arbre, une plante de terre pour les planter ailleurs, déplanter un jeune arbre, déplanter des laitues, cet homme ne fait que planter & déplanter.

R’batou on dit, qu’on eſt rebattu de quelque choſe, qu’on en a les oreilles rebattues, pour dire, qu’on eſt las d’en entendre parler.

R’bouté paſſer, v. n. Ne point faire jouer.

R’bouwé blanchir, v. a. On dit qu’une femme blanchit quelqu’un, pour dire, qu’elle blanchit le linge de celui dont on parle.

R’brochî regorger, v. n. Il ne ſe dit au propre que de l’eau & des autres liqueurs & ſignifie, déborder, s’épancher hors de ſes bornes.

Regonfler, v. n. Il ſe dit des eaux courantes qui s’enflent & s’élevent quand elles ſont arrêtées par quelque obſtacle, les ruines de ce pont ont fait regorger, regonfler la riviere.

R’chergî recharger, v. a. Impoſer de nouveau quelque charge, on avoit déchargé les mulets, il fallut les recharger.

Il ſignifie auſſi, charger de nouveau une arme à feu.

Recharger un eſſieu, c’eſt groſſir les bras d’un eſſieu, uſés & affoiblis par le frottement.

R’clamé répéter, v. a. Redemander ce qu’on prétend qui a été pris contre les regles ordinaires, il ſe dit des perſonnes & des choſes, répéter un criminel, répéter un cheval.

R’dohî émouſſer, v. a. Rendre moins tranchant, moins perçant, ôter la pointe à un inſtrument qui perce, qui coupe, émouſſer un raſoir, émouſſer la pointe d’une épée.

Il eſt auſſi réciproque, les ferrements s’émouſſent quand on frappe ſur quelque choſe de trop dur.

Se reboucher, v. réc. Se fauſſer, ſe replier, l’épée ſe reboucha contre ſa cuiraſſe, la pointe de cette épée ne vaut rien, elle ſe rebouche.

On dit fig. regorger de biens, de richeſſes, de blés, de vin, &c. pour dire, en avoir une grande abondance.

R’drovi rouvrir, v. a. Ouvrir de nouveau.

Recenne carotte, ſ. f. Sorte de racine bonne à manger, faire cuire des carottes.

Recheu crachoir, ſ. m. Eſpece de boîte ſans couvercle, remplie de ſable, qu’on met dans les Egliſes, cabinets, &c. pour y cracher.

Rechî cracher, v. a. Jetter dehors de la ſalive, ou autre choſe qui incommode dans la bouche, il crache du ſang, ne crachez pas ſur moi.

Rechî foû recracher, v. a. Rejetter ce qu’on a pris dans la bouche.

Rechon crachat, ſ. m. Le flegme ou la pituite que l’on crache.

On dit prov. qu’une maiſon eſt bâtie de boue & de crachat, pour dire, qu’elle n’eſt pas ſolidement bâtie, & qu’on y a employé de méchants matériaux.

On dit prov. d’un homme malheureux, qu’il ſe noyeroit dans ſon crachat.

Salive, ſ. f. Humeur aqueuſe & un peu viſqueuſe qui coule dans la bouche, il rend beaucoup de ſalive.

Reclôre clorre, v. a. Ce verbe quant aux temps ſimples, n’eſt en uſage qu’aux trois perſonnes du ſingulier du préſent de l’indicatif, je clos, tu clos, il clôt ; au futur de l’indicatif, je clorrois, environner de haies, de murs, de foſſés, clorre un jardin, clorre de haie, de murailles.

Recouliſſe jus de régliſſe, ſ. m. Le ſuc de la régliſſe.

Recrâhî rengraiſſer, v. a. Faire redevenir gras, on a rengraiſſé ce cheval avec du ſon.

Recrâhî (s’) rengraiſſer, v. n. Devenir plus gras, depuis qu’il prend du lait il a engraiſſé.

Reg crible, ſ. m. Inſtrument dont le fond eſt percé de pluſieurs petits trous & qui ſert à ſéparer le bon grain d’avec le mauvais, & d’avec les ordures, grand crible.

Regreie dragée, ſ. m. Menu plomb dont on ſe ſert pour tirer aux oiſeaux, groſſe dragée.

Reie tringle, ſ. f. Une baguette équarrie, longue, plate & étroite, qui ſert à pluſieurs uſages dans la menuiſerie.

Reine grenouille, ſ. f. Petit animal qui vit ordinairement dans les marais, grenouilles frites.

Reine glôde reine-claude, ſ. f. Sorte de prune.

Rekaté faire une recherche c’eſt-à-dire remettre des pavés neufs aux endroits où il en manque, il n’eſt pas néceſſaire de relever ce pavé, il ſuffira d’y faire une recherche.

Reliqua graillon, ſ. m. Les reſtes ramaſſés d’un repas, un ragoût qui ſent le graillon, les gueux vivent de graillons.

Reminé remener v. a. Mener, conduire un perſonne, un animal au lieu où il étoit auparavant, remenez cet enfant à ſon logis.

Remmener, v. a. Tirer quelqu’un du lieu où il eſt, & l’emmener avec ſoi, remmenez cet homme.

Renairî aérer, v. a. Chaſſer le mauvais air, donner de l’air, il faut aérer cette chambre.

Renawî revauder, v. n. Racommoder de méchantes hardes à l’aiguille, elle s’amuſe à ravauder tout le long du jour.

Reprendre, v. a. On dit reprendre une toile, une étoffe, un bas de ſoie, de laine, de coton, pour dire, les rejoindre, ces bas ſont trop rompus, on aura de la peine à les reprendre.

Rende rendre, v. a. Remettre à quelqu’un ce qui lui appartient.

Redonner, v. a. Donner une ſeconde fois la même choſe, j’avois rendu cette terre à mon pere, il me l’a redonnée.

On dit par exagération, ce remede m’a redonné la vie.

Renpli combler, v. a. Remplir un creux, un vide, combler un foſſé.

