Essai sur les mœurs/Chapitre 64

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CHAPITRE LXIV.

De l’Espagne aux XIIe et XIIIe siècles.

Quand le Cid eut chassé les musulmans de Tolède et de Valence, à la fin du XIe siècle, l’Espagne se trouvait partagée entre plusieurs dominations. Le royaume de Castille comprenait les deux Castilles, Léon, la Galice, et Valence. Le royaume d’Aragon était alors réuni à la Navarre. L’Andalousie, une partie de la Murcie, Grenade, appartenaient aux Maures. Il y avait des comtes de Barcelone qui faisaient hommage aux rois d’Aragon. Le tiers du Portugal était aux chrétiens.

Ce tiers du Portugal, que possédaient les chrétiens, n’était qu’un comté. Le fils d’un duc de Bourgogne, descendant de Hugues Capet, qu’on nomme le comte Henri, venait de s’en emparer au commencement du XIIe siècle.

Une croisade aurait plus facilement chassé les musulmans de l’Espagne que de la Syrie ; mais il est très-vraisemblable que les princes chrétiens d’Espagne ne voulurent point de ce secours dangereux, et qu’ils aimèrent mieux déchirer eux-mêmes leur patrie, et la disputer aux Maures, que la voir envahie par des croisés.

(1114) Alfonse, surnommé le Batailleur, roi d’Aragon et de Navarre, prit sur les Maures Saragosse, qui devint la capitale d’Aragon, et qui ne retourna plus au pouvoir des musulmans.

(1137) Le fils du comte Henri, que je nomme Alfonso de Portugal, pour le distinguer de tant d’autres rois de ce nom, ravit aux Maures Lisbonne, le meilleur port de l’Europe, et le reste du Portugal, mais non les Algarves. (1139) Il gagna plusieurs batailles, et se fit enfin roi de Portugal.

Cet événement est très-important. Les rois de Castille alors se disaient encore empereurs des Espagnes. Alfonse, comte d’une partie du Portugal, était leur vassal quand il était peu puissant ; mais, dès qu’il se trouve maître par les armes d’une province considérable, il se fait souverain indépendant. Le roi de Castille lui fit la guerre comme à un vassal rebelle ; mais le nouveau roi de Portugal soumit sa couronne au saint-siége, comme les Normands s’étaient rendus vassaux de Rome pour le royaume de Naples, Eugène III confère, donne la dignité de roi à Alfonse et à sa postérité, à la charge d’un tribut annuel de deux livres d’or (ll47). Le pape Alexandre III confirme ensuite la donation moyennant la même redevance. Ces papes donnaient donc en effet les royaumes. Les états de Portugal, assemblés à Lamego, sous Alfonse, pour établir les lois de ce royaume naissant, commencèrent par lire la bulle d’Eugène III, qui donnait la couronne à Alfonse : ils la regardaient donc comme le premier droit de leur indépendance ; c’est donc encore une nouvelle preuve de l’usage et des préjugés de ces siècles. Aucun nouveau prince n’osait se dire souverain, et ne pouvait être reconnu des autres princes sans la permission du pape ; et le fondement de toute l’histoire du moyen âge est toujours que les papes se croient seigneurs suzerains de tous les États, sans en excepter aucun, en vertu de ce qu’ils prétendent avoir succédé seuls à Jésus-Christ ; et les empereurs allemands, de leur côté, feignaient de penser, et laissaient dire à leur chancellerie, que les royaumes de l’Europe n’étaient que des démembrements de leur empire, parce qu’ils prétendaient avoir succédé aux Césars. Cependant les Espagnols s’occupaient de droits plus réels.

