Discussion:Et le feu s’éteignit sur la mer…

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Informations sur l’édition de Et le feu s’éteignit sur la mer…

Édition : Texte intégral. Première édition, A. Messein, Paris, 1909


Source : Gallica


Contributeur(s) : Tomthepsg Herisson VIGNERON Pikinez Hsarrazin


Niveau d’avancement : Relu et corrigé


Remarques : Orthographe et ponctuation originales respectées, accentuation des majuscules, correction des coquilles et anomalies typographiques


Relu et corrigé par : GeorgesLeGoff2906


Illustration de la couverture et de la page de titre[modifier]

Ernest Brisset (1872-1933)

Orthographe, vocabulaire (forme(s) ancienne(s) relevée(s) dans le texte)[modifier]

  • Aromes (p. 122)
  • Au dedans (p. 87)
  • Au dehors (pp. 161, 230)
  • Entre temps (p. 150)
  • Fiord (p. 80)
  • Harmonica (Une) (p. 124)
  • Malechance (p. 84)
  • New-York (pp. 18, 113)
  • Résonnance (p. 219)
  • Thibétain (p. 197)

Critiques[modifier]

Le Matin [1][modifier]

ET LE FEU S'ETEIGNIT SUR LA MER' Fersen

La beauté fatale et perverse, qui, voilà trente ans, passait dans notre littérature au galop de son cheval a trouvé chez nos romanciers une forme nouvelle. Elle est devenue l'Américaine ; elle est devenue la miss ignorante — très conventionnelle d'ailleurs — qui, Christophe Colomb à rebours, découvre l'Europe, la maîtresse de forges milliardaire qui conquiert à coups de canne de golf notre race aristocratique. Dans ce très agréable roman, elle s’appelle Nelly ; après avoir trompé plusieurs admirateurs en restant honnête, elle trompe d'une autre façon son mari, Gérard, qui l'a épousée par amour et par pitié, et qui n'a d'autre souci que de faire de sa vie une œuvre d'art. La voyant détruite, il se tue. Et le feu s'éteint.

C'est dommage. Car il avait été un peu long à s'allumer.

La société nouvelle [2][modifier]

Et le feu s'éteignit sur la mer..., par Fersen (Paris, Messein). -- Voici les moeurs d'une société toute moderne. La famille d'un instrumentiste célèbre : une femme que la solitude et les malheurs intimes amène à la folie, des filles que le tourbillon de la vie conduit à la vie irrégulière puis à la désespérance des cloîtres religieux, et, enfin, un fils... Celui-ci est sculpteur d'art. Il a une âme supérieure. Son esprit n'a pas été corrompu. Il a échappé à la maladie de son monde qui est l'inconsistance, la légèreté et l'amoralité complète ; c'est lui qui sera le plus cruellement déçu ; il épousera une petite snobinette dévoyée et la verra disparaître au bras d'un rastaquouère : il se tue.

Roman d'une vie étrange et mouvementée, Et le feu s'éteignit sur la mer, renferme d'admirables évocations descriptives de l'Italie. Naples, Rome, Capri, Venise sont amoureusement peintes sur le décor de ces idylles mensongères, vaines et cruelles que M. Fersen étudie. Ces paysages ensoleillés accroissent le ton sceptique du livre et font qu'on devine, plissé, au coin des lèvres de l'écrivain, un sourire lassé, blasé, désabusé -- le pli éternel de la déception humaine.