Repoirté dénoncer, v. a. Déférer en juſtice, dénoncer quelqu’un au magiſtrat.

Reſcoulé reculer, v. a. Tirer en arriere, reculez la table.

Il ſignifie au figuré, retarder quelque affaire, on a reculé le payement de ſix mois.

Il ſe joint auſſi avec le pronom perſonnel, il ſe recula du feu, il ſe recula bien loin delà.

Reculer eſt auſſi verbe neutre, & ſignifie, aller en arriere, le canon recule en tirant.

On dit d’une arme à feu, qu’elle repouſſe, pour dire, que la croſſe donne rudement contre l’épaule de celui qui tire, ce fuſil étoit trop chargé, il a repouſſé.

Reſdondé retentir, v. n. Rendre, renvoyer un ſon éclatant, les échos retentiſſoient.

On dit, ce bruit m’a retenti dans l’oreille, pour dire, m’a fortement frappé l’oreille.

Réſonner, v. n. Retentir, renvoyer le ſon, cette voute réſonne bien.

On dit, qu’une voix, une cloche, &c. réſonne bien dans un certain lieu, pour dire, qu’elle y rend un grand ſon, beaucoup de ſon.

Reſpet on dit tenir une choſe en état, pour dire, la tenir ferme, afin qu’elle ne branle pas, qu’elle ne ſe démonte pas, il faut mettre des liens de fer pour tenir ces poutres en état.

Reſpouné (s’) ſe tapir, v. réc. Se cacher en ſe tenant dans une poſture raccourcie & reſſerrée, ſe tapir derriere une haie, ſe tapir dans un blé, dans un coin.

Reſpounette cligne-muſſette, ſ. f. Jeu d’enfants, dans lequel l’un d’eux ferme les yeux, tandis que les autres ſe cachent en divers endroits où il les doit chercher pour les prendre, jouer à cligne-muſſette, à la cligne-muſſette.

Ret rais, ſ. m. Piece qui entre par un bout dans le moyeu de la roue, & par l’autre dans les jantes, il y a un rais rompu à cette roue.

Retrôkî (s’) ſe clapir, v. réc. Se cacher dans un trou, il ſe dit particuliérement des lapins.

Se tapir, Voy. s’reſpouné.

Se terrer, v. réc. Il ne ſe dit au propre que de certains animaux, pour dire, ſe cacher ſous terre, ce renard s’eſt terré quand il s’eſt vu pourſuivi.

Reû gourd, gourde, adj. Qui eſt devenu comme perclus par le froid, il n’a guere d’uſage qu’au féminin & en parlant des mains, avoir les mains gourdes.

Reû moir on dit, il eſt tombé roide mort, il a été tué tout roide, il demeura tout roide mort ſur place, pour dire, il eſt tombé mort, il a été tué tout d’un coup, il eſt du ſtyle fam.

Reupe rot, ſ. m. Ventoſité, vapeur qui ſort de l’eſtomac par la bouche avec bruit, faire un rot, des rots.

Reupé roter, v. n. Faire un rot, il ne fait que roter.

Reveie réveille-matin, ſ. m. Sorte d’horloge qui ſonne pendant un eſpace de temps, pour éveiller préciſément à l’heure, ſur laquelle on a mis l’aiguille en ſe couchant, je n’avois pas monté mon réveille-matin, il faut mettre le réveille-matin, il faut mettre le réveille-matin ſur telle heure, dans ce ſens on ne dis plus que réveil, ſ. m.

Rewe ou ri ru, ſ. m. Canal d’un petit ruiſſeau, les pluies ont fait déborder le ru.

Rewalpé renvelopper, v. a. Remettre ſous une enveloppe.

Rentortiller, v. a. Entortiller de nouveau.

Réze on dit, boiſſeau ras, meſure raſe, lorſque le grains qugon vend remplit, mais n’excede pas la hauteur de la meſure comble, vendre à boiſſeau ras, à meſure raſe.

Rezé raſer, v. a. Abattre rez pied, rez terre, en parlant d’un édifice, on raſe, rez terre, les maiſons des criminels de leze-majeſté.

Raſer ſignifie fig. paſſer tout auprès avec rapidité, une balle lui raſa le viſage.

Frayer, frôler, v. a. Toucher légérement quelque choſe en paſſant, le coup n’a fait que lui frayer la botte, la balle lui frôla les cheveux.

Ronger, v. a. Couper avec les dents à pluſieurs & fréquentes repriſes, un chien qui ronge un os.

Rezon gratin, ſ. m. La partie de la bouille qui demeure attachée au fond du poëlon, ce qu’on aime d’ordinaire le mieux de la bouillie, c’eſt le gratin.

R’fahî remmailloter, v. a. Remettre un enfant dans ſon maillot.

R’fé refaire, v. a. Faire encore une fois ce qu’on a déjà fait, raccomoder une choſe ruinée ou gâtée, recommencer, refaire un habit, ſi c’étoit à refaire je ne le ferois pas.

On dit au jeu des cartes, refaire, pour dire, redonner des cartes, vous avez mal donné il faut refaire.

Refaire ſignifie auſſi remettre en vigueur & en bon état, dans ce ſens il eſt auſſi réciproque, ce cheval s’eſt bien refait depuis peu.

Se dégorger, v. réc. On dit, que le poiſſon ſe dégorge, pour dire, qu’il ſe purge du goût de la marée ou de la ſenteur de la bourbe, le poiſſon ſe dégorge quand il eſt quelque temps dans l’eau claire & courante, cette carpe, cette tanche ſentira la bourbe, il la faudroit faire dégorger dans un réſervoir.

R’freudî refroidir, v. a. Rendre froid, le vent, la pluie a refroidi l’air.

Il eſt auſſi neutre, & ſignifie devenir froid, laiſſez refroidir ce bouillon.

Il eſt auſſi réciproque, il s’étoit échauffé, il s’eſt refroidi.