Encore quelques efforts, et les musulmans étaient chassés de ce continent ; mais il fallait de l’union, et les chrétiens d’Espagne se faisaient presque toujours la guerre. Tantôt la Castille et l’Aragon étaient en armes l’une contre l’autre, tantôt la Navarre combattait l’Aragon ; quelquefois ces trois provinces se faisaient la guerre à la fois, et dans chacun de ces royaumes il y avait souvent une guerre intestine. Il y eut de suite trois rois d’Aragon qui joignirent à cet État la plus grande partie de la Navarre, dont les musulmans occupaient le reste, Alfonse le Batailleur, qui mourut en 1134, fut le dernier de ces rois. On peut juger de l’esprit du temps, et du mauvais gouvernement, par le testament de ce roi qui laissa ses royaumes aux chevaliers du Temple et à ceux de Jérusalem. C’était ordonner des guerres civiles par sa dernière volonté. Heureusement ces chevaliers ne se mirent pas en état de soutenir le testament. Les états d’Aragon, toujours libres, élurent pour leur roi don Ramire, frère du roi dernier mort, quoique moine depuis quarante ans, et évêque depuis quelques années. On l’appela le prêtre-roi, et le pape Innocent II lui donna une dispense pour se marier.

(1134) La Navarre, dans ces secousses, fut divisée de l’Aragon, et redevint un royaume particulier qui passa depuis, par des mariages, aux comtes de Champagne, appartint à Philippe le Bel et à la maison de France, ensuite tomba dans celles de Foix et d’Albret, et est absorbé aujourd’hui dans la monarchie d’Espagne.

(1158) Pendant ces divisions les Maures se soutinrent : ils reprirent Valence. Leurs incursions donnèrent naissance à l’ordre de Calatrava. Des moines de Cîteaux, assez puissants pour fournir aux frais de la défense de la ville de Calatrava, armèrent leurs frères convers avec plusieurs écuyers, qui combattirent en portant le scapulaire. Bientôt après se forma cet ordre, qui n’est plus aujourd’hui ni religieux ni militaire, dans lequel on peut se marier une fois, et qui ne consiste que dans la jouissance de plusieurs commanderies en Espagne.

Les querelles des chrétiens durèrent toujours, et les mahométans en profitèrent quelquefois. Vers l’an 1197, un roi de Navarre, nommé don Sanche, persécuté par les Castillans et les Aragonais, fut obligé d’aller en Afrique implorer le secours du miramolin de l’empire de Maroc ; mais ce qui devait faire une révolution n’en fit point.

Lorsque autrefois l’Espagne entière était réunie sous le roi don Rodrigue, prince peut-être incontinent, mais brave, elle fut subjuguée en moins de deux années ; et maintenant qu’elle était divisée entre tant de dominations jalouses, ni les miramolins d’Afrique, ni le roi maure d’Andalousie, ne pouvaient faire des conquêtes. C’est que les Espagnols étaient plus aguerris, que le pays était hérissé de forteresses, qu’on se réunissait dans les plus grands dangers, et que les Maures n’étaient pas plus sages que les chrétiens.

(1200) Enfin toutes les nations chrétiennes de l’Espagne se réunirent pour résister aux forces de l’Afrique, qui tombaient sur eux.

Le miramolin Mahomed-ben-Joseph avait passé la mer avec près de cent mille combattants, au rapport des historiens, qui ont presque tous exagéré ; on doit toujours rabattre beaucoup du nombre des soldats qu’ils mettent en campagne, et de ceux qu’ils tuent, et des trésors qu’ils étalent, et des prodiges qu’ils racontent. Enfin ce miramolin, fortifié encore des Maures d’Andalousie, s’assurait de conquérir l’Espagne. Le bruit de ce grand armement avait réveillé quelques chevaliers français. Les rois de Castille, d’Aragon, de Navarre, se réunirent par le danger. Le Portugal fournit des troupes. (1212) Ces deux grandes armées se rencontrèrent dans les défilés de la Montagne Noire[1] sur les confins de l’Andalousie et de la province de Tolède. L’archevêque de Tolède était à côté du roi de Castille, Alfonse le Noble, et portait la croix à la tête des troupes ; le miramolin tenait un sabre dans une main, et l’Alcoran dans l’autre. Les chrétiens vainquirent, et cette journée se célèbre encore tous les ans à Tolède le 16 juillet ; mais la victoire fut plus illustre qu’utile. Les Maures d’Andalousie furent fortifiés des débris de l’armée d’Afrique, et celle des chrétiens se dissipa bientôt.

