El Arab, l’Orient que j’ai connu/Oran, Mers-El-Kébir

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Lugdunum (p. 123).

Oran, Mers-El-Kébir

Étant repassés par Aïn-Sefra pour y reprendre nos bagages, ce fut dans quelques-uns de ces trains dont j’ai parlé que nous gagnâmes Tlemcen. Avant de nous embarquer pour la France par Alger, nous voulions achever notre tour d’Oranie.

Je salue, au passage de mes souvenirs, la belle mosquée de Tlemcen, soignée comme une précieuse perle, et, dans son ombre fleurie, le vieil Arabe au sourire si bon, qui, nous montrant la tourterelle dont la cage était accrochée au mur, et qui roucoulait, nous fit remarquer combien dévotes sont les tourterelles, puisqu’elles passent leur temps à répéter le nom d’Allah.

Oran et son atmosphère espagnole est resté moins distinct dans ma mémoire que Mers-el-Kébir, ce petit coin devenu, de nos jours, si tragiquement célèbre. Au bord d’une Méditerranée de saphir, j’y ai surtout retenu, flammée par tant d’années de soleil, la vieille forteresse espagnole qui se dressait là, décor de théâtre, donnant à lire aux générations son orgueilleuse devise : Inexpugnabilis, alors qu’elle avait été-prise et reprise par tous les peuples — dont la France à laquelle elle appartenait désormais.