R’geté reſſuer, v. n. Il ſe dit des corps qui rendent & laiſſent ſortir leur humidité intérieure, tous les murs ſuent dans un dégel, & les murs neufs reſſuent pendant un certain temps.

Repouſſer, v. n. Pouſſer de nouveau, il faut couper cet arbre, il repouſſera du pied.

R’glati reſplendir, v. n. Briller avec grand éclat, la nuit étoit cleire, toutes les étoiles reſplendiſſoient, il n’eſt que du ſtyle ſoutenu.

Briller, v. n. Jetter une lumiere étincelante, le ſoleil brille, les étoiles brillent.

Reluire, v. n. Luire par réflexion.

On dit prov. & fig. tout ce qui reluit n’eſt pas or, pour dire, que ſouvent les apparences ſont trompeuſes, & que ce qui a le plus d’éclat, n’eſt pas toujours ce qui eſt le plus ſolide, il a grand équipage & fait grande dépenſe, mais tout ce qui reluit n’eſt pas or.

R’grognî regouler, v. a. Il eſt populaire ; & ſignifie, repouſſer avec des paroles rudes & fâcheuſes, un homme qui dit, qui propoſe quelque choſe, il ne faut pas ainſi regouler les gens.

Rabrouer, v. a. Rebuter avec rudeſſe & avec mépris, c’eſt un homme fâcheux, il rabroue tout le monde, il eſt du ſtyle fam.

Rechigner, v. n. Témoigner par l’air de ſon viſage la répugnance qu’on a, il fait les choſes de mauvaiſe grace & en rechignant, il eſt du ſtyle fam.

On dit un viſage rechigné, une mine rechignée, une petite vieille rechignée.

R’hapé reprendre, v. a. Prendre ce qu’on avoit vendu, donné, ſaiſir de nouveau ce qui s’eſt échappé ; on a repris cet oiſeau, qui s’étoit envolé.

R’hazi river, v. a. Abattre la pointe d’un clou ſur l’autre côté de la choſe qu’il perce & l’applatir en ſorte que ce ſoit comme une autre tête, river un clou, on ne ſauroit arracher ce clou il eſt rivé.

R’heûre on dit aller à la recouſſe, pour dire, délivrer, reprendre des perſonnes, du butin & autres choſes enlevées, emmenées par force, les gens de guerre emmenoient ſon bétail, il alla à la recouſſe, les ſergents le traînoient en priſon, tous ſes amis coururent à la recouſſe, le loup emportoit une brebis, le berger avec ſes chiens alla à la recouſſe.

R’hôſi rehauſſer, v. a. Hauſſer davantage, augmenter, ce plancher s’eſt affaiſſé, il le faut rehauſſer, le prix du blé eſt rehauſſé.

Hauſſer, v. a. Il ſignifie fig. augmenter, hauſſer les gages d’un domeſtique, hauſſer le prix du ſel.

Enchérir, v. a. Rendre une marchandiſe plus chere, ce marchand a fort enchéri ſes denrées.

Il eſt auſſi neutre, & ſignifie, devenir cher, hauſſer de prix, les blés ont fort enchéri, ſont fort enchéris, toutes les marchandiſes enchériſſent.

R’houkî rappeler, v. a. Appeler de nouveau, je l’ai appelé & rappelé ſans qu’il ait répondu.

Il ſignifie plus ordinairement faire revenir la perſonne qui s’en va, encore qu’on ne l’ait pas déjà appelée, je m’en allois & il m’a rappelé, il m’a fait rappeler.

R’hoûzé renfler, v. n. Il ſe dit des choſes qui augmentent de groſſeur en cuiſant, voila des pois, des haricots qui renflent bien.

Richâ geai, ſ. m. Oiſeau d’un plumage bigarré, qui eſt du genre de ceux auxquels on apprend à parler, le geai cajole.

Godet, ſ. m. Vaiſſeau attaché à une roue dont on ſe ſert pour élever de l’eau, c’eſt un godet qui fournir l’eau à ce jet d’eau.

Richard, ſ. m. Qui a beaucoup de biens, il ne ſe dit ordinairement que des perſonnes d’une condition médiocre, c’eſt un richard, un gros richard, il eſt du ſtyle fam.

Ricoirdé recorder, v. a. Répéter quelque choſe afin de l’apprendre par cœur, il ne ſe dit guere qu’en cette phraſe, recorder ſa leçon, & en parlant d’un homme qui tâche à ſe bien remettre dans, l’eſprit ce qu’il doit faire ou ce qu’il doit dire en quelque occaſion, on dit qu’il recorde ſa leçon.

Ridâde gliſſade, ſ. f. Action de gliſſer involontairement, le mouvement que l’on fait en gliſſant, il fit une gliſſade & tomba.

Ridan gliſſant gliſſante, adj. Sur quoi l’on gliſſe facilement ſans pouvoir s’y tenir ferme, quand il y a du verglas, il fait bien gliſſant.

Ridan tiroir, ſ. m. Eſpece de petite caiſſe ou layette qui eſt emboîtée dans une armoire, dans une table, dans un comptoire, & qui ſe tire par le moyen d’un bouton ou de quelque autre choſe équivalente, mettre des papiers dans un tiroir.

Ride gliſſoire, ſ. f. Chemin frayé ſur la glace pour y gliſſer & où les enfants, les jeunes gens gliſſent par divertiſſement, les enfants font des gliſſoires ſur les ruiſſeaux gelés.

Ridé gliſſer, v. n. Il ſe dit lorſque le pied vient tout d’un coup à couler ſur quelque choſe de gras ou d’uni, gliſſer ſur le pavé, le pied lui gliſſa & il tomba.

Il ſe dit auſſi de pluſieurs ſortes de choſes, l’échelle gliſſa, cela m’a gliſſé des mains.

Rigrognî (s’) ſe rebéquer, v. réc. Répondre avec quelque fierté à une perſonne à qui on doit du reſpect, il s’eſt rebéqué contre ſon maître, il eſt du ſtyle fam.