Presque tous les chevaliers retournaient chez eux, dans ce temps-là, après une bataille. On savait se battre, mais on ne savait pas faire la guerre ; et les Maures savaient encore moins cet art que les Espagnols. Ni chrétiens ni musulmans n’avaient de troupes continuellement rassemblées sous le drapeau.

L’Espagne, occupée de ses propres afflictions pendant cinq cents ans, ne commença d’avoir part à celles de l’Europe que dans le temps des Albigeois. Nous avons vu[2] comment le roi d’Aragon, Pierre II, fut obligé de secourir ses vassaux du Languedoc et du pays de Foix, qu’on opprimait sous prétexte de religion, et comment il mourut en combattant Montfort, le ravisseur de son fils et le conquérant du Languedoc. Sa veuve, Marie de Montpellier, qui était retirée à Rome, plaida la cause de ce fils, qui régna depuis sous le nom de Jacques Ier, devant le pape Innocent III, et le supplia d’user de son autorité pour le faire remettre en liberté. Il y avait des moments bien honorables pour la cour de Rome. (1214) Le pape ordonna à Simon de Montfort de rendre cet enfant aux Aragonais, et Montfort le rendit. Si les papes avaient toujours usé ainsi de leur autorité, ils eussent été les législateurs de l’Europe.

Ce même roi Jacques est le premier des rois d’Aragon à qui les états aient prêté serment de fidélité ; c’est lui qui prit sur les Maures l’île de Majorque ; (1238) c’est lui qui les chassa du beau royaume de Valence, pays favorisé de la nature, où elle forme des hommes robustes, et leur donne tout ce qui peut flatter leurs sens. Je ne sais comment tant d’historiens peuvent dire que la ville de Valence n’avait que mille pas de circuit, et qu’il en sortit plus de cinquante mille mahométans ; comment une si petite ville pouvait-elle contenir tant de monde ?

Ce temps semblait marqué pour la gloire de l’Espagne et pour l’expulsion des Maures. Le roi de Castille et de Léon, Ferdinand III, leur enlevait la célèbre ville de Cordoue, résidence de leurs premiers rois, ville fort supérieure à Valence, dans laquelle ils avaient fait bâtir une superbe mosquée et tant de beaux palais.

Ce Ferdinand, troisième du nom, asservit encore les musulmans de Murcie. C’est un petit pays, mais fertile, et dans lequel les Maures recueillaient beaucoup de soie, dont ils fabriquaient de belles étoffes. (1248) Enfin, après seize mois de siége, il se rendit maître de Séville, la plus opulente ville des Maures, qui ne retourna plus à leur domination. Sa mort mit fin à ses succès (1252). Si l’apothéose est due à ceux qui ont délivré leur patrie, l’Espagne révère avec autant de raison Ferdinand que la France invoque saint Louis. Il fit de sages lois comme ce roi de France ; il établit comme lui de nouvelles juridictions ; c’est à lui qu’on attribue le conseil royal de Castille, qui subsista toujours depuis lui.

(1252) Il eut pour ministre un Ximénès, archevêque de Tolède ; nom heureux pour l’Espagne, mais qui n’avait rien de commun avec cet autre Ximénès, qui, dans le temps suivant, a été régent de Castille.

La Castille et l’Aragon étaient alors des puissances ; mais il ne faut pas croire que leurs souverains fussent absolus : aucun ne l’était en Europe. Les seigneurs, en Espagne plus qu’ailleurs, resserraient l’autorité du roi dans des limites étroites. Les Aragonais se souviennent encore aujourd’hui de la formule de l’inauguration de leurs rois : le grand justicier du royaume prononçait ces paroles au nom des états : Nos que valemos tanto como vos, y que podemos mas que vos, os hazemos nuestro rey y señor, con tal que guardeis nuestros fueros : si no, no. « Nous, qui sommes autant que vous et qui pouvons plus que vous, nous vous faisons notre roi, à condition que vous garderez nos lois ; sinon, non. »

Le grand justicier prétendait que ce n’était pas une vaine cérémonie, et qu’il avait le droit d’accuser le roi devant les états, et de présider au jugement : je ne vois point pourtant d’exemple qu’on ait usé de ce privilége.