Rechigner, v. n. Témoigner par l’air de ſon viſage la mauvaiſe humeur où l’on eſt, il rechigne toujours.

Rihorbi eſſuyer, v. a. Ôter l’eau, la ſueur ou quelque autre choſe d’humide en frottant, eſſuyer ſes mains à une ſerviette ou avec un linge, eſſuyez cette table, s’eſſuyer les mains, &c.

Rihorbi l’cou ébrener, v. a. Ôter les matieres fécales d’un enfant, cette nourrice a ébrené ſon enfant.

On dit auſſi, remuer un enfant, pour dire le nettoyer, & le changer de langes.

Rikette ferraille, ſ. f. Vieux morceaux de fer uſés ou rouillés, de la ferraille, vielle ferraille, vendeur de vielle ferraille.

Rilevé (s’) ſe relayer, v. réc. Il ſe dit en parlant des ouvriers qu’on occupe à quelque travail les uns après les autres, il avoit tant de valets qui ſe relayoient l’un l’autre, les bourreaux ſe relayoient pour tourmenter les martyrs.

Rilîvreſſe garde, ſ. f. Femme qui ſert les accouchées & qui vit de ce métier, il lui faut une garde.

Rimouwé l’cîr & l’terre, on dit fig. & fam. remuer ciel & terre, pour dire, faire agir toutes ſortes de reſſorts, employer toutes ſortes de moyens, il a remué ciel & terre pour cela.

Rin di g’vâ, on dit qu’une choſe eſt en dos d’âne, quand elle eſt en talus de deux côtés.

Rin d’peu rame, ſ. f. Petit branchage que l’on plante en terre pour ſoutenir des pois, un fagot de rames, il eſt temps de mettre des rames à ces pois, ou bien de ramer ces pois.

Ringuel pince, voy. Hamaide.

Rinoï (s’) ſe rétracter, v. réc. Se dédire, il a été contraint de ſe rétracter des choſes qu’il avoit avancées.

Ripé râper, v. a. Mettre en poudre avec la râpe, râper de la croûte de pain pour mettre dans une ſauce.

Ripiſsî (s’) enchérir, v. n. Devenir cher, hauſſer de prix, toutes les marchandiſes enchériſſent. Les blés ont fort enchéri, ſont fort enchéris.

Riſmelé reſſemeler, v. a. Mettre de nouvelles ſemelles à une vielle chauſſure, reſſemeler des bas, des ſouliers.

Riſmeleg carrelure, ſ. f. Les ſemelles neuves qu’on met à de vieux ſouliers, à de vielles bottes, mettre une carrelure à des ſouliers.

Riſpâmé on dit, égayer du linge, pour dire, le laver dans de l’eau claire pour en faire ſortir tout le ſavon.

Riſpitté rebondir, v. n. Faire un ou pluſieurs bonds, on vit tomber le boulet de canon, & un moment après on le vit rebondir.

Rejaillir, v. n. Il ſe dit des corps ſolides qui en frappant d’autres corps ſont repouſſés & réfléchis, la balle porta contre la muraille & rejaillit juſqu’à lui, il a rejailli ſur moi un élcat de la pierre que j’avois jettée contre la muraille.

Riſpiteurre reſſentiment, ſ. m. Foible attaque, foible renouvellement d’un mal qu’on a eu, d’une douleur qugon a eue, il a encore un léger reſſentiment de ſa goutte.

Riſs’lé râteler, v. a. Amaſſer avec la râteau, râteler du foin, il ſignifie auſſi paſſer le râteau dans les allées, pour en ôter les cailloux, les feuilles, les herbes, &c., & pour les rendre plus unies, râteler des allées.

Riſs’lîre râtelier, ſ. m. On appelle ainſi dans une écurie & dans une étable, deux longues pieces de bois qui ſont ſuſpendues ou attachées au-deſſus de la mangeoire & traverſées par pluſieurs petits barreaux d’eſpace en eſpace, en forme d’une échelle couchée, pour y mettre le foin & la paille qu’on donne à manger aux chevaux, aux bœufs, &c. mettre du foin au râtelier, le râtelier eſt tout plein.

Crèche, ſ. f. La mangeoire des bœufs, des brebis & autres animaux ſemblables ; mettre du foin, du fourrage dans une crèche.

Riſtai râteau, ſ. m. Inſtrument d’agriculture & de jardinage avec lequel on ramaſſe du foin dans les prés, de l’orge, de l’avoine dans les champs, & l’on nettoie des allées dans les jardins, un râteau à dents de fer, un râteau à dents de bois, paſſer des allées au râteau.

Gril, ſ. m. (l’l. ne ſe prononce point dans le diſcours familier, & ſe mouille quand on la prononce) uſtenſile de cuiſine qui eſt fait de pluſieurs verges de fer miſes enſemble à quelque diſtance l’une de l’autre & ſur lequel on fait rôtir de la viande ou du poiſſon, mettre du boudin ſur le gril.

Fauchet, ſ. m. Eſpece de râteau qui a des dents de bois des deux côtés & qui ſert à ramaſſer l’herbe fauchée.

Riſtende on dit, repaſſer du linge, une étoffe, le repaſſer avec le fer, pour dire, le rendre plus uni, plus propre, en ôter les mauvais plis.

Dreſſer, v. a. Repaſſer, dreſſer un mouchoir de cou, dreſſer des rabats.

Riſtopé boucher, v. a. Fermer une ouverture, boucher un tonneau.

Reboucher, v. a. Boucher une ſeconde fois.

Engorger, v. a. Boucher le paſſage par où les eaux, ſe doivent écouler, les immondices ont engorgé cet égout.

Calfeutrer, v. a. Boucher les fentes d’une porte, d’une fenêtre avec du papier, ou des liſieres, &c. pour empêcher que le vent n’entre, il faut calfeutrer cette porte.

Riteie fruit, ſ. m. Terme de maçonnerie qui ſe dit de la retraite ou diminution d’épaiſſeur qu’on donne à une muraille à meſure qu’on l’éleve, donner du fruit à une muraille.

Ritiré (s’) ſe retirer, v. réc. Se raccourcir, cette toile ſe retire au blanchiſſage, du drap qui ſe retire à l’eau.

Se rétrécir, v. réc. Devenir plus étroit, le cuir ſe rétrécit à la pluie, au feu.

Ritrôkî (s’) ſe reclure, v. réc. Se renfermer dans une clôture étroite, il eſt allé ſe reclure dans une cellule proche d’une telle Egliſe, il n’a d’uſage qu’à l’infinitif, & aux temps formés du participe.

On dit qu’un homme eſt reclus dans ſa chambre ou dans ſa maiſon, quand il ne ſort point, & qu’il ne voit perſonne, il demeure reclus dans ſa maiſon tout du long de l’hiver.

Rivengî (s’) ſe revancher, v. réc. Se défendre, il eſt permis de ſe revancher quand on eſt attaqué.

Riv’ni al bok on dit de certaines viandes, qu’elles reviennent, pour dire, que lorſqu’on les a mangées, elles cauſent des rapports, qu’elles envoient des vapeurs qui en portent le goût, l’odeur, &c.

Riwâde affut, ſ. m. En terme de chaſſe il ſignifie l’endroit où l’on ſe poſte pour attendre le gibier à la ſortie du bois où à la rentrée, tirer un lievre à l’affut, attendre un ſanglier à l’affut.

On dit fig. & prov. être à l’affut, pour dire, être au guet, épier l’occaſion de faire quelque choſe, il y a long-temps, que je ſuis ici à l’affut.

R’jeton ſurgeon, ſ. m. Rejeton qui ſort du tronc, du pied d’un arbre, cet arbre n’a pas pouſſé de rameaux, il en eſt ſeulement ſorti quelques ſurgeons.

Tendron, ſ. m. Bourgeon, rejeton tendre de quelques arbres, de quelques plantes, les chevres broutent les tendrons des arbres & des plantes.

Drageon, ſ. m. Bouture, bourgeon, qui pouſſe au pied des arbres & des plantes, drageon de vigne, drageon d’œillet.

R’koûki marcotte, ſ. f. Les rejetons des œillets & autres plantes que l’on couche en terre pour leur faire prendre racine, afin de les tranſplanter, voilà de belles marcottes.

Marcotter, v. a. Coucher des branches ou des rejetons en terre pour leur faire prendre racine, marcotter des œillets.

R’kû ſournois, adj. Morne, penſif, & qui cache ce qu’il penſe, il ſe prend d’ordinaire en mauvaiſe part, humeur ſournoiſe, vous êtes bien ſounois.

Il eſt auſſi ſubſtantif, c’eſt un ſournois.

R’laveurre lavure, ſ. f. L’eau qui a ſervi à laver les écuelles, il n’a guere d’uſage qu’en cette phraſe, de la lavure d’écuelles.

R’lignî dégeler, v. a. Faire qu’une choſe qui étoit gelée ceſſe de l’être, le vent qu’il a fait depuis peu a dégelé la riviere.

Il eſt auſſi neutre, la riviere dégele, commence à dégeler.

Il ſe dit plus ordinairement dans l’imperſonnel, il déjele, quand il viendra à dégeler.

Il eſt auſſi réc. L’eau de fontaine commence à ſe dégeler.

Mettre du fruit dans de l’eau pour le faire dégeler.

R’lin dégel, ſ. m. Adouciſſement de l’air qui réſout la glace, le dégel eſt venu tout-à-coup.

R’miné paliſſer, v. a. Terme dont les jardiniers ſe ſervent, pour dire, attacher le long des murailles d’un jardin, les branches des arbres fruitiers, par le moyen d’un treillage ou de quelque autre choſe, paliſſer des pêchers, des poiriers.

R’monté haler, v. a. (H. s’aſpire) tirer à force de bras & avec une corde, il ne ſe dit, guere que d’un bateau, haler un bateau.

On dit, monter une horloge, une montre, un réveil, &c. pour dire en bander les reſſorts, ou en rehauſſer les contre-poids.

R’mouï arroſer, v. a. Mouiller quelque choſe en verſant de l’eau deſſus, arroſer des fleurs, arroſer un jardin.

R’mowe-manege remue-ménage, ſ. m. Dérangement de pluſieurs meubles, de pluſieurs choſes que l’on tranſporte d’un lieu à un autre, voilà un grand remue-ménage, il eſt fam.

Il ſe dit fig. des troubles & des déſordres qui arrivent dans les familles, dans les états, par des changements ſubits, il y a bien du remue-ménage, dans cette maiſon, dans cette province, il eſt du ſtyle fam.

R’naké, on dit d’un cheval, qu’il renifle ſur l’avoine, pour dire, qu’il repugne à en manger.

R’nardé dégobiller, v. a. Vomir les vins & les viandes qu’on a priſes avec excès, dégobiller ſon dîner, il eſt bas.

Dégueuler, v. n. Vomir, rendre gorge, il étoit ſi ſaoul, qu’il dégeula ſous la table, il ne ſe dit que d’un vomiſſement qui vient d’ecxès de débauche, il eſt bas.

Rendre, v. a. Il ſe dit en parlant de ce que le corps rejette par les conduits naturels, rendre un remede.

On dit, rendre gorge, pour dire, vomir, il eſt populaire.

R’non renonce, ſ. f. Terme dont on ſe ſert à certains jeux des cartes, pour marquer qu’on n’a point d’une couleur. On dit, ſe faire une renonce, pour dire, ſe mettre en état de couper une couleur, en ſe défaiſant des cartes qu’on a de cette même couleur, je me ſuis fait une renonce en pique, à pique.

R’nonci renoncer, v. n. Mettre une carte d’une autre couleur que celle qu’on joue, quoique l’on en ait, on joue pique & vous jouez trefle, vous renoncez.