La Castille n’avait guère moins de droits, et les états mettaient des bornes au pouvoir souverain. Enfin on doit juger que dans des pays où il y avait tant de seigneurs, il était aussi difficile aux rois de dompter leurs sujets que de chasser les Maures.

Alfonse X, surnommé l’Astronome ou le Sage, fils de saint Ferdinand, en fit l’épreuve. On a dit de lui qu’en étudiant le ciel il avait perdu la terre. Cette pensée triviale serait juste si Alfonse avait négligé ses affaires pour l’étude ; mais c’est ce qu’il ne fit jamais. Le même fonds d’esprit qui en avait fait un grand philosophe en fit un très-bon roi. Plusieurs auteurs l’accusent encore d’athéisme, pour avoir dit « que s’il avait été du conseil de Dieu, il lui aurait donné de bons avis sur le mouvement des astres ». Ces auteurs ne font pas attention que cette plaisanterie de ce sage prince tombait uniquement sur le système de Ptolémée, dont il sentait l’insuffisance et les contrariétés. Il fut le rival des Arabes dans les sciences, et l’université de Salamanque, établie en cette ville par son père, n’eut aucun personnage qui l’égalât. Ses tables alfonsines font encore aujourd’hui sa gloire, et la honte des princes qui se font un mérite d’être ignorants ; mais aussi il faut avouer qu’elles furent dressées par des Arabes.

Les difficultés dans lesquelles son règne fut embarrassé n’étaient pas, sans doute, un effet des sciences qui rendirent Alfonse illustre, mais une suite des dépenses excessives de son père. Ainsi que saint Louis avait épuisé la France par ses voyages, saint Ferdinand avait ruiné pour un temps la Castille par ses acquisitions mêmes, qui avaient coûté plus qu’elles ne valurent d’abord.

Après la mort de saint Ferdinand, il fallut que son fils résistât à la Navarre et à l’Aragon jaloux.

Cependant tous ces embarras, qui occupaient ce roi philosophe, n’empêchèrent pas que les princes de l’empire ne le demandassent pour empereur ; et s’il ne le fut pas, si Rodolphe de Habsbourg fut enfin élu à sa place, il ne faut, ce me semble, l’attribuer qu’à la distance qui séparait la Castille de l’Allemagne. Alfonse montra du moins qu’il méritait l’empire par la manière dont il gouverna la Castille. Son recueil de lois, qu’on appelle las Partidas, y est encore un des fondements de la jurisprudence : il dit dans ces lois que « le despote arrache l’arbre, et que le sage monarque l’ébranche ».

(1283) Ce prince vit, dans sa vieillesse, son fils don Sanche III se révolter contre lui ; mais le crime du fils ne fait pas, je crois, la honte du père. Ce don Sanche était né d’un second mariage, et prétendit, du vivant de son père, se faire déclarer son héritier à l’exclusion des petits-fils du premier lit. Une assemblée de factieux, sous le nom d’états, lui déféra même la couronne. Cet attentat est une nouvelle preuve de ce que j’ai souvent dit, qu’en Europe il n’y avait point de lois, et que presque tout se décidait suivant l’occurrence des temps et le caprice des hommes.

Alfonse le Sage fut réduit à la douloureuse nécessité de se liguer avec les mahométans contre un fils et des chrétiens rebelles. Ce n’était pas la première alliance des chrétiens avec les musulmans contre d’autres chrétiens, mais c’était certainement la plus juste.