Il ſignifie auſſi, manquer de quelque couleur, il renonce à pique, c’eſt-à-dire, il n’a point de pique.

R’nouflé renifler, v. n. Retirer en reſpirant un peu fort, l’humeur qui remplit les narines, ne reniflez pas, il renifle toujours.

R’nouki renouer, v. a. Nouer une choſe dénouée, renouer un ruban.

Robe d’Egliſe alumelle, ſ. f. Soutane ſans manche.

Rodingotte redingote, ſ. f. Mot tiré de l’Anglois, eſpece de caſque plus longue & plus large qu’un juſtaucorps, & dont on ſe ſert dans les temps de gelée, de pluie, & ſur-tout à cheval.

Rogeâte rougeâtre, adj. de t. g. Qui tire ſur le rouge, la lune étoit rougeâtre.

Rouſſâtre, adj. de t. g. Qui tire ſur le roux, ce grap eſt rouſſâtre, poil rouſſâtre.

Roge-faſſe rouge-gorge, ſ. m. Petit oiſeau qui a la gorge rouge.

Rogeur rougeur, rouſſeur, ſ. f. Ils ſe diſent de certaines taches rouges qui viennent principalement au viſage & ſur les mains, il lui eſt venu des rougeurs au front, avoir des taches de rouſſeur.

Roïe raie, ſ. f. Trait tiré de long avec une plume, un crayon, un pinceau, une pointe de couteau, &c. tirer, faire une raie ſur une muraille, ſur une feuille de papier, effacez cette ligne, tirez une raie deſſus.

Raie ſe dit auſſi de toutes les lignes, ſoit naturelles, comme celles qui ſe trouvent ſur la peau de quelque animaux, ſur les marbres, &c. ſoit artificielles, comme celles qu’on fait ſur des étoffes, le cheval a une raie noire ſur le dos, marbre marqué de raies noires, étoffes à grandes raies, à petites raies.

Il ſignifie auſſi l’entre-deux des ſillons, en ce pays-là les laboureurs font les raies fort creuſes.

Rôïetai roitelet, ſ. m. Fort petit oiſeau, qui niche dans les murailles, dans les buiſſons, qui eſt preſque toujours en mouvement.

Roitelet ſignifie auſſi un petit Roi.

Rôk rauque, adj. de t. g. Il ne ſe dit guere que du ſon de la voix & ſignifie, rude, âpre, une voix rauque, il a quelque choſe de rauque dans la voix.

Enroué participe du verbe enrouer, qui a la voix moins libre, moins nette qu’à l’ordinaire, un homme enroué, avoir la voix enrouée.

Rôkai enrouement, ſ. m. Incommodité de celui qui eſt enroué, avoir un grand enrouement.

Râle, ſ. m. Action de râler & le bruit qu’on fait en râlant, le râle de la mort.

On dit auſſi, le râlement de la mort.

Rôkî râler, v. n. Rendre en reſpirant un ſon enroué, cauſé par la difficulté de la reſpiration, râler en dormant, il ſe dit proprement des agoniſants, il eſt très-mal, ſa poitrine s’emplit, il commence à râler, on l’entend râler de l’antichambre.

Ronfler, v. n. Faire un certain bruit de la gorge & des narines en reſpirant pendant le ſommeil, cet homme-là ne fait que ronfler toute la nuit.

Caracouler, v. n. Crier, en parlant du pigeon, le mâle caracoule, & la colombe roucoule.

Rôlai rouleau, ſ. m. Gros bâton rond ſervant à divers uſages, un rouleau de pâtiſſier pour étendre la pâte.

On appelle auſſi rouleaux, certaines pieces de bois rondes, ſur leſquelles on fait rouler les fardeaux ; certaines pierres en forme de cylindre dont les jardiniers ſe ſervent pour applanir les allées dans les jardins.

Rôlé rouler, v. a. Faire avancer en la faiſant tourner, rouler un tonneau.

Rouler eſt auſſi neutre, & ſignifie, avancer en tournant, il tomba & roula du haut en bas du degré.

On dit, que l’argent roule dans un pays, pour dire, que l’argent circule dans le commerce, qu’il paſſe fréquemment d’une main à l’autre.

Rouler ſignifie encore fig., errer, ſans s’arrêter en un lieu, il y a long-temps qu’il roule par le monde.

On dit fig., mille penſées différentes lui roulent dans l’eſprit, pour dire, lui paſſent & lui repaſſent dans l’eſprit, ſans qu’il s’arrête, ſans qu’il ſe fixe à aucune.

Rôder, v. n. Tournoyer, courir, errer çà & là, il ſe dit plutôt en mauvaiſe part qu’en bonne. Il y a des voleurs qui rôdent dans cette forêt, on voit des gens qui rôdent autour de ſa maiſon pour l’arrêter.

Rôlette roulette, ſ. f. Eſpece de petite roue de bois, de fer, de cuivre, ſervant à faire rouler la petite machine où on l’attache.

Rolette de g’not rotule, ſ. f. Os cartilagineux, large & rond, ſitué ſur le genou, il a la rotule caſſée.

Ron butte, ſ. f. Petite élévation de terre ou de maçonnerie, au milieu de laquelle on place le but où l’on tire.

Roncin étalon, ſubſt. m. Cheval enteir, qui ſert, qu’on emploie à couvrir des cavales, bel étalon, ce cheval eſt bon à ſervie d’étalon.

Rouſſin, ſ. m. Cheval entier un peu épais & entre deux tailles, un attelage de rouſſins, être monté ſur un rouſſin.

Rondai rond, ſubſt. m. Figure circulaire, cercle, faire un rond, tirer, tracer un rond avec le compas.

Rouelle, ſ. f. Tranche de certaines choſes coupées en rond, rouelle de critron, de pomme, de betterave, couper des concombres par rouelles.

Rongeurre rognure, ſubſt. f. La partie qui a été rognée, rognure de papier, de livres de gants.

Rongî rogner, v. a. Retrancher quelque choſe des extrémités d’une étoffe, d’un morceau de fer blanc, rogner les bors d’un chapeau, c’eſt un crime puniſſable de mort, que de rogner les monnoies d’or ou d’argent.

Ronhe ronce, ſ. f. Eſpece d’arbuſte épineux & rampant, il trouve par-tout des ronces & des épines.

Ron koirdai cordonnet, ſubſt. m. Petit cordon pour attacher, pour enfiler quelque choſe, du cordonner pour enfiler des chapelets.

Rôſe d’égip réſéda, ſ. m. Plante qui croît à la hauteur d’un pied & demi, dont l’odeur eſt très-agréable.

Roſlan vermeil, adj. Qui eſt de la couleur d’un rouge un peu plus foncé que l’incarnat, il ſe dit principalement du teint, il a le teint vermeil, joues vermeilles.

Roſſai rouſſeau, ſ. f. Homme qui a le poil roux, il eſt rouſſeau, c’eſt un vilain rouſſeau.

Roſſai, roſſette, roux, rouſſe, adj. Qui eſt de couleur entre le jaune & le rouge, cheveux roux, barbe rouſſe.

On dit qu’un homme eſt roux, qu’une femme eſt rouſſe, pour dire qu’un homme, qu’une femme eſt de poil roux.

Roux eſt auſſi ſubſtantif, & ſignifie couleur rouſſe, il eſt d’un roux ardent, d’un vilain roux.

Roté marcher, v. a. S’avancer d’un lieu à un autre par le mouvement des pieds, il ſe dit des hommes & des animaux, marcher poſément, peſamment, fiérement, il marche ſur les bouts des pieds.

On dit fam. d’un homme qui va bien du pied, qu’il marche comme un baſque, comme un chat maigre.

On dit fig. & fam., c’eſt un homme à qui il ne faut pas marcher ſur les pieds, pour dire, qu’il eſt dangereux de le choquer.

Roteg marcher, ſ. m. La maniere dont on marche, je le reconnois à ſon marcher.

Rôti gréſiller, v. a. Faire que quelque choſe ſe fronce, ſe rétréciſſe, ſe raccorniſſe, ſe retire, le ſoleil gréſillera ces fleurs, ſi vous ne les couvrez.

On dit une pomme ratatinée, pour dire, une pomme ridée, flétrie.

Roubieſſe étourdi, ie, adj. Qui agit ſans conſidérer ce qu’il fait, cette femme eſt fort étourdie.

Roubieſs’men à l’étourdie, étourdiment, adv. Inconſidérément, agir à l’étourdie, cette affaire eſt importante, il ne faut pas y aller à l’étourdie, il fait toutes choſes ſi étourdiment que…

On dit fig. & prov., de but en blanc, pour dire, bruſquement, il lui alla dire de but en blanc que.

Roubin mouton, ſ. m. Eſpece de gros billot de bois armé de fer, avec quoi on enfonce des pieux, on a enfoncé ces pieux juſqu’à refus de mouton, on l’appelle auſſi une hie.

Roudion grelot, ſ. m. Petite ſonnette de métal creuſe & ronde, dans laquelle il y a une petite boule auſſi de métal qui rend un ſon dès qu’on remue la ſonnette, ce chien a un collier avec des grelots, les hochets d’enfants ont des grelots.

Rouviſſe oublieux, oublieuſe, adj. Sujet à oublier facilement, les vieillards ſon ordinairement oublieux, cette femme eſt extrêmement oublieuſe.

Rouwé rouer, v. a. Punir du ſupplice de la roue, on l’a roué vif, on l’a condamné à être roué vif.

On dit, fig., rouer un homme de coups, de coups de bâton, ou bien, échiner de coups, pour dire, le battre outrageuſement.

Rôzî roſier, ſ. m. Arbuſte qui porte des roſes.

R’paſſé repaſſer, émoudre, rémoudre, v. a. Aiguiſer ſur une meule, donner de nouveau le tranchant & le fil, repaſſer, émoudre des couteaux, des raſoirs, des ciſeaux.

R’pîté, on dit, reprendre un mur ſous œuvre, par deſſous œuvre, pour dire, rebâtir les fondements d’un mur, en ſoutenant le reſte de l’édifice par des étaies.

R’plakeg renformis, ſubſt. m. Terme de maçonnerie, enduit ou crépi qu’on fait ſur une muraille endommagée.

R’plaki renformir, ou renformer, v. a. Rétablir une muraille par un enduit épais.

R’prende épiſſer, v. a. Entrelacer une corde avec une autre, en mêlant enſemble leurs fils ou cordons.

R’prové, on dit, reprocher un plaiſir, reprocher un bienfait, pour dire, remettre devant les yeux un bienfait, un plaiſir à celui qui les a reçus, comme l’accuſant de les avoir oubliés.

R’queri requérir, v. a. Je requiers, nous requérons, ils requierent, je requérois, je requis, j’ai requis, je requerrai, requiers, requérez, que je requierre, que je requiſſe, je requerrois, &c. prier de quelque choſe, qui eſt-ce qui vous en a requis ? C’eſt lui qui m’en a requis.

R’ſaiwe recoupe, ſ. f. Farine qu’on tire du ſon remis au moulin, faire du pain de recoupe.

R’ſechi retirer, v. a. Tirer à ſoi une choſe que l’on avoit pouſſée dehors, ainſi on dit, fam. retirer ſon haleine, pour dire, faire rentrer de l’air dans ſa poitrine.

On dit fig. & prov. retirer ſon épingle du jeu, pour dire, ſe dégager d’une affaire, d’une intrigue dangereuſe.

R’ſémi aiguiſer, v. a. Rendre plus tranchant, rendre plus aigu, aiguiſer la pointe d’un couteau.

R’ſémieu gagne-petit, ſubſt. m. Remouleur, celui dont le métier eſt d’aller dans les rues pour émoudre des couteaux, des ciſeaux, des haches, &c. faites venir ce gagne-petit.