Le miramolin de Maroc, appelé par le roi Alfonse X, passa la mer : l’Africain et le Castillan se virent à Zara, sur les confins de Grenade. L’histoire doit perpétuer à jamais la conduite et le discours du miramolin ; il céda la place d’honneur au roi de Castille. « Je vous traite ainsi, dit-il, parce que vous êtes malheureux, et je ne m’unis avec vous que pour venger la cause commune de tous les rois et de tous les pères. » Alfonse combattit[3] son fils, et le vainquit (1283) : ce qui prouve encore combien il était digne de régner ; mais il mourut après sa victoire.

Le roi de Maroc fut obligé de passer dans ses États : don Sanche, fils dénaturé d’Alfonse et usurpateur du trône de ses neveux, régna, et même régna heureusement.

La domination portugaise comprenait alors les Algarves, arrachées enfin aux Maures. Ce mot Algarves signifie en arabe pays fertile. N’oublions pas encore qu’Alfonse le Sage avait beaucoup aidé le Portugal dans cette conquête. Tout cela, ce me semble, prouve invinciblement qu’Alfonse n’eut jamais à se repentir d’avoir cultivé les sciences, comme le veulent insinuer des historiens qui, pour se donner la réputation équivoque de politiques, affectent de mépriser des arts qu’ils devraient honorer.

Alphonse le Philosophe avait oublié si peu le temporel qu’il s’était fait donner par le pape Grégoire X le tiers de certaines dîmes du clergé de Léon et de Castille, droit qu’il a transmis à ses successeurs.

Sa maison fut troublée, mais elle s’affermit toujours contre les Maures. (1303) Son petit-fils, Ferdinand IV, leur enleva alors Gibraltar, qui n’était pas si difficile à conquérir qu’aujourd’hui.

On appelle ce Ferdinand IV Ferdinand l’Ajourné, parce que dans un accès de colère il fit, dit-on, jeter du haut d’un rocher deux seigneurs qui, avant d’être précipités, l’ajournèrent à comparaître devant Dieu dans trente jours, et qu’il mourut au bout de ce terme. Il serait à souhaiter que ce conte fût véritable, ou du moins cru tel par ceux qui pensent pouvoir tout faire impunément. Il fut père de ce fameux Pierre le Cruel dont nous verrons les excessives sévérités ; prince implacable, et punissant cruellement les hommes, sans qu’il fût ajourné au tribunal de Dieu.

L’Aragon, de son côté, se fortifia, comme nous l’avons vu, et accrut sa puissance par l’acquisition de la Sicile.

Les papes prétendaient pouvoir disposer du royaume d’Aragon pour deux raisons : premièrement, parce qu’ils le regardaient comme un fief de l’Église romaine ; secondement, parce que Pierre III, surnommé le Grand, auquel on reprochait les vêpres siciliennes, était excommunié, non pour avoir eu part au massacre, mais pour avoir pris la Sicile, que le pape ne voulait pas lui donner. Son royaume d’Aragon fut donc transféré par sentence du pape à Charles de Valois, petit-fils de saint Louis ; mais la bulle ne put être mise à exécution : la maison d’Aragon demeura florissante ; et bientôt après les papes, qui avaient voulu la perdre, l’enrichirent encore. (1294) Boniface VIII donna la Sardaigne et la Corse au roi d’Aragon, Jacques IV, dit le Juste, pour l’ôter aux Génois et aux Pisans, qui se disputaient ces îles : nouvelle preuve de l’imbécile grossièreté de ces temps barbares.

Alors, la Castille et la France étaient unies, parce qu’elles étaient ennemies de l’Aragon : les Castillans et les Français étaient alliés de royaume à royaume, de peuple à peuple, et d’homme à homme.

Ce qui se passait alors en France du temps de Philippe le Bel, au commencement du xive siècle, doit attirer nos regards.

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  1. La Sierra Morena. (Note de Voltaire.)
  2. Chapitre lxii, page 498.
  3. L’éditeur des Œuvres de Voltaire en douze volumes in-8° propose de mettre : Alfonse combattit son fils, le vainquit, et lui pardonna, ce qui prouve, etc. Aucune des éditions que j’ai vues ne porte cette leçon. (B.)