R’ſôdé reſſouder, v. a. Remettre de la ſoudure aux endroits où il en manque.

R’ſouwé eſſuyer, v. act. Ôter l’eau, la ſueur, ou quelque autre choſe d’humide en frottant, eſſuyer de la vaiſſelle qu’on a lavée.

Secher, v. a. Rendre ſec, le vent ſeche les chemins.

R’tamhî reſſaſſer, v. a. Saſſer de nouveau, reſſaſſer de la farine.

On dit fig. reſſaſſer quelqu’un reſſaſſer la conduite de quelqu’un, pour dire, l’examiner exactement & avec ſoin pour voir s’il n’y a rien à redire, on l’a bien ſaſſé & reſſaſſé, il eſt fam.

R’tapé rejetter, v. a. Repouſſer, jetter une choſe dans l’endroit d’où on l’avoit tirée, on lui avoit jetté la balle, il la rejetta avec la même force, comme il n’avoit pris que de petits poiſſons il les rejetta dans l’eau.

On dit fig. rejetter la faute ſur quelqu’un, pour dire, en accuſer un autre pour ſe diſculper.

R’toide retordre, v. a. Tordre, en parlant du fil ou de la ficelle quand on en tord deux ou trois enſemble.

R’tourné retomber, v. n. Tomber encore, il retombe à toute heure dans les mêmes fautes.

On dit auſſi fig. & abſolument, retomber, pour dire, être attaqué de nouveau d’une maladie dont on croyoit être guéri, s’il retombe, il en mourra.

Retomber ſignifie quelquefois ſimplement tomber ; & il ſe dit des choſes qui, ayant été élevées, tombent. Ce jet d’eau retombe à plomb dans ſon baſſin.

On dit fig. qu’une perte, qu’un blâme, &c. retombe ſur quelqu’un, pour dire, qu’il en eſt chargé, qu’il en porte la peine, les frais du procès retomberent ſur un tel.

Récidiver, v. n. Retomber dans une faute, prenez garde à ne pas récidiver.

R’tourné ſot ſe pas rebrouſſer, v. a. Retourner ſubitement en arriere, quand il apprit cette nouvelle, il rebrouſſa chemin, on dit auſſi abſolument, comme il alloit à la campagne, il reçut une nouvelle qui le fît rebrouſſer tout court.

R’troſſi rebraſſer, v. a. Retrouſſer, rebraſſer ſes manches, ſon chapeau, il eſt vieux.

Rubi ſot l’onk, on dit faire payer rubis ſur l’ongle, pour dire, faire payer exactement & avec la derniere rigueur, il eſt fam.

Ric-à-ric, façon de parler adverbiale, avec une exactitude entiere, à la rigueur, je le ferai payer ric-à-ric, on lui a payé ric-à-ric tout ce qui lui étoit dû, il eſt du ſtyle fam.

R’venge revanche, ſ. f. Action par laquelle on ſe revanche du mal qu’on a reçu, on l’avoit matraité, mais il en a eu ſa revanche.

Revanche ſe dit au jeu, de la ſeconde partie que joue le perdant, pour ſe racquitter de la premiere, jouer la revanche, prendre, demander ſa revanche.

Il ſe dit auſſi de toute repriſe de jeu demandée pour ſe racquitter de ce qu’on a perdu, pour regagner ce qu’on a perdu auparavant, j’ai perdu mon argent au piquet, ſi vous voulez je prendrai ma revanche au trictrac, il y a quelque temps que vous me gagnâtes mon argent, quand voulez-vous me donner ma revanche ?

R’vengî revancher, v. a. Défendre quelqu’un qui eſt attaqué, le ſoutenir, l’aider, le ſecourir dans une querelle, il a bien revanché ſon ami, il eſt venu revancher ſon camarade.

Rûle regle, ſ. f. Inſtrument long, droit & plat, fait de bois dont on ſe ſert pour prendre quelque meſure ou pour regler quelque choſe, dreſſer une piece de bois à la regle, ſe ſervir de la regle & du compas.

R’waï on dit, guéer un cheval, pour dire, le faire entrer dans la riviere juſqu’au ventre & l’y promener pour le laver & le rafraîchir.

R’wâr langueyeur, ſ. m. Celui qui eſt commis pour langueyer les porcs, le langueyeur eſt obligé de dire ſi le porc eſt ladre ou non.

R’wardé langueyer, v. a. Viſiter la langue d’un porc, pour voir s’il eſt ſain ou ladre, langueyer un cochon.

R’weri guérir, v. a. Délivrer de maladie, redonner la ſanté, ce médecin l’a guéri d’un mal qui paroiſſoit incurable.

Il ſe dit auſſi des maladies, guérir la fievre, cette emplâtre guérit les contuſions.

Il eſt auſſi neutre, j’eſpere guérir bientôt, il eſt malade, mais il en guérira.

Il eſt auſſi réciproque, votre mal commence à ſe guérir.

Il ſe dit fig. des paſſions, il avoit une paſſion extrême pour le jeu, l’en voilà tout-à-fait guéri.

R’weſté reſſerrer, v. a. Remettre une choſe dans le lieu d’où on l’avoit tirée & où elle étoit enfermée, reſſerrez cette vaiſſelle d’argent dans l’armoire, les marchands ont reſſeré toutes les marchandiſes qu’ils avoient étalées.

Ryeſſe arête, ſ. f. On appelle ainſi dans le corps des poiſſons, ce qui ſert à ſoutenir leur chair, comme les os ſoutiennent la chair des animaux, avoir une arête dans le goſier, il s’étrangla d’une arête, prenez garde aux arêtes.

On dit d’une piece de bois, comme d’une poure ou d’une ſolive, qu’elle eſt taillée à vive arête, pour dire, qu’on l’a bien équarrie, qu’on n’y a laiſſé ni l’écorce, ni aubier, & que tous les angles en ſont bien marqués.

Arête ſignifie auſſi, le bord de l’enclume, le côté angulaire de quelque corps.